Ce n'est surement pas une coincidence si le 17 octobre 2012 la mairie du 18e à Paris organise une exposition photo illustrant en couleurs l’Algérie des années 50-60.

            Il semblerait que la relève soit assurée grâce à quelques apprentis historiens de l'acabit de notre historien tant décrié par la communauté PN. Ces ’’historiens’’ étant d’illustres inconnus une simple recherche sur notre moteur de recherche préféré et nous avons tôt fait d'apprendre que les choses évoluent toujours plus, surtout dans la désinformation!!

            L'annonce donc, d'une exposition à la Mairie du 18e à Paris : ’’L'Algérie en couleurs de 1954 à 1962" avec des photographies d'appelés pendant la guerre, tirées de l'ouvrage de Tramor Quemeneur et de Slimane Zeghidour suivie d'un débat : « La mémoire dans les relations France-Algérie » ne pouvait que me conduire à m'y rendre ce 17 Octobre à 17 heures.

            Une centaine de personnes étaient présentes, des habitués des manifestations du quartier d'origines sociales et culturelles différentes, des curieux, des élus, des représentants d'associations dont celle de l'Institut des Cultures d'Islam.

            Une quinzaine de photographies en couleur étaient exposées.. Presque toutes montraient des militaires français à Alger mais surtout en Kabylie, armes à la main , interrogeant des femmes et hommes arabes ou côtoyant des enfants arabes au regard perdu. Du déjà vu et revu. Mais mon attention a été attirée par un petit texte sous une photo des rues de la Casbah à Alger : « La casbah abrite une kyrielle de lupanars, un des rares lieux de croisement de pieds-noirs (en minuscules) et d'Arabes ( en majuscules), de civils et de soldats, de jeunes et de vieux» . Intéressant ce message lequel n'est que dérision.

             A côté de moi une dame m'interpelle : « quelle honte ! » Je réponds en lui demandant si elle est Pieds Noirs : « de Philippeville et depuis Bugeaud, et vous ? » « Oranaise et depuis la même époque que vous ». Puis nous nous séparons pour laisser la place à d'autres visiteurs.

            Arrive alors le Maire du 18 ème, Daniel Vaillant, qui entame son discours d'inauguration. Politiquement correct sur la guerre d'Algérie, la colonisation, les erreurs de la France, la volonté d'aller de l'avant pour apaiser et renforcer les relations franco-algériennes (le Président Hollande doit se rendre en Algérie prochainement et il faut préparer le terrain). Puis il revient sur « les massacres du 17 octobre 1961 » Et je comprends alors pourquoi une telle manifestation se tient à cette date : un mixte entre l'anniversaire du 17 octobre et la guerre d’Algérie.

            J'attends qu'il dise un mot sur les Pieds Noirs morts ou disparus, mais là j'en demandais trop. Nous n'existons plus, mais avons-nous existé ? Sujet tabou qui nécessite le silence politique. Le discours du Maire terminé, la conférence-débat commence par un long monologue d'une dame qui je crois anime une association à la mémoire du 17 octobre. Exposé classique, nombre de morts et de blessés surévalués. Puis commence l'exposé d'un co-auteur de l'ouvrage sur l'Algérie objet de la manifestation, Tramor Quemeneur. Petit costume gris croisé et nœud papillon, il explique que ce travail est celui de sa thèse sous la direction de Stora. J'avoue que je n'ai pas eu envie d'en entendre davantage et ai quitté la salle de conférence.

             Si certains d'entre vous souhaitent comme je vais le faire, informer ces deux auteurs que les Pieds Noirs et les Arabes ne se contentaient pas de se croiser et avaient d'autres lieux de rencontres que les lupanars d'Alger, n'hésitez pas.

Pieds Noirs toujours et Fière de l'être. Jacqueline.

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            Né à Bab-el-Oued et élève du Lycée Bugeaud j’ai été engagé par Albert Camus comme « pigiste » au quotidien Alger Républicain à l’âge de 15 ans. Chef de rubrique à La Dépêche d’Algérie, correspondant de L’Aurore/Paris et Le Méridional/Marseille pendant la guerre d’Algérie puis à la rédaction parisienne de L’Aurore. Quotidien pour lequel j’ai « couvert » le procès des « barricades » et ceux des généraux Salan et Jouhaux. Auteur d’une quinzaine de livres, dont « Camus l’Algérois » et « Ahmed Rafa, le premier général franco-algérien de l’armée française » mes deux prochains livres paraissent en mai 2012 : « De Gaulle, sa face cachée » et « 50 ans…c’était hier l’Algérie Française ». Manuscrit qui, si j’ai bonne mémoire, a été entre les mains des éditions Les Arènes, et je comprends mieux, à présent, les raisons de son rejet. ICI

Mairie de Paris 18e ICI

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