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30 septembre 2026

7 OCTOBRE… NE JAMAIS OUBLIER

 

transmis par José Castano


 « Il y a une place spéciale en enfer pour ceux qui ne prennent pas position lors d’une crise morale » Richard Abitbol (Président d’honneur de la Confédération Juifs de France et Amis d'Israël )

 

 

    Le 7 octobre 2023 restera à jamais une plaie ouverte dans nos cœurs. Une journée de sang et de larmes où des vies innocentes furent fauchées avec une sauvagerie que rien ne peut justifier. Des hommes, des femmes, des enfants massacrés, des familles brisées, des otages arrachés aux leurs… Ils ne demandaient qu’une chose : vivre, aimer, rire et vieillir en paix.

 


    En cette période de commémoration, nous nous inclinons devant leur mémoire. Mais nous refusons que le temps, les calculs diplomatiques ou les passions idéologiques viennent recouvrir leur sang d’un voile d’oubli.


    C’est avec une colère profonde que nous dénonçons les prises de position honteuses de Mélenchon et de Macron dont l’excessive compassion envers les gazaouis pourvoyeurs du Hamas, est une insulte cruelle et inacceptable à la mémoire des martyrs.


    Le 22 septembre 2026, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, le Président de la République française a honteusement martelé que la situation à Gaza était « un spectacle qui nous fait honte à tous », ajoutant avec un aplomb déconcertant : « Regardez ce qui se passe en Cisjordanie, où chaque jour des violations sont faites. Au nom de quoi ? Le Hamas n’a jamais sévi en Cisjordanie. »


    Comment ne pas mesurer la violence symbolique de telles phrases lorsqu’elles sont prononcées devant le monde entier, alors que des Israéliens vivent encore avec le traumatisme du 7 octobre, que des familles portent encore le deuil et que la mémoire des victimes demeure à vif ?


    Par ses déclarations inappropriées et mensongères, Macron a blessé et révolté tout un peuple. La Bible impose aux responsables publics l’exigence de dire la vérité : « Malheur à ceux qui inversent le mal en bien et le bien en mal (Esaï 5:20) ». Or, chez Macron, le mensonge prédomine. Ce déni de justice et cette manipulation politique révèlent son mépris pour les Israéliens, pour les familles endeuillées et pour la paix. Pourtant, l’exigence réclame que les victimes restent des victimes, que les terroristes restent des terroristes et que la vérité ne soit jamais sacrifiée aux nécessités de la politique.


    À l’approche de l’élection présidentielle, chaque citoyen devra réfléchir avec conscience et responsabilité : ne pas laisser l’indifférence, le mensonge et la trahison prendre le pas sur la véracité des faits. Honorer la mémoire des disparus, c’est aussi choisir des dirigeants qui défendent la vérité, la justice et la paix, sans hypocrisie ni calcul politique.


    Le temps efface les visages. Il efface les voix. Il recouvre les pierres de poussière. Mais il ne doit jamais effacer la mémoire parce qu’un peuple qui oublie ses morts finit un jour par oublier pourquoi il doit défendre les vivants.


 José CASTANO (Association Mémoire de l’Armée d’Afrique)


 « Macron le nouvel Attila ! Là où il passe tout trépasse ! » Richard Abitbol (MABATIM.INFO)

 

 

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21 septembre 2026

LE FEU DE JEANNE, LES CENDRES DE LA FRANCE

 

transmis par José Castano

 

     (Quand le pouvoir trahit la nation )

 

                « Grand-pitié ! Jamais personne ne secourut la France si à propos et si heureusement que cette Pucelle, et jamais mémoire de femme ne fut si déchirée. » (Étienne Pasquier)

 

    Il y a près de six siècles, la France vacillait déjà au bord de l'abîme. Déchiré par les factions, humilié par l'étranger, le royaume semblait condamné à disparaître dans les ténèbres de l'Histoire. Les Bourguignons et les Armagnacs ensanglantaient le pays tandis que les Anglais occupaient ses terres avec l'assurance des conquérants. La France doutait d'elle-même ; pire encore, elle avait cessé de croire en son propre destin.


    Alors surgit une enfant. Elle n’avait ni naissance illustre, ni fortune, ni science des livres. Rien, sinon une foi inébranlable, une volonté de fer et cette mystérieuse certitude qui fait parfois des êtres simples les instruments de la Providence. Son nom traverserait les siècles comme un glaive de lumière dans la nuit des peuples : Jeanne d'Arc. Sa devise tenait en quelques mots où résonnait déjà toute son âme : « Dieu premier servi ».


    Née le 6 janvier 1412 à Domrémy, aux marches du royaume de France et du duché de Lorraine, Jeanne grandit au milieu des ravages de la guerre de Cent Ans. À treize ans, elle entendit ces voix qui lui ordonnaient de sauver le royaume et de conduire le Dauphin au sacre. Pendant plusieurs années, elle résista à cet appel, comme si elle pressentait le prix qu'il lui faudrait payer. Puis vint l'heure du renoncement à soi-même : elle quitta son village, son enfance et marcha vers son destin.


    A Vaucouleurs, elle rencontra le capitaine Robert de Baudricourt et le convainquit de l’aider à obtenir une audience auprès du Dauphin.


