01 décembre 2012

TEMOIGNAGES 5 juillet 1962

Les rubans noirs par Oriane Cadase

Les rubans noirs par Oriane Cadase

 

 


Le 01/12/12 16:35 de : Jean-louis Bonilla Témoignage Oran 5 juillet 1962

Mon député PHILIPPE MEUNIER nous avait dit qu’il était en contact avec un député Algérien pour un rapprochement avec nos deux pays. Ce député algérien lui avait précisé que tant que les dirigeants actuels (FLN) seraient là, rien, rien ne pourrait se faire et qu’il fallait attendre. À ce jour à la vue de la situation actuelle dans les pays arabes je n’y crois plus, de plus avec nos dirigeants actuels la mission est impossible.

Bien cordialement j l Bonilla

Témoignage Bonilla

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De Dominique Envoyé : mercredi 25 janvier 2012 00:55

Salut Viviane et que peux-tu me dire de Soler  qui a confondu des bras d'honneur des marins marseillais avec des saluts de la main du haut du bateau Mingo plus ecœuré que jamais d'avoir entendu ces soit disant chercheurs qui sont revenu avec la queue entre les jambes et retrouvé du boulot ici en France, pour corcer le tout les P N progresistes otos hijo de puta et ce journaliste Daum qui a confondu les bulgares et les roumains avec des P N après l'independance je sens que cette nuit je vais faire des cauchemards

Mingo

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De : viviane Envoyé le : Mardi 24 janvier 2012 21h40

Merci Geneviève, Je viens de suivre le reportage , écoeurée par les Pieds Rouges et le  journaliste  Daum Le sujet des enlèvements et des disparus sont bien intéressants pour nous, cette partie a été filmé par M. Ciavello journaliste qui est pro PN Bises

Viviane

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De : orane35 Date : 24/01/2012 21:29:43 http://www.dailymotion.com/video/xnz1ch_enquetes-de-regions-mercredi-25-a-22h50_tv

genevieve
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De sauveur Envoyé : mardi 24 janvier 2012 13:15

Mes derniers jours à Oran Merci Antoine d'avoir traduit en doc le texte de Jean Paul Merci Jean Paul pour ce témoignage poignant. Je suis très crispée après ce que je viens de lire. Quelqu'un l'a écrit, je ne sais plus qui, nous vivons un grand moment sur Familia, sans doute parce que nous en avons tous besoin, sans doute parce ce que ce cinquantenaire nous torture et que nous appréhendons tous ce qui va se passer cette année (en dehors des actions mémorielles pieds noirs) Hier à Aix, nous avons fait la connaissance d'un M.TOMAS (sans H a-t-il insisté) de la Place Hoche, avec qui nous avons parlé du stade du Caïd et du bar avec mezzanine qui était au coin de la rue d'Arzew de l'autre côté, impossible de retrouver son nom. Ceux de St Pierre vous allez nous le dire ?Merci José de nous donner des nouvelles de Josette. J'espère que tout ira bien pour elle et pour Monica.

Sylviane, pourquoi dire que tu as honte ? Tu n'étais pas là ! parce que ta vie était ailleurs à ce moment là ! tu présentes çà comme si tu avais déserté ! si tous les PN qui étaient à ce moment là en France (et ils étaient nombreux) avaient agi comme toi et avaient lutté contre la désinformation et avaient aidé ceux qui luttaient, certaines choses se seraient peut être passées autrement. Tu peux être fière des risques que tu as pris ! 

Vous parlez des dégats sur les containers. Quand je suis partie le 10 septembre 62, j'avais ma valise. Mes parents avaient préparé une caisse de bois bien solide (elle m'a servi de table dans ma chambre d'étudiante) avec des choses auxquelles ils tenaient, se réservant le reste pour leur propre départ. Maman tenait à faire partir avec moi ce qu'elle avait de plus précieux (elle est limousine) : le service de table en porcelaine de Limoges qu'elle avait eu en cadeau de mariage, moi çà me paraissait ridicule mais elle y tenait beaucoup, elle avait entouré chaque pièce de serviettes, de linge ...Papa avait noté à plusieurs endroits "fragile". La caisse m'a été livrée à domicile en état correct, j'avais un petit travail, j'ai réceptionné sans ouvrir. Je ne l'ai fait que le soir au retour, tout ce qui était à l'intérieur était en miettes, il restait 2 assiettes intactes. Quand je suis allée me plaindre chez Ferrand cours Lieutaud, on m'a dit que j'aurais du le dire à la réception de la caisse. Une secrétaire gentille m'avait dit : il était noté que c'était fragile ! cette caisse a du être cognée exprès ! comme il y a eu de nombreuses plaintes depuis juillet, les dockers cassent ce qui arrive d'Algérie mais plus discrêtement !

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De Monique Envoyé : mardi 24 janvier 2012 22:31

Massacre des Oranais 

Mes amies (amis) J'ai raconté vos récits à ma sœur, car cela ma beaucoup bouleversée, que de souffrance vous avait vécu, nous dans notre malheur nous n'avons pas connu cela. Ma sœur m'a dit que nous, nous avons eu notre part à la rue d'Isly, mais que les Oranais ont été carrément massacrait. Ma sœur et son mari se tenait au courant de tout ce qu'il se passait en Algérie avant et après son indépendance. Nous avons laissé nos morts nous aussi, mon cousin 15 ans avec son papa mon oncle 50 ans égorgé et le beau-frère de ma sœur qui était très connu à Alger champion de moto-cross tuer dans son garage. A Alger beaucoup d'enlèvement, mais hélas vous avez battu les records. Malheureusement si on peut appeler ceci un record. Pas assez qu'ils nous ont volé notre jeunesse, mais ils nous ont tout pris et c'est pour cela que la douleur est toujours aussi forte. J'ai connu quelques personnes qui sont décédés en arrivant en France, je pensais qu'ils sont âgés mais maintenant je me rends compte qu'ils sont plutôt morts de chagrin.

Monica

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De Jean-Paul  le 22/07/2012

MES DERNIERS JOURS A ORAN

Je suis parti définitivement d’Oran le mardi 24 juillet 1962. Avant de relater le grave incident survenu au moment de mon embarquement, incident qui aurait pu avoir une répercussion irréversible sur le cours de ma vie, je vais décrire dans quel état d’esprit étaient les Oraniens, et je pense, l’ensemble des pieds-noirs, dans les derniers jours de l’Algérie française et au moment de l’indépendance.

A Oran, le 25 juin 1962, quand nous avons vu les cuves de carburant flamber dans le port et que nous avons appris que les derniers commandos de l’OAS avaient quitté définitivement la ville, nous avions la certitude que notre avenir et notre présence sur cette province française à l’agonie, était sévèrement compromis. Ce fut alors le début de notre exode. Très rapidement, l’aéroport de la Sénia et le port d’Oran furent à saturation car le rapatriement en masse ne fut pas préparé par les autorités françaises. Des familles en détresse passaient des jours et des nuits à l’aéroport de la Sénia et au port, dans des conditions lamentables, dans l’attente d’un billet d’embarquement. Sciemment, le gouvernement français n’avait pas pris les mesures adéquates pour rapatrier ces Français qui ne se sentaient plus en sécurité, suite aux assassinats et enlèvements qui se produisaient depuis la déclaration des « accords » d’Evian. Les autorités françaises tentaient de dissuader les pieds-noirs de partir. En centre-ville et dans les faubourgs, des camions de l’Armée française parcouraient les rues pour tenter de rassurer la population et lui affirmer que notre Armée resterait en Algérie pendant trois ans pour assurer la sécurité des personnes et des biens. A la radio, Christian Fouchet, Haut Commissaire de la République en Algérie, depuis le Rocher Noir, tenait les mêmes propos et disait qu’il ne fallait pas écouter les menteurs qui prétendaient que notre sécurité ne serait plus assurée. Malgré la censure exercée par le gouvernement français sur les médias (presse, radio, télé) les pieds-noirs savaient que le FLN et l’ALN ne respectaient pas les « accords » d’Evian et que , depuis le départ des derniers commandos de l’OAS, les pieds-noirs ne bénéficiaient d’aucune protection. Les assassinats et enlèvements étaient quotidiens, notamment dans le bled où l’Armée française avait plié bagage sans se préoccuper de la sécurité ni des pieds-noirs, ni des harkis.

