Document transmis par J. F. Paya

Correspondance suite au journal du père Delaparre en

Algérie 1961-1962

Sujet : Fw: Bruno Etienne et de Laparre.

JF. P:

Familles de disparus du 5 Juillet (Viviane ; Jo ) et les autres j'ai besoin de votre avis sur ces éléments et sur le texte du RP Delappare  à rajouter aux dossiers "preuves" qui sont sur Google ("jean François paya")  cela conditionnera la suite des recherches qui se poursuivent aujourd’hui en Algérie via certains contacts réactivés NB j"ai expédié le dossier à J Monneret je suis prêt à collaborer avec toutes les bonnes volontés quelques soient les origines ; les opinions et les divergences

Bien cordialement  JF. P

Viviane:

Bonsoir Jean François 

        J’ai pris connaissance de votre message seulement ce matin, mon ordinateur était en panne. Sur le témoignage du Prêtre, je relève que le 5 Juillet à 11 h, il a fait un tour en ville et que tout était tranquille, je pense qu’il se trompe sur l’horaire et qu’il s’agit de 10 heures et non 11 heures, c’est l’heure ou tout a basculé au centre ville, je me trouvais Bd Seguin, la foule était surexcitée et les coups de feu ont commencés à retentir. 

Le centre ville Bd, Séguin, rue d'Arzew, place Jeanne d’Arc, le quartier juif, la grande poste ont payés un lourd tribut. Je sais par des témoignages que tous les quartiers ont été touchés. 

        Le 7 Juillet, je me suis présentée avec maman à l'hôpital d'Oran pour rechercher mon père, on nous a interdit l’accès, nous sommes restés à l’extérieur, j’ai discuté avec un journaliste américain qui m’a affirmé qu’ils avaient emmenés 1000 ou plus de personnes au Palais des Sports, que sont ils devenus ? Je n’en sais rien.

        J’ai su également par un militaire Français que l’armée Française était intervenue vers 17 heures pour charger les corps des victimes, il y a donc un charnier dont l’armée Française connaît l’emplacement, il s’agit de plusieurs camions soit plusieurs centaines de corps. Quant aux rivalités inter Algériennes seuls les autorités Françaises et Algériennes détiennent la réponse. 

        En tapant, ce texte, je n’ai pas pu retenir mes larmes 47 ans, la douleur de cette journée est toujours présente. 

Amitiés Viviane

JF. P

Chère Amie

        Désolé de vous avoir fait remémorer ces instants terribles moi j'étais à Ain-Témouchent et ne suis entré à Oran que le Dimanche 8 Juillet rechercher 2 amis (comme des frères) instituteurs qui avaient disparus (rien retrouvé! même pas la voiture j'étais cependant accompagné d'un de leur collègue responsable du FLN avec O de mission du s/préfet resté en place sous l'autorité de l'exécutif provisoire / L'ALN du Maroc arrivait aussi "pour rétablir l'ordre " et en réalité prendre le pouvoir grâce à la provocation que ses responsables avaient suscité ( mais cela su bien plus tard !) C’est eux qui avaient fait tirer vers 11h15 sur le défilé de scouts musulmans Bd Joffre et place Karghenta pour exciter la foule.

        Vous avez raison pour l'heure du père Delaparre et  il à du remonter avant 11 heures à st Eugène Pour le palais des sports aussi et  le stade F Duparc un seul rescapé retrouvé et pas d"archives mais des témoins musulmans qui eux n'ont pas  participé aux tueries  et pour certains pensaient mettre nos compatriotes à l'abris (selon eux )  Mais cela inconnu pour nos "historiens" ne jurant que par "les archives" si bien qu'en alignant des "enlèvements" signalés à certaines unités (aléatoire) on en est  arrivé à 365 victimes ! Mais on a pas eu les VRAIES ARCHIVES  relevées par le consulat de France; les 800 de Chevènement ;plus les isolés non déclarés à Oran (voir mon estimation d'hommes seuls à Oran 6500 )ce jour) et les 440 "plaintes" du consul Herly qui avait oublié qu"une plainte pouvait être multipliée par X  ( une famille)  2 pour moi !   Enfin le document du 5 juillet d'Oujda retrouvé bien plus tard par le 2em bureau militaire d'Oran  Que dire encore de ces familles qu'on a fait taire tant coté Algérien que Français en jouant sur le risque de mettre en danger "des disparus" alors qu"une négociation secrète aurait été menée !!! 

        Voila pourquoi je déplore qu'un travail collectif n'est  pas été mené au lieu de sortir du papier chacun de son coté. Mais rien n'est perdu et forcément la synthèse se fera.

Amicalement  Jean François Paya

RETOUR JEAN FRANCOIS PAYA ORAN 5 JUILLET 1962  

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