03 octobre 2008

B-E-O "LA SOLITUDE CA N'EXISTAIT PAS"

Monsieur Trives André évoque ici des souvenirs précis d’un quartier d’Alger connu de tous les pieds noirs. Ce sont des souvenirs de Bab El Oued mais à les parcourir je me dis que finalement ce quartier existait dans toutes les villes d’Algérie et de France. Ce temps est maintenant révolu, aussi, sans doute pour se donner bonne conscience, a été crée la "Journée des voisins".

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BEO "LA SOLITUDE: ça n'existait pas..."

         Dernièrement, je lisais bien calé dans le fauteuil douillet du salon, un article de journal faisant état triomphalement de la "journée des voisins"; une journée de rencontre et de convivialité autour d'une collation réunissant les habitants de chaque immeuble de France dont le réel exploit est de s'ignorer 364 jours par an. Le mot "voisin" a fait jaillir en moi une tranche de vie enfouie dans la malle aux souvenirs estampillée "Bab el Oued".

         Comment pouvais-je avoir conservé à l'esprit des sentiments affectueux pour les mémés et les pépés qui vivaient dans l'immeuble de mon enfance alors que le monde impitoyable d'aujourd'hui nous suggère que le placement immobilier le plu approprié est celui qui consiste au placement de nos anciens en maison de retraite.

         Et que dire de cet anonymat collectif qui se perpétue dans les grands ensembles où, barricadés derrière une porte blindée, les braves citoyens adeptes du presse-bouton sombrent dans l'isolement et l'exclusion alors que la société se reproduit en mitoyenneté, à quelques mètres les uns des autres, empilés au-dessus et en dessous, se manifestant à leur voisinage par des bruits exaspérants: le son tardif d'une télé, les basses lancinantes d'une sono, le ripage d'un meuble sur le carrelage, les éclats de voix d'une querelle familiale, l'écoulement d'une chasse d'eau annonçant à tous les étages l'évènement libérateur qui vient de se dérouler.
         Je me sens totalement différent en ressuscitant les images de mon enfance et en évoquant ces lieux de plaisir qui réunissaient chaque jour les parents, les copains, les voisins et voisines; on se retrouvait sur le palier, dans le hall d'entrée, à la terrasse, "en bas la rue", sur le trottoir d'en face, sur la placette aménagée en terrain de foot, derrière l'église, au marché chaque matin, avenue de la Bouzaréah en soirée, à la buvette des clubs sportifs et des stades, dans les nombreux cinémas du quartier, sans parler de la cour de récréation des écoles qui nous garantissaient une vie en commun pour plusieurs années. Ma conviction se confirme: à Bab el Oued la solitude n'existait pas.
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         Comme un théâtre, la rue était en représentation permanente avec des scènes très méditerranéennes qui donnaient au quartier sa véritable personnalité: les cris d'enfants haletants derrière la course d'une carriole montée sur des roulements à billes, des femmes assises sur les bancs de pierre de la place Lelièvre cramponnées nerveusement au souffle d'air d'un éventail en pleine conversation, une foule endimanchée accueillant avec des poignées de riz, la sortie des mariés sur le parvis de l'église St Joseph sous une volée de cloches assourdissantes, les danseurs du désert et leur rite de castagnettes métalliques appelant la pluie sous un soleil de plomb, les vociférations des passionnés disputant une partie de "mora" devant des spectateurs avertis et enthousiastes, les joueurs de bonneteau méfiants et malicieux prêts à détaler à la vue d'un képi, le vendeur de "kikilomètre" léchant son caramel pour mieux servir sa clientèle juvénile plantée à ses basques, le marchand d’habits et son troc de casseroles, ployant sous un énorme baluchon, des badauds disposés en cercle sur la place de l'Alma attentifs à la démonstration d'un camelot ventant la performance de la dernière invention du siècle: le moulin à café électrique, les cagayous de la Bassetta disputant ardemment une partie de boules sous le regard de Musette à l'ombre des ficus de la place Dutertre, les bourricots du square Bresson ramenés chaque soir par monsieur Chiche aux écuries de la rue du Dey, les "Routiniers de Bab el Oued" et leur mandoline répétant un concert rue Cardinal Verdier et soulevant l'admiration des passants dressés sur la pointe des pieds, les clairons et les tambours de la clique de l'Orphéon redoublant d'intensité sous la direction du Major à leur retour rue du Roussillon sous les applaudissements des familles sorties sur le balcon.
         Des codes de bon voisinage s'étaient établis avec le temps, il était impensable de voir les fenêtres d'une voisine fermées après neuf heures du matin sans s'inquiéter de la raison; et compte tenu de la vie en commun que l'on partageait depuis des générations, il était normal de s'informer avec compassion du problème qui pouvait affecter l'un d'entre nous. Ainsi, on aidait une voisine seule et malade en lui faisant ses courses et en préparant son repas.
         Lorsque le film est presque achevé, comme à la sortie du Marignan lors de ces beaux moments d'enfance, les portes du cinéma s'entrouvrent quelques instants avant le mot "FIN" laissant entrer un air frais sans odeur qui me ramène à la réalité: c'était il y a bien longtemps, dois-je pour autant laisser la place à l'oubli? De nouveau j'ai toute la descente de l'avenue Durando pour commenter les images de la pellicule gravées à l'encre indélébile dans ma mémoire ancienne, parfois en couleur et souvent en noir et blanc. Une force pétille dans mes yeux et semble être déterminée: celle de raconter la vraie vie de nos parents à Bab el Oued où la solitude n'existait pas.