Je résidais aux Castors de la Marine, Cité Jourdain, à Saint-Eugène, depuis juin 1956. Mon père qui travaillait aux Travaux Maritimes à Arzew, est décédé en avril 1957, soit neuf mois après avoir obtenu sa maison, après avoir fourni 1800 heures de travail, de 1952 à 1956, à la Coopérative des Castors, en sacrifiant son repos hebdomadaire du samedi et ses congés payés. Ma mère étant décédée depuis août 1949, avec mes trois frères nous sommes restés orphelins. Claude mon frère aîné, né en mars 1935, s’étant marié en octobre 1955, c’était son épouse qui avait pris la suite de ma grand-mère paternelle, alors âgée de 74 ans, pour s’occuper de la maison, de son mari et de ses trois beaux-frères : Louis  (7 ans) Christian (12 ans) et moi-même (19 ans) et, bien sûr, elle s’est occupée aussi de mon père jusqu’à son décès.

Il fallait impérativement  que mon frère Claude parte avant le 1er juillet car il était bien compromis, vu qu’il avait fait partie des résistants qui avaient combattu contre l’abandon de notre province française. Heureusement, il a pu trouver à s’embarquer, sur un paquebot, pour Marseille, avec Odette son épouse, ses trois enfants (5 ans, 2 ans 1/2, et 1 an) et mon plus jeune frère Louis (14 ans). Ils sont partis le 30 juin. Claude et Odette  avaient chacun un petit baluchon en tissus en guise de valise, bagage qu’on ne trouvait plus dans le commerce.  Ma belle-sœur avait deux sœurs qui étaient parties d’Oran quelques mois auparavant et s’étaient installées à La Bouilladisse, à une trentaine de kilomètres de Marseille ; c’est là qu’ils furent accueillis, dans un logement qui n’était pas spacieux. Heureusement, c’était l’été, les nouveaux arrivants pouvaient dormir sur la terrasse couverte, sur des matelas de fortune …

Avec mon frère Christian (18 ans), nous sommes restés à la villa des Castors. Nous n’étions pas seuls car un de mes oncle, frère de mon père, était venu avec sa femme et ses cinq enfants s’installer chez nous car aux Castors nous étions un peu plus en sécurité ; sur ordre de l’amiral commandant la Marine Nationale à Oran, en marge des consignes de non intervention du général Katz, des patrouilles de fusillés-marins passaient plusieurs fois, de jour comme de nuit, ce qui était assez rassurant pour les familles des 350 ouvriers de la D.C.A.N. et des Travaux Maritimes qui étaient restées. Mon oncle habitait à Dar Béida, à la Cité des cheminots de  la S.N.C.F.A. dont la majorité des résidants étaient partis car ils n’étaient plus en sécurité.

Le 1er juillet, des gens du FLN sont venus chez nous aux Castors et ont demandé après mon frère Claude. Heureusement, ni moi, ni mon frère Christian nous ne nous trouvions pas là à ce moment. Mon oncle et ma tante leur ont dit que nous étions partis en France. Il est fort possible que si nous avions été présents, ces représentants du FLN nous auraient emmenés pour interrogatoire …

Après le départ de mon frère aîné et de sa famille, ma première préoccupation, avant de trouver un billet d’embarquement pour moi et mon frère Christian, était de tenter de leur envoyer des colis de vêtements, surtout pour les enfants, car dans leurs maigres baluchons, ils avaient emporté très peu d’affaires.

Louisou Muñoz, un de mes meilleurs amis, qui habitait Gambetta, 18 rue Nobel, était dans le même cas que moi car sa mère, sa sœur et son frère cadet étaient partis fin juin avec une petite valise chacun. Chacun de notre côté, nous avions préparé des colis dans des caisses en carton que nous avions acheté chez Follana à Saint-Eugène Hippodrome, après avoir fait la queue pendant plusieurs heures. Chaque jour, nous allions au port d’Oran pour tenter d’expédier nos colis. Heureusement, mon ami Louisou possédait un véhicule Renault « juvaquatre » qui était pratique pour transporter les colis. Ce n’est que deux semaines après, que nous avions enfin trouvé une opportunité pour expédier nos colis. Les miens sont partis pour la Bouilladisse et ceux de Louisou pour Avignon où se trouvaient sa mère, sa sœur Josette, son frère Robert, ainsi que le fiancé de Josette, Jacques Montésinos, de Gambetta, 15 rue Nobel. Ils avaient trouvé un  appartement de deux pièces en location.

A Oran, centre-ville, les quatre premiers jours de l’indépendance avaient été relativement calmes. Le dimanche 1er juillet, avec mes amis Louis Muñoz et Jo Delgado de Saint-Eugène, 32 rue Maupas, nous étions passés à pieds place des Victoires et avenue Général Leclerc et avions constaté que les musulmans venaient de plus en plus nombreux dans le centre-ville. Des véhicules de l’ALN parcouraient les artères principales en klaxonnant mais nous n’avions pas remarqué de l’agressivité à l’endroit des Européens pendant les quatre premiers jours. De ce fait, les pieds-noirs qui étaient encore présents à Oran, n’avaient pas lieu d’appréhender le jour de la fête officielle de l’indépendance, programmée pour le jeudi 5 juillet. Fort heureusement, ce jour-là, moi-même et mon frère Christian, nous étions restés chez nous. Il en était de même pour Louis Muñoz ; quant à Jo Delgado, il avait pris très tôt le matin le car de ramassage, avenue de Saint-Eugène,  pour se rendre à l’E.R.M. de Sainte-Barbe du Tlélat où il était employé.

Lorsqu’en fin de matinée, nous avions entendu, depuis les Castors, des coups de feu ininterrompus pendant un très long moment, nous avions compris qu’une chasse aux Européens avait lieu. Par manque d’informations officielles précises, nous ignorions l’ampleur des massacres et des disparitions. Le lendemain, par le bouche à oreille, nous commencions à réaliser que des musulmans avaient massacré des Européens dans le centre-ville et dans certains quartiers, sans que l’Armée française n’intervienne pour empêcher les exactions quelques fois commises à proximité des casernes.  Ainsi, nous apprenions que mon voisin Bernard Algara, 18 ans,  copain de mon frère Christian,  guitariste dans le groupe « les Jupiter » qui deviendra en France « les Missiles » alors qu’il revenait de la plage sur la corniche, avec un autre copain des Castors, Gilbert Garcia, ont été emmenés au commissariat central. Heureusement que Gilbert a été reconnu par un ami de ses parents, Kadri Dida qui demeurait place Théus à Saint-Eugène. J’ai moi-même connu ce musulman  et sa famille. Kadri a pris les deux jeunes sous sa protection et les a raccompagnés à leur domicile en véhicule. Cette anecdote est relatée dans le site internet de Jean-Claude Pillon.

Mon cousin Alain (18 ans), fils aîné de mon oncle qui était hébergé chez nous aux Castors, travaillait à la DCAN, à la base de Kébir. Le matin, vers 7 heures, alors qu’il attendait, avec d’autres collègues de travail, le car de ramassage sur l’avenue de Saint-Eugène, ils ont été pris à partie par des gens du F.L.N. et emmenés en camion au stade municipal  Fouques-Duparc. Ils ont été délivrés par un capitaine des Zouaves qui, bravant les ordres du général Katz de ne pas intervenir, avait pris l’initiative de récupérer les jeunes européens prisonniers et les a ramenés en lieu sûr.

