03 mai 2017

COMPTE RENDU DE LA CÉRÉMONIE DU 26 MARS 2017 A PARIS

MÉMORIAL NATIONAL DE LA GUERRE D’ALGÉRIE A PARIS.

Par Nicole Ferrandis

            26 mars 2017, la date anniversaire du massacre de la rue d’Isly tombant un dimanche, la cérémonie d’hommage et de recueillement avait été fixée exceptionnellement en fin de matinée.

            Nous avions le privilège, cette année, de bénéficier d’une véritable journée printanière. Dès 10h30, les Porte-drapeaux se pressaient de part et d’autre du Mémorial. Ils étaient douze, représentant l’Union national des Parachutiste, l’Union  national des Combattants, le Cercle National des Combattants, les E.M.S.I., les Médaillés militaires du Calvados   et les deux Porte-étendard du Commando Georges.

            Les membres de l’UNP, étaient accompagnés cette année du nouveau Président de l’U.N.P. Paris, succédant au fidèle M Mercier toujours discrètement présent. Arborant fièrement leur béret rouge, ils formaient une haie d’honneur.

            Face au Mémorial, les familles de victimes  Cazayous, Ferrandis, Mesquida, Puigcerqver, et Torres étaient entourées de nombreux adhérents de l’association des familles des victimes, des Généraux F. Meyer et G. Faivre, du Directeur des Mémoriaux nationaux en Ile de France, M Grande, des représentants du monde associatif.

            M Saint-Macary Président Général de l’UNC et M Gérard Colliot, Vice-Président national,  Roger Saboureau, pour le Secours de  France, Michel de Rostolan  président du Cercle Renaissance.

            Pour les associations de Harkis,  Mme Z. Bourroughat, M A. Goudjil (A.A.F.P.A.), M. Guerfi   (U.N.H.), M L. Bellifa (ANFONAA),  J.C. Kaddour (Harkis 54-Soldats de France),

            Pour les associations « pieds-noirs, M J.F. Vallat et M. Chavrondl’ier (MAFA), Mme Ducos-Ader (GDFDA), MM Larmande et Dimech (Cercle Algérianiste de Neuilly), M. Lévy (GNPI), MM Roig et Ducrocq (Amicale des Anciens de Ben Aknoun), M R. Soriano et H. Vauclair (ANFANOMA  Caen) et M Y. Sainsot, président national de l’ANFANOMA.

            M Sainsot présentait brièvement le déroulement de la cérémonie et donnait la parole à  Mme Nicole Ferrandis qui prononçait une allocution rappelant que cette année marquait le 55ème anniversaire de la fusillade.  Elle terminait en associant à cette cérémonie de recueillement les victimes du 5 juillet, les disparus, les harkis, les civils et miliaires tombés après l’abandon national du 19 mars.

La liste des Morts tombés rue d’Isly, défilait au même  moment sur la colonne centrale.

            Les Participants étaient invités à déposer les fleurs qu’ils avaient apportées, puis les responsables d’associations  ANFANOMA, MAFA et GDEA, A.A.F.P.A., U.N.H.,  U.N.P., U.N.C., et celle des  Familles des Victimes étaient appelés à déposer leurs gerbes devant la colonne centrale.

            La sonnerie aux Morts retentissait, suivie de la minute de silence Puis éclatait la Marseillaise, suivie du Chant des Africains, entonné par la foule.

            Pour terminer cette émouvante cérémonie,  Personnalités et Présidents étaient invités à remercier les Porte-drapeaux. Comme d’habitude, de nombreux  touristes, se dirigeant vers la tour Eiffel située à deux pas, ou en revenant, intrigués par l’importance du rassemblement,  venaient se renseigner sur les raisons de cette cérémonie.

            La messe traditionnelle était célébrée le lendemain, lundi 27 mars à 18h30, en l’Eglise Saint-Nicolas du Chardonnet. La statue de Notre-Dame d’Afrique, veillant sur la plaque dédiée à tous ceux tombés pour l’Algérie Française, avait été installée dans le chœur. L’assistance était nombreuse et recueillie, comme d’habitude.   La cérémonie se termina par la reprise en chœur du « Chez nous Soyez Reine », ce superbe chant qui a bercé notre enfance.

            Sur le parvis, nos amis du Chœur Montjoie Saint-Denis étaient fidèles au rendez-vous et lançaient à pleins poumons le chant des Africains, repris par la foule enthousiaste.

            C’était une belle, une très belle messe ! 

INTERVENTION DE NICOLE FERRANDIS DU 26 MARS 2017 AU MÉMORIAL NATIONAL DE LA GUERRE D’ALGÉRIE

Chers Compatriotes, chers Amis,

Merci d’être une fois de plus à nos côtés.

Merci d’être là, comme chaque année depuis le 26 mars 2010, devant ce Haut lieu de la Mémoire Nationale qui accueille désormais nos Victimes.

Souvenons-nous, il y a plus d’un demi-siècle que des Français ont été assassinés parce qu’ils voulaient rester Français sur une terre française.

Un demi-siècle... Mais  nous  sommes toujours là, fidèles à leur Mémoire mais aussi fidèles à notre histoire. Car nous sommes les témoins d’un drame historique et nous devons en cette qualité continuer à raconter ce que fut ce crime totalement occulté pour lequel jamais personne n’a demandé pardon...

Rappelons-nous ! Quelques jours après les accords d’Evian et du prétendu cessez le feu en Algérie du 19 mars 1962, une manifestation pacifique était organisée pour apporter soutien et amitié à un autre quartier d'Alger qui subissait un véritable blocus.

Solidarité, c’est bien en son nom que cette manifestation a été décidée,  c’est en son nom que des hommes, femmes, enfants, vieillards drapeaux tricolores à la main marchent par ce bel après-midi de printemps. Le ciel est bleu, il fait beau,  que pourrait-il se passer ?

Il est 13H30 tout va bien.

En chemin les algérois rencontrent bien des barrages  mais qui s’écartent pour les laisser passer. Rien n’est fait pour les dissuader de continuer leur marche. Des rues sont bien bouclées, mais d’autres sont ouvertes et elles convergent toutes vers la rue d'Isly.

Il est 14H50,  rue d'Isly  les manifestants se trouvent face à des soldats lourdement armés avec casque  et fusil mitrailleur, qui, sans la moindre sommation ouvrent le feu..

Dès la première rafale, les algérois courent. Certains se jettent au sol tentant  de se protéger, d’autres  se recroquevillent derrière les colonnes de la grande Poste, contre les façades des magasins,  certains  arrivent jusqu’à l’entrée d’immeubles.

Mais les tirs continuent, vers les corps étendus sur la chaussée, les balles  frappent... dans le dos...   Des blessés seront achevés. La folie meurtrière va durer de longues minutes...  12 minutes ...

Plus tard, les voitures de pompiers, les ambulances seront prises elles aussi pour cibles.

A 18 heures  à la morgue 46 corps sont étendus. Quelques jours après  des blessés succomberont à leurs blessures augmentant le chiffre des victimes dont on ne saura jamais le nombre exact.

Mais l’acharnement contre elles  ne s’arrête pas avec leur mort. Les gerbes de fleurs déposées en hommage   sur  la façade du Crédit foncier, seront arrachées et piétinées.

Les cérémonies religieuses interdites, les corps  amenés directement  dans les cimetières par camions  militaires ajoutent encore l’inhumanité à la sauvagerie, comme si besoin était.

Les victimes de la rue d'Isly ont précédé dans la mort les harkis désarmés, livrés à l’ennemi, torturés et massacrés... Puis viendra le tour des Oranais, victimes de la chasse à l’homme, le 5 juillet 1962.

En ce jour de recueillement,  nous pensons à tous nos compatriotes défunts et nous les  associons  à cette cérémonie d’hommage.

Dans quelques instants, la sonnerie aux Morts va retentir, auparavant sera égrenée la liste de nos Morts. Cette liste est partielle, nous le savons. Dans le contexte du moment, par peur des représailles, toutes les familles n’ont pas osé déclarer la cause réelle du décès de leur proche…

Du moins cette liste est-elle indiscutable. Elle peut toujours être complétée. L’affichage de ces noms constitue un premier pas, essentiel, obtenu par notre Association des Familles des Victimes.

Notre Mission n’est pas achevée pour autant :

Nous n’avons toujours pas obtenu l’aveu officiel, la reconnaissance de responsabilité et de la dette morale de la Nation.

A toi Renée,

A vous tous

Fernand, Tayeb, Jeanine, Emile, Pauline, Georges, Jacqueline, Domingo, Michèle, Joachim,  Elie, à vous chers parents tombés il y a 55 ans, le lundi 26 mars 1962 rue d’Isly à Alger, vous êtes toujours présents en nos cœurs.

Quelques photos pour se souvenir

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Retour aux commémorations

 

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10 mai 2017

« ET L’ALGERIE DEVINT FRANÇAISE… »

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(De l’expédition punitive de 1830 à l’avènement de l’Algérie française)

          Souvenez-vous de cette image qui illustrait nos livres d’histoire : Ventripotent, barbu, enturbanné et en colère ; le poignard au côté, l’éventail haut levé ; entouré de janissaires ; dans un décor oriental, un potentat courroucé invite à quitter ses salons un diplomate occidental inquiet, abasourdi, portant bicorne et grand uniforme…

Cette scène a longtemps résumé un grand chapitre d’histoire. Pour plusieurs générations de Français, le coup d’éventail du dey Hussein au consul général de France, Pierre Deval, a symbolisé la conquête de l’Algérie, .

