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21 novembre 2008

COLLOQUE GUERRE D'ALGERIE UNIVERSITE DE JUSSIEU NOVEMBRE 2002

Document transmis par J. F. Paya

A propos de la communication de l’historien algérien FOUAD SOUFI, enregistré par nous et publication écrite sur le site de la LDH (Ligue des Droits de l’Homme) Toulon en février 2007.

à Fouad Soufi (FS) s’embrouille un peu comme beaucoup dans cette affaire car il évacue le triptyque permanent dans le conflit algérien, présent aussi à Oran le 5 Juillet 1962 :

Contradictions :

1° Algéro-Française, dans ce cas, Français d’Oran/Musulmans

2° Franco-Française : pouvoir gaulliste/Français d’Oran

3° Algéro-Algérienne : dans ce cas : GPRA, intérieur / ALN, extérieur

On voit que les Français d’Oran sont soumis aux deux premières composantes et instrumentalisés par la troisième.

à F.S n’évoque à aucun moment le défilé structuré, organisé par les militants locaux proches du GPRA, même s’il reconnaît leur opposition à l’Etat Major d’Oujda et s’il avance que certains auraient été ensuite « évacués » par l’Armée Française ! Ce qui n’est confirmé par aucune source ni témoignage, dont le mien puisque présent à la base de Mers El Kébir. On peut plutôt penser que certains aient été « liquidés » par l’ALN extérieure après son arrivée à Oran.

à F.S évoque ensuite l’existence après le 19 Mars (cessez le feu) de « groupes autonomes » et des exactions en marge du FLN ! Mais ces groupes de quartiers étaient le seul « bras armé » du FLN à Oran pendant plusieurs mois avec une direction (OPA) intellectuelle tributaire d’eux pour l’action contre l’OAS et une ALN intérieure en voie de reconstitution (récupération des déserteurs de la Force Locale) avec un capitaine BAKHTI « parachuté » par l’ALN d’Oujda. En tout cas, il n’y a pas eu de désaveu public de ces actions, comme l’avait fait l’OAS avec les débordements (communiqués et tracts) de certains sympathisants.

à Par contre, il a raison lorsqu’il avance « pourquoi Oran ? » alors que des situations identiques, qu’il cite, existaient ailleurs. Il ne fait que tenter d’expliquer pourquoi les conditions de la réussite d’une provocation étaient réunies, prenant l’effet pour la cause. Quant à la théorie du complot de l’Etat Major de l’ALN, elle a éclaté  au grand jour, pour prendre le pouvoir, à Constantine comme à Alger, mais à Oran il y avait une majorité d’Européens et la base de Mers El Kébir concédée à la France, avec crainte de la création d’une enclave Française. Mais cela F.S l’évacue totalement.

à Néanmoins Soufi est le premier historien Algérien a avoir reconnu publiquement l’existence d’au moins deux fosses communes au cimetière Tamazouet et dans la zone du « petit lac » (enregistré par nous) à la sortie Est d’Oran que nous connaissions depuis toujours par des témoignages, rapports classifiés secrets et photos dans les archives de l’armée à Vincennes. F.S a aussi le mérite d’évoquer l’importance des « disparus » sans se risquer à faire une évaluation, ce que les autorités Algériennes n’ont jamais reconnue, avec il faut le dire, la complicité des autorités Françaises qui n’ont jamais demandé une commémoration comme pour la manifestation  FLN du 17 Octobre 1961 à Paris en faisant remarquer que les Européens d’Oran ne manifestaient pas contre le nouveau pouvoir et que beaucoup au contraire voulaient tenter de rester et se rendaient à leur travail.

à Enfin, notre auteur refuse de « soumettre l’histoire à la mémoire » mais faute d’archives en Algérie, il ne peut se servir que de cette dernière pour ses recherches et encore bien érodée 40 ans après ! Aussi bien qualitativement que  quantitativement bien sûr ! Heureusement que nous l’avons fait sur le terrain et puis en France dès l’origine de ce drame et aussi avec des témoins musulmans parfois membres du FLN.

à F.S met en doute la volonté de « chasser les Européens » par les « putchistes » ALN d’Oujda (avec un double langage permanent), mais il suffit de se reporter à certaines clauses à l’époque secrètes du Congrès FLN de Tripoli et aux déclarations ultérieures de Ben Bella et d’autres dirigeants.

à Enfin F.S n’évoque à aucun moment l’inertie calculée des Forces Françaises, ni leur importance à Oran, ni la disparition de la « Force Locale » seule habilitée avec l’aide des  précédents à maintenir l’ordre d’après les accords d’Evian.

à La seule intervention importante d’un élément des ces Forces Françaises en légitime défense à la gare d’Oran reste inconnue pour F.S. Ce fut cependant l’origine principale des victimes musulmanes ramenées en « ville nouvelle » au début de l’après-midi, mais il  faut souligner que l’armée Française a aussi édulcoré cet « incident ».

à En définitive, le conflit étant terminé au profit du FLN, on ne peut évacuer après celle des autorités Françaises sa responsabilité fondamentale car comme pour toute idéologie, les intentions à supposer qu’elles soient bonnes, comptent moins que les effets provoqués ! Qu’il faut assumer et que l’Algérie paye encore aujourd’hui avec la menace endémique du terrorisme islamique.

Intervention enregistrée par nous en Novembre 2002. Publication écrite sur le site de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH- Toulon) en Février 2007

Jean-François PAYA Historien

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RETOUR ORAN JUILLET 1962

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11 novembre 2008

LA NATIONALITE EN ALGERIE FRANCAISE

Document transmis par J. F. Paya

Cher Ami félicitations pour votre contribution très fouillée sur la loi de 1889 (Revue l"Algérianiste n 123)  qui établit "le droit du sol" pour la nationalité en France (voir PS °) en remarquant qu"elle ne fut pas spécifique a  l"Algérie comme la loi Crémieux antérieure de 1870 au sujet de laquelle nous avons trouvé le texte ci dessous dans le site "ZLABIA .COM " de nos compatriotes juifs d"Algérie

         NOUS L’AVONS SIGNALE PAR AILLEURS LES JUIFS ALGERIENS DE SOUCHE N’ONT PAS EU A "OPTER" POUR LE DECRET CREMIEUX LES FAISAIT FRANCAIS A "STATUT CIVIL DE DROIT COMMUN " D OFFICE SANS QU ILS N AIENT RIEN A DEMANDER ET MEME CONTRE L’AVIS DE CERTAINS TRADITIONALISTES QUI VOULAIENT GARDER LEUR STATUT MOSAIQUE C EST A DIRE LE CODE PRIVE DE LA LOI JUIVE COMME LES MUSULMANS LE CODE CORANIQUE QUE LA FRANCE S ETAIT ENGAGEE DE RESPECTER LORS DU TRAITE DE REDDITION DE LA VILLE D ALGER EN 1830 ; ce qui n’en faisait pas des citoyens FRANCAIS A PART ENTIERE.