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André Trives de BEO

RETOUR ANDRE TRIVES

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14 octobre 2008

L'ELDORADO CHINOIS EN ALGERIE

Lors de mon voyage en Algérie en 2007  nous avons demandé aux Algériens en particulier:
-Pourquoi les chinois sont ils si nombreux et travaillent  dans le bâtiment?

* La reponse est que les Chinois sont exploités  et travaillent 10 heures par jour pour de petits salaires.

- Quand à la question posée aux chinois voulant savoir pourquoi les algériens ne veulent pas travailler comme eux?

*Leur réponse est simple "parce qu'ils sont fainéants"

J'ai même entendu un algérien dire ici le smic est à  (1.000 Frs) 150 Euros à travailler dur eh bien
pourquoi travailler alors qu'en France nous touchons 4.000 Frs (450 Euros) à glander .....

C'est un peu caricaturé mais pas très loin de la réalité. Mis à part tout sentiment revenchard le reportage qui suit est édifiant!!

Martine

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16 octobre 2008

LA MARSEILLAISE

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17 octobre 2008

LA MARSEILLAISE

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QUAND L'ALGERIE ETAIT FRANCAISE

          Le 5 juillet 1962, après huit ans d'une guerre à laquelle on a longtemps refusé ce nom, qui a fait trois-cent-mille victimes et mobilisé quelque deux millions de soldats français, le peuple algérien accède à l'indépendance.

          Des extraits de film, tournés en majeure partie par des amateurs, inédits et en couleur, racontent, en dix chapitres, l'algérie coloniale puis la guerre d'Indépendance. «Avant», des enfants partent à la pêche aux oursins, une procession traverse un village, les bureaux de poste et les panneaux de signalisation ressemblaient à tous les autres bureaux de poste de France.

          L'Algérie faisait en effet partie de la France depuis sa colonisation en 1830. Des destins individuels illustrent ensuite les années de guerre, images tournées par des témoins d'hier qui racontent aujourd'hui leur histoire

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Quand l'Algérie était Française en deux parties

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23 octobre 2008

LES AFRICAINS

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*LA MARSEILLAISE*

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01 novembre 2008

1914 TEMPETE - PORT D'ORAN

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RETOUR PHOTOS A.F.N.

