13 janvier 2008
Alger... et l'Algérois
Alger ville à flanc de coteaux entourée de verdure : la Bouzaréa et la basilique Notre Dame d'Afrique, fort de l'empereur, le bois de Boulogne et Kouba jalonnent la ligne des hauteurs qui s'abaissent graduellement vers le sud est.
Au 6èm Siècle: Alger s'appelle Icosium mais disparaît ensuite dans la tourmente des invasions. Sur ces ruines viennent s'établir les tribus de Beni-Mezrana, dont l'un des chefs fonde au 10è siècle une ville nouvelle : El-Djezaïr. Puis on n’entend plus parler d’Alger entre les 10èm et 15èm siècle.
Au début du 16èm siècle : les espagnols réussissent à prendre la citadelle. En 1509, Pedro Navarro fait élever le Penon, forteresse qui tient la ville à la distance de 300 mètres sous la menace des canons.
Pour se délivrer de cette menace, les algérois appellent les frères Barberousse, corsaire de la méditerranée orientale. Le témoignage le plus important et le plus vivant de la vieille Alger turque, c'est la Casbah : située 118 mètres au dessus du niveau de la mer, surpeuplée, avec ces lacis de ruelles, d'escaliers et d'impasses où les voitures n'ont pas accès, parcouru par un mouvement incessant de mulets chargés de couffins.
Les turcs commencèrent sa construction en 1516, la terminèrent en 1590. A partir de 1830 l'Alger française s'est faite au jour le jour.
En 1950 la ville s'étend tout en longueur : constructions presque ininterrompues sur + de 16 km du nord au sud… de la Pointe Pescade à Hussein Dey et même à Maison Carrée. Le centre de gravité de la ville, qui fut d'abord la Place du gouvernement alors dite "place du cheval" en raison de la statue équestre du Duc d'Orléans, qui tournait le dos à la mer se déplaça peu à peu et se fixa ensuite au boulevard Laferrière.
Dans le port transitent les marchandises en provenance ou à destination de l'intérieur du pays. La ville est alors le centre de commandement de l'Algérie commerciale et des sièges des sociétés industrielles et financières les plus importantes.
En 1954: Alger prends la 1ère place pour le commerce des vins, des céréales, du tabac, des primeurs, des cuirs et peaux, des tissus, et des bois.
Son industrie compte plus de 20 000 ouvriers.
Elle est aussi la capitale pour sa population qui augmente sans cesse en comptant Mustapha, faubourg jusqu'en 1871, commune distincte de 1871 à 1924, rattachée à la ville mère on y comptait :
En 1876 : 61 552 habitants
En 1886 : 77 506 habitants
En 1891 : 105 227 habitants
En 1911 : 162 655 habitants
En 1926 : 264 232 habitants
En 1950 : 315 210 habitants
Sans compter les communes adjacentes faisant corps avec Alger : Birmandreis, Bouzaréa, El-Biar, Hussein Dey, Kouba, Maison Carrée, Saint Eugène. Après la seconde guerre mondiale, cette banlieue regroupe 100 000 habitants.
En 1950, les français d'Algérie représentent 60 % de la population de la ville.
Alger se caractérise aussi par une distribution des groupes ethniques en quartiers distincts :
* Les Italiens à la Marine.
* Les Espagnols à Bab-el-Oued.
* Les Juifs de la rue de Lyre.
* Les Musulmans de la Casbah et du Hammah.
* Les français sont plutôt concentrés sur le parcours et au voisinage de l'artère principale, la rue d'Isly prolongée par la rue Michelet.
En quittant Alger vers Cherchell, le petit massif du Sahel se présente aussi dans un cadre de collines, dans les villages avec leurs maisons étroitement rassemblées comme toujours autour de l'église, des petits cultivateurs se consacre à la culture du blé , de la vigne et surtout des arbres fruitiers, des fleurs et des légumes.
Blida est une banlieue paisible pour les algérois, encadrée par des jardins d'oliviers, de mimosas, d'orangers, et de rose. La ville est surnommée "Ourida" : la petite rose. Elle a été fondée en 1553 par Ahmed-El-Kebir avec le concours d'émigrants andalous qui importèrent dans la région la culture de l'oranger et l'industrie de la broderie sur cuir. Reconstruite après un tremblement de terre en 1825, Blida fut occupée définitivement par l'armée française en 1839.
* En 1950, la population était de 61 600 habitants.
Oran... et l'Oranais
En 902, des marins andalous sont amenés à s'établir en face et tout près de leur contrée d'origine pour y nouer des relations commerciales faciles et continues, les 2 pays étant alors musulmans. Tlemcen et Oran entretiennent alors des relations prospères avec l'Espagne. L'armée française occupe Mers El Kébir le 14 décembre 1830 et pénètre Oran le 4 janvier 1831.
En 1832, un recensement donne pour Oran le chiffre de 3800 habitants: dont 750 européens d'origine espagnols, 250 musulmans et 2800 juifs.
