27 novembre 2011

LA LEGION ETRANGERE

Départ du 1er Régiment étranger d'infanterie (REI) pour le front.(1940)

          En complément à la remarquable description sur la légion de notre historien de 1ere Classe, MONSIEUR J.CASTANO, j'éprouve moi aussi ce soir, 26 Novembre 2012, le besoin de conforter, oh ! Bien modestement, ce qu'il décrit. Parler de ma légendaire ville de Sidi-Bel-Abbès, ma ville natale et berceau de notre glorieuse Légion Etrangère Française: NOS KEPIS BLANCS, me donne des frissons de nostalgie en réveillant mes (nos) souvenirs des jours où nous étions heureux, comme je l'ai déjà dit dans les »Feuilles mortes »

          Quelques rappels complémentaires d'histoire et de géographie. Avant l'affaire du Dey d'Alger et de son coup d’'éventail à notre ambassadeur prétexte du débarquement de nos soldats le 14 Juin 1830 à Sidi-Ferruch, Il était un saint ermite, Sidi-Bel-Abbès ,vénéré et respecté de tous auquel la légende attribuait ,entre autres pouvoirs, celui de guérir par imposition de ses mains

          Après sa mort, un mausolée fût dressé à sa mémoire et devint le point central d’'un cimetière dont les sépultures s' ’étalèrent autour au cours des décennies qui suivirent .On l’appela “le Marabout ”. Il se situait sur une colline de la rive gauche en amont de l'oued Mekerra, au pied de laquelle se trouvait un douar de la tribu des Beni-Ameur qui occupait cette région dans l'ouest Oranien .Cette dernière était alliée à l'Emir Abdelkader, l’adversaire coriace, loyal et indomptable de la France. Ce Saint endroit est encore de nos jours, un lieu de pèlerinage.

          En Juin 1842, une colonne de légionnaires commandée, par le Général Bedeau arriva sur les lieux et installa son campement en aval sur la rive droite de l'oued Mekerra à moins d'un kilomètre de ce marabout de Sidi-Bel-Abbès.

          Ce poste de guet occupait une position stratégique de premier choix, au milieu d'une plaine aride couverte de lentisques et de jujubiers, s'étendant à perte de vue, mais située sur le chemin caravanier des tribus rebelles. Ils y construisirent une redoute (sur un emplacement plus tard dénommé " vallée des jardins"), et la ville qu'ils construisirent prit le nom de ce marabout et devint la ville actuelle de Sidi-Bel-Abbès.

          Dès 1847, après la reddition d'Abdelkader au général Lamoricière, grâce à la légion et à son chef de Génie le général Prudon, qui dressa les plans et traça les rues, la redoute se transforma en village puis en ville, et devint plus tard ce qui fût la perle de la Mekerra, et plus tard :"LE PETIT PARIS". Avec l'apport de ces légionnaires laboureurs et de l'immigration qui suivit leur sillage, la redoute s'étendit, prit de l'ampleur et prospéra rapidement.

          Cette perle devait la pureté de son eau à ces pionniers travailleurs acharnés et persévérants parmi lesquels figuraient les ascendants de gens connus et réputés dans la région, tels les Thiedey, Alberge , Delorme, Rodriguez , De Barry , Homé , Paul André, les Bellat.. . Etc. j'en oublie malheureusement et d'aussi notoires, mais qu'ils me pardonnent car tous ont participé au bon renom et à la réputation de notre région.

          Les Bellat constituèrent une véritable saga s'étendant de Claude Bellat, le premier arrivé en 1865 en passant par Lucien son fils, et Paul l'’un de ses petit-fils (qui furent tous deux des Maires de la ville unanimement respectés et estimés pour leur honnêteté ,leur probité et leur sollicitude envers leurs administrés) jusqu'à mes camarades de lycée, Claude , tragiquement disparu dans un accident de la route en 1961 et Pierre , lequel ,à l'indépendance, s'installa à Bordeaux avec sa famille et ses parents.

          Le père, Paul, l'un des derniers édiles de la ville, qui honora mon mariage de sa présence fut longtemps un écrivain connu et respecté dans les milieux littéraires. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont la liste serait trop longue à énumérer.