Ayant réalisé qu’il ne fallait pas compter sur l’Armée française et que, désormais, les Européens, surtout les jeunes, étaient sous la menace constante du F.L.N. et de l’A.L.N., ma première préoccupation, après cette dramatique et sinistre  journée du 5 juillet, était de faire partir, le plus vite possible, mon frère Christian en France, rejoindre Claude et sa famille. Le matin du vendredi 6 juillet, je me suis rendu à l’agence « passagers » de la S.G.T.M., boulevard  Galliéni. Par chance, grâce à la diligence de M. Kauffman qui connaissait bien mon frère Claude, j’ai pu obtenir deux billets pour un paquebot de la SGTM, un pour Christian et un pour le plus jeune frère des Montésinos (16 ans) voisins de Louis Muñoz, au 15 rue Nobel. L’après-midi de ce 6 juillet, avec Louisou, nous avons accompagné les deux jeunes au port d’Oran où ils ont embarqué pour Marseille. Le départ de mon frère Christian m’a enlevé un poids de ma conscience car je me sentais responsable si un malheur lui était arrivé.

Avec mon ami Louisou, désormais, notre désir était de quitter Oran le plus vite possible, dès qu’on aurait trouvé à s’embarquer. Louisou voulait transporter, sa fourgonnette « juvaquatre » qui lui permettait d’y charger quelques affaires de sa mère dont une machine à coudre que celle-ci souhaiter récupérer. Finalement, à force d’aller chaque jour au port d’Oran, nous avons pu nous procurer deux places de passagers plus une place pour sa voiture, sur le cargo « Regina Pacis » de la compagnie Scotto, Ambrosino et Puglièse (S.A.P.)

Nous avons amené le véhicule au port en fin de matinée. Louisou m’avait laissé un peu de place à l’arrière afin que je mette quelques vêtements personnels et un peu de vaisselle pour mon frère Claude et sa famille. Nous avons embarqué vers 16 heures. Comme bagage à mains, nous n’avions chacun qu’un sac de sport avec quelques vêtements légers et des affaires de toilette. En temps normal, ce cargo ne devait prendre qu’une vingtaine de passagers au maximum, en fonction du nombre de cabines disponibles. Compte tenu des circonstances, la compagnie en avait accepté une centaine. Quelques instants après que nous soyons sur le bateau avec tous les autres passagers, une section d’une douzaine de jeunes soldats de l’A.L.N. a fait irruption sur le bâtiment et leur chef a fait le tour de tous les passagers en mettant de côté les jeunes hommes (fourchette de 16 à 30 ans). Donc, nous nous sommes trouvé une douzaine de pieds-noirs cernés par cette section de l’A.L.N., composée de très jeunes musulmans à l’air hostile, agressif et nerveux, mitraillette MAT49 pointée sur nous et doigt sur la détente. Leur chef nous a dit : « Vous allez nous suivre, nous allons vous emmener au commissariat central pour interrogatoire ».  Le commandant de bord a été immédiatement alerté par les familles qui étaient autour de nous. Il s’est adressé au chef : »Que leur voulez-vous ? » Le chef : « Nous allons les emmener au commissariat central afin qu’ils soient interrogés. » Le commandant : « Je regrette, vous êtes sur un bâtiment français, ces jeunes sont sous ma responsabilité depuis qu’ils ont mis les pieds à bord, je refuse que vous les emmeniez. S’ils doivent être interrogés, cela doit se faire ici, je peux mettre une cabine à votre disposition.»       Devant l’assurance, la prestance et la détermination du commandant, le jeune chef était quelque peu décontenancé et, après quelques secondes de réflexion : « Bon, je vais aller trouver mon chef mais surtout qu’ils ne bougent pas d’ici, nous allons revenir. » Le commandant : « C’est entendu, allez-y. » Le groupe a quitté le navire en laissant sur le quai trois hommes chargés de nous surveiller. Le commandant a immédiatement donné les ordres pour faire appareiller le bateau le plus vite possible. Le navire a pu quitter le quai une vingtaine de minutes après le départ des soldats algériens. Après la grande peur que nous avions éprouvée, Inutile de vous dire le ouf de soulagement que nous avons poussé nous les jeunes, ainsi que les familles qui étaient embarquées avec nous. Grâce à son comportement très courageux et énergique, ce commandant nous a sauvé la vie car, si nous avions suivi cette section de l’A.L.N., c’en était fini pour nous ; nous savions quel sort était réservé aux jeunes pieds-noirs que l’on emmenait soi-disant pour  interrogatoire. Parmi notre groupe de jeunes, il y en avait deux qui avaient miraculeusement échappé aux massacres du 5 juillet 1962, donc ils étaient une seconde fois des miraculés.

Je ne connais pas le nom de ce brave commandant qui, par son attitude courageuse et exemplaire a fait honneur à la marine marchande française. Il a accompli ce que de nombreux officiers de l’Armée française n’ont pas eu le cran de faire afin de ne pas désobéir aux ordres  du Général Joseph Katz, chef du secteur autonome d’Oran qui lui-même avait reçu les ordres de l’Elysée.

Jean-Paul Sausset, le 22/07/2012

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De la part de marieclaude Envoyé : lundi 23 janvier 2012 

Mon oncle Manuel Gonzalez est parti d'Algérie sur un petit bateau direction l'Espagne Il avait préparé sa voiture stationnée devant la maison située rue Hamelin remplissant le coffre d'effets personnels lorsqu'il a voulu reprendre son véhicule pour l'amener sur le port d'Oran celui avait disparu il n'avait plus rien que sa chemise et son pantalon dégouté il est parti avec des copains en bateau vers l'Espagne Quelques années plus tard il a rejoint son gendre et sa fille dans le midi de la France lui peut affirmer qu'il est arrivé "une main devant une main derrière" son fils a ensuite avec trois copains formé le groupe "Les Missiles" Hélas mon oncle n'est plus de ce monde il parlait tout le temps de l'Algérie.

Marie Claude

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De Denis Envoyé : dimanche 22 janvier 2012

Mes derniers jours à Oran

Jean-Paul, tu as dû vouloir écrire 22/1/2012 et non 22/7/2012, non? effectivement tu l'as échappé belle... Bernard Algarra a fait le l'exode avec Joelle et moi sur le 1er voyage du Lafayette Ci-joint quelques photos où on le voit de face et de dos avec le chapeau qui servait à couvrir le "resultat" de l'interrogatoire...

Denis
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De francoise Envoyé : dimanche 22 janvier 2012

Mes derniers jours à Oran

Merci Antoine d'avoir traduit en doc le texte de Jean Paul.  Merci Jean Paul pour ce témoignage poignant. Je suis très crispée après ce que je viens de lire. Quelqu'un l'a écrit, je ne sais plus qui, nous vivons un grand moment sur Familia, sans doute parce que nous en avons tous besoin, sans doute parce ce que ce cinquantenaire nous torture et que nous appréhendons tous ce qui va se passer cette année (en dehors des actions mémorielles pieds noirs) Hier à Aix, nous avons fait la connaissance d'un M.TOMAS (sans H a-t-il insisté) de la Place Hoche, avec qui nous avons parlé du stade du Caïd et du bar avec mezzanine qui était au coin de la rue d'Arzew de l'autre côté, impossible de retrouver son nom. Ceux de St Pierre vous allez nous le dire ? Merci José de nous donner des nouvelles de Josette. J'espère que tout ira bien pour elle et pour Monica.

Sylviane, pourquoi dire que tu as honte ? Tu n'étais pas là ! parce que ta vie était ailleurs à ce moment là ! tu présentes çà comme si tu avais déserté ! si tous les PN qui étaient à ce moment là en France (et ils étaient nombreux) avaient agi comme toi et avaient lutté contre la désinformation et avaient aidé ceux qui luttaient, certaines choses se seraient peut être passées autrement. Tu peux être fière des risques que tu as pris !

