A ORAN APRES LE 5 JUILLET 1962.

Antoine_Rubio_disparu_Oran_05_07_1962

ANTOINE  RUBIO  disparu comme tant d'autres le 6 Juillet entre Ain-Témouchent et Oran   suite aux exactions non réprimées du 5 Juillet à Oran. Instituteur et  Chef Scout  à Ain-Témouchent homme de Paix  il pensait  continuer d’enseigner à ses élèves Algériens du douar Guérraba à la coopération en Algérie. (Voir les témoignages de ses amis dans la partie commentaires)


Ma cousine

De lisan Jacqueline Date de publication : 01/07/12 - 17:12

Commentaire :
           Je n'ai jamais plus revu, ma tante (soeur de mon père) et sa petite fille aprés le 5 juillet. Gilberte lucas, avait un an de plus que moi. Pendant cette triste pèriode, nous avions cessés de nous voir.La traversé de la ville était devenue dangeureuse. Petites filles, nous passions de longs moments ensembles.Cette interruption imposée,me rendait triste, elle me manquait déjà.
Aprés le 5 juillet, mon père,a tenu à rendre visite à sa soeur. A son retour,l'expression de son visage avait changé. Il ne savait comment nous l'annoncer. Elles n'étaient plus chez elle, l'appartement vidé de ses meubles.
            Je refusais de l'entendre, ce n'était pas possible qu'elles soient parties, sans même nous dire aurevoir.
Le lendemain en début d'aprés-midi, sous une chaleur à coupé le souffle, je décide d'aller les voir. Mon frère se trouvant prés de moi, veut me suivre. Il est plus jeune, et celà me gène, car je savais que je prenais des risques. Il fallait traverser toute l'avenue Sidi Chami, et j'avais peur pour lui.J'ai finalement accepté.
           Une traversée, en rasant les mures. On entendait aucun bruit, parfois, on sursautait, le vent venait de déplacer, un papier. On s'arrêtait pour reprendre notre souffle et repartir, tout en observant autour de nous. 
           Enfin, nous voilà auprés de l'appartement.Pendant toute cette traversée, nous n'avons croisés personne. Et dans la rue de ma tante, même désolation,en me rapprochant, je sentais qu'il n'y avait pas de vie. Ce calme, qu'on trouvait partout dans la ville, était là aussi, mais pour moi, c'était encore plus pire que je l'imaginais. Au fond de moi, je veux chasser ses mauvaises pensés. La porte était entre-ouverte. Je commencais à paniquer. A peine j'avais franchie l'entrée, la porte de leur appartement était ouverte. Nous sommes rentrés. Je ne savais plus ce que je devais dire ou faire. J'étais terrorisée. Des images ce sont imposées à moi, celle de mon grand-père,ma tante, ma cousine, au temps ou nous étions heureux. Je réalise enfin, qu'elles ne sont plus là. Et à ce moment, je réalise, que personne ne pourra rien pour nous. Je prends conscience du danger. Cette fois, nous regagnons notre maison en courant. J'ai peur, pour mon frère, je veux qu'il court le plus rapidement possible. Je le suis derrière. Nous voilà dans notre maison. Sous la veranda, nous nous laissons tomber pour reprendre notre respiration. Mon frère me regarde, mes yeux sont larmoyants. J'ai envie de pleurer à chaude larme. Elles me manques...mais pourquoi, il faut qu'on parte pour les retrouver. Il y a 50 ans maintenant...

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