Par Jean-Michel WEISSGERBER

Colmar, le 20 juillet 2019

(SEN : 10 – AL : 0)

En m’imprégnant de l’enfant chéri de la France [1] , je tombe sur un article de l’ancien journaliste de Jeune Afrique Economie, Mohamed YESSOUFOU SALIOU [2] , paru en l’an 2000 ou 2001 : « Le bon exemple sénégalais ».

Morceaux choisis : 

« Si sous d’autres cieux … les chrétiens et les musulmans se livrent depuis des décennies une guerre sans merci, au nom de la religion, au Sénégal, en revanche, les deux communautés vivent en bonne intelligence et s’apprécient mutuellement. Mieux, les musulmans bien que majoritaires (ils représentent plus de 80 % de la population) participent avec beaucoup d’enthousiasme et de ferveur à toutes les fêtes catholiques ».

Et pour mieux enfoncer le clou, notre vaillant YESSOUFOU SALIOU relève pertinemment ceci :

« les trois présidents qui ont gouverné jusqu’ici le Sénégal [3] sont de véritables symboles de cette tolérance, de cette fraternité, de cette unité nationale du pays de la Téranga (l’hospitalité sénégalaise).

Pour preuve, Léopold Sédar SENGHOR avait comme épouse une Blanche (une Française), son successeur Abdou DIOUF, bien que musulman, a épousé une métisse chrétienne, et son successeur, Me Abdoulaye WADE, actuel chef de l’Etat sénégalais, lui-même musulman croyant et pratiquant, a épousé aussi une chrétienne (française) Viviane WADE ».

L’impertinent journaliste d’origine béninoise, si j’ai bonne mémoire, pousse la provocation jusqu’à relever : « le comportement exemplaire des communautés religieuses sénégalaises est qu’on se le dise, le fruit d’une éducation qui date de l’époque coloniale (c’est moi qui souligne ici !).

Que l’on compare la situation qui, je pense pouvoir le dire, prévaut toujours au Sénégal (près de deux décennies après la parution de l’article) avec celle qui existe en Algérie (pays adversaire lors de la finale de la fameuse C.A.N.). On relèvera qu’il n’y a pas photo : dans le domaine de la tolérance pour le moins, le Sénégal écrase l’Algérie ! Je relève en outre, un passage assez révélateur de l’abîme qui sépare nos deux adversaires : « (Au Sénégal), friand(e)s de la mode occidentale, les jeunes filles musulmanes et catholiques portent avec une décontraction étonnante des pantalons taille basse, des hauts décolletés et des mini-jupes qui provoqueraient la furie des intégristes musulmans dans d’autres pays d’Afrique ».

Pour ma part, je suis persuadé que ce rapport à la sexualité au Sénégal, tel qu’il est décrit par M.Y.S. ne peut avoir que des effets bénéfiques pour tous, notamment quant au respect de la femme et à sa place dans la société. Sur le même sujet, en Algérie, las !, plusieurs affaires criminelles où sont impliqués des notables algériens, encore impunis, nous rappellent, si besoin était, que la femme algérienne [4] reste assujettie au code de « l’infamie ».

Jean-Michel WEISSGERBER


[1] Selon l’expression d’un de mes amis d’origine togolaise !

[2] que j’ai connu en effectuant un travail de lobbying en faveur d’un rapprochement de la France avec l’île d’Anjouan. Deux décennies plus tard, le problème reste entier.

[3] Evidemment cet article date, mais la situation au Sénégal semble heureusement perdurer.

[4] L’égalité Homme-Femme en Algérie reste un rêve inaccessible ! Les plumitifs d’un certain site algérien se disant patriotique (en réalité nationaliste et passablement islamiste) devraient se décider à prendre à bras le corps un immense problème qui demeure de façon lamentable outre-Méditerranée.

 Jean-Michel WEISSGERBER

Article transmis par Maurice Calmein