Vous parlez des dégâts sur les containers. Quand je suis partie le 10 septembre 62, j'avais ma valise. Mes parents avaient préparé une caisse de bois bien solide (elle m'a servi de table dans ma chambre d'étudiante) avec des choses auxquelles ils tenaient, se réservant le reste pour leur propre départ. Maman tenait à faire partir avec moi ce qu'elle avait de plus précieux (elle est limousine) : le service de table en porcelaine de Limoges qu'elle avait eu en cadeau de mariage, moi çà me paraissait ridicule mais elle y tenait beaucoup, elle avait entouré chaque pièce de serviettes, de linge ...Papa avait noté à plusieurs endroits "fragile". La caisse m'a été livrée à domicile en état correct, j'avais un petit travail, j'ai réceptionné sans ouvrir. Je ne l'ai fait que le soir au retour, tout ce qui était à l'intérieur était en miettes, il restait 2 assiettes intactes. Quand je suis allée me plaindre chez Ferrand cours Lieutaud, on m'a dit que j'aurais du le dire à la réception de la caisse. Une secrétaire gentille m'avait dit : il était noté que c'était fragile ! cette caisse a du être cognée exprès ! comme il y a eu de nombreuses plaintes depuis juillet, les dockers cassent ce qui arrive d'Algérie mais plus discrètement ! J'ai encore 31 messages à lire ! Je continue Amicalement

Françoise N

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De Jean-Paul du 22/01/12 17:21

Mes derniers jours à Oran

José, je viens de terminer la rédaction et la saisie sur logiciel word du texte où je relate mes derniers jours à Oran, en terminant par la journée du 24 juillet 1962 au cours de laquelle j'ai embarqué sur le cargo "Regina Pacis". .Je l'envoie sur le forum afin que tous les membres puissent lire ce récit. J'espère que vous pourrez tous ouvrir la pièce jointe. Jean-Paul

Nous avons hélas tous le même genre de  tristes souvenirs, moi j'ai déjà raconté une fois sur familia mon départ si douloureux donc je ne vais pas réitérer. Notre souffrance est grande et cette plaie jamais ne se cicatrisera. Nous avons été reçus en France comme des parias aucune compassion aucune sympatie, depuis la France sait accueillir tous les étrangers à bras ouverts avec gentillesse, cellule psychologique, appartements, écoles pour les enfants cours de français gratuits meme que les instituteurs apprennent les langues étrangères pour pouvoir enseignner, cmu et tout le saint frusquin... et en plus nous sommes dénigrés. nous ne pouvons compter que sur nous mêmes. je vous souhaite une bonne journé

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De Dominique Envoyé : samedi 21 janvier 2012 01:11

j'ai passé du 5 juillet au 18 juillet dans l'enceinte du port d'Oran , arrivé dans le port de Marseille la premiere préoccupation de la police a été de nous prendre nos cartes d'identité pour controle j'ai  passé deux jours à Marseille et ensuite le train jusqu'à Epinal dans les Vosges ou j'ai été hebergé au lycée Claude Gelé ou j'ai attendu ma mutation qui est arrivé le 10 aout me disant que j'etais muté à Vesoul le 15 aout pendant ce temps ma femme ayant accouché le 7 aout 1962 de mon fils ainé n'a plus pu etre hebergé au Lycée aussi avec sa grand mère de 80 ans son bébé et ses deux sœur à prit la direction de la Voute/Loire et là j'ai commencé à chercher un logement à Vesoul  car figurez vous que l'assistante des PTT n'a pas voulu tenir compte que mon épouse etait soutient de famille en faisant du porte à porte je suis tombé sur un brave homme Mr Maréchal qui m'a demandé de repasser le lendemain car il devait consulter son beau frère pour savoir si ce dernier etait d'accord pour me louer un appartement ayant appartenu à sa belle mère , le lendemain j'ai eu une réponse favorable et je me suis rendu avec se Mr  au 5 rue des bains pour voir l'appartement qu'elle ne fut ma surprise de constater que l'appart n'avait pas etait louer depuis la mort de la pauvre femme penetrant dans la chambre à coucher il y avait encore sur le lit la forme du cadavre de la pauvre mèmè je pris mon courage à deux main ,vidais tous les meubles que je mis au grenier et du passer cinq ,je dis bien cinq trois plus deux couche de peinture pour rendre un semblant de descence à ce taudis ou il n'y avait ni eau ni gaz ni WC il fallu acheter une tinette ( seau hygienique ) que j'allais tous les soirs vider dans le Durgeon  riviere qui passe à Vesoul mais je vous dis pas l'hiver 1962 la riviere etant gelée le spectacle des nestrons traversant le Durgeon d'une rive à l'autre le matin avant d'aller au boulot je me lavais la figure avec l'eau qui servait à confectionner le biberon de mon fils 'et le samedi matin avec le baluchon sous le bras direction les bains municipaux pour prendre la douche quand je vois maintenanttous ces pourris du DROIT AU LOGEMENT qui n'ont rien fait pour nous et qu'ils se decarcasse pas los moricos ça me fout les glandes mais grace à DIEU on s'en est sortis si j'ai été un peu longuet je m'en excuse par avance

MINGO

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De : "helldjo le : Samedi 21 janvier 2012 0h21

Rappel

Comme vous le savez La Provence- Var Matin- Nice Matin préparent le second volet du magazine  "Les Pieds -Noirs" . Cette fois il s'agit de l'exode...l'accueil des " métropolitains", l'installation... notamment en Provence...Si vous avez des  photos de cette  triste époque ... attente, traversée,  accueil... merci de me les communiquer....

Si vous avez des anecdotes à raconter  sur ces sujets  , merci  me transmettre  votre récit.... Vous pouvez aussi connaître  des membres de votre  famille ou amis lesquels  ont  connu des situations  "compliquées ou difficiles"  Merci  de participer....  il s'agit de "Notre Histoire"  à faire connaître La diffusion du premier volet du Magazine a connu un succès énorme..... et pas que des  pieds-noirs... Merci à Tous

José

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De orane35 Envoyé : samedi 21 janvier 2012 17:56

Mon 5 juillet

Bonsoir à tous depuis tout à l'heure je vous lis et c'est plus fort que moi, les larmes partent avec tout ce qu'on a vécu les uns les autres j'ai avec moi la petite à Norbert qui va avoir 3ans et elle se demande ce qui se passe je n'ai pas raconté la suite se notre 5juillet ou il a fallu partir en catastrophe avec la croix rouge tellement c'est dans moi et de se rappeler de tout ca, c'est trop dur Norbert pareil, me racontait comment son 2 ém frère a failli y passer je m'arrête là, j'ai trop de mal à continuer gros bisous mi Familia

geneviève
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De : daniel du : 21/01/2012 17:47

Mon 5 juillet

Bonsoir Viviane, c'est clair c'est gravé à jamais en nous. Gros bisous

Daniel

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From: Viviane  January 21, 2012 5:36 PM

Mon 5 juillet

Bonsoir Daniel, Ton message m' a beaucoup ému , cette maudite journée on ne pourra jamais l oublier , Bises

Viviane

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De : daniel le: 21/01/2012 15:21:45

Mon 5 juillet

Ce funeste jour du 5 juillet restera à jamais gravé dans ma mémoire. Nous avons avec mon frère accompagné notre Grand-mère au port pour qu'elle puisse prendre le bateau avec mon cousin Jean (ami d'enfance de Robert). Du port nous avons entendu des coups de feu mais sans vraiment s'inquiéter, nous pensions naïvement qu'en ce premier jour de l'indépendance los moros faisaient la fête en tirant en l'air. Nous sommes arrivés rue de Nancy au quartier de Miramar où nous venions de déménager, à quelques mètres d'ailleurs du domicile de Guy Montaner. Mon frère est rentré chez nous mais moi j'ai décidé d'aller voir ma copine qui habitait pas très loin rue Carnot. Les tirs redoublent et se rapprochent, je continue d'avancer, soudain je vois des gens qui courent, à l'angle de la rue Murat et de la rue de Nancy, une camionnette déboule avec à l'arrière des plusieurs personnes qui tirent sur les fuyards. je comprends très vite, c'est une chasse à l'homme, le véhicule vient dans ma direction, je cours le plus vite possible car j'ai pigé rapidement qu'il en va de ma vie.

Juste avant la rue Carnot il y a un petit immeuble de deux étages, la porte du couloir n'est pas fermée, je grimpe les escaliers, frappe aux portes aucune ne s'ouvre.

