Document transmis par J. F. Paya

mis à jour le 19/12/2019

Considérations remises à jour sur "l'origine du pouvoir en Algérie" pour chercheurs

             Sur son blog sans possibilité de débat Guy Pervillé historien que nous estimons beaucoup critique certaines de nos positions sur le drame du 5 Juillet 62 à Oran, aussi avec nos excuses pour répondre aux demandes de nos amis Français et Algériens nous reproduisons la partie de l'article qui nous interpelle pour tenter d'y répondre expurgé de toutes autres considérations.) L'enjeu n'est pas mince entre la cause spontanée et la cause provoquée pour le 5 juillet 62 à Oran.

Samedi 21 septembre 2019 (extrait de G Pervillé sur son blog)  nécessaire pour être objectif.

            " Un témoin resté sur place jusqu’en 1964, Jean-François Paya, a diffusé son interprétation suivant laquelle la non-intervention des forces militaires françaises commandées par le général Katz s’expliquerait par un « deal » conclu entre le général de Gaulle et Ben Bella pour lui laisser la tâche de rétablir l’ordre à Oran afin de faciliter la prise du pouvoir par l’alliance Ben Bella-Boumediene opposée au GPRA (signataire des accords d’Évian). Cette interprétation des faits a reçu le soutien d’historiens comme Jean-Jacques Jordi et le regretté Gilbert Meynier attentifs aux efforts déployés par l’état-major général du colonel Boumediene pour prendre le contrôle total de l’Oranie avant de conquérir le reste de l’Algérie. Elle est pourtant contestée par Jean Monneret, auteur d’une thèse capitale sur La phase finale de la guerre d’Algérie et d’un ouvrage consacré entièrement au drame du 5 juillet, La tragédie dissimulée, Oran, 5 juillet 1962, et par moi-même. J’estime en effet que l’interprétation de la position du général de Gaulle à la date du 5 juillet soutenue par Jean-François Paya est clairement démentie par les archives du Comité des affaires algériennes publiées par le général Faivre en 2000, qui proclament une politique de neutralité envers toutes les factions algériennes en lutte pour le pouvoir, et je reproche à cette hypothèse infondée de détourner l’attention des quatre mois d’affrontements violents qui avaient opposés l’OAS d’Oran et le FLN depuis février-mars 1962 jusqu’à la fin juin, comme si la recherche des causes du massacre du 5 juillet devait partir du début de l’affrontement entre le GPRA et la coalition Ben Bella-Boumediene, précipité par la destitution du colonel Boumediene par le GPRA le 30 juin. Or il est incontestable pour tous les historiens que les causes d’un événement sont nécessairement antérieures à l’événement lui-même, et non simultanées ou postérieures."

COMMENTAIRES ET RÉPONSE

            Bien entendu mais on peut aussi dire que les conditions et circonstances  ne sont pas directement les causes avec effets déclencheurs  et que l'événement doit être aussi provoqué comme souvent dans l'Histoire (où empêché) comme le feu dans un milieu combustible. En définitive G Pervillé définit les premières (les conditions) comme les causes ! Que de conflits alors ainsi créés! (ce qui veut dire que toutes les conditions provoqueraient  des causes sans effets  déclencheurs volontaires)

            En définitive jusqu'aux derniers éléments rassemblés les témoignages (JMO)sur les premiers tirs par des musulmans sur la foule passé 11h place d'armes. Ordre du jour prémonitoire de l'ALN d'Oujda (qui prévoit la protection de la minorité européenne). Consignes données contre des attaques OAS virtuelles annoncées (voir les témoignages) sont déterminants pour prouver "le coup monté" pour la création des troubles à Oran* congélation des forces Françaises pour faire intervenir l'ALN extérieure non prévue par ÉVIAN conduisant "de facto" à cet objectif.
            Quant au Comité des affaires algériennes qui se tient le 5 juillet  sur la" neutralité " cité par G-Pervillé  ses directives ne seront diffusées officiellement que quelques jours après, ce qui présume un contact secret préalable qui accrédite la manipulation. Si cette conjonction n'est pas volontaire elle est pour le moins suspecte et rien ne permet de la négliger pour les historiens avisés en tout cas pas de stigmatiser ceux qui dénoncent un parti pris pour la faction FLN/ALN Boumédiène/Ben Bella ne pas oublier la caution  F-ABBAS anti communiste notoire qui devient plus qu'une hypothèse quand on connait la suite et certains rapports de nos services suspicieux envers B Khedda et le GPRA (accusés proches de Moscou voir de Pékin) !!! Avec les bases sahariennes (force nucléaire FR en gestation) et la  base de MELK livrée à des "pro amis de l'EST"

            "Eh bien oui la lutte pour le pouvoir commençait de se jouer explicitement à Oran et l'affrontement coalition d'Oujda contre GPRA DEVENAIT PRIMORDIALE. Une fois de plus il y a bien eu le 5 juillet un coup monté (rumeur propagée par certains FLN sur un "retour des commandos OAS") provocation pour exciter la foule musulmane avec les tirs de comparses (derniers témoignages reçus) et confirmation des massacres et désordre pour faire intervenir l'ALN extérieure avec CARENCE DES AUTORITÉS FRANÇAISES conduisant "de facto" à cet objectif !