    À Chinon, devant le futur Charles VII, cette jeune paysanne de dix-sept ans parla avec une autorité qui bouleversa les plus sceptiques. Les théologiens de Poitiers voulurent la soumettre à leurs interrogatoires, sonder sa foi, examiner sa pureté, éprouver sa vérité...


    Elle annonça pourtant ce qui semblait impossible : la délivrance d’Orléans, le sacre du roi à Reims, le redressement du royaume... Ébranlé par tant de convictions, Charles accepta alors de lui confier une armée pour libérer Orléans des mains des Anglais. Et ce qui semblait folie devint réalité.


    Le 7 mai 1429, avant l’assaut des Tournelles, Jeanne lança à ses soldats cette injonction immortelle : « Entrez hardiment parmi les Anglais ! » Alors se produisit ce prodige que les siècles peinent encore à expliquer : des hommes découragés retrouvèrent le courage ; des soldats vaincus redevinrent une armée ; une nation humiliée releva la tête. Transcendés par tant de courage, les soldats français bousculèrent les lignes ennemies infligeant aux Anglais leur première défaite. Orléans libérée, Jeanne remonta vers Reims, délivrant chacune des villes sur son passage... inversant, ainsi, le cours de la guerre de Cent ans. Là où les princes tergiversaient, où les stratèges hésitaient, où les puissants calculaient leurs intérêts, une jeune fille avançait sans peur, portée par une seule idée : sauver la France.


    Et c’est peut-être là que réside l’écrasante leçon de Jeanne d’Arc.
Car son héroïsme jette une lumière cruelle sur les faiblesses qui saisissent les nations lorsqu'elles traversent l'épreuve. Jeanne donnait sa vie quand d'autres protégeaient leurs charges ; elle affrontait les épées quand les puissants s'abritaient derrière leurs prudences ; elle parlait au nom du peuple souffrant quand tant de responsables ne parlent plus qu'au nom des intérêts, des partis ou des calculs du moment.


Elle, l'ignorante selon les docteurs, comprenait mieux la France que beaucoup de ceux qui prétendaient la gouverner.
    Aujourd'hui encore, la comparaison demeure troublante.


    D'un côté, une adolescente qui marcha au feu sans rien demander pour elle-même, préférant le sacrifice à la compromission et la vérité au confort... De l’autre, une caste politique sans souffle ni grandeur, prisonnière de la communication, des renoncements successifs, se vautrant dans le déni… ce déni qui découle de son aveuglement face à sa politique immigrationniste.


    Là où Jeanne incarnait l’abnégation absolue, nombre de nos dirigeants semblent n’incarner que l’art de survivre politiquement au milieu des difficultés qu'ils peinent à résoudre : l’insécurité gangrène les villes ; le narcotrafic prospère en toute liberté ; la violence — banalisée à l’extrême — devient quotidienne ; une justice laxiste entretient le sentiment d’impunité ; l’école ne transmet plus ni mémoire ni exigence ; l’histoire nationale se délite ; l’autorité s’efface ; le débat public se dissout dans l’invective, la peur et le mensonge. Une société autrefois fière de son héritage semble désormais honteuse de son histoire, comme si aimer son pays était devenu suspect. Aucun peuple pourtant ne peut vivre longtemps sans idéal…


    Comment réagirait Jeanne face à cette « Nouvelle France » — chère aux « antifas » — issue des quartiers populaires, des héritages migratoires et d’un métissage présenté non comme une conséquence historique mais comme un horizon politique ? Que ferait-elle face à leurs méthodes de voyous consistant à opposer la rue contre les urnes, le tumulte contre la loi, le cri contre le bulletin de vote ? Que penserait-elle de ces élites qui semblent avoir renoncé à défendre ce qu’elles ont mission de servir ? Elle qui ne connaissait qu’un seul parti — celui du royaume — regarderait sans doute avec stupeur cette époque où l’on préfère diviser les Français plutôt que les unir, culpabiliser le peuple plutôt que le protéger, déconstruire l’héritage plutôt que le transmettre.


    Et pourtant, malgré tout, son souvenir demeure.


Parce qu'il rappelle qu'une nation ne meurt véritablement que lorsqu'elle cesse de croire à sa propre grandeur. Parce qu'il rappelle qu'au milieu des trahisons, des lâchetés et des abandons peut surgir une âme assez pure pour relever tout un peuple. Parce qu'il rappelle enfin qu'il existe quelque chose de plus grand que les intérêts particuliers : une patrie, une mémoire, une civilisation.


    Mais aujourd'hui, qui se lèvera ?
    Qui parlera encore d’honneur, de sacrifice, de fidélité, de devoir ? Qui acceptera de servir plutôt que de régner ? Qui aura le courage de dire la vérité quand tant d’autres préfèrent le confort du silence ? Qui consentira au sacrifice quand notre époque enseigne l’adoration de soi ?


    La France s’enfonce désormais dans une nuit épaisse, une nuit sans étoiles où vacillent les dernières flammes de son génie. C’est le temps des consciences qui s’éteignent, une à une, comme des cierges oubliés au fond d’une nef déserte. Si ses cathédrales défient encore le ciel, les âmes, elles, s’effondrent ; si ses monuments demeurent, son esprit s’évapore. Et dans ce silence de mort, ne résonne plus que le pas lourd de l'impuissance et le murmure des indifférents.


