hdsm1Hélie Denoix de Saint-Marc s’est éteint ce matin. Ce grand soldat et patriote a combattu toute sa vie le totalitarisme. Très jeune, dans la résistance dès mars 1941 dans le réseau Jade-Amicol, il est trahi et arrêté en juillet 1943 à Perpignan, ce qui lui valut d’être déporté d’abord à Buchenwald puis à Langenstein, il est libéré d'extrême justesse, inconscient et squelettique, parmi les 30 survivants d'un convoi de 1.000 déportés. Engagé dans la Légion étrangère, il s'envole en 1948 pour l'Indochine où il découvre la guerre, Officier parachutiste de la Légion étrangère, contre le communisme en Indochine, et contre le FLN en Algérie. Il fut l'un des principaux acteurs du Putsch des Généraux en 1961 pour protester contre la politique algérienne du Général de Gaulle.

 

Ses obsèques auront lieu vendredi 30 août en la cathédrale de Lyon (place Saint-Jean 69005) à 15 heures. La messe sera célébrée par le cardinal Barbarin. Les honneurs militaires seront organisés par le gouverneur mlilitaire de Lyon. 

L’ADIMAD sera représentée (entre autres) par son Vice-Président Jean FAVAREL, Une gerbe est commandée. Amitiés nationalistes.

Semper fidelis JF Collin

Né le 11 février 1922 à Bordeaux Il est décédé dans la Drôme ce lundi 26 août 2013 au matin, à l'âge de 91 ans.

Après l'amère campagne de Suez, en 1956, il débarque à Alger où il se charge des relations avec la presse. Comme une partie de l'armée, il s'inquiète du revirement du général de Gaulle en 1959, qui prône l'autodétermination, après cinq ans de guerre pour maintenir l'Algérie française. "J'étais légaliste disait-il, et nous avions bien conscience que le statut colonial avait fait son temps, mais une partie des musulmans se battait à nos côtés et me rappelait le Vietnam, où nous avions abandonné une population à qui nous avions promis la protection". 

 

Commandant par intérim du 1er régiment étranger de parachutistes (REP), il cède aux arguments du général Challe et participe à la prise d'Alger mais Le putsch fait long feu. 

Le 1er REP est dissous et le commandant Denoix de Saint Marc est condamné le 5 juin 1961 à dix ans de détention criminelle et radié de l'ordre de la Légion d'honneur.

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Photo PIERRE AUGROS

Il est réhabilité en 1978 dans ses droits civils et militaires et fait Grand officier de la Légion d'honneur en 2002.

Le 25 novembre 2011, il est fait Grand'Croix de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy.

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Qu'il repose en paix, c'était un grand Monsieur !

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Pour mémoire :

  • Croix de guerre 1939-1945 avec 1 citation,
  • Croix de guerre des TOE avec 8 citations,
  • Croix de la valeur militaire avec 4 citations,
  • Médaille de la résistance,
  • Croix du combattant volontaire de la Résistance,
  • Médaille coloniale avec agrafe « Extrême-Orient »,
  • Médaille commémorative de la guerre 1939-1945,
  • Médaille de la déportation et de l'internement pour faits de Résistance,
  • Médaille commémorative de la campagne d'Indochine,
  • Médaille commémorative des opérations du Moyen-Orient (1956),
  • Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre en Afrique du Nord (1958) avec agrafes « Algérie » et « Tunisie »,
  • Insigne des blessés militaires,
  • Officier dans l'ordre du mérite civil Taï Sip Hoc Chau.

            On tentera à l’occasion de son décès de distinguer entre ses engagements, ceux qui demeurent « politiquement corrects » de ceux qui sont toujours calomniés, comme le fait de s’être dressé contre l’affreux abandon, par le pouvoir politique, des pieds-noirs chassés de leur terre et des harkis livrés aux égorgeurs, etc. Ce qui lui valut cinq années de prison.

