14 janvier 2009

J-C LES DISPARUS D'ALGERIE

Par José Castano.

verite-la-tragedie-de-l-algerie-francaise

 

Notre mémoire…

LES DISPARUS D’ALGERIE

        Il y a 46 ans, tel Ponce Pilate, le gouvernement français se lavait les mains et tournait la page. Pays sans nom, sans frontière, sans unité, c’est par la France et dans la France que l’Algérie avait acquis une personnalité, pour la première fois dans l’histoire. C’est par la France qu’elle devint, le 1er juillet 1962, indépendante. Et c’est ici que commença le drame pour près de deux millions de personnes, Européens et soldats musulmans confondus.

Le point de départ de la gigantesque entreprise de destruction qui devait s’abattre sur les Français d’Algérie –entreprise de destruction voulue et organisée par le régime gaullien- fut la honteuse signature des accords d’Evian du 18 mars 1962 avec comme symbole de forfaiture, le massacre du 26 mars à Alger… Son aboutissement, le 5 juillet 1962 à Oran. Entre ces tragédies, plus de 5000 européens (on ne connaîtra jamais le nombre exact) disparaîtront, enlevés parfois même sous les yeux des militaires français qui n’interviendront pas.

        « Ils n’avaient pas d’ordre », disaient-ils ! En réalité, ils avaient des ordres de « non intervention». Ainsi, dans toute l’Algérie des camps s’ouvrirent, parfois à proximité même des villes et des cantonnements militaires sous le regard bienveillant des autorités françaises.

        La plus élémentaire des missions eût été d’ordonner à notre armée, encore puissante, d’effectuer des opérations de sauvetage en direction de ces camps… sa première motivation étant de sauver ses propres soldats dont près de 400 furent pris vivants au combat. Nul ne recouvrit jamais la liberté, et cela en dépit des accords d’Evian et des conventions de Genève. L’autre motivation était de sauver, d’une part, ces milliers de civils européens menacés de jour en jour d’extermination, d’autre part, ces milliers de Musulmans fidèles à la France à qui l’on avait fait une promesse formelle de protection, à qui l’on avait juré que le drapeau français ne serait jamais amené et que l’on a livré avec une révoltante bonne conscience, pieds et mains liés à la vindicte des bourreaux.

        Alors, quand les familles éplorées suppliaient les militaires d’intervenir après l’enlèvement de l’un des leurs ; quand elles en appelaient à nos gouvernants, nos médias, nos associations humanitaires, à la Croix Rouge… quand ce n’était pas au Clergé, on leur rétorquait sans ménagement « qu’ils étaient tous morts » ! Et ainsi, parce qu’ils « étaient tous morts», on a laissé, des années durant, pourrir dans les geôles, les mines de sel, les camps de la mort lente et les bordels, nos proches, nos familiers, nos frères…

        Car on ne supprima pas plus de 5000 personnes du jour au lendemain... Certaines vécurent des années durant dans leur univers concentrationnaire ; déclarations d'hommes politiques et témoignages l'attestent. C'est ainsi que :

        - Le 26 janvier 1971 (9 ans après l’indépendance), le Président algérien Boumedienne déclarait : "A Paris, on semble ignorer que nous détenons un grand nombre d'otages français. Quand il le faudra, nous en communiquerons la liste à la presse, d'où une émotion considérable en France. Alors, pour obtenir la libération de ces otages, il faudra y mettre le prix."

        - Le couple des enseignants Allard, de Bruyère-le-Châtel (Essonne), d'abord pro-FLN puis expulsés d'Algérie au cours du second trimestre de 1971, révéleront qu'environ sept cent cinquante disparus européens ont été vus et contactés dans les camps de travail situés à proximité des puits de pétrole d'Hassi-Messaoud. A l'automne 1972, quelques-uns de ces hommes ont tenté de s'évader. On les a retrouvés bastonnés à mort sur la rocade sud, avec la main droite coupée.

        - Le 23 avril 1982, l’hebdomadaire « SPECIAL DERNIERE » publiait les révélations de Mr Poniatowski qui affirmait qu'en 1975 (il était alors Ministre de l'Intérieur), il y avait encore des centaines de captifs en Algérie.

        Ce jour-là, nous fîmes connaissance avec l'incroyable, l'impossible, l'inimaginable. En première page, on pouvait lire :

"EXCLUSIF : Les photos des Français détenus sans raison PRISONNIERS EN ALGERIE depuis VINGT ANS. Un vrai camp de concentration installé du côté de Tizi-Ouzou".

        Au total 15 photos sous lesquelles figuraient les noms et prénoms des "disparus". Or l'une d'elles nous apprenait ainsi que le gardien de la paix, Pelliser Jean Claude, enlevé le 16 mai 1962 à Maison Blanche, Alger, dans l'exercice de ses fonctions, était toujours en vie... alors qu'il avait été déclaré "décédé" le 13 novembre 1970 par le Tribunal de Grande Instance de Paris.

        20 ans après ces tragédies, il y avait encore des survivants dans les camps de concentration algériens. Nous en avions là la preuve. Que firent alors les autorités françaises ?

        Le 12 novembre 1964, Le Figarolançait le chiffre de 6000 à 6500 Européens enlevés entre le 19 mars 1962 et le 31 décembre 1962… preuve qu’après l’indépendance les enlèvements s’étaient poursuivis.

        L'accusation était portée et elle était irréfutable. Alors, pourquoi l'armée française –qui était toujours présente ne Algérie- n'intervenait-elle pas pour sauver ces malheureux? Et pourtant ils étaient enfermés dans des camps parfaitement localisés et connus des autorités, attendant dans la souffrance et la déchéance une vaine délivrance. Certains furent libérés, mais sur des initiatives individuelles d'officiers outrepassant les ordres reçus et... immédiatement sanctionnés. Parfois même, ces morts-vivants étaient plongés dans leur univers concentrationnaire à proximité des camps militaires français, tels, la cité du Petit Lac à Oran.

