COMMUNIQUE DE PRESSE

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Le collectif des associations  de pieds-noirs et de rapatriés en Ile de France, les Amis de Notre Dame de Santa Cruz, l’Association des Amis d’ALGERIANIE

annoncent  les messes célébrées par Monseigneur Pierre BOZ pour commémorer la tragédie de la Saint Antoine à ORAN du cinq juillet 1962 dimanche 4 juillet 2010 à 10h30 Chapelle Saint Mathieu, 30 rue vanneau, 75007, Mo vanneau Lundi 5 juillet 2010 à 11h Eglise Saint Léon, place Cardinal Amette, 75015, Mo dupleix Les Oraniens et leurs amis pourront accueillir la Vierge, se recueillir, assister aux offices religieux.

claude.guirao@libertysurf.fr  0169062015

Gérard Garcia algerianie@free.frhttp://lesamisdalgerianie.unblog.fr 

 


Un peu d'histoire

 

Santa_Cruz_en_1920

José Bueno, marinero oranais et Nîmois d'adoption, écrivait en 2002 une histoire à la fois complète et joliment tournée dont voici des extraits.

"Il m'a semblé intéressant de faire partager à nos amis, quelques connaissances sur l'origine de la Patronne de l'Oranie : Notre Dame de Santa-Cruz. Santa-Cruz est le nom du fort, situé au-dessus de la chapelle. Il fut construit pendant l'occupation espagnole au XVIII siècle.

Les Espagnols, dans leur esprit de foi catholique, avaient donné un nom religieux à tous les principaux ouvrages militaires élevés par eux autour d'Oran . En 1830, la France conquit l'Algérie.

L'épidémie

Une épidémie de choléra qui sévissait dans le bassin méditerranéen et notamment en d'Italie, toucha Oran.  Après quelques jours, aidé par une sécheresse qui n'en finissait plus, on dénombrait 1172 victimes. Les habitants, toutes confessions confondues, devant cette hécatombe, décidèrent de s'adresser à l'autorité militaire, le Général Pelissier qui gouvernait Oran, pour demander de l'aide. Après une étude des remèdes, des moyens mis en place et précautions d'usage pour lutter contre l'épidémie, force est de reconnaître que tout paraissait vain, l'épidémie gagnerait dans les jours à venir encore du terrain. Il faudrait de la pluie pour stopper l'épidémie. C'est alors en conclusion d'une énième réunion des autorités civiles, militaires et religieuses que le général Pelissier interpella l'abbé Suchet, Vicaire général d'Oran : "Mais qu'est-ce que vous faites, Monsieur l'Abbé, vous dormez ? Vous ne savez donc plus votre métier ? le choléra ? Nous n'y pouvons rien : ni vous, ni moi, ni personne ne pouvons l'arrêter. Je ne suis pas curé et, pourtant, c'est moi Pelissier, qui vous le dis : faites des processions ! " Et l'officier jeta comme un cri de désespoir ou de suprême espoir ces mots devenus célèbres : " Foutez-moi une Vierge là-haut sur la montagne : elle se chargera de jeter le choléra à la mer"

La première procession

Dès le dimanche 4 novembre est organisée une procession vers la montagne du Murdjadjo. Les Oranais allèrent à l'église Saint-Louis située au quartier de La Marine(cette église est devenue la cathédrale d'Oran jusqu'en 1930), où se trouvait Nostra Señora del Salud et ils partirent en procession en portant la Vierge de Notre Dame du Salut. On peut aisément imaginer l'immense foi, la ferveur des chants et prières qui accompagnèrent les premiers fidèles en cette première procession. Arrivés au plateau, ils déposèrent la Vierge et prièrent et chantèrent des louanges encore et encore… Mais le ciel demeurait obstinément bleu.

Le miracle

Quelques heures après le ciel s'assombrit. Quelques gouttes de pluie commencent à tomber, se mélangeant aux larmes de joie des assistants. La pluie s'arrêta puis elle repartit en fines gouttes. Miracle ! ! La foule retombe à genoux. La pluie redouble de force et de violence pendant deux jours. L'épidémie est vaincue.

Le Miracle de la Pluie avait eu lieu. Il a marqué à jamais les esprits de nos anciens. Une chapelle fût érigée, dès 1850. En 1873, une grande tour, surmontée d'une statue géante de la Vierge compléta l'édifice. De ce sommet Notre Dame du Salut devenue Notre Dame de Santa-Cruz veillait et protéger les Oranais. Dès lors, chaque année, le jour de la fête de l'Ascension est devenu le rendez-vous des Oranais et des Oraniens (habitants de la région d'Oran (NDR)). Ce rassemblement aussi était l'occasion pour ceux moins pratiquants, de passer une belle journée à la montagne, pour plaisanter et rigoler, cherchant d'abord le meilleur endroit pour faire une paella au feu de bois ou faire cuire les brochettes. Au préalable chaque participant allait du côté de la grotte pour allumer un cierge. De nos jours à Nîmes, la même tradition demeure.

L'exode

En 1962, les Oranais quittent leur ville, leur pays…C'est l'exode. On ne sait plus où est parti tel membre de sa famille, de ses amis les plus proches, ses voisins. Chacun est dépaysé,  un peu perdu. À Nîmes beaucoup d'Oranais se retrouvent au Mas de Mingue, un quartier à l'extérieur de la ville où des bâtiments H.L.M récemment construits accueillent cette nouvelle génération d'habitants.

Le miracle continue

Le Révérend Père Hébrard, aumônier de la Base aérienne voisine s'étonne de ne voir pratiquement aucun fidèle pieds-noirs venir assister à la messe. Il rencontre alors le président du quartier, Antoine Candéla et Antoine Roca, président de l'association des parents d'élèves. Les deux "Antoine " font alors part de leur sentiment "père nous serons des vôtres si vous prenez l'engagement solennel de vous placer, avec nous sous le vocable de Notre Dame de Santa-Cruz " en souhaitons bien évidemment que la Vierge soit rapatriée elle aussi.

Le défi est lancé, l'aumônier s'adresse à son supérieur, Monseigneur Rougé évêque de Nîmes. Ce dernier encourage cette démarche et rencontre Monseigneur Lacastre alors évêque d'Oran. Considérant que la quasi-totalité de ses paroissiens étaient partis, la Vierge devrait être parmi eux maintenant là où ils se trouvaient. Et il donna son plein accord.

En 1965, c'est par un bâtiment de la Marine Nationale que la patronne des Oraniens traversa la Méditerranée. Grâce à l'opiniâtreté de l'Aumônier et des deux Antoine, la Vierge rejoignit le Mas de Mingue. La générosité d'un nîmois M. Régis Denis qui céda pour un franc symbolique un terrain de 5000m2 en haut de la colline est à souligner. Le projet de construction d'un Sanctuaire pouvait être envisagé. Ce sanctuaire grâce à de nombreux donateurs et par l'action de l'Association des Amis de Notre Dame de Santa-Cruz a été agrandit au fil des ans.

 Si à la première procession en 1967, il n'y avait pas beaucoup de fidèles, le bouche à oreille a vite fonctionné et le jour de la Fête de l'Ascension est rapidement devenu synonyme de retrouvailles. On retrouvait des membres de la famille, les amis perdus de vue, les nouvelles des copains des voisins etc. Dès 1968, il y avait 80 000 personnes, l'année suivante le double et dans les années suivantes jusqu'à 250 000 personnes. Ces dernières années la fréquentation est bien moindre, beaucoup sont partis…d'autres sont à présent âgés et ne peuvent que difficilement voyager. "
Véronique Palomar veronique.palomartobjectifgard.com

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