De Geneviève de Tenant le 14 mai 2015.

            Le décompte des déprédations dans les cimetières a fait l’objet d’une étrange polémique. Les cimetières dénommés primitivement « Chrétiens » ont été débaptisés pour être dits « Communaux » alors que les cimetières juifs et musulmans conservaient leur désignation confessionnelle.

            Justement intriguée, les cimetières musulmans et juifs ne seraient-ils donc pas « communaux », je me suis renseignée.

            J’aime bien savoir de quoi l’actualité nous oblige à parler et je préfère ne pas écrire trop de bêtises.

            Jusqu’à la Révolution Française en 1789, tous les cimetières étaient confessionnels mais en 1804, la création du Monopole Communal décrète la réintégration des carrés confessionnels dans les cimetières communaux ; ART L 2223-1 du CGCT.

            Ils peuvent être regroupés mais non séparés par un obstacle matériel. Abrogeant l’article 15 du décret loi du 23 Prairial An XII, la loi du 15novembre 1887 renforce celle du 14 novembre 1881 interdisant toute attitude discriminatoire fondée sur la croyance ou l’absence de  croyance religieuse. Elle garantit l’observation de la volonté du défunt pour régler les conditions des funérailles civiles ou religieuses. C’est le principe du libre choix.

            La Constitution de 1958 légitime la laïcité et la neutralité des cimetières mais permet les signes religieux sur les sépultures.

            Depuis lors, la création d’espaces confessionnels ne peut plus être légalement autorisé par le Maire mais la circulaire du 19 février 2008 permet le regroupement des défunts d’une même confession en prenant soin de respecter le principe de neutralité des parties communes du cimetière ainsi que le principe de liberté des croyances individuelles. Ils ne doivent pas être isolés des autres parties par une séparation matérielle. Ces espaces ne peuvent pas se voir reconnaître un statut légal.

            Autrement dit, c’est au Maire de se débrouiller avec les familles et les autorités religieuses. On peut lui souhaiter Bon courage !

            Madame Barbara Charbonnier, Maître en Droit, Consultante et Formatrice en Droit Funéraire, conclut : « L’expérience sur le terrain fait apparaître que le problème reste entier. »

            Pour en revenir au fameux décompte des déprédations, il est absolument faux de les séparer en Communaux, Juifs et Musulmans puisqu’ils sont tous communaux.

            Il est légitime de parler de sépultures Chrétiennes, Juives et Musulmanes vandalisées lorsque les objets pieusement déposés sur les tombes sont jetés à terre ou détruits.

            Cela ne préjuge en rien de la foi ou de l’athéisme des personnes enterrées. Je conclurai avec Victor Hugo que nous pleurons tous « nos morts, nos pauvres morts qui gisent sous la pierre » et que nous voudrions bien que les vandales leur fichent la paix.

Geneviève de Tenant le 14 mai 2015.

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