04 août 2019

CONFRONTATION SÉNÉGAL-ALGÉRIE AU NIVEAU TOLÉRANCE

Par Jean-Michel WEISSGERBER

Colmar, le 20 juillet 2019

(SEN : 10 – AL : 0)

En m’imprégnant de l’enfant chéri de la France [1] , je tombe sur un article de l’ancien journaliste de Jeune Afrique Economie, Mohamed YESSOUFOU SALIOU [2] , paru en l’an 2000 ou 2001 : « Le bon exemple sénégalais ».

Morceaux choisis : 

« Si sous d’autres cieux … les chrétiens et les musulmans se livrent depuis des décennies une guerre sans merci, au nom de la religion, au Sénégal, en revanche, les deux communautés vivent en bonne intelligence et s’apprécient mutuellement. Mieux, les musulmans bien que majoritaires (ils représentent plus de 80 % de la population) participent avec beaucoup d’enthousiasme et de ferveur à toutes les fêtes catholiques ».

Et pour mieux enfoncer le clou, notre vaillant YESSOUFOU SALIOU relève pertinemment ceci :

« les trois présidents qui ont gouverné jusqu’ici le Sénégal [3] sont de véritables symboles de cette tolérance, de cette fraternité, de cette unité nationale du pays de la Téranga (l’hospitalité sénégalaise).

Pour preuve, Léopold Sédar SENGHOR avait comme épouse une Blanche (une Française), son successeur Abdou DIOUF, bien que musulman, a épousé une métisse chrétienne, et son successeur, Me Abdoulaye WADE, actuel chef de l’Etat sénégalais, lui-même musulman croyant et pratiquant, a épousé aussi une chrétienne (française) Viviane WADE ».

L’impertinent journaliste d’origine béninoise, si j’ai bonne mémoire, pousse la provocation jusqu’à relever : « le comportement exemplaire des communautés religieuses sénégalaises est qu’on se le dise, le fruit d’une éducation qui date de l’époque coloniale (c’est moi qui souligne ici !).

Que l’on compare la situation qui, je pense pouvoir le dire, prévaut toujours au Sénégal (près de deux décennies après la parution de l’article) avec celle qui existe en Algérie (pays adversaire lors de la finale de la fameuse C.A.N.). On relèvera qu’il n’y a pas photo : dans le domaine de la tolérance pour le moins, le Sénégal écrase l’Algérie ! Je relève en outre, un passage assez révélateur de l’abîme qui sépare nos deux adversaires : « (Au Sénégal), friand(e)s de la mode occidentale, les jeunes filles musulmanes et catholiques portent avec une décontraction étonnante des pantalons taille basse, des hauts décolletés et des mini-jupes qui provoqueraient la furie des intégristes musulmans dans d’autres pays d’Afrique ».

Pour ma part, je suis persuadé que ce rapport à la sexualité au Sénégal, tel qu’il est décrit par M.Y.S. ne peut avoir que des effets bénéfiques pour tous, notamment quant au respect de la femme et à sa place dans la société. Sur le même sujet, en Algérie, las !, plusieurs affaires criminelles où sont impliqués des notables algériens, encore impunis, nous rappellent, si besoin était, que la femme algérienne [4] reste assujettie au code de « l’infamie ».

Jean-Michel WEISSGERBER


[1] Selon l’expression d’un de mes amis d’origine togolaise !

[2] que j’ai connu en effectuant un travail de lobbying en faveur d’un rapprochement de la France avec l’île d’Anjouan. Deux décennies plus tard, le problème reste entier.

[3] Evidemment cet article date, mais la situation au Sénégal semble heureusement perdurer.

[4] L’égalité Homme-Femme en Algérie reste un rêve inaccessible ! Les plumitifs d’un certain site algérien se disant patriotique (en réalité nationaliste et passablement islamiste) devraient se décider à prendre à bras le corps un immense problème qui demeure de façon lamentable outre-Méditerranée.

 Jean-Michel WEISSGERBER

Article transmis par Maurice Calmein

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LE "MAGISTÈRE MORAL" DES GLUCKSMANN

Par Jean-Michel WEISSGERBER

Colmar, le 18 juillet 2019

(avec ou sans l’aval de la LICRA) 

Avez-vous lu dans l’édition du 11 juillet 2019 du Monde, le nième appel en faveur des migrants, dégoulinant d’un humanisme frelaté[1] ?

