20 mars 2014

BULLETIN N°76

Libre propos citoyen

Document transmis par

LE PHAREFOUILLEUR  le Lundi 17 mars 2014.

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ». Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen - Article XI - 1789

Élections municipales : Pieds-Noirs, votez, sortez les pourris !

Madame, Monsieur, cher(e)s ami(e)s et compatriotes,

JAMAIS LES PIEDS-NOIRS ET LES HARKIS

N’AURONT ETE AUTANT PRIS POUR DES C… !!!

         Et par la droite sortie aux dernières présidentielles et par l’actuelle gauche au pouvoir, qui surfe sur une vague mondialiste qui fait tant de mal à la France.

         Rappelons-nous certains actes et/ou propos, gratuits et malsains, qui ont offensé les vivants et les morts de nos deux communautés.

         Concernant Nicolas-le-Petit :

- en visite au camp de Rivesaltes où les Harkis rescapés des massacres en Algérie furent parqués comme des animaux, il reconnut « la responsabilité de la France dans l’abandon des Harkis »….à la fin de son quinquennat, bien sûr,

- il écrivit un jour au Premier Ministre turc en évoquant : « les souffrances indicibles et la brutalité aveugle de la colonisation française en Algérie »,

- dix jours plus tard, à Perpignan, il fit une déclaration….contre la repentance !

         Concernant le Nain-moi-Président qui occupe l’Elysée par erreur :

- il fit en sorte que le 19 mars devienne la date officielle de commémoration de la fin de la guerre en Algérie, pour cirer les pompes d’Abdelaziz BOUTEFLIKA et remercier les électeurs musulmans de France qui votèrent pour lui,

- il alla jeter des fleurs dans la Seine, pour les rares morts algériens tombés dans la Seine lors d’une manifestation interdite à Paris, le 17 octobre 1961, mais pas une fleur pour les morts français du 26 mars à Alger et du 5 juillet 1962 à Oran,

- il a fermé la MIR et l’ANIFOM, sans concertation avec nos représentants !

IL FAUT SANTIONNER CES POURRIS…SANS ETAT D’AME !

         Il faut leur envoyer un message clair : nous ne sommes pas que des bulletins de vote et demandons des actes forts pour que nos morts et nos survivants retrouvent leur juste place au sein de notre Patrie, et que nous soyons réhabilités dans notre honneur qui fut sali, pour plaire aux arabo-communistes.

VOTONS MASSIVEMENT ET AVEC DETERMINATION,

CONTRE LA GAUCHE ET POUR UNE DROITE PLUS PATRIOTE !

         Autre point très important : ne votez pas blanc, ça ne flatte que votre nombril ! N’oubliez pas que les Maires sont les « grands électeurs » des futurs Sénateurs. Alors faites le ménage en commençant par les Mairies !

Merci de votre aimable considération. Bien cordialement.

Michel Salanon...de l'Hôtel Saint Maurice d'Aïn-el-Turck 

Retour le phare fouilleur

Posté par popodoran à 23:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]


24 mars 2014

19 MARS 1962 ? WATERLOO !

 

19 mars 1962-waterloo  VERSO

Conséquences et interprétations des accords d'Evian

Préface du général Maurice Faivre

Le livre - L'auteur revient ici sur les "Déclarations gouvernementales du 19 mars 1962 relatives à l'Algérie", au sujet desquelles certains entretiennent encore la confusion. L'emploi fréquent des référendums, le scrutin d'autodétermination, les disparitions, les enlèvements, les prisonniers et les massacres collectifs de civils et de militaires... tous les évènements qui ont précédé cet accord en expliquent le dénouement tragique. "Une véritable mine d'or pour les chercheurs", selon l'historien Maurice Faivre.

Le mot de l’auteur

Ce livre ouvert à «Monsieur le président de la République, Mmes. MM. Les Députés et Sénateurs, Maires et Citoyens de France.»,redonne toute sa place à l'Histoire car, comme le soulignait l'ancien président de la République, Jacques Chirac: «...le moment est venu pour nous tous, Français, de porter un regard de vérité sur une histoire méconnue, une histoire déformée, une histoire effacée...».

«L'accord de cessez-le-feu» devait mettre fin aux opérations militaires et à toute action armée sur l'ensemble du territoire en Algérie le 19.03.1962 à 12h00.». Il n'en fut rien. Le FLN poursuivra sa guerre révolutionnaire: les disparitions, enlèvements et les assassinats collectifs programmés vont se multiplier chez les civils comme chez les militaires jusqu'en juillet 1964. Au point même que l'ancien négociateur, Robert Buron, face à cette folie meurtrière, laissera tomber: «Le passage des Huns!». («l'Aurore» du 17.05.1962).

L'emploi fréquent du référendum pour l'Algérie est avéré anticonstitutionnel par les juristes comme par les parlementaires, comme le clame le député du Nord, Paul Reynaud, le 26.04.1962: «Toutes les grandes questions sont réglées en passant par-dessus la tête des représentants du peuple. On soumet à ce dernier, par la voie référendaire, des matières qu'on enlève au Parlement...Là où la Constitution n'est plus respectée, il n'y a plus de République.».

L'après 19 mars 1962 deviendra champ de bataille du présent et objet de marchandage: à l'Assemblée nationale, au Sénat, au sein des mouvements et associations pour ou contre la célébration du 19 mars. Mais les discours et les communiqués politiques comme la propagande n'occulteront pas les données historiques.

Cet ouvrage donne la parole aux Algériens comme aux Français qui se sont affrontés durant plus de sept ans. Le lecteur découvrira, au fil des chapitres: l'origine historique de l'Accord du 01.11.1954, la crise du FLN depuis 1961 et après le cessez-le-feu, les analyses et commentaires des journalistes, observateurs et juristes, les promesses et discours de tous bords, la chronologie des faits, l'utilisation des référendums et de l'autodétermination, les travaux et analyses des historiens pour comprendre la finalité des accords, les effectifs et pertes militaires et des harkis, les civils disparus, les actions en faveur des prisonniers français, le devenir des sépultures françaises, les gouvernements successifs durant la guerre de 1954 à 1962, etc.

Delenclos Michel Henri

ISBN : 978-2-296-99722-6 • novembre 2012 • 346 pages

Prix éditeur : 35,5 € 33,73 € / 221 FF avec la possibilité de commander la version numérique (PDF texte) 26,63 € | 10 738 Ko EAN Ebook format Pdf : 9782296509771

 Ajouter au panier

Retour Michel Delenclos

 

 

Posté par popodoran à 22:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]

26 mars 2014

BULLETIN N°78

Libre propos citoyen

Document transmis par

LE PHAREFOUILLEUR  le Lundi 24 mars 2014.

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ». Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen - Article XI - 1789

Elections municipales, lendemain du 1ertour :

Le nettoyage des écuries socialistes a commencé !

Madame, Monsieur, cher(e)s ami(e)s et compatriotes,

         Non, l’expression n’est pas trop forte, les écuries socialistes sentent vraiment mauvais et les chevaux ne sont plus en état de courir, au point que certains risquent d’être envoyés à l’abattoir….juste après le 2e tour !

         Quel plaisir de pouvoir écrire et ce que toute la Presse reconnait :

         LES SOCIALISTES ONT PRIS UNE CLAQUE BIEN MERITEE !

         Incompétents, arrivistes, arrogants, professionnels du mensonge, la Justice aux fesses pour beaucoup et, pour certains, des gosses en prison, un Premier Ministre fan de camionnette VW mais dénué de tout charisme, le Nain-moi-Président chevauchant, entre autres (!), un  scooter trop grand pour lui, rue du cirque, les gauchistes-humanistes-mondialiste (GMH) n’auront mis que 20 mois pour se faire détester par 80 % des Français ! Un record jamais égalé.

         Ces résultats du 1er tour des élections municipales sont un désaveu total et une condamnation sans appel de leur incapacité à gouverner la France.

         Il ne vous a pas échappé que….c’est la faute au FN, bien sûr !

Ah, ce FN, comme il est pratique : s’il en est là aujourd’hui, c’est la faute de l’UMP (dixit le PS), et c’est la faute du PS (dixit l’UMP) ! Très drôle, non ?

         En ce qui me concerne j’estime que le retour des droites, FN compris (qui lui ne revient pas mais arrive), est un constat réconfortant pour la France.

         Dommage que Jean-François COPE ose déclarer que : « une Mairie gérée par l’UMP n’est pas une Mairie gérée par le FN » ! On reconnaît l’énarque.

         Suggestion : que les gaullistes de gauche déguisés en NAP (Neuilly-Auteuil-Passy), comme on dit à Paris, élisent un nouveau chef de file.…vite ! 

         Enfin des millions de Français qui souhaitent voir appliquer le programme de Marine LE PEN, savent que le FN est représenté dans 315 villes de France, qu’il est en tête dans 17 villes, et qu’il aura vraisemblablement 412 Conseillers Municipaux. La France est en train de sortir de sa torpeur !

         Messieurs de l’UMP, prévoyez vite des alliances avec le FN, quant à vous, J-F. COPE…cessez de dire et faire le contraire de ce que pense et demande un nombre croissant d’adhérents au sein de votre parti !

         N’oublions pas : les Maires élisent les Sénateurs donc si nous voulons un Sénat de droite il nous faut élire des Maires de droite : simple et efficace.

Merci de votre aimable considération. Bien cordialement.

Michel Salanon...de l'Hôtel Saint Maurice d'Aïn-el-Turck 

Retour le phare fouilleur

Posté par popodoran à 13:08 - Commentaires [6] - Permalien [#]

TEMOIGNAGES DE CIVILS

ANNIE-FRANCE FERRANDIS EPOUSE GARNIER, 17 ANS AU MOMENT DES FAITS

elle fut grièvement blessée et perdit sa soeur ce jour là

"Je m'étais rendue, accompagnée de mes soeurs, à la manifestation du 26 mars. Peu après avoir quitté notre appartement dans le quartier du Champ des Manoeuvres, nous avions rencontré un premier barrage. Des camions militaires stationnaient en travers de la route mais un espace suffisant pour passer était laissé libre, et les militaires n'avaient rien fait pour nous inciter à revenir sur nos pas. Nous avons rencontré d'autres barrages ensuite, sans y prêter aucune attention, car tous laissaient un espace suffisant. En passant par la rue Charras nous rejoignîmes le plateau des Glières sans encombre. Les événements de l'époque étaient tristes mais il faisait si beau, et il y avait tant de joie de vivre en nous... nous avions l'impression de participer à une kermesse. Sans se connaître, les gens se parlaient familièrement et s'adressaient aussi aux soldats. Nous arrivions devant l'entrée de la rue d'Isly quand des militaires nous barrèrent le chemin. Je voyais s'éloigner les gens qui nous précédaient auparavant. Nous étions donc au premier rang, à ma droite, un pas devant moi, ma soeur aînée, Renée, à ma gauche une dame, puis ma soeur Monique.

Je regardais le militaire qui me faisait face. C'était un très jeune homme, plutôt blond avec une petite moustache claire. Il me semble que je le revois encore. Ce garçon était beau, il me paraissait charmant et, dans ma naïveté de jeune fille, j'espérais qu'il allait nous comprendre et nous permettre de continuer notre route A ce moment, je vis, juste à côté de ce soldat, un militaire, musulman à mon avis, faire un pas en arrière, armer son fusil et se mettre à tirer dans notre direction. Je ne saurais dire si son arme était un fusil mitrailleur ou un pistolet mitrailleur car je ne m'y connaissais pas. Des flammes bleues sortaient du canon. Et ce canon n'était pas dirigé vers le ciel. Je suis absolument certaine qu'aucun tir n'était parti de fenêtres, cela je peux le jurer.

Une panique générale s'ensuivit. Je dégageai mon bras comme je le pus et je courus, courbée pour ne pas être atteinte par les balles, vers le trottoir du côté du Crédit Foncier. Ma soeur Renée courait devant moi, je l'appelai, elle tendit la main en arrière vers moi, je la rattrapai par son manteau et nous nous jetâmes ensemble au sol sur le trottoir devant le Crédit Foncier. Je ne voyais plus Monique, ni la dame que j'avais tenue par le bras, je ne sais pas si celle-ci a échappé à la tuerie.

Le temps me parut interminable. J'étais affolée, une jeune fille de 17 ans n'est pas préparée à d'aussi terribles épreuves. Qui d'ailleurs s'est jamais préparé à se tenir immobile, couché, sans défense, pendant qu'on le fusille à bout portant ? Il y eut un arrêt, j'entendis : "Halte au feu!" puis cela recommença. C'est alors que je ressentis une brûlure et je compris que j'étais blessée. Une balle entrée dans la fesse s'était logée dans le ventre. Les balles sifflaient au dessus de ma tête, je ne bougeais plus, me cachais le visage dans le manteau de ma soeur, pour ne pas voir la mort.

Le feu cessa enfin. Tout d'abord personne ne bougea, il y eut le silence. Un homme remua près de moi, de plus en plus. Je lui dis : "Ne bougez pas. Ils vont nous achever ! Un monsieur blessé, s'agrippant au mur de la banque, essayait de se remettre sur ses jambes, les militaires ne tirèrent pas. Cela me donna le courage de me relever..

Voulant porter secours à ma soeur, je la soulevai. A cause de ma propre blessure, et parce qu'elle n'avait hélas plus aucune réaction, elle me paraissait terriblement lourde. Je parvins à la mettre sur les genoux. Sa tête retomba en arrière. Les yeux de Renée étaient de couleur noisette. A ce moment, sans doute le ciel s'y reflétait-il, je les vis grand-ouverts et très bleus. Ce dernier regard m'impressionna plus que tout.

J'appelai l'homme qui était près du mur pour qu'il m'aide à soutenir Renée et à l'emporter. "Qu'est-ce qu'elle a ? demanda-t-il Elle est morte ! Alors il faut la laisser et vous sauver." Je ne pouvais me résoudre à abandonner ma soeur, morte dans la rue. Je regardais autour de moi, éperdue ; sur le trottoir, sur la route, partout des morts !

Je cherchai Monique des yeux sans pouvoir me résoudre à abandonner ma soeur Renée, et je la trouvai couchée un peu plus loin sur la place de la Poste. Je lui criai : "Ils ont tué Renée!" Je ne sais pas si elle comprit, elle voulait que je vienne la relever, gravement blessée aux jambes, elle ne pouvait plus bouger.

Je m'étais approchée d'elle, péniblement, car ma blessure me brûlait le ventre. Au même moment, plusieurs hommes arrivèrent, la prirent dans leurs bras et l'emmenèrent. Au fond de l'impasse de la poste il y avait un dépôt fermé par un rideau de fer. Le rideau se souleva, ils hissèrent Monique à l'intérieur. Je suivis. Au loin on entendait des explosions.

On nous avait installés sur des sacs postaux, le temps passait. Il y avait plusieurs blessés à cet endroit et aucun infirmier, aucun médecin. Monique perdait tout son sang et j'avais peur de la voir mourir elle aussi.

Deux hommes soutenant un pompier blessé entrèrent. Le pompier nous expliqua que les militaires avaient tiré sur eux. Enfin un camion bâché se gara devant l'ouverture du dépôt et on nous transporta à l'intérieur. Nous fûmes emmenés à l'hôpital. Là, c'était affreux. Il y avait des blessés partout. On m'avait mise sur un lit de camp à côté de Monique. Mes parents arrivèrent. Bien sûr, ils cherchaient Renée. Comment avouer ? Je prétendis que nous étions perdues dans la foule. Ils partirent la chercher dans d'autres salles. Je dis à un voisin qui les accompagnait : "Je vous en supplie, ne les laissez pas seuls !" Il comprit tout de suite et les suivit. Mon père trouva le corps de ma soeur à la morgue dans la soirée. Il n'eut pas la force d'annoncer à ma mère tout de suite la terrible réalité et attendit le lendemain. Maman était restée toute la nuit à genoux devant une statue de la vierge... Il ne se passe guère de jour sans que j'y pense. Cette journée marquée au fer rouge dans ma poitrine ne pourra jamais s'effacer. Quelquefois, souvent même, je repense également à ces militaires qui me faisaient face quand je leur hurlais ma douleur, mon incompréhension...

Pourquoi ?... Pourquoi ont-ils tiré ??... Le temps a passé, moi j'ai toujours mal. Eux, s'en souviennent-ils ? Se souviennent-ils de la jeune fille qui les regardait ? Se souviennent-ils de ce jour horrible où ils ont détruit des vies ? Il y a eu des morts, des handicapés à vie et il y a eu des gens pour qui la vie n'a plus eu de sens depuis ce 26 mars 1962. On continue à vivre parce qu'il le faut, parce que Dieu nous a donné la vie et que lui seul a le droit de nous la reprendre.

J'espère que Dieu pardonnera à tous ceux qui ont participé de près ou de loin à cette tuerie, parce que moi je ne pardonne pas.

Rien ne fera revenir nos morts, mais si par nos témoignages le voile du silence était levé, alors là peut-être aurais je l'impression d'avoir mis un léger baume sur cette blessure qui saigne encore."

 


MONIQUE FERRANDIS, 19 ans

elle fut grièvement blessée et perdit sa soeur ce jour là. Elle est pensionnée comme victime civile.

