Au 24/02/2016

SUITE DE NOS TRAVAUX ET RECHERCHES SUR LE LIVRE DE GUY PERVILLÉ   "ORAN 5 JUILLET Leçon d'Histoire sur un Massacre"

Bien sur ce livre est un document à lire et à étudier car très riche ce n'est pas "l'auberge Espagnole" mais au contraire comme le dit un ami "La caverne d'Ali Baba" où chacun peut y trouver ce qu'il cherche  sur le sujet selon ses convictions il n'y a qu'à lire certains commentaires contradictoires. Ce n'est pas du fait de l'auteur mais tout à son mérite d'avoir relaté une somme d'écrits  souvent narratifs sur ce dossier. Pour notre part voici notre version en nous excusant de certaines critiques acides de nos amis n'en rendant que plus authentique l'intérêt suscité.

Cordialement  Jean François Paya (groupe de recherches sur le 5 Juillet)

le 5 juillet 1962, par Jean-François Paya

le livre de Guy Pervillé sur le 5 juillet 1962 à Oran 

Oran, juillet 1962

ORAN 5 JUILLET 62 ET LA PRÉMÉDITATION ?

            Guy Pervillé explique l'événement par ce qui s’est passé avant (combats de l’OAS mais aussi du FLN et pourquoi pas de l'armée Française !) mais c’est toujours ainsi en Histoire, mais après il y a la volonté des hommes d'utiliser les circonstances et de les manipuler et les massacres du 5 juillet n'étaient pas inéluctables sans une certaine provocation préméditée et la paralysie connue de l'armée française et une fausse "neutralité" qui en réalité favorisait un camp le plus militairement fort et, celui qui ne devait pas être au pouvoir ALN D OUJDA.

            Peu importe, le secret n’était pas si étanche (difficile en pays oriental) car plusieurs mises en garde individuelles parviennent à certains Européens (voir Agonie d’Oran) de ne pas se rendre à Oran pour l’intérieur (plusieurs témoignages dont personnel)

            C’est pour cela que les différentes  hypothèses que signale G Pervillé ne sont pas contradictoires, elles sont même concomitantes Quant à la «sempiternelle théorie du complot» , elle fait partie de toute l’Histoire intérieure du FLN, voir entre autre les ouvrages de deux spécialistes : Mohamed Harbi et Gilbert Meynier, ce dernier a même corrigé, suite à nos observations, la 2e édition de sa volumineuse Histoire intérieure du FLN alors qu’il s’était contenté de reprendre la version du Général Katz : «un affrontement de communautés avec 25 morts Européens !» «De coup d’État en coup d’État», G. Meynier – Science et vie, cinquantenaire en 2004 énumération : en 57 contre Abane Ramdane, en 60 contre Tripoli, en 62 contre GPRA, en 65 contre B. Bella etc…).

            Cette politique manipulatoire et provocatrice émaille toute l’histoire de la rébellion depuis les origines du 1er Novembre 54 en passant par la liquidation d’Abane Ramdane «mort au champ d’honneur» l’éviction de Ben Bella et l’assassinat de Boudiaf, sans parler de l’utilisation du terrorisme islamique, plus actuelle. L’école de Boussouf, rompue aux méthodes du KGB, a fait recette en Algérie. La hantise de l’EMG d’Oujda était que puisse se créer à Oran, de facto avec Mers el-Kébir, une enclave européenne. La volonté de chasser le maximum d’européens avait été affirmée au congrès de Tripoli (27 mai - 7 juin 1962) après les accords d’Évian sous la pression de l’ALN extérieure (avant la destitution de l’EMG et de Boumediene par le GPRA).

            D’ailleurs, nous l’avons dit, le même scénario fut tenté sans succès à Alger avec des sbires dirigés par Yacef Saadi, agent de Boumediene (voir la presse) et le 6 Juillet le GPRA, dans un communiqué publié, avait gobé «l’attaque des éléments colonialistes de l’OAS»  à Oran. Ce faisant, cela l’obligeait d’admettre l’avancée de l’ALN d’Oujda qui imposait ses hommes aux postes clefs à Oran - ce qu’elle n’était pas habilitée à faire - dont le préfet Souhïa bien sûr, cette ALN préférait user de prétextes et de manœuvres pour prendre le pouvoir (voir toujours Harbi et Meynier et d’autres). Il y en eu d’ailleurs aussi à Constantine sauf qu’il n’y avait plus d’Européens et lorsqu’elle ne put plus manœuvrer, ce fut le choc frontal avec les wilayas de l’intérieur au niveau d’Orléansville. (Un milliers de morts!) Seul l’exécutif d’Alger était habilité à nommer les préfets (accords d’Évian).

            Faut-il rappeler que l’ALN extérieure n’entra qu’en septembre à Alger, il y aurait beaucoup de choses à ajouter , comme le fameux communiqué (classifié 2e B. n°1266/B2/ GAOR  signé Coadic) de l’EMG d’Oujda en date du 5 Juillet 62 qui après avoir vilipendé le GPRA, prépare ses troupes à «aller protéger la minorité Européenne», on ne peut faire mieux en cynisme pour des Pompiers Pyromanes, comme nous l’avons écrit (voir l'ouvrage L'Agonie d’Oran volume 3). Document ALN du 5 juillet 1962

            Les Faits : Un défilé, des poseurs de drapeaux sur les bâtiments publics, postes, mairies comme à l’intérieur de l’Oranie le 3 Juillet vrai jour de l’indépendance. Tirs indiqués, victimes non précisées sinon rumeurs bd Joffre (petits scouts ça émeut, non vérifié la propagande FLN aurait donné les noms de ces "chouadas"), à la Poste signalé par un JMO qui présume "par Européens" et oui qui peut tirer sur des musulmans ? Pas de blessés signalés (tirs fictifs non touchants, pas de victimes signalée non plus.

            Aucun tireur signalé ni arrêté, mais la rumeur est répandue par des agitateurs se sont les pieds noirs l’OAS qui tirent sur les musulmans pacifiques. Les rares films les montrent regardant en l'air, La Répression aveugle peut se déclencher ! 

