Lors de la commémoration du 5 juillet 2012 à Marseille.

 

5 juillet 2012 - à Aix en Provence et Reformes Marseille 149

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           Il y a 50ans aujourd’hui, j’ai vécu à Oran la journée la plus tragique de la guerre d’Algérie 50 ans que je lutte pour que ma mémoire n’efface pas le souvenir de cette tragédie.

            Depuis le 5 juillet 1962, il n’y a pas une seule journée ou je n’ai pas eu une pensée pour tous ces disparus assassinés sauvagement par des barbares d’un autre siècle. Leur seule sépulture est dans notre mémoire et dans nos cœurs.

            Ce jour-là le 5 juillet était pour nous une journée comme les autres. Le matin vers 10 heures j’avais bien vu de mon balcon des files de gens descendre le boulevard Joffre se dirigeant vers la place d’Armes. Je n’ai pas compris qu’une manifestation de grande envergure était prévue et qu’elle se transformerait en pogrom.

            Je suis descendue dans la rue pour rejoindre mon copain qui est devenu mon mari, je me suis retrouvée face à une meute de gens qui étaient la pour assassiner les européens.

            Nous avons été arrêtés fouillés et mis contre un mur les mains en l’air. Nous sommes restés longtemps contre ce mur avec d’autres personnes gardés par des civils armés qui attendaient des camions pour charger a coup de crosse les européens.

            Je pensais que mon heure était arrivé, des femmes voulaient me lyncher, face à nous des cadavres jonchaient les rues. Un Algérien qui faisait partie du service d’ordre me connaissait de vue, il habitait dans mon quartier m’a demandé de retourner chez moi et nous a isolé loin de la foule hystérique. J’ai vécu pendant vingt ans avec ce cauchemar qui a hanté mes nuits.

            De retour chez moi à plat ventre je me suis approché de la fenêtre, il y avait sur le trottoir d’en face l’ALN qui ramassait tous les gens qui revenaient de la plage à vespa ou en voiture, ils étaient trainés de force dans les camions.

            Mon père qui était sorti un peu avant moi n’est pas revenu malgré toutes nos recherches sur place, nous n’avons pas eu de renseignements. Ce 5 Juillet 1962 à Oran, plusieurs milliers de paersonnes ont été enlevées et massacrés par la vindicte populaire aidée par les militaires Algériens récemment arrivés du Maroc et ce devant l’armée Française forte de 18.000 hommes qui avait l’ordre de ne pas intervenir et de rester dans les casernes, heureusement certains ont désobéis aux ordres du général Katz.

            L’armée et la gendarmerie étaient au courant du sort réservé aux victimes n’ont pas voulu nous renseigner. En 2004 sans un mot de réconfort, j’ai reçu un rapport un rapport de la croix rouge qui datait de 1963 dans lequel était mentionné d’une façon froide et laconique les circonstances de la mort de mon papa « Égorgé et cadavre jeté dans un four de bain maure » Nous famille de disparus, nous voulons rompre ce silence 50 ans ça suffit. Je continu mon combat depuis près de 50 ans pour le reconnaissance officielle de ce massacre prévisible et la respnsabilité de l’état Français dans la disparition de plusieurs milliers de civils Français après le 19 mars 1962 et en particulier le 5 juillet à Oran.

            Quand les français ouvriront-ils les yeux sur la trahison de De gaulle vis-à-vis de ces gens qui ont crus à ses promesses. Le silence d’état qui couvre cette infamie est toujours d’actualité jusqu’à quand. En ce jour du 5 juillet, j’ai une pensée pour Roger Quessada qui nous a quitté il y a juste un an jour pour jour. Sa présence sera toujours parmi nous tous les 5 juillet que nous vivrons.

Viviane Ezagouri.

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