Si l’on s’en tient aux souvenirs illustrés par cette image d’Epinal, on a tendance à simplifier le problème comme s’il ne s’était agi que d’aller venger, là-bas, un geste de mauvaise humeur. La vérité n’est pas si simple.

Ce n’est certes pas pour un coup d’éventail que la France va engager tant d’hommes et d’argent dans une expédition hasardeuse. Mais alors, pourquoi donc ?

Dans un premier temps, cette expédition décidée par Charles X, avait un but essentiel : mettre fin à la terreur barbaresque en Méditerranée : arraisonnement des navires de commerce, pillage de leur cargaison, mise aux fers et esclavage de leurs personnels… la plupart chrétiens.

La mission remplie, qu’allait on désormais bien pouvoir faire de ce pays libéré de la tutelle turque ?

Si la France abandonnait le terrain, tout donnait à penser que d’autres pays lui succéderaient pour des motifs plus ou moins avoués, politiques ou stratégiques… particulièrement l’Espagne et l’Angleterre. A quoi auraient donc servi tant d’efforts ? De sacrifices humains ? D’argent dépensé ?

Alors, la conquête du pays fut décidée et avec elle, l’envoi des premiers colons. Tous, ils étaient des déportés de la misère et de la politique, des réfractaires, des exilés, mais ils portaient en eux ce germe qui s’appelle l’audace et que leurs parents demeurés dans les vieux pays d’Europe allaient inexorablement laisser mourir comme des semailles gelées. Puis ce fut la création de l’Armée d’Afrique et celle de la Légion étrangère qui, des terres inhospitalières de Kabylie aux confins sahariens, de l’expédition du Mexique à celle du Tonkin, verront ces hommes, Français par le sang versé, faire le don de leur vie parce que, tout simplement, la France le leur avait demandé.

Cet ouvrage, destiné aux générations nouvelles, nous fait revivre, au rythme haletant et effréné des sacrifices, des actes de bravoure et des batailles héroïques, les plus belles aventures humaines de la conquête. A faire lire absolument à tous les partisans de la repentance

Adresser les commandes à : José CASTANO - 37, bd Sarrail - 34250 PALAVAS LES FLOTS

Prix : 19 euros, port inclus.

Règlement à la commande.

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11 juin 2017

« AUX URNES CITOYENS ! »

Par José Castano

Quand la légitimité des élus se dérobe…

« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime, il est complice » (George Orwell)

Le rideau vient de tomber sur ce premier tour des élections législatives et, comme lors des présidentielles, la vraie nature des responsables politiques s’est affichée au grand jour…

            C’est le chef de file LR, l’inénarrable François Baroin –postulant à Matignon- qui a ouvert, dès le 5 juin, la marche des courtisans vers le Pouvoir en prônant « un désistement dans le cas d'une triangulaire où le FN serait susceptible de l'emporter », invitant la République en marche et le PS à faire de même.

            Ces alliances ineptes ne sont pas de nature à transcender les partis, mais à favoriser les arrangements entre amis pour avoir sa place au soleil… Dès lors, il en résulte, par-delà les ambitions personnelles et les jeux de pouvoir, un manque flagrant de probité et d’éthique qui détourne inexorablement des urnes, les électeurs lassés par tant de malversations, de collusions, de palinodies et de versatilités de la classe politique… Où ils attendent l’espérance, on leur offre des bilans truqués, des chiffres faux, des compromissions, des « affaires » à répétitions… Rien, dans tout cela, qui ressemble à de la volonté, de l’enthousiasme, de l’espérance, par conséquent à de l’avenir. Alors, le sondage tombe comme une pierre dans le jardin de ces messieurs : ils nous ennuient… et les abstentions se multiplient lors des consultations électorales à l’exemple de ce premier tour où plus de 50% des électeurs se sont abstenus de voter. Que devient donc leur légitimité ? Que devient celle du Parlement ?

            Ce qui manque précisément aux élus, c’est la liberté de ne pas faire comme les autres, ne pas suivre aveuglément les consignes de partis, ne pas être inféodés à des lobbies. Ce qui manque à la plupart des responsables politiques pétris d’orgueil et assoiffés de pouvoir, c’est la liberté de faire valoir leurs talents propres, d’injecter des initiatives personnelles qui tiennent compte d’avis divergents, plutôt que s’évertuer à préserver contre vents et marées leurs propres intérêts. Ils sont le symbole moderne du cynisme absolu, de l'absence totale de fidélité à leurs idées, de l'opportunisme à la puissance 10

            Ce qui lasse désormais les électeurs, c’est cette nomenklatura régnante qui se partage depuis des lustres le pouvoir. Chez elle, le courage et la droiture sont passés de mode. Les fourbes sans esprit et les intrigants moroses sont en tous lieux les favoris des oligarques.

            « Nous étions les guépards, les lions. Ceux qui nous remplaceront seront les chacals, les hyènes ». Dans« Le Guépard » de Luchino Visconti, le Prince Salina résume avec une lucidité remarquable mais une nostalgie poignante la sève du roman de Giuseppe Tomasi qui s’adapte parfaitement à la situation présente.

            Quand entendons-nous un de ces oligarques qui nous propose l’ardeur, l’action, l’honneur, l’élan, le sacrifice, la gloire, la patrie ? Mais non, il n’est question que de combinaisons, de petites alliances qui permettent de prendre les petites places et, par-dessus tout, de réchauffer sans cesse, pour en tirer son profit et y gagner sa croûte, l’opposition et presque la haine, entre Français. Depuis fort longtemps nous manquons d’hommes politiques d’envergure capables d’affronter les pires situations sans craindre d’être mis en « minorité », d’être « sanctionnés » lors d’une consultation électorale, de se voir opposer une « mise à l’écart » ou un chantage quelconque.

            Aujourd’hui, face au péril croissant que représente l’islamisation de la France, on sait bien ce qui se passerait si, par extraordinaire miracle un homme providentiel surgissait pour le combattre… Les laquais de télévision, les scribouillards, la « bien-pensance », les « humanistes » et le « politiquement correct » le traiteraient de « raciste », du moment qu’il voudrait libérer la France. On tendrait à sa sincérité tous les pièges possibles. Au lieu de l’aider, le soutenir et l’admirer, on ne s’occuperait que de le faire trébucher, à le déconsidérer, à l’écœurer. Hélas ! On y parviendrait sans doute, car quel cœur propre peut survivre aux ignominies de la « politicaille » ?

            « L’avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l’avenir, on le fait ! » écrivait Georges Bernanos. Alors, Français ! Prenez en main votre avenir !

José CASTANO e-mail : joseph.castano0508@orange.fr

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«  TERREUR ISLAMISTE » 