Il était un peu plus de 14 heures quand ma soeur Renée m'a dit : "Si tu ne te dépêches pas de te préparer, je pars sans toi. "Alors je me suis dépêchée et depuis je le regrette. Si j'avais mis plus de temps à me préparer, nous ne serions pas tombées dans ce piège.

Nous sommes donc parties toutes les trois du Champ de Manoeuvres où nous habitions.

Il y avait de nombreux barrages mais aucun ne nous a fait de difficultés pour nous laisser passer, bien au contraire, puisqu'en riant ils nous disaient : "Oh, si vous forcez le barrage, on vous laissera passer!". Mais il n'y avait même pas besoin de le faire, les barricades s'ouvraient et on passait. Tout au long du chemin cela a été comme ça, et arrivées en bas de la rue Charras des gardes mobiles étaient là... ils ne nous ont rien dit.

Nous avons monté la rue Charras. Au début de la rue d'Isly, à hauteur de la banque du Crédit Foncier, il y avait un cordon de militaires, en kaki, avec le casque comme s'ils étaient en guerre, avec filet par-dessus. Ils n'avaient pas de signe distinctif donc je ne peux pas dire de quelle arme ils faisaient partie. Nous étions arrêtées à cet endroit là et ma soeur Renée a commencé à discuter avec un jeune officier ou sous-officier du cordon de police. C'est la dernière fois que je l'ai vue. Nous étions donc à hauteur du crédit foncier, en bordure du trottoir...

J'ai commencé par regarder autour de moi à la recherche de mon amie Jacqueline Cazayous avec qui j'avais rendez-vous. Malheureusement, le lendemain j'ai appris, qu'elle aussi, elle avait été tuée... Mon regard a alors parcouru le cordon de militaires, et tout à coup j'ai vu, d'une arme sortir des flammèches bleues. J'ai été atterrée, en une fraction de seconde, j'ai compris et je me suis dit : "mais il tire!". Je n'avais pas encore entendu le bruit des détonations, simplement ces flammèches bleues... ça avait suffi pour que je comprenne. Après j'ai entendu le bruit de tonnerre qu'a fait l'arme. Les gens se sont mis à courir et à ce moment là j'ai entendu d'autres armes comme une réponse à ce qui venait de se passer. J'ai regardé d'abord si je voyais mes soeurs Renée et Annie. Ne les ayant pas vues j'ai pensé qu'elles s'étaient mises à l'abri. J'ai couru avec les autres en direction de la banque et je me suis jetée à plat ventre sur le trottoir. Il n'y avait pas longtemps que j'étais allongée, je sentais les balles qui passaient au-dessus, qui s'enfonçaient dans le mur, et j'ai été touchée, j'ai senti une brûlure atroce dans la fesse gauche, une brûlure qui s'est irradiée dans mon ventre, qui m'a fait énormément souffrir immédiatement. J'avais le bassin pris dans un étau... lourd, avec une brûlure. J'ai appris plus tard que c'était une balle explosive. J'ai d'ailleurs toujours des éclats dans le bassin. J'ai rampé un peu vers le mur, à plat ventre, en essayant d'avancer pour me mettre un peu plus à l'abri. J'ai été blessée à ce moment là de la deuxième balle qui m'a fait exploser le pied droit. La balle est rentrée sous le pied et, en répercutant par terre, elle a fait exploser le pied qui n'était plus que de la charpie, une bouillie atroce. Je me suis retournée sur le dos, je ne voulais pas mourir comme ça, je voulais regarder le soleil, le ciel, avant de ... parce que j'étais persuadée que j'allais mourir. Pendant que je me retournais, des personnes à côté de moi m'ont dit de ne pas bouger, sinon ils allaient m'achever. Et j'ai attendu, j'ai attendu que la fusillade cesse. Ca a duré pour moi une éternité, parce que d'entendre comme ça les détonations j'avais une peur... j'étais angoissée, j'étais, comment dire, paniquée, paniquée par ce qui se passait, par ce qui nous arrivait, je n'aurais jamais imaginé qu'une chose pareille puisse survenir, que l'armée nous tirerait dessus..

J'ai entendu des voix qui criaient : "arrêtez! arrêtez! ne tirez plus! ", plusieurs fois. Mais malheureusement ça continuait. J'avais pratiquement la tête contre le mur du crédit foncier, et je regardais ces impacts de balles s'enfoncer dans le mur. Et puis d'un seul coup la fusillade a cessé comme elle avait commencé.

Des gens se sont levés, ils sont partis en courant. Moi, malheureusement, je n'arrivais pas à bouger, j'étais ankylosée. Tant bien que mal, en m'agrippant au mur, j'ai réussi à me soulever. Je me suis redressée sur mon pied gauche, la jambe pendante. J'avais reçu aussi une troisième balle et elle m'avait cassé le fémur en traversant la jambe. J'avais réussi à me redresser et j'ai essayé de me sauver. J'ai sauté avec un seul pied par dessus les cadavres, par dessus les personnes qui avaient été tuées, il y en avait beaucoup contre le Crédit foncier. A un moment donné je me suis arrêtée parce que j'avais vu une femme, une femme avec les cheveux blonds courts, avec un manteau blanc et cette femme, je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas eu le courage de sauter par dessus. Elle était à plat ventre, elle ne bougeait pas. Je l'ai contournée, en sautant toujours sur un pied et je me suis dirigée vers l'entrée de la porte du Crédit foncier.

Il y avait déjà des personnes agglutinées donc je ne pouvais pas me mettre à l'abri, j'ai continué à sauter en me dirigeant vers le centre de tri. Arrivée à hauteur du boulevard Bugeaud, il y avait un cordon de C.R.S. ou de gardes mobiles.

Quand je les ai vus j'ai pris peur, j'ai voulu courir, j'ai posé mon pied droit par terre, enfin ce qu'il en restait. Mon pied a glissé et je me suis affalée. Je n'avais plus de force, il m'a été impossible de me relever. Je me suis assise avec difficulté j'ai tourné le dos au cordon de police, car j'avais peur de les regarder, je ne voulais pas voir s'ils me tiraient dessus, donc je leur tournais le dos.

J'ai entendu la voix de ma soeur Annie qui m'appelait. Je lui ai répondu en lui disant où j'étais. De l'endroit où elle se trouvait (à hauteur du crédit foncier), elle m'a crié : "Ils ont tué Renée! Renée est morte! Elle ne bouge plus. "J'ai cru à ce moment là que tout s'obscurcissait, tout devenait gris, quelque chose me tombait dessus. On dit souvent bêtement qu'on a l'impression que le ciel nous tombe sur la tête, c'est ce que j'ai éprouvé, une oppression énorme, une angoisse encore plus insupportable. Et puis j'ai eu mal, j'ai eu très mal, j'ai eu l'impression que ma vue même s'obscurcissait...

 


ANNIE CAZAYOUS, EPOUSE FONTAS

(une soeur décédée, elle même était dans la manifestation )

"Je suis la dernière née d'une famille de trois filles. La cadette, Jacqueline, avait vingt ans et moi seize ans et demi. Nous étions très proches bien sûr.

Le 26 mars 1962, nous désirions témoigner notre solidarité aux habitants de Bah-El-Oued. Ma mère a décidé que nous participerions à la manifestation prévue en début d'après-midi.

Ma mère, Jacqueline et moi-même avons quitté notre appartement rue Daguerre un peu avant 14 h 30, sans éprouver d'inquiétude, nous ne pensions vraiment pas courir un danger. Rue Michelet, nous avons rencontré quelques barrages militaires composés en grande partie de musulmans, ce qui était inhabituel. Ces hommes nous ont paru bizarres, l'atmosphère était tendue, nous avons ressenti un malaise... mais pas au point de prendre peur et de renoncer à notre projet. Nous avons d'ailleurs facilement contourné ces barrages en passant par de petites rues. Nous avons rendu une visite rapide à des parents qui résidaient 57 rue d'Isly. Pourquoi sommes nous redescendues si vite ?

Nous avons pris, place dans le cortège. Au niveau de la rue Chanzy, il a été stoppé par un barrage de musulmans très armés. J'ai vu des fusils mitrailleurs, dont un monté sur pied. Nous étions coincés, impossible d'avancer plus, ni de reculer. Aucun affolement ne s'est produit, il n'y avait pas de cris, mais une drôle d'impression, une angoisse subite se sont emparées de la foule.

Je crois avoir entendu un coup de feu isolé. Immédiatement, la première rafale est partie, je ne saurais dire d'où, tout le monde s'est allongé par terre. Quelqu'un hurlait et répétait: "Cessez le feu ! Cessez le feu !"... En vain. Cela n'arrêtait pas et c'était vraiment un tir à tuer.

J'ignore comment j'ai été séparée de ma mère et de ma soeur. J'avais perdu mes chaussures, une balle a frôlé ma bague. On m'a poussée dans une entrée à gauche (53 ou 55 rue d'Isly). Il a fallu "escalader" des tas de corps. Les tireurs ont pénétré dans l'immeuble. Avec d'autres personnes affolées, nous sentant poursuivies, nous avons grimpé en courant jusqu'au dernier étage. Nous nous sommes réfugiés dans un appartement, chez un dentiste. J'ai attendu là, des heures, sans nouvelles des miens, jusqu'au moment où mon père est venu me chercher.

Ma mère et ma soeur étaient restées sur place, au milieu de la rue d'Isly, face à la rue Chanzy. On peut les voir, couchées à terre, sur un cliché paru dans "Paris Match". La légende évoque "une vieille femme et sa fille". Maman n'était pas une vieille femme, elle n'avait que quarante-sept ans. Elle a une veste noire, du sang coule de sa tête. Jacqueline est blottie contre elle, elle porte un ensemble bleu ciel et elle est coiffée avec des couettes.

Ma soeur avait reçu deux balles, dont une dans le cou. Elle a perdu son sang. Elle aurait été sauvée si on l'avait soignée tout de suite mais les secours sont arrivés bien trop tard pour elle. Une balle avait éraflé le dos de ma mère et une autre lui avait traversé la tête du côté droit. La blessure était très grave, le cerveau sévèrement atteint. Il a fallu la trépaner, elle est restée trois semaines dans le coma.

Ma mère a été rapatriée en avion sanitaire au mois de juin, paralysée du côté gauche et ne parvenant guère à parler. Elle a subi de longs mois d'une rééducation très dure à supporter. Plus tard grâce à sa force de caractère, elle a marché de nouveau un peu. Maman a souffert beaucoup et longtemps, jusqu'à sa mort.

Elle était pensionnée à 100 % et avait droit à l'aide d'une tierce personne. Il lui a fallu passer un grand nombre de fois devant des commissions médicales tatillonnes destinées à diminuer éventuellement son taux d'invalidité. La France se montre parfois assez pingre quand il s'agit d'accorder des dédommagements à ses victimes. La sécheresse, la brusquerie de certains médecins militaires chargés de l'examiner, la mesquinerie administrative de ces contrôles répétés l'éprouvaient toujours.

Le soir du 26 mars 1962, mon père a cherché dans les hôpitaux... Dans cette terrible épreuve, ce qui l'a peut être choqué le plus a été de trouver sa petite fille à la morgue, complètement dénudée, traitée sans respect. Nous n'avons pas obtenu la restitution du corps ni l'autorisation de donner à Jacqueline des obsèques correctes.

A Alger, malgré la guerre, nous étions des jeunes filles heureuses. Je me souviens de nos vacances chez ma grand-mère à Baïnem, la forêt et la plage, une joyeuse bande de treize cousines...

Du jour au lendemain tout s'effondre. C'est une coupure brutale, totale. Il faut s'habituer, faire avec."

 


M. BERRET

blessé

Avec toute la famille, nous partons. Les rues sont emplies de gens silencieux au visage tendu. Je pense à mes grands-parents, enfermés dans Bab-El-Oued depuis plusieurs jours. Les rumeurs les plus folles circulent. On ne sait plus discerner le vrai du faux. L'intox du fantasme...

Mais une chose est certaine, la vie y est difficile et le ravitaillement aléatoire. Quant à la violence des forces de l'ordre, chacun y va de son couplet.

Nous descendons du GG puis arrivons devant la grande Poste. Nous y rencontrons un premier barrage de l'armée. Je souris car ces soldats débordés semblent bien impassibles, voir débonnaires... funeste erreur! En vérité, c'est le premier acte du piège qui vient de tomber.

Je note que certains de ces soldats sont arabes. Je m'en étonne. La foule est immense, serrée dans toute la largeur de la rue d'Isly. Le silence est impressionnant: pas de slogans, pas de banderoles. Nous avons pour consigne de marcher sur le blocus de Bab-El-Oued. Sans armes... ce que déplore mon père, inquiet.

Avec ma famille nous arrivons à hauteur du "Milk Bar", et soudain c'est l'horreur qui éclate avec les premiers coups de feu. Sans aucune sommation. Ils semblent jaillir de toute part. Qui tire? d'où? Pourquoi? J'entends crier "halte au feu"... sans succès! Toutes ces questions défilent dans ma tête à la vitesse des détonations. En me jetant à terre j'ai le temps d'apercevoir des gens étendus sur la route et les trottoirs. Certains semblent touchés. Puis soudain une terreur folle traverse mon esprit : où sont mes parents? Sans ne plus penser à rien d'autre je me relève : une rafale de mitraillette passe au dessus de ma tête et fracasse la vitrine d'un magasin. Je tombe sous le poids de la vitre, cela me sauvant peut être et je protège mon visage de mes bras. Apercevant mes parents à l'angle de la rue, alors que profitant d'une accalmie la foule se redresse pour fuir, je cours vers eux.

C'est alors que du sang coule de la manche de mon pull-over et l'inonde tout entier. La peur, l'angoisse m'étreignent : où suis-je touché? On me pousse dans un couloir, on me déshabille, on me palpe. Ouf : ce n'est que le bras ; je ne peux plus bouger la main, un mouchoir sert de pansement et de garrot, car il faut arrêter le sang, qui a taché le manteau clair de ma mère.

Autour de moi on s'agite en tous sens, on ramasse les blessés, on ne sait s'il y a des morts. J'entends des sirènes. L'affolement est général..Un médecin ami viendra me chercher. Grâce à son macaron nous pourrons, franchir les nombreux barrages qui barricadent toutes les rues. A-t-on peur que les morts s'enfuient?

A l'hôpital, je ne sais plus lequel, on met quelques points de suture à mon avant-bras. Tout le personnel est sur le pied de guerre, prêt à, faire le maximum.

Sur le chemin du retour, c'est une ville en désordre que j'aperçois : des groupes de gens qui vont en tous sens avant de rentrer à la maison. Impression d'anarchie et d'hébétude, le ciel nous est tombé sur la tête. "Notre" armée nous a tiré dessus! On ne comprend plus rien. Qui a osé. faire ça??? C'est la déroute qui vient de nous emporter... et l'espoir semble être à jamais enfui! La certitude de l'abandon, de la trahison font aussi mal que le sang coulé. Ce n'est que le lendemain que j'apprendrai, avec Alger anesthésiée, les morts par dizaines.

C'en est fini de l'Algérie Française et l'exode commence... douloureuse histoire...

Quant à moi je suis pensionné "civil victime de guerre" à 10 %

Mais c'est une autre blessure qui subsistera en moi : celle de tous les morts oubliés, insultés, de ce 26 mars. Date anniversaire qui chaque année réveille ma mémoire et ma peine."

 


DOCTEUR L. CHIAPPONI

BAB-EL-OUED "Un centre de résistance de Pieds-Noirs encerclé par l'Armée Française, envahi de barbouzes, survolé par les hélicoptères!... Impossibilité pour ses habitants de sortir de chez eux, de se déplacer : maltraités, menacés, matraqués, ils n'avaient que la force, le courage, de se défendre, de lutter ! Pensons aux malades alités, aux vieillards, handicapés, aux enfants...

Quelle pouvait être la réaction de la population algéroise, dressée toute entière contre le comportement inqualifiable de leurs compatriotes, de ceux que la France leur avait adressés pour les libérer du joug FL.N. ?

L'ordre nous fut donné de nous rassembler, de nous diriger sur notre Bab-El-Oued, dans la dignité, le calme, afin de mettre un terme à ce scandaleux bouclage et rendre leur liberté à nos compatriotes, isolés du reste de la ville.

Nous avons tous répondu à cet appel. Une foule composée d'enfants, de femmes, d'adultes de to Ce même jour, déjà à leur poste, avant 13 heures, face au numéro 15 de la rue Michelet, de la terrasse de l'immeuble des Etablissements Bissonnet, (nous les avons vus) des militaires armés, pointaient leurs fusils mitrailleurs sur les locataires, qui de leurs balcons assistaient à la formation du cortège, leur faisant signe de se retirer... et à l'heure H... ces fusils crépitèrent, arrosant de leurs balles, la rue Michelet, les immeubles, les balcons !...

Les manifestants accouraient de partout. Le cortège s'organisa et se dirigea sur Bab-El-Oued.

Nous nous heurtâmes à deux barrages de militaires musulmans commandés par des officiers français.