    Alors, parce que la terre se dérobe, nos regards se tournent vers elle.


    On la revoit, cette enfant de dix-neuf ans, seule au fond des ténèbres de Rouen. Enchaînée, trahie, vendue, elle n’a plus pour horizon que le bois sombre du bûcher. Et pourtant, dans le dénuement absolu de sa prison, elle se dresse, immense, écrasant de sa pureté la morgue des puissants et la petitesse des juges.


    Vient enfin l'aube livide du 30 mai 1431.
    Sur la place du Vieux-Marché, on l’attache au poteau… Les flammes commencent leur œuvre. La fumée monte, mais son regard, lui, cherche encore le ciel. À l’évêque Pierre Cauchon, artisan de son supplice — acquis à la cause anglaise — elle jette cette sentence qui déchire les siècles : « Évêque… je meurs par vous ! » C’est le cri de la vérité face à la trahison des élites, le cri de l’innocence face au calcul des clercs. Puis, dans le fracas du brasier, elle libéra son ultime cri d’amour : « Jésus ! »


    Si la France possède encore un cœur sous les décombres de son époque, qu’elle écoute ce cri consumé par le feu. Car aujourd’hui, dans le vacarme des mensonges, au milieu des renoncements qui nous enchaînent et des fidélités que l’on brise, c’est l’âme même de notre peuple qui semble monter du bûcher. Un peuple qui, dans un même élan de douleur et d’espérance, murmure avec Jeanne cette supplique désespérée : « Jésus… sauvez la France. »


 José CASTANO

 

 

16 septembre 2026

MON CREDO PATRIOTIQUE

transmis par José Castano



(Lettre adressée à Sarah Knafo et à Éric Zemmour)

 

    Chère Sarah,
    Cher Éric,

 


    Nous sommes, me semble-t-il, à l’un de ces moments rares où l’Histoire semble retenir son souffle. La France traverse une période de bouleversements profonds, et l’avenir pourrait ouvrir une voie nouvelle à la droite nationale et patriotique. Mais les occasions historiques sont fragiles : elles exigent du courage, de la hauteur de vue et, surtout, la capacité à dépasser les querelles de personnes lorsque l’intérêt supérieur du pays est en jeu.


    Car l’union des patriotes n’est plus une simple aspiration : elle est devenue une nécessité. Et cette union ne pourra véritablement s’accomplir que lorsque les « chicayas », les rivalités et les blessures d’amour-propre auront été définitivement remisées au vestiaire.


    Cher Éric, en 2024, vous n’avez eu de cesse de diriger vos attaques contre Marine et le Rassemblement national. Beaucoup de vos fidèles ont alors considéré cette stratégie comme aussi sévère que périlleuse, voire politiquement contre-productive pour votre propre Mouvement. Avec le recul, force est de constater qu’en concentrant ainsi vos coups sur ceux qui auraient pu devenir des partenaires dans un même combat, vous avez peut-être, pour reprendre une expression populaire, « tiré une balle dans votre propre pied ».


    Il faut pourtant savoir regarder l’avenir sans demeurer prisonnier des affrontements d’hier. La politique, lorsqu’elle prétend servir la France, devrait être autre chose qu’une succession de blessures personnelles et de comptes à régler. Elle devrait être cette capacité rare à distinguer l’essentiel de l’accessoire, la Patrie des ambitions individuelles, le destin collectif des rivalités particulières.

 


    Marine a été blessée, nul ne peut sérieusement l’ignorer. Et lorsqu’une blessure existe, il est inutile de l’approfondir à coups de nouvelles attaques. La grandeur politique consiste parfois à savoir déposer les armes entre compagnons de combat afin de pouvoir, demain, les reprendre ensemble face à ceux qui menacent l’avenir de notre pays.
    C’est précisément dans cet esprit que je souhaite attirer votre attention sur Sarah.
    Sarah Knafo représente, à mes yeux, une personnalité politique d’une rare détermination, une jeune femme dont l’intelligence, la combativité et le courage ont déjà retenu l’attention de nombreux patriotes. Elle incarne une génération nouvelle qui pourrait, demain, prendre toute sa part dans le redressement de la France.


    C’est pourquoi je vous le dis avec toute la franchise que permettent la fidélité et l’amitié : ne sacrifiez pas inutilement Sarah sur l’autel de l’ego, de la dualité ou de la rivalité.


    Ce serait une erreur politique, mais ce serait aussi, plus profondément, une erreur historique.


    Si demain une majorité patriotique devait se dessiner et qu’un gouvernement conduit par Jordan Bardella venait à voir le jour, Sarah aurait naturellement vocation, compte tenu de ses qualités et de son engagement, à y occuper une place à la hauteur de son talent. Il serait donc regrettable que les querelles d’hier viennent hypothéquer les responsabilités de demain.


    La France n’a pas besoin de nouvelles divisions. Elle a besoin de rassemblement. Elle a besoin que les hommes et les femmes qui partagent l’amour de son histoire, de sa souveraineté, de sa culture et de son identité sachent enfin unir leurs forces.