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14 juin 2017

REPONSE DE JEAN-PIERRE RONDEAU

au tract  de Mrs François BAROIN et Bernard ACCOYER aux dits Rapatriés
Messieurs François BAROIN et Bernard ACCOYER,
Je reçois ce jour votre tract, comme certainement nombre de Français d'Algérie. Merci de penser à nous ... entre deux tours d'élections
législatives.
J'emploierai le « vous » puisque vous avez été au Pouvoir, mais aussi parce que j'englobe toute votre famille politique depuis plusieurs
décennies.
Vous parlez de « Vérité historique », sachez que nous avons été « dépatriés » et pas « rapatriés », comme vous nous appelez.
L'Algérie, c'était des départements français, français avant même Nice et la Savoie. Un brave
gendarme a eu du mal à comprendre
que j'étais né à Oran dans le 92 ! Numéros 91, 92, 93 et 94 qui ont existé jusqu'en 62, avant l'éclatement du département de la
Seine et l'attribution aux nouveaux départements de la
banlieue parisienne. Mais est-ce la Vérité de parler de la faire « sur leurs
histoires » ? A moins que cela ne veuille insultant, nous n'avons qu'une Histoire, et avec un grand H.
Vous parlez de « rassembler les Français et d'apaiser et de réconcilier les mémoires » mais vous refusez que soit honorés au "Quai 
Branly" les Français qui ont versé leur sang et sacrifié liberté et carrière pour l'Algérie française. Pourtant, au Quai Branly sont aussi
honorés les Français qui ont trahi leur Patrie et permis, en étant « porteurs de valises », de financer et d'entrer les armes qui allaient
tuer nombre de Français innocents, civils et militaires, dont enfants et femmes. Seuls, parmi nous, quelques présidents d'associations
naïfs, opportunistes ou prébendiers jugent bon de se compromettre et de vous servir de piétaille au Quai Branly le 16 octobre, tout en
se prétendant défenseurs de la Mémoire de nos Résistants. Vous avez même autorisé que les porteurs de valises soient décorés et
honorés par le FLN en France (Centre culturel algérien). Et vous vous prosternez au Monument des "Martyrs" à Alger.
Vous parlez du « Drame des personnes disparues ou enlevées qui a interdit aux familles de faire leur deuil». Votre Président SARKOZY,
que vous revenez nous vendre malgré les trahisons, a interdit deux fois que nous puissions honorer nos Morts et Disparus du 5 juillet
à Oran, avec fort renforts de CRS et alors que nous avions les autorisations du Comité de la Flamme. Au nom du « Risque de troubles
à l'Ordre public » ! Au même moment, des centaines de voitures, aux occupants agitant des drapeaux algériens, montaient et
descendaient les Champs Élysées (Match de coupe de foot). Une manifestation raciste (au prétexte de défense des Palestiniens) se
déroulait à proximité de l'Ambassade d'Israël. Pour ces deux interdictions, j'ai fait condamner deux fois l'État. Comment pouvez-vous
parler de mener une politique respectueuse envers les Français d'Algérie ? Le Droit de faire notre Deuil et les cellules psychologiques
ce n'est pas pour les Français d'Algérie.
Et puisque vous parlez de Mémoire, comment oublier qu'il n'y eut qu'un Pays pour laisser ses ressortissants se faire assassiner,
égorger, accrocher à des crocs de boucher; émasculer, emmener ses femmes dans des bordels, sans intervenir et en donnant ordre
à son Armée de rester dans les casernes. C'était la France et le personnage dont vous vous revendiquez. Et n'oublions pas les Harkis.
Vous parlez « d'un millier de Monuments aux Morts détruits, de disparitions de plaques 1870, 1914 et 1939 » (en oubliant celles 
d'Indochine, tout aussi dignes de Respect), sans dire que les responsables sont ces leaders algériens qui viennent festoyer à Paris et
sur les côtes ou se faire soigner en France à nos frais, les mêmes qui oppriment et volent leur propre Peuple.
Vous parlez « d'un financement pour la protection et l'entretien des cimetières français en Algérie, ... une priorité ». Que n'avez-vous
fait depuis 1962 ? La plupart des cimetières français en Algérie ont été rasés par les bulldozers. Pour les plus grands, les tombes ont
été ouvertes, quand elles n'avaient pas déjà été profanées, et les restes rassemblés. En France, nous respectons les cimetières, y
compris musulmans. D'autant que les mêmes promesses nous furent faites par tous vos gouvernants. Quel pays, quels dirigeants
laissent profaner et disparaitre leurs cimetières à l'Étranger ? Alors que la France a tous les moyens de négocier.
Vous parlez de « Vérité historique », j'ai obtenu de Monsieur de VILLEPIN, la suppression sur nos papiers d'identité de l'infâme (pour 
un Français né dans un département français) et révisionniste DZA (Djézaïr, nom arabe que l'Algérie, pays qui n'avait jamais existé,
n'a jamais porté avant 62). Mais aujourd'hui, notre pays de naissance n'est pas porté sur nos cartes d'identité et passeports. De peur
de vexer nos "amis" algériens en rappelant pour l'Histoire que l'Algérie c'était la France. Quels sont les Peuples qui n'ont pas de pays
de naissance sur leurs papiers ? Les criminels étrangers que leur pays d'origine ne reconnait plus sont mieux traités par la France.
Et pas mieux pour le même infâme 99 qui, pour le code INSEE (dit improprement numéro de sécurité sociale), nous classe de façon 
tout aussi révisionniste comme nés à l'Étranger. La Banque de France s'est autorisé à ne pas respecter les décrets JUPPÉ et AUBRY
qui nous ont permis de changer le 99 en nos départements de naissance. Elle n'a pas modifié son informatique et fait aucun
changement, comme donc les banques, les administrations, les commerces et la plupart des fichiers existants. Où est donc votre
amour de l'Histoire de la France ?
Vous parlez d'instruire « les plus jeunes », sans dire que vous avez offerts des places d'enseignants aux pires tueurs et porteuses de 
bombes de la Guerre d'Algérie. Nos compatriotes métropolitains peuvent-ils imaginer que les auteurs ou les complices des terroristes
de Toulouse, Nice et Paris puissent, dans quelques temps, enseigner dans nos universités ? Cela pourrait-il arriver à Londres, New York,
Stockholm, etc. ? Sans dire que nous fument les premières victimes du terrorisme de masse dans l'Histoire. Terrorisme destiné,
comme aujourd'hui, à épouvanter. Criminels de guerre tout à fait comparables aux SS d'Oradour sur Glane honorés par vos
prosternations.
Quant aux réparations et réinstallations, il s'agit de nous prendre pour des cons (Désolé. Je n'ai pas d'autres termes). Pour avoir été 
membre une dizaine d'année du Conseil d'administration du Groupement National Pour l'Indemnisation (GNPI), je sais ce qu'il en est
de vos promesses. 20%, c'est à peu près l'indemnisation à laquelle nous avons eu droit, quand le moindre incident donne droit à
réparation. Pourtant, il nous a été dit que la décolonisation avait été faite dans l'intérêt de la France !
En conclusion, vous raclez les fonds de tiroirs en nous démarchant, alors que nous sommes en voie de disparition. Qui plus est par 
un tract bâclé il faut que vous soyez inquiets !
Être insultés, nous y sommes habitués. Que ce soit « En Marche » n'y change rien. Depuis longtemps, avec De Gaulle, les Gaullistes, 
la Gauche, les Médias, l'Enseignement, les livres dits d'Histoire nous l'avons vécu. Nous avons subi les insultes, y compris sur nos
Anciens, les falsifications de notre Histoire, la Désinformation, le Révisionnisme.
Enfin, pour parler d'aujourd'hui, vous êtes responsables de l'immigration massive, de ce que certains appellent "l'Invasion" ou "le 
Grand remplacement". Elle n'est que l'expression de la volonté de ceux qui dirigent le Monde, non pas les Politiques qui ne sont que
les exécutants, mais la Finance mondiale, les multinationales, les grandes banques, les fonds de pension US, les hedges funds, dont
SOROS, les fonds souverains, etc. Nos populations devenant âgées (Europe, USA, Japon et même la Chine pour cause d'enfant unique),
elles sont moins consommatrices, moins investisseuses, prenant moins de risques. Pour les dirigeants économiques cités, il faut des
consommateurs, plus besoin de bras (la moitié des gens en âge de travailler seront bientôt au chômage, d'où l'idée du revenu
universel par peur des émeutes et du Populisme). Nos nouveaux arrivants n'ont pas les moyens de consommer ? Si, en prélevant par
toujours plus d'impôts et cotisations sociales sur les présents.
Aussi, vous n'aurez pas plus ma voix de Père que celle de Français d'Algérie. Salutations distinguées.
Jean-Pierre RONDEAU
Président de DEPATRIES
Président d'Honneur d'ALLO (Anciens du Lycée Lamoricière d'Oran)
Délégué Ile de France de VERITAS
Adresse courriel perso: jprondeau@orange.fr
P.S. : Monsieur BAROIN, j'ai connu votre père. Il m'a même proposé une direction dans une des petites banques de son groupe. 
C'était un soir de la Saint Jean à Nogent sur Seine, il y a une trentaine d'années. Il était entouré de pas mal d'anciens de l'OAS ou de
Harkis. Il employait certains, y compris pour la sécurité de son entreprise. L'ancien Grand Maitre avait été chargé par le Gouvernement
POMPIDOU de négocier l'Amnistie en 1968 avec nos amis réfugiés en Espagne. En contrepartie, « l'OAS » rentrait. La panique de
Mai 68 était telle que c'était la seule force imaginée pour résister à la prise de pouvoir par les communistes. Tout en nous traitant en
amis, votre père n'avait peut-être pas adhéré à notre Combat et était certainement resté gaulliste, mais lui « il nous avait compris ».

Majorité POUR LA France
UNION DE LA DROITE ET DU CENTRE
Paris, le 6 juin 2017
Madame, Monsieur,
En Marche considère que la colonisation française en Afrique a été un crime contre l'humanité.
A la repentance nous préférons la lucidité sur notre histoire, sur celle des hommes et des femmes qui sont partis s'installer en Afrique 
du Nord. Poursuivant les traces de leurs aînés, les rapatriés ont tout donné à la terre sur  laquelle ils étaient nés. Leurs mérites, nous
les connaissons et comme nous l'avons toujours fait, nous mènerons toujours une politique qui en soit respectueuse.
Nous nous engageons auprès des « Rapatriés » à tout faire pour que soit rétablie la vérité sur leurs histoires.
Si, dans la droite ligne du Président Jacques Chirac, nous avons choisi la date du 5 décembre pour rendre hommage à tous les 
morts pour la France pendant la guerre d'Algérie, les combats du Maroc et de Tunisie, c'est parce qu'une journée nationale doit
rassembler les Français, apaiser et réconcilier les mémoires. La date du 19 mars 1962 ne le permet pas. Nous voulons que l'ensemble
des Français, notamment les plus jeunes, sachent ce qu'on été les épreuves, l'exil, les déchirements des Français et d'Afrique du Nord.
Face à l'ignorance et au déni, il faut que nous allions plus loin dans cette reconnaissance. Le travail de mémoire débuté par la Mission 
Interministérielle aux Rapatriés sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, et interrompu par la gauche, doit se poursuivre.
La protection et l'entretien des cimetières français en Algérie doit également être une priorité. Le financement du plan de remise en 
état doit être engagé.
Plus d'un millier de monuments aux morts ont été détruits, les plaques commémoratives des guerres de 1870,1914 et 1939 ont 
disparu. Un monument rappelant ceux d'Algérie doit trouver sa place dans notre capitale.
Le drame des personnes disparues ou enlevées a interdit à des milliers de familles de faire leur deuil. Là encore, le travail débuté par 
la Mission Interministérielle aux Rapatriés devra être repris.
Enfin, je souhaite que soit définitivement réglé la question des réparations et des réinstallations. L'indemnisation des pertes subies 
par les Rapatriés et le réexamen des dossiers de réinstallation doivent être une priorité. Je souhaite travailler sur ces deux sujets avec
vous afin d'en déterminer les modalités.
En vous remerciant par avance, je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.
François BAROIN   Bernard ACCOYER
238 rue de Vaugirard - 75015 PARIS
Tél. 0140 76 60 00 - www.republicains.fr
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15 juin 2017

LETTRE OUVERTE AUX PIEDS-NOIRS ET A LEURS AMIS QUI NE MARCHENT PAS MAIS QUI ROULENT...

