Par JEAN MICHEL WEISSGERBER

Colmar, le 20 février 2019

Je ne pense pas éprouver une faiblesse (disons coupable !) à l’égard d’Houria BOUTELDJA. Cela dit, quelque part, j’éprouve envers elle si ce n’est une véritable estime, du moins quelque considération pour ce que j’appellerais son indéniable sincérité.

Quand Houria BOUTELDJA s’exprime, si détestables que soient ses idées et si délirant que soit son projet politique, fût-ce en vociférant « je suis Mohamed MERAH », elle a le mérite d’être « carrée » et l’on sait tout de suite ce qu’elle veut.

Il y a deux autres « louloutes », probablement franco-algériennes comme elle, qui n’ont pas sa franchise et qui, tout compte fait, me paraissent à la fois au moins aussi haïssables et potentiellement plus dangereuses.

A ma gauche, Rosa MOUSSAOUI et à ma droite Karima LAZALI.

 

Rosa MOUSSAOUI,

est pour l’instant journaliste communiste à L’Humanité (un quotidien on le sait qui fait l’objet d’un acharnement thérapeutique pour sa survie !). Rosa MOUSSAOUI éprouve une nette prédilection pour l’écriture d’articles relatifs à l’outre-mer français d’une part, et d’autre part pour celle de textes où sont ciblés la « violence coloniale » et le « racisme français » (particulièrement destructeurs comme tout le monde devrait le savoir !). Mayotte-la-Française la fait sortir de ses gonds tout particulièrement, et elle n’a pas de mots assez durs envers notre pays pour fustiger une prétendue occupation illégale de l’île « comorienne » de Mayotte alors que l’écrasante majorité des Mahorais et des Mahoraises ont opté démocratiquement pour la France. Elle éprouve de surcroît une sympathie sans borne pour certains « binationaux » franco-comoriens (Français surtout pour les avantages inhérents à la possession de la nationalité française, mais en réalité Comoriens, je ne dirais pas même de cœur, mais très exactement de rage !).

Venons-en à son traitement très particulier de l’Histoire avec un grand H : dans l’édition de L’Humanité du 4 octobre 2018 sous le titre « La colonisation comme emprise sur le corps », Rosa ose évoquer (je cite !) des viols de masse (c’est moi qui souligne) par des soldats français.

Je l’ai appelée le 15 février 2019 à son bureau de L’Huma. Notre conversation n’a pas excédé trois minutes et une seconde. Elle tenait à savoir qui j’étais (ce que je peux concevoir !) mais dès qu’elle l’a su, j’ai compris que notre conversation ne se prolongerait guère !

Mézigues : « vous affirmez que les soldats français ont violé en masse des Algériennes. Sur quelle base ? « 

Elle : «  Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais les historiens ».

Point final.

Osez un parallèle entre l’action des terroristes du FLN et DAECH, vous verrez !

Dans l’édition de L’Humanité du 11 février 2019 au sujet de l’affaire de l’éventuelle inauguration d’une rue Franz FANON à Bordeaux, elle fustige les « malappris ». « Depuis le marigot du site Internet de Riposte laïque, c’est l’élu RN François JAY qui a donné le signal de la curée ».

Il faudra bien un jour que la mal (ou mâle ?) prénommée Rosa m’explique comment l’action de Zohra RIF s’est révélée moins meurtrière et moins invalidante, donc forcément plus glorieuse, que celle d’un Mohamed MERAH !

 

Karima LAZALI,

est une psychanalyste, psychologue clinicienne, qui exerce à Paris depuis 2002 et à Alger depuis 2006.

Mais que font-elles donc chez nous toutes ces « nénettes » qui abhorrent notre pays ?

Peu après la parution de son « ouvrage » grandiosement titré « Le trauma colonial » [1] , je l’ai appelée à son domicile de la région parisienne.

Inutile de préciser que la lecture discursive du « Trauma colonial » m’a fait sortir de mes gonds et que j’ai dû me faire violence pour ne pas me départir de ma très légendaire galanterie !

Question préalable : « Puis-je vous demander, chère Madame LAZALI, quelle est votre nationalité ? »

Elle m’a tout de suite rétorquée assez abruptement : « Je n’ai pas à vous le dire ! ».