Le grand consistoire de France était intervenu auprès de Crémieux Juif lui même pour qu il en soit ainsi ! Au contraire les chefs religieux musulmans lors du senatus consult de Napoléon III et de la loi Jonnart de 1919 pour certaines catégories élargies de musulmans dont les anciens combattants refuseront l automaticité arguant du traité de 1830 très peu optèrent pour la citoyenneté française et restèrent sujets Français On ne peut comprendre pourquoi les musulmans en voulurent aux juifs qui n'eurent pas le choix d opter pour un statut qui les faisaient entrer dans la citoyenneté française

         NB: remarquez que les musulmans de statut coranique "rapatriés" avec les juifs et les PN durent faire une déclaration d"abandon de ce statut au tribunal en entrant en France y compris les anciens combattants harkis inclus !""  (Fin de citation) (Ndlr Ce dernier point fut incompris : pour rester Français par beaucoup)

         Ainsi comme le signale fort justement ce texte il conviendrait de pondérer vos remarques ( justifiées) qui semblent n'imputer la responsabilité du blocage de l'accès a la pleine citoyenneté Française des musulmans qu'a un groupe d"élus des "délégations financières" ( aux pouvoirs très limités que la métropole pouvait mettre au pas) La "loi Jonnart " de 1919  spécifique elle à l" Algérie stipule ""que les sujets Français de confession Musulmane peuvent accéder à la citoyenneté pleine et entière au moment de leur choix (toujours en vigueur jusqu"a l'indépendance ) ) à la condition qu"ils acceptent de se soumettre comme la totalité des citoyens Français à la seule et unique juridiction civile Française .Ce qui implique le renoncement à leur statut personnel codifié par le droit Coranique ""(JC Perez "l"Islamisme dans la guerre d" Algérie" )    La III em République fait tout pour ne pas appliquer cette loi qu"elle a votée ! (ibid) Mieux alors que la République "laïcarde"pourchasse les congrégations catholiques (y compris en Algérie) elle donne l'autorisation officielle de fonder "l"Association des Oulémas " le 5 Mai 1931 dont le premier président sera le Cheir Ben Baddis en personne avec comme adjoint Si Tewfik el Madani  avec comme devise / Ma Religion"est l’Islam / Ma langue c’est l"Arabe /Ma patrie c’est l’Algérie /Tout le reste "des ersatz; des succédanés ;du vent!"  (ibid) dont la "loi Blum Violette 1919/1936  avortée qui prévoit d"autoriser la citoyenneté Française avec le statut civil coranique ! (Pourquoi pas pour les convertis!) Pour terminer nous ferons remarquer qu’après le 13 Mai 58 rares sont ceux qui se sont rendu compte que De Gaulle faisait des musulmans Algériens "des Français à part entière"  en leur laissant leur statut coranique ! Ce qui aurait du nous alerter sur ses véritables intentions Mais c"est une autre histoire !

 

Jean-François Paya  (Enquête Oran 5 Juillet 62)

 

PS  / Cette loi de 1889 permis a nos aïeux PN d'origine étrangère de devenir Français sauf à renoncer à leur majorité ce que peu d'entre eux firent.

 

Ce texte n'est pas spécifique à l’Algérie mais à tout territoire français /  "né en France de père né en France (même étranger) ce fut le cas de mon grand père maternel né espagnol et devenu français par cette loi à 16 ans ! Sauf possibilité de répudier à la majorité (dons pas obligation en théorie) ensuite étendu à" né en France (département F)  y résidant à la majorité" bien sur c"est en Algérie qu"elle s"applique massivement !

Donc pas "iconoclaste" il y eu bien selon mon pépé "des petits malins qui répudièrent en 14/18 " mais rares et mal vu  (cabrones !)

 

        NB 1/la France n"interdisant pas la double nationalité certains auraient pu garder l"originale mais pas pour l"Espagne qui ne l'admettait  (il a fallu un décret Franquiste en 62 pour que certains la récupère) je ne sais pas pour les autres pays ?

 

        NB 2/ Bien sur ce texte ne s"appliquait pas "aux français musulmans" devenus citoyens avec statut civil spécifique et selon la loi coranique musulmans par le père que ça leur plaise où pas ! (Mère musulmane ça comptait pas) ils leur reste les recours que j"ai signalé pour être français mais toujours répudier le statut coranique (sauf l’arnaque gaulliste de 58 !) d'ou l'échec du projet "blum-violette" refoulé par les laïcs et d"autres !   Du sénat La constitution de 1848 art 109 précise "que le territoire de l’Algérie est déclaré territoire Français et sera régit par des lois particulières jusqu"a ce que une loi spéciale le place sous le régime de la présente constitution" ! ! ! Et le tour est joué   (voir mon avis sur la constitutions de 1958 "iconoclaste lui " pour certains compatriotes qui disent que De gaulle l’a violée mais issue de ce passe-passe original  à mon avis pour l"Algérie (en tout cas utilisé comme tel).

 

        NB 3/ Peut connu / L’abolition de l'esclavage en Avril 1848 s"appliqua aussi à L"Algérie ! Et oui les musulmans de part leur statut avaient des esclaves noirs (épisode d"Abdel Kader qui en fit décapiter une centaine qui s’étaient réfugiés chez les français et que ceux-ci lui remirent lâchement (déjà) à la faveur d'une trêve) alors que les esclaves "blancs " des barbaresques avaient été libérés et le statut de "dhimis" obsolète pour les juifs dés 1830. La mesure appliquée avec réticence par les tribus qui espéraient une compensation mais application progressive dans le sud / traite des noirs encore  importante dans le Sersou en 1906  il fallut un décret très coercitif du 15 juillet 1906 pour l’interdire.

(Sources histoire de l’Algérie  Xavier Yacono)

Notre enquête sur le 5 Juillet n'est pas close nous essayons d'avoir des témoignages via l'Algérie par des voies diverses et honorables avec peut être plus de succès que pour les militaires de la garnison d'Oran ! (12000h) consignés il est vrai mais qui n'ont pas pu ne pas avoir des échos ! (Pour l'instant les doigts d'une main) Notamment nous cherchons des témoignages sur les centaines d'internés au stade municipal et sur les exécutions qui se seraient poursuivies jusqu’au 10 Juillet selon nos témoins musulmans (mais pas "d"archives " et pas de rescapés) Ce qui fait que pour certains "historiens" la chose est inconnue ! (Difficile de trouver un chat noir dans une pièce noire surtout lorsqu'il n'y a pas de chat " proverbe chinois).