        Que de cris déchirants, que d’appels au secours ces militaires français ont-ils dû entendre chaque nuit, eux qui étaient terrés dans leur caserne, l'arme au pied, attendant la quille prochaine...

        Que d’horribles, que d’épouvantables hurlements ont dû retentir, des années durant, dans ce pays livré aux écorcheurs ! Mais nul ne pouvait les entendre. Une chape de silence s’était abattue sur ces malheureux ajoutant ainsi à leur calvaire et, engoncé dans son égoïsme, son confort et son indifférence, le peuple français ne répondit pas aux plaintes et aux râles qui s’échappaient de toutes les contrées de l’Algérie et qui venaient s’écraser contre ce mur qu’il avait érigé sur ses côtes. Ces sacrifiés là, dont le nombre s’amenuisait au fil du temps, n’étaient plus que des animaux survivants d’un triste bétail pensant, abandonnés à leur délire, à leurs rêves et à leurs rancoeurs. Durant des années, ils ont croupi derrière des barreaux ou dans des camps, à épier leurs geôliers, à écouter les râles des mourants et les cris de ceux que l’on torturait, en suivant de leurs yeux, leurs inoubliables yeux, empreints de crépuscule mental, la marche rêveuse des nuages dans l’immensité du ciel étoilé.

        Pauvres êtres torturés! Leurs cris déchirants seront restés vains durant toutes ces années, mais ces plaintes ne sont pas perdues. Quelque part dans les cieux elles ont été enregistrées indélébilement et le jour du jugement dernier, elles se feront de nouveau entendre... et les paroles prophétiques du Maréchal Juin remontent à ma mémoire : « La France est en état de péché mortel et elle connaîtra, un jour, le châtiment».

        Pour autant en dépit des renseignements qui lui parvenaient régulièrement, la grandeur gaullienne ne s'abaissa pas à donner les ordres nécessaires pour sauver ces sacrifiés et les cadres de l'armée, les consuls et ambassadeur de France à Alger respectèrent ces ordres de ne pas intervenir, abandonnant ceux qui n'étaient plus que des morts en sursis, oubliant que, pour des raisons similaires, on condamna à la fin de la seconde guerre mondiale, les officiers allemands qui ne s'étaient pas opposés aux ordres d’Hitler.

        Ils sauvèrent ainsi leur carrière, certes! Plus tard, colonels, généraux, députés, ambassadeurs, couverts de titres et de médailles usurpés, ils se prélasseront et se féliciteront de leur "bon choix". Mais, où est leur honneur? Que devient une armée sans honneur ?

"La voix de la conscience et de l'honneur est bien faible quand les boyaux crient", disait Diderot.

        Ainsi, la France et l’armée française d’alors sont aujourd’hui éclaboussées d’une honte que le temps ne suffira pas à effacer. Il n'y a pas d'exemple qu'un Etat ait livré de la sorte ses enfants au bourreau. Et cette tache indélébile ternira à jamais l'honneur de la cinquième République.

José CASTANO  E-Mail : joseph.castano0508@orange.fr

(Extrait de l’article consacré aux disparus composant l’ouvrage « VERITĖ» que l’on peut se procurer chez l’auteur, voir sa bibliographie)

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16 janvier 2009

J-C LA QUESTION

Document transmis par Joseph Castano

*

Pitoyable cécité ou criminelle lâcheté ?

        Nous y revoilà ! 47 ans après la guerre d’Algérie, la « torture » réapparaît sur le devant de la scène par le truchement d’une émission de télévision présentée le 3 décembre sur FR3 : « droits d’inventaire ».

Nous devrions pourtant être habitués, voire blasés d’être soumis à intervalles réguliers à ce genre de propagande mensongère et diffamatoire où les « pauvres petits fellaghas » n’en finissent plus d’être les cibles et les souffre-douleur des cruels soldats français, notamment ceux de métier, assoiffés de revanche après leur défaite en Indochine (sic).

Et toujours pour « témoigner », quelques appelés « repentis » accentuant pour le besoin des caméras leur « trouble » et leur « crise de conscience » face à l’inconduite de leurs chefs. Par ailleurs quelle incongruité, quelle ineptie, quelle malveillance d’entendre un ex-ministre (J.P Chevènement) prétendre avoir été menacé de mort par l’OAS, le 5 juillet 1962 à Oran. Qu’a-t-il fait, précisément ce jour là, lui l’officier français, pour venir en aide à une population européenne terrorisée face à la vindicte des « vainqueurs » ?   

Faut-il attribuer ce mal à l’acharnement que nous mettons entre Français, non seulement à nous entre-déchirer, mais même à donner un effet rétroactif à nos divisions du moment ? Ces causes se rendent-elles compte du mal qu’elles distillent autour d’elles ? Ne semble-t-il pas plutôt qu’elles ont été enrôlées au service d’une entreprise voulue, calculée ? Les Français, c’est une habitude, ont un goût prononcé pour l’auto-flagellation (quand ce n’est pas de l’autodestruction) et ne cessent de culpabiliser pour des pratiques -courantes en tant de guerre- et que l’ennemi a utilisé, pour sa part, sans réserve…

Comment imaginer l’Algérie, 47 ans après, faire son « mea culpa » des exactions et sévices en tous genre que ses « valeureux soldats de la libération » ont perpétré sur des civils innocents ? A-t-elle, à ce jour, éprouvé le moindre remords ? Les anciens tortionnaires du FLN ont-ils demandé pardon aux familles de leurs victimes ? S’est-il trouvé un seul journal algérien pour stigmatiser les excès de ces «combattants» ? Et pourtant il ne s’est pas agit durant près de huit ans de simple « question » mais d’exterminations massives dans des conditions effroyables : visages lacérés où les yeux manquaient, nez et lèvres tranchés, gorges béantes, corps mutilés, alignement de femmes et d’enfants éventrés, la tête fracassée, le sexe tailladé…      

Le sort incomparablement plus cruel que les tueurs du FLN, complices de Yacef Saadi , de Zohra Drif et de Louisette Ighilahriz, entre autres, ont réservé à des milliers d’innocents n’ont ému personne parmi les détracteurs de l’armée française. L’extrême sauvagerie avec laquelle ils ont accompli leurs attentats ne surpasse-t-elle pas dans l’horreur et dans la douleur les tortures pratiquées par l’armée française dans sa quête du renseignement ? Et comment dans ce cas ne pas crier à la supercherie ? Ces journalistes qui n’ont de cesse, plus par calcul politique (ou commercial) que par souci d’humanité, de dénigrer systématiquement l’action de l’armée française en Algérie, se sont-ils demandés, une seconde, combien d’êtres innocents ont, durant des années en Algérie, souffert du terrorisme ?

