NON AU 19 MARS , COMMÉMORATION DE LA HONTE

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Communiqué conjoint de L’ASSOCIATION DÉPARTEMENTALE HARKIS DORDOGNE, VEUVES ET ORPHELINS ET LEURS AMIS ET L’AMICALE DES PIEDS-NOIRS DE LA DORDOGNE.

            Les Français d'Algérie, Harkis, Pieds-Noirs et sympathisants, continuent à condamner les commémorations du 19 mars qui font suite aux accords d'Évian. Les massacres, atrocités commises après cette date justifient sa condamnation.

            Nos communautés, en fait, NOTRE communauté, car nous sommes unis fraternellement et à jamais par notre passé au sein de l’Algérie Française. Par le présent aussi, dans la lutte pour la reconnaissance du lâche abandon sur notre terre natale et de notre accueil indigne en métropole.  Notre destin est commun à jamais.

            Nous sommes outrés de voir pour la première fois un Président de la République participer à cette cérémonie. Après ses promesses non tenues ce nouvel acte nous révolte et nous afflige profondément.

            Sans vouloir polémiquer sur le calcul stratégique, avec en vue les futures élections présidentielles. Notre Président, Président de tous les Français… sait pertinemment que notre électorat, Harkis et Pieds Noirs confondus, n’a pas un vote homogène. Ce qui en soi ne représente pas un capital à courtiser. Nous ne sommes pas dupes.

Ceci expliquant cela, la participation à cette cérémonie honteuse et la non-tenue de ses engagements de pré campagne du 12 avril 2012 qui stipulaient qu’il reconnaîtrait l’abandon, le massacre et l’accueil honteux dans les camps en France des Harkis et de leurs familles.

            À vous d’en déduire qui est à attirer ? Pourquoi sommes-nous corps et âme contre les cérémonies tenues à cette date ? À la date du cessez le feu, la guerre d’Algérie était gagnée militairement. Ce n’est que par une politique délibérée d’abandon au mépris des garanties données aux populations fidèles à la France que nos gouvernants de l’époque, avec à sa tête le général de Gaulle, ont bradé l’indépendance de ce qui fut notre pays.

Que déclarait « l’homme de Londres «  sur les harkis et Pieds Noirs… »

Le 3 mars 1962 : « Il faut se débarrasser sans délai de ce magma d’auxiliaires qui n’ont jamais servi à rien »

Le 4 mai 1962 : « L’intérêt de la France a cessé de se confondre avec celui des Pieds Noirs »

Les uns et les autres font partie du « boulet » dont il avait avoué à Alain Peyrefitte* le 20 octobre 1959 qu’il faudrait s’en « délester »

*Alain Peyrefitte a été secrétaire d'État à l’information, en avril 1962 puis ministre des rapatriés jusqu’en décembre 1962 (du gouvernement Gaulliste).

Le cessez le feu, quel cessez le feu.

Place

            Il faut savoir ceci ; les chiffres parlent d’eux-mêmes, pertes civiles puis militaires après le 19 mars 1962, nos dirigeants et les dirigeants de la F.N.A.C.A font mine de les ignorer... Mais ils savent eux, contrairement à bon nombre de nos compatriotes qui ont été et sont encore tenus dans l’ignorance.

            Les Politiques soit, mais pourquoi, une fédération d’anciens combattants feint elle d’ignorer ces chiffres … Politique quand tu nous tiens. Pour les fidèles à notre pays « La France » il y a eu plus de morts, civils et militaires confondus, après le cessez le feu  du 19 mars 1962 que pendant toute la guerre d’Algérie…

Pertes militaires du 19 mars au 30 juin 1962. 122 tués (+ 208 décès par accident et maladie). 349 blessés et 36 disparus.

Pertes militaires au 2e semestre 1962 : 30 tués, 73 blessés, 126 disparus.

Pour information de 1954 au 19 mars 1962.

Européens de 1954 au 19 mars 1962 : 2.788 tués. 375 disparus. 7541 blessés.

Musulmans de 1954 au 19 mars 1962 : 16 378 tués. 13 296 disparus.

Victimes civiles après le 19 mars 1962 :

            Européens après le 19 mars et avant le premier juillet: 3018 enlèvements dont 1 282 retrouvés (déclaration de Broglie du 24 nov. 1964, confirmée par lettre Santini du 9 novembre 1994).

            En 2005, la commission d'historien chargée de faire toute la lumière sur ce douloureux problème a retrouvé à Nantes 600 autres disparitions ; d'autres découvertes sont possibles.

            Après le premier juillet 1962, les statistiques sont censées être tenues par le F.L.N. Dans le livre "Disparus en Algérie" M.L. Leclair chiffrent à 6500 les enlèvements.

            On aboutit ainsi à un total d'au moins 6 000 morts ou disparus européens sur une population d'un million. Si un même cataclysme s'abattait sur la métropole, 60 millions, on aurait 360.000 morts, plus que pendant la seconde guerre mondiale.

             Massacre du 5 juillet 1962 à Oran Un T.O du Commandant en chef. du 14 juillet 1962 indique un minimum de 218 disparus le 5 juillet 1962 à Oran (Shat 1 R 274). La croix rouge enregistre 450 dossiers. Jean-Marie Huile, conseiller militaire de De-Broglie, puis de Joxe, ayant accès à tous les dossiers, chiffre à 671 les "victimes françaises".

            Les oranais chiffrent à 3 000 les morts et disparus ce seul jour-là.

Nota : Disparus, un enlevé n'est pas disparu s'il est rendu, vivant ou mort, ou si son corps est retrouvé. Les disparus sont chiffrés par JJ. Jordi à 1753, il en donne la liste dans son livre.

HARKIS :

            Le chiffre de 150 000 morts assassinés après le 19 mars 1962 sont contestés par l'historien Xavier Yacono, qui en se fondant sur les données démographiques, évalue entre 256 000 et 290 000 le nombre total des Algériens disparus. Par différence avec les pertes connues, on obtient une fourchette de 50.000 à 70.000 supplétifs massacrés.

            Une note du service historique des armées qui confirme le  chiffre de150.000 morts. Une autre analyse, conduit à considérer que 150.000 morts est un chiffre minimum.

            En effet, ces chiffres parlent d’eux-mêmes et vous comprendrez aisément pourquoi cet article a été écrit. Nous, Harkis, Pieds Noirs et sympathisants disons NON, NON et NON AU19 MARS, COMMÉMORATION DE LA HONTE.

            Arrêtez de bafouer notre honneur et notre dignité au détriment de calculs bassement électoraux ou autres. Harkamicalement et Piedsnoirement votre.

Sources : Ministère des Armées, archives des armées, ambassade de France en Algérie, Croix rouge Française et livres d’auteurs.

Guy REGAZZACCI, secrétaire de l'Association Harkis Dordogne.

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