Dehors les détonations résonnent, au bruit j'ai la certitude que le véhicule est devant la porte du couloir. Là j'ai vraiment la trouille et je suis pris au piège, s'ils décident de venir me chercher, ils n'ont qu'à monter. Les secondes qui suivent sont interminables et je commence à prier. A un moment j'entends crier puis le bruit du véhicule qui s'éloigne vers la rue du Général Faidherbe. Je reste tapi quelques instants, combien de temps? je n'ai plus la notion du reste. Tétanisé par la peur, je descends les marches et après m'être assuré que la voie est libre je piqué un sprint jusqu'a chez moi.

Je n'ai jamais raconté ma mésaventure ni à mes parents ni à mon frère. La honte d'avoir eu si peur m'a incité à me taire, comme si à mon âge (15 ans et demi) ce sentiment n'était pas normal devant une telle situation. J'ai longtemps cauchemardé même après mon mariage, j'ai raconté mon histoire à mon épouse puis cela est passé mais depuis un mois, par deux fois, j'ai revécu cette scène en poussant des cris en plein sommeil foutant la trouille à Josette. L'approche du cinquantenaire me ramène contre mon grès à cette journée maudite du 5 juillet 1962.

Voilà j'ai effectué ma séance de psychanalyse devant vous mes amis

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De orane Envoyé : vendredi 20 janvier 2012 00:59

Bonjour le Patio Bonsoir à tous j'ai bien des souvenirs de notre départ du 5juillet comme beaucoup, surtout cette journée ou je n'oublierai pas et c'est dans moi jusqu'à la fin de mes jours, ou j'ai failli ne plus revoir mon père et le lendemain , nous avons quitté l'appart ,comme des voleurs, mes parents mes 3soeurs et mon frère avec la grand-mère je vous joins une photo ou l'on voit les 2 premiers hommes , ce sont mes oncles, un c le frère de mon père et l'autre le mari de la soeur de mon père, ils partaient tous au petit lac, ils ont eu une chance terrible de s'échapper mon oncle nous a souvent raconté l'histoire bonne nuit à tous ps,j'envoie ma participation à Josette, demain bises

geneviève

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De Jean-Paul Envoyé : dimanche 22 janvier 2012 09:22

Raymond, au sujet des cotisations versées par les musulmans au FLN, aussi bien en Algérie qu'en métropôle, la réalité est que leur participation n'était pas spontanée mais  forcée, avec des sanctions terribles pour les réfractaires. Sanctions qui s'exerçaient aussi bien contre ces derniers que contre leur famille : mutilations ou assassinats étaient les "punitions" qui leur étaient réservées. Tant en Algérie qu'en métropôle, le FLN a assassiné six fois plus de musulmans que d'européens, ce qui prouve que l'adhésion des musulmans au FLN, comme veulent le faire croire les fanatiques du terrorisme et leurs amis, n'était pas généralisée. Les manifestations de mai 1958 sont une excellente preuve que tous les musulmans n'étaient pas favorables ni au FLN, ni à l'indépendance. Du plus petit douar ou village jusqu'aux grandes agglomérations, des musulmans ont manifesté en masse en faveur de l'Algérie française. Pour le référendum de septembre 1958, où le slogan de l'Armée française était "voter OUI, c'est voter Algérie française" les musulmans ont voté OUI à 90% et ont fait fi des menaces de mort du FLN.

Jean-Paul

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From: scipion Date: Sun, 22 Jan 2012 00:20:39 +0000

Rappel

Pour Mingo Mon ami je ne voudrais pas te peiner, mais je te rappelle que nous ne représentant rien, pas de puissance financière, pas de puissance médiatique, par de puissance électorale, Tout ce que nous pouvons écrire ne sera lu finalement que par notre cercle restreint de PN et alliés, même chose pour tout ce que nous pouvons dire, il faut être lucide, les films qui sont et seront tournés en notre faveur ne seront jamais projetés dans le réseau normal, nos chanteurs à part Enrico Macias et Bruel, les autres ne se produisent que dans de petites salles ou lors de nos réunions en vendant leurs CD presque sous le manteau. Eh amigo, n'oublions jamais que nos détracteurs, nos ennemis qui contestent et falsifient notre histoire, tout ceux qui ont milité et qui militent en faveur des arabes, sont du côté du pouvoir. Si seulement nos différents présidents d'association, arrivaient à faire l'union sacré, à ce moment là nous représenterions quelque chose, mais en attendant cela reste des voeux pieux et il aura encore beaucoup de salive et d'encre usé inutilement. Juste pour mémoire, je rappelle que 300000 Algériens, vivant en France ont réussi à se cotiser et ainsi récolter plus de 5 miliard de Francs qui ont servit à l'achat des armes du fln, est-ce que nous aurions la volonté et la capacité d'en faire autant pour notre cause???? Cordialement

Raymond "le tomatero"...

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De : Dominique le : Dimanche 22 janvier 2012 0h05

Rappel

Ces souvenirs nous suivront dans la tombe Marie Claude peut etre qu'un jour ces même personnes qui nous ont si mal reçu comprendront tout le mal qu'ils nous ont fait et auront des regrets bonne nuit Bisous

Mingo

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De : marie-claude Envoyé le : Samedi 21 janvier 2012 23h06

Rappel

Nous sommes rentrés de Sidi Chami début septembre 62 donc après l'indépendance mon père faisait de la " résistance" pensant que nous pourrions rester sur cette terre tant aimée Il fallait se rendre à l'évidence cela n'était plus possible j'avais 16 ans un jour un habitant du village est venu me demander en mariage ce qui a précipité notre départ Je n'oublierai jamais ce Jour nous avions des canaris mon frère leur a rendu la liberté tout en pleurant nous nous préparions pour notre départ sur la Sénia quand nous voyons arriver des gens du village avec valises qui prenaient possession de notre maison nous étions toujours dans les lieux un crève coeur de voir ainsi sa maison occupée d'une telle façon 

Nous avons été hébergés chez un oncle à Toulouse puis nous avons trouvé un logement à l'Isle Jourdain gros village du Gers (nous étions les premiers PN)

Mes parents ont pu prendre en gérance un bar je me souviens du premier jour d'ouverture pas un client et cela a duré un mois nous étions des PN et nous faisions peur aux villageois Mon frère et moi sommes allions en classe au collège malgré nos un an de différence nous avons été placés dans la même classe au fond en récréation aucun des collégiens nous adressaient la parole pour eux nous étions des gens bizarres et cela a duré assez longtemps (on nous avait placés en quarantaine) Combien de fois ai je vu mes parents pleuraient et se demandaient ce que nous allions devenir et regrettaient d'être rentrés Mon père eut la bonne idée de faire connaître la kémia à ses clients (gens de passage) qui eux ne connaissaient pas nos origines et de bouche à oreille  il se disait que nous étions des gens "normaux" comme nous vivions entre Toulouse et Auch nous avions la clientèle des cars et des rugbymans normal "nous étions Bar des Sports" c'est ainsi que j'ai bien connu Cester et Skrela petit à petit le monde affluait dans le commerce Pour l'anecdote le bruit courait qu'il y avait dans ce bar le patron qui offrait des "cacahuettes" avec les boissons (mon père se ravitallait rue Matabiau à Toulouse chez un commerçant qui importait ces denrées d'Israel)  aussi qu'elle a été notre fierté quelques années plus tard d'apprendre que nous étions classés 11ème bar de la région toulousaine une reconnaissance  pour mes parents mais à quel prix ?? Je n'oublierai jamais notre arrivée aussi j'ai la rabia quand je vois comment les habitants d'autres pays sont reçus aidés et pourtant Nous NOUS ETIONS FRANCAIS  Triste période de ma vie C'est les larmes aux yeux que je vous raconte ces morceaux de ma vie tout en pensant à mes parents qui ne sont plus de ce monde comme ils me manquent ...Une pensée toute particulière à tous les PN qui ont su affronter et surmonter une telle épreuve.