Le premier, à hauteur de la Brasserie "Le Coq Hardi", le second à l'entrée de la rue d'Isly. Nous n'étions pas armés, seulement animés du plus pur patriotisme, autour des drapeaux français, aux cris de l'Algérie Française...

Au premier barrage, un officier interrogé sur l'esprit de ses hommes nous rassura. Les militaires nous cédèrent le passage.

Au deuxième, le cortège grossi "par les nouveaux arrivants du boulevard Laferrière", y rencontra une plus grande résistance. La foule poussée par ceux de l'arrière réussit à se libérer. Elle s'élança vers la rue d'Isly où l'espace libre du Carrefour Isly-Chanzy-Pasteur lui permit de se dégager, d'avancer. Les cris, le chant de la Marseillaise, se , firent plus intenses. Lorsque nous atteignîmes ce carrefour, une affreuse fusillade tirée dans notre dos nous décima.

On prétend qu'un coup de feu tiré d'un étage du numéro 64 de la rue d'Isly fut à l'origine de son déclenchement! Nous ne l'avons pas entendu. Nous n'avons malheureusement ressenti que la rafale tirée dans notre dos. La chute des malheureuses victimes, tête en avant, leur position ne pouvait que le confirmer. Nous aurions souhaité une salve tirée à blanc, ou recevoir des grenades lacrymogènes, comme cela se voit au cours des violentes manifestations actuelles, pourtant légales !... et appréciées !... Débandades, fuite éperdue des manifestants dans toutes les directions, heurtant du pied les blessés, les morts jonchant le sol. Cris, hurlements de cette foule, affolée, se précipitant vers les entrées d'immeubles, souvent fermées. Des appels de "Halte au feu !"... "Halte au feu !"... se mêlaient à ceux déchirants des martyrs.

Dans le couloir de l'immeuble de l'ex pharmacie du Soleil, les uns à plat ventre, les autres accroupis sur les marches d'escaliers, haletants, fixaient d'un regard éploré, hagard le fusil mitrailleur d'un militaire musulman braqué sur eux...

Arrêt momentané de la fusillade...

Au milieu de la rue d'Isly, d'un monceau de cadavres, une jeune femme se redressa péniblement, s'agrippant à eux, s'efforçant de s'en détacher...

La fusillade reprit de nouveau... Elle s'effondra !...

Enfin le CALME!...

Les premiers secours s'organisèrent, séparant les morts des blessés. Ceux ci furent dirigés en premier sur la Clinique Lavernhe, sur civières, précédées d'un porte drapeau blanc!...

Arrivés au pied du monument aux morts (ironie du sort) et conformément au règlement de la Croix Rouge Internationale... une nouvelle rafale éclata, visant porteurs, civières et blessés !

Ils se précipitèrent, s'allongèrent au pied de la murette du jardin, guidés par les gestes désespérés d'une infirmière de la clinique, postée au début des escaliers du Boulevard Laferrière.

Les fusils se turent de nouveau. Seuls les cris, les pleurs des survivants agenouillés auprès de leurs morts, de leurs blessés ou recherchant ceux dont ils avaient été séparés par cette fusillade...

Les ambulances transportèrent les rescapés à l'Hôpital. Les morts furent déposés devant l'entrée de la Banque "Le Crédit Foncier" où l'abbé Lecocq leur donnait l'absoute. Durant plusieurs jours, des gerbes de fleurs marquèrent cet emplacement sous la surveillance de Monsieur Santapau, Héros de notre Résistance, ce qui lui valut l'honneur, ou plutôt l'horreur, d'être enlevé, de disparaître à jamais...

Triste bilan de cette manifestation qualifiée par certains de "Kermesse Héroïque" - plus de 200 blessés et 80 tués! "Associons au souvenir de Monsieur Santapau, (enlevé quelques jours plus tard), celui de tous nos morts, de tous nos blessés, de nos compagnons d'armes, nos défenseurs, les Harkis" - Rappelons le sacrifice de notre confrère et ami le Professeur Massonnat, tué en portant secours aux blessés, celui de tous nos malheureux confrères lâchement assassinés, en leur Cabinet, par les consultants auxquels ils donnaient leurs soins dévoués, celui de ceux qui survécurent à leurs horribles blessures : qu'il nous soit permis de citer le nom de notre Cher Ami le Docteur Pierre Miquel. Nous ne les oublierons jamais. A nous de rappeler en ce jour sacré, leur dévouement, leur sacrifice. Ils ont toujours en toutes circonstances mis l'accent sur le rôle primordial de leur présence humaine effective auprès de leurs patients quelle que soit leur classe, leur race, leur religion. Non, Monsieur Malraux - malgré toute la considération que nous vous portons, nous ne sommes pas de votre avis : Nous avons été Gaullistes, nous ne le sommes plus, nous ne le serons jamais plus.. Nous n'oublions pas.

 


MADAME BIES

"Malgré tant d'années le souvenir du cauchemar de cette journée du 26 mars est encore bien présent. C'est avec ma belle-fille que j'étais partie pour la manifestation pour Bab-El-Oued. Au milieu de la rue d'Isly, alors que nous marchions bien tranquillement, une fusillade éclate semant une grande panique et nous ne comprenons rien à cette horreur. Des gens fauchés partout, du sang partout, des cris, des hurlements de douleur. Des gens ont cassé la vitrine d'une grande pharmacie, ma belle-fille et moi, nous nous sommes mises à l'abri. Quelle horreur !...

Une jeune femme et sa petite fille étaient mortes au milieu de la rue devant cette pharmacie et les hurlements des sirènes des ambulances étaient sinistres. Mon mari était bien plus loin et avait pu lui aussi se mettre à l'abri.

Quand on a pu revenir, la rue d'sly était en sang et jonchée de blessés et cadavres, c'était insoutenable. Au bas des escaliers de la rue Lacépède, là, c'était un ruisseau de sang, il a fallu que nous marchions dedans pour rentrer à la maison. Là, au bas de ces escaliers, que de morts! ... que de sang! ... Malgré tant d'années je vois encore ces atrocités qu'il est impossible doublier."

 


Y. PLEVEN

Parti de mon domicile au Plateau Saulière après déjeuner, vers deux heures moins le quart, je suivais la rue Michelet depuis sa jonction avec le boulevard Victor Hugo. La foule était bon enfant, des toilettes claires, des cols ouverts... Les femmes se donnaient le bras à deux ou trois. Une multitude ? Non, plutôt un courant de personnes allant par petites vagues comme pour se rendre à un spectacle public, aux illuminations d'un 14 juillet, à une revue de onze novembre. On ne pouvait y déceler la plus petite provocation. Sur la médiane de la rue Michelet se trouvait un militaire algérien en armes et tenue de combat. Je me souviens fort bien qu'il avait l'air inquiet.. Du haut de la descente de la rue Michelet qui s'amorce, quand on quitte le Plateau Saulière, entre la rue Bourlon et la rue Richelieu, on pouvait en apercevoir d'autres, toujours sur la médiane. les gens progressaient en s'écartant, respectant leur station.

Des groupes quittaient la rue Michelet pour descendre par la rue Richelieu vers le carrefour de l'Agha, prendre le Boulevard Baudin et de là, par le Boulevard Carnot, gagner le Boulevard de la République pour arriver à Bab-El-Oued par le front de la mer. C'est un chemin plus agréable que celui qui mène rue d'Isly par la Grande Poste. Je me mêlais à ce nouveau courant. C'est alors que pour rassurer les miens sur l'allure paisible de la manifestation, en passant devant le Mauretania, je décide de faire un tour au bureau et de téléphoner à la maison. En arrivant, j'observe que des gendarmes mobiles, l'arme au pied, flanquent sur trois rangs l'entrée de la cour à droite, barrant à moitié l'avenue de la Gare. Ils sont une trentaine environ. Je me souviens fort bien, la disposition est-t-elle que je dois longer leur premier rang comme pour les passer en revue, ce qui n'a pas l'air de leur plaire.

Arrivé au bureau, c'est-à-dire au second étage, mais qui domine la rampe Chassériau de 25 à 30 mètres étant donné la dénivellation, je téléphone, puis le temps de prendre connaissance de quelques télex arrivés pendant l'heure de déjeuner, l'énorme vacarme d'une rafale de tir automatique me cloue sur place. Elle vient de la rampe Chassériau. Placé comme je suis, n'ayant de vue que sur la mer, je file le long du couloir intérieur de l'immeuble qui dessert les locaux ouvrant sur les deux façades et tente de voir par les claustras du pignon qui domine la rampe. Une vingtaine de C.R.S. courent pour sauver leurs vies et s'engouffrent dans un immeuble à gauche en descendant vers les quais. C'est le seul semble-t-il qui ait sa porte d'entrée ouverte. Sans attendre, deux d'entre eux en sortent allumant une cigarette, l'arme à la main, cherchant un tireur qu'ils n'arrivent pas à localiser. Je ne peux pas apercevoir le haut de la rampe, les claustras ne permettent que 40degré d'angle de vision environ de chaque côté. Une rumeur s'amplifie venant du carrefour. Les C.R.S. ne bougent pas, puis rassemblés, remontent vers le Boulevard Baudin. Je les perds de vue. Il est entre deux heures et demie et trois heures moins le quart. La rampe si passante à cette heure est déserte. Elle le sera jusqu'à la nuit. Regagnant mon bureau, j'appelle chez moi, on me rassure tout le monde est à la maison. Au téléphone, j'apprends que le carrefour est interdit à la circulation, et qu'on a tiré aussi à la Grande Poste. Des sirènes d'ambulances se dirigeant vers l'Hôpital de Mustapha hurlent au carrefour. On les laisse donc circuler ? Puis un grand silence tombe sur l'immeuble, sur tout le quartier qui devient étonnamment calme. Les cars de passagers d'Air France, les porteurs de bagages, les agents de la section de fret ont dû interrompre leurs activités, on n'entend plus les rumeurs habituelles... Je suis le seul bloqué au second étage. Des nouvelles circulent par téléphone, on ne saura qu'en fin d'après-midi ce qui s'est passé en ville: presqu'au même moment, la foule avait été mitraillée à la Grande Poste par les militaires. On dénombrait environ cent victimes.

Un peu avant six heures, je me hasarde dans la cour pour rentrer chez moi par la rue Richelieu. Un camarade d'Air France m'en dissuade "Regarde... ". En effet, un passant tente de filer par le Boulevard Baudin vers le Grande Poste, il est vivement pris à partie par une personne du Commissariat Central qui l'oblige à retourner dans l'autre sens et lui applique un coup de poing sur la nuque. Le passant revient en longeant la façade des Ets. Barnabé. Les escaliers qui contournent le petit kiosque à journaux entre le Boulevard Baudin et la rue Charras sont couverts de sang. Quelqu'un a été tué. Un corps est recouvert de papier d'emballage. On me dit que c'est une femme. Le lendemain le corps a été enlevé, des arums recouvrent le sang caillé.

Comme le carrefour est interdit, je dois faire le grand tour par la route Moutonnière, gagner la rampe Poiret pour arriver chez moi par le Champ de Manoeuvre. C'est là que j'apprends la gravité de la situation. En effet, je n'ai rencontré personne en route. La ville est en état de choc."

 


G. DALEAS

blessé, Agé de 23 ans, M. Daléas était un instituteur métropolitain,

"Le 26 mars 1962, je me trouvais à Alger par hasard. Venant de Fort National en Kabylie, où j'enseignais à des enfants musulmans dans un camp militaire, je désirais me rendre en métropole pour rejoindre mes parents. Dans les bureaux d'Air France au Maurétania, on m'apprit qu'aucun avion n'était prévu au départ. J'étais donc provisoirement bloqué à Alger. Je pris une chambre d'hôtel dans le quartier, au début de la rue Charras.

Vers 14 heures, je fis une promenade en ville. J'ignorais qu'une manifestation devait se produire. Je vis tout un "remue-ménage", de nombreux barrages militaires très armés encombraient les rues et l'atmosphère me parut tendue. Je retournai à mon hôtel, décidé à y passer l'après-midi, mais je n'avais rien à lire et, craignant de m'ennuyer, je ressortis dans l'intention de me procurer rapidement un journal ou un livre. Dans ce quartier tout semblait calme et je ne m'inquiétai pas. Je me trouvais à l'angle du Boulevard Baudin et de la rue Charras. Tout à coup des C.R.S. se déployèrent en courant de chaque côté du trottoir, s'embusquant derrière les arbres, s'agenouillant en position de tir.

Sans aucune provocation, sans sommations, ils ouvrirent subitement le feu sur les gens qui se trouvaient dans la rue, sur les femmes, sur les enfants. C'était terrifiant et révoltant, incompréhensible. On m'a dit plus tard que des C.R.S. avaient été blessés ou tués. Pour moi, je ne vis personne les attaquer. En fait, deux barrages de C.R.S. se faisaient face à quelque distance, l'un Boulevard Baudin, l'autre avenue de la Gare. Ils tirèrent ensemble sur la foule, en tir croisé, et un peu dans tous les sens. Je suis persuadé qu'ils se sont blessés les uns les autres involontairement. Plus tard, à l'hôpital, j'en ai témoigné devant des policiers. Je n'ai plus jamais entendu parler de mes déclarations et je crois qu'on n'en a tenu aucun compte.

J'ai été rapidement blessé à l'abdomen. Je me suis glissé sous une voiture pendant que la fusillade continuait à faire rage. Quand le feu a cessé je me suis relevé, je voulais regagner mon hôtel, tout proche, mais je suis tombé. Il y avait plusieurs victimes, des gens se précipitaient pour porter secours, un prêtre est venu me bénir. Les propriétaires de l'hôtel se sont occupés de moi, ils ont arrêté un camion, on m'a chargé sur une civière et emmené tout de suite.

Ce camion devait venir de la rue d'Isly. Nous étions entassés les uns sur les autres, mélangés, dans le sang. Le véhicule s'est encore arrêté pour prendre un homme gravement atteint, il est mort près de nous.

A l'hôpital nos brancards ont été déposés sur le sol, alignés. Quelqu'un a déclaré en me montrant : "Celui-là, ça presse !" On m'a dirigé vers une salle d'opération. J'ai été déshabillé. Avant de m'endormir, j'ai entendu le chirurgien dire : "Il n'y a plus une goutte de sang dans l'hôpital". Heureusement, quand je me suis réveillé on m'a appris que de nombreux Pieds-Noirs s'étaient présentés en une demi-heure pour donner leur sang.. Mon état était grave, j'avais cinq perforations intestinales. Pendant cinq ou six jours on n'a pas su vraiment si je survivrais.

Alger vivait un drame effroyable, je m'y sentais mal et j'avais hâte de retourner chez moi, mais je ne possédais plus ni papiers ni argent. Les infirmières se montrèrent très gentilles. L'une d'entre elles m'emmena en voiture à l'aéroport, en vain, elle dut me ramener. Une autre prit le relais, et cette fois-ci je parvins à me faufiler, sans pièces d'identité et sans billet dans un avion qui rejoignait Toulouse. J'empruntai un peu d'argent à une hôtesse et je téléphonai à mon père. Il vint me chercher mais quand il se présenta face à moi il ne me reconnut pas tant j'étais changé et amaigri.

Pendant des années, je n'ai pu rencontrer de C.R.S. sans éprouver une vive émotion faite de crainte et de colère ".

 


MONSIEUR ET MADAME JOBIN

 Partant en retard de notre domicile, 2, rue du Cdt Dagnaux, ma femme a d'abord discuté avec un garde mobile en poste en haut de la rue Lacépède, lequel lui a dit : vous verrez cela sera encore pire qu'à Bab-El-Oued" Savait-il quelque chose ?? Arrivant au coin de l'avenue Pasteur elle a vu un détachement de tirailleurs algériens en faction, ayant l'inscription : « W4 » (sans doute Willaya 4) sur les casques. Se joignant à la foule elle est arrivé à hauteur du Bon Marché, devant le photographe Delorme lorsqu'elle a entendu le début de la fusillade. Les jeunes gens du service d'ordre se trouvant là ont obligés toutes les personnes du cortège à se ranger immédiatement le long des murs et des immeubles. Mon épouse a réussi à joindre la rue Généraux Morris du côté du XIX Corps d'Armée et entrer dans un immeuble d'ou elle a pu, chez un locataire, nous téléphoner pour nous rassurer. Elle a ensuite gagné le Commissariat du Gouvernement Général, rue Berthezène. Là , il a fallu l'intervention des agents de police pour qu'avec d'autres personnes elle puisse regagner notre domicile, les Gardes mobiles menaçant de tirer sur celles qui avanceraient vers eux" Voici ce qu'elle a pu voir et constater au cours de cet aprés-midi tragique du 26 mars 1962;

 


MADAME BENOIS ET D'ANNE-MARIE GERARDIN, SA FILLE

Madame Benois et sa fille, alors âgée de 19 ans, se sont enfuies vers la Place Bugeaud dès le début de la fusillade.