Par Jacques Villard

Cher(e)s Ami(e)s,
Je pars par la route vers Nice. Le premier pas...
Il le fallait, contre vents et marées, car il faut évangéliser en dehors du Languedoc Roussillon. Faute de ce faire, nous sclérosons notre initiative.
Après Nice, il y aura Marseille, après Marseille, Toulon, Narbonne et Perpignan... tout l'arc méditerranéen de la France.
Je pensais faire une marche comme d'autres...
Je fais une route et je refais la route de 1973, au début du Cercle Algérianiste.
Nous ne sommes pas des marcheurs mais des routards.
C'est la suite et l'aboutissement du rêve algérianiste : la Patrie retrouvée.
Ce n''est pas simple car il faut recommencer à expliquer.
Aux premiers jours du Cercle, nous avions l'hostilité des grandes associations qui ne comprenaient pas l'utilité d'une nouvelle structure associant au corps de l'indemnisation, l'esprit de la mémoire.
A ce jour, ni les grandes associations, ni le Cercle nous sont franchement hostiles, mais ils sont indifférents pour certains et plus pour d'autres.
L'exaltation s'est abimée dans les déceptions, l'amertume parfois, le cholestérol spirituel pour d'autres.
Notre trace est déjà inscrite dans l'Histoire.
Mais dans le livre de « la mémoire Pied-Noir », il fallait une dernière page : la plus belle, celle du rassemblement sur une terre nouvelle, bien à nous.
C'est une espèce de paquebot en Méditerranée que nous lançons, alors que l'orage gronde de toutes parts.
Nous partons, sans un sou, pour construire un palais que nous lèguerons à nos descendants afin qu'ils puissent conserver cet esprit pionnier qui est en nous.
Ils sont fous, diront certains.
Leur ambition n'a pas de limite diront d'autres.
Que disaient ceux qui voyaient nos ancêtres partir en Algérie ?
Je ne sais pas où se trouvent la folie et l'ambition.
Ce que je sais, c’est que vous vous rassemblez, que vous combattez à nouveau et que je suis fier d'être parmi vous.
Nous avons gagné avant même d'avoir combattu.
Nous entrons dans l'Histoire comme les derniers des Mohicans.
Je pars totalement vers l'inconnu.
Lorsque j'avais accepté cette mission d'évangélisation des premiers temps en compagnie de Maurice Calmein, de Gérard Garcia, de Max Teste, d'Hervé Cadot, d'Yvon Ferrandis, de Jean Tiburce et de tant d'autres, je ne savais pas où nous allions.
Il y a des voies impénétrables qu'il faut découvrir pour faire avancer l'humanité.
C'est une longue route que nous entreprenons.
« Les routards pieds-noirs » ... une belle affiche ! ...
Il y aura beaucoup d'obstacles et de critiques, mais le résultat sera au rendez-vous.
Je n'ignore pas que certains sont hostiles.
Les grands marcheurs comme le Mahatma Gandhi ou le Pasteur Martin Luther King avaient un objectif précis.
Nous aussi !
Eux ont fini avec une balle dans la tête.
Ils faisaient un rêve !
I am a dream !
Ils avaient le courage et l'espérance.
Nous aussi !
Nous ne finirons pas mal bien au contraire.
Sursum corda comme disaient les Anciens.
Il faut démontrer, dans l'honneur et la dignité, dans la simplicité et la détermination, dans la sérénité et la foi, que nous sommes tous restés des femmes et des hommes capables du meilleur alors que les insultes pleuvent encore.
Les malheurs du monde sont les nôtres.
Nous avons une solution et nous y croyons : « l'amour fraternel, celui du deuxième commandement ».
Sachant que pour beaucoup d'entre nous, il y a aussi le premier !
Allons, comme Moïse, vers les bons vents de notre destinée.
Je vous embrasse fraternellement à toutes et à tous.
Merci pour votre enthousiasme et votre générosité.
Grâce à vous, je le redis, je suis fier d'être « Pied-Noir ».
Mes plus chaleureux remerciements vont à ceux qui ne le sont pas et qui nous suivent, voire qui nous précèdent.
« C'est nous les Africains », n'est pas qu'une belle chanson ! C'est une réalité et nous la vivons.
Je pense à nos pères de toutes les ethnies, de toutes les confessions, de toutes les couleurs qui sont tombés, serrés les uns contre les autres dans les tranchées de l'horreur, loin du pays natal, pour que vive la France.
Le combat n'est plus le même, fort heureusement, mais leurs descendants sont encore ensemble contre d'autres barbares.
C'est beau, c'est bon et c'est réconfortant d'être sur cette route.
Merci.
Jacques VILLARD
Porte-Parole du Gouvernement Provisoire Pied-Noir en Exil « GPPNE »

COMMUNIQUÉS ET DÉCLARATIONS OFFICIELLES

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19 juin 2017

ET LES CLAMEURS SE SONT TUES !...

Par José Castano

55 ans, déjà !...

« Le souvenir du bonheur n'est plus du bonheur ; le souvenir de la douleur est de la douleur encore » (George Gordon, Lord Byron)

            Il était environ onze heures en ce mois de juillet 1962. Le ciel était pur, avec de légers flocons de nuages, très espacés. Une lumière douce et éclatante baignait les immeubles du Front de Mer, à Oran. Le « Kairouan » s’était rempli en un temps record… Il y avait du monde partout, dans les cales, sur le pont, dans les entreponts et si, sur les quais, c’était la panique, à bord, les malheureux « vacanciers » (comme les avaient surnommé Robert BOULIN et Gaston DEFFERRE) ne demandaient plus rien. Ils s’affalaient, prostrés, et regardaient les contours de leur terre. Ils voulaient s’imprégner une dernière fois de cette vision qui avait été le cadre de leur enfance, se souvenir de chaque mot, de chaque geste, pour être enfin dignes de s’envelopper du linceul immuable des choses définitives. Ils entraient en exil par de honteuses poternes, traînant derrière eux, comme un fardeau et un tourment, le manteau d’apparat de leurs souvenirs rebrodés de mirages.

            L’Algérie, tant servie, tant chantée, tant aimée, c’était le passé de bonheur, d’héroïsme et d’espérance, et ce n’était plus en cet instant tragique, que le désespoir de milliers de cœurs calcinés au fond de milliers de poitrines humaines…

Il n’est pas de douleur plus grande que de se souvenir des jours de bonheur dans la misère !...

            En l’instant, tout à leur chagrin, ils ne savaient pas encore qu’une fois arrivés en France, épuisés et malheureux, ils y seraient accueillis comme des étrangers, qu’on les jugerait, qu’on les montrerait du doigt, qu’on les traiterait de parias, de pestiférés, qu’on dirait que « leur misère est un juste châtiment » et qu’on rirait de leur désespoir.

Quel douloureux instant que celui où l’on quitte sa maison, son site aimé, ses amis, sa famille, tout ce qui tient au cœur, avec la conviction, plein l’âme, que plus jamais on ne les reverra. Et l’on pense aussi, sans le dire, à toutes les profanations de tous ces êtres chers qui seront faites après le départ…

« Notre église, ce petit bijou, a été décapitée. Notre cimetière a été saccagé… Tous les cercueils ont été ouverts… J’aurais préféré être aveugle ! » C’est un prêtre français qui parle…

Aujourd’hui, il ne reste plus comme vestiges qu’un grand rêve, des souvenirs douloureux, des milliers de morts et de disparus, des milliers de déracinés dépossédés, humiliés, violés, des ruines, une odeur de sang caillé, un reniement immense, et, sous le soleil de « là-bas », une déréliction de plaines rases rendues à l’abandon et le vent de la mer dans sa morne complainte sur les vignobles et les vergers en friches…

            Cinquante cinq ans « après », les rangs se sont « éclaircis » mais des milliers d’âmes déracinées ne font, encore, que survivre loin des paysages dorés qui ont émerveillé leur enfance. De cette terre douce et triste, tombeau de leurs aïeux et nid de leurs amours, un immense vide les sépare, fait de sable, de regrets, de mirages, de promesses et de serments révolus, où s’irréalisent les oasis perdues de leurs souvenirs.

            Algérie qui leur a donné la vie et qui a pris leur cœur, rongée par le désordre,  la pauvreté, la prévarication et l’immoralité d’apparatchiks, que triste est ton sort aujourd’hui !...