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06 novembre 2008

LA TRAGEDIE DISSIMULEE

Document transmis par J. F. Paya

          C’est avec un vif intérêt que j’ai pris connaissance du livre de Jean Monneret "La tragédie dissimulée – Oran 5 Juillet 1962" en considérant qu’est très positif tout ce qui  contribue à lever le voile sur ce drame occulté même si nous avons des désaccords. C’est ce que j’avais dit publiquement à l’historien algérien Fouad Soufi au colloque de Jussieu en 2002 : "au moins que l’on en parle"

          A mon avis ce drame est significatif des premiers jours de l’Algérie indépendante, hors conflits, plus que ceux qui ont eu lieu de par et d’autres en pleines actions de guerre et de terrorisme abordés plus abondamment, selon les tendances et les opinions.

Mais venons en directement aux faits, notre ami comme beaucoup d’historiens se méfient de la mémoire et travaillent surtout sur les archives : mais faut-il encore qu’il y en ait, qu’elles soient fiables et qu’elles ne soient pas édulcorées ou caviardées ; j’avoue que muni de dérogations le chercheur dispose de sources d’investigations non négligeables, mais je suis resté sur ma faim : en effet, plusieurs nouveaux documents sont cités dans cet ouvrage mais presque tous antérieurs au 5 Juillet (par exemple en annexe,  un document 2ème Bureau du 17/05/62) et peu de chose de nouveau sur cette journée : car comme je l’avais signalé dans la quarantaine de pages que j’avais écrit pour L’Agonie d’Oran (Monneret n’en utilise que deux extraits d’un article, forcément synthétique), il n’y a pas eu d’enquête effectuée et on ne peut trouver ce qui n’existe pas ! Les seuls dossiers cités du 2ème Bureau (p150) n’analysent pas les causes et les responsabilités (voir l’affaire d’un présumé tué par l’armée Française en Cote d’Ivoire ?) mais sont relatifs à un recensement non exhaustif de certaines disparitions signalées par différents services dans le désordre d’une population affolée qui quittait le territoire : 453 signalements ramenés à 365 après soustraction de gens retrouvés sans qu’on soit assuré qu’il y ait eu confrontation des deux listes et en faisant abstraction comme nous l’avons souvent dit de très nombreuses personnes isolées surtout de sexe masculin (famille déjà parties) qui de ce fait n’ont pas pu être signalées sur place, plus tard en France, elles n’ont pu être ciblées le 5 juillet (déclarations d’absence sur les lieux de résidence familiale), c’était des conditions différentes de la période antérieure qu’avait étudié avec brio notre auteur.

          Par ailleurs, il aurait été intéressant de confronter ces chiffres  à celui des 800 disparus du 5 Juillet (dixit) que déclare être chargé de rechercher Jean Pierre Chevènement – Attaché Militaire au Consulat d’Oran après l’Indépendance, selon lui, il n’en a retrouvé aucun ! (voir son ouvrage). Le Consul M. HERLY déclara plus tard que ses services avaient enregistré 440 plaintes à Oran. Mais pour être passé personnellement au Consulat en cette période, déclarer des amis disparus, j’ai pu constater qu’une plainte pouvait recouvrir plusieurs personnes et qu’on délivrait un récépissé au déposant ! Quant aux victimes musulmanes (près de 80), rien ne prouve qu’elles aient été toutes exécutées par l’ALN locale (reconstituée après le 19 mars) qui a le plus souvent mis la main à la pâte dans le massacre selon de rares témoignages de rescapés internés au Stade Municipal en ville nouvelle exécutés par petits groupes dans la nuit du 5 au 6 et jusqu’au 10 Juillet selon certains témoins musulmans. Donc duplicité de l’ALN des frontières qui était rentrée depuis, certains détenus n’étaient plus présentables, on n’en parle peu et donc fantasme des Oranais car il n’y a pas d’archives au sujet de ces victimes musulmanes ; il ne faut pas oublier que la riposte vigoureuse au F.M de la Section du 8ème RIMA en légitime défense contre la foule, aidée par des éléments armés, qu’on avait lancé contre la gare vers 13h à l’arrivée du train d’Alger (probablement pour perturber l’arrivée d’émissaires du GPRA, selon sources musulmanes) avait fait de nombreuses victimes, ramenées en ville nouvelle voisine par leurs coreligionnaires après le cessez le feu ; d’où confusion, ce fait imprévisible fut très édulcoré de par et d’autre et pour cause, il était prévu que l’armée Française n’interviendrait pas et le FLN (mais lequel ?) le savait, donc pas d’affrontement conséquent officiel, aussi on laissait planer le doute d’une prétendue riposte d’un commando OAS dans l’hystérie ambiante (toujours témoins musulmans) cela était évidemment criminel.