    Nous avons devant nous une responsabilité immense : ne pas laisser passer, par des querelles subalternes, ce qui pourrait être l’une des dernières grandes occasions de redressement national.


    L’Histoire jugera chacun d’entre nous moins sur les coups que nous aurons portés à nos compagnons de route que sur notre capacité à avoir servi, au moment décisif, l’intérêt supérieur de la France.


    C’est dans cet esprit, avec toute ma sympathie, mon estime et ma fidélité à la France patriotique, que je vous adresse ces quelques lignes.


    Puisse chacun avoir la sagesse de regarder au-delà des susceptibilités personnelles pour ne voir enfin que l’essentiel : la France, son avenir et la transmission de ce qu’elle représente à nos enfants.


    Bien cordialement,


   José CASTANO (6 septembre 2026)

 

12 septembre 2026

PHILIPPE DE VILLIERS : LE CHOIX DE LA RAISON

transmis par José Castano

    Depuis quelques jours, une campagne effrénée, menée par LFAPDV et relayée par nombre de ses sympathisants, presse Philippe de Villiers de se prononcer sur une éventuelle candidature à la présidence de la République.
Mais Philippe demeure silencieux.


Silence qui intrigue, silence qui déconcerte… et qui, peut-être, en dit davantage que bien des déclarations.


Car ceux qui connaissent l’homme savent qu’il n’est ni de ceux qui se laissent emporter par le tumulte, ni de ceux qui confondent l’enthousiasme d’une foule avec les exigences de l’Histoire. Homme de culture, de réflexion et de caractère, doté d’un esprit d’analyse qui dépasse largement les frontières de son propre camp, Philippe de Villiers sait mesurer le poids d’une décision et, surtout, ses conséquences.
S’il devait finalement renoncer à se présenter, ce ne serait donc ni par faiblesse, ni par renoncement à ses convictions.


Ce serait, au contraire, parce qu’il aurait compris une réalité politique élémentaire : une candidature supplémentaire à droite pourrait transformer une espérance en désillusion et une victoire possible en catastrophe électorale.
Car que pèseraient les convictions, les talents, les enthousiasmes et les mérites de chacun si, au soir du premier tour, l’éparpillement des voix empêchait la droite nationale et patriotique d’accéder au second tour ?


Et si, à cette dispersion, venaient s’ajouter d’autres candidatures, notamment celle de Sarah ou d’Éric, le risque deviendrait encore plus grand.
Alors, il ne faudrait plus rêver : il faudrait regarder les chiffres en face.


La multiplication des candidatures pourrait ouvrir la voie à un second tour que personne, parmi ceux qui aiment réellement la France, ne souhaite voir advenir.


Est-ce vraiment cela que veulent ceux qui réclament, à cor et à cri, la candidature de Philippe de Villiers ?


Je leur pose cette question sans polémique, mais avec gravité.
Car aimer Philippe de Villiers, admirer son courage, sa culture, sa vision de la France et son immense talent, ne signifie pas nécessairement souhaiter qu’il se présente à tout prix.
Il est parfois des fidélités qui consistent à applaudir un homme.


Et il en est d’autres, plus exigeantes, qui consistent à comprendre ses silences.
Pour ma part, je suis un partisan inconditionnel de Philippe de Villiers. C’est précisément parce que je lui reconnais intelligence, lucidité et hauteur de vue que je peux comprendre qu’il puisse choisir de ne pas être candidat.
Je souhaite plus que jamais qu’une seule voix puisse porter au plus haut les aspirations de la droite nationale et patriotique.


Car, au bout du compte, l’Histoire ne retiendra pas combien nous étions à avoir raison séparément.


Elle retiendra si nous avons su, le moment venu, nous rassembler pour faire gagner la France.
Et à ceux qui, par principe, par dépit ou par fidélité mal comprise, refuseraient ensuite de soutenir le candidat arrivé au second tour, je poserai simplement cette question :
Que ferons-nous si notre division contribue à faire élire celui que nous voulions précisément empêcher de l’emporter ?
Il sera alors trop tard pour regretter.
Trop tard pour verser des larmes de crocodile.
Trop tard pour expliquer que nous n’avions pas voulu cela.


En politique comme dans l’Histoire, certaines erreurs ne se corrigent pas. Elles se paient durant des années.
Alors, avant de réclamer une candidature de plus, posons-nous la seule question qui vaille :
Voulons-nous avoir raison chacun de notre côté… ou voulons-nous gagner ensemble ?
Pour ma part, mon choix est fait.
J’aime Philippe de Villiers.


Et c’est justement parce que je l’aime et que je crois en sa lucidité que je souhaite qu’il demeure, s’il le juge nécessaire, au-dessus de la mêlée.


Car parfois, le plus grand service qu’un homme puisse rendre à la cause qu’il défend n’est pas de conduire la bataille… mais de permettre à ceux qui doivent la gagner de ne pas se battre entre eux.