Et quand ces appelés, témoins et rapporteurs de tant de cruautés françaises culpabilisent aujourd’hui de la sorte, se sont-ils demandés combien de jeunes enfants ont été déchiquetés par les bombes des tueurs du FLN ? Combien d’autres ont connu d’effroyables violences avant que leurs bourreaux ne fracassent leurs têtes contre les murs, leur forfait accompli ? Se sont-ils indignés quand ils ont eu connaissance de ce petit garçon de 8 ans que son assassin a ramené dans ses bras, encore vivant à sa mère, le ventre vidé de ses viscères et empli de pierres, les yeux crevés ? Et de cette petite fille de 10 ans qui subit les pires outrages avant d’être égorgée et fut tellement écartelée par ses tueurs qu’on la retrouva entièrement disloquée ? Et de ces familles entières exterminées après qu’on eut violé les femmes de tous âges sous le regard d’épouvante des hommes attachés et assistant à la scène?

Se sont-ils insurgés à ce moment contre les auteurs de ces crimes ? Au nom de quelle loi sacro-sainte a-t-on eu le droit de faire souffrir dans leur chair ces victimes de la barbarie du FLN? Au nom de quelle éthique a-t-on dû les sacrifier ?

    

         Les âmes chagrines  disent que la conscience se révolte au spectacle de certains crimes. Nous sommes ici en présence du plus monstrueux florilège du crime qui puisse se concevoir. Les images qui représentent les milliers d’êtres humains égorgés, les visages mutilés au couteau, les corps écorchés vivants à coups de canif, les enfants déchiquetés par les bombes, les femmes éventrées, les hommes suspendus encore vivants aux crochets d’abattoir, reculent les limites assignées à l’horreur. Cependant, ces atrocités ne révoltent pas les consciences contre  les criminels, mais contre les victimes. Ces milliers d’innocents versés dans la mort servent à apitoyer le monde sur le sort des bourreaux. Le réflexe n’est pas l’indignation devant la sauvagerie du crime, mais la compassion envers les assassins. Et si les survivants excédés ou terrorisés prennent les armes pour sauver leur vie, dans un geste de défense aussi vieux que les âges –c’est ce qui s’est passé en 1961 et 1962 avec l’avènement de l’OAS-, ils soulèvent contre eux l’unanimité des censeurs.

         Les révolutionnaires ont dit que les bombes étaient un moyen d’expression et des gens « très bien », les intellectuels, plus ou moins de gauche, ont donné de bonnes raisons pour justifier les bombes, les assassinats, les prises d’otage et la haine. C’est à force de coupable indulgence et de tolérance stupide que l’on a encouragé les actes criminels du FLN dont furent victimes chaque jour de jeunes enfants en Algérie. Ceux qui se sont tus alors, ou qui ont dénoncé de façon unilatérale la torture, ont été coupables et complices de leur malheur et sont devenus à leur tour des assassins en puissance.

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José CASTANO e-mail : joseph.castano0508@orange.fr

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17 janvier 2009

HLM DE GAMBETTA AVANT 1962

"LIEU DE VIE" DE NOTRE FAMILLE !!

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Consulter les pages des anciens des HLM de Gambetta à Oran "La Cité des Jardins" Merci à Dédé de la famille SCHWEITZER du B3 qui a créé ce site en juin 2003

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21 janvier 2009

J-C L'ASSASSINAT DU LIEUTENANT ROGER DEGUELDRE

Maj le 10 juillet 2012

 

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Article de l'aurore du 8 juillet 1962 (doc ED)

Document transmis par Joseph Castano.

 

« Le jour où les « fells » entreront à Alger, j’espère trouver trois compagnons pour garder les faces du Monument aux morts et tomber en tirant une dernière salve de PM »

          C’est quelques heures seulement après le génocide du 5 juillet 1962 qui, rappelons-le, fit plus de trois mille victimes parmi la population civile européenne,  que de Gaulle prit sa décision de faire fusiller le lieutenant Roger DEGUELDRE qui, fidèle à son engagement « La mort plutôt que le déshonneur! », avait justifié son action dans l’OAS par ces mots : « Mon serment, je l’ai fait sur le cercueil du Colonel Jeanpierre. Plutôt mourir, Mon Colonel, que de laisser l’Algérie aux mains du FLN, je vous le jure ! »

        Le lendemain, 6 juillet 1962, à l’aube, au fort d’Ivry, Degueldre se présenta devant le peloton d’exécution en tenue de parachutiste, le drapeau tricolore sur la poitrine, drapeau auquel il avait tout sacrifié et qu’il avait choisi comme linceul. Autour de son cou, il avait noué un foulard de la légion. Dans la poche intérieure de sa vareuse, il y avait la photo d’un bébé, son fils qu’il n’avait jamais vu. Il avait conçu cet enfant dans la clandestinité. Le bébé était venu au monde alors que le père se trouvait dans sa cellule de condamné à mort.