            Alors "complot Benbelliste" je n'ai jamais employé ce terme mais coup monté, désordre, émeute provoquée oui, mais par qui ? La suite indique selon nous services ALN du Maroc et ses partisans à Oran. Ben Bella était-il au courant ? Mais surement Boumédiène qui était  le donneur d’ordre "Tirer ou simuler des tirs sur la pose de drapeaux Algériens" Mais bien sûr tous ces témoignages Algériens seront récusés. Mais l’histoire continue de se faire tous les jours des années après si non pourquoi tant de revues et d’écrits y compris sur la bataille de Poitiers et les croisades.

            Je reste fermement convaincu avec tous les éléments que j’ai fourni (voir mes articles et mon livre électronique) et aussi le tome 3 de "l’Agonie d’Oran" recherches coordonnées par G De Ternant plus les témoignages de certains de nos agents musulmans de l’époque que n’en déplaise à certains l’affaire d’Oran fut un coup monté et provoqué QUI N’AURAIT PAS EU LIEU si on avait su côté FLN/ALN que l’Armée française protègerait ses ressortissants !

            Guy Pervillé dit après avoir mis en question la provocation à l'émeute et aux massacres commandités par les services de l'ALN d'Oujda (B Bella étant un comparse) dit et écrit (message à Viviane EZAGOURI (familles des disparus d’Oran). Les témoignages donnent l’impression très nette que le massacre des Européens avait été PRÉMÉDITÉ par au moins une partie des chefs du FLN d’Oran, que la plus grande partie de leurs troupes a participé à la chasse aux Européens et d'après ce que j'ai lu, il me paraît logique de supposer une volonté de vengeance venant d'une partie des chefs FLN de la zone autonome d'Oran qui auraient Organisés LA PROVOCATION  initiale en l'attribuant faussement à l'OAS, mais aussi une participation de la majorité des Algériens armés qui se sont ensuite retournés  contre la "bande" d'Attou, sans oublier celle de nombreux civils algériens qui se sont déchaînés contre les Français en les croyant à tort coupables"

            Nous ne pouvons qu’être d'accord, on est aussi dans la théorie du "complot" (CONSTANTE DANS TOUTE L'HISTOIRE DU FLN/ALN)  en sachant que la partie du FLN  d' Oran "légaliste" c’est à dire suivant les consignes du GPRA d' Alger était avec les scouts Musulmans et le syndicat UGTA (témoignages fournis)) organisateurs du défilé qui se voulait pacifique et sensé démontrer la maitrise et "faire valoir ce gouvernement de l'Algérie nouvelle. L'autre tendance partisane de l'État-Major (les 2 B) d'Oujda y avait envoyé un émissaire dès le 1er Juillet (dixit Fouad Soufi) sachant qu'à l'origine cet EMG dans son communiqué ne parle que de la «date historique" du 1er Juillet et qu'il a fait célébrer l'Indépendance en Oranie qu'il contrôle le 3 Juillet (vraie date : voir nos archives photos à Ain-Temouchent et Tlemcen)

CQFD, c'est cette tendance "du complot" dont parle G Pervillé probablement appuyée par des éléments "Froids et extérieurs" capables même de tirer sur des musulmans Oranais pour enflammer les foules! La boucle est bouclée. Pour les complots lire entre autres écrits des historiens G Meynier et M Harbi pour éléments extérieurs voir B Etienne et récents témoignages sur l’élimination de la force locale restée fidèle à l'exécutif provisoire. Quant à la responsabilité du gouvernement Français c’est-à-dire de De Gaulle  qui n'en conviendrait pas ?

DÉBAT SUR CE LIVRE

            Message reçu de Marie Garcia (du groupe de recherches sur le 5 juillet 62) Plusieurs de nos amis Algérianistes où autres (voir dans VÉRITAS) Encensent et louent sans aucune critique le dernier livre de Pervillé mais il semblent bien qu'il l'ont mal lu où qu'ils ont occulté des parties dérangeantes et péremptoires de son jugement :
Très bien que G Pervillé popularise le drame du 5 Juillet 62 mais in fine pour populariser aussi de facto les conclusions du rapport du général Katz quand il écrit : " Le harcèlement des quartiers musulman par l’OAS est LA CAUSE PROFONDE du massacre du 5 juillet." (Donc pas l’OAS mais à cause de l’OAS)

            Et aussi " Il n’y a donc pas eu de RESPONSABILITÉ DIRECTE du gouvernement français dans ce qui s’est passé le 5 juillet 1962 à Oran, même si l’on peut lui reprocher à bon droit son inconscience. " qu'est-ce à dire ? LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS CA DIRE DE GAULLE INCONSCIENT ! On croit rêver pourquoi pas irresponsable.

            Voilà une hypothèse tout à fait Gaullienne, qui rejoint celles de certains FLNistes et Gauchistes Français (voir le site de la LDH Toulon) Pourquoi G Pervillé après ce laborieux travail d'historiographie saborde ses conclusions ? il pouvait comme il le fait souvent rester interrogatif en présentant les différentes thèses faute de certitudes ?

            Ou alors c'est bien une position personnelle (et c sont droit);qui relève de l'intime conviction et plus de l'Histoire et ceci aussi il fallait le dire .Mais hors de son livre il fait bien dans une réponse à Viviane Ezagouri qui donne à penser qu'il penche aussi pour "un coup monté" par une faction FLN à Oran! Contradiction en évolution tant mieux !

            Mais la « controverse» est bonne et pas "dérisoire" car la différence est de taille entre une explosion spontanée sans responsabilité bien définie (plus de crime contre l'humanité) et l'affaire organisée et provoquée ! Quant à la responsabilité du gouvernement Français c’est-à-dire de De Gaulle qui n'en conviendrait pas ? Nous avions dit "Cas unique dans l'Histoire (si non nous signale où une armée invaincue, laisse massacrer à proximité ses ressortissants sans intervenir " G Pervillé ne le mentionne pas (sauf erreur).

