Document transmis par J. F. Paya

          Le journal algérien « Le Quotidien d’Oran » du 20 Septembre 2006 qui avait longtemps  occulté le sujet s’est senti obligé devant nos diverses manifestations et publications en France de publier un article sous un titre de diversion «  Oran de  nouveau dans l’engrenage de la peste de l’OAS » (voir sur Internet) pour parler «  des massacres contre les  européens à Oran entre le 5 et 7 Juillet  1962 » stigmatisant « la littérature des ultras du colonialisme il utilise un article de l’Express du 14 Septembre et le livre de notre compatriote Jean Monneret « la Tragédie Dissimulée » qui table sur un total de 365 personnes disparues pour faire remarquer « qu’on est loin des chiffres avancés  dans la littérature des ultras de l’ OAS ».

          Comme nous l’avons signalé à l’auteur ce chiffre qui serait basé sur une publication aléatoire du quai D’Orsay et sur des documents archivés du 2ème Bureau (références non données dans les annexes du livre) est relatif à un recensement non exhaustif de certaines disparitions signalées par certaines unités dans les rapports de routine au 2ème bureau de leur secteur, mais pas le fruit  de recherches approfondies.

          Pour avoir été sur le terrain en ORANIE à cette époque je puis témoigner qu’aucune enquête sur les causes et les conséquences du 5 Juillet n’a été sérieusement entreprise d’ailleurs J. Monneret n’a rien trouvé dans les archives. On peut même dire que des consignes pour ne pas enquêter ont été données dés le premier jour du massacre. Il aurait fallu signaler que ceci se faisait dans le désordre d’une population affolée qui tentait de quitter le territoire et que de nombreuses personnes isolées (surtout masculines, familles étant parties) n’ont pu être signalées et ciblées plus tard le 5 Juillet en France.  De même le fait que JP Chevènement attaché militaire au consulat d’Oran à déclaré dans un ouvrage « avoir été chargé de rechercher les 800 disparus du 5 Juillet » sans en retrouver aucun à Oran ! (Mission qui semble de pure forme).

          Se souvenir aussi que le consul M. Herly a déclaré plusieurs années après, que ses services avaient enregistré 440 plaintes mais selon certains témoignages dont le mien.  Une plainte pouvait recouvrir plusieurs personnes d’une même famille (deux amis en ce qui me concerne).

          Le quotidien Algérien sur la défensive déclare ensuite que des coups de feu ont eté tirés sur la manifestation (Ce  que nous n’avons jamais nié vu les témoignages recueillis tome I de l’Agonie d’Oran) « provoquant l’émeute puis la vendetta » en les impliquant bien sur à des désespérados européens issus de l’OAS thèse non retenue en 1962 où les nouvelles autorités parlaient de «bandits de grand chemin musulmans » en éludant les responsabilités dues à la crise interne du FLN en Juillet 62 (voir notre enquête dans le Volume 3 de l’AGONIE D’ORAN ) et sans évoquer les complots pour la prise du pouvoir du groupe dissident  Boumediene Ben Bella opposé au GPRA qui avait ses partisans dans l’organisation FLN D’Oran. Comme aucun européen n’avait été pris, il était évident qu’il était très facile pour des provocateurs algériens de se fondre parmi les miliciens en civil ou en treillis militaires armés (il existe des films).

          Toutes choses dont Jean Monneret ne tient pas compte, par contre il suggère dans son livre p 96 et 111 que se seraient les européens d’Oran qui auraient été provoqués par la pose des drapeaux Algériens sur les bâtiments publics : ici on sort de l’histoire pour entrer dans la pure subjectivité.

          Enfin il faudrait souligner l’importance de la présence des unités militaires françaises (12000 hommes intra muros) consignées par le général KATZ sur ordre du pouvoir central à Paris. C’est ce qui fait la spécificité de ce drame et le fait que sous prétexte de (rétablir l’ordre) l’ALN du Maroc est entrée en masse le 8 juillet à Oran pour prendre le pouvoir tout en liquidant ses opposants.

          Un autre objectif de la provocation fut de faire fuir un maximum d’européens d’Oran, ville où ils étaient les plus nombreux. Provoquer ce départ en masse était tout à fait dans la ligne du congrès FLN de Tripoli en avril 1962.

          Voilà toute chose dont le quotidien d’Oran  ne pouvait, bien entendu, parler.

Jean-François PAYA

NB : Bien vouloir se reporter pour notre enquête au volume N°III de « l’Agonie d’Oran » sous la direction de Geneviève de TERNANT

le 4 avril 2007

Dialogue entre historien:

http://pagesperso-Orange.fr/pnmohican/dialogue_entre_historiens.htm

RETOUR ORAN JUILLET 1962