            Les événements d’aujourd’hui donnent raison à Denoix de Saint-Marc, comme ils donnent raison à J-M Le Pen, qui, jeune lieutenant a combattu sous ses ordres. Aujourd’hui, les partis de la trahison nationale sont toujours à l’œuvre, mais cette fois-ci, les Français sont le dos au mur. Puissent-ils s’inspirer de l’exemple de ceux qui ont fait passer l’intérêt de la Patrie avant celui de leur carrière personnelle.

 


           En 2011, 50 ans après, Hélie de Saint-Marc raconte « son » putsch d’Alger débuté le 21 avril 1961 et il revient sur les quatre jours qui ont changé sa vie.

            « Quand on prend une décision en quelques minutes, sur le fil du rasoir, c’est très différent d’une analyse faire à posteriori, dans le calme ».

            Cinquante ans, jour pour jour, après le début du putsch d’Alger, Hélie de Saint Marc n’a rien oublié de ce 21 avril 1961. Installé depuis 45 ans à Lyon, à sa sortie de forteresse, cette légende de l’armée française, décoré quinze fois ne regrette pourtant rien. « J’ai fait ce que je croyais devoir faire en avril 1961, j’ai payé pour cela ».

            Sa décision de se lever contre le pouvoir et donc de désobéir à de Gaulle ? «  Ça a été une déchirure, mais j’avais la volonté de ne pas revivre ce qui s’était passé au Vietnam. Au final, c’est pourtant ce qui s’est passé. Je ne savais pas si notre putsch marcherait. Il y avait une angoisse. Si les Allemands avaient été vainqueurs, que dirait-on aujourd’hui de de Gaulle ? Je ne l’ai jamais rencontré et n’en ai eu qu’une connaissance livresque. L’armée française a toujours été divisée à son égard. Il a eu une prémonition extraordinaire. Quand au reste… ».

Il assure que le putsch est lié au contexte de l’époque.

            « L’Algérie était une guerre civile. L’armée y était pour faire évoluer ce pays vers des structures génératrices de plus de justice et de progrès. Des Algériens poursuivaient le même but mais voulaient l’obtenir les armes à la main. D’autres voulaient l’obtenir par la négociation. On disait à l’armée « battez vous contre les rebelles, rétablissez la paix pour que l’Algérie puisse évoluer ». Et un beau jour, on s’aperçoit que le chef de l’État mène une politique qui aboutit à une conclusion totalement opposée. On ne comprenait pas. On obtient la victoire militaire, et on nous dit de laisser ce pays à nos ennemis. Nous avons eu l’impression d’être trahis, ce qui explique notre révolte militaire ».

            Hélie de Saint Marc place ce putsch comme la conclusion d’une période difficile pour l’armée française. « Pour comprendre comment un officier discipliné et loyaliste comme j’étais devient un officier rebelle, il faut se souvenir de ce qu’a vécu toute notre génération de soldats. Il y a eu l’effondrement tragique de l’armée française en 1940. Puis il y a eu l’Indochine avec la lutte pour l’évolution du Vietnam qui était nécessaire. Et l’Algérie ».

            Gracié par de Gaulle en 66, Hélie de Saint Marc n’a néanmoins pas pardonné au général. « Je lui en veux toujours. Un soldat qui risque sa vie doit savoir pourquoi il se bat. On ne peut pas lui demander de mentir vis-à-vis des populations. Ce doit être un homme de vérité ».