 

RETOUR ORAN JUILLET 1962

11 novembre 2008

ARTICLE DU QUOTIDIEN D'ORAN SEPTEMBRE 2006

Oran de nouveau dans l’engrenage de la peste de l’OAS

On reparle des « massacres contre les Européens » à Oran entre les 5 et 7 juillet 1962. Ici, en attendant que les Oranais témoignent, une mise en perspective des événements dans une ville prise dans l’engrenage de la peste de l’OAS.

          Les premiers jours troublés de l’indépendance qui ont fait de nombreuses victimes européennes à Oran ont toujours servi aux ultras du colonialisme de « preuve » destinée à « confondre » le pouvoir gaulliste et surtout à se dédouaner des crimes coloniaux. Ainsi, le général Joseph Katz qui commandait le secteur militaire d’Oran passe dans la littérature des ultras de l’OAS pour le « boucher d’Oran » et le chiffre des victimes européennes se chiffre dans cette même littérature à 3.000 disparus morts pour les journées du 5 au 7 juillet 1962.

          Dans cette ville où l’état-major de l’OAS, avec à sa tête le général Edmond Jouhaud, s’est établi et a planifié ses tueries et la politique de la terre brûlée, ces premières journées d’indépendance à Oran servent en effet d’alibi pour une sorte d’auto absolution. Les ultras de l’OAS aurait ainsi leur « massacre » qui justifierait tout et relativiserait le reste. Le général Joseph Katz continue d’ailleurs, même après sa mort en mars 2001, à faire l’objet d’une haine particulière et le fait qu’il ait arrêté en mars 1962 le général Edmond Jouhaud, y est pour beaucoup.

          Que s’est-il passé donc en ces premières journées d’indépendance dans cette ville où la densité du soutien à l’OAS au sein de la population européenne d’Algérie a été la plus importante ? Des Algériens qui descendent dans la rue après l’annonce du résultat du référendum d’autodétermination, des coups de feu sont tirés sur eux dans le quartier européen, c’est la panique, l’émeute puis la vendetta. C’est en gros, ce que retiennent les historiens qui n’arrivent pas à déterminer les origines des coups de feu. Une provocation de l’OAS, dans cette ville si totalement acquise aux ultras, est la plus probable. Le général Katz dans son livre « L’honneur d’un général » l’impute à des éléments de l’armée française.

          Le fait est que ces tirs contre des manifestants fêtant l’indépendance ont été le facteur qui a déclenché les événements. Les gens de l’OAS continuent aujourd’hui de parler, sur leurs nombreux sites, d’une sorte de complot entre le FLN et le général Katz pour expliquer ces événements et donnent le chiffre de plus de 3.000 morts.

Selon le journal L’Express, un rapport commandé par le ministère français des Affaires étrangères et qui doit être remis au chef du gouvernement français, Dominique de Villepin, donne le chiffre de 365 victimes dans l’Oranais. L’étude, explique le journal, s’appuie sur les dossiers des pieds-noirs disparus et a été menée par deux historiens, Maurice Faivre et Jean Monneret. Ce dernier en a fait un livre intitulé « La tragédie dissimulée, Oran 5 juillet 1962 ». « On est loin du «génocide» dénoncé par les associations jusqu’au-boutistes », note le journal.

          Certes, mais cette tragédie qui ne fut pas vraiment dissimulée puisque beaucoup d’historiens l’ont abordée, va sans doute, à la lumière de cette « mise à jour » chiffrée, servir un discours ambiant cherchant à relativiser les atroces méfaits du colonialisme. Les ultras de l’Algérie française mettent d’ailleurs à profit le contexte électoraliste pour multiplier les gestes symboliques visant à la réhabilitation des hommes de l’OAS et de la colonisation. Le débat est pratiquement épuisé sur ce thème entre les deux rives à la faveur du choc provoqué par la loi française du 23 février 2005 et qui, malgré l’abrogation de son article le plus scandaleux, a laissé des traces. Il n’est pas nécessaire pourtant de relancer les polémiques, inutiles, sur les bienfaits présumés de l’occupation coloniale, mais pour avoir une image complète, il ne faut pas occulter que les tumultueuses premières journées d’indépendance viennent après des mois de tueries et des pressions psychologiques intenses menées par les ultras de l’OAS.

          Oran avait été particulièrement meurtrie et le travail destructeur de l’OAS a créé une séparation nette et pratiquement irrémédiable entre la communauté européenne et ce qu’ils appelaient la « ville arabe ». Si à Alger l’Etat français et les gaullistes maintiennent une certaine présence, Oran l’européenne a totalement basculé dans les mains des hommes de l’OAS qui ont infiltré l’administration, l’armée et qui agissent en toute impunité pour tuer, prendre des armes auprès de l’armée et organiser des hold-up. Et plus, le mouvement se faisait, inéluctable, vers l’indépendance, plus la violence de l’OAS prenait le chemin de l’escalade et du paroxysme. Les attentats meurtriers se multipliaient dans les quartiers algériens. L’arrestation du général Jouhaud le 25 mars 1962 pousse l’OAS vers un paroxysme meurtrier. Les dépôts de mazout au niveau du port sont attaqués et Oran vivra deux longues journées sous une épaisse fumée noire.

          Le grand historien Charles-Robert Ageron, dans sa préface au livre du général Katz, donne une idée claire du climat particulier dans la région oranaise. « Les rapports quotidiens des forces de l’ordre en font foi: ainsi le 22 février 1962, 29 victimes de l’OAS (11 morts et 18 blessés), le 23 février: 11 morts et 13 blessés, le 28 février: 37 morts et 47 blessés. Encore, le général Katz convient-il qu’après les accords d’Evian, il n’osait plus transmettre les chiffres de victimes de peur de provoquer la rupture du cessez-le-feu. Et ce n’est pas lui, mais le préfet de police qui communiqua plus tard le bilan total. Du 19 mars au 1er juillet 1962, on dénombra à Oran comme victimes de l’OAS: 32 membres des forces de l’ordre tués et 143 blessés; 66 Européens civils tués et 36 blessés; 410 Algériens tués et 487 blessés. On comprend dès lors pourquoi le jour de l’indépendance fut ressenti par la population européenne avec terreur. Abandonnée par les commandos de l’OAS, elle redouta à tort un massacre général ».