De-ci de-là, les mousses recouvrant les murs joignent leur lèpre rouille à l’ombre des palmiers aux branches mutilées. Les grands arbres sous la lune, frissonnent de nostalgie et renouvellent chaque nuit leurs appels éplorés dans l’espoir que l’amour voudra bien y renaître. Et dans leurs branches désolées, les lettres qu’on déchiffre avouent aux voyageurs que d’autres en ces lieux ont connu des bonheurs dont les traces ne sont point effacées…

Le temps a pu faire son office, jouer au sacrificateur, il n’a pas eu le front de dévorer ces noms des heures familières. Pourtant à notre départ nous n’avons rien inscrit. Nous n’avons pas voulu que s’y fixent nos cœurs. Mais nous n’avons pas trahi nos secrètes tendresses afin que reste bien à nous cette gerbe de fleurs qu’on respire à genoux parmi les souvenirs de toutes nos ivresses.

Des souvenirs… Voilà ce qui reste désormais : des souvenirs merveilleux et cruels qui subsistent à jamais dans les mémoires… Avec le temps, les vagues murmureront longtemps autour de ces souvenirs là… Dans les tempêtes, elles bondiront comme pour venir lécher leurs pieds, ou les matins de printemps, quand les voiles blanches se déploieront et que l’hirondelle arrivera d’au-delà des mers, longues et douces, elles leur apporteront la volupté mélancolique des horizons et la caresse des larges brises. Et les jours ainsi s’écoulant, pendant que les flots de la grève natale iront se balançant toujours entre leur berceau et leur tombeau, le cœur de ces exilés devenu froid, lentement, s’éparpillera dans le néant, au rythme sans fin de cette musique éternelle.

 José CASTANO  e-mail : joseph.castano0508@orange.fr

« O mes amis Pieds-Noirs, ne pleurez plus la terre et le sol tant chéris qui vous ont rejetés ; laissez les vains regrets et les larmes amères ; ce pays n’a plus d’âme, vous l’avez emportée » (Camille Bender – 1962)

Isabella chante « les naufragés d’Algérie »

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« ET L’ALGERIE DEVINT FRANÇAISE… »

 

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26 juin 2017

CÉRÉMONIES COMMÉMORATIVES DU 5 JUILLET 2017 A PARIS ET EN PROVINCE.

G.R.F.D.A

GROUPE DE RECHERCHES DES FRANÇAIS DISPARUS EN ALGÉRIE

Association à but non lucratif régie par la loi de 1901, enregistrée sous le n° W33600288 déclarée au JO du28/02/2015

Siret : 819 521 634 00017

Siège social : chez la Présidente Colette DUCOS ADER 65 Boulevard de la plage 33120 ARCACHON

Mobile Présidente : 06 89 33 64 23 – courriel :  col.gda@wanadoo.fr

Vice-Président : Jean Monneret – Secrétaire : Geneviève Leblanc Astier – Secrétaire adjointe : Monique Chavrondier

Trésorière : Anne Santerre – Contrôleur des comptes : François Carrega

A LA MÉMOIRE DES VICTIMES ORANAISES DU 5 JUILLET 1962, DE TOUS LES CIVILS, MILITAIRES ET HARKIS TOMBÉS EN ALGÉRIE OU PORTÉS DISPARUS. SOUVENONS NOUS DE NOS MORTS RESTÉS SUR NOTRE TERRE D’ALGÉRIE MAFA / GRFDA / ANFANOMA / AAALGÉRIANIE.

Comme chaque année, nous perpétuons cet hommage et vous prions de venir nombreux.

Programme :

11 H : Messe du Souvenir en l’Église Sainte Odile (2 avenue Stéphane MALLARMÉ / 75017 / PARIS) célébrée par le Révérend Père Jean-Paul ARGOUARC’H

METRO : Ligne 2 - BUS : PC1 / PC3 / 92 / 93 / 84 - Station PORTE DE CHAMPERRET

15 H : Recueillement et dépôt de gerbes devant les colonnes du Quai Branly.  RER : ligne C (station Champs de Mars - Tour Eiffel) Métro : ligne 6 (station BIR-HAKEIM)

18H30 : Cérémonie à l’Arc de Triomphe organisée par le C.L.A.N-R

Les participants sont priés de se rassembler en haut des Champs Élysées à partir de 17h45

A l’issue de la cérémonie religieuse, possibilité d’un déjeuner en commun à 12 heures. Restaurant Le Celtique 204 rue de Courcelles 75017 PARIS.

Contacter Monique CHAVRONDIER pour inscription avant le 1er juillet par courriel ou téléphone.

MAFA / 95 rue d’Amsterdam / 75008 / PARIS

Téléphone fixe : 01 45 26 29 33   Courriel : mafa.pn@orange.fr

Quai Branly


LETTRE FLASH DE L'AOBR


Tombe du soldat inconnu

La Fédération CLAN-R

Comité de Liaison des Associations Nationales de Rapatriés

Membre du Comité de la Flamme

Ravivera la Flamme sous l’Arc de Triomphe le Mercredi 5 juillet 2017 à 18 h 30.

En hommage aux victimes civiles d’A.F.N. et aux Harkis, et particulièrement

En hommage aux victimes des massacres du 5 juillet 1962 à Oran et aux disparus.

Des gerbes seront déposées par le CLAN-R

L’association Nationale des Rapatriés d’Oranie - A.N.R.O, Membre du Clan.

Les Anciens du Lycée Lamoricière (A.L.L.O)- Membre du Comité de La Flamme.

Rendez-vous à 17H45 en haut des Champs Élysées.

Autres cérémonies

A LA MÉMOIRE DES VICTIMES ORANAISES DU 5 JUILLET 1962, DE TOUS LES CIVILS, MILITAIRES ET HARKIS TOMBES EN ALGÉRIE OU PORTES DISPARUS.
SOUVENONS NOUS DE NOS MORTS RESTES SUR NOTRE TERRE D’ALGÉRIE AAALGERIANIE / ANFANOMA / GRFDA / MAFA

Comme chaque année, nous perpétuons cet hommage et vous prions de venir nombreux.

11 HEURES : Messe du Souvenir en l’Église Sainte Odile

(2 avenue Stéphane MALLARME / 75017 / PARIS) célébrée par le Révérend Père Jean-Paul ARGOUARC’H-

METRO : Ligne 2 BUS : PC1 / PC3 / 92 / 93 / 84 Station PORTE DE CHAMPERRET

15 HEURES Quai Branly

Recueillement et dépôt de gerbe devant le Mémorial du Quai Branly dédié aux victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie.

A l’issue de la cérémonie religieuse, possibilité d’un déjeuner en commun à 12 heures. Restaurant Le Celtique 204 rue de Courcelles 75017 PARIS. Contacter Monique CHAVRONDIER pour inscription avant le 1er juillet par courriel ou téléphone.

Monique CHAVRONDIER
Tel : 01 45 26 29 33
Fax : 01 40 16 91 91

MAFA / 95 rue d’Amsterdam / 75008 / PARIS
Téléphone fixe : 01 45 26 29 33
Courriel : mafa.pn@orange.fr


Mémorial Aix

Le COLLECTIF AIXOIS DES RAPATRIÉS

29 avenue de Tübingen 13090 Aix-en-Provence

Vous informe qu’une cérémonie avec dépôt de gerbes aura lieu le :

Mercredi 5 juillet 2017 à 11h.00

au MÉMORIAL NATIONAL

des FRANÇAIS d’ALGÉRIE et RAPATRIÉS d’OUTRE-MER

Cimetière St Pierre d’Aix-en-Provence

Comme chaque année, nous rendrons hommage aux victimes de ce tragique évènement marqué par l’enlèvement et l’assassinat, à ORAN, de centaines de Français d’Algérie, le 5 juillet 1962.

Secrétariat – Information Tel : 04.42.95.19.40 E/Mail : coll-aixois-rapatries@orange.fr

Nous vous remercions de votre présence

Le Président – Robert PEREZ


CEREMONIES EN PROVINCE

AIX EN PROVENCE  11 heures _ Mémorial National  - Cimetière Saint-Pierre

MARIGNANE           11 heures    Stèle des fusilliés  Cimetière Saint-Laurent Imbert

MARSEILLE            17h Monument des Mobiles  Canebière - Réformés

MARSEILLE            19 h   Messe  Basilique du Sacré- Coeur  Avenue du Prado

ALICANTE              11 h    Esplanade Paséo  -   Monument Rapatriés


Pour rappel voir l'article : Le massacre d’Oran 5 juillet 1962, une mémoire déchirée, un demi-siècle d’amnésie, une historicisation émergente


Consulter UN HOMMAGE DU 5 JUILLET 2017 EN DORDOGNE


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06 juillet 2017

JEAN-JACQUES SUSINI

Les uns après les autres nous quittent. iL s'en est allé ce lundi 3 juillet, Jean-Jacques Susini, créateur en février 1961 à Madrid de l'OAS, avec Salan (†), Lagaillarde (†) et Ortiz (†). Ses obsèques auront lieu demain vendredi à Paris au cimetière du Père-Lachaise.

jean-jacques-susini

Par Manuel Gomez du 5 juillet 2017

            Jean-Jacques SUSINI, l’un des derniers « patriotes » de l’Algérie Française, membre fondateur de l’OAS, nous a quittés ce 3 juillet 2017.

            Je l’ai rencontré pour la première fois derrière les barricades d’Alger, en janvier 1960, elles avaient été organisées par lui-même en compagnie de Pierre Lagaillarde et Joseph Ortiz.

            Né à Alger le 30 juillet 1933, son père, qui était cheminot, fut le fondateur de Force Ouvrière Algérie et ne cachait pas son attachement à l’indépendance du pays.