RETROUVEZ TOUS CES ÉLÉMENTS SUR « ÉTUDES COLONIALES » ET SUR « POPODORAN » pour Donner un Avis!

Pervillé et la provocation :

            Guy Pervillé dit après avoir mis en doute la provocation à l'émeute et aux massacres commandités par les services de l'ALN d'Oujda (Ben Bella étant un comparse) dit et écrit plusieurs fois (Et on est d'accord!)
" Les témoignages donnent l’impression très nette que le massacre des Européens avait été PRÉMÉDITÉ par au moins une partie des chefs du FLN d’Oran, que la plus grande partie de leurs troupes a participé à la chasse aux Européens" PUIS Message suivant à Viviane Ezagouri (familles de disparus).

            "D'après ce que j'ai lu, il me paraît logique de supposer une volonté de vengeance venant d'une partie des chefs FLN de la zone autonome d'Oran qui auraient ORGANISES LA PROVOCATION initiale en l'attribuant faussement à l'OAS, mais aussi une participation de la majorité des Algériens armés qui se sont ensuite retournés contre la "bande" d'Attou, sans oublier celle de nombreux civils algériens qui se sont déchaînés contre les Français en les croyant à tort coupables"

            BON ET ALORS on est aussi dans la théorie du "complot"(CONSTANTE DANS TOUTE L'HISTOIRE DU FLN/ALN) abhorrée par J Monneret en sachant que la partie du FLN d' Oran "légaliste" c’est-à-dire suivant les consignes du GPRA d' Alger était avec les scouts Musulmans et le syndicat UGTA (témoignages fournis)) organisateurs du défilé qui se voulait pacifique et sensé démontrer la maitrise et "faire valoir ce gouvernement de l'Algérie nouvelle . L'autre tendance partisane de l'État-Major (les 2 B) d'Oujda y avait envoyé un émissaire dès le 1er Juillet (dixit historiens Algériens) sachant qu'à l'origine cet EM dans son communiqué ne parle que de la «date historique » 1er Juillet et qu'il a fait célébrer l'Indépendance en Oranie qu'il contrôle le 3 Juillet (vraie date ; voir nos archives photos à Aïn-Témouchent et Tlemcen) CQFD.  C'est cette tendance "complotarde" dont parle G Pervillé probablement appuyée par des éléments "Froids et extérieurs" capables même de tirer sur des Musulmans Oranais pour enflammer les foules ! La boucle est bouclée.
Pour les complots internes lire entre autres les écrits des historiens G Meynier et M Harbi pour éléments extérieurs voir B Etienne et récents témoignages sur l’élimination de la force locale restée fidèle  à "l'exécutif provisoire" d'Alger, quant à la responsabilité du gouvernement Français c’est-à-dire de De Gaulle qui n'en conviendrait pas? Nous avions dit "Cas unique dans l'Histoire (sinon nous le signaler) où une armée invaincue, laisse massacrer à proximité ses ressortissants sans intervenir "

"DEAL" ALN pouvoir Gaulliste plus problématique!

            Une provocation semblant finalement être admise par G Pervillé il reste dubitatif sur un "DEAL" ALN extérieur / Pouvoir Gaulliste mais nous avions précisé "de Facto" Difficile de prouver le "deal" mais tout se passe comme si les effets justifiant la cause ! il n'y aura jamais d'archives pas de contrat signé bien sûr ! (L'ordre de consigner les troupes arrive la veille alors que Katz avait prévu dans une directive 99 du 20 Juin l'intervention possible des troupes "en cas de légitime défense de nos ressortissants" après l'indépendance (document cité) ce qui paraissait élémentaire pour une armée sur place.
            Besoin de l 'accord des putschistes d 'Oujda opposés a certaines clauses d’ Évian mais présumés "plus à l'ouest" moins influencés par les soviétiques pour garder les bases militaires et d 'essais. Jean Monneret et d'autres ne donnent aucune raisons spécifiques pour Oran, si non des généralités valables pour toute  l'Algérie pour un massacre "spontané" (alors que le film de JP Lledo et les études du docteur Vétillard nous apprennent qu'aucun ne le fut !) Sur des questions ponctuelles ou il ne répond pas, aucun texte valable dans ses annexes sauf un du 17/5/61 antérieur au 5 juillet (il avait avance une quantité d 'archives, même pas les références des fameux JMO sur "les enlèvements « (donc vus) signalés a certaines unités et pas des "disparus" ce qui est plus large signalés à Oran et en France à date indéterminée pour les isolés ;(familles parties avant le 5 juillet). Page 111 pas clair car il suggère responsabilités des Oranais provoqués par des musulmans qui posent leurs drapeaux et qui bruleraient des drapeaux Français et qui à leur tour les provoqueraient ! Le serpent se mord la queue !et on est hors sujet du moment.

CONTACTS AVEC MOSCOU  EN 1956

            Décidément la guerre d’Algérie fait encore recette, après le n° spécial de l’Express sur les Pieds-Noirs numéro spécial du Figaro sur «Algérie : la guerre sans nom» Expression connue comme celle «de braises mal éteintes» mais pour rester lapidaire de très bons articles par des auteurs connus « valeurs sures » les universitaires Historiens Olivier Dard et Guy Pervillé et des journalistes spécialistes en histoire comme Guillaume Zeller, Pierre Pélissier, Thibaud Dary, Abane Piot et Henri-Christian Giraud, ce qui est une découverte pour nous ce sont les précisions que donne HC Giraud sur le fait que « les Archives Soviétiques apportent une confirmation décisive de la précocité du choix Gaulliste en faveur de l’indépendance de l’Algérie « précisant »  le 10 Octobre 1956 De Gaulle délègue son ancien directeur de cabinet et principal intermédiaire avec Moscou Gaston Palewski, auprès de l’ambassadeur soviétique à Paris, Serge Vinogradov pour lui tenir le propos suivant «De Gaulle n’est pas loin d’accéder au pouvoir » La dégradation de la situation en Algérie et les actes terroristes des rebelles Algériens vont amener la chute de Guy Mollet. Le président Coty est d’accord avec De Gaulle. De Gaulle sera le premier à s’occuper du règlement problème Algérien. Dès qu’il sera au pouvoir le général sera prêt à entamer des négociations avec les représentants des Algériens » Lire la suite sur la mise en garde de Soustelle à Edgard Faure sur le mot dévastateur "négociations" et la conclusion de l’auteur « instruit de cette nouvelle disposition le FLN pourra se montrer intraitable sur la question du cessez le feu comme préalable à toute négociation et qu’il finira par l’emporter par KO sur tous les points qui faisaient débat » Les exégètes pourrons en tirer toutes les conclusions sur les conséquences sur le terrain où nos soldats se battent avec les Algériens fidèles et où les victimes tombent !
    JF Paya seul "écrivant" sur le terrain en Oranie 5 Juillet 62 jusqu'en fin 1964.