Le 26 mars 1962, nous nous sommes rendues à la manifestation en faveur des habitants de Bab-El-Oued. Nous étions accompagnées de notre fils et du jeune frère Pierre et d'un de ses camarades, tous deux âgés de seize ans. Nous voulions simplement montrer notre sympathie à ces pauvres gens assiégés qui ne pouvaient même plus enterrer leurs morts. Venant de notre domicile, rue Meissonnier, nous sommes passés par la rue Michelet. Les "barrages" militaires que nous avons rencontrés n'étaient pas de vrais barrages, ils n'ont rien fait pour nous interdire d'aller plus loin. Nous nous sommes donc trouvés place de la Poste un bon moment avant 15 h, heure prévue pour la manifestation. Pierre insistait pour que nous restions là jusqu'à 15 h, nous ne l'avons pas écouté, heureusement. Le cortège s'était déjà ébranlé et nous y avons pris place. Nous tenons à en témoigner, la manifestation était absolument pacifique, la foule était trés calme, on n'entendait aucun slogan. Personne n'était armé, nous en sommes sûres. A l'entrée de la rue d'Isly, nous avons remarqué un groupe de militaires musulmans d'allure effrayante. Anne-Marie : J'étais inquiète et j'ai demandé à l'un de ces soldats la permission de passer. Il m'a répondu : "Ti passes, ti passes, dépèche-toi!" Il me semble que j'entends encore sa voix. Nous étions arrivés en face du Bon Marché quand la fusillade a éclaté derrière nous. Nous avons couru et nous avons perdu les garçons. Anne-Marie : Ma mère est tombée et s'est légèrement blessée au genou. Moi, j'ai perdu mes chaussures. Je les ai d'ailleurs retrouvées au retour. Nous sommes arrivées à la caserne Bugeaud. Avec d'autres personnes nous avons demandé aux militaires d'ouvrir les portes pour nous mettre à l'abri. Ils ont refusé de nous accorder ce secours. Nous nous sommes réfugiées rue Mogador dans un couloir. Nous sommes ensuite retournées rue d'Isly où nous avons retrouvé Pierre. Son petit camarade s'était trouvé prés de la guérite de la caserne, cherchant un asile. La sentinelle l'avait pris en pitié et lui avait dit : "Cache-toi ici, mais dépèche-toi, je n'ai pas le droit de t'aider." Nous avons marché rue d'Isly au milieu des blessés, des morts, du sang. Un médecin nous a parlé un instant de l'horreur de ce qu'il découvrait. Madame Benois : Nous sommes allés chez ma soeur, 47, rue d'Isly, au dernier étage. De là, nous regardions la rue.

 


MARIE-LOUISE SEIBERRAS

cousine de Guy Mazard

Le 26 mars 1962, en début d'après-midi, mon jeune cousin germain, Guy Mazard, passa me voir et insista pour que j'aille avec lui à la manifestation en faveur des habitants de Bab-El-Oued. Comme j'étais dans l'impossibilité de l'accompagner, il s'y rendit, avec son père, et laissa sa voiture rue Edgar Quinet, près de chez moi, car il craignait que les 'forces de l'ordre" ne lui fassent subir des dégâts. Il ne pensait évidemment pas prendre lui-même des risques graves.

Dans la soirée, ma tante m'appela et je n'entendis qu'une phrase : "On m'a tué mon fils! ".

Bien que nous ayons pu ramener le corps à son domicile, les obsèques de Guy se déroulèrent à la sauvette. Le chanoine Lecoq vint donner une bénédiction à la maison car on nous avait interdit l'église. Au cimetière un petit détachement de militaires bien indifférents à notre douleur nous surveillait. Un jeune officier se permit d'avertir : "Attention, pas de manifestations !". ulcéré, mon oncle répondit : "Foutez-moi la paix ! Laissez-moi enterrer mon fils... ou je vous mets dans le trou avec lui."

 


BERNADETTE MALINCONI

 J'étais accompagnée par mon mari qui a été entraîné vers l'immeuble du Crédit Foncier aux premiers coups de feu (son témoignage).

Notre ami Guy Mazard, tué sur les escaliers de la Grande Poste, était à côté de moi et a cherché à se mettre à l'abri. Les escaliers lui ont été fatals. Il était une cible trop visible.

Moi, je me suis allongée tout de suite au sol à l'abri dérisoire du trottoir des abris bus.

C'est la première fois que j'écris ce que j'ai vécu. Je ne peux l'exprimer. J'avais 21 ans et après 31 ans c'est toujours là

 


ANDRE BERRET

blessé

Avec toute la famille, nous partons. Les rues sont emplies de gens silencieux au visage tendu. Je pense à mes grands-parents, enfermés dans Bab-El-Oued depuis plusieurs jours. Les rumeurs les plus folles circulent. On ne sait plus discerner le vrai du faux. L'intox du fantasme...

Mais une chose est certaine, la vie y est difficile et le ravitaillement aléatoire. Quant à la violence des forces de l'ordre, chacun y va de son couplet.

Nous descendons du GG puis arrivons devant la grande Poste. Nous y rencontrons un premier barrage de l'armée. Je souris car ces soldats débordés semblent bien impassibles, voir débonnaires... funeste erreur! En vérité, c'est le premier acte du piège qui vient de tomber.

Je note que certains de ces soldats sont arabes. Je m'en étonne. La foule est immense, serrée dans toute la largeur de la rue d'Isly. Le silence est impressionnant: pas de slogans, pas de banderoles. Nous avons pour consigne de marcher sur le blocus de Bab-El-Oued. Sans armes... ce que déplore mon père, inquiet.

Avec ma famille nous arrivons à hauteur du "Milk Bar", et soudain c'est l'horreur qui éclate avec les premiers coups de feu. Sans aucune sommation. Ils semblent jaillir de toute part. Qui tire? d'où? Pourquoi? J'entends crier "halte au feu"... sans succès! Toutes ces questions défilent dans ma tête à la vitesse des détonations. En me jetant à terre j'ai le temps d'apercevoir des gens étendus sur la route et les trottoirs. Certains semblent touchés.

Puis soudain une terreur folle traverse mon esprit : où sont mes parents? Sans ne plus penser à rien d'autre je me relève : une rafale de mitraillette passe au dessus de ma tête et fracasse la vitrine d'un magasin. Je tombe sous le poids de la vitre, cela me sauvant peut être et je protège mon visage de mes bras. Apercevant mes parents à l'angle de la rue, alors que profitant d'une accalmie la foule se redresse pour fuir, je cours vers eux.

C'est alors que du sang coule de la manche de mon pull-over et l'inonde tout entier. La peur, l'angoisse m'étreignent : où suis-je touché? On me pousse dans un couloir, on me déshabille, on me palpe. Ouf : ce n'est que le bras ; je ne peux plus bouger la main, un mouchoir sert de pansement et de garrot, car il faut arrêter le sang, qui a taché le manteau clair de ma mère.

Autour de moi on s'agite en tous sens, on ramasse les blessés, on ne sait s'il y a des morts. J'entends des sirènes. L'affolement est général.

A l'hôpital, je ne sais plus lequel, on met quelques points de suture à mon avant-bras. Tout le personnel est sur le pied de guerre, prêt à, faire le maximum.

Sur le chemin du retour, c'est une ville en désordre que j'aperçois : des groupes de gens qui vont en tous sens avant de rentrer à la maison. Impression d'anarchie et d'hébétude, le ciel nous est tombé sur la tête. "Notre" armée nous a tiré dessus! On ne comprend plus rien. Qui a osé. faire ça???

C'est la déroute qui vient de nous emporter... et l'espoir semble être à jamais enfui! La certitude de l'abandon, de la trahison font aussi mal que le sang coulé. Ce n'est que le lendemain que j'apprendrai, avec Alger anesthésiée, les morts par dizaines.

Après un mois de "main inutilisable" et paralysée on m'opérera aux Glycines (je crois) où le chirurgien fera un miracle en recousant chacun des tendons coupés par, je suppose, le bris de la vitrine. Et retrouvant presque la totale mobilité j'irai poursuivre la rééducation à Paris où l'on admirera le travail du chirurgien Pied Noir. Nous sommes le 22 juin et... après des heures d'attente... mon père a réussi a obtenir une place dans l'avion pour la capitale.

C'en est fini de l'Algérie Française et l'exode commence... douloureuse histoire...

Quant à moi je suis pensionné "civil victime de guerre" à 10 %

Mais c'est une autre blessure qui subsistera en moi : celle de tous les morts oubliés, insultés, de ce 26 mars. Date anniversaire qui chaque année réveille ma mémoire et ma peine."

 


 

 MME DUPUY  (mari décédé le 26 mars) (extrait livre interdit)

Brutalement la fusillade avait éclaté. Affolés nous avons cherché une entrée d'immeuble. Un moment nous avons été séparés par la cohue. Quand j'ai aperçu mon mari, il était couché sur le dos. Pour protéger son visage, pendant que la fusillade continuait, je me suis couchée sur lui. Quand j'ai pu enfin lui parler parce que la foule était enfin dispersée et à l'abri dans les couloirs des immeubles. Je me suis relevée et j'ai constaté qu'il ne pouvait pas se relever. Je lui ai alors demandé s'il souffrait, il m'a répondu : « Je suis blessé ». Je lui ai demandé : « Par une balle perdue alors ? ». Il a dit : « Il m'a visé et tiré ». J'ai demandé de l'aide. La fusillade continuait. Un officier criait au dehors « Arrêtez ». Cet ordre n'a pas été suivi. Il a fallu attendre longtemps que les pompiers puissent passer.

J'ai vécu un véritable calvaire. Ce n'est que le lendemain à l'ouverture de l'hôpital que j'ai pu retrouver son corps. Malgré toutes les multiples démarches, tant à la Croix-Rouge qu'auprès d'un prêtre, je n'ai rien pu obtenir pour emporter le corps de mon mari. Ce n'est que le 28 que j'ai retrouvé son corps au dépositoire du cimetière de Saint-Eugène.

 


 

M MESQUIDA  (épouse décédée le 26 mars 1962)

            Et puis, avec la soudaineté d'un éclair, l'affreux Uranie a éclaté. Un tir extrêmement nourri provenant d'armes automatiques de toutes sortes nous arrosa, nous tous qui étions là ; nous nous jetâmes violemment sur la chaussée parmi les cris de «couchez-vous» que certains d'entre nous faisaient entendre. Et le tir aussi continua, toujours dirigé contre nous. Je me trouvais à cinquante centimètres de mon épouse et de mon oncle. Un homme était couché contre moi, son corps me masquait l'entrée de la rue d'Isly. Mais je voyais sur le trottoir où se trouve le café «  Le Derby », plusieurs soldats musulmans. J'en voyais plusieurs. Mais je n'en regardais qu'un. J'étais horrifié car la scène à laquelle j'assistais dépassait les limites de l'horrible. Cha­que fois qu'un cri de douleur s'élevait de cette masse de corps allongés, ce soldat musulman, revêtu de l'uniforme français, cette bête immonde, en ricanant, en insultant,  dirigeait vers l'endroit d'où semblait venir le cri de douleur, le tir de son pistolet-mitrailleur. C'était affreux ; c'était épouvantable ; c'était abominable. Nous vécûmes ainsi durant de longues minutes un affreux cauchemar. Et, à ce moment, j'entendis mon oncle appeler ma femme : « Jean­nine, Jeannine, vous êtes touchée ? » La malheureuse mar­tyre venait d'être foudroyée. J'apercevais son corps, ses pieds à quelques centimètres de ma figure… Et je voyais toujours cet abominable monstre qui continuait  à  cracher la mort. La balle qui venait de frapper ma femme provenait-elle de son arme ? Il res­semblait à un arroseur municipal qui arrose consciencieu­sement la chaussée.

Mais un tel crime, est-il possible qu'il reste impuni ?

            Vous, officiers français, remuez ciel et terre afin de savoir quelles étaient ces bêtes féroces, revêtues d'un uni­forme français, qui se trouvaient à l'entrée de la rue d'Isly et qui ont assassiné sans arrêt. Sachez, officiers français, cet horrible détail qui risque de salir pour l'éternité vos uniformes. Cette martyre, mon épouse, était une métro­politaine originaire de Cozes (Charente-Maritime). Elle était venue en 1946 en Algérie, où sont nées mes quatre petites filles. Epouse d'un grand mutilé, grièvement blessé en participant à la libération de la métropole, cette métro­politaine a été tuée par les balles françaises.

Alfred MESQUIDA,

Instituteur, Né le 19-7-1925 à Alger, Grand mutilé de Guerre 100 %

Chevalier de la Légion d'honneur, Médaillé militaire,

cité à l'ordre de l'Armée le 19 avril 1945 par M. le Général de Gaulle, Chef du Gouvernement de la République Française.

VOIR LE BLOG DE L'ASSOCIATION DES FAMILLES DES VICTIMES

 Retour 26 mars 1962. 

Posté par popodoran à 13:27 - Commentaires [1] - Permalien [#]

ORAN 1900 COLLECTION J.C PETRONIO

Notre ami Algérois Jean-Charles Pétronio, de Revel, nous a transmis ces extraordinaires et inédites vues d'Oran des années 1900 qui font partie de l’album photos de son grand-père Mr Maréchal du bureau des Affaires Indigènes d’Oran.

Georges vieville

 

ORAN-01

ORAN-02

ORAN-03

ORAN-04

ORAN-05

ORAN-06

ORAN-07

ORAN-08

ORAN-09

ORAN-10

ORAN-11

ORAN-12

ORAN-13

ORAN-14

ORAN-15

ORAN-16

ORAN-17

ORAN-18

ORAN-19

ORAN-20

ORAN-21

ORAN-22

ORAN-23

ORAN-24

ORAN-25

ORAN-26

ORAN-27

ORAN-28

Retour photos A.F.N.

Posté par popodoran à 22:00 - Commentaires [4] - Permalien [#]


"MIEUX VAUT L'ICONE QUE LE VRAI!"

            MANDELA Nelson Rolihlahla dit Madiba du nom de sa tribu (18.07.1918-05.12.2013) né à Mvezo (Afrique du Sud, mort à Johannesburg -Acquitté lors du procès pour trahison, il lance aussitôt une grève nationale pour les 29, 30 et 31.03.1961. Le 21.05.1961, il donne sa première interview à la télévision: "Il y a de la place pour toutes les races dans ce pays.". (1). Dès juiin 1961, Mandela est chargé de l'organisation militaire de la branche de l'African National Congress "ANC". L'Agence officielle Algérie presse service "APS" note: "Lors de sa visite au Maroc en 1961, Mandela passa "plusieurs jours avec le représentant du "GPRA", le docteur Chawki Mostefaï...Deux jours plus tard, Mandela a été invité à assister à un défilé militaire en l'honneur de l'ancien président A. Ben Bella, à sa libération de prison.". (2)  Erreur, mensonge, manipulation, les trois, car, tout d'abord, C. Mostefaï, du 26.11.1960 au 07.03.1962, était le chef de mission de la représentation diplomatique algérienne à Rabat puis, il sera nommé chef de groupe des délégués de l'Exécutif provisoire algérien "EPA". A Rabat, Mosteafaï avait de lourds dossiers à traiter comme les relations franco-marocaines, le Sahara et, en Algérie, il avait la charge de la préparation de l'autodétermination et des négociations "FLN-OAS" que lui avait confiées le "GPRA". C. Mostefaï, aujourd'hui vivant, qui gère son site, n'a jamais évoqué N. Mandela ni fait de commentaire à l'occasion de son décès.

            De Fait, Mandela n'a jamais été en Algérie en 1961 et, comme il l'écrit lui-même, il quittera par le train Rabat, avec Hamilcar Cabral, le 18 mars pour arriver à Oujda le 19.03.1962 au matin. Ce 19 mars, accompagné de Robert Reisha (futur représentant de l'ANC), Mandela est accueilli à la gare par Nourredine Djoudi dit Abdelhamid, chef de section politique de l'ALN et anglophone. Puis, Mandela sera dirigé à Zegangan, base d'instruction de l'ALN, près du Maroc espagnol (Nador). (3)  Nourredine Djoudi, à propos de l'entraînement militaire de Mandela, confie à Slimane Zeghidour de "TV5 Monde", le 21.06.2013: "Comme il passait assez peu de temps avec nous, pour la première fois, on lui a appris à manier des armes de guerre, les mines et leurs impacts sur les combattants. Ce n'était pas une formation en profondeur proprement dit, c'était une instruction générale qu'un futur dirigeant d'une armée se doit de connaître...Il sera hébergé au Maroc, dans une ferme d'orangers appartenant à un Algérien...".