José CASTANO

 

 

6 septembre 2026

23 SEPTEMBRE 1940… DAKAR SOUS LE FEU BRITANNIQUE

transmis par José Castano

 

Une tragédie française sur fond de guerre mondiale et de rivalité franco-britannique

 

 

(L’affrontement entre alliés que l‘Histoire a oublié)

 

   « L'âme de nos marins plane sur l'Océan, je l'ai vue ce matin, sous l'aile d'un goéland » (Freddie Breizirland)

 

    À l’extrémité occidentale du continent africain, là où l’Atlantique semble ouvrir la route des Amériques, Dakar surgissait en 1940 comme un verrou stratégique majeur, convoité par toutes les puissances maritimes. Cédée définitivement à la France par le traité de Paris du 30 mai 1814, la ville était devenue, en 1904, la capitale prestigieuse de l’Afrique

 

Occidentale Française. Carrefour des routes océaniques reliant l’Europe, l’Afrique australe et l’Amérique latine, elle représentait bien davantage qu’un simple port colonial : Dakar était un symbole de puissance, un bastion impérial, une sentinelle avancée de la présence française sur l’Atlantique.

 


    Depuis longtemps déjà, la Grande-Bretagne observait avec convoitise cette position exceptionnelle. Les antiques rivalités coloniales entre Londres et Paris n’avaient jamais totalement disparu. Or, après l’effondrement militaire français de juin 1940, certains responsables britanniques virent dans l’affaiblissement de la France une occasion historique de réduire définitivement son influence maritime et coloniale.

 


    Pourtant, au cœur même du désastre national, une volonté de résistance subsistait encore dans l’Empire français. En septembre 1940, le maréchal Pétain confia au général Weygand la délégation générale du gouvernement en Afrique ainsi que le commandement suprême des forces françaises du continent. Derrière cette décision apparaissait une double ambition : préserver l’intégrité de l’Empire et maintenir vivante l’idée d’une future revanche.

 


    Mais l’orage approchait déjà.

 


    Le 31 août 1940, moins de deux mois après la tragédie de Mers-el-Kébir — où la flotte britannique avait ouvert le feu sur la flotte française au mouillage et désarmée, provoquant la mort de 1585 marins — la force navale britannique baptisée « M », (M pour « Menace »), quitta les ports anglais en direction de Freetown, en Sierra Leone, qu’elle atteignit le 16 Septembre. À son bord se trouvait le général de Gaulle, porté par l’espoir de rallier Dakar à la France Libre.

 


    L’expédition reposait sur deux objectifs essentiels.


- Winston Churchill voulait s’assurer du contrôle d’un point stratégique capital, mais aussi mettre la main sur les immenses réserves d’or de la Banque de France ainsi que celles des banques belge et polonaise, transférées à Dakar pour échapper à l’avance allemande : plus de mille tonnes d’or dormaient alors dans les coffres africains. Londres convoitait également le cuirassé Richelieu, joyau de la marine française, dont la puissance de feu inquiétait sérieusement l’Amirauté britannique.

 


- De son côté, le général de Gaulle cherchait à imposer son autorité sur l’Empire français et à apparaître comme l’unique incarnation de la France combattante. Mais face à lui, le gouvernement de Vichy entendait conserver coûte que coûte ses possessions africaines et refusait catégoriquement toute dissidence.

 


    Le 23 septembre 1940, à l’aube, la force M apparut au large de Dakar.


    À six heures du matin, un message du général de Gaulle fut transmis à la garnison française, l’invitant à se rallier sans combat. Ce fut un échec immédiat. La seule présence du chef de la France Libre, qu’il croyait suffisante pour provoquer un soulèvement moral et militaire, ne suscita aucun des ralliements espérés. Le souvenir sanglant de Mers-el-Kébir hantait encore tous les esprits ; dans les rangs français, la méfiance envers les Britanniques était devenue immense. Dès lors, l’affrontement devenait inévitable.

 


    Une première tentative de débarquement britannique échoua dans la confusion. Deux autres suivirent, et connurent le même sort. Les opérations de persuasion politique tournèrent elles aussi au fiasco. Thierry d’Argenlieu, venu parlementer sous pavillon blanc, fut accueilli par des tirs de mitrailleuse qui blessèrent plusieurs hommes de son embarcation.

 


    De Gaulle et l’amiral Cunningham comprirent alors que la résistance française serait totale.


    En effet, la situation n’avait plus rien de commun avec celle de Mers el-Kébir où la flotte désarmée avait été littéralement assassinée ; cette fois, les marins français étaient prêts au combat et animés, de surcroît, d’un esprit de revanche parfaitement perceptible… et compréhensible. Avant la tragédie de Mers-el-Kébir, la flotte française était la 4ème plus puissante flotte du monde ; elle était décidée à le prouver et cela d’autant plus qu’elle n’avait jamais été vaincue… À Dakar, les forces françaises étaient préparées au combat. Les batteries côtières étaient solides, les équipages déterminés, et la flotte française conservait encore une puissance redoutable. Meurtris par la lâcheté de l’attaque britannique de juillet, les marins français brûlaient désormais d’un désir de revanche.

 


    Dans ses Mémoires, de Gaulle reconnaîtra lui-même l’échec de l’entreprise :


« Décidément, l’affaire était manquée. Non seulement le débarquement n’était pas possible, mais quelques coups de canon des croiseurs français auraient suffi à envoyer par le fond toute l’expédition française libre. »

 


Ainsi s’acheva la journée du 23 septembre.
    Durant la nuit du 23 au 24 septembre, de multiples télégrammes furent échangés entre Churchill et l’amiral Cunningham. Le Premier ministre britannique demeurait inflexible : « Que rien ne vous arrête ! »


    Un ultimatum fut alors adressé aux autorités françaises de Dakar, leur ordonnant de livrer la ville au général de Gaulle. Le texte, maladroit et provocateur, accusait même les défenseurs français de vouloir remettre Dakar aux Allemands. L’indignation fut immédiate.