Dans cette même préface, Charles-Robert Ageron souligne la particularité d’une OAS oranaise, dirigée par des « populos » au racisme dégoulinant et à l’intelligence très limitée. "Les véritables chefs ne furent ni Jouhaud, ni Gardy, ni Dufour, comme on le croyait, mais des hommes du petit peuple oranais: Micheletti, Georgeopoulos Athanase Tassous, le «Gitan» Pancho Gonzalez, ou le responsable des commandos «israélites», Benichou Yaya. Ainsi s’expliquent peut-être la folle popularité de ces hommes parmi les petites gens et l’insouciance de ces chefs frustes quant aux conséquences de leurs actes pour l’avenir de leur communauté"

         C’est à l’historien que revient la conclusion qui éclaire très justement les choses: « Alors même qu’à Alger l’OAS avait conclu le 17 juin avec le FLN des accords verbaux de cessez-le-feu, l’OAS d’Oran continua à détruire, à incendier, au nom d’une stratégie de la terre brûlée. Avec le recul, l’aveuglement de ces chefs irresponsables confond, mais on le sait: Quos vult perdere, Jupiter prius dementat (ceux que Jupiter veut perdre il commence d’abord par les rendre fous »

M. Saâdoune

Le Quotidien d'Oran, 20 septembre 2006

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REPONSE DE JEAN FRANCOIS PAYA 

8 novembre 2008

ORIGINE DES COUPS DE FEU ET DE LA PROVOCATION INITIALE

Document transmis par J. F. Paya

2) le 20-12-09

           Nous venons de retrouver un article du professeur émérite membre de l”institut Bruno ETIENNE plutôt favorable à l’indépendance de l’Algérie / référence “culture et révolution ” édition du seuil 1977 / qui indique :” Le groupe opérationnel de Cheir-Belkacem commandant du camp A de Dar Kaddani (Maroc) est entré à Oran les premiers jours de Juillet 62. C’est lui qui parait responsable des massacres et des disparitions du 5 juillet à Oran ”

          Si l’info est exacte ce groupe incognito sur le terrain, peut être en civil, entré avec les premiers “réfugiés” du Maroc avant l”indépendance ne peut que renforcer la thèse du coup monté par Oujda et la provocation facile à exécuter à Oran mais ratée sur Alger le 25 Juillet avec le même prétexte OAS un peu réchauffé à cette date il faudrait que Bruno Etienne nous donne ses sources qui ne peuvent être que musulmanes vu ses affinités et ces relations bien connues (malheureusement Bruno Etienne vient de décéder, mais un homme comme lui suivant ses convictions n’écrivait pas sans sources)

          D’autre part nous avons eu communication de plusieurs interventions qui n’ont pas été classifiées dans les “archives” militaires comme celle des commandos marine qui en dépit des ordres ont patrouillé en armes dans le quartier de la Marine où quelques “émeutiers” ont rebroussé chemin en les voyant !(ce qui prouve une certaine efficacité si non consignation des troupes!) Le fait aussi que dans l’avenue de sidi Chami face à la “BAO” une section postée dans un collège a dû riposter tout l’après midi à des tirs venant de véhicules qui passaient non loin de la gare où une attaque avait eu lieu (tout cela très édulcoré ou inexistant dans les “JMO”archivés!) Par ailleurs je viens de réaliser une présentation du journal tenu au jour le jour du Père de Laparre à Oran 61/62 avec des éléments capitaux sur le 5 Juillet à Oran, document qui a été snobé et négligé par les historiens (sauf dans l’Agonie d’Oran) comme un des éléments de ce dossier, où vu l’absence d’enquête et la consignation des troupes ;elles n’ont pas vu grand chose ou n’ont pas signalé ou minimisé des interventions interdites (comme celle du Lieutenant Kheliff) Ce qui a appauvrit les archives officielles !

1)
          Certains historiens disent "origine des coups de feu inconnue" laissant planer un doute sans donner tous les éléments pour juger. Coups de feu initiaux vers 11 h 15 place karghenta et boulevard Joffre sur le défilé FLN structuré qui venait de "la ville nouvelle" on en est pratiquement sûr par divers témoignages tant algériens que PN et militaires ( Cdt du service social des armées et sa secrétaire placés sur la terrasse de leur villa Boulevard Joffre "venant d"un grand immeuble situe plus haut film Pathé )  Capitaine Gaston cité par le Général Katz a vu des tirs venant de la maison de l’agriculture place Karghenta témoignages d’ATO touchés et scouts musulmans ainsi Katz conclut donc sans preuves à des "desperados OAS".
         C’est ce que les meneurs de l’émeute crient en bas "C’est l’OAS"  Mais il faut dire que pas un seul tireur européen na été trouvé autour de ces immeubles cernés par les miliciens FLN en armes qui ont envahi les étages et fouillent partout et quoi de plus ressemblant dans la confusion totale à un musulman armé qu’un autre musulman armé qui fait semblant de chercher aussi ! Personne ne pouvait supputer le tir des uns sur les autres ! Et pas beaucoup n’étaient au courant
des divergences Oujda GPRA même nos services ont mis le temps à le comprendre voir dans mes archives le document classifié du 2èm bureau d’Oran qui vient de découvrir 15 jours après l’OD Jour du 5 juillet de l’EMG d Oujda, qui prévoyait prémonitoirement qu"il faudra protéger la minorité européenne et que le GPRA n’était pas capable de maintenir l’ordre ni de gouverner l’Algérie! 
          A mon avis les historiens en ne donnant pas tous ces éléments se réfugient dans une fausse neutralité qui nuit à la recherche de la vérité. Maintenant il ne s’agit là que de logique. Pour ma part j’ai eu coté informateurs algériens d’autres certitudes quant à la provocation montée par l’EMG du Maroc et même des auteurs qui sont loin d être favorables aux PN en ont convenus.

Voir mes textes   NOTE SUR LE CHIFFRAGE DES VICTIMES.



PAR JEAN FRANCOIS PAYA le 20-12-09  cercle Algérianiste du Poitou

RETOUR JEAN FRANCOIS PAYA ORAN 5 JUILLET 1962   

OÙ

Retour vers nos lectures.

7 novembre 2008

DÉBAT SUR LE CHIFFRAGE DES VICTIMES DU 5 JUILLET 1962

Par J. F. Paya

Lettre du Général Faivre:

Les évaluations chiffrées de Chevènement ne me paraissent pas fiables, elles sont d'ailleurs différentes de celles du consul Herly.

A mon avis, il faut prendre en compte les listes nominatives  de disparus :

1. une liste incomplète du CICR, citée dans mon livre la Croix-Rouge pendant la guerre d'Algérie : 265 noms.

2. Les listes consultées par Monneret au SHD : 365 décès.

3. Les demandes des familles adressées aux Affaires étrangères : 419 dossiers de disparus du 5 au 8 juillet pour le département d'Oran, réduites à 331 décédés (dont 270 pour la seule commune d'Oran et 60 cas estimés incertains).

