Nous venons d'apprendre le décès de Pierre Dubiton hier à Marseille, grand défenseur de l’Algérie française frère d'armes de "Rocky" Jean-Paul Robert. Il nous quitte 2 ans après lui presque jours pour jours.

Ancien financier de l'OM. Sa famille fut très touchée par le FLN. Il venait d'avoir 70 ans, il est décédé le dimanche 10 mars suite à une longue maladie.

Ancien du Lycée Lamoricière mais surtout camarade de combat dans le célèbre commando "Franck".

Petit Pierre est parti retrouver Jean-Paul, Robert Sultan et Franck. Ce que le FLN et les barbouses n'ont jamais pu faire, cette saloperie de crabe l'a réussie.

Dormez en paix mes amis.

Une cérémonie pour ses obsèques aura lieu le jeudi 14 mars 2013 à 9 heures en l’Église Saint-Michel Place de l'archange.

P dubiton

            Sur son bureau d'expert-comptable ­ deux agences, à Toulon et Marseille, 18 collaborateurs ­, il garde une photo: la tombe familiale au cimetière de Tamashouet à Oran. Son père Georges, fonctionnaire municipal, y repose, mort là-bas le 26 octobre 1956 à 50 ans, sous les balles d'un tireur, en descendant du bus. La guerre d'Algérie ne disait pas encore son nom. Quelques mois plus tard, on ampute d'une jambe sa sœur de treize ans, touchée par une balle tirée par les gendarmes mobiles à la cité Lescure à Oran . Chez les Dubiton, la guerre est inscrite au fronton. Du côté de son père, on comptait quatre frères: le premier, «gazé à Verdun», est décédé en 1947. Le deuxième, tué en 1917 au front. Le troisième, «militant de la France libre», fusillé en 1942 dans l'Allier. Et le quatrième, son père, «assassiné par les terroristes». Ça vous trace un destin.

« Le jour où j'ai perdu mon pays. » Pierre Dubiton

            « J'avais 14 ans quand mon père, qui était fonctionnaire municipal, a été assassiné par le FLN. Trois ans plus tard, je me suis engagé dans le 1er régiment étranger parachutiste. »Le regard dur, les mâchoires serrées, Pierre Dubiton raconte, sans nous épargner aucun détail, la guerre impitoyable que se livrent alors légionnaires et maquisards du FLN. « Un jour, nous sommes appelés après le massacre d'une famille. C'était celle de ma demi-sœur. Les quatre têtes étaient posées dehors. Ma sœur avait 11 ans. Ils l'avaient violée, éventrée, mutilée. »

            En mai 1961, après le putsch, Pierre Dubiton, en cavale, passe à l'OAS-Oran. « Je me suis battu en faisant parfois des trucs désespérés. Mes compagnons de l'OAS, ce n'étaient que des fils de prolos, de communistes, pas un seul enfant de bourgeois. En 1945, il aurait fallu une partition. Mais nous n'avions pas de Ben Gourion» Peu après l'arrestation du général Jouhaud, de violents combats de rue opposent gardes mobiles et commandos de l'OAS. « Ça tirait dans les rues, sur les immeubles. Mes trois sœurs ont été blessées, l'une d'elle a été amputée d'une jambe. »

            La guerre de Pierre Dubiton s'achève lors d'un duel avec un tireur d'élite de la gendarmerie. « J'ai pris une balle explosive dans le bras. On a réussi à m'évacuer. Quand l'avion a grimpé dans le ciel, j'ai compris que tout était fini, que j'avais perdu mon pays. »

            « Je ne suis pas fier d'avoir fait certaines choses mais c'était la guerre. Si on fait la guerre, tous les coups sont permis Et puis cela faisait sept ans qu'on se faisait massacré sans rien dire. On leur a rendu la pareille pendant à peine un an, alors... » Rendu la pareille à qui ? Principalement aux nationalistes algériens organisés dans le FLN, aux forces de l'ordre et à l'armée françaises, fidèles pour leur très grande majorité à l'autorité légitime et chargées de lutter contre l'Armée secrète. Ce combat sur deux fronts suffisait à condamner l'OAS à l'échec.

            L'aventure de l'OAS se termine au printemps 1962. Le 18 mars, les accords d'Évian instituant l'indépendance de l'Algérie sont signés. Le 26 mars 1962, une manifestation d'Européens tourne au carnage rue d'Isly à Alger. La veille, le général Jouhaux est arrêté à Oran, ce sera ensuite le tour de Roger Degueldre le 7 avril, puis du général Salan le 20 avril. L'OAS est décapitée.

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