N Mandela during his stay in Algeria in 1962 for military

            Ensuite, le seul défilé militaire auquel a assisté Mandela, à l'invitation de A. Ben Bella (4) , s'est déroulé après celui effectué à Rabat, aux côtés du Roi du Maroc Hassan II, le 28.03.1962, puis, ensuite à Oujda pour passer en revue les troupes de l'ALN, avec le colonel H. Boumediene et Rabah Bitat. D'ailleurs, même Claude Lanzmann, invité aussi par Ben Bella, était présent. Se confiant au journaliste Stéphane Bou, Lanzmann se souvient: "J'ai été invité à Rabat par Ben Bella quand il a pris le pouvoir (!). Il passait les troupes en revue, en leur disant: "Vous êtes notre sang.". (5)  En 1962, il voyagera avec un passeport éthiopien, sous la fausse identité de David Motsamamayi. En 03/1962, sa visite à Oujda (Maroc) a eu lieu une seule fois pour une visite au "FLN"-"ALN". Et, c'est là, son unique séjour aux côtés des Algériens de l'ALN, avant sa longue incarcération. Selon le site de "La Fondation Mandela", on relève que: "Le 11.01.1962, sous le nom d'emprunt de David Motsamayi, Nelson Mandela quitte l'Afrique du Sud secrètement. Il fait une tournée africaine et visite l'Angleterre pour avoir du soutien pour la lutte armée. Il a reçu une formation militaire au Maroc (dans las camps de l'ALN) et en Ethiopie, puis, revient en Afrique du Sud en juillet 1962. Il fut arrêté à un barrage de police à l'extérieur de Howick, le 05.08.1962, alors qu'il revenait du Kwazulu-Natal où il s'est entretenu avec le président en chef dee l'ANC, Albert Luthuli, à propos de son voyage.".

            Ainsi, Mandela côtoiera très peu de temps l'armée algérienne au Maroc, contrairement aux affabulations de journalistes incultes ou formatés, adeptes du "copier-coller". Entre le mois d'avril et juillet 1962, Mandela revenait vers l'Afrique du Sud, en passant par d'autres pays. Mandela est donc resté, tout au plus, trois semaines au Maroc. Il était donc au Mali, en avril 1962. Il séjournera au Grand Hôtel de Bamako. A cette occasion, le pan-Africain Modibo Keïta lui promet l'aide de l'Etat malien. Une certitude, Mandela n'a pas assisté à la crise de l'été 1962, lors de l'indépendance algérienne. Il n'a jamais mis les pieds sur le sol algérien avant 1990.

ABenBella-N Mandela-H Boumediene Maroc mars 1962

A. Ben Bella, N. Mandela, H. Boumediene au Maroc en mars 1962

           Arrêté le 05.08.1962 par un barrage de police à l'extérieur de Howick, alors qu'il revenait du KwaZulu-Natal après s'être entretenu avec le président en chef de l'ANC, Albert Luthuli, à propos de son voyage. (6)  Le 07.11.1962, il est condamné à 5 ans pour avoir quitter le pays sans passeport. Il commence à purger sa peine à la prison locale de Pretoria: n° de prisonnier 19476/62. Le 27.05.1963, il est transféré à Robben Island. Le 12.06.1963, il est transféré à la prison locale de Pretoria: n° de prisonnier 11657/63. Ouverture du procès, le 09.10.1963. Lors du procès "Rivonia", le 20.04.1964, il assure sa propre défense dont, ci-après, un extrait: "Ma tournée a été un succès. Partout où je suis allé, j'ai trouvé de la sympathie pour notre cause et des promesses d'aide. Toute l'Afrique était unie contre la posture d'une Afrique du Sud Blanche...En Afrique, il m'a été promis le soutien d'hommes tels que Julius Nyerere, président actuel du Tanganyika; M. Kawawa, alors Premier ministre du Tanganyika; l'Empereur Haile Sélassié d'Ethiopie, le Général Abboud, Président du Soudan; Habib Bourguiba, Président de la Tunisie; Ben Bella, Président de l'Algérie; Modibo Keïta, Président du Mali, Léopold Senghor, Président du Sénégak; Sékou Touré, Président de la Gunée; Président Tuman du Liberia et, Milton Oboté, Premier ministre d'Ouganda.". (6)

            Jusqu'à preuve du contraire, il n'existe aucun document dans lequel Mandela dit que "l'Algérie est sa seconde patrie"...Par contre, comme il le précise plus haut, il a été soutenu par beaucoup de pays africains. Nombreux sont les sites algériens et certaines presses qui fait dire que Mandela a déclaré, en 1990: "L'Algérie est ma seconde patrie !". Le 11.06.1964, il est coupable de sabotage. Le 12.06.1964, il est condamné à perpétuité. Le 13.06.1964, il est transféré à Robben Island. Le 31.03.1982, il est transféré à la prison de Pollsmoor: numéro de prisonnier: 220/82. Le 08.07.1985, depuis la prison de Pollsmoor, il adresse un courrier à son ami, Hida Bernstein, soulignant notamment que: "L'esprit revient vers cette année 62 quand j'écoutais les expériences des collègues de Ben Bella, cela était très instructif. Dans certaines de ces discussions, j'étais face à des jeunes, certains n'avaient pas la vingtaine, mais ils parlaient comme des vétérans et avec autorité sur des questions vitales sur lesquelles, et pour le moins qu'on puisse dire, je n'étais qu'un simple amateur.". Le 12.08.1988, il est emmené à l'hôpital de Tygerberg où la tuberculose est diagnostiquée. Le 31.08.1988, il est transféré à Constantiaberg Mediclinic. Le 07.12.1988, il est transféré à la prison Victor Verster et porte le n° 1335-1988.

Ahmed Ghozali et N Mandela à Alger

16.05.1990 - Ahmed Ghozali et N. Mandela à Alger

           Libéré le 11.02.1990, il s'ensuit une période de transition de quatre ans avant les élections présidentielles. Le Gouvernement sud-africain de F.W. de Klerk et, le mouvement "ANC" vont négocier dans une période troublée. C'est, dans ce contexte que, la première visite de Mandela à l'étranger a lieu le 27.02.1990. L'Algérie avait mis à sa disposition un avion du "GLAM" pour sa tournée africaine. Il rencontre alors les dirigeants de l'ANC à Lusaka en Zambie. Puis, le 09.05.1990, il entame une tournée africaine dans six pays. Il quitte le Nigeria, puis il arrivera en Algérie le 16.05.1990, une semaine après le début de son périple. Ce 16.05.1990, contrairement aux ragots, Nelson Mandela déclarera à Alger: "C'est l'armée algérienne qui a fait de moi un homme..."; en anglais: "Mandela said on arrival on Wednesday that it was the Algerian army that had made him a man." -et non pas "C'est l'Algérie qui a fait de moi un homme.". Le lendemain, le Président algérien, Chadli Benjedid lui remettra la plus haute distinction du pays, la médaille Wissam al-Athir  A cette occasion, N. Mandela remerciera l'Algérie et d'autres pays arabes pour leur soutien à "la lutte du peuple africain contre l'apartheid.". A l'occasion, il sera photographié à Alger, notamment devant le monument aux "martyrs" érigé à l'indépendance de l'Algérie, avec à ses côtés, le ministre algérien  des Affaires étrangères, Sid Ahmed Ghozali. Le 18.05.1990, il est accueilli à Tripoli par Mouammar Kadhafi.

N Mandela et G Marchais au siège du PCF à Paris

07.06.1990 - N. Mandela et G. Marchais au siège du PCF à Paris

Le 07.06.1990, il est reçu au siège du "PCF, place du colonel Fabien, dans le XXème arrondissement de Paris, par un long discours de Georges Marchais, rappelant le soutien du "PCF" à Mandela. Prix Nobel de la Paix remis à Oslo, le 10.12.1993, en même temps que Frederik de Klerk. Le 02.09.1998, Mandela accueille à Durban, Fidel Castro, à l'occasion du 12ème sommet du Mouvement des pays non-alignés. Le 06.12.2013, le président algérien, A. Bouteflika, impotent, n'assistera pas aux funérailles de Mandela mais, il adressera un message de condoléances à son homologue, Jacob Zuma, dans lequel il note: "Pour avoir accompli la réconciliation entre les enfants de l'Afrique du Sud et apposé son empreinte sur le livre d'or du mouvement émancipateur de l'Afrique, Madiba restera à jamais dans la mémoire africaine...le peuple algérien n'oubliera jamais que pour Mandela, "l'Algérie est sa seconde patrie" comme il aimait à le répéter". Jamais, Mandela n'a écrit ou dit que l'Algérie est sa seconde patrie !!! Dans le domaine de la réconciliation, Bouteflika, lui, ne restera pas dans la Mémoire des Algériens eux-mêmes, des premiers combattants "FLN-ALN" pour l'indépendance, des "disparus forcés" algériens post indépendance, des Kabyles, des Français d'Algérie, des juifs, des Harkis. Sûrement pas. Quant à N. Sarkozy et F. Hollande, présents aux obsèques de N. Mandela, est-il indispensable de leur rappeler que le "PCF" avait déposé des propositions de loi contre l'Apartheid et qui ne furent reprises, ni par le gouvernement de droite, avant 1981 ni par celui de gauche après cette date...Est-il, tout aussi indispensable de rappeler le soutien financier de Ben Bella à Henri Curiel, communiste, lequel contribue à l'armement de l'ANC ! (*)

 Document transmis aimablement par DELENCLOS Michel Henri Chercheur en histoire

 

(1)

21 mai 1961, la première interview télévisée de Nelson Mandela : "il y a de la place pour toutes les races dans ce pays"

(2)   (4)  "C'est Ben Bella qui m'a invité à visiter à Oujda le quartier général de l'armée algérienne de libération nationale.".

 

CLIC couleur blogLes fausses infos concernant "l’étape algérienne" de Mandela

CLIC couleur blog« Nelson Mandela voulait se libérer d’un fardeau »

(3)   (Courrier manuscrit archivé au "Mandela Memory Center").

(5)   (Voir "Charlie-Hebdo" du 04.07.2007.)

(6)  .(Source: Fondation N. Mandela).

(*)   Curiel Henri Daniel Messin (13.09.1914-04.05.1978) né au Caire, assassiné à Paris. Il trahira la France qui pourtant l'héberge, en communiquant les plans de l'intervention franco-anglaise à Suez. Pratique la collusion autant avec les gaullistes qu'avec les socialistes. Pro-FLN de tendance Ben Bella. Dans une lettre du 02.10.1977, Jean Lacouture, prenant sa défense, le qualifie de "marxiste orthodoxe". Le 13.01.2006, A. Bouteflika lui attribue la "Médaille de reconnaissance" et, c'est son petit-fils, Alain Gresh, qui la recevra.

Retour Michel Delenclos

Posté par popodoran à 22:55 - Commentaires [0] - Permalien [#]

«MENARD ROBERT : SES CHEVAUX DE TROIE AU PIED L'HISTOIRE»

Par Michel Delenclos biographe - chercheur en histoire

« Il faut toujours vérifier les propos de Ménard. Toujours vérifier ce qu’il dit. C’est la règle n° 1 du chasseur de mensonges. Une cause qui nécessite le mensonge ou la menace est une mauvaise cause». (Maxime Vivas « Le Grand Soir » du 06/10/2013).

Ménard, le 01/06/1962, accompagne ses parents qui quittent volontairement (et non pas «rapatrié» ou «obligé » de quitter l’Algérie) Oran pour Brusque. De cet instant à ce mois de mars 2014, Ménard vivra un parcours tortueux, pratiquement sans temps mort, tout en cumulant activité et fonction.

Des études de philosophie, dont on ne sait si elles ont abouties à une licence ou une agrégation, aux portes du «journalisme», Ménard débutera une carrière journalistique : de «Radio Pomaredes» au «Petit Biterrois» puis au «Nouveau Sud». En 1990, Ménard publiait un livre «Club des 500 : les 500 qui font le Languedoc-Roussillon» et, à ce propos, l’écrivain et grand reporter, Jacques-Marie Bourget notait : «Ménard est aussi écrivain. Pour bien caler le personnage, je vous recommande la lecture de cet ouvrage. Entre chaque mot, on sent déjà pointer la conscience universelle. Dans Ménard, il y a du Montaigne… ». Dans un article du 08.08.2008, intitulé «Qui est donc ce R. Ménard ?», Bernard Puya répond : « Son pedigree de journaliste est édifiant et comporte essentiellement la création du célèbre magazine feu « Le Petit biterrois» et un passage à «Radio-France Hérault» qui reste à jamais marqué dans les esprits… ».

Le professeur d’universités à Paris, Salim Lamrani, l’interrogera : «Mais, peut-on être journaliste sans un niveau universitaire ? » ; Ménard rétorquera : «Dieu merci oui ! Je vous rappelle que dans tous les pays démocratiques, pour être journaliste, il n’y a pas besoin d’aucun diplôme…». (Entretien «Le Grand Soir» du 02/07/2003).

Le 09/06/2011, Ménard est débarqué de l’émission «On refait le monde» programmé par «RTL» puis, le 11/07/2012, c’est  « I-Télé » qui le débarque. Pour en terminer sur ce sujet, consultons le «Top-Journaliste» qui attribue des notes en fonctions de critères précis, sur la base de 5 étoiles ; voici le palmarès de Ménard pour l’année 2012: Moyenne générale : 2,36 – Exactitude de l’info reportée : 2,58 – Maîtrise du sujet : 2,52 – Présentation du sujet :  2,51  –  Investigation sur  l’information :  2,50  –  Expression  française :  2,49  –  Politesse, respect : 2,47 – Pertinence de l’analyse (Éditorialistes) : 2,10 – Primeur de l’information : 1,68.

Ménard est en mal de reconnaissance et tourne en rond. Mais, le déclic se produira en 1985 lorsqu’il prendra acte de l’existence et des  méthodes de travail de  «Médecins sans frontières «MSF». Avec 3 journalistes, Rémy Loury, Jacques Molénat et Emilien Jubinerau, Ménard donnera naissance à une nouvelle «ONG», Reporters sans frontières, avec pour devise «Sans une presse libre, aucun combat ne peut être entendu» ; son rôle est de «promouvoir des formes de journalisme alternatif». Le journaliste Jean-Claude Guillebaud et l’ancien président de «MSF» Rony Brauman, rejoindront «RSF». Mais, très vite, la gestion, le sectarisme et la dérive de Ménard vont conduire, d’abord J-C. Guillebaud président du conseil d’administration a démissionné, le 09.02.1993 puis Rony Brauman vice-président, le 24.01.1995.

En 2005, à l’occasion d’un entretien accordé au journaliste québécois Jean-Guy Allard, le journaliste professionnel cubain, Nestor Baguer premier représentant de « RSF » à Cuba, recruté par Ménard lui-même, à la question : « Que pensez-vous de Ménard ? », répond : «Pour moi, c’est un délinquant. Vraiment. Il a trompé tout le monde en disant qu’il voulait la liberté de la presse. De quelle liberté de la presse peut-il être question s’il te dit ce qu’il veut que tu lui dises ? C’est ce que voulait «RSF». Des mensonges. Écrire n’importe quoi même en sachant que c’est impossible à prouver. ». N. Baguer percevra 100 dollars par moi payés par Ménard.

En 2007, dans une interview accordée à Hernando Calvo Ospina, R. Brauman détaille les raisons qui ont motivé son départ : «Dans une petite structure comme celle de « RSF », il est très facile d’avoir un minimum de discussions régulières, de participation collective. Non seulement Ménard ne voulait rien entendre, mais toute personne qui faisait entendre une voix discordante, qui posait une question qui ne lui convenait pas, était impitoyablement réprimée, voire virée, en tout cas harcelée. C’était un crime de lèse-majesté. Il avait vraiment un comportement tyrannique, d’une autorité épouvantable… Sur le plan financier, il y avait une dérive de l’association, du fait du budget de plus en plus important qui provenait de l’Union européenne…

Au moment de la présentation des comptes, on savait combien entrait à «RSF». Mais la présentation des comptes est toujours quelque chose qu’on peut arranger. C’est ce que j’appelle l’opacité financière…mais, j’insiste sur le fait que les comptes de «RSF» n’ont pas été clairs…». Dans une lettre ouverte datée du 31.05.2013 de Benjamin Joyeux, ex-salarié de «RSF» :  «Cher Robert, j’ai honte de vous…Moi je me souviens parfaitement de vous, de cette période où, depuis votre bureau, situé à côté du mien, vous hurliez alors pour que chacun de «vos» salariés défilent dans votre bureau…Dès que vous pénétriez dans les bureaux de «RSF»…une sorte de terreur diffuse s’emparait de la majorité des salariés…Vous régniez à l’époque d’une main de fer sur «RSF»…

En 2005,  « RSF »,  c’était une équipe d’une vingtaine de personnes, composées pour moitié de stagiaires payés 390 euros par mois. Nous ne comptions pas nos heures…Je me souviens pour le moins burlesques…comme le fait de devoir faire corriger par fax par votre mère, ancienne institutrice octogénaire, tous les communiqués de presse qui avaient, par ailleurs été, déjà validés en interne par des professionnels. ».

Dans ses rapports, des 17/06/2003 et 29/09/2008, l’«Observatoire de l’action humanitaire» souligne «l’approche centralisatrice» de R. Ménard source de conflits, lequel, malgré tout conservera un rôle prépondérant dans la prise des décisions. Concernant les activités, l’Observatoire précise que, «RSF» n’est pas aussi transparent qu’on aurait pu l’imaginer, restant plus réservée pour ce   qui   est   de   son   fonctionnement   interne,   notamment   l’origine   des   financements. http://www.observatoire-humanitaire.org/fr/

Le 19/06/1995, «RSF» est reconnu d’utilité publique, ce qui lui donne accès aux financements publics auxquels s’ajoutent le mécénat et les généreux donateurs.

Le 26/09/2008, R. Ménard déclare qu’il quittera officiellement «RSF» le 30/09/2008.