 Marie Claude

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De René Envoyé : lundi 23 janvier 2012 17:29

L'Oasis ou le Tabarys Et oui Guy avec Henri Verdu on y a passé des heures au Musset on a du se croiser Guy. J'ai même un mauvais souvenir Un jour le quartier a été bouclé nous nous étions refugiés au Musset les gardes mobiles ont fait vider le bistrot et nous ont installés debout devant la vitrine du marchand de jouets,en face, un mec avec un sac sur la tête est arrivé et a designé trois personnes, qu'ils ont embarqué et lever le siège. Une fois de plus nous sommes passés entre les gouttes! Henri Verdu, ancien de la familia, pourra te le confirmer. Paule n'insiste pas reste au Majestic la tu es une experte...risa Bises

René
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De Guy du 23/01/12 15:08

L'Oasis ou le Tabarys J'ai déjà donné un autre réponse : Le Musset J'y ai passé de bons moments sur cette mezzanine, avec les jeunes du quartier....A vous lire il y avait des mezzanines partout !Cependant , il y avait un tout petit bar ...face à la SHELL  (à l'angle de la rue Murat et Gal Leclerc, face à la poste de miramar....propriétaire Mr Calatayud .....qui arrivait de " l'intérieur".....) dans lequel je passais plus de temps......surpris de ne pas la voir apparaître.

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De René Envoyé : vendredi 20 janvier 2012 18:50

Bonsoir Viviane Dans la liste je ne trouve pas Mme Levy qui a été égorgée le 5 juillet Elle tenait le stand "Au roi des bonbons" Sous les arcades, mais peut être est-elle notée sous son nom de jeune fille que je ne connais pas. Besitos

René
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De annie du 20/01/12 14:35

Viviane, que c'est triste de lire une liste aussi longue de disparus.. mon oncle est bien inscrit helas : castilla antoine...que peina

anniezet

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De René Envoyé : samedi 21 janvier 2012 10:13

Bonjour Viviane J'ai trés bien connu les deux fils qui jouaient avec nous au quartier. Ils se sont fait une belle belle situation dans le commerce alimentaire (import, export) en région parisienne. Je ne savais pas qu'ils avaient une sœur Bises

René
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De viviane  Message du 20/01/12 20:11

Bonsoir René, Je viens de constater que son nom n' apparaît pas sur la liste , cette dame  a été gravement blessée , elle se trouvait avec son époux au restaurant santa lucia près du cinéma Century , ils l' ont transportée à l' hôpital , et le lendemain elle avait disparue comme beaucoup d' autres PN blessés. En 2004 , j' ai fait la connaissance de sa fille, qui est toujours traumatisée , elle vivait dans un quartier chaud de Marseille,  elle avait l' intention de quitter cette ville ,  depuis  2007 plus de nouvelles , Bises

Viviane

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De Anne-Marie Envoyé : dimanche 22 janvier 2012 07:21

Mon 5 juillet

Françoise, je me trouvais à Aïn el Turk avec ma mère ce jour là. Nous étions en repli à Cap Falcon et ma mère voulait aller à la poste "je crois" d'Aïn el Turk et nous avons eu une des trouilles de notre vie ... Bises

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De francoise.n Le 21 janvier 2012 23:52

C'est vrai les amis, nous sommes en train de faire une psychothérapie de groupe ! Comme on nous l'a pas offerte en 62, autant se la faire nous même !Daniel, ce que tu racontes s'est passé à 2 pas de chez moi ! Je me souviens bien de ta grand mère qui habitait rue de Nancy (entre la rue Herzog et la rue Carnot) et de ses grands tabliers noirs (lol !). donc elle et Jeannot sont partis le 5 juillet, Jean Paul aussi avait été poursuivi dans la rue près de la maison et son oncle Lucien avait été battu mais s'en était sorti.

Nous étions partis à Aïn el Turk (St Germain) depuis l'explosion des cuves car le quartier était irrespirable et que Maman était malade ! De la terrasse de la maison où nous habitions, nous avons vu, la rage au ventre, défiler les arabes avec leurs drapeaux, les femmes qui lançaient leur youyous. Il y avait de nombreuses familles de militaires qui habitaient la rue et l'armée l'avait protégée et barrée. Mon père était resté avec nous ce jour là. Il avait une petite usine de mise en sachets d'olives rue Danton à l'Hippodrome de St Eugène (achetée en 1958 !), 2 ouvriers arabes lui avaient conseillé la veille " de rester à la plage avec sa femme et ses gosses car quelque chose se préparait !". Nous étions sur la plage avec le transistor quand Radio Monte Carlo dans l'après midi a annoncé des massacres à Oran, il a pris la voiture et rentré pour voir ses frères, il a vu l'armée française sortir enfin dans les rues de la ville ... et il s'est fait incendier par ses frères qui étaient restés enfermés chez eux.

Mingo, je fais comme toi, je garde nos messages depuis quelques jours. les enfants ne sont pas indifférents mais tellement pris par leur vie, leurs responsabilités ... les plus grands des petits enfants (17-18 ans) commencent à poser beaucoup de questions, il est vrai que leurs autres grands parents leur disent toujours "nous nous sommes les pieds noirs de l'Allemagne", Le père de ma belle fille est allemand sudète, familles envoyées au 18- et 19 ème s. pour peupler des régions d'Europe sous tutelle alemande (Slovénie, Thécoslovaquie ...). En 1945, ils en ont été virés comme nous, ils ont tout abandonné comme nous, mais eux leur armée était vaincue ... on les a relogés près de Dresde de l'autre côté de la frontière et ils voyaient leur maison dans le pays d'en face où ils n'avaient plus le droit d'aller car sous tutelle russe ! Ils ont préféré quitter la région et n'ont eu aucune aide pour s'installer en allemagne de l'ouest.

Merci Jean Pierre pour cette piqûre de rappel ! J'avais déjà vu cette vidéo, très dure. Je continue ma lecture

Françoise

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De daniel : 21/01/2012 18:26:16

Mon 5 juillet

Eh oui amigo Mingo le destin tient à peu de chose Je vous embrasse tous les deux

Daniel

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From: Dominique Sent: Saturday, January 21, 2012 5:41 PM

Mon 5 juillet

Merci à toi Daniel pour ce recit vraiment la vie ne tient qu'à un fil le malheur c'est que bien de personnes n'ont pas eu cette chance que nous avons eu et je les plains de tout cœur. Bises à vous deux.

 Mingo

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De : daniel Envoyé le : Samedi 21 janvier 2012 15h21

Mon 5 juillet 

Ce funeste jour du 5 juillet restera à jamais gravé dans ma mémoire. Nous avons avec mon frère accompagné notre Grand-mère au port pour qu'elle puisse prendre le bateau avec mon cousin Jean (ami d'enfance de Robert). Du port nous avons entendu des coups de feu mais sans vraiment s'inquiéter, nous pensions naïvement qu'en ce premier jour de l'indépendance los moros faisaient la fête en tirant en l'air. Nous sommes arrivés rue de Nancy au quartier de Miramar où nous venions de déménager, à quelques mètres d'ailleurs du domicile de Guy Montaner. Mon frère est rentré chez nous mais moi j'ai décidé d'aller voir ma copine qui habitait pas très loin rue Carnot. Les tirs redoublent et se rapprochent, je continue d'avancer, soudain je vois des gens qui courent, à l'angle de la rue Murat et de la rue de Nancy, une camionnette déboule avec à l'arrière des plusieurs personnes qui tirent sur les fuyards.

je comprends très vite, c'est une chasse à l'homme, le véhicule vient dans ma direction, je cours le plus vite possible car j'ai pigé rapidement qu'il en va de ma vie. Juste avant la rue Carnot il y a un petit immeuble de deux étages, la porte du couloir n'est pas fermée, je grimpe les escaliers, frappe aux portes aucune ne s'ouvre.

Dehors les détonations résonnent, au bruit j'ai la certitude que le véhicule est devant la porte du couloir. Là j'ai vraiment la trouille et je suis pris au piège, s'ils décident de venir  me chercher, ils n'ont qu'à monter. Les secondes qui suivent sont interminables et je commence à prier. A un moment j'entends crier puis le bruit du véhicule qui s'éloigne vers la rue du Général Faidherbe. Je reste tapi quelques instants, combien de temps? je n'ai plus la notion du reste. Tétanisé par la peur, je descends les marches et après m'être assuré que la voie est libre je piqué un sprint jusqu'a chez moi.