 

          « Dites que je suis mort pour la France ! » s’écria-t-il à l’adresse de son défenseur. Puis il refusa qu’on lui bande les yeux et, au poteau cria : « Messieurs, Vive la France ! » avant d’entonner la Marseillaise. Les soldats qui devaient l’exécuter, émus par son courage, hésitèrent à tirer. La première salve le blessa seulement : Une seule balle l’atteignit sur les douze qui furent  tirées : au ventre dirent certains… au bras affirmèrent d’autres.  Quoiqu’il en soit, le fait certain c’est que Degueldre ne fut pas atteint de manière décisive.

         L’adjudant chargé de donner le coup de grâce se précipita, l’arme à la main, pour accomplir sa sinistre besogne et se rendit compte que le condamné était toujours en vie. Sa tâche ne consistait désormais plus à achever un quasi-mort censé avoir reçu douze bouts de métal… mais bel et bien de tuer un vivant. Et ce sont là deux choses bien différentes... Il en eut si terriblement conscience, que sa main pourtant préparée à cette macabre mission trembla, et que le revolver se déchargea dans le vide.

         Parmi l’assistance, c’était la stupéfaction. Cette situation eut pour effet d’agacer le procureur qui, réveillé un peu tard, n’avait pas eu le temps de prendre son petit déjeuner. Et son estomac gargouillait. Mécontent, il fit signe à l’adjudant de se dépêcher. Pensant ce temps, Degueldre, à demi recroquevillé souffrait. Les coups de feu résonnaient encore à ses oreilles et il se demandait quand son calvaire prendrait fin.

         L’adjudant, toujours tremblant, pointa une nouvelle fois son arme sur la tête de l’officier parachutiste, ferma les yeux et appuya sur la détente. Stupeur ! Rien ne se produisit. L’arme s’était enrayé. Une rumeur monta de l’assistance. Degueldre tourna la tête vers son exécuteur comme pour l’interroger. Aucune haine dans son regard… juste de l’incompréhension.

         Exaspéré par cette situation –unique dans les annales de l’exécution- le procureur ordonna qu’une nouvelle arme soit amenée. Mais personne parmi les militaires présents n’en possédaient. Il fallait courir en chercher une… Et pendant ce temps, Degueldre était toujours vivant... et il souffrait.

         A partir de ce moment là, tous les juristes s’accordent à dire que la sentence ayant été exécutée, puisque le condamné étant encore en vie, il fallait le détacher du poteau et lui donner les soins nécessaires. Autrement dit, on n’avait pas le droit d’achever le blessé. Mais les ordres étaient formels ; Il fallait que Degueldre soit tué ! Il incarnait à lui seul, l’OAS, cette puissance qui avait fait trembler les Etats Majors, le FLN et l’Elysée… Il fallait exorciser jusqu’à son souvenir.

         Et pendant que l’on s’affairait à se procurer une arme, celui qui, à cet instant, aurait pu changer le cours des événements ne réagit point. Pétrifié par la scène, glacé d’effroi, le défenseur du condamné demeurait inerte. Pourtant, il lui appartenait de tenter quelque chose, de courir jusqu’au supplicié, de le prendre dans ses bras et de le couvrir de son corps en invoquant la justice, en appelant à l’amour, en exigeant au nom de toutes les traditions humaines et chrétiennes qu’on fît grâce qu condamné. Cela s’était déjà produit dans l’Histoire quand la corde du pendu avait cassé et que la grâce lui avait été accordée. Mais non, l’avocat demeurait prostré, sans voix, mort… alors que Degueldre, lui, était vivant et qu’il le regardait.

         Enfin on remit un pistolet à l’adjudant qui, blanc comme un linge, écoeuré par cette boucherie… mais servile au commandement de tuer, devait en finir puisque tels étaient les ordres et que le défenseur du condamné qui, seul avait qualité pour tenter quelque chose, se taisait.

         Un nouveau coup de feu claqua. Stupeur ! Celui-ci fut tiré, non pas au-dessus de l’oreille comme l’exige le règlement, mais dans l’omoplate… Une douleur atroce irradia le corps du supplicié. Il regarda vers le ciel et ouvrit grand ses yeux. Peut-être perçut-il à cet instant que son calvaire prenait fin. Il était tout illuminé des illusions radieuses de ceux qui vont mourir et il lui sembla entendre, là haut, les voix des martyrs du 5 juillet lui murmurer : « Roger… Roger… dès aujourd’hui tu seras avec nous dans le Paradis ».

Puis une nouvelle détonation retentit… et ce fut la fin.

C’est ainsi qu’après Claude PIEGTS et Albert DOVECAR, Sergent au 1er Régiment Etranger de Parachutistes, mourut,  assassiné, le lieutenant Roger DEGUELDRE, également du 1er R.E.P, Chevalier de la Légion d’honneur… Et les salves du peloton couvrirent un instant les plaintes et les râles qui montaient d’Oran, tandis que la France, en vacances, n’entendit rien. Et nous nous devons de ne jamais oublier son ultime message adressé au petit peuple d’Algérie : « Si je ne suis pas de leur race, ni né sur leur sol, je les ai beaucoup aimés et je les aime toujours ! »

         Huit mois plus tard, le 11 mars 1963, le Colonel Jean BASTIEN-THIRY, Polytechnicien, tombait à son tour à 35 ans, sous les salves du peloton.

Décidément, le crime était profondément enraciné !…

José CASTANO (e-mail : joseph.castano0508@orange.fr)

(Extrait de l'article consacré à l'assassinat du lieutenant Roger Degueldre composant l'ouvrage "VERITE" que l'on peut se procurer chez l'auteur)
« VERITĒ » - La tragédie de l’Algérie française  –

- Le siège de Bab-el-Oued – Alger : 26 Mars 1962… La tragédie – Le martyr des harkis – Oran : 5 Juillet 1962… Le génocide – L’assassinat du lieutenant Roger Degueldre

– Les disparus de 1962 – Katz… Criminel de guerre.

_ Le poids des mots… Le choc des photos.

 

Indispensable pour faire connaître la VéritéCet ouvrage est disponible chez l’auteur. 