EN RÉPONSE A UNE QUESTION SUR LA SITUATION "LÉGALE "A ORAN LE 5 JUILLET 62 DANS LE CADRE DES "ACCORDS D'ÉVIAN" Toujours d'actualité

            Pour nous résumer : En principe situation administrative et légale à Oran le 5 Juillet 62 le représentant de l'exécutif provisoire mis en place par les accords d'Évian (référendum du 1er Juillet) c’est à dire le préfet Français R Thomas qui ne sera démis à compter du 6 Juillet par la nomination rétroactive du préfet Algérien Lahouari Souiah (le 11 Septembre par un arrêté signé Abdel Kader Chentouf membre de l'exécutif provisoire avec effet rétroactif du 6 Juillet 62 ) Donc préfet Français qui indépendamment des problèmes de "légitime défense" peut théoriquement  faire appel aux FAF pour maintenir l'ordre D'APRÈS LES ACCORDS D’ÉVIAN C'ÉTAIT AU POUVOIR CIVIL DE FAIRE APPEL si carence de la Force Locale aux Forces Françaises l'ALN n'était prévue en aucun cas pour nommer les préfets et rétablir l'ordre, une fois de plus il y a bien eu le 5 juillet un coup monté (rumeur  prouvée propagée par certains FLN sur un "retour des commandos OAS") provocation pour exciter la foule musulmane avec les tirs de comparses (derniers témoignages) et confirmation des massacres et désordre pour faire intervenir l'ALN extérieure ;avec CARENCE DES AUTORITÉS FRANÇAISES conduisant "de facto" à cet objectif. Dans ce cas inaction bien contraire à la "neutralité"

            Si cette conjonction n'est pas volontaire elle est pour le moins suspecte et rien ne permet de la négliger pour les historiens avisés en tout cas pas de stigmatiser ceux qui dénoncent un parti pris pour la faction FLN/ALN Boumédiène/Ben Bella qui devient plus qu'une hypothèse !

JF PAYA

ETUDE SUR BOUMEDIENE  ET  LE GROUPE  D ' OUJDA

         C’est ce noyau d’Algériens nés au Maroc, qui compte à son actif deux putschs, qui a permis à Boumédiène de parvenir à ce destin de chef d’Etat de l’Algérie indépendante. Houari Boumediène était chef de la Wilaya 5 et installa son QG dans la ville marocaine frontalière avec l’ouest du pays, Oujda. Tout comme Boussouf pour le MALG, Boumédiène recruta des alliés parmi ces Algériens du Maroc pour l’état-major général de l’ALN. Le premier s’en servit pour porter le premier coup de l’armée contre les politiques en assassinant Abane Ramdane, et le second y trouva un appui pour porter le deuxième coup de force de l’armée contre le FLN en s’attaquant au Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA). Le groupe d’Oujda est entré de la sorte par effraction dans l’histoire de l’Algérie et il signera, avec Boumediène à sa tête, l’acte de naissance du régime algérien.

Ces Algériens du Maroc nommés Wasti.

                   Les membres du groupe ou clan d’Oujda sont désignés comme ceux qui sont nés ou ayant vécu au Maroc avant 1962. Les "wasti", en référence à la position géographique de l’Algérie au centre du Maghreb, ou encore "deuxième francis, français de seconde catégorie", comme aimaient à les qualifier les Marocains, sont des Algériens qui sont nés au Maroc avant le déclenchement de la guerre de libération. Après la soumission de l’Emir Abdelkader en 1848, puis la défaite des soulèvements des Ouled Sidi Echeikh puis de Bouamama, une communauté algérienne s’est installée dans le pays voisin de l’Ouest. Une autre communauté enrôlée quant à elle dans l’armée française pour imposer le protectorat au Maroc y a aussi trouvé asile. Une troisième migration d’Algériens a quant à elle rejoint le Maroc, après 1954 par fuite des représailles de l’armée française. Le clan d’Oujda s’est bâti toutefois sur la première communauté d’Algériens au Maroc, qui était une communauté de petite bourgeoisie francophone composée soit de propriétaires terriens ou d’auxiliaires de l’administration marocaine. Cette dernière communauté trouva sa place dans les rangs de l’armée, de la sécurité militaire et du FLN. Le colonel Bencherif estime le nombre d’Algériens rentrés du Maroc en 1962 à pas moins de 10000 hommes entraînés uniquement pour prendre le pouvoir et mettre au pas toute opposition intérieure avec le bénédiction du pouvoir Gaulliste.