Rien de bien saillant ou d’intéressant me direz-vous ?

Relevons cependant deux signatures : celle de Leila SLIMANI, intronisée écrivaine (aujourd’hui quelque peu en veine d’écrits) et surtout celle de Raphaël GLUCKSMANN, eurodéputé socialiste, le récipiendaire des cendres d’un parti moribond de par la grâce macronienne !

Raphaël dans le rôle de donneur de leçons apparaît comme le digne successeur de son papa, André GLUCKSMANN !

Ce dernier,. auteur d’un parcours politique quelque peu incohérent (de la Gauche Prolétarienne à des positions ultra-atlantistes) reste pour moi, avant tout, l’auteur d’un texte odieux vis-à-vis de la communauté harkie.

Relisons ce qu’il écrivit dans l’édition du Droit de Vivre de février 1983 : « On peut très bien condamner l’attitude de l’armée israélienne campant autour de Chabra et Chatila et laissant s’accomplir un massacre sans être raciste ni antisémite. Et il faut la condamner. Comme on peut très bien condamner les tortures commises par les paras français - ou qu’ils ont laissé commettre aux harkis algériens - sans être anti-français ou contre la défense de la France ».

Dans ma réponse parue peu après [2] profondément indigné et pas suffisamment aguerri alors, j’insistais trop sur les questions de terminologie (harki français ou algérien ?) et pas suffisamment sur le fond du problème.

1. Vous soulignez pernicieusement le seul rôle répressif (euphémisme) de l’armée française et vous oubliez sciemment les crimes monstrueux du F.L.N.

2. Nombre de « pontes » du F.L.N. ont fourbi leurs premières armes au service des nazis.

Entre autres : Seguir NEKKACHE, le sénateur MAHSAS [3] , agents de l’Abwehr, Mohamedi SAID, ancien SS, Ahcène MAYOUZ, bras droit d’AMIROUCHE, ancien de la GESTAPO de la rue Lauriston à Paris (la sinistre CARLINGUE).

3. Comment se fait-il que vous ayez intercédé pour les « harkis » indochinois en réalisant le louable exploit de réunir à cet effet et Raymond ARON et Jean-Paul SARTRE et que vous n’ayez pas un mot, ni un geste pour les harkis originaires d’Algérie, hommes et femmes français par le sang, comme je l’écrivais dans le Droit de Vivre il y a trente-six ans.

4. J’évoquais le massacre des Français musulmans, cent mille ou davantage, soit largement le nombre d’israélites français et étrangers de France martyrs durant la Seconde Guerre mondiale.

5. Dites donc, M. André GLUCKSMANN, n’êtes-vous pas plus sensible aux senteurs des rizières qu’à celles des djebels et dans votre tri entre les victimes qui vous paraissent estimables et les autres, n’y a-t-il pas quelque once de racisme ?

Le père André s’est tu sur les harkis, à ce que je sache, le fils Raphaël n’est guère plus prolixe à leur sujet aujourd’hui, alors qu’il y a encore énormément à entreprendre quant à la réhabilitation de cette communauté paria entre toutes ! Raphaël qui, évidemment dans l’appel précité, reprend l’épisode ARON-SARTRE, n’est pas seulement le digne successeur d’André pour une approche à géométrie variable sur les droits de l’homme, il aggrave son cas en s’en prenant sans nuance, sans précaution, au rôle de la France, de son gouvernement et de son armée lors des événements tragiques s’étant déroulés en 1994 au Rouanda. Le 5 mai 2019 sur Radio J, il déclare péremptoirement à propos du génocide des Tutsis : « Franchement, c’est le plus grand scandale de la Ve République. La France a armé, soutenu financièrement, soutenu politiquement des génocidaires ».

Un million de morts clame à l’envie, son complice Alain DAVID de la LICRA dans « La trahison des clercs » (Droit de Vivre, décembre 2017) alors que le nombre des Tutsis ne dépassait pas 600 000 au recensement de 1991.