 

Retour Joseph Castano.

 

 

- L’assassinat du Lieutenant Degueldre sur la voix de Jean-Pax Meffret

Pour revoir: 

Tous les articles de José CASTANO, cliquer sur : - Mes Articles - 

Ses ouvrages, cliquez sur :-Ma Bibliographie – 

Ses conférences, cliquez sur : - Mes Conférences –  

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23 janvier 2009

PEINTURES DE MARYSE

Soyez gentils en respectant les oeuvres de MARIPO qui avec Danièle et quelques uns d'entre nous était une cabanonière au Cap Carbon près d'Arzew du temps de la France. Je la remercie de sa confiance.

LES AQUARELLES DE MARIPO

DE L'AUTRE COTE DE LA MER

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01 "Monument aux morts d'Oran"

Promenade_de_letang_de_MP_TAG

02 Santa Cruz vue de la "Promenade de Létang"

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03 "Noël à Santa-Cruz"

25_ZARAGOZANO

04 "ZARAGOZANO-Santa-Cruz"

10_JEANNE_D_ARC

05 "Jeanne d'Arc"

15_LA_MER_QU_ON_VOIT_DANSER

06 "La mer qu'on voit danser"

16_LA_RUELLE_D_YVETTE

07 "La ruelle d'Yvette"

21_L_HOMME_A_LA_FENETRE

08 "L'homme à la fenêtre"

23_LA_MURETTE

09 "La murette"

 

 

11_KIOSQUE_FONTANEL

10 "Kiosque Fontanel"

12_KIOSQUE_PLACE_DE_LA_REPUBLIQUE

11 "Kiosque Place de la République"

13_KIOSQUE_SAINT_EUGENE

12 "Kiosque Saint Eugène"

AUDE ENTRE MER, ETANG ET MONTAGNE

 

 

AUDE_SAUVAGE_T

13 "Aude sauvage"

04_BARQUE_ECHOUEE

14 "Barque échouée"

05_BATEAUX

15 "Au gré des flots"

06_CABANON_DE_VIGNE

16 "Cabanon de vigne"

07_CHAPELLE_SAINT_VICTOR

17 "Chapelle Saint Victor"

08_CHEMIN_DES_GENETS

18 "Chemin des genêts"

09_ECHAUGETTE_ISOLEE

19 "Echauguette isolée"

14_LA_CHARETTE_BLEUE

20 "La charette bleue"

17_LE_BORD_D_ETANG

21 "Le bord d'étang"

18_LE_PIGEONNIER_EN_RUINE

22 "Le pigeonnier en ruine"

19_LE_VIEUX_PORTAIL

23 "Le vieux portail"

20_LES_BATEAUX_PARESSEUX

24 "Les bateaux paresseux"

24_VENT_DANS_LES_PINS

25 "Vent dans les pins"

Retour nos artistes. 

 

 

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31 janvier 2009

LE BOUYOUYOU

Clin d'oeil

         Le BOUYOUYOU, tramway à vapeur, véritable tortillard à voie étroite, rendit pendant de longues années d’inestimables services à toute la région pour les voyageurs et les marchandises, en reliant Oran à la station thermale d’Hammam-Bou-Hadjar par la "plaine".

 

BOUYOUYOU DVix envoyé par guysimon

               A Oran la gare de départ se situait à la fin du Boulevard Joffre à l'angle du Boulevard Mascara, séparé par la "Rue D'Arrue" pratiquement en pleine ville. Le dimanche à grand renfort de coups de sifflet le Bouyouyou venait cueillir les provinciaux en goguette à la sortie du cinéma Rex. 

         Ce qu'ils adoraient entre tout, c'était lorsque vers dix heures, il entendait le train passer. Eh oui ! Un train avec une locomotive... Oh, pas très grosse mais une vraie locomotive quand même, tirant trois voitures et un wagon de marchandises. Ce petit train desservait des localités comme Aïn El Arbe, Saint-Maur, Valmy et Sénia. Le plus distrayant était de voir les petits Algériens prendre le train en marche et se lancer à terre quelques mètres plus loin car, à cet endroit, l'engin, avec ses tchouf tchouf, avait des difficultés à grimper la légère pente existante.

         Le poussif Bouyouyou avec son sifflet éraillé, fut l’une des composantes typiques de l’arrière pays Oranais et constitua même une véritable attraction. La ligne fut définitivement fermée en 1949.

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Trajet du Bouyouyou de Oran à Hammam-Bou-Hadjar.

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Arrivée du Bouyouyou à Oran.

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La gare de l'Arba à Oran.

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La gare de l'Arba point de départ la ligne du Bouyouyou à Oran.

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La gare d'arrivée de Hammam-Bou-Hadjar.

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SON DERNIER VOYAGE

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LA SENIA - Tout le monde descend.

Notre petit train départemental d’Hammam-Bou-Hadjar a vécu. Après avoir terminé la veille son voyage aller, il s’en est revenu à vide, et a gagné son dépôt de boulanger d’où il ne sortira plus.

         Conduit par une touchante coïncidence par le mécanicien Ballester vétéran de la ligne, il devait faire une entrée sensationnelle à la Sénia, sa dernière station. Donnant toute sa vapeur, tant par la cheminée, par ses pistons que par son sifflet qui déchirait la brume, il alerta tout le village qui lui fit fête.

         La vieille "loco" s’était faite belle pour l’occasion: Palmes vertes, bouquets et drapeaux la paraient avec élégance, et des âmes sensibles avaient inscrit sur son avant et sur ces flancs: "tu seras regretté", "Bouyouyou était petit mais le souvenir est grand…"

         Oui sympathique petit train tu seras toujours pour les Oranais le symbole d’une époque heureuse, le rappel aussi des beaux dimanches sur le champs de courses et ta mémoire restera aussi vivace quand le goudron des routes ou l’herbe des champs auront effacé la trace de ta voie!...