CONFIRMATION

        Ironie de l'histoire dans cette guerre civile aussi Algéro/Algérienne (avec ses victimes FLN / MNA Pros Français ) déclenchée en toute connaissance de cause le 1er Novembre 54 on pourrait débattre pendant des heures sur l'origine et la cause des victimes civiles Musulmanes (TOUTES PRISES EN COMPTE par l'historiographie FLN en essayant de les comptabiliser, le fait est, qu'après le 3 Juillet 1962 limite de l’amnistie réciproque référendaire le registre est différent et la RESPONSABILITÉ des victimes UNIQUE venant des présumés vainqueurs. Pour en revenir à nos moutons alors que les Aussaresse, Massu et compagnie anciens combattants Gaullistes chassent" l'épouvantail communiste" (dixit docteur Perez) en Algérie dans un article du "Figaro Histoire" QUE VOUS CITEZ les précisions que donne le journaliste HC Giraud sur le flou «les Archives Soviétiques apportent une confirmation décisive de la précocité du choix Gaulliste en faveur de l’indépendance de l’Algérie »  précisant que le 10 Octobre 1956 De Gaulle délègue son ancien directeur de cabinet et principal intermédiaire avec Moscou Gaston Palewski auprès de l’ambassadeur soviétique à Paris Serge Vinogradov pour lui tenir le propos suivant «sur l’indépendance de l’Algérie / voir texte ci-dessus) cela veut dire que dès 1956 De Gaulle qui n'est pas encore au pouvoir fait savoir au FLN par l'intermédiaire de leurs amis Soviétiques qu'il serait prêt à négocier s'il revenait aux affaires de la France. (Qualifié de trahison par le docteur Perez et d'autres).

        Depuis étrange silence radio sur cette présumée révélation des archives Soviétiques qui apporteraient " une confirmation décisive de la précocité du choix Gaulliste en faveur de l’indépendance de l’Algérie dès Octobre 1956 en pleine guerre d'Algérie alors que l'Armée Française se bat sur le terrain.

Par le Groupe de recherche Histoire  Posté par Aresky, sur popodoran jeudi 05 mars


AU 27/02/2016

NOUVEAUX TÉMOIGNAGES  ET INTERVENTIONS

            Dans son article du dernier "Algérianiste" Gerard Rosenzweig fait justement remarquer que G Pervillé en semblant privilégier comme cause principale du massacre d'Oran les actions de guerre de l'OAS fait comme si on avait justifié le massacre d'Oradour par les actions de la résistance en soulignant pour nous que dans le cas d'Oran la guerre était terminée et des accords d'amnistie adoptés !
Mais nous ajouterons que de nombreux cas en Histoire peuvent être signalés pouvant imputer la cause d'un événement tragique à l'attitude présumée des victimes et non à la responsabilité des hommes, du massacre des Juifs, des Arméniens à la saint Barthélemy en passant par la guerre de Vendée !

MISE AU POINT D’HISTOIRE

            Nous faisons remarquer que le début de l'enquête sur la provocation d'Oran fut diffusée dès Octobre 1996 (livre II Agonie d'Oran "la guerre des chefs") et critiquée ensuite 10 ans après par certains auteurs ("La Tragédie dissimulée") et approuvée par d'autres .Donc, fait positif dont nous ne faisons depuis que répondre et enrichir notre démonstration de témoignages et faits nouveaux. À vous de juger! (Mais ne pas s'affoler car on débat encore sur la Bataille de Poitiers !