Lu : http://www.leprogres.fr/actualite/2011/04/21/50-ans-apres-le-lyonnais-helie-de-saint-marc-raconte-son-putsch-d-alger

Déclaration d'Hélie Denoix de Saint-Marc devant le haut tribunal militaire, le 5 juin 1961.
« Ce que j’ai à dire sera simple et sera court.
Depuis mon âge d’homme, Monsieur le président, j’ai vécu pas mal d’épreuves : la Résistance, la Gestapo, Buchenwald, trois séjours en Indochine, la guerre d’Algérie, Suez, et puis encore la guerre d’Algérie... En Algérie, après bien des équivoques, après bien des tâtonnements, nous avions reçu une mission claire : vaincre l’adversaire, maintenir l’intégrité du patrimoine national, y promouvoir la justice raciale, l’égalité politique. On nous a fait faire tous les métiers, oui, tous les métiers, parce que personne ne pouvait ou ne voulait les faire. Nous avons mis dans l’accomplissement de notre mission, souvent ingrate, parfois amère, toute notre foi, toute notre
jeunesse, tout notre enthousiasme. Nous y avons laissé le meilleur de nous-mêmes.

Nous y avons gagné l'indifférence, l’incompréhension de beaucoup, les injures de certains. Des milliers de nos camarades sont morts en accomplissant cette mission. Des dizaines de milliers de musulmans se sont joints à nous comme camarades de combat, partageant nos peines, nos souffrances, nos espoirs, nos craintes. Nombreux sont ceux qui sont tombés à nos côtés. Le lien sacré du sang versé nous lie à eux pour toujours.

Et puis un jour, on nous a expliqué que cette mission était changée. Je ne parlerai pas de cette évolution incompréhensible pour nous. Tout le monde la connaît. Et un soir, pas tellement lointain, on nous a dit qu’il fallait apprendre à envisager l’abandon possible de l’Algérie, de cette terre si passionnément aimée, et cela d’un cœur léger. Alors nous avons pleuré. L’angoisse a fait place en nos cœurs au désespoir. Nous nous souvenions de quinze années de sacrifices inutiles, de quinze années d’abus de confiance et de reniement. Nous nous souvenions de l’évacuation de la Haute-Région, des villageois accrochés à nos camions, qui, à bout de forces, tombaient en pleurant dans la poussière de la route. Nous nous souvenions de Diên Biên Phû, de l’entrée du Vietminh à Hanoï. Nous nous ouvenions de la stupeur et du mépris de nos camarades de combat vietnamiens en apprenant notre départ du Tonkin. Nous nous souvenions des villages abandonnés par nous et dont les habitants avaient été massacrés. Nous nous souvenions des milliers de Tonkinois se jetant à la mer pour rejoindre les bateaux français. Nous pensions à toutes ces promesses solennelles faites sur cette terre d’Afrique. Nous pensions à tous ces hommes, à toutes ces femmes, à tous ces jeunes qui avaient choisi la France à cause de nous et qui, à cause de nous, risquaient chaque jour, à chaque instant, une mort affreuse. Nous pensions à ces inscriptions qui recouvrent les murs de tous ces villages et mechtas d’Algérie : “L’armée nous protégera, l’armée restera “. Nous pensions à notre honneur perdu.

Alors le général Challe est arrivé, ce grand chef que nous aimions et que nous admirions et qui, comme le maréchal de Lattre en
Indochine, avait su nous donner l’espoir et la victoire. Le général Challe m’a vu. Il m’a rappelé la situation militaire. Il m’a dit qu’il fallait terminer une victoire presque entièrement acquise et qu’il était venu pour cela. Il m’a dit que nous devions rester fidèles aux combattants, aux populations européennes et musulmanes qui s’étaient engagées à nos côtés. Que nous devions sauver notre honneur.

Alors j’ai suivi le général Challe. Et aujourd’hui, je suis devant vous pour répondre de mes actes et de ceux des officiers du 1er
REP, car ils ont agi sur mes ordres.

Monsieur le président, on peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier. On ne peut lui demander
de tricher, de se dédire, de se contredire, de mentir, de se renier, de se parjurer. Oh ! je sais, Monsieur le président, il y a ’obéissance, il y a la discipline. Ce drame de la discipline militaire a été douloureusement vécu par la génération d’officiers qui nous a précédés, par nos aînés. Nous-mêmes l’avons connu, à notre petit échelon, jadis, comme élèves officiers ou comme jeunes garçons préparant Saint-Cyr. Croyez bien que ce drame de la discipline a pesé de nouveau lourdement et douloureusement sur nos épaules, devant le destin
de l’Algérie, terre ardente et courageuse, à laquelle nous sommes attachés aussi passionnément que nos provinces natales.