            Jean-Jacques était alors président de l’Association Générale des Étudiants d’Algérie.

            Arrêté après la reddition des barricades et transféré à la prison de la Santé, à Paris, il profitera d’une permission de sortie pour s’évader et rejoindre l’Espagne.

            Je l’ai retrouvé à Madrid, en mars 1961, lorsque je me suis rendu, sur ordre de M. Georges Bidault, afin de lui rendre compte de la création de l’OAS (Organisation Armée Secrète), à laquelle Susini participait avec le général Raoul Salan, Pierre Lagaillarde, Joseph Ortiz, le capitaine Ferrandi et quelques autres.

            Jean-Jacques Susini rejoindra Alger, en compagnie du général Salan et du capitaine Ferrandi, le lendemain de la naissance du « putsch des généraux », donc le 23 avril 1961.

SusiniOAS

            Il sera membre du Conseil Supérieur de l’OAS avec le général Gardy, le colonel Godart, le colonel Gardes et le docteur Jean-Claude Pérez.

            Susini sera chargé de diriger le service d’action psychologique. Il ne démentira pas ses contacts au plus haut niveau de l’Etat français et la complicité des services de contre-espionnage.

            Il jouera un rôle très important lors des derniers jours de l’OAS, et de l’Algérie française, en rencontrant les principaux représentants du FLN, Abderrahmane Farès et Chawki Mostefaï, missionnés par le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne, qui acceptaient de reconnaître l’OAS comme unique « porte-parole » des Européens d’Algérie et cela contre l’avis des autres membres du Conseil qui estimaient, à juste titre, qu’il s’agissait de négociations sans avenir.

            Manipulé très certainement par Jacques Chevalier, le très libéral maire d’Alger (qui se convertira à la religion musulmane, après l’indépendance) « sous-marin » de la CIA et de Washington qui refusaient de voir l’Algérie indépendante tombée immédiatement sous le joug des Russes.

            Une trêve des attentats est instaurée dès le 1er juin 1962, après un accord total mais elle est sans lendemain car ces deux responsables du FLN sont mis sur la touche par Ben Bella et l’état-major de l’ALN qui prend les commandes et c’est la reprise de la « terre brûlée » jusqu’à la dernière heure.

            Jean-Jacques Susini fuit alors en Italie, le 20 juillet 1962, où il se « cachera » durant 5 années sous une fausse identité. Il est présumé être l’organisateur, avec Gilles Buscia, de l’attentat manqué contre de Gaulle, en août 1964 au Mont-Faron, près de Toulon.

            Par deux fois il sera condamné à mort par contumace par la Cour de sûreté de l’état.

            Quand on lui posa la question, lors de son procès : pourquoi vouloir attenter à la vie du général, vous qui avez été un fervent gaulliste et membre du RPF ? Susini répondit : « parce qu’il a été le responsable de tout ce qui nous est arrivé car nous avons cru en sa parole ».

            Amnistié une première fois, en 1968, par de Gaulle, Susini est arrêté en mars 1970, pour une affaire assez trouble d’attaque dans le but de récupérer une partie du « trésor » de l’OAS, il sera acquitté par la Cour d’Assises des Bouches-du-Rhône, après 16 mois de détention provisoire.

Dès sa libération, il est de nouveau interpellé en octobre 1972 car suspecté d’avoir enlevé le colonel Raymond Gorel, ex-trésorier de l’OAS, il sera une nouvelle fois acquitté après une détention provisoire de deux années.

            Et définitivement amnistié, en 1981, par François Mitterrand.

Manuel Gomez

Voir aussi "Les États-Unis auraient apporté leur soutien à l'OAS en 1962" (Documents déclassifiés)

Réponse à une lectrice de Riposte Laïque sur la réalité de l’OAS

courrierOAS

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ORAN LE 5 JUILLET 1962 PAR GERARD ROSENZWEIG

Pour l'histoire encore et toujours pour l'histoire le massacre censuré

Jeudi 5 juillet 1962, cinq heures du matin.

            Le jour commence à se lever sur Oran. Il devrait faire très chaud. Un souffle de sirocco vient de franchir la barrière des hauts plateaux et se laisse glisser vers la mer. Comme le reste du pays, la ville a voté l’indépendance le dimanche 1er juillet.  Celle-ci est effective depuis le 3. Les festivités populaires sont pour la journée du 5. C’est une rumeur insistante qui l’annonce, de rue en rue, de quartier en quartier. Sur les 200 000 Oranais français d’origine européenne, dont 30 000 de religion juive, sont encore là environ 40 000 personnes, hommes, femmes et enfants mêlés. Peut-être moins. Dans des conditions matérielles inimaginables, les autres ont déjà pris le terrible et définitif chemin de l’exil…

            Quarante mille vivants, mais dont deux-tiers sont pris au piège du manque de moyens de transport. Et pour cause le gouvernement gaulliste n’a pas ajouté la moindre rotation de navire ou d’avion pour répondre à l’immense et prévisible torrent des départs, les pieds-noirs ne sont pas les bienvenus. Mais l’ont-ils jamais été, hors en 1914 -1918  et 1944-1945?

            Les abords de l’aéroport de La Sénia et la zone portuaire sont ainsi devenus des lieux d’entassement, de désordre indescriptible et de désespoir. Le chaos humanitaire s’ajoute au chaos militaire. Paris a choisi de l’ignorer. Restent donc quelques milliers d’Oranais pieds-noirs qui, volontairement, n’ont pas encore quitté leur terre natale. Eux ont choisi d’attendre et voir («Tout va peut-être rapidement s’améliorer… »), par opportunisme personnel, ou craignant pour leur entreprise, leur commerce ou leurs biens.

            Les vieillards isolés aussi, qui n’ont plus la force de partir vers une terre que pour la plupart ils ne connaissent pas. Ou plus volontairement encore pour quelques centaines d’entre eux. Ces derniers sont logiques avec eux-mêmes et le choix politique qui les a conduits à soutenir plus ou moins activement le FLN. Pour eux, bientôt, le mirage d’une carte d’identité algérienne. Ceux que l’on appellera plus tard les « pieds-verts ».  Un pour cent des Français d’Algérie. Officiellement, la guerre est stoppée.

5 juillet 1962.

            Depuis plus de trois mois, et contre toute évidence, la guerre est officiellement terminée. L’armée française qui a stoppé unilatéralement toute action militaire depuis le 19 mars à midi, ne protège plus la population civile européenne. Encore plus qu’avant, les pieds-noirs sont ainsi livrés depuis ce jour de défaite et de deuil, aux innombrables attentats aveugles du FLN  et aux enlèvements qui augmentent en flèche. Désormais seule, face aux tueurs FLN et l’inflexibilité du parjure, l’OAS fondée à la mi-1961. Ses commandos ont poursuivi le combat contre l’inéluctable. A un contre dix. Contre le FLN et les forces françaises devenus désormais alliés contre nature.  Le gigantesque incendie du port pétrolier est le point final de cette guerre dans la guerre. "Collines" et "Autonomes" ont quitté Oran pour l’Espagne dès le 26 juin. L’Organisation Armée Secrète n’est plus, et avec elle son rêve de conserver l’Algérie à la France. Il ne reste plus un seul de ses quelques centaines de jeunes hommes survivants d’une année d’ultra-violences, et durant laquelle comme à Alger ils se sont battus contre le sanglant terrorisme FLN, et l’impitoyable répression d’une armée française dirigée contre un million de civils français désarmés. Ces Français dits « d’Algérie »…

Revue

            De ces commandos oranais,  la moitié d’entre eux est tombée les armes à la main en moins de douze mois. Et majoritairement face aux balles de l’armée française et de la terrible et tortionnaire gendarmerie mobile. Impitoyable et aveugle répression dirigée contre ces petits blancs coupables d’avoir cru  jusqu’au bout au « Vive l’Algérie française » crié devant 100 000 personnes le 4 juin 1958 à Mostaganem à 90 km à l’est d’Oran, et par le Général de Gaulle lui-même. Le Général-parjure. Le chaos a tout dévoré.

            Entre un monde qui vient de mourir et celui qui ne lui a pas encore succédé, vient de s’ouvrir une béance d’apocalypse où le pire et l’impossible deviennent ordinaires. Malgré l’apparence, plus aucune structure officielle ne fonctionne. Bien à l’abri dans ses cantonnements urbains, l’armée française observe et ne bouge plus. Pour la seule ville, 16 000 hommes en armes et leurs officiers, réduits sur ordre au déshonneur.

            Oran-la-Française, Oran-la-Rebelle finit de mourir.

            Sept heures. Le soleil est déjà haut. Santa-Cruz, son fort et sa basilique vont tenter une dernière fois de veiller sur les survivants. La nuit n’a pas été calme malgré les rues désertées. Pas de fusillades, pas d’explosions, et pourtant peu nombreux sont ceux qui ont pu dormir. Les bruits les plus contradictoires se font entendre partout. Une tension de plus en plus palpable a précédé le progressif envahissement des avenues et des boulevards par une foule déchaînée. Même les murs ont peur.

            Cette tension qui monte, peu à peu se fait tintamarre. Tandis que le centre-ville tarde à s’ouvrir au présent, les faubourgs surpeuplés se répandent dans les rues étroites. Direction le centre. Depuis deux jours le bled a investi Oran pour y célébrer l’indépendance et matérialiser la victoire sur la France.