          Ensuite, j’en arrive à mon enquête : Jean Monneret a une contradiction : d’un côté, il met en doute (p162) avec raison les témoignages publiés en Algérie où la liberté d’expression est restreinte… etc et d’un autre côté, il préfère s’en tenir aux indications officielles fournies par Fouad Soufi – haut fonctionnaire en poste en Algérie (enfant au moment des faits) que nous avons vu en privé et entre Oranais au Colloque de Jussieu en 2002 et qui ne tient pas tout à fait le même discours qu’en public, sans aucune base d’archives ; on attend toujours sa thèse définitive, car même édulcoré, le massacre du 5 Juillet n’existe pas en Algérie, je le signale, car moins qu’en France, il n’y a eu d’enquête ! Bien sûr, il est évident qu’il ne peut reprendre à son compte la thèse du complot de l’EMG de Boumediene dont le fils spirituel Boutéflika est au pouvoir en Algérie et on le comprend. Néanmoins, il nous a confirmé et même en public (enregistré par moi) que la direction disons « intellectuelle » de l’OPA du FLN d’Oran était majoritairement sinon pro GPRA mais surtout anti Etat Major de l’extérieur, ce que nous savions depuis 40 ans sur le terrain (traité de « fasciste » par certains devant nous à l’époque). Le capitaine Bakhti, parachuté du Maroc à Oran, après le 19 mars, n’était pas à priori le chef incontesté de la zone autonome d’Oran mais d’abord le représentant officiel de la commission mixte de cessez le feu  auprès de l’armée Française selon les accords d’Evian évidemment il était en froid avec les précédents et les intrigues commencèrent dès ce jour (selon ces accords, l’ALN ne devait jouer aucun rôle politique jusqu’à l’élection d’une Assemblée Nationale). Bien sûr, les manifestations du 5 Juillet, date emblématique, furent décidées par le Comité Inter-willayas (anti-état major) à l’intérieur, sauf la Vème Oranie volontairement absente lors d’une réunion à Zémora après le 19 Mars (voir Mohamed Harbi) décision reprise par le GPRA à Alger ensuite, d’où le B.T du 26 Juin émis par le 2ème Bureau cité par J. Monneret et bien, je le répète que l’EMG d’Oujda ait interdit ces manifestations avec plus ou moins de succès à l’intérieur de l’Oranie ; Bakhti qui avait promis au Général Katz que cela n’aurait pas lieu à Oran, devant l’appel lancé par radio Alger aux mains du GPRA ne put que s’incliner après des débats préparatoires houleux (toujours témoins musulmans) car les masses qui croyaient encore à l’unité du mouvement n’auraient rien compris à Oran, si la manifestation n’avait pas eu lieu. Un défilé à priori pacifique et structuré avec de nombreux petits scouts (recruté en masse pour leur circonstance) en uniforme était prévu avec le syndicat UGTA, les organisations féminines etc…(nous avons des photos) mais c’était sans compter avec les agents de Boumediene et certains partisans de Ben Bella qui manipulèrent la foule et le commandant du Service Social désarmé (vit avec sa secrétaire les premiers coups de feu Bd Joffre sur le défilé) Bakhti le savait-il ? Peu importe, le secret n’était pas si étanche car plusieurs mises en garde individuelle parviennent à certains Européens voir "Agonie d’Oran et de ne pas se rendre à Oran pour l’intérieur (témoignage personnel). C’est pour cela que les 3 hypothèses que signale J. Monneret ne sont pas contradictoires, elles sont même concomitantes (p.97) quant à la sempiternelle théorie du complot qu’il dénonce, elle fait partie de toute l’Histoire intérieure du FLN, voir entre autre les ouvrages de deux spécialistes : Mohamed Harbi et Gilbert Meynier, ce dernier a même corrigé, suite à nos observations, la 2ème édition de sa volumineuse Histoire du FLN alors qu’il s’était contenté de reprendre la version du Général Katz : un affrontement de communautés avec 25 morts Européens ! De coup d’état en coup d’état G. Meynier – Science et vie cinquantenaire en 2004 énumération : en 57 contre Abanne R. ; en 60 Tripoli ; en 62 contre GPRA ; en 65 contre B. Bella etc…)