En 1881, le chiffre de 50 000 habitants est dépassé
En 1906, plus de 100 000
En 1926, plus de 150 000
En 1936, on compte 195 000 habitants et 206 000 en y ajoutant la banlieue (Arcole, Mers El Kébir, La Sénia et Valmy) - en 1931, on estimait la population originaire d'Espagne à 65 % du total des européens, 41 % étant déjà naturalisé.
Cette influence espagnole est illustrée par le sens de l'hospitalité, par les arènes, par le riz à l'espagnol et les desserts comme la Mouna, par les chaises qui occupent les trottoirs des rues à la tombée de la nuit.
Les noyaux de cultures maraîchères qui s'égrènent en bordure du littoral en relation avec des petits ports comme Ténès, Mostaganem ou Arzew. On trouve là des terres de haute densité. Par camions ou par bateaux les primeurs sont exportés dans l'intérieur ou vers la France.
L’autre influence est la vigne. Elle est si développée que l'Algérie devient alors le 4èm vignoble mondial qui prospère surtout autour de Mascara, Tlemcen, Sidi-Bel-Abbès et aux environs de Mostaganem et Oran. A cela s'ajoute les 3 millions de quintaux d’agrumes et dans les hautes plaines, le blé.
Après Oran, la ville maritime la plus importante est Mostaganem. Lorsque le général Desmichels s'empare de Mostaganem en 1833, la ville ne compte que 3000 habitants, et ce, jusqu'en 1847, y compris les militaires. Les progrès datent réellement du début du 20èm siècle.
1906 : 19 600 habitants
1931 : 25 800
1950 : 53 464 - dans l'Oranais, la conquête s'est accompagnée de refonte complète du système urbain.
Les postes militaires se sont transformés en ville.
Orléansville fondée en 1843 par Bugeaud et qui compte 32 506 habitants à la veille du tremblement de terre de 1954 .
Sidi-Bel-Abbès construite par le général Bedeau en 1843 qui deviendra lieu de garnison de la légion étrangère. Avec 61 355 habitants en 1950, Sidi-Bel-Abbès est le centre d'une des régions agricoles les plus prospères avec le blé, orge, vigne et l’élevage et occupe le 5è rang parmi les agglomérations urbaines de l'Algérie française.
Burdeau, Affreville, Changarnier, sont des créations qui datent de la conquête française.
Aïn-Temouchent, Saint Denis du Sig, Relizane, Perrégaux, sont des marchés importants de vins, de céréales, de primeurs, de coton… - Mascara, en 1950, comptait 35 078 habitants.
Constantine... et le Constantinois
* Ville bâtie sur un immense piton, entourée de gouffres, réputée imprenable, avec ses ponts et ses passerelles hissées à même le vide, Elle se présente comme le site extraordinaire d'une "presqu'île", entourée des gorges du Rummel (2 km de long, 100 m de profondeur) cette position unique, étrange impressionnante est chargée d'histoire.
* Constantine s'appelait Cirta… capitale des rois de Numidie qui résistèrent longtemps avant de succomber à la puissance romaine.
Elle est alors l'une des villes les plus riches d'Afrique, située à carrefour stratégique des routes et silo à blé très convoités. Cirta fut détruite par Maxence en 311, est reconstruite par l'empereur Constantin, et elle prend alors le nom de Constantine.
Au Moyen-âge, Constantine appartient tour à tour aux diverses dynasties musulmanes qui se succèdent.
* Une première expédition française partie de Bône avec 7000 hommes échoue en novembre 1836. Une nouvelle armée sous la conduite du Général Damrémont mit le siège le 6 octobre 1837 devant la ville mais c'est le général Valée qui le 13 octobre réussira à créer une brèche dans le dispositif de défense.
· Constantine est la plus grande ville de l'intérieur du pays car elle en est le plus grand marché de grains, centre d'artisanat et 1er centre de la minoterie algérienne ce qui explique la rapide croissance urbaine de la ville.
· Dans le Constantinois, les cultures maraîchères, la vigne, les agrumes se développent dans les petites plaines côtières de Philippeville et surtout de Bône où le coton et le tabac tiennent la première place. On trouve également la culture du blé, puis, dans la région de Guelma se développe l'élevage intensif du gros bétail.
- Bône (102 800 habitants en 1950) est le 3è grand port d'Algérie. La ville exerce une attraction urbaine dur les villes environnantes. L'immigration italienne et surtout maltaise constitue le gros de la population européenne.
- Philippeville (57 100 habitants en 1956) est la 4è ville maritime de l'Algérie française par le nombre. Elle fut fondée en 1838 par le Maréchal Vallée pour donner un débouché sur la mer à Constantine. Comme Bône, elle compte de nombreux italiens et maltais (3000 en 1936)
- Bougie est une ville bâtie en amphithéâtre sur le flanc du Djebel Gouraya. En 1936 elle compte 30 500 habitants, dont 6000 européens. Le port est devenu un important débouché agricole de la région.
- Parmi les villes de l'est, Sétif se place de par sa population après Constantine, Bône et Philippeville. La ville est une création militaire sur les ruines de la cité romaine de Sitifis.
Le commerce des grains est à la base de son développement. En 1950, elle compte 51 674 habitants...