L’acolyte de Raphaël GLUCKSMANN [4] entend interdire toute critique du régime de Paul KAGAME, par cette sentence sans appel « l’élémentaire vérité (étant) que le FPR … - quoi qu’il en soit de ce qu’il faut lui reprocher [5] - à lui (seul) mis fin au génocide ».

Dans son bulletin de Pâques de 2019, l’association Le Secours de France [6] entend participer avec notamment l’association France-Turquoise à une contre-offensive médiatique visant à riposter aux innombrables mensonges destinés à préserver l’hégémonie du FPR au Rouanda (le mensonge est roi sur le dossier Rouanda comme il l’est sur le dossier Algérie). Secours de France recommande vivement la lecture d’un ouvrage d’une jeune journaliste canadienne Judi REVER, auteur de « In prise of blood » en cours de traduction, résultat d’une enquête de deux décennies sur les événements de 1994 et des années suivantes, sur les terribles conditions de vie et des massacres des réfugiés, la plupart hutus, persécutés par l’armée du Front patriotique rouandais (FPR).

Récemment, à un forum européen, le président Paul KAGAME [7] a rejeté virulemment un rapport de l’Union européenne de 2018 faisant état de « graves violations des droits civils et politiques dans son pays ». Il  n’apprécie manifestement qu’une chose : que son pays soit cité comme un modèle de développement en Afrique.

Cependant, de nouvelles recherches académiques et des rapports faisant état d’une augmentation de la pauvreté et du taux de malnutrition infantile élevé remettent en cause les impressionnantes statistiques de croissance du pays qui reste dépendant de l’aide internationale.

Ajoutons, et c’est très inquiétant, que le régime KAGAME se caractérise par l’existence de ce qu’il faut bien appeler « des escadrons de la mort ».

Le 30 mai 2019, est assassiné au Cap (Afrique du Sud), Camir NKURUNZIZA, ancien garde du corps de Paul KAGAME, devenu dissident politique dans des circonstances qualifiées de « floues ». Peu de jours après, un ami et collègue de travail venu présenter ses condoléances à la veuve du défunt, est blessé à l’épaule par un tir effectué par des « inconnus ».

Cette nième « bavure » intervient après une très longue série d’autres et l’on reparle aujourd’hui de l’assassinat qui s’est déroulé le 16 mai 1998 de Seth SENDASHONGA, pourtant ancien ministre de l’Intérieur du FPR, intervenu à Nairobi (Kenya).

Est-ce KAGAME va finir par s’écrire CROIX GAMMEE ?

Combien de temps, André GLUCKSMANN et Alain DAVID vont-ils se taire devant un scandale majeur ?

Jean-Michel WEISSGERBER

Post-scriptum :

Afin de complaire à la très « francophone » Louise MUSHIKIWABO, j’écris ROUANDA (Rwanda) suivant la graphie française.



[1] Frelaté car nos belles âmes ne s’attaquent nullement aux véritables causes de la misère humaine dont la première consiste en l’aval donné aux dictateurs africains qui empêchent le développement de leurs pays. Au surplus où commence et où s’arrête « l’aide aux migrants » : on ne peut décidément « accueillir toute la misère du monde ».

[2] A l’époque, la LICRA était plus ouverte à la contradiction. Forcément, le président d’alors, Jean-Pierre BLOCH, comme disait mon regretté camarade Ahmed KABERSELI, avait une toute autre stature que ses successeurs !

[3] Cité par Ahmed KABERSELI dans Clin d’œil, n° 186.

[4] Alain DAVID s’est révélé pourtant bien plus avisé en d’autres occasions, en fustigeant par exemple le négationniste du massacre des harkis, un incertain Pierre DAUM.

[5] Justement, Alain DAVID ouvrons bien davantage le chapitre « de ce que l’on peut lui reprocher ».

[6] Le Secours de France œuvre depuis des décennies au soutien des « oubliés » de l’Histoire, en particulier les familles de harkis. Le Secours de France, 29 rue de Sablonville 92 200 Neuilly-sur-Seine.

Courriel : secoursdefrance@cegetel.net

[7] A la tête du Rouanda depuis bientôt un quart de siècle… Bien lancé, va-t-il s’y accrocher aussi longtemps que l’insupportable MUGABE au Zimbabwe ?

 Jean-Michel WEISSGERBER

Article transmis par Maurice Calmein

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