ANFANOMA

Association  Nationale des Français d’Afrique du Nord, d’Outre- Mer et de leurs Amis

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LETTRE OUVERTE

 17 février 2017

Monsieur Emmanuel MACRON « En Marche » BP 80049 94801 VILLEJUIF

Monsieur,

Comme la plupart de nos politiciens, pour qui le chemin de Damas passe désormais par Alger, et comme presque tout aspirant Calife, vous avez cru devoir vous incliner sous les fourches caudines de la repentance, battant votre coulpe pour être adoubé.

Vos déclarations soigneusement préparées et plusieurs fois répétées  en Algérie, avant ou après vous être recueilli devant le Monument aux Martyrs, comme si vous étiez déjà un chef d’Etat en visite officielle, étaient censées caresser vos interlocuteurs « dans le sens du poil ». Elles ont déclenché un tollé général auquel vous ne vous attendiez certes pas de ce côté de la Méditerranée, tant dans les milieux Rapatriés qu’Anciens Combattants.

Juger en 2017 ce qui s’est passé entre 1830 et 1962, sans tenir compte du contexte, des contentieux antérieurs et des mentalités de l’époque relève de la pure idéologie.

Le faire sur le territoire de l’ancien adversaire est déshonorant  pour un candidat à la Présidence de la République française. Vous avez sûrement été raillé en coulisse par un peuple qui méprise l’homme sans honneur, sans dignité et que la misère actuelle rend plus soucieux de visas que d’excuses.

L’Histoire est un domaine où la réflexion, la pondération sont indispensables, qualités indispensables aussi aux responsabilités auxquelles vous aspirez. Sachez qu’il a existé plusieurs sortes de colonisation. La française n’a rien eu de commun avec l’anglaise ou l’espagnole…  Vous avez sans doute rencontré quelques Indiens en Amérique ou Aborigènes en Australie, ceux qui ont échappé à l’éradication. L’œuvre française en Algérie, menée par nos aïeux a été tout autre chose. Apprenez aussi que les Arabes, bien avant  nous, ont été aussi des colonisateurs sur les territoires aujourd’hui algériens et que les crimes barbares, ils les ont commis par centaines de milliers contre les Chrétiens et les Juifs, puis plus tard contre les Pieds-noirs et les Harkis. Nous tenons à votre disposition quelques documents sur ce thème.

Sachez, Monsieur, que les Français rapatriés ont suffisamment souffert du terrorisme là-bas pour ne pas en vouloir ici, pas même du terrorisme de la pensée que votre conduite nous fait craindre.

Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments de révolte.

Le Président, 

Yves Sainsot

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