Par Jean François PAYA

DÉBAT TOUJOURS ACTUEL / POINT DE VUE

            Dans la tradition Française on ne commémore que la fin des guerres victorieuses et en même temps le souvenir des victimes surtout militaires (“morts pour la France”) Le PCF à l'origine de la célébration du 19 Mars victoire de "la paix en Algérie"( célébrée en Algérie "fête de la victoire" ) par associations interposées à voulu jouer sur cette sensibilités avec une antériorité à la loi du 10 Juin 99qui reconnaît une fin de guerre d'Algérie le 2 Juillet 62.
           En dépit de cette loi et du fait qu'il y ait 534 déclarés “Morts pour la France ” par la guerre d'Algérie jusqu'à décembre 1964 ! Des milliers de victimes civiles et ex supplétifs tués et disparus en dépit des accords violés du cessez le feu du 19 Mars; cette date rejetée par le président Mitterrand c'est ancrée dans la gauche parlementaire voir une partie de la droite et le parti Présidentiel alors que le PC est réduit à la portion congrue ! A part évidemment critiquer et combattre la célébration du 19 Mars faut il commémorer une “fin de guerre” pour l'Algérie ? S'incliner devant les victimes à des dates symboliques bien sur donner une signification tangible au mois de décembre ? Sur la base des derniers “Morts pour la France” de 1964 cités plus haut englobant les victimes civiles et harkies les précédent (récupération Loi commémorative du 5 Décembre).
C'est la vie qui tranchera chacun agissant selon les circonstances et le terrain l'essentiel étant de contrer la date incongrue du 19 Mars 62 !

POUR UN DÉBAT HISTORIQUE SEREIN.

           Avant de commencer une étude autant que possible sereine et objective sur un aspect de la guerre d'Algérie, il conviendrait, avant d'employer des qualificatifs à base idéologique, de replacer toutes les diverses composantes de ce conflit dans leur contexte.
L'OAS fut un des éléments inéluctables dirons certains, de ce conflit, vu les atermoiements et les roueries du pouvoir gaulliste Français mais aussi la crainte qui se révélera justifiée de se voir chassée de chez elle de la part de la minorité Européenne. Ici les sentiments rationnels n'ont plus de prises et l'action de l'OAS devient partie du contexte historique mais, aussi bien que celle du FLN et de ses diverses composantes et oppositions musulmanes, pas plus aussi que celle des forces armées Françaises, car la guerre d'Algérie comme l'a démontré le professeur Pervillé fut une triple guerre civile : Franco-algérienne:/ Algéro-Algérienne/ Franco-française en une sorte de guerre de sécession à l'envers.
           On estime le nombre global des victimes entre 350.000 et 400.000 dont 105.000 après le ” cessez le feu ” du 19 Mars et l'indépendance (harkis et familles inclus) du fait du FLN et 2700 du fait de l'OAS soit entre 0,77% et 0,66% du nombre total des victimes. Certes toute victime est une victime de trop surtout lorsqu'elle survient après la fin du conflit.
Rappelons que ce dernier prit fin officiellement pour la France le 2 Juillet 1962 à la suite d'un vote unanime du parlement de la loi du 10 Juin 1999 qui reconnut l'état de ”guerre” en Algérie et l'attribution de la carte du combattant jusqu'à la date précitée.
           L'OAS dernière venue dans le triptyque pour une analyse objective fut la résultante difficilement évitable du sentiment de trahison ressenti par les partisans de l'Algérie Française et d'abandon par la majorité des Français d'Algérie qui n'avaient aucune confiance quant aux ”garanties” proposées par le pouvoir Gaulliste et le FLN. La suite leur ayant donné tragiquement raison.
           Tenant compte de tous ces préalables, les qualificatifs péjoratifs en histoire deviennent des catégories idéologiques utilisées indifféremment suivant le camp dans lequel on se trouve. Mais sur le plan concret de la légalité, toutes les exactions de part et d'autre furent l'objet d'une amnistie réciproque incluse dans les ”accords d'Évian” jusqu'au 19 Mars 1962. Les actions suivantes furent ensuite amnistiées jusqu'au 2 Juillet 1962 par la France et les protagonistes même réhabilités par une loi votée en 1982 sous l'impulsion de François Mitterrand.
Voilà tout simplement un rappel des faits utiles indispensables pour un débat historique serein.

           En Mai 2009 un responsable Français aux anciens combattants saurait fait une déclaration surprenante relative à la reconnaissance par la France de "la guerre d’Algérie" comme reconnaissance d’un État Algérien qui n’existait pas avant le 3 Juillet 62 ! " La Guerre d’Algérie étant alors une guerre entre 2 Nations et 2 Armées "
Il faudrait se demander si cette notion de guerre qui admet que l’Armée d’un des deux belligérants se trouvait à l’abri de frontières voisines (Maroc Tunisie) pouvant intervenir alors que l’autre ne le pouvait pas ? Y a-t-il eu des situations similaires dans l’Histoire ?
D 'autre part y a-t-il eu en cas de guerre avec un état étranger ? La tolérance de soutien ouvert à cet état comme ce fut le cas en France envers la nommée rébellion en Algérie ?
           En principe un "état de guerre" suppose des règles strictes et draconiennes avec la notion "d’intelligence avec l’ennemi" sévèrement réprimée ! Dans tous les cas le cessez le feu du 19 Mars 62 fut un Armistice avec des similitudes de responsabilités comme celle de De Gaulle / Pétain sauf que ce dernier avait l’excuse présumée de la défaite.

           Maintenant une des caractéristiques de cette guerre d'Algérie fut l'utilisation des méthodes terroristes. Ce terrorisme qu'il faut distinguer des actions de francs-tireurs légitimes où pas contre des forces armées où des opposants et adversaires civils ciblés (le plus souvent non ciblé employé par le FLN) il a comme objectifs soit de provoquer la répression contre une catégorie de population avec parfois des signaux de cruauté militairement inutiles ! (Amorcer le processus) faire peur / faire infléchir la politique de l'adversaire / faire fuir (nettoyage ethnique).

           Toutes ces propositions furent appliquées en Algérie avec une victoire apparente qui fit recette dans le Monde accompagnée d’un changement qualitatif l’apparition de plus en plus de “volontaires de la mort” fanatisés improprement nommés “kamikazes” du nom de combattants Japonais qui ne s’attaquaient qu’a des objectifs militaires ! EN RÉALITÉ LA GUERRE D'ALGÉRIE FUT A NOTRE AVIS MALGRÉ LA CARTE DU COMBATTANT UNE GUERRE CIVILE COMPLEXE A LA FOIS FRANCO/ALGÉRIENNE MAIS AUSSI ALGÉRO/ALGÉRIENNE ET DE PLUS FRANCO/ FRANÇAISE EN UNE GUERRE DE SÉCESSION INVERSÉE” comme l'exprimait justement dans un article le professeur Pervillé *

PAR JEAN FRANÇOIS PAYA AC / Algérie classe 54/2 membre du cercle Algérianiste du Poitou

JF PAYA AC /Algérie Classe 54/2 jusqu’à la fin 64 Service Marine Nationale Base de Mers-el-Kébir.

http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2010/11/13/19596242.html

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Pour info  Nationalisme et Islam durant la guerre d'Algérie

            La force locale après les accords d’Évian (mars-juillet 1962)

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