         Par rapport à Monneret, il manque 34 décédés, ce qui pourrait correspondre aux personnes non signalées (familles parties). A mon avis, il ne faut pas exagérer le nombre des célibataires sans famille de rattachement.

Lettre réponse de JF PAYA:

Mon Général

         Merci infiniment pour votre réponse je vous renouvelle mes vœux pour 2008 ce n'est pas tant le débat sur le chiffrage qui me pose problème que celui sur les circonstances de ces massacres/Pour le chiffrage autour de 800 disparus il correspond bien à celui évoqué à l'époque au consulat d'Oran et aussi officieusement du côté Algérien (dernièrement au "colloque de Lyon" + de 700 admis par "historiens" Algériens).

         L'ex Consul Herly avait signalé près de 400"plaintes" déposées au consulat mais j'ai la preuve qu'une plainte pouvait comporter plusieurs personnes d'une même famille ? pour ma part j'avais déposé une plainte pour v2 personnes/Aussi lorsque je parle "d'archives" chères aux historiens pour moi il s'agirait des registres originaux du consulat et non de listings à posteriori / J Monneret ne parle pas de décès mais "d'enlèvements" porté a la connaissance du 2em bureau /collation des JMO de routine de certaines unités et non d'une enquête globale qui n'a pas eu lieu (sinon il l'aurait donné en annexe ) donc ce chiffre reste aussi aléatoire et les familles affolées ne se sont pas toujours adressées a des unités de l'armée trouvant même souvent plus efficace de s'adresser directement aux éléments du nouveau pouvoir Algérien (ALN / FLN ) tout cela dans un grand désordre qui ne permet pas d'avoir des références fiables aujourd'hui.

         Au sujet des chefs de famille et célibataires resté seuls à Oran on ne peut pas sous-estimer leur nombre rien que pour ma région plus de la moitié des chefs de familles étaient resté seuls en Oranie et une estimation d'après les autorisations de sorties et les bureaux de vote du 1er juillet (où beaucoup d'européens présents ont été voter donne les mêmes résultats) Il faut aussi savoir que beaucoup de "déclarations d'absence" (+ tard converties en jugements déclaratifs de décès) n'ont pu être "ciblées" du "5 au 8 juillet" mais déclarés à des dates inconnues en métropole (le recensement de ces jugements serait intéressant. )

         Enfin voilà un certain nombre de considérations dont a mon avis l'historien devrait rendre compte certes avec une grande prudence mais sans avoir l'air de donner un seul "son de cloche" et un chiffre définitif dont certains ont vite fait de s'emparer (on l'a vu avec la presse Algérienne) à des fins plus idéologiques qu'historiques ! (article du quotidien d'Oran ci joint)

Bien cordialement

Jean-François PAYA

NB: JP Chevènement dans son ouvrage ne donne pas "une évaluation" mais précise "j’étais chargé de rechercher les 800 disparus du 5 Juillet"  D'autre part il faudrait  indiquer pourquoi "non fiables" c'est un témoin et un acteur de terrain vu l’absence d’enquête !  J Monneret à 34 enlevés en plus que les 331 décédés cela ne peut être des non déclarés puisque signalés enlevés dans les JMO au 2ém Bureau ! Les non déclarés ne figuraient pas par définition à Oran  Voir l'estimation des hommes seuls à Oran in fine +(6500 minimum)

          Enfin voilà un certain nombre de considérations dont à mon avis l'historien devrait rendre compte certes avec une grande prudence mais sans avoir l'air de donner un seul "son de cloche" et un chiffre définitif dont certains ont vite fait de s'emparer (on l'a vu avec la presse Algérienne) à des fins plus idéologiques qu'historiques !

RETOUR ORAN JUILLET 1962

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7 novembre 2008

REPONSE A L'ARTICLE DU QUOTIDIEN D'ORAN DU 20/09/2006

Document transmis par J. F. Paya

          Le journal algérien « Le Quotidien d’Oran » du 20 Septembre 2006 qui avait longtemps  occulté le sujet s’est senti obligé devant nos diverses manifestations et publications en France de publier un article sous un titre de diversion «  Oran de  nouveau dans l’engrenage de la peste de l’OAS » (voir sur Internet) pour parler «  des massacres contre les  européens à Oran entre le 5 et 7 Juillet  1962 » stigmatisant « la littérature des ultras du colonialisme il utilise un article de l’Express du 14 Septembre et le livre de notre compatriote Jean Monneret « la Tragédie Dissimulée » qui table sur un total de 365 personnes disparues pour faire remarquer « qu’on est loin des chiffres avancés  dans la littérature des ultras de l’ OAS ».

          Comme nous l’avons signalé à l’auteur ce chiffre qui serait basé sur une publication aléatoire du quai D’Orsay et sur des documents archivés du 2ème Bureau (références non données dans les annexes du livre) est relatif à un recensement non exhaustif de certaines disparitions signalées par certaines unités dans les rapports de routine au 2ème bureau de leur secteur, mais pas le fruit  de recherches approfondies.

          Pour avoir été sur le terrain en ORANIE à cette époque je puis témoigner qu’aucune enquête sur les causes et les conséquences du 5 Juillet n’a été sérieusement entreprise d’ailleurs J. Monneret n’a rien trouvé dans les archives. On peut même dire que des consignes pour ne pas enquêter ont été données dés le premier jour du massacre. Il aurait fallu signaler que ceci se faisait dans le désordre d’une population affolée qui tentait de quitter le territoire et que de nombreuses personnes isolées (surtout masculines, familles étant parties) n’ont pu être signalées et ciblées plus tard le 5 Juillet en France.  De même le fait que JP Chevènement attaché militaire au consulat d’Oran à déclaré dans un ouvrage « avoir été chargé de rechercher les 800 disparus du 5 Juillet » sans en retrouver aucun à Oran ! (Mission qui semble de pure forme).

          Se souvenir aussi que le consul M. Herly a déclaré plusieurs années après, que ses services avaient enregistré 440 plaintes mais selon certains témoignages dont le mien.  Une plainte pouvait recouvrir plusieurs personnes d’une même famille (deux amis en ce qui me concerne).

