Boudjedra et L’Huma imbattables !

Boudjedra

Rachid Boudjedra

Par JEAN MICHEL WEISSGERBER

Colmar, le 8 décembre 2018

            J’ai récemment ciblé Jérôme Fourquet et le site Causeur qui se sont permis de jeter la suspicion sur la communauté harkie sous prétexte que certains jeunes seraient perméables à la propagande islamiste, voire s’engageraient comme djihadistes. Rachid Boudjedra, un nabot et scribouillard, et L’Humanité, eux, ne s’encombrent d’aucune précaution pour vomir leur haine à la fois anti-française et anti-harkie et pour insinuer que les descendants de harkis participeraient en nombre à la geste djihadiste.

           Qu’on en juge par cet extrait du quotidien précité – édition du 7 novembre 2018 - où sous le titre « Rencontre », l’excité Rachid Boudjedra se déchaîne : « En France, il y a aussi ce sentiment d’avoir été trahi chez les descendants des immigrés qui ont participé à la reconstruction de ce pays (NDLR : la France)… et chez les descendants des harkis dont la « saga » lamentable et criminelle dans le pays d’origine s’est soldée par un accueil inhospitalier et raciste à leur arrivée en France. Eux aussi avaient à se venger de la France tutélaire : l’islamisme violent a été le lien nodal où ils allaient reprendre pied, retrouver leurs racines et s’accrocher à un texte, le Coran ».

           « Saga lamentable et criminelle », est-il possible d’être plus outrancier ? « Accueil inhospitalier et raciste à leur arrivée en France », de la part de qui ?, si ce n’est des pourfendeurs de l’Algérie française et en particulier parmi eux, les Staliniens en tête de la meute (voir ma contribution sur Riposte laïque du 25 octobre 2016 « Pro-migrants aujourd’hui, anti-rapatriés hier »).

           Cette prose sectaire et haineuse sous couvert d’indépendantisme, d’anticolonialisme et de soutien indéfectible au FLN, qui donne la nausée, est récurrent chez les adeptes de cette grande religion (politique) d’amour, de tolérance et d’ouverture constituée par l’Internationale communiste qui a abouti, entre autres, au goulag, au Longaï et à l’enfer khmer rouge.

           Je voudrais attirer l’attention de tous sur la perversité intrinsèque des rédacteurs de ce quotidien fort mensongèrement intitulé « L’humanité ». Si je ne dénie nullement aux communistes le droit de se proclamer anticolonialistes et progressistes, je pense qu’ils sont grandement coupables non seulement du fait qu’ils manient l’invective avec une morgue sans égale mais aussi qu’ils ne cèdent et ne cèderont jamais la parole à leurs contradicteurs. Pour ceux qui est de la question harkie, leur attitude est d’autant plus choquante qu’ils rejoignent et amplifient un mépris et une stigmatisation déjà très répandus.

           Aussi, j’aimerais citer en contrepoint deux organes de presse, aux antipodes l’un de l’autre : Lutte ouvrière et Rivarol, dans lesquels des sentiments peu amènes envers les harkis s’expriment plus ou moins périodiquement. A notre gauche, un peu  (c’est un euphémisme !) extrême même, Lutte ouvrière. Ce journal cède la parole à des défenseurs des harkis, par exemple dans son édition du 28 décembre 1984 où s’étalait sur une page entière l’argumentaire du Conseil National de Réflexion et de Coordination des Associations de Musulmans Français critiquant ce qu’il estimait être une complaisance d’Arlette Laguiller envers le général De Gaulle et sa politique algérienne. Lutte ouvrière reconnaissait d’une part le caractère peu démocratique du pouvoir algérien mais surtout le « droit des musulmans français à obtenir réparation des injustices commises à leur égard par le gouvernement français ». Même si L.O. s’égare passablement par la suite en évoquant un prétendu droit pour les harkis à « obtenir la nationalité algérienne » (1) et, je cite encore, « le droit de retourner en Algérie », il n’en demeure pas moins qu’elle exprime des sentiments favorables de compréhension d’un problème qu’elle a au moins le mérite de prendre en considération.