Je n'ai jamais raconté ma mésaventure ni à  mes parents ni à mon frère. La honte d'avoir eu si peur m'a incité à me taire, comme si à mon âge (15 ans et demi) ce sentiment n'était pas normal devant une telle situation.

J'ai longtemps cauchemardé même après mon mariage, j'ai raconté mon histoire à mon épouse puis cela est passé mais depuis un mois, par deux fois, j'ai revécu cette scène en poussant des cris en plein sommeil foutant la trouille à Josette. L'approche du cinquantenaire me ramène contre mon grès à cette journée maudite du 5 juillet 1962.

Voilà j'ai effectué ma séance de psychanalyse devant vous mes amis.

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De Jean-Paul Envoyé : samedi 21 janvier 2012 10:13

Liste des disparus


Dans la liste, se trouve mon ami d'enfance de Saint-Eugène, rue Jules Grèvy, Raymond SANS, âgé de 22 ans. Il venait d'être libéré du service militaire et travaillait à Boulanger, avenue de la République. Il a été enlevé le 4 avril 1962, lors de son trajet à pieds, très probablement avenue de Yougoslavie. A cette période, la rumeur laissait entendre que les fellouzes enlevaient des Européens pour les vider de leur sang dont avaient besoin les hôpitaux de fortune créés par le FLN à Victor-Hugo et au Petit-Lac ; on disait que le Docteur Larribère faisait partie des médecins qui soignait les fellouzes. A la lecture du livre de Jordi, il s'avère que cette rumeur était bien fondée et que les corps de ces malheureux qui étaient rendus totalement exsangues, étaient ensuite ensevelis au Petit-Lac. Les actes barbares et totalement inhumains commis par le FLN et l'ALN ne sont pas un mythe mais une cruelle réalité, n'en déplaise à tous nos détracteurs qui focalisent leurs attaques perverses uniquement sur les tortures exercées par l'Armée française et les attentats commis par l'OAS. Ce qui est aussi détestable et impardonnable,  c'est que des Européens, certes une faible minorité, ont été complices des atroces exactions commises par le FLN.

Jean-Paul

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De la part de francoise.n Envoyé : mercredi 28 décembre 2011 00:11

Bon Amandine. Merci aussi de ce premier avis sur ses écrits !

Je réagis sur les gendarmes. Les Pieds Noirs qui étaient dans la gendarmerie, comme dans l'armée ont étés souvent mis de côté ou mutés à partir de 1960. Ils ont été remplacés par des métropolitains mais çà se passait assez bien avec les "gendarmes blancs" (liseré sur le képi) et certains CRS.

Nous avons tous des souvenirs abominables avec les "gendarmes rouges". Les spécialistes te donneront plus de précisions sur leur recrutement. Pour ma part, j'ai de très mauvais souvenirs des perquisistions que nous avons subies à Miramar de la part de ces "rouges" qui occupaient le lycée Ali Chekkal tout proche et qui tiraient en enfilade dans les rues du quartier. A chaque bouclage, Papa a été absent, coincé à St Eugène, Maman était malade, j'étais l'aînée (18 ans) et responsable des 3 petits et de mon jeune cousin MIRALLES qui se réfugiait chez nous en sortant du cours Descartes car il ne pouvait aller prendre son car pour Sidi Chami. Chaque fois la maison a été fouillée de fond en comble avec violence, des objets volés, j'étais effrontée, je les suivais partout et je râlais quand
un objet n'était pas à sa place, je me souviens avoir fait un scandale pour un petit hippocampe disparu sur mon bureau, c'était de l'inconscience mais je l'avais récupéré !

Avec Maman et mon frère nous nous sommes trouvés dans une fusillade terrible, rue d'Alsace Lorraine, en pleine ville. les gardes mobiles tiraient depuis le Plateau dans les rues en pente du quartier St Pierre, en pleine ville européenne, donc sur des français !

Ma petite soeur qui n'avait que 4 ans, nous a dit récemment qu'elle avait fait des cauchemars pendant très longtemps. Surtout après le 18 mars 1962, ces hommes ont prété main forte au FLN contre les Pieds Noirs.  Quand des Pieds Noirs étaient enlevés, ils refusaient d'intervenir "pas d'ordre". Ceux qui étaient arrêtés, étaient libérés dans le quartier arabe ...

Lis "Fors l'Honneur" de Claude Micheletti et un "Silence d'Etat" de Jean-Jacques JORDI. Difficile de dormir après mais tu verras ce qui est caché ! Amitiés Cette fois je vais dormir

Françoise N

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De : Amaleti en Date du: 27/12/2011 20:36:29

Coucou,  Bonjour mes amis (es), Je suis actuellement en train de lire le livre de Claude Nal... Ce livre qui est très bien écrit me fait me poser beaucoup de question notamment sur les gendarmes et leurs rôles durant cette guerre effroyable. Pouvez-vous me donner votre avis, votre vécut, vos ressentis... Je vous embrasse bien fort ! Amandine La Chiquilla qui va recommencer à vous embêter avec ses questions !

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De francoise n Envoyé : samedi 21 janvier 2012 00:32

Bonsoir à tous Viviane - merci pour cette liste - j'y ai retrouvé avec émotion des noms connus dont Théodore ACERES, un petit cousin de mon mari, Charly VERNHES, ami et voisin de ma famille de St Rémi (voisin aussi des parents de Charly DAUDET qui avaient aussi une ferme au village), Charly et d'autres membres de sa famille avaient été arrêtés par une bande de l'ALN sur la route d'Oran, alignés près de la voiture, ils ont vu avec soulagement arriver un camion de militaires français. Les arabes ont jeté Charly dans la voiture et sont partis, la famille a alerté les militaires qui ne sont pas intervenus ! Edouard ROBLES, de la rue Mal Lannes à Miramar, père de mon amie d'enfance Geneviève, mariée à Pierrot MARGUIER (et séparée) qui devait habiter la même maison que notre bergère Martine. Il était chauffeur de taxi, une profession qui a été massacrée le 5 juillet. Une petite cousine Lorette CARRATALA (ses parents avaient une bijouterie rue d'Alsace Lorraine- en face de Meslot) avait épousé un très gentil garçon, chauffeur de taxi aussi, au printemps 62 (je crois), Henri (dont je ne me souviens le nom) a disparu aussi ce jour là.

José - l'arrivée à Marseille ... un souvenir terne et noirâtre.

je suis arrivée seule le 10 ou le 11 septembre 62, mes parents étaient à Aïn el Turk, plus en sûreté qu'à Oran. Mon père avait décidé brusquement de m'expédier à la fac de Marseille. L'image que je garde est celle du débarquement, à partir de la passerelle du bateau, sur le J4 sâle et noir, un long couloir ouvert, des passagers qui filaient droit devant eux, aucun accueil au débarquement, puis des escaliers aussi sâles et noirs que je descendais avec appréhension. Au bas des escaliers, un garçon de mon quartier appuyé à une barrière, je ne le connaissais que de vue, il m'a appelée, il m'a dit venir là tous les jours pour proposer son aide. A ce moment là j'ai été appelée par un haut parleur, des amis de mon père m'attendaient. Je n'ai jamais revu ce garçon mais il a été le premier sourire à mon arrivée en France !

J'ai trouvé rapidement du travail comme pionne dans une école privée (grâce à la recommandation des pères de Don Bosco-Bouisseville) et un logement en colocation avec une jeune institutrice de l'école, j'ai donc eu beaucoup de chance. Une famille marseillaise m'a demandé de m'occuper de leur fille à la sortie de l'école : raccompagnement, aide aux devoirs. Un soir, rentrés plus tôt, ils m'ont proposé de souper avec eux. Dans la conversation, j'ai parlé d'Oran ! Grand froid ! "Si nous avions su plus tôt que vous étiez Pieds Noirs, vous ne seriez pas entrée dans notre maison ! Heureusement nous avons appris à vous apprécier !". Ils sont devenus des amis et je parlais beaucoup de l'Algérie avec eux.

