Par Jean François PAYA

Qu'est-ce qu'un JMO? (journal de marche et d'opérations) En principe

            Dépourvus de tout commentaire ou appréciation personnelle, en conformité avec l’instruction du 5 décembre 1874 qui les a institués, les JMO devaient servir à la rédaction d’un historique d’ensemble, destiné à maintenir la valeur morale de l’armée. Ils n’en restent pas moins, malgré leur rigueur administrative et leur sécheresse parfois, une source irremplaçable sur la vie et la mort des soldats.

            La tenue des JMO, confiée à des officiers qui peuvent en déléguer la rédaction à des sous-officiers, est prescrite aux états-majors aussi bien qu’aux corps de troupes. Revêtu d’un caractère officiel, répondant à une démarche d’authentification des faits et notamment des actions d’éclat, le journal de marches constitue, en un sobre condensé des événements, un récit aussi objectif et précis que possible des combats.

Que trouve-t-on dans un JMO? Toujours en principe

           Chaque jour sont notifiés les faits, combats, manœuvres, travaux ou reconnaissances, accompagnés des objectifs visés et des résultats obtenus. Sont aussi indiqués de manière systématique la composition du corps (effectifs, encadrement et mutations), les itinéraires suivis, les emplacements des camps ou des cantonnements, ainsi que les décorations et citations individuelles. Le texte peut se réduire à une chronologie très succincte, en raison même du rythme des actions.

Note de renseignement 2ém bureau

MÉTHODE ET ARCHIVES

Pour ce qui nous concerne au sujet de la journée du 5 Juillet 62 à Oran nous avons un problème avec les Archives car il n’y a eu ni recherches ni enquête voir disparitions des amorces de recherches et documents; photos de victimes par la gendarmerie départementale vite incompétente et délocalisée du square Garbé (témoignages familles)
La prévôté Militaire (gardes mobiles) aux ordres du général Katz n’a fait aucune recherche et avait même donné des renseignements au FLN (témoignages musulmans)
Ce dernier(Katz) s’est contenté d’une interdiction de vérifications en quartiers musulmans proclamée par le chef de l’ALN si Bakhti (Némiche Djelloul) alors qu’il disposait d’un réseau d’informateurs issus de ces quartiers et le 2ème bureau à reçu ordre de ne pas faire d’enquête, mais est tombé grâce à une fuite le 22 juillet 62 sur l’Ordre du Jour de l’État-Major ALN d ‘Oujda diffusé au matin du 5 Juillet 62 (Note 2ème bureau du 23 Juillet) qui vilipendait le GPRA et se proposait (classé Secret/ Confidentiel) "de protéger la minorité Européenne" Alors qu'on ne savait encore pas trop ce qui se passait à Oran! Aucune conclusion ne s’ensuivit si non l’ordre "de ne pas s’immiscer dans un problème interne purement Algérien"

ICI LES HISTORIENS PEUVENT EN TIRER DES CONCLUSIONS!

            Nous n’avons pas eu non plus les archives originales (cahiers registres) où étaient consignés les plaintes de "disparus" déposées par des familles (vus par témoins dont moi JF P ) au consulat d’Oran qui venait d’ouvrir.
Sujet: méthodes et archives un Historien signale dans un texte  "la source la plus précieuse et essentielle" sont renseignements militaires pour le 5 Juillet Comment peut-on dire cela d'une troupe strictement consignée dans ses cantonnements? Aussi bien pour la non intervention que pour certaines interventions en marge des ordres (nombreuse révélations tardives) que l'on ne pouvait pas mentionner sur le coup Par ex intervention des commandos marine(patrouilles) en armes dissuasives à la Calère) le colonel Sala, alors capitaine au 2ème bureau a un rapport non signalé d'une unité: tirs tout l'après-midi sur éléments FLN (bd sidi Chami, lycée technique face à la BAO )
           L’intervention musclée d’une section du 8ème Rima: tirs au FM sur des assaillants qui attaquaient la Gare CFA vers 13h fut très édulcorée dans le JMO de l’unité (qui durera plusieurs heures selon plusieurs témoins) etc. etc. je ne citerai pas autres JMO enjolivés ext au 5 juillet soit avec du plus soit avec omission / ensuite sur 50 cartons d'archives nous n'avons pas grand-chose! A l’aide de plusieurs JMO on a pu relever des personnes enlevées (ponctuel) signalé à plusieurs unités mais sans synthèse et rarement  dates et heures. La majorité des "Disparus" n’ont pas été vu "enlevés"
           Enfin les gens seuls à Oran dont les familles étaient parties donc non signalés sont difficiles à estimer d'après les "sorties" au moins 6500 départs sans "chefs de famille"(comme on disait)
La seule Pièces Jointe dans livre (La Tragédie Dissimulée) en annexe datée du 17/5/62 est antérieure au 5 juillet (2ème B du 17/5/62) et je n'ai pas présenté "ma thèse" basée sur des extraits synthétiques
http://popodoran.canalblog.com/archives/2008/11/05/11250833.html
           Je persiste a dire qu'après le 5 JUILLET il n'y a pas eu d'enquête formelle par le 2e Bureau sauf renseignements de routine comme remontée de certains disparus signalés par unité incidemment dans des JMO sans rapport de synthèse qui aurait été cité aujourd'hui
JF PAYA

