« Sauver l’Algérie d’un acte criminel et irréparable»

Par Michel DELENCLOS chercheur en histoire – Biographe

            ROBIN Marc Jean (25.06.1929-18.11.2017) Né à La Rochelle, inhumé le 22.11.2017 au cimetière de Chatelaillon plage (Charente-Maritime). Son épouse, Mme. Marie-Thérèse Robin, demeurant 13 rue du 4 septembre, 17300 Rochefort, mérite le soutien de messages de sympathie.          

            -Engagé volontaire à l’âge de 18 ans, il participe à toutes les campagnes d’Outre-mer. En Corée avec le bataillon français, en Indochine, en Tunisie et en Algérie, avec la Légion. Adjudant-chef au 2ème REP,

Marc ROBIN à Oran en tête de défilé

Marc Robin : en tête d’un défilé à Oran

            Muté au 43è RI de Lille suite à la révolte militaire du 22.04.1961. Disparaît le 29.11.1961, au lieu de rejoindre le 1er Régiment de tirailleurs en Algérie et déserte au profit de l'OAS-Métro.

            Ce 29.11.1961, il écrit à son Chef de corps, cette lettre : «Après 14 ans de service dans l’armée française, 14 années passées à défendre les couleurs de mon pays dans les territoires d’Outre-mer et d’Algérie, j’étais rentré en France, convaincu d’avoir fait mon devoir de soldat. Pour cette raison, je suis titulaire de la Médaille militaire à titre exceptionnel, de la Croix de guerre avec 8 citation et, proposé pour la Légion d’honneur à titre exceptionnel comme Adjudant. Mais, je ne puis rester indifférent aux événements tragiques qui séparèrent l’Armée le 22.04.1061. Ma sympathie alla immédiatement à ceux qui tentaient, au mépris de leur situation personnelle, de sauver l’Algérie d’un acte criminel et irréparable, qui devait laisser cette terre d’Algérie au gré des assassins du «FLN». Quelle tristesse de voir également les patriotes emprisonnés, dégradés et même condamnés à mort, pour toujours penser que l’Algérie est française, idéal pour lequel j’ai combattu. En toute conscience j’ai donc fait mon choix. Entre l’Armée actuelle qui me demande de renier mon passé militaire et l’OAS qui continue le bon combat afin que le sacrifice de nos camarades morts pour l’Algérie française ne soit pas vain. Fait à Lille le 29.11.1961. Adjudant Robin Marc. 43ème RI. »..

            Membre de l'OAS-Métro –alias «Victor»- au sein de la Mission-II. Dirige, avec le lieutenant Daniel Godot, la branche de l’OAS-Métro, Groupement commando militaire «GCM». Adjoint du lieutenant Gabriel Bernard. Le 07.01.1962, avec un commando d'anciens du Groupement commando parachutiste «GCP» , s'empare d'armes et de munitions au camp de Satory notamment de 4 fusils-mitrailleurs et de 15 pistolets-mitrailleurs. Parmi les armes récupérées, deux fusils-mitrailleurs seront remis au sous-lieutenant Alain Bougrenet de La Tocnaye, pour servir lors de l'attentat du Petit-Clamart.  Ce. Le 18.02.1962, avec notamment le lieutenant Godot, il participe à la tentative d'exécution d'Yves Le Tac au Val-de-Grâce.

            Est arrêté à la terrasse d'un café à Paris le 23.03.1962 par les commissaires Duranton et Bouhé-Lahorgue, dénoncé par un de ses proches, Yvan Agier. Titulaire d’une fausse carte d’identité au nom d’Albert Ponteau, il sera malgré tout reconnu. Comparaît le 02.08.1962 devant le tribunal avec le lieutenant Gabriel Bernard et le lieutenant Godot. Est défendu par l’avocat Jean-Louis Tixier-Vignancour. Condamné par la Cour militaire de Justice «CMJ» le 02.08.1962 à 20 ans de réclusion criminelle. Le 19.10.1962, le Conseil d'Etat déclare illégale la «CMJ» dans son arrêt dit "Arrêt Canal, Robin, Godot". Détenu à Fresnes, tente de s'évader avec le capitaine Guy d'Ammonville, le lieutenant de vaisseau Pierre Guillaume, Michel Paret, André Besamat et trois autres détenus. Puis est incarcéré à St. Martin-de-Ré. Soigné pour une sclérose en plaque à l'hôpital, il s'évade de la Rochelle, le 03.05.1964, en pyjama et chaussures basket. Suite à son évasion, le préfet maritime est mis en disponibilité, le préfet de police suspendu ainsi que le commandant de CRS. Atteint de sclérose en plaques le capitaine Pierre Sergent rédigera un texte pour collecter des fonds afin de lui permettre d'être soigné aux Etats-Unis. En 09/1964, Pierre Sergent lance un appel aux sympathisants pour collecter des fonds lui permettant de se faire soigner aux Etats-Unis.- Titulaire de 4 citations. Médaille militaire.

MD

Retour DELENCLOS Michel. Chercheur en histoire. Biographe, auteur - Prix d’Histoire le 14.04.2012 pour le «19 mars 1962 ? Waterloo » préfacé par l’Historien Maurice Faivre

Pile de livres incrust BIBLIOGRAPHIE :

            De F. Laroche "Le courage est leur patrie", Ed. St. Just, 01.01.1965. De Jacques Delarue "L'Oas contre De Gaulle", Ed. Fayard, 1981 et le 04.05.1994. De Arnaud. Deroulede "Oas : étude d’une organisation clandestine", Ed. Curutchet 10/1997. De Georges Fleury "Histoire de l’Oas", Ed. Grasset, 30.10.2002. De Jean Pax Mefret "Jusqu’au bout de l’Algérie française : Bastien-Thiry", Ed. Pygmalion, 2003-