J'ai récemment retrouvé des voisins (et petits cousins comme beaucoup à Oran). Rose me racontait qu'en juin 62 son mari l'avait expédiée avec ses 2 garçons et enceinte du 3ème. je ne sais comment elle avait atterri dans un village près de Manosque. Il était tenir un magasin à Oran. Elle faisait ses courses dans la petite boutique du village, ne parlant à personne, et entendait régulièrement les femmes taper sur ces PN qui venaient les envahir. Un jour çà a été insupportable, elle leur a dit qu'elle en était et qu'elle était fière que son père et ses frères soient venus en 1944 libérer ce village des allemands. Surprise, ces personnes l'ignoraient, elles pensaient avoir été libérées par les américains. Rose a alors entrepris jour après jour leur éducation et s'est très bien intégrée au village. Aux deux Henri (Martin et TLP) : merci de votre verve et de cette alternance de sérieux et de dérision. Allez Bonne nuit à tous et bon petit déjeuner à ceux qui ne vont pas tarder à se lever ... ou qui vont faire la grasse matinée ce samedi Amitiés

Françoise

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De Marie-Thérèse Envoyé : vendredi 20 janvier 2012 19:06

C'est trop triste de lire tous ces noms. J'ai retrouvé dans les Phernandez le père, la mère et le fils qui avait mon âge à l'époque. Ils étaient de sidi-Bel-Abbès et je me trouvais là-bas le jour de leur disparition. Desuite le bruit avait couru et je me souviens que la Légion était partie à leur recherche. C'était l'oncle de ma belle soeur, sa femme et le fils le plus jeune. L'aîné est rentré en France comme nous. Ils avaient été pris dans leur ferme. Quelle tristesse.

Marie-Thé

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De Dominique Envoyé : samedi 21 janvier 2012 10:54

Quand je vais au motel et que je vois ces Tchechenes qui sont soignés aux petits oignons j'ai les yoyos qui me montent à la gorge ma femme est partie vers la fin juin 62 elle a passé trois jours et deux nuits,elle avait avec elle ses deux grands mères (80 et 67 ans ) sa sœur Monique sa cousine avec un enfant de 6 mois qui criait comme un fou pour reclamer son bibi il n'y avait pas d'eau il fallait que ma femme aille ou il y avait des militaires (aviateurs ) presque à poil pour pouvoir prendre et chauffer de l'eau pour le bibi la nourriture un sandwitch (pain et pâté ) le soir avec de l'eau ceci dit elle etait enceinte de 8 mois de mon ainé (né le 8 aout 1962 )et comme couchage une caisse de biere BAO le troisieme jour elles ont pu embarquer sur un avion qui les a emmené à Marseille dans le bordele que vous immaginez là elle a recuperé sa petite sœur Marianne qui etait chez une tante à Ste Marguerite et après une nuit de sommeil train en direction d'Epinal la fatigue aidant elles se sont trompées de train et ,l'enculé de controleur (je m'excuse je ne peux l'appeler autrement )les a fait descendre à Belfort non sans avoir exigé le paiement de l'amende. En descendant ma femme est tombée dans les escaliers je ne vous dis pas la peur des deux mémés ,et grace à DIEU sans aucune suite elle a pu prendre le train qui l'emmenait vers Epinal ou une ambulance l'attendait pour l'emmener à l'hosto pour des examens qui n'on descellé aucune anomalie et de là au lycée Claude Gelé qui servait de centre d'hebergement. aussi quand maintenant on me parle de resto du cœur ou des œuvres de bienfaisance ( que les den por culo ) tout cela pour vous dire comment on a été reçu pour les jeunes générations.

MINGO

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De Jacqueline Envoyé : dimanche 22 janvier 2012 08:23

Mon 5 juillet

Une histoire en fait remonter une autre. mon frère faisait partie de ma famille rester sur place en attendant une mutation. Il travaillait à la DCAN et sa jeune femme était instit. Ils venaient d'avoir une petite fille ma filleule Agnés agée de 6 mois. Impossible de trouver du lait pour ses biberons en ville, toutes les pharmacies avaient baissé leur rideau. Il était dit qu'on pouvait encore en trouver une à la marine, donc voilà mon frère parti dans sa 4cv vers la marine et là il est pris par des groupes de jeunes et moins jeunes heureusement à pieds qui le caillasse et essaient de bloquer la voiture. Il a du faire demi tours. Rentré chez lui pas d'autre choix que de faire les valises le bébé lui ne pouvait pas attendre la mutation. Passez un bon dimanche et bisous à vous tous.

Jacqueline

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De Dominique Envoyé : samedi 21 janvier 2012 11:00

Liste des disparus

je me souvient d'un Dr et une infirmiere qui avaient été tué à St Eugene dans une voiture à un carrefour

Mingo

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De Raymond M Envoyé : samedi 21 janvier 2012 17:49

Liste des disparus le 5 juillet à Oran Pour viviane

Merci Viviane, J'ai parcouru la liste et j'ai retrouvé le nom  de ma cousine AYAN Marie-Thérèse qui a été enlevé à Oran elle avait 18 ans, et j'ai retrouvé le nom d'un ami de Kébir qui a aussi disparu le 5 juillet, il avait 16 ans Garguilo Charlie, paix a leur âme. Je garde au fond de moi le secret espoir que justice leur sera rendu, et qu'un jour ces criminels seront enfin jugés. ( je sais que c'est une utopie mais j'y crois) Bises.

Raymond "le tomatero"

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De : helldjo Date : 23/01/2012 15:23:56

Mercredi 25 janvier FR3//Viviane- Tous

Bonjour Viviane et Tous

C'est une excellente nouvelle  enfin ça bouge un peu.....   Cependant diffusion à 23 h date cuenta....J'en profite  sur ce même sujet, ci - joint l'article paru  sur le Monde Diplomatique...  transmis par un copain d'Alger...  en plusieurs  parties. Il y a des chiffres.....   Par exemple j'apprends  que l’OAS a tué 3000 musulmans ???  N’importe quoi, et claro les victimes d'Oran de cette  funeste journée....  Lisez...

José

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De Viviane lundi 23 janvier 2012 16:10

José Mercredi 25 janvier FR3//Viviane- Tous

José, Je te remercie pour ce document précieux, ce témoignage confirme ce que nous disons depuis longtemps,  ce journal n’est pas en notre faveur , son témoignage est très important, il a raison ce sont les foules hystériques, surtout les femmes du peuple, une d' elle voulait m' arracher les yeux, quel souvenir Bises.

Viviane

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De annie l Envoyé : samedi 21 janvier 2012 10:18

Départ du 5 juillet

bonjour la familia, j'aimerais vous raconter non pas mon départ, mais celui de ma soeur ainé qui a failli être dramatique... le 5 juillet ma soeur, son mari militaire, leurs 2 enfants (4 ans et 8 mois) et mon oncle partent en voiture pour la senia...au petit lac, ils sont arretés par le FLN ...aussitot ils les font descendre de voiture.. et là très agressifs, ils voulaient absoluement emmener ma soeur et les enfants vers le petit lac pour .. vous imaginez la suite... quand juste à ce moment arrive une jeep avec un gradé quand il a vu mon beau-frère militaire et mon oncle également en  tenu, il a crié en arabe un ordre et s'est adressé à mon beau-frère lui demandant où ils allaient, celui-ci leur a confirmé que sa famille partait en avion, mais que lui retournait à la caserne où il était consigné.. donc le gradé à donné l'ordre de les laisser passer... et ainsi ma soeur et ses enfants ont pu être sauvés... et c'est sur le chemin du retour, après que mon oncle ait raccompagné mon beau-frère à la caserne, que lui-même a été enlevé et vous connaissez la suite. s'il n'y avait pas eu à ce moment-là ce gradé, j'aurais aussi perdu ma soeur et ses enfants..... je ne vous dis pas dans quel état était ma soeur quand elle à rejoint marseille, et là non plus il n'y avait pas de cellule psychologique !!!! bon samedi.

anniezet.

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Posté par popodoran à 22:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]