UNE RÉUNION PRÉPARATOIRE

            Nous avons eu un témoignage sur les conditions de la préparation le Mercredi 4 Juillet de la manifestation et défilé du 5 où s'affrontèrent sur les principes, mots d'ordres etc…  Les partisans "légalistes" du GPRA et ceux de l'État-Major d'Oujda Ainsi qu'un groupe dit "neutre" syndicalistes UGTA, scouts Musulmans SMA, anciens détenus; Pas question de massacres bien sûr mais au contraire de réussir une démonstration d'unité et d'adhésion dans l'ordre au pouvoir provisoire central sans "culte de la personnalité "slogan "un seul Héros le Peuple" le nom de Ben Bella ni d'autre responsable ne semble prononcé. On nous indique cette "commission préparatoire" consciente de la présence de la presse internationale à Oran et formellement indépendante de la Willaya V qui a interdit ces manifestations à l'intérieur de l'Oranie mais qui ne peut l'empêcher à Oran vu les annonces de Radio Alger ! Ce témoignage qui recoupe les dires de nos informateurs (à l'époque) présume que globalement la direction du FLN d'Oran malgré ses divergences internes voulait que la manifestation du 5 juillet soit à priori un succès (peut être induisant à un certain niveau un manque de vigilance ?)et que la provocation ne fut pas ouvertement localement de son fait à propos de l'émeute provoquée conduisant au massacre un des objectifs est d’éviter une enclave et pousser les Européens à partir. Jean MONNERET dit " Paya interprète le document de l’ALN extérieure d’une façon très surprenante. En effet, il est à première vue étonnant qu’un document, qui recommande de protéger les Européens, soit présenté comme la preuve qu’on va les massacrer. Pas très cartésien. Bien sur l'ALN d'Oujda justifie à l'avance son déplacement rapide sur Oran dans cette course au pouvoir alors qu'elle a reçu l'ordre du GPRA de se dissoudre et de rallier progressivement les Willayas de l'intérieur;
Jean MONNERET ajoute "Mais, aux yeux de Paya il n’y a pas de contradiction et l’explication en est très simple car si l’EMG parle de protéger les Européens, c’est tout simplement qu’il sait d’avance qu’ils vont être massacrés puisque c’est ce qu’il a projeté" CQFD. Il suffisait en effet d’y penser. Jean MONNERET A TOUT COMPRIS PUISQUE L’EMG D’OUJDA DIT QUE LE GPRA N’EST PAS CAPABLE DE MAINTENIR L’ORDRE IL FAUT CRÉER LE DÉSORDRE ET L’ÉMEUTE EN PROVOQUANT LES FOULES A ORAN EN FAISANT CROIRE QUE L’OAS EXISTE ENCORE CE QUI CONDUIRA AU MASSACRE D’EUROPÉENS AVEC DOUBLE AVANTAGE LEUR FAIRE PEUR ET EN FAIRE PARTIR UN MAXIMUM (ÉVITER L’ENCLAVE), SE FAIRE VALOIR ET AVANCER VERS LE POUVOIR SUR LE PLAN INTERNATIONAL, ALORS QUE L’ALN N’EST PAS PRÉVUE POUR JOUER CE RÔLE PAR LES ACCORDS D’ÉVIAN. TOUT CELA FACILITÉ PAR LA PASSIVITÉ DE L’ARMÉE FRANÇAISE CONGELÉE POUR RAISONS QUE NOUS ÉVOQUONS DANS NOTRE ENQUÊTE. Ceci reste la spécificité profonde de ce drame.

TÉMOIGNAGE D'UN VACATAIRE DE  LA PRÉFECTURE D’ORAN LE 5 JUILLET 62

            Merci pour vos bons vœux et votre message et recevez les nôtres. Santé et longévité pour continuer de témoigner ! Puisque vous demandez des points de vue sur ce dossier du 5 juillet 62 en tant qu'Oranais vacataire à la sous-préfecture d'Aïn-Témouchent parti en fin d'année après mutation régulière en métropole (eh oui!) que puis-je vous dire sinon que dans mes souvenirs fête et défilé de l'Indépendance le 3 juillet 62 se passent sans incidents avec changement des couleurs dans la dignité. Notre patron le sous-préfet Roger Mas nommé par « l’Exécutif provisoire »notre sommet hiérarchique à Alger, lui est resté en poste pendant au moins un an en coopération. Mais en Oranie dès la fin Juin le poids de l'ALN du Maroc se fait sentir par ses émissaires qui ont infiltré la fantomatique Willaya V (l'Oranaise) et qui exige le veille de l'indépendance la réquisition de tous moyens de transport (camions agricoles, bus civils etc...) en dépit de la réticence d'Alger qui au téléphone nous adjure de n'en rien faire ! Mais nous sommes plus proches d'Oujda et du manche!
            Le jeudi 5 Juillet je suis en mission à Oran pour chercher des documents à la préfecture. Conduit dans la traction de service par notre chauffeur musulman, arrivés vers 10 Heures nous passons par les boulevards extérieurs, le centre étant nous dit la police (ATO) à l'entrée d'Oran envahit par la foule et un défilé est prévu de la ville nouvelle (musulmane) vers le centre-ville.
Rien de semblable à « l'intérieur » l'état-major d'Oujda y étant soit disant opposé ! La consigne venant par radio Alger la veille du GPRA « qui veut se faire mousser » nous ne comprenons pas bien leurs manigances et divergences.
            Après des conciliabules avec des congénères à la Préfecture où le nouveau préfet n'est pas encore nommé (normalement par Alger), le chauffeur me dit en arabe « émchi fissa » tirons nous vite ça va barder! Retournons au bled par la route d'Ain-el- Arba par derrière la grande sebkha pour éviter la route de Tlemcen, heureusement à 11 Heures nous n'étions plus là mais à la sortie d'Oran vers Tafaraoui.

INCIDENTS D'ORAN !

            Le lendemain nous apprenons très édulcorés les « incidents » d'Oran avec comme cause prétendue des tirs de l'OAS (sic) sur le défilé pacifique des petits scouts SMA et sur les manifestants Algériens
Bon vous connaissez la suite mais après mures réflexions et les recoupements avec mes souvenirs suivants et vos arguments, témoignages et documents produits, je penche aussi fermement pour un coup monté et une provocation facile à faire dans ce bouillon de culture de juillet 62 (pas seulement à Oran) pour créer le désordre, une sorte d'émeute produisant voulu ou non le massacre avec en plus l'inertie « calculée » de l'armée Française qui chaque rare fois qu'elle est apparue en dépit des directives à rapidement rétablis la situation selon des témoins consultés qui se trouvaient à Oran ce jour-là.
           Et comme vous dites « certains expliquent l'événement par ce qui s’est passé avant les combats de l’OAS (le vaincu a toujours tort) mais aussi du FLN mais c’est toujours ainsi en histoire, après il y a la volonté des hommes d'utiliser les circonstances et de les manipuler «et les massacres du 5 juillet n'étaient pas inéluctables sans une certaine provocation préméditée et la paralysie connue de l'armée française et une fausse "neutralité" qui en réalité favorisait le camp le plus militairement fort «le gros bataillon de l'ALN du Maroc) qu'on verra déferler venant de la frontière les jours suivants vers Oran à 70 Km passant par chez nous. Pour la petite histoire le lundi matin le GPRA à Alger à gobé une "attaque de l'OAS" à Oran et condamne l'action de ses résidus criminels fascistes.

