Document transmis par Pierre Salas

 

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        Je suis le constructeur de l'ex maison de retraite des anciens légionnaires à Sidi-Bel-Abbès où je suis né. Sidi-Bel-Abbès, en 1962, était un Chef lieu d'arrondissement de plus de 100.000 habitants et situé à tout juste 80 Kms à l'ouest d'Oran.

        Elle fût surtout la capitale de la Légion Etrangère, le quartier Viennot étant le point de rencontre de tous ses légionnaires. Prés de 350.000 engagés volontaires de toutes origines et nationalités, passèrent par cette caserne et près de 40.000 d'entre eux, furent tués au champ d'honneur.

        J'ai toujours eu beaucoup d'admiration et de respect pour ces hommes de qualité qui avaient pour devise "Français, non par le sang reçu, mais par le sang versé "et lorsqu'il m'arrive, aujourd'hui, d'en croiser un sur le quai d'une gare, du côté de Marseille ou d’ailleurs, je ne puis m'empêcher d'avoir un élan de sympathie à son égard. Ce ne sont pas, bien sûr, ceux que j'ai connus, mais ils ont la même allure et visiblement le même esprit.       Pendant la bataille, ils avaient le courage et l'abnégation des héros de Homère et quand il s'agissait de faire la fête, là  aussi personne ne les égalait.

        120 ans plus tard, en 1962, ils quittèrent Sidi-Bel-Abbès à jamais, c’est avec cette noble et martiale attitude qui les caractérisait, qu’ils tournèrent le dos à l’Algérie, sans un regard en arrière, les yeux fixés droit devant eux, en chantant  et en immortalisant ainsi, la chanson d’Edith Piaf : “Non, rien de rien, je ne regrette rien ! ...”.

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Départ du 1er RE de S.B.A. le 24 octobre 1962

        La commémoration annuelle de "Camerone" (qui est à la Légion, ce que le 14 Juillet est à la France) était pour eux et les Bel-Abbésiens, une fête mémorable qui durait une semaine et les quartiers Viennot, Yusuf et Amilakvari, faisaient une opération "portes ouvertes", où la jeunesse locale se mêlait (ou .....s’affrontait au cours de bagarres mémorables) à ces légionnaires tant aimés (ou détestés suivant les circonstances du moment), et de cette kermesse annuelle, débouchaient très souvent des idylles et des mariages, (...ou des plaies, des bosses et des coquards) lesquels pour contredire les historiens qui ne les situaient qu'en Gaule, généraient aussi en Algérie, de vrais petits gaulois aux cheveux blonds et aux yeux bleus, des Germains et même des petits vikings.

        Mais le rapport affectif envers la Légion et ses Légionnaires prenait toujours  le dessus et l’union sacrée entre eux et les pieds noirs ne fût à aucun moment un vain mot.

        La Légion Etrangère fait toujours partie du patrimoine affectif des Pieds-noirs en général et des Bel-Abbésiens en particulier.

Pierre SALAS

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