Le 28/09/2008, l’«Express» annonce que Ménard quitte «RSF» pour le Qatar, émirat qu’il annoncera quitter le 23/06/2009. Auparavant, avec  l’épouse  de  l’émir  du  Qatar Sheikha Mozah et l’accord de «RSF», sera créé le «Centre Doha pour la liberté de l’information», le 01/04/2008. Maxime Vivas, le 26/06/2009, dans «Le Grand Soir» notait : «Le vérité sur la fuite du Qatar est dans le fiasco de la tentative Ménardienne de devenir calife à la place du calife ». Mais l’on constate que Ménard ne perd pas les pédales : en effet, le 25/10/2008, lors d’un débat à «Parlons net» sur «France info», Ménard se dit désormais « tenté de s’investir dans l’action politique», sans doute aux côtés de F. Bayrou, présent lors du débat…Ménard confirmera ce désir, auprès de «Jeune Afrique», le 19/11/2008.

Le 02.06.2013, Ménard se déclare candidat à la mairie de Béziers, à la recherche d’un…boulot.  Ménard, ce  «philosophe»,  ce «journaliste», cet «écrivain» veut, à présent être «politicien». Mais, Ménard souffre de cette possessivité, «inconsciente», en tout cas bien rivée en lui, et qui fait de lui, le dominateur qui veut maintenir les autres sous sa gouverne. C’est un prédateur pour qui les autres ne sont que des proies utiles à sa cause. Il utilisera ses chevaux de Troie : sa «liberté d’expression» avec sa fameuse citation apocryphe faussement attribuée à Voltaire, son « marketing», son «lobbying». Menteur et enfumeur, Ménard possède l’art de l’entrisme. Pour preuves, ses opuscules «Vive Le Pen ! », «Vive l’Algérie française !», puis, ses affirmations : «Mon père militait à l’OAS, mes frères pareil… ». A moi le «FN», à moi les «Pieds-Noirs», à moi l’ «OAS» ! Les chevaux de Troie de Ménard sont là, face à ses proies. Sauf que, dans son délire, Ménard va sombrer dans l’ordurier. Pour preuve, cette interview de Ménard réalisé le 16/05/2013, par Charly Cassan de «Reportage 34». Pour voir la vidéo (19’ 51’’ et 14 questions) et écouter Ménard, cliquez sur ce lien : http://hubertzakine.blogspot.fr/2013/06/robert-menard-journaliste-interview-sur.html

Reportage 34 Entretien du 16 mai 2013 de Robert Ménard face à Charly Cassan et Marie Havenel (Vidéo 19’ 51’’) 14 questions. Et, l’ensemble retranscrit par l’auteur.

Question  1 : « Est-ce qu’il reste en vous des souvenirs de cette période tragique ? »

Réponse de R. Ménard :

« Bien sûr que j’ai des souvenirs. Comment ne pas avoir des souvenirs. J’ai des souvenirs de ce qui s’est passé avant 62. Je me souviens de sorties de classe (1) où on marchait, on enjambait des cadavres. Je me souviens de l’engagement de mon père à l’OAS, de mes frères, de mes grands frères, pareil. (2) Et puis je me souviens, parce que j’ai quitté l’Algérie à 9 ans, plus que de ça. Je me souviens d’un truc très particulier. Comment vous dire ? Ma, ma jeunesse, elle a été bercée par l’Algérie…On avait beaucoup de mal pour ma famille à oublier ce qui s’était passé…Ma mère (3) qui est une vieille dame, qui a 89 ans, continue à penser que sa vie, au fond, au fond, s’est arrêtée en juillet 1962 ».

(1)«On  enjambait  les  cadavres  à  la  sortie  des  classes » : Ménard  Robert  fréquentait  l’école Paixhans en centre-ville d’Oran, ville quadrillée par l’armée, la gendarmerie mobile et les CRS. Les attentats du «FLN» étaient perpétrés à l’extérieur de la ville même. Oran n’est pas Alger.

(2) Son père Émile né en 1914, s’occupait d’une papeterie et d’une imprimerie en centre-ville. «Mon père à l’OAS» Faux, archi-faux, les témoignages et les archives le contredisent. «De mes frères, de mes grands frères, pareil». Ses frères : Henri, né en 1954 (à peine 8 ans), Pierre né en 1956 (6 ans)…à écouter Ménard, ils «étaient à l’OAS » si jeunes!

(3) Sa mère née Caarriere Roberte en 1923 à Bizerte (Tunisie) était institutrice selon Benjamin Joyeux, ancien salarié de «RSF», puis correctrice aux éditions «Mordicus» dont Mme. E. Duverger était la rédactrice. Le 31/03/2011, dans le «Nouvel Observateur», Ménard confiait à la journaliste, Marie Guichoux, des informations qu’elle reproduit : «Il a 8 ans quand un homme livre des cartons de papier carbone… Sous les papiers il voit des armes… Et ce code frappé sur le toit de la maison, pour ceux qui devaient montrer patte blanche : 3 coups pour «OAS», suivis de 2 coups pour «Amis»… ». Or, la papeterie d’Émile Ménard était située 10 boulevard des chasseurs et l’imprimerie rue agent Lepin, toutes les deux sont installées en plein centre-ville d’Oran. Après vérifications auprès de spécialistes dont l’aîné a 86 ans de la question responsables de l’«OAS-Oran-Zone III», il n’a jamais été livré ou stocké d’armes en centre-ville. Ménard sombre dans le grandguignolesque : «on frappait trois coups sur le toit ! » ; comment ? En grimpant sur une échelle, en jetant des cailloux, à la vue des badauds !!! Enfin, ouvrir des caisses d’armes devant des enfants qui pouvaient, à tout moment, colporter l’information ! Le 26/06/2012, «Minute», rapportait les regrets de Ménard : «J’ai hésité à le dire par le passé, mais maintenant je l’assume pleinement. Mon père était un militant de l’OAS… ». Ménard, déjà prêt pour les municipales de Béziers ?

Question 2 : « Donc, elle a connu les massacres du 05/07/1962 à Oran ! ».

Réponse de R. Ménard: « Bien sûr, mon père était dans les rues d’Oran. (3) Mon père a failli monter dans ces camions qui ont amené à la mort ou à la disparition, on le sait maintenant, les disparitions, des morts mais sans le corps, c’est la pire des choses pour une famille. Bien sûr, mon père, ce jour-là, il me l’a raconté 10 fois, (4) il doit de ne pas être monté dans ce camion qui amène au Petit-Lac, il le doit à un Arabe qui lui dit : « Ne monte pas, ne monte pas, ne monte pas, ça va pas être bien. (5) Bref ! C’est un hasard. Au fond, si je ne suis pas orphelin, je le suis maintenant, si je l’ai pas été, c’est parce que il y a eu ce type qui a dit à mon père, qui a sauvé la vie de mon père, de ne pas monter là. ».

(3) Ni la mère, ni le père ni les enfants Ménard n’étaient présents à Oran, le 5 juillet 1962, lors des massacres puisqu’ils ont quitté Oran, le 01/06/1962. Voilà des propos orduriers d’un Robert Ménard qui prend à «témoins» des disparus et des massacrés dont les familles attendent toujours une reconnaissance de l’État français.

(4) (5) Et, Ménard en rajoute. Ménard, un personnage abject qui, là, atteint les sommets.

Question 3 : «Comment  expliquez-vous que, 51 ans plus tard, ce 5 juillet soit toujours occulté de la plupart des médias et que personne n’en parle ? ».

Réponse de R. Ménard :

« Mais je vais vous dire quelque chose. Je suis journaliste donc je suis sensé être informé. Les disparitions en Algérie, en juillet à Oran, mais aussi avant, en gros après les accords d’Évian, je vais vous dire un truc qui va vous étonner, je l’ai découvert l’an dernier, (6) oui je vois, je vois que vous haussez les yeux. Mais, je suis comme plein de gens, je l’ai découvert. On n’en parlait pas dans ma famille. (7) Dans ma famille, on avait plus envie de parler de ça. On n’avait pas envie de dire. Il a fallu que je me trouve au Cercle Algérianiste, au congrès à Perpignan pour, je vous le jure Madame, je vous le jure monsieur, pour la première fois entendre, être bouleversé aux larmes par des gens qui racontaient ces disparitions-là et qui, 50 ans après ne s’étaient pas remis de ces disparitions. Mais, attendez, et moi je suis Pied-Noir, je suis journaliste, je ne le savais pas. (8) Autant vous dire que le grand public ne le sait pas aussi. Mais pourquoi il ne le sait pas. Écoutez, moi j’étais journaliste chez Canal, à « I-Télé ». Quand on parlait Algérie, et je recevais un invité par jour, Algérie c’était Benjamin Stora. Il y avait une espèce de réflexe pavlovien. Tu veux un truc sur l’Algérie, tu invites B. Stora. Eh bien moi, quand je disais, attendez, il y a juste quelques autres historiens qui ont d’autres points de vue ; ah ! Non, non, c’était B. Stora. Vous avez entendu B. Stora, parler de lui-même, si on ne le pousse pas aux fesses, des disparus en Algérie. Ah oui, sur le « FLN » et les porteurs de valises, il est excellent. Mais, sur les disparus on l’entend moins. Voilà malheureusement la situation aujourd’hui.».

(6) Pourtant, plus haut, Ménard affirme que ses parents étaient à Oran le 5 juillet 1962. Même son père « lui a raconté 10 fois… ». (7) Pourtant, Ménard nous précise, plus haut : «On avait beaucoup de mal pour ma famille à oublier ce qui s’était passé.. ». (8) Pourtant, dès son retour d’Oran, il se trouvait dans le sud de la France, à Béziers, à Montpellier, etc. entourés de familles de Pieds-Noirs, d’associations, de métropolitains qui, à l’école le traitaient d’ «arabe». Il n’y a pas besoin d’être journaliste pour être informé sur un sujet rémanent.

Question 10 : « Sans oublier les Harkis ! ».

Réponse de R. Ménard :

« Je ne vous parle même pas…Mais, là, c’est au-delà. On est dans l’horreur absolu... Troisièmement, il y a une partie de notre faute à nous les Pieds-Noirs. Il y a l’incapacité de penser plus loin que le bout de son nez. Et je me mets dedans avec ma famille et tout. Mes parents, jusqu’en fin juin, ils n’imaginaient pas un instant, vous entendez, qu’on va quitter l’Algérie. (9) « Mes parents, jusqu’en fin juin… ». Ménard persiste à en vomir…

Question 14 : « Pour terminer, juste un mot pour ces expatriés de 1962 qui ont dû quitter leur pays et qui, aujourd’hui, vivent une blessure, celle de l’exode. ».

Réponse de R. Ménard :

« Je comprends leur douleur. Je comprends cette peine qui fait que vous serez à jamais les perdants de l’histoire. Vous serez à jamais ceux à qui on ne donnera jamais la parole. (10) Vous serez à  jamais ceux qu’on n’écoutera pas. Vous serez à jamais du mauvais à côté de la barrière. Vous serez à jamais les salauds. Vous serez à jamais ceux qui se comportaient mal. Et ça, c’est tellement loin, tellement loin de la réalité, c’est tellement injuste que je comprends, 50 ans après qu’on ait  du  mal à s’en remettre. (11) Ce que je voudrai dire, c’est que, à ceux qui sont les enfants des Pieds-Noirs, à ceux qui sont les petits enfants des Pieds-Noirs, qu’il faut préserver l’héritage, qu’il faut préserver ce que nos parents, nos grands-parents, nos arrières grands-parents ont fait…. »

(10)   Quel «faux-cul» ce Ménard ? qualificatif qu’utilisait à satiété le «journaliste» Ménard, à l’égard de ceux qui ne font pas partie de son registre. Incapable de faire la distinction entre un mensonge et une idée et, bien connu pour son tempérament explosif et son incapacité à accepter l’opinion d’autrui. L’empereur de «la liberté de penser », a refusé aux Pieds-Noirs «plus de 10 fois» m’a écrit un ami me précisant «parce qu’il ne pouvait en parler qu’en reprenant une info circulant déjà dans la grande presse française… » de diffuser la pétition internationale pour la «reconnaissance des massacres du 5 juillet 1962 à Oran !!! », sur son site «Boulevard Voltaire». (Sic).

Ménard a également refusé à l’auteur de cet article, de publier une information récente concernant la reconnaissance de la qualité de «Mort pour la France» à ceux, victimes du 5 juillet 1962 à Oran.

(11) «50 ans après qu’on ait du mal à s’en remettre.. ». Lui, il y a fort longtemps qu’il s’en est remis… Les poches pleines, lui le copain de «BHL» et de «PPDA». N’oublions pas, qu’à défaut de soutenir, dans leur quête de reconnaissance, tous ceux qui ont dû s’exiler ou ont été massacrés en Algérie, avant et après l’indépendance, R. Ménard choisira, dans lettre ouverte adressée au Président J. Chirac, le 16/01/2003, de s’intéresser aux milliers «de disparus algériens» dans leur propre pays, de «favoriser leur accueil en France» et à «établir la vérité sur les crimes commis durant la guerre d’Algérie.». (Nouvelle lettre de la «FIDH» n° 62 -12/2002-01/2003). Je vous le disais en introduction qu’il fallait se méfier de ce «journaliste», «philosophe», «débatteur», «conférencier» : «Il faut toujours vérifier les propos de Ménard. Toujours vérifier… ».

Delenclos Michel chercheur en histoire.

Bibliographie :

Ménard publie «Ces journalistes que l’on veut faire taire», Ed. A. Michel, 01/03/2001.

De Jean-Guy Allard « Le dossier Robert Ménard. Pourquoi « RSF » s’acharne sur Cuba ? », Ed. Lanctot, 01/09/2005.

Maxime Vivas publie «La face cachée de «RSF»- de la «CIA» aux faucons du Pentagone », Ed. Aden, 24/11/2007.

De R. Ménard « Des libertés et autres chinoiseries », Ed. R. Laffont, 09/10/2008.

Extrait entretien réalisé par Hernando Calvo Ospina dans «Cuba, 50 ans de révolution.», Ed. Le Temps des cerises/Ass. France Cuba, Pantin, 30/01/2009.

Salim Lamrani publie «Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais.», Ed. Estrella, Paris, 26/08/2009.

Avec Emmanuelle Duverger, Ménard publie «Vive Le Pen !», Ed. Mordicus, 21/04/2011.

Ménard publie avec Thierry Rolando «Vive l’Algérie française ! », Ed. Mordicus, 07.06.2012.

Retour Michel Delenclos

Posté par popodoran à 23:00 - Commentaires [1] - Permalien [#]

29 mars 2014

BULLETIN D'HUMEUR N°79

Libre propos citoyen

Document transmis par

LE PHAREFOUILLEUR  le Jeudi 27 mars 2014.

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ». Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen - Article XI - 1789

Elections municipales, avant le 2e tour L’UMP sous la tutelle du PS !

Madame, Monsieur, cher(e)s ami(e)s et compatriotes,

         Saluons l’audace des deux camps DVD (Divers Droite) et FN, pour leurs accords électoraux afin de battre la gauche. Tout arrive enfin !

         Cela se produit dans trois communes, pour le 2e tour :

- à Villeneuve-Saint-Georges (Val de marne), commune de 33.000 habitants, il

  y aura fusion entre les listes de Philippe GAUDIN (DVD) et de Dominique

  JOLY (FN), pour déloger Sylvie ALTMAN (PCF), l’actuelle Maire,

- à l’Hôpital (Moselle), commune de 5.400 habitants, il y aura fusion entre les

  listes de Jean Marcel LABACH (DVD) et de Jean-Claude DREISTADT (FN),

- à Sevran (Seine-Saint-Denis), commune de 50.000 habitants, il y aura soutien

  du FN (pas de liste) à la liste de Philippe GEFFROY (DVD).

         Le front ripoux-blicains est en train de mordre la poussière !

         Malgré sa stratégie ni-ni (ni PS ni FN), l’UMP reste sous la tutelle du PS et utilise un vocabulaire gauchiste qui sent le moisi :

« le FN est un parti d’extrême droite…pas d’alliance avec le FN…nous n’avons pas besoin du FN…ce n’est pas notre faute si le FN progresse…il faut écouter les électeurs qui se sont égarés en votant FN ». J’adore cette dernière formule !

         Jean-François COPE, petit chef en mal de notoriété n’a pas compris que les adhérents de l’UMP n’appartiennent pas à ce parti et n’acceptent plus d’être dépossédés de leur liberté de vote : il a dû manquer des cours à l’ENA !

         Il a même fait preuve d’un trait de caractère despotique en déclarant :

« tout représentant de l’UMP qui fera alliance avec le FN sera exclu du parti ».

         Son drame : il ne peut plus demander l’application du front ripoux-blicains sous peine de voir les adhérents de l’UMP aller s’inscrire au FN.

         Bel revanche du FN, nouveau parti de droite qui ne cesse de monter grâce à l’énergie d’une Marine LE PEN, infatigable, sereine et déterminée à appliquer des choix courageux demandés par l’ensemble des Français.

         Jean-François, malade de l’arrêt du goutte à goutte au sérum front ripoux-blicains : encore merci à l’infirmière Marine d’avoir arrêté la perfusion !