          Cette politique manipulatoire et provocatrice émaille toute l’histoire de la rébellion depuis les origines du 1er Novembre 54 en passant par la liquidation d’Abane Randane mort au champ d’honneur l’éviction de Ben Bella et l’assassinat de Boudiaf, sans parler de l’utilisation du terrorisme Islamique plus actuelle. L’école de Boussouf rompu aux méthodes du K.G.B a fait recette en Algérie. La hantise de l’EM d’Oujda était que se créer à Oran de facto avec Mers el Kébir une enclave Européenne et la volonté de chasser le maximum d’Européens avait été affirmé au congrès de Tripoli après les accords d’Evian sous la pression de l’ALN extérieure (avant la destitution de l’EMG et de Boumediene par le GPRA).

          D’ailleurs, nous l’avons dit le même scénario fut tenté sans succès à Alger avec des Sbires dirigés par Yacef Souadi, agent de Boumediene (voir la presse) et le 6 Juillet le GPRA dans un communiqué publié avait gobé l’attaque des éléments colonialistes de l’OAS à Oran, ce faisant, cela l’obligeait d’admettre l’avancée de l’ALN d’Oujda qui imposait ses hommes aux postes clefs à Oran, ce qu’elle n’était pas habilitée à faire, dont le préfet Soutïa ; bien sûr, cette ALN préférait user de prétextes et de manœuvres pour prendre le pouvoir (voir toujours Harbi et Meynier et d’autres), il y en eu d’ailleurs aussi à Constantine sauf qu’il n’y avait plus d’Européens et lorsqu’elle ne pu plus manœuvrer, ce fut le choc frontal avec les willayas de l’intérieur au niveau d’Orléansville. Faut-il rappeler que l’ALN extérieure n’entra qu’en Septembre à Alger, il y aurait beaucoup de chose à rajouter que notre ami Monneret connaît bien, comme le fameux communiqué (classifié 2ème B. n°1266/B2/GAOR signé Coadic) de l’EMG d’Oujda en date du 5 Juillet 62 qui après avoir vilipendé le GPRA, prépare ses troupes à aller protéger la minorité Européenne, on ne peut faire mieux en cynisme pour des Pompiers Pyromanes, comme nous l’avons écrit (voir Agonie d’Oran – Volume 3).