C’est donc la même attitude d’imperméabilité et d’impénétrabilité [2] que j’ai cru devoir déceler chez Karima autant que chez Rosa.

Pour Karima tout est limpide et, l’on s’en doute, découle de « l’extrême violence de la colonisation » (évoquée en page 4 de la couverture du bouquin).

On a un texte de 270 pages dont, en fin de compte, l’on ne retiendra rien.

Le traumatisme (ce pavé s’intitule « Le trauma colonial » avec en couverture pour bien planter le décor, la photographie d‘un soldat français humiliant deux pauvres fellahs). Au fait comment s’est-il exercé ? Quelles en furent concrètement les conséquences ?

Peut-être que je ne suis pas réceptif aux infinies souffrances des Algériennes et des Algériens qui sont telles (voir page 13) que « les séquelles de la colonisation » (n’) apparaissent le plus souvent dans les discours actuels que par une plainte vindicative et douloureuse, qui sans cesse accuse l’Autre du colonial sans pouvoir dire en son nom quelque chose des impacts de l’Histoire sur l’histoire individuelle ».

Autrement dit, ma souffrance est si grande et prégnante que je suis incapable de dire ni quelle est ma douleur, ni comment elle se manifeste !

Je souffre trop, mais de quoi exactement ? Si, voyons, du « trauma colonial » dixit Karima LAZALI dans toute sa pleine (dé) « colonialité pédante » !

Du verbe, Karima, et au bout du compte des formules plus absconses qu’autre chose.

page 47 : «  l’enfant voyou des Lumières : la colonie [3] »

page 51 : « la destruction coloniale des fondements du vivre ensemble [4] »

Tout pose problème dans ce qu’avance Karima. Ainsi, elle croit devoir énoncer (page 58) « le code départageant Français citoyens et Français musulmans qui a octroyé aux autochtones un statut d’exception juridique : ils ont été traités hors du droit et des valeurs républicaines ». Elle oublie sciemment que c’est bien le statut civil islamique auquel tant d‘indigènes étaient attachés malgré son archaïsme qui est la cause essentielle sinon la seule d’un régime d’exception.

Ce qu’elle ne dit pas, c’est que beaucoup d’autochtones ont acquis la pleine nationalité française par décret ou jugement. Il leur suffisait pour cela de renoncer au statut civil de droit local [5] à savoir entre autres, à la polygamie et aux règles successorales qui infériorisent la femme [6] .

Karima ne dit pas la vérité comme bien d’autres Algériens (français ou pas) dont semble-t-il Nabile FARES, fils d’Abderahmane qui fut pourtant originellement un assimilationniste convaincu. Nabile le chouchou de Karima !

Cent cinquante mille « autochtones » pleinement français en 1958 qui n’ont pas perdu cette nationalité nonobstant les prétendus accords d’Evian, ce qui fait qu’il y a en Algérie, avec leurs descendants, entre un quart et un tiers de Français. Bon nombre le savent et cherchent à faire valoir leur droit de se faire reconnaître Français. Une bombe à retardement parmi d’autres !

Il est tellement plus facile de jouer la corde de l’imprécation et du ressentiment, n’est-ce pas Rosa ? n’est-ce
pas Karima ? et de brasser beaucoup de vent, ce qui n’impressionnerait pas grand monde si ce n’est que l’air du temps est à la repentance et à l’antiracisme à sens unique !

Jean-Michel Weissgerber

Ri7Bouteldja4

[1] Colonial, colonialité, colonialisme à toutes les sauces, à croire que le phénomène a pris corps en 1830 en Algérie.

[2] Il y a peu de risques au vu des photographies de nos deux gazelles que je me plaigne d’une évidente incommunicabilité avec votre serviteur. (Quoique ? Karima qui sait ?)

[3] Comme si au XIXe siècle de ce côté de la Méditerranée les Lumières étaient si répandues que cela ! Anachronisme quand tu nous tiens !

[4] Le vivre ensemble appliqué à l’anachronisme, n’est-ce pas d‘une crasse bêtise ?

[5] On demandait, il est vrai, également aux requérants de savoir lire et écrire en français !

[6] Femme, chère Karima, toujours éternelle mineure dans l’Algérie d’aujourd’hui, populaire et démocratique, révolutionnaire mais non égalitaire : vous n’en parlez guère !

Article transmis par Maurice Calmein