         J’écrivais dans mon Phare fouilleur n° 78 : « le nettoyage des écuries socialistes a commencé », alors…continuons le travail en votant à droite !

IL FAUT DELOGER LES SOCIALISTES DU POUVOIR !

Merci de votre aimable considération. Bien cordialement.

Michel Salanon...de l'Hôtel Saint Maurice d'Aïn-el-Turck 

Retour le phare fouilleur

Posté par popodoran à 07:39 - Commentaires [4] - Permalien [#]

01 avril 2014

« 19 MARS 1962 » INTERROGEONS L'HISTOIRE

Lettre ouverte à M. le président de la République, à Mmes. MM. Les députés et sénateurs, maires et citoyens de France.

Le 25.09.2001, à propos de la guerre d'Algérie, le président de la République, Jacques Chirac, déclarait: «Le moment est venu pour nous tous Français, de porter un regard de vérité sur  une  histoire  méconnue,  une  histoire  déformée,  une  histoire  effacée ...Une  histoire  qu'il importe aujourd'hui de rappeler aux Français...La mission des historiens doit se poursuivre...».

Onze années après ce constat, le Sénat s'apprête, le 25.10.2012, à faire que le 19 mars 1962 soit l'objet d'une discussion en séance publique. En l'occurrence, il s'agit de reconnaître cette date comme journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc. Tout d'abord, quel est le lien entre les combats en Tunisie et au Maroc avec le 19 mars 1962 ? Aucun.

Combien de Français, aujourd'hui, savent ce qu'a été ce «19 mars 1962» en Algérie et pour la France ?  En quoi consistait-il ? Ce qui s'est réellement passé après. Quelles ont été les attitudes respectives du Gouvernement français et de De Gaulle...

A la suite des négociations qui se sont déroulées à Évian, du 7 mars au 18.03.1962, entre les négociateurs français et le FLN (1), il a été conclu un «Accord de cessez-le-feu en Algérie» (2) qui, dans son  article 1er stipule: «Il sera mis fin aux opérations militaires et à toute action armée sur l'ensemble du territoire le 19.03.1962 à 12h00.».  L'article 2 précise que: «Les deux parties s'engagent à interdire tout recours aux actes de violence collective et individuelle. Toute action clandestine et contraire à l'ordre public devra prendre fin.». Quant à l'article 11, il assure que: «Tous les prisonniers faits au combat détenus par chacune des parties au moment de l'entrée en vigueur du cessez-le-feu seront libérés; ils seront remis dans les 20 jours à dater du cessez-le-feu aux autorités désignées à cet effet. Les deux parties informeront le Comité international de la Croix- Rouge CICR du lieu de stationnement de leurs prisonniers et de toutes les mesures en faveur de leur libération».

(1) L'auteur de cette lettre ouverte rappelle que lors de la 6ème séance du 10.03.1962 de ces négociations, le représentant de la délégation française, Bernard Tricot, précisait: «Oui, le FLN est encore illégal mais il doit pouvoir jouer un rôle politique, faire de la propagande, après le cessez-le-feu dans le respect de la loi et de l'organisation provisoire des pouvoirs publics. Nous devons revoir le décret de dissolution du FLN en date du 29.06.1957, et mettre notre législation en harmonie avec les conséquences éventuelles de l'autodétermination...Aucun besoin de texte: il suffit d'abroger le décret de dissolution et de suspendre les dispositions pénales qui répriment la propagande en faveur de l'indépendance» . Et, le 11.03.1962, B. Tricot annonce: «Enfin le décret de dissolution du 29.06.1957, qui est bien fondé...n'a plus de sens dès que le cessez-le-feu permet le retour à l'ordre démocratique (sic)...Ce texte dissout à la fois le FLN et le MNA..». L'auteur interroge: «Et les autres partis, mouvements ou tendances!». Le 30.03.1962, comme en écho à ma question, le Mouvement national algérien MNA, présidé par Messali Hadj, constate: «Que la composition de l'Exécutif provisoire ne comprend exclusivement, au point de vue algérien, que des membres du FLN ou pro-FLN...Cette manière de procéder est antidémocratique et tourne le dos à toutes les déclarations faites par  le  Gouvernement  français  aux  termes  desquelles  toutes  les  tendances  algériennes  seraient représentées, aussi bien aux négociations qu'à l'Exécutif provisoire. Le MNA déclare que cela est une violation directe de l'autodétermination qui devait servir de règlement général à la solution du problème algérien...».

(2) Le professeur Maurice Flory précise: «Le premier texte reproduit par le JORF du 20.03.1962, est intitulé «Accord de cessez-le-feu en Algérie». Sa présentation indique l'ambiguïté de sa nature juridique. Il n'est pas publié sous la forme d'un traité; il n'est pas assorti d'aucune signature; son caractère bilatéral découle uniquement du terme «Accord». Le Gouvernement français pas plus que le GPRA, n'apparaissent à aucun moment. (L’auteur rappelle ce fait: Le 23.05.1961, lors de la conférence d'Évian I, le représentant de la délégation du FLN, Ahmed Boumendjel, demandera à Louis Joxe s'il considère les membres du GPRA comme des «représentants authentiques du peuple algérien», L. Joxe lui répondra par la négative, estimant seulement que les membres de la délégation du FLN sont les «représentants des combattants»). L'article 1er se contente de la formule volontairement imprécise: «Il sera mis fin aux opérations militaires». L'article 2 parle des «deux parties». Les articles 3 et 4 nous révèlent quelles sont ces «deux parties»: «les forces combattantes du FLN et «les forces françaises». Cette terminologie prudente indique la volonté de ne pas placer cet accord au niveau des Gouvernements, mais à celui des militaires.». Il faut préciser que le mot «Accord» ne figure dans le JORF qu'à propos de ce cessez-le-feu. Quant aux déclarations de principes relatives aux différents domaines, elles ont été publiées sous la rubrique «Déclarations gouvernementales du 19.03.1962 relatives à l'Algérie». Elles seront signées par les représentants mandatés du gouvernement de la République et par le représentant du FLN, Belkacem Krim qui, le 01.11.1960, à Casablanca en présence du roi du Maroc Moulay Hassan, avait assuré: «Nous éjecterons les Français quatre par quatre!». Le programme est clair. (M. Flory «La fin de la souveraineté française en Algérie», in Annuaire français de droit international, volume 8, 1962).

À  propos de ce cessez-le-feu, et pour comprendre la suite des événements, dans sa plateforme de la Soummam (issue d'un congrès tenu par le FLN du 20.08.1956 au 10.09.1956), dans la partie II intitulée «Cessez-le-feu, conditions», il est mentionné: «...En contrepartie, le FLN est garant et responsable du cessez-le-feu au nom du peuple algérien. Seul le Conseil national de la révolution algérienne «CNRA» est habilité à ordonner le cessez-le-feu, dans le cadre fixé par la plateforme. Puis, dans la partie III «Négociations pour la paix», on note: «1. Les conditions sur le cessez-le-feu étant remplies, l'interlocuteur valable et exclusif pour l'Algérie demeure le FLN.». Ainsi, l'«Accord de cessez-le-feu» issu des négociations à Évian engageait la responsabilité du FLN. Enfin, dans son ordre du jour n° 11 du 19.03.1962 destiné à toutes les forces de l'ordre, le commandant supérieur des forces en Algérie «CSFA», le général Charles Ailleret, soulignait que: «Le cessez-le-feu qui vient d'intervenir met fin à plus de 7 années de combats au cours desquelles notre armée avait la mission de s'opposer aux actes de force d'un adversaire souvent exalté mais toujours courageux...», puis il précisait: «Son rôle, ici n'est pas terminé. Elle doit, par sa présence et, si cela est nécessaire par son action, contribuer à empêcher que le désordre l'emporte quels que soient ceux qui tenteraient de le déchaîner de nouveau. Aujourd'hui comme hier dans la paix comme dans les combats, l'Armée française reste fidèle à la tradition du Devoir».

Ainsi donc, le «cessez-le-feu» devait mettre «fin à plus de sept année de combats», ce à quoi le FLN s'était engagé lors de la plateforme de la Soummam près de six ans avant le cessez-le-feu officiel et, l'Armée française contribuerait «à empêcher que le désordre l'emporte quels que soient ceux qui tenteraient de le déchaîner de nouveau». Il n'en a rien été. D'ailleurs, la Parti socialiste déposera une proposition de résolution n° 1637 à l'Assemblée nationale, le 03.06.2004, présentée par son porte-parole, Kléber Mesquida et 80 membre du groupe socialiste «tendant à la création d'une commission d'enquête sur les responsabilités dans le massacre de nombreuses victimes civiles, rapatriés et harkis, après la date du cessez-le-feu de la guerre d'Algérie».

- L'après 19.03.1962: des faits, des écrits, des témoignages face à une «guerre» larvée:

Or, le 20.03.1962, à l'ouverture de la séance à l'Assemblée nationale -laquelle va devenir, dès ce jour-là, - la chambre d'échos des tragédies quotidiennes que vivront tous ceux qui ne veulent pas suivre le FLN-, son président Jacques Chaban-Delmas, lit le message du président de la République  De  Gaulle  qui  semble  s'inquiéter:  «...Nul  ne  peut,  non  plus,  méconnaître  les difficultés d'application qui en résultent aujourd'hui et risquent d'en résulter demain, non seulement quant à la situation d'un grand nombre de personnes et de beaucoup de choses, mais aussi dans le domaine de l'ordre public...». Ce même jour, le député Pierre Portolano fait cette remarque d'importance: «Le texte des accords sur le cessez-le-feu n'a été rendu public qu'aujourd'hui, alors que le CNRA a eu tout le loisir pour en délibérer en temps utile...Le Gouvernement accorde aux rebelles ce qu'il refuse aux Français».

Le 26.03.1962, dans son ordre du jour, le commandant de l'état-major général EMG, Houari Boumediene, proclame: «Le cessez-le- feu n'est pas la paix...La lutte continue jusqu'à la révolution...».

Le 29.03.1962, dans le journal «Jeune Afrique», le futur ambassadeur de Tunisie en France, Mohamed Masmoudi, annonce: «Il faut  dépeupler, déporter  le  ramassis  de  petits  blancs  d'Algérie...».    Le  programme du  FLN s'affirme.

Le 16.05.1962, lors du conseil des ministres, le ministre d'Etat chargé des Affaires algériennes, Louis Joxe fait remarquer que: «d'autres accrocs au cessez-le-feu sont imputables à l'ALN: taxations, rançons, enlèvements. Nous ne saurions accepter des opérations commandos du FLN qui entraîneraient des ripostes immédiates...».

Le 17.05.1962, dans le quotidien l'Aurore, on relève que: «Robert Buron, -un des négociateurs français à Evian-, découvrait sur place une réalité qu'il n'avait pas pressentie dans l'euphorie du cessez-le-feu...Il acquérait la certitude que des violences sans frein étaient commises dans le bled livré à l'ALN par le retrait de nos forces. En nombre inchiffrable, les  Musulmans compromis à  nos  côtés étaient massacrés. Il y avait des victimes européennes, mais les Français de souche étaient surtout rançonnés ou ruinés par le saccage et l'incendie. Le passage des Huns!...C'est Dunkerque en pire qui se prépare.».

Le 22.05.1962, le journal «Le Monde» recueille le témoignage du vice-président de l'Assemblée nationale, le bachaghe Saïd Boualem: «On empêche mes harkis de venir...Ces gens-là sont à la merci des représailles du FLN...On a livré mes gens au FLN...Nous n'avons plus à notre époque ni patrie, ni morale, ni parole, rien! En Algérie les gens n'ont plus confiance dans la France.».

Le 30.05.1962, à l'Assemblée nationale, Louis Joxe fait ce constat: «Depuis le 19 mars, les actes de violence ne se sont pas interrompus: les opérations clandestines, les enlèvements, les exécutions sommaires, les demandes de rançon ont été trop souvent le fait de bandes incontrôlées. Rien de tout cela ne doit être ignoré ou passé sous silence. Des accrochages se sont produits, au début, entre l'ALN et les forces de l'ordre...».

Le 27.06.1962, les membres du groupe FLN de l'Exécutif provisoire, installés à Rocher Noir près d'Alger, dans leur lettre de démission adressée au GPRA, dressent ce constat accablant: «Les enlèvements de compatriotes ou d'Européens se multiplient, les occupations abusives d'appartements, de fonds de commerce, les vols de voitures, de camions- citernes, de véhicules de la Croix-Rouge internationale, la levée de dîmes sur les colons européens, concrétisent l'anarchie qui s'est établie au sein de la hiérarchie organique (du FLN et de l'ALN). Ces atteintes à l'ordre public, qui déjà remettent en cause les prescriptions des accords d'Evian, risquent, au lendemain du référendum, de se généraliser au point de tout rompre, et même de provoquer l'intervention de l'armée française. Tout cela, aggravé par le départ massif depuis un mois de plusieurs milliers de cadres européens, dont l'impossibilité de remplacement rapide crée une paralysie sévère de la vie administrative et économique, compliquant l'état anarchique déjà inexistant...». Henri Alleg, militant du parti communiste algérien et soutien du FLN, dans le quotidien «Algérien républicain» de 09/1962, fait le même constat: «Les enlèvements continuent, les disparitions aussi...».

Face  à  cette  anarchie,  ces  massacres,  enlèvements,  disparitions,  de  civils  comme  de militaires,  d'arabes  comme  d'européens,  de  musulmans,  de  juifs  ou  de  chrétiens,  alors  qu'on témoigne à l'Assemblée nationale du chaos et de ces massacres et qu'on lui a rapporté les détails sanglants de cette anarchie qui règne en Algérie, voici ce que déclare De Gaulle, à la sortie du Conseil des ministres du 11.07.1962, citant ce vers du poète et philosophe Lucrèce: «Qu'il est doux, lorsque le vent tourmente les vagues sur la vaste mer, de contempler les épreuves d'autrui du haut d'un promontoire.». Le 06.06.1962, en plein Conseil des ministres, De Gaulle avait déjà laissé tomber: «Les Européens nous donnent un spectacle à la fois vaudevillesque et sanglant...». Mais là ne s'arrête pas l'ignominie, notamment quant au sort des personnes enlevées, disparues ou prisonnières, bien avant le cessez-le-feu et par la suite.

Le 19.04.1962, face à la désinvolture du GPRA vis-à-vis du CICR et de l'article 11 de l'accord du cessez-le-feu , le délai  de  libération  des  prisonniers,  fixé  à  20  jours,  a  expiré  le  08.04.1962;  alors  que  le Gouvernement français a libéré la moitié des 3.680 détenus en Algérie, les familles s'inquiètent et le GPRA reste silencieux (Le 24.10.1963, les enquêteurs du CICR remettront au Gouvernement français leur rapport final sur leur recherche des disparus, lequel restera secret durant 40 ans, pour n'être diffusé que le 23.04.2003.).

Le 14.05.1962, dans une note au général Fourquet, le général de Menditte transmet son inquiétude: «Depuis la mi-avril et particulièrement depuis le 1er mai, les enlèvements d'Européens à Alger et dans la Mitidja se développent à un rythme qui ne fait que s'accélérer, dévoilant en fait un plan concerté du FLN....».

Le 08.11.1962, le général Michel de Brébisson, commandant supérieur des forces armées françaises en Algérie CSFAFA, adresse une lettre accompagnée de 4 fiches documentées à J-M. Jeanneney -ambassadeur Haut représentant de la France en Algérie et, à P.  Messmer, ministre des Armées, dans laquelle il demande une intervention très ferme auprès des autorités algériennes sur le sort des Harkis: «Les anciens supplétifs des Forces françaises continuent d'être victimes de sévices graves. Ces représailles viennent s'ajouter à une longue liste de crimes depuis le 01.07.1962...L'abondance de renseignements précis ne laisse subsister aucun doute sur leur exactitude...». Le président actuel de la République algérienne et démocratique RADP, Abdelaziz Bouteflika, en parlant de la répression contre le Groupe islamique armé GIA, reconnaîtra ces massacres en 10/1999, sur «Radio-Beur FM», rappelant que: «Nous ne faisons pas les mêmes erreurs qu'en 1962 où, pour un harki, on a éliminé des familles et parfois des villages entiers...».