Situation en Algérie le 24 juillet 1962

ARCHIVES MILITAIRE DE "LA GUERRE D'ALGÉRIE"  En réalité  OPERATIONS DE SÉCURITÉ ET DE MAINTIEN DE L'ORDRE

Considérations générales :
           Pour dépasser le cas spécifique du 5 Juillet à Oran :(massacre des européens) tout d'abord rectification non pas des Archives de Guerre du moment puisque le conflit ne fut qualifié de guerre que le 18 Octobre 1999, la nuance n'est pas seulement sémantique, mais du maintien de l'Ordre avec des règles présumées différentes de temps de Paix! Je m'explique en actions de guerre l’objectif est de cibler l’adversaire et de l’éliminer si possible par surprise: par exemple éliminer préventivement l'adversaire (bombardements, aujourd’hui Drones), en maintien de l'ordre ce n'est pas possible et à priori inconnu dans les archives. Bien sûr on peut présumer des actions bilatérales par ailleurs et en dehors des règles de la guerre (convention de Genève) et du droit mais ce n’est pas le sujet ici.
           Donc fatalement beaucoup d'omissions dans les archives officielles en restant dans ce cadre du Maintien de l’Ordre beaucoup de casuistique dans les fameux JMO (journaux de marche et d Operations) des différentes unités, que dire du renseignement officiel par les 2em Bureaux : beaucoup de paperasse et de tris ,pour une utilisation opérationnelle "beaucoup de Blancs" et de relations orales forcement non archivées! Pour en revenir au 5 juillet, certaines actions contrevenant aux ordres n'ont pas été signalées ou édulcorées et que dire à méditer par les chercheurs de la disparition la veille, d'une unité entière du 6em RTA transformée en UFOL (force locale) avec leurs officiers rapatriés in extremis en catimini! Preuve d'une intervention préalable de l'ALN du Maroc déjà infiltrée à Oran aucune trace aussi dans les archives "forces locales" inexistantes .Il faudrait voir aussi les archives des autres armes et notamment marine (pour le renseignement) et de la gendarmerie dont certains éléments furent contraints de rester après l’indépendance pour formation de la gendarmerie Algérienne.

AUTRE POINT DE VUE

           Très juste la procédure officielle était du maintien de l’ordre, l’état de guerre aurait facilité grandement les choses pour l’Armée Française et notamment l’anéantissement des armées ALN aux frontières par l'aviation.
Pour prendre part a ce débat il est indéniable que provoquer des troubles et des désordres induisant un massacre facilité par la disparition de la Force Locale, seule habilitée pour maintenir l’ordre selon les accords d’Évian et la neutralisation voulue des FAF (forces françaises) en légitime défense pour ses ressortissants qu’elle n' a pas assumée.
           Il est certain que le grand bénéficiaire de cet état de fait fut L ALN extérieure venue expressément du Maroc et de l'EST surtout pour prendre le pouvoir et faire un coup d’état contre le GPRA d’Alger.
           Ceci fut déjà exprimé en clair dans les conclusions des 3 livres "Agonie d’Oran" il y a près de 40 ans incluses les recherches de JF Paya puis confirmé par les avis des historiens G Meynier et Bruno Etienne et enfin l’enquête récente d’un autre historien JJ Jordi : Comme l’ont démontré JP Lledo et Roger Vétillard tous les massacres sont sous la responsabilité d une fraction FLN /ALN et furent prémédités et organisés et dissimulés comme le dit J Monneret  pour Oran sans aller plus loin! Et ce à notre avis a cause de la responsabilité écrasante du pouvoir Français de l’époque et de ses liaisons avec nouveau pouvoir montant en Algérie avec une fausse neutralité, finalement, circonstances et prétextes, deviennent causes pour certains !

JF PAYA AC /Algérie Classe 54/2 jusqu’à fin 64 Base de Mers el Kébir.

grouperecherchehistoire@orange.fr

Retour ORAN… 5 JUILLET 1962 - LE GÉNOCIDE