            Le témoignage posté par Rolland le mercredi 30 décembre 2015 nous dit : à 10 H que le nouveau préfet d’Oran n'est pas encore nommé (normalement par Alger). Étonnant que le préfet d'Oran Lahouari Souiah n'ait pas été désigné primitivement par l'exécutif provisoire mais dès le 5 juillet par une lettre du colonel Othmane chef de la willaya 5 (Oranie) inféodé à l’EMG d'Oujda (lettre au Préfet d'Oran "sortant" qui fait ses bagages (dixit JP Chevènement). Le chef ALN de la willaya 5 lui signifie son remplaçant (sources archives et historien algérien Omar Carlier) dès les premiers incidents! Procédure en rupture des accords d'Évian alors que sa nomination définitive et officielle n'interviendra que le 11 Septembre par un arrêté signé Abdel Kader Chentouf membre de l'exécutif provisoire avec effet rétroactif du 6 Juillet 62 DONC SCOOP LE 5 JUILLET IL N'Y AVAIT PAS DE PRÉFET ALGÉRIEN à ORAN. Donc pas responsable et le 6 alors que dans un communiqué de presse le GPRA désinformé la nuit par Oran condamne une "attaque de l'OAS et l'action de ses résidus criminels fascistes" le pseudo préfet Houari Souiah imposé de facto à Alger tente de calmer le jeu à Oran en rejetant la responsabilité des émeutes et débordements sur des "éléments incontrôlés" TIREZ LES CONCLUSIONS DE LA MANIP…

PRÉFET  NOMMÉ PAR L'ALN D'OUJDA

            Houari Souiah Oranais ancien employé de librairie (Manesse) bien connu à Oran ex-conseiller municipal M.T.L.D et même adjoint au Maire d’Oran, libéré il y a peu de prison pour connivence avec la rébellion condamné à 20 ans de prison en 1957 par le tribunal des forces armées Françaises (ce qui lui sauva certainement la vie) se trouve projeté à ce poste un peu malgré lui. Il faut un préfet à Oran. Ce sera Souiah, imposé de manière originale, dans le contexte de l'époque par la rencontre entre la décision des vainqueurs et les vœux de la ville. Le commandement local et régional de l'ALN s'est en effet prononcé sur son nom, selon un choix entériné au plus haut niveau, par le Bureau politique et Ben Bella lui-même. La lettre explicite adressée au Préfet en place, le 5 juillet 1962, par le colonel Othmane commandant la Wilaya 5.

            "Monsieur le Préfet,

            Comme suite à l'entretien que vous avez eu avec le capitaine Bakhti, commandant de la zone autonome d'Oran, j'ai l'honneur de vous informer des dispositions prises en vue de la prise en charge des services de la préfecture. J'ai décidé la nomination provisoire au poste de Préfet de Mr Souiah Houari qui a reçu toutes les instructions pour la passation des pouvoirs. Veuillez agréer... On est loin des codes d’Évian avec un contact d'une autorité non encore officielle le BP de Ben Bella!

            "Il s'agit d'un poste clef, aussi le nouveau pouvoir ne laisse-t-il même pas à son candidat la possibilité de discuter. Souiah ayant soutenu le groupe dit de Tlemcen sera préfet fut-ce contre son gré. Le 11 septembre 1962, un arrêté de l'exécutif provisoire signé Abderrazak Chentouf le délègue officiellement dans ses nouvelles fonctions, avec effet rétroactif au 6 juillet. Loin de déplaire, cette décision rencontre au contraire l'assentiment d'une large partie de la population qui d'ailleurs ne connaît que lui ou presque. Souiah avait acquis le statut de maire pendant près de huit ans. Au moment de prendre enfin possession symboliquement à travers lui, du lieu même où se manifeste la souveraineté de l'État indépendant. La ville porte sur ses épaules jusqu'à la préfecture celui qui est sorti de ses rangs. "Omar Carlier historien algérien, un homme symbole".

            Donc cafouillage le 5 Juillet à la préfecture d'Oran le préfet Français est encore formellement en place mais se voie signifier son remplacement par Souiah par le chef de la Willaya V en date du 5 juillet, normalement il aurait dû attendre selon les accords d’Évian une directive de l'exécutif provisoire d'Alger et c'est bien pour cela que ce dernier ne le nommera avec effet rétroactif qu'à la date du 6 le 11 Septembre après l'entrée de Ben-Bella et Boumédiène à Alger! MAIS BOUMÉDIÈNE EST ARRIVÉ A SES FINS PRÉFETS EN PRINCIPE NOMMES PAR ALGER.

            Donc préfets et sous-préfets représentants l'autorité civile sont soumis à l'exécutif provisoire même après l'indépendance (comme celui d'Aïn-Témouchent fonctionnaire Français qui restera en place jusqu'en 63) à Oran. Comme nous l'a fait remarquer le général Faivre le 5 Juillet le préfet est en poste et selon nous il devrait être l'interlocuteur du général Katz pour intervenir et non l'ALN d'Oujda via willaya V qui nomme Souiah Houari (partisan de Ben-Bella ) qui ne sera régularisé que le 11 Septembre par arrêté de l'Ex provisoire avec effet rétroactif au 6 Juillet (subtilité car le 5 n'est pas sous sa responsabilité et la suite n'est pas entérinée par le GPRA mais après l'entrée des «putschistes» d'Oujda à Alger!

            Sachant que l'essentiel des unités de la «Force Locale» furent phagocytées où «neutralisées» par des éléments avancés de l'ALN du Maroc (témoignages du 4 juillet à Oran) il était prévu que l'autorité civile pouvait demander assistance aux FAF (forces françaises) ce qui n'eut pas lieu à Oran si non bien tard par le mandaté de l'ALN le Capitaine Bakhti qui arguant de la faiblesse de ses moyens appela à la rescousse les gros bataillons de l'ALN d'Oujda pour rétablir l'ordre à Oran (CQFD) alors qu'on avait fait croire primitivement à Alger à une agression de l'OAS à Oran !