Pourquoi Jean Monneret ne tient pas compte de cette archive (alors qu’elles sont rares) que je lui avait cependant communiqué et reproduite dans L’Agonie d’Oran. Je n’ai pas compris non plus, pourquoi le fait pour le FLN de poser son drapeau sur les bâtiments publics, fut une provocation, cela avait été fait dès le 3 Juillet dans toute l’Algérie, nous l’avons vu avec douleur mais résignation et une grande partie de nos compatriotes, il faut le dire, avait participé au référendum du 1er Juillet, surtout par crainte de cartes d’électeurs non tamponnées pour la suite, en se souvenant que l’équipe Susini appelait à voter oui à Alger (entendu à la radio et vu dans la presse). Il faut avoir vécu ces moments de désarroi pour se permettre de juger et nous avions bu la coupe jusqu’à la lie plus rien ne pouvait nous provoquer pour des gestes suicidaires alors que la France nous abandonnait. Il faut avoir vu dans les quartiers Européens des drapeaux dans les poubelles ! Alors suggérer que nous puissions tomber dans une provocation absurde !

          Enfin, pour terminer au-delà de notre débat avec Jean Monneret, l’essentiel est que nous soyons d’accord pour dire que le massacre au-delà des causes et des chiffres fut effectué en présence de notre armée consignée dans cantonnement (voir plans dans PNHA n°92 et Agonie d’Oran 3) sur ordres venus du plus haut sommet de l’Etat.

Dans le cadre de ce livre qui nous l’espérons aura une plus grande audience que L’Agonie d’Oran et qui après tout, fait aussi connaître notre thèse occultée, il aurait été bon pour souligner cette forfaiture de rappeler les effectifs et les unités dont disposait Katz à Oran : 12000 hommes intra-muros (voir son livre et les archives) plus les forces extérieures qui étaient aussi l’armée Française. Nous avons signalé cela dans la revue Pieds Noirs d’Hier et d’Aujourd’hui de Juillet 98 sous le titre courageux de la rédaction « De Gaulle est bien responsable des Massacres de Juillet 62 à Oran ».

          Il reste à étudier ce qui apparaît comme évident à mes yeux et comme l’a exprimé le Docteur J.C PEREZ et même des chercheurs Algériens, pourquoi le choix politique Gaullien du FLN ALN extérieur sur le GPRA et l’intérieur mais c’est un autre débat.

Toutes choses qui justifient aussi le titre de l’ouvrage de Jean Monneret est le silence assourdissant sur ce drame.

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Jean François PAYA (classe (54/2) présent à la base de Mers El Kébir jusqu’à fin 1964 À Rosas – Espagne, le 12 Mars 2006

RETOUR ORAN JUILLET 1962

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07 novembre 2008

REPONSE A L'ARTICLE DU QUOTIDIEN D'ORAN DU 20/09/2006

Document transmis par J. F. Paya

          Le journal algérien « Le Quotidien d’Oran » du 20 Septembre 2006 qui avait longtemps  occulté le sujet s’est senti obligé devant nos diverses manifestations et publications en France de publier un article sous un titre de diversion «  Oran de  nouveau dans l’engrenage de la peste de l’OAS » (voir sur Internet) pour parler «  des massacres contre les  européens à Oran entre le 5 et 7 Juillet  1962 » stigmatisant « la littérature des ultras du colonialisme il utilise un article de l’Express du 14 Septembre et le livre de notre compatriote Jean Monneret « la Tragédie Dissimulée » qui table sur un total de 365 personnes disparues pour faire remarquer « qu’on est loin des chiffres avancés  dans la littérature des ultras de l’ OAS ».

          Comme nous l’avons signalé à l’auteur ce chiffre qui serait basé sur une publication aléatoire du quai D’Orsay et sur des documents archivés du 2ème Bureau (références non données dans les annexes du livre) est relatif à un recensement non exhaustif de certaines disparitions signalées par certaines unités dans les rapports de routine au 2ème bureau de leur secteur, mais pas le fruit  de recherches approfondies.