Monsieur le président, j’ai sacrifié vingt années de ma vie à la France. Depuis quinze ans, je suis officier de Légion. Depuis quinze ans, je me bats. Depuis quinze ans j’ai vu mourir pour la France des légionnaires, étrangers peut-être par le sang reçu, mais français par le sang versé. C’est en pensant à mes camarades, à mes sous-officiers, à mes légionnaires tombés au champ d’honneur, que le 21 avril, à treize heure trente, devant le général Challe, j’ai fait mon libre choix.

Terminé, Monsieur le président"


« QUE DIRE A UN JEUNE DE 20 ANS »

Quand on a connu tout et le contraire de tout, quand on a beaucoup vécu et qu’on est au soir de sa vie, on est tenté de ne rien lui dire, sachant qu’à chaque génération suffit sa peine, sachant aussi que la recherche, le doute, les remises en cause font partie de la noblesse de l’existence.

Pourtant, je ne veux pas me dérober, et à ce jeune interlocuteur, je répondrai ceci, en me souvenant de ce qu’écrivait un auteur contemporain :

«Il ne faut pas s’installer dans sa vérité et vouloir l’asséner comme une certitude, mais savoir l’offrir en tremblant comme un mystère».

A mon jeune interlocuteur, je dirai donc que nous vivons une période difficile où les bases de ce qu’on appelait la Morale et qu’on appelle aujourd’hui l’Ethique, sont remises constamment en cause, en particulier dans les domaines du don de la vie, de la manipulation de la vie, de l’interruption de la vie.

Dans ces domaines, de terribles questions nous attendent dans les décennies à venir. Oui, nous vivons une période difficile où l’individualisme systématique, le profit à n’importe quel prix, le matérialisme, l’emportent sur les forces de l’esprit.

Oui, nous vivons une période difficile où il est toujours question de droit et jamais de devoir et où la responsabilité qui est l’once de tout destin, tend à être occultée.

Mais je dirai à mon jeune interlocuteur que malgré tout cela, il faut croire à la grandeur de l’aventure humaine. Il faut savoir, jusqu’au dernier jour, jusqu’à la dernière heure, rouler son propre rocher.

La vie est un combat le métier d’homme est un rude métier. Ceux qui vivent sont ceux qui se battent.

Il faut savoir que rien n’est sûr, que rien n’est facile, que rien n’est donné, que rien n’est gratuit. Tout se conquiert, tout se mérite. Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu.

Je dirai à mon jeune interlocuteur que pour ma très modeste part, je crois que la vie est un don de Dieu et qu’il faut savoir découvrir au-delà de ce qui apparaît comme l’absurdité du monde, une signification à notre existence.

Je lui dirai qu’il faut savoir trouver à travers les difficultés et les épreuves, cette générosité, cette noblesse, cette miraculeuse et mystérieuse beauté éparse à travers le monde, qu’il faut savoir découvrir ces étoiles, qui nous guident où nous sommes plongés au plus profond de la nuit et le tremblement sacré des choses invisibles.

Je lui dirai que tout homme est une exception, qu’il a sa propre dignité et qu’il faut savoir respecter cette dignité.

Je lui dirai qu’envers et contre tous il faut croire à son pays et en son avenir.

Enfin, je lui dirai que de toutes les vertus, la plus importante, parce qu’elle est la motrice de toutes les autres et qu’elle est nécessaire à l’exercice des autres, de toutes les vertus, la plus importante me paraît être le courage, les courages, et surtout celui dont on ne parle pas et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse.

Et pratiquer ce courage, ces courages, c’est peut-être cela

«L’Honneur de Vivre»

Hélie Denoix de Saint Marc (1922-2013)

Les honneurs militaires:

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