          Le quotidien Algérien sur la défensive déclare ensuite que des coups de feu ont eté tirés sur la manifestation (Ce  que nous n’avons jamais nié vu les témoignages recueillis tome I de l’Agonie d’Oran) « provoquant l’émeute puis la vendetta » en les impliquant bien sur à des désespérados européens issus de l’OAS thèse non retenue en 1962 où les nouvelles autorités parlaient de «bandits de grand chemin musulmans » en éludant les responsabilités dues à la crise interne du FLN en Juillet 62 (voir notre enquête dans le Volume 3 de l’AGONIE D’ORAN ) et sans évoquer les complots pour la prise du pouvoir du groupe dissident  Boumediene Ben Bella opposé au GPRA qui avait ses partisans dans l’organisation FLN D’Oran. Comme aucun européen n’avait été pris, il était évident qu’il était très facile pour des provocateurs algériens de se fondre parmi les miliciens en civil ou en treillis militaires armés (il existe des films).

          Toutes choses dont Jean Monneret ne tient pas compte, par contre il suggère dans son livre p 96 et 111 que se seraient les européens d’Oran qui auraient été provoqués par la pose des drapeaux Algériens sur les bâtiments publics : ici on sort de l’histoire pour entrer dans la pure subjectivité.

          Enfin il faudrait souligner l’importance de la présence des unités militaires françaises (12000 hommes intra muros) consignées par le général KATZ sur ordre du pouvoir central à Paris. C’est ce qui fait la spécificité de ce drame et le fait que sous prétexte de (rétablir l’ordre) l’ALN du Maroc est entrée en masse le 8 juillet à Oran pour prendre le pouvoir tout en liquidant ses opposants.

          Un autre objectif de la provocation fut de faire fuir un maximum d’européens d’Oran, ville où ils étaient les plus nombreux. Provoquer ce départ en masse était tout à fait dans la ligne du congrès FLN de Tripoli en avril 1962.

          Voilà toute chose dont le quotidien d’Oran  ne pouvait, bien entendu, parler.

Jean-François PAYA

NB : Bien vouloir se reporter pour notre enquête au volume N°III de « l’Agonie d’Oran » sous la direction de Geneviève de TERNANT

le 4 avril 2007

Dialogue entre historien:

http://pagesperso-Orange.fr/pnmohican/dialogue_entre_historiens.htm

RETOUR ORAN JUILLET 1962

6 novembre 2008

LA TRAGEDIE DISSIMULEE

Document transmis par J. F. Paya

          C’est avec un vif intérêt que j’ai pris connaissance du livre de Jean Monneret "La tragédie dissimulée – Oran 5 Juillet 1962" en considérant qu’est très positif tout ce qui  contribue à lever le voile sur ce drame occulté même si nous avons des désaccords. C’est ce que j’avais dit publiquement à l’historien algérien Fouad Soufi au colloque de Jussieu en 2002 : "au moins que l’on en parle"

          A mon avis ce drame est significatif des premiers jours de l’Algérie indépendante, hors conflits, plus que ceux qui ont eu lieu de par et d’autres en pleines actions de guerre et de terrorisme abordés plus abondamment, selon les tendances et les opinions.

Mais venons en directement aux faits, notre ami comme beaucoup d’historiens se méfient de la mémoire et travaillent surtout sur les archives : mais faut-il encore qu’il y en ait, qu’elles soient fiables et qu’elles ne soient pas édulcorées ou caviardées ; j’avoue que muni de dérogations le chercheur dispose de sources d’investigations non négligeables, mais je suis resté sur ma faim : en effet, plusieurs nouveaux documents sont cités dans cet ouvrage mais presque tous antérieurs au 5 Juillet (par exemple en annexe,  un document 2ème Bureau du 17/05/62) et peu de chose de nouveau sur cette journée : car comme je l’avais signalé dans la quarantaine de pages que j’avais écrit pour L’Agonie d’Oran (Monneret n’en utilise que deux extraits d’un article, forcément synthétique), il n’y a pas eu d’enquête effectuée et on ne peut trouver ce qui n’existe pas ! Les seuls dossiers cités du 2ème Bureau (p150) n’analysent pas les causes et les responsabilités (voir l’affaire d’un présumé tué par l’armée Française en Cote d’Ivoire ?) mais sont relatifs à un recensement non exhaustif de certaines disparitions signalées par différents services dans le désordre d’une population affolée qui quittait le territoire : 453 signalements ramenés à 365 après soustraction de gens retrouvés sans qu’on soit assuré qu’il y ait eu confrontation des deux listes et en faisant abstraction comme nous l’avons souvent dit de très nombreuses personnes isolées surtout de sexe masculin (famille déjà parties) qui de ce fait n’ont pas pu être signalées sur place, plus tard en France, elles n’ont pu être ciblées le 5 juillet (déclarations d’absence sur les lieux de résidence familiale), c’était des conditions différentes de la période antérieure qu’avait étudié avec brio notre auteur.

          Par ailleurs, il aurait été intéressant de confronter ces chiffres  à celui des 800 disparus du 5 Juillet (dixit) que déclare être chargé de rechercher Jean Pierre Chevènement – Attaché Militaire au Consulat d’Oran après l’Indépendance, selon lui, il n’en a retrouvé aucun ! (voir son ouvrage). Le Consul M. HERLY déclara plus tard que ses services avaient enregistré 440 plaintes à Oran. Mais pour être passé personnellement au Consulat en cette période, déclarer des amis disparus, j’ai pu constater qu’une plainte pouvait recouvrir plusieurs personnes et qu’on délivrait un récépissé au déposant ! Quant aux victimes musulmanes (près de 80), rien ne prouve qu’elles aient été toutes exécutées par l’ALN locale (reconstituée après le 19 mars) qui a le plus souvent mis la main à la pâte dans le massacre selon de rares témoignages de rescapés internés au Stade Municipal en ville nouvelle exécutés par petits groupes dans la nuit du 5 au 6 et jusqu’au 10 Juillet selon certains témoins musulmans. Donc duplicité de l’ALN des frontières qui était rentrée depuis, certains détenus n’étaient plus présentables, on n’en parle peu et donc fantasme des Oranais car il n’y a pas d’archives au sujet de ces victimes musulmanes ; il ne faut pas oublier que la riposte vigoureuse au F.M de la Section du 8ème RIMA en légitime défense contre la foule, aidée par des éléments armés, qu’on avait lancé contre la gare vers 13h à l’arrivée du train d’Alger (probablement pour perturber l’arrivée d’émissaires du GPRA, selon sources musulmanes) avait fait de nombreuses victimes, ramenées en ville nouvelle voisine par leurs coreligionnaires après le cessez le feu ; d’où confusion, ce fait imprévisible fut très édulcoré de par et d’autre et pour cause, il était prévu que l’armée Française n’interviendrait pas et le FLN (mais lequel ?) le savait, donc pas d’affrontement conséquent officiel, aussi on laissait planer le doute d’une prétendue riposte d’un commando OAS dans l’hystérie ambiante (toujours témoins musulmans) cela était évidemment criminel.