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07 février 2009

PATRICK-CHARLES RENAUD

Se_battre_en_Alg_rie_1954_1962

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SE BATTRE EN ALGERIE 1954 - 1962

Un livre de 456 pages de récits + 32 pages de photos hors texte dont une majorité en couleurs - format 170 X 230

Prix Raymond Poincaré 2003 

                Exemplaires numérotés et dédicacés uniquement disponibles auprès de l’auteur Sale guerre ! Cause injuste! Quels que soient les qualificatifs, des soldats français ont combattu durant plus de sept ans en Algérie, de l’autre côté de la Méditerranée, où le pouvoir politique les avait précipités. Au-delà des idéaux, ils ont dû s’adapter, s’aguerrir et se battre pour survivre avant tout dans un cadre qui leur était totalement étranger. Si la guerre est par définition cruelle, la guérilla l’est tout autant car elle n’obéit à aucune règle conventionnelle.

                « Se battre en Algérie » démontre que cette guerre ne se résumait pas à des opérations de ratissage ou de contrôles dans le bled, ni même à de rares scènes de torture et d’exécutions sommaires. Elle ne fut pas non plus une guerre où tous les Appelés désoeuvrés dans un poste perdu dans le djebel, se livraient à des actes répréhensibles sur les populations civiles. Réduire la Guerre d’Algérie à ces clichés est intellectuellement malhonnête.

                Elle fut émaillée de combats, parfois farouches, livrés par des combattants français et algériens courageux, dans des paysages apocalyptiques, dans le froid, la pluie, la neige et le vent, ou sous une chaleur excessive. Elle fut aussi et surtout faite par de jeunes français respectueux de l’adversaire, dont l’immense majorité ne s’est pas livrée aux actes barbares dont font état certains.

                De 1954 à 1962, l’élite de l’Armée Française s’est battue en Algérie, en première ligne : légionnaires, parachutistes, commandos, équipages ’hélicoptères, pilotes de chasse et d’observation, marins, tirailleurs, sahariens, etc. A travers des récits poignants et véridiques, ce livre vous fait revivre des combats âpres dans lesquels ces hommes ont été engagés. Il vous emmène dans les djebels arides et déchiquetés, dans les sables et oasis du Sahara, dans les forêts tapissées de ronces ou de chênes-lièges, dans les airs à bord d’avions de chasse et d’hélicoptères qui survolaient des paysages magnifiques que la furie guerrière pouvait rapidement métamorphoser en enfer. Au fil des pages, vous côtoyez aussi ces rudes moudjahidin, parfois vétérans des Campagnes d’Italie et d’Indochine, qui se battaient pour leur indépendance avec détermination.

                Les grands épisodes de la Guerre d’Algérie sont relatés : les opérations de Timimoun, la bataille de Souk Ahras, les combats livrés dans l’Atlas Saharien, dans les Aurès et à proximité des frontières tunisiennes et marocaines, la traque et la fin de « moudjahidin » éminents comme les colonels Amirouche, Si Ahmed, Lofti, tous les trois chefs de Wilaya, jusqu’à la Bataille de Bizerte en Tunisie au cours de laquelle les parachutistes, venus d’Algérie, ont dégagé la base et la ville menacées.

Prix : 28,00 € (+ frais de port et d’emballage) - Patrick-Charles RENAUD – 113, Avenue Foch – 54270 Essey-lès-Nancy - e-mail : patrick-charles.renaud@orange.fr – Tél. : 03.83.20.13.38 Cet ouvrage est publié par les Editions Grancher (Paris).

                A mes fidèles lecteurs et aux passionnés, je propose des exemplaires numérotés et dédicacés. Si vous êtes intéressés, veuillez me retourner le bulletin ci-dessous dûment complété et accompagné de votre règlement. Pour les dédicaces, n’oubliez pas de me communiquer le texte souhaité. A noter qu’il est souvent question du 14ème R.C.P. avec des récits « revus » et complétés avec d’autres témoignages.

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.BON DE COMMANDE.

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        Les livres seront expédiés par la Poste au début du mois d’avril 2008 (envoi sécurisé et rapide en Poste-Livre ou Colissimo)

Me tenant à votre disposition pour répondre à d'éventuelles questions,

Cordialement,

Patrick-Charles RENAUD

Cet ouvrage  est le fruit de plus de vingt années de recherches au cours desquelles de nombreux témoignages ont été recueillis. il livre les clichés d'une " guerre impopulaire " à laquelle a participé toute une génération.

Ce qu'en pensent les lecteurs : 

- lettre d'un Ancien Appelé (classe 59 2 B), ex brigadier au 4ème R.C.C. sur la frontière tunisienne de mai 1960 à janvier 1962 : ... J'ai pris connaissance de votre livre " Se battre en Algérie " et dès l'avant-propos vous avez fait battre mon coeur en me replongeant plus de 40 années en arrière. Vous redonnez aux anciens d'Algérie leur honneur bien souvent bafoué et leur fierté d'avoir servi un pays, un drapeau. Comme vous le dites si bien nous n'étions pas des barbares et nous avions un sens profond de nos responsabilités... Vos récits ressemblent aux rêves qu'il m'arrive encore de faire, c'est à dire retrouver le soleil brûlant, le vent de sable, la maigre végétation, jusqu'à cette peur insidieuses qui se glissait parfois en nous par les nuits trop noires, sans compter des mines qui explosent encore dans ma tête... Je tiens à vous témoigner mes remerciements pour ce livre qui réhabilite nos soldats et nos armes.

- lettre du général D., officier parachutiste durant la Guerre d'Algérie : ... La lecture de votre ouvrage " Se battre en Algérie - 54 - 62 " m'a beaucoup plu au travers d'un style direct et sans états d'âme. Pour une fois et sans doute la première, voilà un livre sur le sujet exempt de toute connotation de culpabilisation, de repentances et autres fantasmagories de diabolisation de l'Occident, de la France et de son armée... Cette lecture m'a aussi passablement ému en ravivant dans ma mémoire des épisodes particulièrement intenses, parfois glorieux, parfois douloureux, et le plus souvent très durs... .Au moment où notre armée connait de nouvelles restrictions et malaises psychologiques, cela fait un bien énorme, à titre rétrospectif bien sûr, de lire votre bouquin. Je voudrais espérer qu'il y en ait d'autres du même bois vert... 