           Il en est de même pour Rivarol, hebdomadaire, à ma droite, un peu extrême également et quelque peu « racialiste ». Bien que les anciens de Rivarol fussent de tendance très Algérie française, au point pour l’un d’entre eux d’avoir prôné le transfert de la capitale française de Paris à Alger, au fil des ans, des avis d’une certaine animosité s’expriment envers la communauté harkie, « coupable » non seulement de ne pas être d’extraction métropolitaine mais au surplus de ne pas être chrétienne ou de ne pas se convertir suffisamment à cette religion (2). Dans l’édition du 13 septembre 1991, un certain Philippe Gautier souligne peu élégamment que les fils de harkis sont demeurés avant tout des Arabes et des musulmans. Cela m’a permis de lui répliquer dans l’édition du 20 septembre 1991 (3).

           Rivarol adopte une attitude encore plus tranchée à l’encontre d’autres Français musulmans, eux également suspects car trop marqués par leur « exogénéité » : les Mahorais. Non seulement l’hebdomadaire publie mes très nombreuses protestations mais encore bien mieux son édition du 29 avril 2011 n’hésite pas à céder la place au fougueux Marc Georges qui pourfend, je cite, « un racisme qui ne dit pas son nom », par un texte sans équivoque « Mayotte et l’extrême droite anti-française ». L’Humanité, elle, c’est  l’extrême gauche anti-française !!

           Dès que se profile une question mémorielle ayant trait à la colonisation, nos « cocos » de service entrent en transe. Faut-il seulement rappeler le rôle exécrable joué par les tenants du P.C. affublés d’un F également mensonger lors de la « béatification » du traître Maurice Audin par Jupiter.

           A la moindre occasion, des tombereaux d’injures s’abattent sur l’armée française et les accusations les plus graves sont proférées. Ainsi, selon la journaliste Rosa Moussaoui, les soldats français auraient commis en Algérie des viols en masse (sic !). Cf édition de L’Huma du 4 octobre 2018 (4). La souveraineté française est systématiquement remise en cause lorsqu’il s’agit du cent-unième département français ou de la Nouvelle Calédonie.

           Dans un éditorial des 17 et 18 novembre 2018 intitulé « Ne laissons pas étrangler L’Humanité », le député P.C. (F ?) Patrick Le Hyaric ose proclamer : « L’humanité est l’un des piliers du pluralisme des idées et de la presse. S’amputer de son existence revient à amputer la démocratie elle-même ». M. Le Hyaric ne manque pas de toupet en n’hésitant pas à écrire cela. C’est en fait un outil qui œuvre puissamment à l’abaissement de notre pays et même à son démembrement. Il est d’ailleurs scandaleux que ce journal ait obtenu et obtienne encore une subvention gouvernementale. Il faudrait que cessent également les abonnements souscrits par les collectivités locales qui constituent des encouragements à la sédition (sécession de Mayotte et de la Nouvelle Calédonie, et de départements largement sous l’emprise de l’islamisation comme la Seine-Saint-Denis). La mort largement prévisible de L’Humanité ne me fera pas verser une seule larme. Je lui souhaite tout au plus un sursaut de lucidité démocratique avec une bouffée d’air pluraliste tout en n’y croyant guère, par expérience, hélas.

Jean-Michel Weissgerber

(1)   Manifestement, le rédacteur de ce passage ne connait rien aux dispositions régissant le Code de la nationalité algérienne qui font que les harkis eux-mêmes n’ont jamais perdu la nationalité algérienne.

(2)   Evidemment, je ne mésestime pas la présence, comme dans tout groupe humain, de brebis galeuses parmi les jeunes de la communauté qui, par ailleurs, sont trop souvent apathiques dans la défense de l’honneur des harkis, mais reconnaissons que ce dernier point ne leur est pas particulièrement propre. Précisons par ailleurs que certains harkis et nombre de Kabyles se sont convertis au christianisme ou sont agnostiques.

(3)   Ma lettre est évoquée dans l’ouvrage de référence de Mohand Hamoumou « Et ils sont devenus harkis » (Fayard, 1993).

(4)   J’ai déjà pointé cette assertion particulièrement fourbe mais jusqu’à ce jour cela n’a guère semblé émouvoir grand monde.

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