            La ville entre en ébullition. La couronne de quartiers périphériques entre progressivement en ébullition. Ébullition de joies et de triomphe politique, modérée d’incertitudes soigneusement provoquées et entretenues par des meneurs du FLN.

            Comme l’annonce l’une de leurs banderoles : « L’indépendance n’est qu’une étape »… Mais pour qui œuvrent-ils ? Pour le clan Ben Bella ou celui du seul Boumediene et son armée des frontières? Pour l’un des multiples courants d’un gouvernement provisoire de la République algérienne déjà dépassé ? Pour l’un ou l’autre des nombreux clans avides de pouvoir ? Nul ne le sait. Et cela n’a pas d’importance, le peuple algérien triomphe pour quelques jours encore tandis que chaque faction veut démontrer l’incompétence de l’autre et confisquer à son bénéfice les rênes du pouvoir naissant.

            Le Maroc n’est pas loin, et «Radio Trottoir» assure que l’armée des frontières fonce depuis cette nuit dans la direction de cette capitale de l’Ouest algérien… Capitale dont le contrôle lui ouvrira ensuite la route d’Alger et d’un pouvoir à prendre.

            Huit heures. Une chaleur qui s’annonce étouffante et lourde va s’infiltrer partout. Le soleil déjà écrase la ville. Les faubourgs commencent leur lente descente vers le centre-ville. Médioni, Lamur, Victor-Hugo, Ville-Nouvelle, le Village-Nègre, le sanguinaire quartier des Planteurs, Eckmühl… Des dizaines de milliers d’Algériens, ivres de joie et de vengeance, déferlent vers le centre. Dans toutes les bouches, les cris, les slogans révolutionnaires et les chants de mort se mêlent en un charivari de violence et de transe. Cette marée humaine se retrouve progressivement aux portes des quartiers à dominante européenne.

            Entre neuf heures et dix heures, trois points névralgiques sont investis : par la rue d’Oujda, la rue de Tlemcen et le boulevard du 2ème Zouaves, dix mille manifestants surexcités convergent vers la place Karguentah. Le lieu est devenu politiquement symbolique  même si les pieds-noirs l’ignorent, la vaste place ovale est dominée par l’étrange bâtiment nommé «Maison du colon». En Algérie, jusqu’en 1962, «colon» est le titre de noblesse de celui qui travaille une terre difficile. Après 1962, ce sera autre chose… C’est donc l’équivalent d’une Maison des agriculteurs…

            Dans Le Minotaure  ou la halte d’Oran,  Albert Camus a longuement brocardé ce bâtiment très original et de belle taille, mais à l’architecture inclassable et surprenante. Son faîte en forme de coupe renversée domine la cohue vociférante. A quelques centaines de mètres, au terme du boulevard de Mascara et du boulevard Joffre, la place d’Armes vaste espace arboré bordé de bâtiments officiels est maintenant noyée elle aussi d’une masse humaine maintenant déchaînée, hurlant et gesticulant. De rares meneurs en civil commissaires politiques s’y sont infiltrés, et tentent là aussi d’amplifier et diriger cette puissance que plus rien ne pourra bientôt contenir.

            Là aussi, deux ou trois dizaines de milliers d’hommes jeunes surtout, excités par les you-you stridents des femmes. Cette mer humaine se répartit entre la mairie et sa façade de mini-Versailles, le remarquable et gracieux théâtre municipal construit au début du siècle,  et enfin le Cercle militaire,  mess des officiers où des centaines de soldats français sont retranchés sur ordre. Ils savent qu’ils ne bougeront pas. « Quoi qu’il arrive », comme cela a été décidé à l’Élysée. Et puis, dernier lieu symbolique un peu plus bas vers cette avenue du Général-Leclerc qui mène vers le cœur urbain de la place des Victoires, le square Jeanne d’Arc au pied des escaliers de la cathédrale, à la façade de style néo-mauresque.

            Là aussi enfin, une foule gigantesque occupe tout ce qui peut l’être et entoure la statue équestre de la Pucelle. Celle-ci, toute dorée des sabots jusqu’à l’épée inclinée vers le sol, élève depuis trente et un ans son visage vers le ciel.  Encore quelques instants, puis escaladée par les plus agiles, elle va se retrouver porteuse d’un immense drapeau vert et blanc.

            Le triangle de la mort prend forme. Le triangle de la mort est ainsi tracé et scellé. Le décor est en place. Il ne manque plus que les trois coups d’une prévisible et inévitable tragédie…  Trois coups bientôt frappés à la porte du malheur… Le rideau va se lever sur le plus grand massacre de civils de toute la guerre d’Algérie. Et dont pourtant celle-ci ne fut pas avare.

            Aussi étrange que cela puisse paraître aujourd’hui, de nombreux pieds-noirs marchent sans crainte au milieu de cette foule. Oran la populaire se maintient fidèle à sa vieille tradition cosmopolite. Depuis toujours, dans l’Oran populaire, on cohabitait, on était voisin, la pauvreté partagée était le meilleur lien… Les derniers Oranais français observent, certains se réjouissent, d’autres tentent de rejoindre leur lieu de travail par volonté ou habitude.

            Avec le temps, ils se sont habitués aux attentats aveugles, aux grenades, aux brusques fusillades, aux bombes du FLN, aux attaques brutales des groupes OAS, aux mitrailleuses 12,7 et aux canons de 37 de l’armée française. La guerre et la mort n’ont pas réussi à empêcher ce peuple d’âme espagnole à continuer de vivre. Et puis, cette guerre qui n’a jamais dit son nom, n’est-elle pas finie depuis plus de trois mois ?

L’armée française l’a placardé partout ; ce doit donc être vrai puisqu’elle l’affirme. Et puis, et puis elle est bien toujours là, c’est donc bien que tout va rentrer dans l’ordre. L’Oranais n’est pas avare de contradictions…

Une détonation et la ville s’embrase.


Onze heures.

Ou quelques minutes avant. Place Karguentah. Soudain un coup de feu, parti d’on ne sait où, suivi de plusieurs autres. Quelqu’un est tombé. La panique. Des cris, des hurlements, des doigts se tendent selon un automatisme parfait. «La Maison du colon! C’est là! C’est là! L’OAS! C’est l’OAS!»


Presque à la même seconde, devant la cathédrale, même tir, mêmes doigts qui se tendent, eux, vers les balcons des immeubles proches, mêmes cris, «C’est l’OAS! C’est l’OAS!» Le massacre peut enfin commencer. En quelques secondes, c’est la chasse à l’homme blanc. D’abord vont mourir ces Européens présents parmi la foule. Les couteaux jaillissent des poches, des pistolets, des cordes, des haches, des ongles de femmes, de lourdes et tranchantes pierres toutes bien préparées… Le double abattoir qui vient simultanément de s’ouvrir va engloutir en quelques minutes les premières dizaines de victimes. L’horreur ne peut se décrire… Place de la cathédrale, place Karguentah, on tue. On tue comme on chante, on tue comme on respire. Malheur au blanc et à tout ce qui s’en rapproche. Place d’Armes,  les manifestants, après de multiples égorgements, font maintenant des prisonniers. Tout ce qui montre allure européenne, vêtements, visages, langage, tout est capturé, dépouillé, roué de coups, blessé.  Malheur au blanc et à tout ce qui s’en rapproche. Là aussi, des dizaines et des dizaines d’hommes, de femmes ou d’enfants  touchent à leur dernier jour.  La ville n’est plus qu’une clameur multiple de cris de mourants, de pogroms et de haine brutale.

            La contagion est instantanée : en moins d’une heure le massacre pousse ses métastases partout et s’organise selon d’épouvantables modes. Ici, on tue à la chaîne. Là, c’est à l’unité, à la famille.  En quelques lieux, le sang a envahi les caniveaux. Ailleurs, on assassine, on démembre, on violente, on blesse pour faire plus longtemps souffrir, le parent meurt devant le parent provisoirement épargné.

Douze heures trente.

             La place d’Armes est devenue maintenant un lieu de détention et de transit. Tandis qu’à cinquante mètres, à l’abri du Cercle militaire et des arbres qui le dissimulent, les soldats français ne peuvent pas ne pas entendre l’affreux concert de mort qui va durer jusqu’à dix-sept heures. Plus connu sous le nom de «Boucher d’Oran», le général Katz  nommé à cette fonction par un autre général-président, effectuera même à cette heure-là un rapide survol en hélicoptère. Sans rien repérer de particulier certifiera-t-il, sinon quelques attroupements et défilés de manifestants joyeux. «Ne craignez rien, mon Général, aucun imprévu notable dans cette ville où vous avez prononcé l’un de vos meilleurs discours, et qui vous a tant acclamé… » ! «Mort aux Roumis!», «Mort aux Youdis!»

Treize heures.

              Place d’Armes toujours. Des camions militaires se présentent et s’alignent. Dans les premiers, on entasse ceux des prisonniers qui tiennent encore debout. Les autres sont chargés de cadavres. De dizaines et de dizaines de cadavres jetés les uns sur les autres. Ces camions proviennent des Établissements du Matériel de l’armée française. Camions que celle-ci a remis depuis le 19 mars au FLN  pour la logistique de la force locale chargée d’effectuer la transition et le maintien de l’ordre. Tous se dirigent vers le sinistre quartier du Petit Lac. Où les vivants sont atrocement massacrés, et tous les corps enfouis dans d’innommables charniers rapidement ouverts à la pelleteuse, ou au fond de ces marigots d’eau salée et putride qui lui ont donné son nom.