Le 26.01.1971, le président de la RADP, Houari Boumediene, déclare: «A Paris, on semble ignorer que nous détenons encore un grand nombre d'otages français. Alors, pour obtenir la libération de ces otages, il faudra y mettre le prix.» (Propos rapportés dans le journal «Politique Éclair»). Lors du colloque à l'Université de Paris-8, du 19 au 21.03.1992, sur le thème «Les Accords d'Évian en conjoncture et en longue», l'ancien ambassadeur en Algérie, J-M. Jeanneney, se souvenait: «..C'était l'anarchie...L'armée française était, encore, très forte, très puissante. Mais cela était une source de graves difficultés, car les Français d'Algérie qui étaient encore là...et dont les parents, les fils étaient l'objet d'enlèvements...avaient l'idée que l'armée française devait assurer leur sécurité puisque les accords d'Évian avaient prévu le respect des personnes et des biens. Je m'y suis toujours refusé...»; terrible et abominable aveu circonstancié de non-assistance à personnes en danger de mort, au ban de l'Histoire. Selon un décompte global effectué par l'historien Jean-Jacques Jordi, concernant les disparus civils européens, 1.877 personnes ont été recensées pour la période du 01.11.1954  au  31.12.1962.  («Un  silence  d'État.  Les  disparus  civils  européens  de  la  guerre d'Algérie»,  Ed.  Soteca-Belin,  10/2011.).  Du  01.11.1954  au  31.12.1962,  l'auteur  compte  438 militaires disparus dont 90 après le cessez-le-feu. Le contrôleur général des Armées, Eugène Jean Duval, donne le chiffre de 586 militaires disparus, du 01.11.1954 au 31.07.1964. (Pour l'Algérie, le Titre de reconnaissance de la Nation et la Médaille commémorative seront attribués aux militaires jusqu'au 01.07.1964, alors que la carte de combattant ne leur est attribuée que jusqu'au 02.07.1964). En 08/1963, un an après le cessez-le-feu, dans le bulletin mensuel du Corps d'armée d'Alger, le colonel Jean Ernoult (qui commandera en 1963, la 33ème brigade au sein de la force d'apaisement en Algérie), traduit l'atmosphère de peur et de désarroi qui règne: «C'est la panique en milieu européen, à Novi, Bourbaki, Berrouaghia et à Ténès...Aucun grand pays n'a jamais toléré que ses nationaux civils et à plus forte raison militaires, séjournant à l'étranger, soient traités de la sorte.». En ce qui concerne les pertes militaires tués ou décédés (opérations, attentats, accidents, maladie), selon le ministère de la Défense il y aurait eu 23.196 morts. (Source: Journal officiel – Sénat- Débat du 07.08.1986, page 1.126). Encore aujourd'hui, les chiffres, les effectifs divergent faute de l'ouverture des archives.

Quelques témoignages significatifs de soldats français  de  «troupiers»  comme  les qualifie le président de la République, De Gaulle, lors de sa conférence de presse du 05.09.1960 libérés ou ayant réussi à s'évader qui dénotent le peu d'attention à leur égard de la part du Gouvernement français: préoccupaient absolument pas de leur sort, comme le Gouvernement ou l'Armée française...Un soldat qui tombait là-bas,  de l'autre côté, qui s'en préoccupait...Il y en avait d'autres...».

Le 16.05.1962, Maurice Lanfroy, Georges Duplessis, Gérard Palisse et André Robert sont libérés; après une visite médicale à l'hôpital du Val-de-Grâce, ils pourront rentrer chez eux, mais, par leurs propres moyens et, sans que leur soit remise la moindre somme d'argent, car rien n'a été prévu. Mais déjà, en  12/1959,  après  sa  libération,  Marcel  Braun  s'était  retrouvé  sur  le  pavé  parisien,  dans l'impossibilité matérielle de rentrer chez lui à Strasbourg...C'est un ancien prisonnier et ami qui lui permettra de regagner cette ville...Dans une déclaration, reprise par l'Union nationale des combattants UNC des Landes, Georges Duplessis qui, libéré, est passé de 74 kilos à 48, raconte: «A part la presse locale, personne ne parle des prisonniers d'Algérie. C'est tabou. Lorsque je rentre, on me présente une liste de 298 noms. Des présumés disparus. On me dit de me taire pour leur sécurité. Je n'ai pas de rancœur contre les fellaghas. Mais j'enrage contre la froideur de l'Administration française...J'ai dû emprunter de l'argent à une assistante sociale pour prendre le train. Je n'ai jamais été indemnisé...Rentrer sans un rond en poche...Je ne l'ai jamais encaissé. J'ai perdu ma jeunesse. En retour, on a rien eu. Rien! Même pas le statut de prisonniers de guerre...».

- A propos de l'emploi fréquent du Référendum dans le cadre des Départements français d'Algérie:

L'auteur de cette lettre note que, l'utilisation fréquente du référendum permettra, notamment à De Gaulle, de contourner les partis politiques, y compris ceux qui lui sont favorables. En consultant indirectement les électeurs sur la question de la politique d'autodétermination en Algérie, De Gaulle évite ainsi de déclencher un débat au sein le 'Union pour la nouvelle république UNR, parti gaulliste, au sein duquel une minorité était favorable à l'Algérie française. D'ailleurs, selon la Constitution de 1958, le président de la République en appelait au peuple, en dissolvant l'Assemblée nationale en vertu de l'article 12, ou bien, en utilisant les dispositions de cette constitution relatives au référendum selon l'article 11. De Gaulle, en 1969, sera victime de ce référendum souvent considéré comme plébiscite. Quant au professeur Michel Lesage, le pouvoir d'utiliser le référendum est entre les mains du président de la République qui décide seul de l'opportunité de présenter ou de ne pas présenter au corps électoral un projet de loi tendant à autoriser le ratification d'un traité ayant des incidences sur le fonctionnement des institutions, et d'ailleurs, le décret décidant de soumettre un projet de loi au référendum n'est pas soumis au contreseing ministériel, selon l'article 19 de la constitution. De plus, ce décret du président n'est susceptible  d'aucun  recours  devant  le  Conseil  d'Etat  et,  le  Conseil  constitutionnel  n'est  pas davantage compétent et il se refuse à contrôler le conformité des lois adoptées au référendum. On sait que le général De Gaulle a estimé que l'article 11 de la constitution, relatif au référendum, lui donnait le droit de soumettre directement au corps électoral tout projet de loi, même constitutionnel, «relatif à l'organisation des pouvoirs publics». L'utilisation de l'article 11 n'étant soumis à aucun contrôle que celui du corps électoral, un Président, ingénieux et sûr de l'appui populaire, pourrait imaginer de réaliser les deux opérations en même temps par la même voie: faire modifier la Constitution et faire approuver ensuite le traité qui, conforme aux nouvelles dispositions de la constitution, entrerait dans le cadre de l'article 11 dans la mesure où il aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions.». (Lesage Michel «Les procédures de conclusion des accords internationaux de la France sous la Vème République», in Annuaire français de droit international, volume 8-n° 8, 1962.)

En ce qui concerne le référendum du 08.04.1962 et, à l'attention de certains propagandistes qui prônent la reconnaissance du 19 mars et clament que les Français l'ont approuvé à plus de 90%, je me permets de leur rappeler les points suivants: ce référendum excluait les personnes vivant en Algérie soit 5 millions de citoyens français; les abstentions, les bulletins nuls ou blancs et les «non» représentaient 9.483.136 électeurs, soit 64,80% des inscrits. La France n'a pas, en fait, par son vote, ratifié les «accords d'Évian», mais «approuvé» un projet inconstitutionnel, sur lequel le Conseil d'État avait rendu, à une majorité écrasante, 48 voix contre 12, un arrêt défavorable repris par le Conseil constitutionnel. Ce référendum avait pour objet d'approuver un traité à venir («les accords d'Évian») et ne peut donc entrer dans le cadre de l'article 11 («ratification d'un traité»), non plus que dans la catégorie des accords de communauté (l'Algérie d'ailleurs n'en fit jamais partie). Dans sa thèse de doctorat du 26.06.1981, «la violation de la Constitution», Christian Coste souligne que: «Par le référendum du 08.04.1962, où les griefs juridiques subsistent et sont véhémentement invoqués contre les pouvoirs publics, trouvant de solides appuis dans l'avis défavorable du Conseil d'État et les réticences du Conseil constitutionnel, le thème de la violation est évoqué de manière subsidiaire ou superfétatoire. Le personnel politique semble avoir  conscience de  la  difficulté de  rendre véritablement mobilisateur le  thème de  la violation de la Constitution.». Mais, n'est-il pas vrai que, sous  la Vème République, tous les hommes politiques de l'opposition dénoncent les violations de la constitution par le président de la République, De Gaulle, lui-même? Quant au référendum d'autodétermination du 01.07.1962, après une démonstration chiffré, l'historien Xavier Yacono relève que: «Il est évident que les résultats de ce référendum sont erronés et qu'ils ne peuvent être d'aucune utilité. Les admettre c'est conclure que la guerre d'Algérie ne s'est accompagnée d'aucune perte...». «X. Yacono: Les pertes algériennes»). (Christian Coste «La violation de la Constitution. Réflexions sur les violations des règles constitutionnelles relatives aux pouvoirs publics en France», Thèse de doctorat, 26.06.1981, prix de thèse de l'Université de Paris-II, 1981, prix Paul Deschanel, 1982).

L'auteur rappelle l'origine du  choix du  5  décembre pour  rendre hommage à toutes les victime:  Le  Décret  n°  925-2003  du  26.09.2003,  confirmant  le  choix  des  membres  de  la Commission Jean Favier qui avaient retenu, à la quasi-unanimité, par 11 voix contre 1 (celle de la FNACA), la date du 5 décembre pour rendre hommage à toutes les victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie, le président de la République, J. Chirac, signe un décret instituant une journée nationale d'hommage aux «Morts pour la France» pendant la guerre d'Algérie, fixant cette journée au 5 décembre.

Au moment où le Sénat s'apprête à discuter sur la commémoration du 19 mars 1962, je rappelle d'abord, qu'en Algérie, cette date ne figure pas au calendrier officiel des commémorations. Voici la France qui veut nous imposer une lecture de l'Histoire, dictée par le législateur et le pouvoir politique. Nous connaissons, pratiquement chaque année, ce que j'appelle le «Printemps des roucoulades» qui entraîne nos représentants de la Nation dans une fébrile effervescence à des fins purement électorales. Prêts à tout. Après la commémoration du 19 mars, pourquoi pas la Repentance. Je veux bien, à condition qu'en face s'applique aussi le Nadam qui est la manifestation de la repentance dans l'islam, en la circonstance pour les actes de barbarie commis par le passé en Algérie, et qui n'ont épargné ni les Algériens entre eux, ni les juifs ou les chrétiens. Mais, la France, alors, se repentira bien vite de sa repentance.

Bien que la présente lettre ouverte, Mesdames, Messieurs les représentants de la Nation française, puisse vous paraître longue, l'Histoire, elle, ne souffre d'aucun raccourci. Et, pour conclure, permettez-moi de vous faire partager ces paroles pleines de sagesse et de lucidité que l'ancien député européen socialiste et actuel locataire à l'Élysée, comme bénévole du président de la République, François Hollande, Bernard Poignant: «La repentance est une méthode pontificale, marquée du sceau de la pénitence et en attente de rédemption. La quête de la vérité historique, la recherche inlassable des faits et leur publication relèvent du principe de reconnaissance, donc d'une méthode laïque et démocratique...De grâce, pas de repentance à répétition, pas d'anachronisme pour chaque événement, pas d'exception pour qui que soit: les peuples portent en eux le meilleur et le pire». («Le Monde» du 13.12.2005).

Enfin, si l'ancien ministre de l'Algérie, Robert Lacoste, s'est écrié: «De Gaulle a fini la guerre  d'Algérie  comme  un  charcutier...», Bruno  de  Leusse,  ancien  membre  de  la  délégation française lors des pourparlers avec le FLN, répondant au porte-parole du FLN à propos du 19 mars, Redha Malek, s'était écrié, le 05.05.1989: «On ne fête pas Waterloo!». 

DELENCLOS Michel  Henri

Citoyen avisé

Retour Michel Delenclos

Posté par popodoran à 23:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 avril 2014

BULLETIN D'HUMEUR N°80

Libre propos citoyen

Document transmis par

LE PHAREFOUILLEUR  le Lundi 31 mars 2014.

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ». Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen - Article XI - 1789

Elections municipales, résultats du 2e tour : élu(e)s de gauche….la sortie c’est par là !

Madame, Monsieur, cher(e)s ami(e)s et compatriotes,

         Les élu(e)s du PS et de la clique malsaine des GHM (gauchistes-humanistes-mondialistes) ont été laminés par les électeurs qui ont bien compris que le pouvoir est dans les urnes.

         Apprécions les termes et les formules cinglantes trouvées ici et là :

- sur le Nain-moi-Président :

  décevant, impopulaire, désavoué, sanctionné, puni, le premier tour a été cruel pour François HOLLANDE, le second est assassin,

- sur le PS et la gauche en général :

  cinglant revers, désordre et mollesse, promesses sans réalisation, inconsistance à gouverner, après la gifle du 23 mars la dérouillée du 30,

- sur le renouveau du FN :

   une bourrasque bleu Marine s’est levée, le vote FN n’est plus un vote de protestation mais un vote d’adhésion, le FN a gagné la bataille de la crédibilité qui fait suite à celle de la respectabilité, l’enracinement du FN est bien réel au niveau local ce qui présage d’une plus grande réaction nationale.

         Analyse rapide et révélatrice du résultat final de ces élections municipales :

- s’il est admis que les élections dites intermédiaires sanctionnent souvent le pouvoir en place, à ce niveau de désaveu….c’est du jamais vu !

- la gauche a perdu 155 villes de plus de 9.000 habitants : c’est un véritable  tremblement de terre démocratique,

- enfin la droite revient, décomplexée, et au regard des résultats lamentables des branquignoles du gouvernement sortant, c’est un grand espoir qui renaît après tant de promesses non tenues et d’abus de pouvoir,

- mais la grande révélation de ce scrutin est d’une tout autre nature : le peuple s’est réveillé et a sanctionné par les urnes cette majorité délétère !

         Compliments aux candidats gagnants du FN, ou soutenus par lui, tous démocratiquement haïs par les réseaux UMPS :

- à Béziers, commune de 71.430 habitants, Hérault (34),

   Robert MENARD (soutenu par le FN), avec 46,98 %, soit 37 sièges sur 49,

 

- à Beaucaire, commune de 16.000 habitants, Gard (30),

   Julien SANCHEZ, 39,81 %, soit 23 sièges sur 33,

 

- à Bollène, commune de 14.050 habitants, Vaucluse (84),

   Marie-Claude BOMPARD (soutenue par le FN), 55,35 %, soit 26 sièges sur 43,

 

- à Camaret-sur-Aigues, commune de 4.600 habitants, Vaucluse (84),

   Philippe de BEAUREGARD (soutenu par le FN), 36,61 %, soit 19 sièges sur 27,

 

- à Cogolin, commune de 11.120 habitants, Var (83),

   Marc-Etienne LANSADE, 53,09 %, soit 26 sièges sur 33,

 

- à Fréjus, commune de 52.350 habitants, Var (83),

   David RACHLINE, 45,55 %, soit 33 sièges sur 45,

 

- à Hayange, commune de 15.730 habitants, Moselle (57),

   Fabien ENGELMANN, 34,70 %, soit 23 sièges sur 33,

 

- à Hénin-Beaumont, commune de 26.900 habitants, Pas-de-Calais (62)         ,

   Steeve BRIOIS, avec 50,25% (seul élu FN au 1er tour), soit 28 sièges sur 35,

 

- au Luc, commune de 9.530 habitants, Var (83),

   Philippe de la GRANGE, 42,02 %, soit 21 sièges sur 29,

 

- à Mantes-la-Ville, commune de 19.840 habitants, Yvelines (78),

   Cyril NAUTH, 30,26 %, soit 22 sièges sur 33,       

 

- à Marseille, dans le 7e secteur, le plus peuplé, qui réunit au nord les 151.000

   habitants des XIIIe et XIVe arrondissements, Bouches-du-Rhône (13),

   Stéphane RAVIER, 35,33 %, soit 11 sièges sur 16,

 

- au Pontet, commune de 16.900 habitants, Vaucluse (84),

  Joris HEBRARD, 42,62 %, soit 24 sièges sur 33,

 

- à Villers-Cotterêts, commune de 10.400 habitants, Aisne (02),

  Franck BRIFFAUT, 41,53 %, soit 24 sièges sur 33,

 

         Sources : pour les pourcentages et les sièges, site Le Parisien, pour le nombre d’habitants (chiffré en 2011), site Wikipédia. Après de tels résultats on ne pourra plus faire croire à qui que ce soit que les électeurs qui ont voté pour le FN sont des….égarés !

         Ce sont des citoyens lucides, responsables et décidés à ce que leur vie quotidienne s’améliore grâce à des économies à réaliser sur la gestion municipale, à une baisse des impôts locaux, à un soutien de l’implantation des PME-PMI, à des mesures de sécurité de type tolérance zéro, à une meilleure adéquation entre l’offre et la demande sur l’emploi local.

         A l’issue de ces élections municipales, le FN dispose, dans les villes de plus de 1.000 habitants, de 1564 conseillers municipaux et 459 élus dans les intercommunalités. C’est une grande première….bravo Marine !

         Il est pensable que cet encrage considérable du FN va permettre : 

- d’aborder les prochaines élections européennes avec les atouts en poche de ces premières victoires électorales,

- de renforcer la présence systématique du FN lors des futures échéances régionales et départementales de 2015.

Plus que jamais l’union des droites doit continuer pour atteindre un objectif unique : BATTRE LA GAUCHE !

Merci de votre aimable considération. Bien cordialement.

Michel Salanon...de l'Hôtel Saint Maurice d'Aïn-el-Turck 

Retour le phare fouilleur

Posté par popodoran à 23:02 - Commentaires [2] - Permalien [#]