          Ensuite, j’en arrive à mon enquête : Jean Monneret a une contradiction : d’un côté, il met en doute (p162) avec raison les témoignages publiés en Algérie où la liberté d’expression est restreinte… etc et d’un autre côté, il préfère s’en tenir aux indications officielles fournies par Fouad Soufi – haut fonctionnaire en poste en Algérie (enfant au moment des faits) que nous avons vu en privé et entre Oranais au Colloque de Jussieu en 2002 et qui ne tient pas tout à fait le même discours qu’en public, sans aucune base d’archives ; on attend toujours sa thèse définitive, car même édulcoré, le massacre du 5 Juillet n’existe pas en Algérie, je le signale, car moins qu’en France, il n’y a eu d’enquête ! Bien sûr, il est évident qu’il ne peut reprendre à son compte la thèse du complot de l’EMG de Boumediene dont le fils spirituel Boutéflika est au pouvoir en Algérie et on le comprend. Néanmoins, il nous a confirmé et même en public (enregistré par moi) que la direction disons « intellectuelle » de l’OPA du FLN d’Oran était majoritairement sinon pro GPRA mais surtout anti Etat Major de l’extérieur, ce que nous savions depuis 40 ans sur le terrain (traité de « fasciste » par certains devant nous à l’époque). Le capitaine Bakhti, parachuté du Maroc à Oran, après le 19 mars, n’était pas à priori le chef incontesté de la zone autonome d’Oran mais d’abord le représentant officiel de la commission mixte de cessez le feu  auprès de l’armée Française selon les accords d’Evian évidemment il était en froid avec les précédents et les intrigues commencèrent dès ce jour (selon ces accords, l’ALN ne devait jouer aucun rôle politique jusqu’à l’élection d’une Assemblée Nationale). Bien sûr, les manifestations du 5 Juillet, date emblématique, furent décidées par le Comité Inter-willayas (anti-état major) à l’intérieur, sauf la Vème Oranie volontairement absente lors d’une réunion à Zémora après le 19 Mars (voir Mohamed Harbi) décision reprise par le GPRA à Alger ensuite, d’où le B.T du 26 Juin émis par le 2ème Bureau cité par J. Monneret et bien, je le répète que l’EMG d’Oujda ait interdit ces manifestations avec plus ou moins de succès à l’intérieur de l’Oranie ; Bakhti qui avait promis au Général Katz que cela n’aurait pas lieu à Oran, devant l’appel lancé par radio Alger aux mains du GPRA ne put que s’incliner après des débats préparatoires houleux (toujours témoins musulmans) car les masses qui croyaient encore à l’unité du mouvement n’auraient rien compris à Oran, si la manifestation n’avait pas eu lieu. Un défilé à priori pacifique et structuré avec de nombreux petits scouts (recruté en masse pour leur circonstance) en uniforme était prévu avec le syndicat UGTA, les organisations féminines etc…(nous avons des photos) mais c’était sans compter avec les agents de Boumediene et certains partisans de Ben Bella qui manipulèrent la foule et le commandant du Service Social désarmé (vit avec sa secrétaire les premiers coups de feu Bd Joffre sur le défilé) Bakhti le savait-il ? Peu importe, le secret n’était pas si étanche car plusieurs mises en garde individuelle parviennent à certains Européens voir "Agonie d’Oran et de ne pas se rendre à Oran pour l’intérieur (témoignage personnel). C’est pour cela que les 3 hypothèses que signale J. Monneret ne sont pas contradictoires, elles sont même concomitantes (p.97) quant à la sempiternelle théorie du complot qu’il dénonce, elle fait partie de toute l’Histoire intérieure du FLN, voir entre autre les ouvrages de deux spécialistes : Mohamed Harbi et Gilbert Meynier, ce dernier a même corrigé, suite à nos observations, la 2ème édition de sa volumineuse Histoire du FLN alors qu’il s’était contenté de reprendre la version du Général Katz : un affrontement de communautés avec 25 morts Européens ! De coup d’état en coup d’état G. Meynier – Science et vie cinquantenaire en 2004 énumération : en 57 contre Abanne R. ; en 60 Tripoli ; en 62 contre GPRA ; en 65 contre B. Bella etc…)

          Cette politique manipulatoire et provocatrice émaille toute l’histoire de la rébellion depuis les origines du 1er Novembre 54 en passant par la liquidation d’Abane Randane mort au champ d’honneur l’éviction de Ben Bella et l’assassinat de Boudiaf, sans parler de l’utilisation du terrorisme Islamique plus actuelle. L’école de Boussouf rompu aux méthodes du K.G.B a fait recette en Algérie. La hantise de l’EM d’Oujda était que se créer à Oran de facto avec Mers el Kébir une enclave Européenne et la volonté de chasser le maximum d’Européens avait été affirmé au congrès de Tripoli après les accords d’Evian sous la pression de l’ALN extérieure (avant la destitution de l’EMG et de Boumediene par le GPRA).

          D’ailleurs, nous l’avons dit le même scénario fut tenté sans succès à Alger avec des Sbires dirigés par Yacef Souadi, agent de Boumediene (voir la presse) et le 6 Juillet le GPRA dans un communiqué publié avait gobé l’attaque des éléments colonialistes de l’OAS à Oran, ce faisant, cela l’obligeait d’admettre l’avancée de l’ALN d’Oujda qui imposait ses hommes aux postes clefs à Oran, ce qu’elle n’était pas habilitée à faire, dont le préfet Soutïa ; bien sûr, cette ALN préférait user de prétextes et de manœuvres pour prendre le pouvoir (voir toujours Harbi et Meynier et d’autres), il y en eu d’ailleurs aussi à Constantine sauf qu’il n’y avait plus d’Européens et lorsqu’elle ne pu plus manœuvrer, ce fut le choc frontal avec les willayas de l’intérieur au niveau d’Orléansville. Faut-il rappeler que l’ALN extérieure n’entra qu’en Septembre à Alger, il y aurait beaucoup de chose à rajouter que notre ami Monneret connaît bien, comme le fameux communiqué (classifié 2ème B. n°1266/B2/GAOR signé Coadic) de l’EMG d’Oujda en date du 5 Juillet 62 qui après avoir vilipendé le GPRA, prépare ses troupes à aller protéger la minorité Européenne, on ne peut faire mieux en cynisme pour des Pompiers Pyromanes, comme nous l’avons écrit (voir Agonie d’Oran – Volume 3).