 


    Le gouverneur général Boisson, se remémorant la mise en garde que Georges Clemenceau adressa, le 9 août 1926, au président américain Coolidge : « La France n’est pas à vendre, même à ses amis. Nous l’avons reçue indépendante, indépendante nous la laisserons ! ».


Et Boisson de répondre avec fermeté : « La France m’a confié Dakar. Je défendrai Dakar jusqu’au bout ! ».

 


Depuis Mers-el-Kébir, Vichy avait considérablement renforcé les défenses de la place. Le cuirassé Richelieu, plusieurs croiseurs, des contre-torpilleurs, des sous-marins et une aviation de combat aguerrie étaient désormais prêts à défendre le port sénégalais.


Face à eux, la flotte britannique alignait des moyens impressionnants : le porte-avions Ark Royal, déjà engagé à Mers-el-Kébir, deux cuirassés, plusieurs croiseurs et destroyers, ainsi qu’un corps expéditionnaire de plus de 4 000 hommes — dont la fameuse 101ème brigade des Royal Marines — épaulé par les forces gaullistes maritimes et 2700 soldats français.

 


    Le 24 septembre, Dakar entra véritablement dans le fracas de la guerre.
    Toute la journée, les deux flottes échangèrent des tirs d’artillerie d’une violence extrême. Les obus britanniques de gros calibre s’abattirent sur la ville, frappant notamment l’hôpital et la caserne du 6e RAC faisant 27 morts et 45 blessés. Les civils, eux aussi, payèrent un lourd tribut. Des familles entières découvrirent soudain la guerre moderne, brutale, aveugle, impitoyable.


Mais la défense française tenait bon.
    Le lendemain, 25 septembre, les Britanniques tentèrent une nouvelle approche. Une fois encore, ils se heurtèrent à une résistance acharnée. Les bâtiments français (Vichystes, diront les gaullistes !) ripostèrent avec précision tandis que l’aviation française dominait le ciel de Dakar.


Cette fois, l’échec était consommé.

 


    De Gaulle écrira : « L’amiral Cunningham décida d’arrêter les frais. Je ne pouvais que m’en accommoder. Nous mîmes le cap sur Freetown. »


Lorsque les derniers navires britanniques disparurent à l’horizon, Dakar demeurait française. En dépit de ses 203 morts et 393 blessés, l’armée française sortait vainqueur de la bataille. Les 1585 marins morts à Mers-el-Kébir étaient partiellement vengés.

 


L’épisode de Dakar dépassa largement le simple cadre militaire. Il constitua un choc politique et moral considérable.


- Pour Vichy, cette victoire défensive renforçait momentanément le prestige du régime et consolidait la fidélité de la marine autour du maréchal Pétain.


- Pour de Gaulle, en revanche, l’échec fut terrible. À Londres comme à Washington, critiques et sarcasmes se multiplièrent. Beaucoup l’accusèrent d’avoir sous-estimé la détermination des défenseurs de Dakar et d’avoir entraîné les Britanniques dans une aventure hasardeuse.


Churchill lui-même sortit affaibli de l’opération. Après avoir « triomphé » à Mers-el-Kébir contre une flotte désarmée… et pourtant alliée, il venait cette fois de se heurter à une marine française prête au combat et capable de résister.

 


    Pendant quelques jours, au large des côtes africaines, deux visions de la France s’étaient affrontées sous le feu des canons. Et dans les eaux sombres de l’Atlantique, ce furent des Français qui tirèrent sur d’autres Français, tandis que l’Histoire poursuivait inexorablement son œuvre tragique.


    José CASTANO

 

    1) - Pour mieux comprendre la bataille de Dakar…

 


    La bataille de Dakar ne peut être comprise sans revenir sur la tragédie fondatrice qui, quelques semaines plus tôt, avait profondément bouleversé les marins français : Mers-el-Kébir.

 


    Depuis de nombreuses années, certains historiens ou commentateurs (généralement gaullistes) ont tenté de justifier l’attaque britannique du 3 juillet 1940 en affirmant que la flotte française aurait inévitablement fini entre les mains de l’Allemagne nazie. Cette thèse -controversée par nos marins- mérite d’être confrontée aux faits.


    L’armistice franco-allemand du 25 juin 1940 consacrait certes l’effondrement militaire de la France sur le continent européen, mais il ne signifiait nullement la disparition de sa puissance navale. La marine française demeurait alors l’une des plus importantes du monde ; surtout, elle n’avait pas été vaincue. Ses équipages conservaient leurs bâtiments, leur discipline, leur honneur et leur volonté d’indépendance.