            Donc validité des témoignages et commentaires ci-dessus exprimés. Questions sur l'attitude des autorités Françaises et leur présumée «neutralité» Problématiques de la présentation des événements historiques fatalement «à posteriori» une fois que les enjeux et les «gagnants» sont connus, apparences et réalités des phénomènes.

            Ce commentaire permet de tenter de faire le point sur les responsabilités d'autorité au jour de l'Indépendance et particulièrement à Oran en principe depuis le 7 Avril 62 (au 25 octobre 62) en vertu des «accords d'Évian» présumés entérinés par référendums en France et en Algérie c'est un «exécutif provisoire (ex provisoire)» qui dirige l'Algérie jusqu'à la remise de ses pouvoirs «à un gouvernement désigné par une assemblée nationale élue au suffrage universel» réalisé le 27 Sept 62. Cet exécutif provisoire dispose pour maintien de l'ordre en principe d'une force armée appelée Force Locale (FL) et d'agents auxiliaires (ATO) soutenus par l'Armée Française.

            NB : pas question d'ALN ni de GPRA dans ce processus en sachant que exécutif provisoire remet ses pouvoirs au GPRA dès le jour officiel de l'indépendance le 3 Juillet 62 le jour de son arrivée à Alger lequel le maintien en fonction sous son autorité de fait la responsabilité du « maintien de l'ordre » revient de facto au GPRA qui est important pour l'affaire d'Oran où le "désordre" qui doit mettre en valeur l'ALN extérieure sera provoqué.

ACCORDS SECRETS D’ÉVIAN

            Accords secrets d'Évian strictement respectés résultante du "DEAL" possible signalé par JF Paya  pour favoriser la prise de pouvoir  Ben-Bella / Boumédiène en Juillet 62 dito "Une seule chose importait pour De Gaulle était de pouvoir terminer les essais Atomiques et d'armement" au Sahara !

            Tout a commencé au début des années 1950, quand l’armée Française  procède dans ce centre de tirs d’essais installé sur un plateau calcaire dominé par les falaises d’Oued Namous, à des manœuvres de tir d’armes chimiques et bactériologiques. Après sept ans de guerre de libération, les indépendantistes du FLN et l’ex-métropole entament des négociations à Évian qui déboucheront sur un accord de cessez-le-feu et l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Mais les accords d’Évian contenaient une annexe secrète : la France conservera durant une période de cinq ans quatre centres d’essais au Sahara, Reggane et In Ekker pour le nucléaire, Colomb-Béchar (futur B2-Namous) pour les armes chimiques et bactériologiques et enfin Hammaguir pour la balistique et les fusées spatiales. À l’échéance du délai convenu, Alger et Paris confirment officiellement la fermeture de tous les sites sahariens de l’armée française. Sauf celle de B2-Namous.

            Guerre froide et course aux armements incitent Charles de Gaulle à obtenir de Boumédiène la prorogation de l’accord pour le maintien du centre de Beni Ounif. Contre toute attente (pour les profanes) le leader algérien concède une période supplémentaire de cinq ans. Il impose cependant une condition : B2-Namous sera exclusivement une affaire militaire. En d’autres termes, pas question d’y associer ou d’en informer les circuits diplomatiques, donc Bouteflika. Un accord-cadre est secrètement signé, le 27 mai 1967, entre l’ambassadeur de France et le commandant Abdelkader Chabou secrétaire général du ministère de la défense et homme fort de l’armée Algérienne. Ainsi Jusqu'en 1978, l'armée française a conservé un site d'essais d'armes chimiques (à décontaminer) en Algérie dans le Sahara avec la bénédiction de Boumédiène selon  cet accord secret.
Source presse Jeune Afrique  après la visite de F Hollande en Algérie Mars 2013.


Au 24/07/2016

            ÉLÉMENTS COMPLÉMENTAIRES non mentionnés pour tous les ouvrages sur la journée du 5 juillet 1962 A ORAN, tendant a démontrer la confusion extrême qui existait au niveau des responsabilités formelles d'autorité ce jour-là à Oran y compris la priorité de l'autorité Française qui semble s'être aussi "dégagée" sommairement des procédures prévues par Évian.

            Un témoignage très intéressant nous disait "à 10 H le nouveau préfet d Oran n'est pas encore nommé (normalement par Alger) Singulier que le préfet d'Oran Lahouari Souiah n'a pas été désigné primitivement par l'exécutif provisoire mais dès le 5 juillet par une lettre du colonel Othmane chef de la willaya V (Oranie) inféodé à l’EMG d'Oujda. Lettre au Préfet d'Oran "sortant" qui fait ses bagages dixit JP Chevènement) le chef ALN de la W5 lui signifiant son remplaçant (sources archives et historien algérien Omar Carlier) dès les premiers incidents la procédure est en rupture des accords d'Évian alors que sa nomination définitive et officielle n'interviendra que le 11 Septembre par un arrêté signé Abdel Kader Chentouf membre de l'exécutif provisoire avec effet rétroactif du 6 Juillet 1962.

            DONC LE 5 JUILLET IL N'Y AVAIT PAS DE PRÉFET ALGÉRIEN A ORAN donc pas de responsable et le 6 alors que dans un communiqué de presse le GPRA désinformé la nuit par Oran condamne une "attaque de l'OAS et l'action de ses résidus criminels fascistes" le pseudo préfet Houari Souiah imposé de facto par Alger tente de calmer le jeu à Oran en rejetant la responsabilité des émeutes et des "débordements" sur des "éléments incontrôlés.

TIREZ LES CONCLUSIONS DE LA MANIPULATION.