          Notre ville eût un maire communiste, un bon maire également, Monsieur René Justrabo, directeur de lycée. Un autre instituteur, Monsieur Dassié du parti radical, prit les rênes de la mairie jusqu'à l'indépendance. Tous furent appréciés et estimés, car chez nous les étiquettes politiques n’avaient que le mérite d’'exister et ne voulaient rien dire et la cohabitation entre les partis n’était pas un vain mot. Parfois il y avait des polémiques à la Don Camillo, mais jamais rien de sérieux et tout se réglait vite autour d’une anisette bien fraîche et d’une bonne kémia.

          Sidi-Bel-Abbès, en 1962, était un Chef-lieu d'arrondissement de plus de 100.000 habitants et situé à tout juste 80 kms à l'ouest d'Oran Elle fût surtout la capitale de notre Légion Etrangère, le quartier Viennot étant le point de rencontre de tous ses légionnaires. Près de 350.000 engagés volontaires de toutes origines et nationalités, passèrent par cette caserne et près de 40.000 d'entre eux, furent tués au champ d'honneur.

          J'ai toujours eu beaucoup d'admiration et de respect pour ces hommes de qualité qui avaient pour devise "Français, non par le sang reçu, mais par le sang versé "et lorsqu'il m'arrive, aujourd'hui, d'en croiser un sur le quai d'une gare, du côté de Marseille ou d’ailleurs, je ne puis m'empêcher d'avoir un élan de sympathie à son égard. Ce ne sont pas, bien sûr, ceux que j'ai connus, mais ils ont la même allure et visiblement le même esprit. Pendant la bataille , ils avaient le courage et l'abnégation des héros d’ Homère et quand il s'agissait de faire la fête, là aussi personne ne les égalait.

          Quand 120 ans plus tard , en 1962 , ils quittèrent Sidi-Bel-Abbès à jamais , c’est avec cette noble et martiale attitude qui les caractérisait, qu’ils tournèrent le dos à l’Algérie, sans un regard en arrière, les yeux fixés droit devant eux, en chantant et en immortalisant ainsi , la chanson d’Edith Piaf : “Non , rien de rien, je ne regrette rien !”

          La commémoration annuelle de "Camerone" (qui est à la Légion, ce que le 14 Juillet est à la France) était pour eux et les Bel-Abbèsiens, une fête mémorable qui durait une semaine et les quartiers Viennot, Yusuf et Amilakvari, faisaient une opération "portes ouvertes", où la jeunesse locale se mêlait (ou .....s’'affrontait au cours de bagarres mémorables) à ces légionnaires tant aimés (ou détestés suivant les circonstances du moment), et de cette kermesse annuelle, débouchaient très souvent des idylles et des mariages, (ou....des plaies, des bosses et des cocards) lesquels pour contredire les historiens qui ne les situaient qu'en Gaule, généraient aussi en Algérie, de vrais petits gaulois aux cheveux blonds et aux yeux bleus, des Germains et même des petits vikings.

          Mais le rapport affectif envers la Légion et ses Légionnaires prenait toujours le dessus et l'’union sacrée entre eux et les pieds noirs ne fût à aucun moment un vain mot.

          La Légion Etrangère fait toujours partie du patrimoine affectif des Pieds-Noirs en général et des Bel-Abbèsiens en particulier. Que Dieu les protège et les bénissent, car ils ont toujours été des modèles de courage, d'abnégation et n'ont jamais été économes de leur sang pour leur pays: LA FRANCE. (ex : la dernière victime expiatoire de notre gouvernement actuel sur un théâtre d'opération extérieure est un jeune et glorieux légionnaire de 25 ans, puisse son sang et celui des 75 autres malheureuses victimes, retomber sur les têtes de ceux qui gèrent ce genre d'opération)
Pierre SALAS
« Obliger les méchants, c'est presque travailler au malheur des gens de bien. » Mocharrafoddin SAADI

Voir aussi LES SEIGNEURS DE LA GUERRE

COMMEMORATION CAMERONE 2016


Camerone 2016 Aubagne par LegionEtrangereCOMLE

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Posté par popodoran à 22:39 - - Commentaires [11] - Permalien [#]