    Ni l’amiral Darlan, commandant en chef de la Marine, ni le général Weygand n’envisageaient de livrer la flotte aux Allemands. Cette détermination était connue des Britanniques eux-mêmes. Le général de Gaulle l’avait d’ailleurs clairement exprimée à Winston Churchill dès le 16 juin 1940 :


    « La flotte ne sera jamais livrée… C’est le fief de Darlan ; un féodal ne livre pas son fief. Pétain lui-même n’y consentirait pas. »
    Les autorités britanniques souhaitaient évidemment voir cette flotte rejoindre leurs ports afin qu’elle continue la guerre à leurs côtés. Une telle option demeurait possible au moment de l’effondrement français, mais aucun ordre en ce sens ne fut donné. Au contraire, les marins français reçurent l’assurance formelle qu’« en aucun cas la flotte ne serait livrée intacte ».

 

L’amiral Darlan précisa même qu’elle se replierait probablement vers l’Afrique ou serait sabordée avant toute capture.


    D’ailleurs, contrairement à une idée largement répandue après-guerre, Hitler lui-même n’avait pas exigé la remise de la flotte française. Les clauses de l’armistice ne prévoyaient pas une telle livraison. Le Führer savait parfaitement qu’une pareille exigence aurait été rejetée avec violence par la marine française et risquait de provoquer une reprise immédiate des hostilités.

 


    L’épisode de Dakar vient précisément confirmer cette réalité historique.


    Car si la métropole avait été contrainte à l’armistice, l’Empire français, lui, refusait moralement de se considérer comme vaincu. Dans les ports d’Afrique, les bâtiments français demeuraient sous pavillon national, prêts à combattre si l’on tentait de les saisir. La résistance acharnée opposée aux Britanniques en septembre 1940 démontre clairement que la flotte française n’entendait céder ni aux pressions anglaises, ni aux exigences allemandes. Et Richard LAMB, Historien anglais, de contester en ces termes l’attaque sur Mers-el-Kébir :

 


« Le verdict de l’histoire doit être qu’en ignorant l’avis de l’Amirauté et en provoquant une guerre non déclarée contre la France, Churchill a porté atteinte à la cause alliée. Son refus de croire les promesses des Français qu’ils ne permettraient jamais aux Allemands de s’emparer de leur flotte fut presque sa plus grave erreur politique de la guerre. »


À Dakar, les marins français ne défendaient pas seulement une rade ou quelques bâtiments de guerre ; ils défendaient une certaine idée de la souveraineté nationale, meurtrie mais toujours debout. Leur résistance avait mis en échec les ambitions britanniques. Pourtant Londres n’avait pas renoncé. Partout où subsistaient des unités de la Marine française -notamment celles au mouillage dans les ports du Liban et dans la région- la Royal Navy voyait un danger potentiel et poursuivait son objectif : neutraliser une flotte qui refusait de se rendre.

 


    2) - L’odyssée du sous marin « Le Souffleur »

 


    Le 8 juin 1941, les forces britanniques et les troupes gaullistes de la France libre déclenchèrent l'offensive contre la Syrie et le Liban, alors administrés par les autorités françaises de Vichy. Face à une écrasante supériorité aéronavale, la Division navale française du Levant, commandée par l'amiral Gouton, engagea un combat aussi inégal qu'héroïque.


    Dans ces eaux orientales, les sous-marins Caïman, Souffleur et Marsouin, appartenant à la 9e Division de sous-marins basée à Bizerte, patrouillaient le long des côtes afin d'intercepter les bâtiments britanniques qui menaçaient le Levant français.


    Dans la nuit du 24 au 25 juin 1941, le Souffleur naviguait en surface au large de Beyrouth. Comme tant d'autres sous-marins de son époque, il devait remonter régulièrement pour recharger ses batteries. À son bord, cinquante-sept hommes accomplissaient leur devoir dans l'obscurité de la Méditerranée. Cinq d'entre eux se trouvaient sur la passerelle.
Soudain, quatre sillages de torpilles apparurent à bâbord. Elles venaient du sous-marin britannique HMS Parthian.
L'enseigne de vaisseau Morange, officier de quart, réagit avec une remarquable promptitude et ordonna aussitôt de mettre la barre toute à droite. Mais le destin avait déjà choisi son camp. L'une des torpilles frappa le Souffleur sous l'avant du kiosque. L'explosion fut d'une violence effroyable : le sous-marin se brisa en deux et disparut presque instantanément dans les profondeurs.

 


En quelques secondes, cinquante-deux marins furent engloutis avec leur bâtiment, sans avoir eu la moindre chance de se défendre.
Les cinq hommes présents sur la passerelle furent projetés à la mer par la déflagration. Dans la nuit, au milieu des débris et de la nappe de mazout, ils entreprirent une lutte désespérée contre la fatigue et les flots pour rejoindre la côte libanaise, distante d'environ quatre kilomètres. Quatre survivants seulement atteignirent enfin le rivage, porteurs du témoignage de ce drame.


Ainsi disparut le Souffleur, victime d'une guerre fratricide qui opposait désormais des marins dont beaucoup, quelques mois plus tôt, auraient combattu sous le même pavillon contre un ennemi commun.


    Après Mers-el-Kébir, après Dakar, cette tragédie ajoutait une nouvelle page douloureuse à une période où des Français tombaient sous les coups d'anciens alliés. Cinquante-deux marins reposent depuis lors dans les profondeurs de la Méditerranée orientale, tombeau silencieux d'un équipage qui avait servi la France jusqu'à son dernier souffle.