- lettre du Président d'une association d'Anciens Militaires : ... Le hasard veut que je termine juste la lecture d'un livre passionnant, très bien écrit, pas du tout polémique. Il a une véritable valeur historique et intéressera les anciens d'Algérie, mais aussi leurs enfants et tous ceux que la question algérienne "interpelle" ! On y décrit nombre de faits d'armes, mais aussi d'embuscades où déjà nos parachutistes faisaient montre de leur valeur et de leur abnégation. Cela permet d'imaginer le piège dans lequel sont tombés nos soldats et ce qu'ils ont pu subir en Afghanistan. 

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Bulletin de commande - exemplaires numérotée

Se battre en Algérie - 1954/1962

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Commande ………. Exemplaire(s) numéroté(s) du livre Se battre en Algérie au prix unitaire de

28,00 € + participation aux frais de port et d’emballage (1 exemplaire = 5,74 € - 2 ex. = 7,40 € - 3 à 4 ex. = 10,20 € - à partir de 5 ex. et au-delà : 11,80 €), soit un total de ………….. € à régler à l’ordre de Patrick-Charles RENAUD par chèque bancaire ou postal.

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Patrick-Charles RENAUD – 113, Avenue Foch – 54270 Essey-lès-Nancy 

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22 février 2009

LE PARADIS DES BEURS

André Dufour nous livre quelques réflexions suite au nouvel intérêt des médias pour les musulmans français expatriés dans des paradis islamiques.

Drapeau_d_Arabie

Drapeau d'Arabie. Image à la Une : l'émir du Qatar

Naguère, les prolétaires de tous les pays avaient tous une même patrie paradisiaque : l’URSS, avec le communisme pour religion d’Etat à vocation universelle. Le prolétariat, ou du moins les nantis et les bobos qui parlent en son nom, sont encore frustrés de ce paradis perdu. Fort heureusement, un paradis chasse l'autre. La semaine écoulée nous aura ainsi gâtés d’un reportage télé d’Envoyé Spécial consacré aux Beurs qui s’expatrient dans les Emirats du Golfe et d’un reportage sur le même thème paru la même semaine, est-ce un hasard ? dans le Figaro du 18 février sous la signature de Georges Malbrunot.

En gros, des jeunes talents français ne trouvant aucun débouché en France, «en raison de leur origine maghrébine», trouvent leur bonheur, un emploi bien rémunéré, la prospérité et parfois la fortune, dans les Emirats. Et de surcroît, ces jeunes Français par le droit du sol, peuvent y retrouver leurs véritables racines, l’Islam, et leur véritable identité, la Oumma. Alors, sur cette terre d’islam, ils peuvent enfin «pratiquer pleinement leur religion sans avoir à se cacher», comme c’était leur cas en France, comme l’affirment certains d’entre eux. On aimerait leur demander combien d’églises, de pagodes ou de temples hindous les autorités locales émiraties subventionnent-elles, comme le font en matière de mosquées, et en toute illégalité, certains maires français en mal d’électeurs musulmans. Et puis quand on voit sur les aires de repos de nos autoroutes ou dans certaines rues de Paris des musulmans se prosterner à l’heure de la prière sans se soucier de la gêne qu’ils provoquent, quand on voit dans nos rues les musulmanes s’afficher dans leur pieux accoutrement conçu par des fabricants de sacs d’emballage, on n’a pas l’impression qu’ils vivent un islam des catacombes, mais passons… ils ont le droit de s’exprimer et même de mentir comme nous avons encore le droit de douter, de critiquer et de contester. Alors profitons en avant que nos autorités, allant au devant des injonctions de l’OCI, nous imposent un bâillon.

Mais revenons à notre sujet : Nos aïeux ont connu l’alliance du sabre et du goupillon, nos Beurs «expatriés» découvrent le charme de «l’alliance de la BMW et du Coran» en feignant d’oublier que derrière le Coran il y a surtout le sabre qui orne le drapeau de leur prophète. Le sabre n’est qu’un symbole mais un symbole exprime mieux la réalité que les discours lénifiants enrobés de vaseline. Et de nous montrer l’image de la réussite en la personne d’un créateur de restaurants, d’un architecte et j’en passe. Caméra braquée sur le luxueux et spacieux logement disproportionné pour un homme astreint à vivre sans sa famille, payé par son employeur, la grosse bagnole et tous les signes extérieurs de la réussite. Le rêve pour des rescapés des cités HLM «ghettos» décidés à se démarquer des leurs copains qui continuent à «tenir les murs», à occuper les halls d’immeubles et à traficoter dans des bizness pas très hallal.

Honte donc aux employeurs «Souchiens» qui obligent tous ces génies incompris à s’expatrier, privant ainsi notre pays de leur créativité, comme ce fut jadis le cas des Huguenots que l’intolérance royale a refoulés en Prusse, aux Pays-Bas et autres pays qui ont largement profité de leur savoir faire. Je me sens, vous vous sentez, nous nous sentons tous coupables. Cela semble du reste l’objectif recherché par ce genre de reportages.

Il ne nous reste plus qu’à savoir quelles discriminations raciales ou religieuses contraignent également tant de nos diplômés «de souche gauloise» catholiques, protestants, juifs ou athées à s’expatrier au Canada, en Australie, aux Etats-Unis ou plus près de nous, dans les pays de l’U.E.