          Pour avoir été sur le terrain en ORANIE à cette époque je puis témoigner qu’aucune enquête sur les causes et les conséquences du 5 Juillet n’a été sérieusement entreprise d’ailleurs J. Monneret n’a rien trouvé dans les archives. On peut même dire que des consignes pour ne pas enquêter ont été données dés le premier jour du massacre. Il aurait fallu signaler que ceci se faisait dans le désordre d’une population affolée qui tentait de quitter le territoire et que de nombreuses personnes isolées (surtout masculines, familles étant parties) n’ont pu être signalées et ciblées plus tard le 5 Juillet en France.  De même le fait que JP Chevènement attaché militaire au consulat d’Oran à déclaré dans un ouvrage « avoir été chargé de rechercher les 800 disparus du 5 Juillet » sans en retrouver aucun à Oran ! (Mission qui semble de pure forme).

          Se souvenir aussi que le consul M. Herly a déclaré plusieurs années après, que ses services avaient enregistré 440 plaintes mais selon certains témoignages dont le mien.  Une plainte pouvait recouvrir plusieurs personnes d’une même famille (deux amis en ce qui me concerne).

          Le quotidien Algérien sur la défensive déclare ensuite que des coups de feu ont eté tirés sur la manifestation (Ce  que nous n’avons jamais nié vu les témoignages recueillis tome I de l’Agonie d’Oran) « provoquant l’émeute puis la vendetta » en les impliquant bien sur à des désespérados européens issus de l’OAS thèse non retenue en 1962 où les nouvelles autorités parlaient de «bandits de grand chemin musulmans » en éludant les responsabilités dues à la crise interne du FLN en Juillet 62 (voir notre enquête dans le Volume 3 de l’AGONIE D’ORAN ) et sans évoquer les complots pour la prise du pouvoir du groupe dissident  Boumediene Ben Bella opposé au GPRA qui avait ses partisans dans l’organisation FLN D’Oran. Comme aucun européen n’avait été pris, il était évident qu’il était très facile pour des provocateurs algériens de se fondre parmi les miliciens en civil ou en treillis militaires armés (il existe des films).

          Toutes choses dont Jean Monneret ne tient pas compte, par contre il suggère dans son livre p 96 et 111 que se seraient les européens d’Oran qui auraient été provoqués par la pose des drapeaux Algériens sur les bâtiments publics : ici on sort de l’histoire pour entrer dans la pure subjectivité.

          Enfin il faudrait souligner l’importance de la présence des unités militaires françaises (12000 hommes intra muros) consignées par le général KATZ sur ordre du pouvoir central à Paris. C’est ce qui fait la spécificité de ce drame et le fait que sous prétexte de (rétablir l’ordre) l’ALN du Maroc est entrée en masse le 8 juillet à Oran pour prendre le pouvoir tout en liquidant ses opposants.

          Un autre objectif de la provocation fut de faire fuir un maximum d’européens d’Oran, ville où ils étaient les plus nombreux. Provoquer ce départ en masse était tout à fait dans la ligne du congrès FLN de Tripoli en avril 1962.

          Voilà toute chose dont le quotidien d’Oran  ne pouvait, bien entendu, parler.

Jean-François PAYA

NB : Bien vouloir se reporter pour notre enquête au volume N°III de « l’Agonie d’Oran » sous la direction de Geneviève de TERNANT

le 4 avril 2007

Dialogue entre historien:

http://pagesperso-Orange.fr/pnmohican/dialogue_entre_historiens.htm

RETOUR ORAN JUILLET 1962

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DÉBAT SUR LE CHIFFRAGE DES VICTIMES DU 5 JUILLET 1962

Par J. F. Paya

Lettre du Général Faivre:

Les évaluations chiffrées de Chevènement ne me paraissent pas fiables, elles sont d'ailleurs différentes de celles du consul Herly.

A mon avis, il faut prendre en compte les listes nominatives  de disparus :

1. une liste incomplète du CICR, citée dans mon livre la Croix-Rouge pendant la guerre d'Algérie : 265 noms.