Treize heures.

            L’horreur couvre maintenant toute la ville. Partout des chasses à l’homme menées aux cris de «Mort aux Roumis!», «Mort aux Youdis!». Les tueurs sont innombrables. Ici, on égorge une famille. Un peu plus loin, une autre est fusillée contre un mur déjà balafré de sang.  Là, on arrête les voitures, les occupants blancs meurent ou prennent la direction du Petit Lac tandis que la voiture est volée ou incendiée.  Ailleurs, des groupes déchaînés pénètrent dans les immeubles, éventrent les portes et tuent tout ce qui est pied-noir.  Ailleurs encore, un vieil homme est jeté du haut de son balcon. Plus loin une femme court et tente inutilement d’échapper à ses poursuivants. Des groupes indistincts d’hommes et de femmes, les mains en l’air,  sont conduits à pied vers le commissariat central, ou un autre lieu de détention qui deviendra vite lieu de mort. Peu de coups de feu. Beaucoup de cris d’agonie. Des hurlements, des ordres encore. Des poursuites. Des hangars, des gymnases, des dépôts commerciaux deviennent lieux de détention. Détention très provisoire.  Et durant ces heures maudites,  les mêmes camions poursuivent leur lent travail de noria et d’effacement des traces. C’est ainsi qu’au quartier de la Marine proche de la Calère, plus d’une centaine de «suspects» sont regroupés dans un vaste local duquel ils seront libérés, leur a-t-on dit, après vérification de leur identité. Il n’y aura pas un survivant. Tous disparaissent à jamais.

Quinze heures.

             Un bref accrochage a lieu sur l’esplanade de la gare, tandis que finit de se consumer à même le sol  le corps d’un homme jeune qui a longtemps hurlé. L’accrochage est le fait d’une section de soldats français menée par un jeune officier qui sans le savoir va tenter à lui seul de sauver l’honneur d’une armée déshonorée. Sa section reprend ainsi un petit groupe de prisonniers conduit à pied vers leur destin. De la même façon, plus bas vers le centre, un lieutenant courageux va ravir plus d’une dizaine d’otages européens en passe de disparaître dans les sous-sols du commissariat central.

Une bouteille à la mer.

Quinze heures encore.

            Place de la Bastille. Dans le bâtiment de la Grande Poste, plus précisément dans la partie occupée par le central téléphonique relié à la métropole, se trouvent encore des téléphonistes dont une majorité de jeunes femmes.  Celles-ci ont lancé un appel au secours sur les fréquences internationales.  Comme on lance une dernière bouteille à la mer. Cet appel aurait été capté par un navire anglais qui l’aurait amplifié et transmis vers le Nord-Méditerranée.  Mais cet appel a aussi été capté  par les radios de l’armée FLN des frontières. Ses hommes viennent d’encercler le bâtiment et l’investissent. La plupart des occupants sont tués sur place. Les survivants chargés sur leurs véhicules pour disparaître à jamais. Là aussi, nul ne sera jamais retrouvé. Même le dieu des chrétiens abandonne les siens. Les églises n’ont su protéger les quelques fuyards éperdus qui espéraient y trouver refuge. La grande synagogue du boulevard Joffre n’a pu faire mieux. «Mort aux Youdis!» « Mort aux Roumis! ». Çà et là, cependant, de très rares prisonniers échappent au massacre. Le hasard, autre nom du destin, fait passer un Algérien musulman près d’un groupe de vivants provisoires. Celui-ci y reconnaît un voisin, un ami, un employeur, une femme, quelqu’un qu’il connaît peut-être depuis l’enfance. Si l’homme a réussi à convaincre exécuteurs ou garde-chiourmes, un homme est épargné, une femme revit. Ces retours de l’enfer restent hélas rarissimes.

Dix-sept heures. Ou un peu avant.

            Les rumeurs internationales commencent à se faire trop insistantes. Les questions des capitales affluent vers Paris. « Que se passe-t-il à Oran? »   Est-ce là la seule cause du changement d’attitude? Soudain, de plusieurs casernes simultanément, surgissent des patrouilles armées  et quelques blindés. Un corps militaire FLN se joint à elles. Le secret politique ne livrera rien des rapides accrochages, des rares échanges de feu. Le calme est rétabli dans l’heure qui suit. Même les bourreaux ont besoin de repos. Mais si cette réaction reste bien timide, elle suffit pourtant à stopper les massacres et ses tragédies. L’ALN publie aussitôt un communiqué affirmant que l’ordre est rétabli dans Oran et que les ennemis de la révolution algérienne ne sont pas parvenus à leurs fins. « Des meneurs, disent-ils, ont été arrêtés et seront jugés et punis par les tribunaux de la République algérienne démocratique et populaire.  Le couvre-feu est instauré à partir du coucher du soleil à 19h 55. Mais pas pour tout le monde. Pendant la nuit, les mêmes camions  nettoient la ville de ses derniers cadavres et effacent les traces et les preuves du carnage. La gendarmerie mobile française prend quelques photos des derniers entassements de cadavres. Ces photos sont introuvables. Le 6 juillet, rien n’y paraît plus.

            Le 6 juillet, la ville est propre. Même si  ça et là, quelques tueurs sont encore à l’œuvre. Les journalistes français présents sortent des bâtiments militaires où la France a assuré leur protection. Mais il n’y a plus rien à voir, ils peuvent circuler… Dans les jours qui suivent, des hélicoptères français ramèneront d’indiscutables clichés, pris au-dessus du Petit Lac, et montrant de multiples et longues fosses parallèles en passe d’être refermées.  L’Algérie nouvelle vient de naître. Son acte de naissance est paraphé des sept cents noms des victimes françaises, sacrifiées sur l’autel du Vent de l’Histoire et celui de l’anticolonialisme. 55 ans après, un bilan reste difficile à établir. Sans doute entre sept cents et mille deux cents morts. L’administration française, la civile aussi bien que la militaire a tout fait pour que la vérité ne puisse sortir du puits qu’elle a contribué à fermer avec l’aide active des différents pouvoirs algériens.

            Le pouvoir gaulliste ne peut être coupable...  Le pouvoir algérien non plus...  L’amitié franco-algérienne est intouchable. Cette perversion du silence fonctionne toujours aujourd’hui, ardemment soutenue par la gauche française.  D’abord, il fut question de 25 morts (Général Katz).  Puis d’une petite centaine, un an plus tard  et dans la presse parisienne. Ce nombre a plafonné ensuite à 325, pendant quarante ans, de 1970 à 2010. Sans listes nominatives précises ni recherches réelles. Il a fallu la volonté et l’obstination d’un chercheur historien pour pouvoir rompre « à titre exceptionnel» le secret des archives officielles françaises, et découvrir dans l’épouvante et l’horreur, la réalité de la tragédie du 5 juillet 1962 à Oran.

            Raison d’État... un millier de morts au minimum. A 95% les corps n’ont jamais été retrouvés. C’est à dire qu’ils n’ont jamais été recherchés. La France et son allié l’Algérie ne pouvant être soupçonnées d’assassinats collectifs et de complicité. Cela se nomme «raison d’État». Aujourd’hui encore et pour le nombre, rien n’est sûr, rien n’est prouvé. Seuls savent les pieds-noirs d’Oran et les vieux Algériens qui se souviennent et en parlent discrètement encore entre eux. Le sujet est devenu une bombe à retardement politique  qui finira inéluctablement par exploser. Mais les neufs cents du 5 juillet 1962 ne sont qu’une partie d’un bilan encore plus lourd. Après la signature des accords dits d’Évian, et ne pouvant poursuivre les assassinats de pieds-noirs avec la même liberté qu’auparavant, le FLN a développé une terrible politique d’enlèvements. Pour briser, chez ce peuple, la volonté de se maintenir. Et lui imposer la seule alternative,  celle de « la valise ou du cercueil…». De ce funeste mois de mars 1962 jusqu’à mars 1963, il y a eu plus de 2 000 enlèvements effectués sur cette part de la population française. Des blédards surtout, des petits blancs qui refusaient de perdre cette terre qu’ils aimaient et qui avait été leur patrie. Parmi eux, quelques centaines ont été libérés vivants, quelques dizaines de corps retrouvés. Les autres avec ceux du 5 juillet 1962, ont désormais leurs noms gravés sur le Mur des Disparus à Perpignan.  Tel qu’il est écrit à l’entrée du monument : «C’est ici leur premier et ultime tombeau»… Combien de temps va-t-il encore falloir attendre  pour que ce jour affreux trouvent enfin la page toujours blanche qui l’attend dans les livres d’histoire? Combien de temps va-t-il encore falloir attendre pour que soient sondés les charniers du Petit Lac? Combien de temps va-t-il encore falloir attendre  pour que s’ouvrent toutes les archives, et que la France ait la grandeur de reconnaître sa complicité  dans ce crime d’abandon de son propre peuple? Et, comme pour ceux d’Oradour-sur-Glane, recevoir en son sein la mémoire de ces Disparus qui n’avaient cessé de croire en elle. Oui, combien de temps encore?

Gérard Rosenzweig

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