           Houari Souiah Oranais ancien employé de librairie (Manesse) bien connu à Oran ex Conseiller municipal MTL et même adjoint au Maire d’Oran libéré il y a peu de prison pour connivence avec la rébellion condamné à 20 ans de prison en 1957 par tribunal de forces armées Française (ce qui lui sauva certainement la vie ) se trouve projeté à ce poste un peu malgré lui car il faut un préfet à Oran. Ce sera Souiah, imposé de manière originale dans le contexte de l'époque par la rencontre entre la décision des vainqueurs et les vœux de la ville. Le commandement local et régional de l'ALN s'est en effet prononcé sur son nom selon un choix entériné au plus haut niveau par le Bureau politique et Ben Bella lui-même.
            La lettre (illégitime) adressée au Préfet en place le 5 juillet 1962 par le colonel Othmane commandant la Wilaya 5 est des plus explicite : "Monsieur le Préfet, comme suite à l'entretien que vous avez eu avec le capitaine Bakhti, commandant de la zone autonome d'Oran, j'ai l'honneur de vous informer des dispositions prises en vue de la prise en charge des services de la préfecture. J'ai décidé la nomination provisoire au poste de Préfet de Mr Souiah Houari qui a reçu toutes les instructions pour la passation des pouvoirs. Veuillez agréer...."
            On est loin des codes d’Évian avec un contact d'une autorité non encore officielle le BP de Ben Bella! (pseudo neutralité) "Il s'agit d'un poste clef, aussi le nouveau pouvoir ne laisse-t-il même pas à son candidat la possibilité de discuter. Souiah ayant soutenu le groupe dit de Tlemcen il sera préfet fut-ce contre son gré. Le 11 septembre 1962, un arrêté de l'exécutif provisoire signé Abderrazak Chentouf le délègue officiellement dans ses nouvelles fonctions avec effet rétroactif du 6 juillet. Loin de déplaire, cette décision rencontre au contraire l'assentiment d'une large partie de la population qui, d'ailleurs, ne connaît que lui, ou presque. Houari Souiah avait acquis le statut de maire pendant près de huit ans. Au moment de prendre enfin possession symboliquement, du lieu même où se manifeste la souveraineté de l'État indépendant, la ville porte sur ses épaules jusqu'à la préfecture celui qui est sorti de ses rangs." (Citation Omar Carlier historien algérien "un homme symbole")

            Ce commentaire nous permet de tenter de faire le point les responsabilités formelles d'autorité au jour de l'Indépendance et particulièrement à Oran en principe depuis le 7 Avril 62 (au 25 octobre 62 durée de cet "exécutif") en vertu des «accords d'Évian » présumés entérinés par référendums en France et en Algérie c'est un «exécutif provisoire» qui dirige l'Algérie jusqu'à la remise de ses pouvoirs à un gouvernement désigné par une assemblée Nationale élue au suffrage universel réalisé le 27 Septembre 1962. Cet «exécutif provisoire» dispose pour maintien de l'ordre en principe d'une force armée appelée Force Locale (FL) et d'agents auxiliaires (ATO) soutenus par l'armée Française.

            NB : pas question d'ALN ni de GPRA dans ce processus en sachant que «l’exécutif provisoire» remet ses pouvoirs au GPRA dès le jour officiel de l'indépendance le 3 Juillet 62 le jour de son arrivée à Alger, lequel le maintien en fonction sous son autorité de fait la responsabilité du « maintien de l'ordre » revient de facto au GPRA (important pour l'affaire d'Oran) .avec la "neutralité" présumée  des forces Française

Garnisons présentes en ville

            Les préfets et sous-préfets représentants l'autorité civile sont soumis à "«l’exécutif provisoire»" même après l'indépendance (comme celui d'Aïn-Témouchent fonctionnaire Français qui restera en place jusqu'en 63) à Oran. Comme nous l'a fait remarquer le général Faivre le 5 Juillet le préfet français est en poste et selon nous, devait être l'interlocuteur du général Katz pour intervenir et non l'ALN d'Oujda via willaya V qui nomme Houari Souiah (partisan de Ben-Bella) qui ne sera régularisé que le 11 Septembre par arrêté de l’exécutif provisoire avec effet rétroactif du 6 Juillet (subtilité car le 5 juillet n'est pas sous sa responsabilité et la suite n'est pas entérinée par le GPRA mais après l'entrée des « putschistes » d'Oujda à Alger !
            Sachant que l'essentiel des unités de la »Force Locale » furent phagocytées où « neutralisées » par des éléments avancés de l'ALN du Maroc (témoignages du 4 juillet à Oran) il était prévu que l'autorité civile pouvait demander assistance aux FAF (forces françaises) ce qui n'eut pas lieu à Oran si non bien tard par le mandaté de l'ALN le Capitaine Bakhti qui, arguant de la faiblesse de ses moyens appela à la rescousse les gros bataillons de l'ALN d'Oujda pour rétablir l'ordre à Oran (CQFD) alors qu'on avait fait croire primitivement à Alger à une agression de l'OAS! (communiqué de presse du 6 juillet du GPRA).

            Donc validité des témoignages et commentaires exprimés à propos des questions sur l'attitude des autorités Françaises et leur présumée neutralité et respect des accords d'Évian bafoués. Validité de la problématique présentation des événements historiques fatalement à posteriori une fois que les enjeux et les gagnants sont connus d’où la différence entre les apparences et la réalité des phénomènes!

            Donc cafouillage le 5 Juillet à la préfecture d'Oran le préfet Français est encore formellement en place mais se voit signifier illégitimement par le chef de la Willaya V son remplacement par Houari Souiah en date du 5 juillet alors que normalement il aurait dû attendre selon les accords d’Évian, une directive de l'exécutif provisoire d'Alger et c'est bien pour cela que ce dernier ne le nommera le 11 Septembre avec effet rétroactif qu'à la date du 6juillet après l'entrée de Ben-Bella et Boumédiène à Alger. CONSÉQUENCES LOURDES car le Préfet Français représentant selon les accords d'Évian l'exécutif provisoire (autorité qui en Algérie aurait pu devant la carence de "la force locale" et l'urgence demander l'intervention de l'Armée Française en légitime défense comme prévu pour nos ressortissants. Cette action aurait sauvé des centaines de compatriotes à Oran.

Jean François Paya

RETOUR JEAN FRANCOIS PAYA ORAN 5 JUILLET 1962