2. Les listes consultées par Monneret au SHD : 365 décès.

3. Les demandes des familles adressées aux Affaires étrangères : 419 dossiers de disparus du 5 au 8 juillet pour le département d'Oran, réduites à 331 décédés (dont 270 pour la seule commune d'Oran et 60 cas estimés incertains).

         Par rapport à Monneret, il manque 34 décédés, ce qui pourrait correspondre aux personnes non signalées (familles parties). A mon avis, il ne faut pas exagérer le nombre des célibataires sans famille de rattachement.

Lettre réponse de JF PAYA:

Mon Général

         Merci infiniment pour votre réponse je vous renouvelle mes vœux pour 2008 ce n'est pas tant le débat sur le chiffrage qui me pose problème que celui sur les circonstances de ces massacres/Pour le chiffrage autour de 800 disparus il correspond bien à celui évoqué à l'époque au consulat d'Oran et aussi officieusement du côté Algérien (dernièrement au "colloque de Lyon" + de 700 admis par "historiens" Algériens).

         L'ex Consul Herly avait signalé près de 400"plaintes" déposées au consulat mais j'ai la preuve qu'une plainte pouvait comporter plusieurs personnes d'une même famille ? pour ma part j'avais déposé une plainte pour v2 personnes/Aussi lorsque je parle "d'archives" chères aux historiens pour moi il s'agirait des registres originaux du consulat et non de listings à posteriori / J Monneret ne parle pas de décès mais "d'enlèvements" porté a la connaissance du 2em bureau /collation des JMO de routine de certaines unités et non d'une enquête globale qui n'a pas eu lieu (sinon il l'aurait donné en annexe ) donc ce chiffre reste aussi aléatoire et les familles affolées ne se sont pas toujours adressées a des unités de l'armée trouvant même souvent plus efficace de s'adresser directement aux éléments du nouveau pouvoir Algérien (ALN / FLN ) tout cela dans un grand désordre qui ne permet pas d'avoir des références fiables aujourd'hui.

         Au sujet des chefs de famille et célibataires resté seuls à Oran on ne peut pas sous-estimer leur nombre rien que pour ma région plus de la moitié des chefs de familles étaient resté seuls en Oranie et une estimation d'après les autorisations de sorties et les bureaux de vote du 1er juillet (où beaucoup d'européens présents ont été voter donne les mêmes résultats) Il faut aussi savoir que beaucoup de "déclarations d'absence" (+ tard converties en jugements déclaratifs de décès) n'ont pu être "ciblées" du "5 au 8 juillet" mais déclarés à des dates inconnues en métropole (le recensement de ces jugements serait intéressant. )

         Enfin voilà un certain nombre de considérations dont a mon avis l'historien devrait rendre compte certes avec une grande prudence mais sans avoir l'air de donner un seul "son de cloche" et un chiffre définitif dont certains ont vite fait de s'emparer (on l'a vu avec la presse Algérienne) à des fins plus idéologiques qu'historiques ! (article du quotidien d'Oran ci joint)

Bien cordialement

Jean-François PAYA

NB: JP Chevènement dans son ouvrage ne donne pas "une évaluation" mais précise "j’étais chargé de rechercher les 800 disparus du 5 Juillet"  D'autre part il faudrait  indiquer pourquoi "non fiables" c'est un témoin et un acteur de terrain vu l’absence d’enquête !  J Monneret à 34 enlevés en plus que les 331 décédés cela ne peut être des non déclarés puisque signalés enlevés dans les JMO au 2ém Bureau ! Les non déclarés ne figuraient pas par définition à Oran  Voir l'estimation des hommes seuls à Oran in fine +(6500 minimum)

          Enfin voilà un certain nombre de considérations dont à mon avis l'historien devrait rendre compte certes avec une grande prudence mais sans avoir l'air de donner un seul "son de cloche" et un chiffre définitif dont certains ont vite fait de s'emparer (on l'a vu avec la presse Algérienne) à des fins plus idéologiques qu'historiques !

RETOUR ORAN JUILLET 1962

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