    Pour autant, l'obsession britannique de neutraliser définitivement la flotte française ne s'éteignit pas avec les tragédies de Mers-el-Kébir, de Dakar et du sous-marin Le Souffleur.


    Le 5 mai 1942, une puissante escadre britannique de plus de cinquante bâtiments, appuyée par deux porte-avions embarquant plus de quatre-vingts avions, lança par surprise l'opération Ironclad contre Madagascar. L'objectif était clair : empêcher que les ports de l'île et les forces françaises qui s'y trouvaient ne puissent, un jour, « servir les intérêts de l'Axe » (prétexte récurent). Face à une supériorité écrasante, les défenseurs français livrèrent un combat aussi courageux que désespéré. Après six mois d'affrontements, le 8 novembre 1942, ils durent déposer les armes, laissant derrière eux 150 morts et une flotte anéantie.


Cette nouvelle épreuve venait alourdir un bilan déjà terrible. En moins de trois années, les affrontements entre marins français et britanniques coûtèrent la vie à près de deux mille Français : Mers-el-Kébir, Dakar, Le Souffleur, Madagascar… Autant de noms qui rappellent une vérité douloureuse : ces hommes tombèrent non sous le feu de l'ennemi allemand, mais dans des combats opposant deux nations qui, quelques mois plus tôt, étaient encore alliées. Cette tragédie fratricide demeure l'une des pages les plus amères et les plus déchirantes de l'histoire maritime française.

 


    Le même 8 novembre 1942, tandis que les derniers combats s'achevaient à Madagascar, les forces alliées débarquaient en Afrique du Nord dans le cadre de l'opération Torch. Ce tournant décisif convainquit l'amiral Darlan que l'avenir de la France passait désormais par la reprise du combat aux côtés des Alliés. Le 7 décembre 1942, les autorités de l'Afrique-Occidentale française signèrent à leur tour un accord avec les Alliés, marquant l'entrée officielle de l'ensemble de l'Empire colonial français dans la guerre aux côtés de ceux qui, malgré les blessures encore ouvertes, redevenaient les compagnons d'armes de la France.

 


    De cette réconciliation militaire naquit l’« Armée d’Afrique », qui allait jouer un rôle considérable dans la libération du territoire national. Parmi ses combattants figuraient les célèbres tirailleurs sénégalais, dont le courage et les sacrifices marquèrent profondément toutes les campagnes de la Libération, de l’Italie à la Provence, puis jusqu’aux combats d’Alsace.


    Ces soldats africains, souvent oubliés par l’Histoire officielle, versèrent pourtant leur sang pour une patrie parfois lointaine qu’ils servaient avec une fidélité exemplaire.

 


    Le 24 décembre 1942, l’amiral Darlan franchit les portes du palais d’Été, à Alger, où siégeait le Haut-Commissariat en Afrique française. Là, un jeune homme de vingt ans, Fernand Bonnier de La Chapelle, s’avança et tira trois coups de feu. Mortellement atteint, le chef de la marine française s’effondra ; quelques heures plus tard, il succombait à ses blessures. Plus de vingt ans après, en avril 1964, sa dépouille fut transférée à Oran pour reposer au cimetière marin de Mers el-Kébir, auprès de « ses » marins qu’il avait commandés et qui avaient payé de leur vie la trahison de nos alliés.


    Lors de la création du Comité Français de Libération Nationale (CFLN), le gouverneur général Pierre Boisson remit finalement sa démission. Le 1er juillet 1943, il fut remplacé par Pierre Cournarie, représentant de la France gaulliste. Ainsi s’achevait progressivement la fracture née des journées tragiques de 1940.

 


    Quant au cuirassé Richelieu, symbole même de cette bataille de Dakar, son destin allait épouser celui de la France combattante.


    Après avoir quitté l’Afrique, le géant des mers rejoignit les États-Unis afin d’y être modernisé et réarmé. Ses installations furent profondément transformées selon les standards américains, faisant de lui l’un des bâtiments les plus puissants de la flotte alliée.


    Le Richelieu participa ensuite activement aux opérations contre l’Allemagne nazie avant d’être engagé dans le Pacifique contre le Japon impérial. À travers les océans du monde, le navire porta à nouveau les couleurs françaises dans des combats où se jouait le destin de la civilisation européenne et de l’équilibre mondial.


Il fut présent lors de la capitulation japonaise dans la rade de Singapour, ultime témoignage du retour de la France parmi les puissances victorieuses.


    Le 1er octobre 1945, après cinquante-deux mois passés loin de la métropole meurtrie, le Richelieu retrouva enfin Toulon.


Mais son histoire n’était pas achevée.
Le cuirassé participa encore à la guerre d’Indochine, comme un dernier écho des conflits impériaux du XXe siècle. Puis vint le temps du silence. Mis en réserve en 1959, désarmé en 1967, il fut finalement démoli l’année suivante.


Ainsi disparut l’un des derniers grands cuirassés français, témoin d’une époque tragique où les nations se disputaient les mers, les empires… et parfois leur propre destin.

 

José CASTANO
 

QUE JUSTICE SOIT RENDUE


(288 marins oubliés attendent justice)

- Marins, qu’ont-ils fait de vos sépultures ?

 

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