Il est certain que dans des pays nouveaux riches où tout est à faire, à créer, à construire, et où l’argent du pétrole et du gaz coule à flots, et c’est particulièrement le cas des émirats, il y a davantage d’offres d’emploi de haut niveau que dans un vieux pays tel que la France, lestée d’une intrusion migratoire «bas de gamme» quant au niveau de qualification et dont la population rétrograde se montre de surcroît rétive aux charmes et avantages du «multiculturalisme». Allons donc admirer le multiculturalisme en terre d’islam.

Alors je me suis souvenu du loup et du chien de la fable de La Fontaine, le chien, bien nourri, vantant au loup famélique les charmes de la vie auprès des humains. Le loup est sur le point de suivre le chien jusqu’à ce qu’il remarque le collier que celui-ci porte. Et apprend que les maîtres qui prennent si grand soin du chien l’attachent aussi parfois. Le loup n’est alors pas du tout disposé à échanger sa liberté contre une nourriture assurée.

Or ce n’est pas Envoyé Spécial, émission qui passe à une heure de grande écoute et se doit d’écarter tout ce qui pourrait donner une image négative de l’islam, mais le reportage du Figaro, dont le nombre de lecteurs est de loin inférieur à celui des téléspectateurs, qui involontairement peut-être, nous fait découvrir le pot aux roses.

Constatons seulement que ni le reportage télé, ni celui de Malbrunot, ne font état du sort des centaines de milliers de travailleurs étrangers, des soutiers venus des pays très pauvres, qui triment bien plus que nos 35 heures hebdomadaires pour un salaire de misère sur les chantiers sous une température de 40 ou 50°, ni du personnel domestique traité en esclave dont les employeurs «font suer le burnous». Constatons aussi que même pour les mieux rémunérés, il n’est pas question du «droit» au regroupement familial. Ça c’est bon pour coloniser l’Occident, pas en «terre d’islam». Mais Malbrunot, que l’on ne saurait qualifier d’islamophobe, nous confirme qu’à fonction et qualification égales, le salaire de l’étranger est inférieur de 25% à celui de l’Emirati autochtone. Telle est la règle. Et puis il semblerait que les pieux Emiratis appliquent le programme de Jean-Marie le Pen, puisque la préférence nationale, entre autres en matière d’emploi y est imposée. Et ces Beurs qui auraient brûlé des milliers de voitures supplémentaires si la France appliquait la même règle et la même discrimination salariale, trouvent cela normal dans un pays islamique. C’est-y pas beau l’amour ?

Alors lorsque Malbrunot donne la parole et presque le mot de la fin à Khalid, l’un des «expatriés» qui parle de revenir en France «lorsque la France aura appris à vivre avec ses musulmans», on a envie de rétorquer à ce donneur de leçons que nous le reconnaitrons comme Français, comme l’un de nos concitoyens, lorsqu’il aura appris à vivre avec les Français. C’est aux derniers venus qu’il appartient de s’enquérir des règles de vies, de codes, des tabous et du sacré de la population en place et non le contraire. Le contraire, c’est une colonisation, une intrusion.

L’islam n’est respectable qu’en tant que religion parmi d’autre, non au dessus des autres. Est-ce que les bouddhistes, les zoroastriens, les hindouistes, les sikhs, les bahaïs et adeptes d’autres croyances ou convictions, non moins respectables que l’islam, exigent que nous apprenions à vivre avec eux et à nous conformer à leurs croyances ? Permettez-moi de vous donner un exemple personnel : à un moment donné de ma vie, en 1946, j’emménageais pour quelques mois dans une petite ville allemande près de Bonn. Une copine de cette localité m’avait averti qu’un nouveau venu qui s’y installe doit se vêtir en sombre, mettre des gants et faire le tour des maisons du voisinage pour se présenter. C’est ce que je fis : «Guten Tag, permettez moi de me présenter : André Dufour, de Paris, votre nouveau voisin». Invariablement la maitresse et le maître de maison m’invitent à entrer, à prendre une tasse de café et à goûter à la pâtisserie préparée en prévision de ma visite. C’est un rite d’intégration qui implique l’acceptation des us et coutumes du lieu. Est-il besoin de dire qu’après une telle tournée, il faut plusieurs semaines avant de goûter à une pâtisserie ? Ne pas agir ainsi m’aurait fait passer pour un malotru, un intrus. Je n’ai pas demandé aux citoyens de cette ville d’apprendre à vivre avec moi, c’est à moi qu’il appartenait d’apprendre à vivre avec eux. Moyennant quoi, soixante ans après, j’y ai gardé quelques liens d’amitié.

Et si je devais vivre quelque temps en terre d’islam, je me garderais de prendre un repas arrosé de vin à la terrasse d’un restaurant un jour de ramadan. Non seulement par une évidente prudence, mais avant tout par respect pour les us et coutumes du pays. Là je veux bien apprendre à vivre avec les Musulmans. Mais pas chez moi. Chez moi, dans mon pays laïque, je ne connais pas la religion des gens qui m’entourent ou avec lesquels je suis en relation. Je ne connais que des Français, hommes ou femmes, des concitoyens. En France, il est aussi malséant de mettre sa religion en avant que ses goûts et mœurs sexuels. Cela relève de la vie privée, de la vie intime, non du domaine public.

Alors, Monsieur Khalid, je vous aime bien comme concitoyen, le reste me laisse indifférent. Je n’ai donc pas davantage à apprendre à vivre avec les adeptes de tel ou tel guide, führer, gourou, prophète ou messie qu’avec les adeptes de telle ou telle idéologie ou avec les communautés sexuelles «déviantes». Tant qu’ils restent discrets et n’essaient pas de nous imposer leurs lois. Libre à vous de ne pas l’admettre et je respecte votre choix. Mais alors, et sans rancune, je vous souhaite tout le bien possible, santé, bonheur et prospérité au sein d’une famille heureuse et regroupée, en terre d’Islam, où les musulmans apprennent si bien à vivre avec les Chrétiens, les Juifs, les Hindouistes, les Bouddhistes, les Bahaïs, les athées, les "infidèles" et les «renégats».

© André Dufour pour LibertyVox
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