JE VIENS DE RETROUVER UNE INTERVENTION QUI VAUT SON PESANT DE CACAHUETES.

Document transmis par J. F. Paya

          La question écrite posée le 10 octobre 2006 par Jean-Pierre Le Ridant, à propos du massacre d'Oran, le 5 juillet 1962, a suscité la réaction de Jean-François Gavoury, président de l'Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l'OAS (ANPROMEVO). Pour lui, cette question « témoigne d'une méconnaissance des « événements d'Oran survenus le 5 juillet 1962. » Il s'en explique en reprenant certains points du texte (ici en italique) rédigé par le député UMP de Loire-Atlantique :
(lire cette
question écrite)

          «Cette journée fut marquée par des atrocités perpétrées par des foules extrémistes, avides de sang, de revanche et voulant en découdre avec des populations sans défense ».

          Nos compatriotes n'ont pas été victimes de foules plus avides de sang que celles qui chantent depuis 1795 "qu'un sang impur abreuve nos sillons !". En réalité, ces malheureux Pieds-noirs d'Oran ont payé de leur vie innocente les conséquences prévisibles des exactions multiples et graves commises par les extrémistes de l'OAS contre des populations algériennes, elles aussi innocentes et sans défense.
          Le général Artus, commandant la Gendarmerie d'Oran, a fourni le 12 avril 1962 dans le cadre de sa déposition au procès du général putschiste Jouhaud, ces précisions sur les attentats de l'OAS : 1190 explosions de plastic et 109 attaques à main armée qui ont provoqué 137 morts et 385 blessés pendant les seuls quatre mois et demi de sa prise de fonction [Georges Fleury, L'OAS, éd. Grasset, Janvier 2003, p. 689]. Et s'il y avait des degrés dans l'ignoble, l'un des sommets fut atteint le 11 mai où 15 femmes de ménage furent abattues au révolver ou au poignard par les "combattants de l'Algérie française".
          Après les accords d'Evian, le général Katz n'osait plus transmettre les chiffres des victimes de peur de provoquer la rupture du cessez-le-feu. Et ce n'est pas lui, mais le préfet de police qui communiqua plus tard le bilan total ? Du 19 mars au 1er juillet 1962, on dénombra à Oran comme victimes de l'OAS : 66 Européens civils tués et 36 blessés ; 410 Algériens tués et 487 blessés [Charles-Robert Ageron, in préface: Joseph Katz, L'honneur d'un général, Oran 1962, éd. L'Harmattan, 1993].

"Dans cette terrible tragédie plus de 3000 personnes ont été assassinées"

          C'est le chiffre colporté par les associations qui instrumentalisent la douleur des rapatriés. Dans un rapport qui devait être remis au Premier ministre, le général Maurice Faivre et Jean Monneret, proches des cercles colonialistes, ont établi à 365 le nombre d'Oranais disparus [Boris Thiolay, L'Express, le 13 septembre 2006.]. C'est trop, bien évidemment, mais on est loin du "génocide" abusivement clamé.

« Ce jour-là le général Katz, au nom de la raison d'Etat, a donné l'ordre de ne pas bouger aux 18 000 soldats français? »

          D'une part, tous les historiens attendent la découverte d'archives qui confirmeraient qu'un ordre pareil a bien été donné. D'autre part, du 19 mars au 1er juillet 1962, on dénombra à Oran comme victimes de l'OAS : 32 = membres des forces de l'ordre tués et 143 blessés [Charles-Robert Ageron. Op. cité.].
          A ce jour et à notre connaissance, aucune organisation de rapatriés n'a condamné ces crimes contre l'armée de la France.
Se souviennent-ils, ceux qui veulent commémorer les victimes du 5 juillet 1962, que vingt jours avant cette date qu'ils n'ont pas oubliée, l'OAS a assassiné, le 14 juin 1962, le général Philippe Ginestet, commandant le corps d'armée d'Oran, en même temps que le médecin-colonel Mabille, venus s'incliner à la morgue devant la dépouille mortelle du lieutenant-colonel Mariot, chef de corps du 5ème R.I. assassiné la veille par les "combattants" de l'Algérie française ?
          Notre association, qui regroupe des veuves et des descendants de victimes civiles et militaires de l'OAS, n'oublie pas les crimes commis par cette organisation contre nos soldats à Oran et en particulier : le lieutenant-colonel Pierre Rançon, puis son successeur le commandant Maurin ; le chef de bataillon Bardy qui commandait les groupes mobiles de sécurité, enlevé et dont le cadavre fut retrouvé le 27 mars 1962 dans un terrain vague [Georges Fleury. op. cité, p. 710] ; le commandant de Gendarmerie André Boulle, le lieutenant Ferrer et le sous-lieutenant Moutardier.
          Plus de 140 hommes et officiers ont payé de leur vie leur sens du devoir. Plus de 90 officiers dans ces 140 ont également été exécutés. Dans ces 90 : 6 Commissaires de Police [Déposition de René Jannin, préfet de Police puis directeur de la Sûreté nationale en Algérie, au procès du général putschiste Salan].

«Monsieur Le Ridant souhaiterait savoir pour quelles raisons la cérémonie, qui était prévue à l'Arc de triomphe en mémoire des Oranais disparus le 5 juillet 1962, a été suspendue ».

          Cette manifestation avait été conçue comme un camouflage permettant à Jean-François Collin, président d'une association - l'ADIMAD (site Internet : www.adimad-oas.com) - qui oeuvre pour la réhabilitation de l'OAS, d'être associé à cette cérémonie. N'est-il d'ailleurs pas pour le moins étonnant de constater que ceux qui défendent aujourd'hui le souvenir de l'OAS, continuent de reprocher à l'armée française de n'avoir pas su protéger les "Français d'Algérie", alors que les commandos de l'OAS l'ont, sans relâche des mois et des mois durant, harcelée et attaquée, assassinant et blessant des militaires français ?
          Il eut été indécent que des gens qui revendiquent aujourd'hui encore la grandeur de ces forfaits commis contre les nôtres qui ont défendu la République au prix de leur vie, soient autorisés à ranimer la Flamme du souvenir de soldats inconnus, morts pour la Patrie.

Pour info sans commentaire cordialement JF Paya 23/02/2007

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