         Le travail commencé par le MALG de Boussouf au milieu des années 1950 a connu une suite avec Boumediene qui introduisit la logique des clans pour accéder au pouvoir. Entouré d’Ahmed Medeghri, Kaid Ahmed, Cherif Belkacem, Abdelaziz Bouteflika, Boumediène créa le groupe d’Oujda. Les "malgaches" de Boussouf se fondèrent dans ce qui est devenu plus tard le clan d’Oujda. Le régionalisme s’est érigé en règle d’appartenance à ce clan. "Mohamed Boukharouba s’affubla d’un nom de guerre qu’il emprunta au saint légendaire Boumediène, très connu dans l’Oranie, et du prénom de Houari, très répandu dans cette même région… dans le régionalisme qui sévissait dans l’armée des frontières, être à la fois, saint et oranais, c’était avoir toutes les chances avec soi"(1). Le groupe d’Oujda, sous les commandes de Boumediène et toute l’armée des frontières, attendait la fin de la guerre de libération qui avait éprouvé les moudjahidines de l’intérieur du pays dans la lutte contre l’armée coloniale pour pouvoir entrer en jeu. Certaines études précisent même que "le plan Challe "(liquider l'intérieur) initié par De Gaulle avait pour but inavoué de préparer le terrain.

         Laissant les politiques se charger des négociations d’Evian, et après la sortie des cinq historiques de prison, l’état-major général sous Boumediène trouve le moment propice pour actionner le coup d’Etat contre le GPRA. (Initié par la provocation d'Oran le 5 juillet)   Pour donner du poids à ce coup de force, il fallait une couverture politique via un des historiques. Seul Ben Bella, animé aussi par l’amour du pouvoir, accepta l’offre de l’EMG. En légalistes, Ait Ahmed et Boudiaf refusèrent de cautionner le putsch. "L’armée de Boumediène avait un double atout considérable : sa force et son unité favorisées par un long travail d’endoctrinement. Mais elle n’avait que peu de répondants dans la société algérienne et son leadership était rejeté par plusieurs wilayas. Il fallait à Boumediene de bien faire jouer le prestige de Ben Bella pour s’implanter politiquement "

         Afin de donner du crédit aux putschistes, un autre groupe baptisé “groupe de Tlemcen”, en opposition au groupe de Tizi-Ouzou qui était sous la coupe de Krim Belkacem, fut créé et mit au point la naissance du Bureau politique, un instrument politique pour le dénigrement du GPRA. Le groupe de Tlemcen regroupant Ben Bella, Khider, Mohammedi, Ferhat Abbas, Ahmed Boumendjel et Ahmed Francis a formé un duo avec le groupe d’Oujda pour mettre au pas les commandements des wilayas historiques notamment la III et la IV. Ben Bella était tout désigné pour devenir le premier président de l’Algérie indépendante sous la bénédiction de l’EMG de l’ALN qui marcha sur Alger pour accéder au "trône". La Zone autonome d’Alger sous Yacef Saâdi (après l’échec de provocations en Juillet comme à Oran) ouvrit les portes de la capitale à la coalition Boumediene / Ben Bella que début Septembre au prix de plusieurs morts du fait d’affrontements avec les troupes de la Wilaya IV qui étaient ralliées au GPRA. Le cri "sept ans ça suffit" des populations a fini par mettre fin aux hostilités. Près d'un milliers de victimes au niveau de l'ex Orléansville selon des sources internes ce qui stoppe l'avance des unités de Boumediene (que ce serait il passé si l 'ALN de l'intérieur n'avait pas été laminée par l'Armée Française ?) et l'oblige à négocier pour n'entrer que le 9 Septembre à Alger !

         L’Armée des frontières réussit son coup et pénétra d’un pied ferme dans ce qui est devenu le pouvoir algérien, sur des centaines de cadavres. Dans la nuit du 28 au 29 septembre, Ben Bella, candidat unique, fut élu par l’Assemblée, chef d’un gouvernement de 19 portefeuilles. Boumediène qui s’adjugea l’important poste de ministre de la Défense, proposa 4 postes : deux pour ses compagnons de l’armée des frontières d’Oujda, à savoir Bouteflika et Medeghri et deux autres pour l’armée des frontières de l’Est, à savoir Moussa Hassani et le docteur Nekkache. Le putsch servit l’armée qui, depuis l’indépendance, a joué la carte de l’unité face aux divisions politiques. "Le clan d’Oujda s’était ouvert au recrutement intensif de "soldats" venus des rangs de l’ALN, tout comme les "marsiens" de tout bord avaient pris d’assaut les administrations, étaient avant tous des éléments opportunistes sans aucune conviction politique ou idéologique. Ils étaient recrutés non pas pour faire la guerre mais pour construire le nouvel Etat "et provoquer le départ des Européens d'Algérie comme prévu au congrès de Tripoli après le 19 Mars soit par idéologie Islamiste soit tout simplement pour récupérer places, appartements et" butin "comme l'a écrit Mohamed Harbi ex responsable de la fédération de France du FLN ! 

         Avec les recrues des services de Boussouf devenu Sécurité militaire, et à leur tête Kasdi Merbah, et les tacticiens politiques de son groupe d’Oujda, Boumediène n’avait plus qu’à laisser mijoter son accession à la tête de l’Etat

Synthèse Sujet mal connu par certains compatriotes

JF Paya  sources Algériennes diverses

RETOUR JEAN FRANCOIS PAYA ORAN 5 JUILLET 1962

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