Pourquoi Jean Monneret ne tient pas compte de cette archive (alors qu’elles sont rares) que je lui avait cependant communiqué et reproduite dans L’Agonie d’Oran. Je n’ai pas compris non plus, pourquoi le fait pour le FLN de poser son drapeau sur les bâtiments publics, fut une provocation, cela avait été fait dès le 3 Juillet dans toute l’Algérie, nous l’avons vu avec douleur mais résignation et une grande partie de nos compatriotes, il faut le dire, avait participé au référendum du 1er Juillet, surtout par crainte de cartes d’électeurs non tamponnées pour la suite, en se souvenant que l’équipe Susini appelait à voter oui à Alger (entendu à la radio et vu dans la presse). Il faut avoir vécu ces moments de désarroi pour se permettre de juger et nous avions bu la coupe jusqu’à la lie plus rien ne pouvait nous provoquer pour des gestes suicidaires alors que la France nous abandonnait. Il faut avoir vu dans les quartiers Européens des drapeaux dans les poubelles ! Alors suggérer que nous puissions tomber dans une provocation absurde !

          Enfin, pour terminer au-delà de notre débat avec Jean Monneret, l’essentiel est que nous soyons d’accord pour dire que le massacre au-delà des causes et des chiffres fut effectué en présence de notre armée consignée dans cantonnement (voir plans dans PNHA n°92 et Agonie d’Oran 3) sur ordres venus du plus haut sommet de l’Etat.

Dans le cadre de ce livre qui nous l’espérons aura une plus grande audience que L’Agonie d’Oran et qui après tout, fait aussi connaître notre thèse occultée, il aurait été bon pour souligner cette forfaiture de rappeler les effectifs et les unités dont disposait Katz à Oran : 12000 hommes intra-muros (voir son livre et les archives) plus les forces extérieures qui étaient aussi l’armée Française. Nous avons signalé cela dans la revue Pieds Noirs d’Hier et d’Aujourd’hui de Juillet 98 sous le titre courageux de la rédaction « De Gaulle est bien responsable des Massacres de Juillet 62 à Oran ».

          Il reste à étudier ce qui apparaît comme évident à mes yeux et comme l’a exprimé le Docteur J.C PEREZ et même des chercheurs Algériens, pourquoi le choix politique Gaullien du FLN ALN extérieur sur le GPRA et l’intérieur mais c’est un autre débat.

Toutes choses qui justifient aussi le titre de l’ouvrage de Jean Monneret est le silence assourdissant sur ce drame.

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Jean François PAYA (classe (54/2) présent à la base de Mers El Kébir jusqu’à fin 1964 À Rosas – Espagne, le 12 Mars 2006

RETOUR ORAN JUILLET 1962

17 octobre 2008

QUAND L'ALGÉRIE ÉTAIT FRANÇAISE

          Le 5 juillet 1962, après huit ans d'une guerre à laquelle on a longtemps refusé ce nom, qui a fait trois-cent-mille victimes et mobilisé quelque deux millions de soldats français, le peuple algérien accède à l'indépendance.

          Des extraits de film, tournés en majeure partie par des amateurs, inédits et en couleur, racontent, en dix chapitres, l'algérie coloniale puis la guerre d'Indépendance. «Avant», des enfants partent à la pêche aux oursins, une procession traverse un village, les bureaux de poste et les panneaux de signalisation ressemblaient à tous les autres bureaux de poste de France.

          L'Algérie faisait en effet partie de la France depuis sa colonisation en 1830. Des destins individuels illustrent ensuite les années de guerre, images tournées par des témoins d'hier qui racontent aujourd'hui leur histoire

1/: http://www.youtube.com/watch?v=AIo52gz6ULQ   

 2/:  http://www.youtube.com/watch?v=uTNLE62AVu8   

 3/:  http://www.youtube.com/watch?v=vjsxNDnCE5E   

 4/:  http://www.youtube.com/watch?v=U7KOYTUHV7c   

 5/:  http://www.youtube.com/watch?v=vr8b1m7Wexg   

 6/:  http://www.youtube.com/watch?v=mhlImoCEeDw   

 7/:  http://www.youtube.com/watch?v=4QIlMAnAbpc    

8/:  http://www.youtube.com/watch?v=LqmeHcQRR7g &nbs p;  

9/:  http://www.youtube.com/watch?v=mThx2sxiY3I    

10/:  http://www.youtube.com/watch?v=R5rYo5VAd1w    

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Quand l'Algérie était Française en deux parties

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14 octobre 2008

L'ELDORADO CHINOIS EN ALGERIE

Lors de mon voyage en Algérie en 2007  nous avons demandé aux Algériens en particulier:
-Pourquoi les chinois sont ils si nombreux et travaillent  dans le bâtiment?

* La reponse est que les Chinois sont exploités  et travaillent 10 heures par jour pour de petits salaires.

- Quand à la question posée aux chinois voulant savoir pourquoi les algériens ne veulent pas travailler comme eux?

*Leur réponse est simple "parce qu'ils sont fainéants"

J'ai même entendu un algérien dire ici le smic est à  (1.000 Frs) 150 Euros à travailler dur eh bien
pourquoi travailler alors qu'en France nous touchons 4.000 Frs (450 Euros) à glander .....

C'est un peu caricaturé mais pas très loin de la réalité. Mis à part tout sentiment revenchard le reportage qui suit est édifiant!!

Martine

*

13 décembre 2008

L'ALGERIENNE DU 13 MAI 1958

         Cette chanson, composée dans l'urgence par Henry RONSAY sur une musique de Alain ROMANS devint dans l'euphorie générale l’hymne provisoire des Français d'Algérie. Elle a été chantée par Roger LALANDE accompagné par la « batterie fanfare de la garde républicaine » dirigée par l’adjudant chef tambour D. CARTIERRE.

 Couplet I

Fils du djebel et de la plaine

Des douars, des champs et des cités

De nos mains formons une chaîne

D'amour et de fraternité

De nos mains formons une chaîne

D'amour et de fraternité

Algérie Algérie Française

Ton jour de gloire est arrivé

Comme ceux de quatre vingt treize

Tous nos enfants se sont levés

Aux accents de la Marseillaise

Ils ont juré le treize mai

Que désormais et à jamais

L'Algérie resterait Française. 

 

Couplet II

 

A notre France souveraine

Nous offrons nos coeurs et nos bras

Comme nos d’Alsace-Lorraine

Alger est fidèle à sa foi

Comme nos d’Alsace-Lorraine

Alger est fidèle à sa foi

Algérie Algérie Française

Ton jour de gloire est arrivé

Comme ceux de quatre vingt treize

Tous nos enfants se sont levés

Aux accents de la Marseillaise

Ils ont juré le treize mai

Que désormais et à jamais

L'Algérie resterait Française.

Couplet III

Les soldats de l'armée d'Afrique

Ont su mourir pour la patrie

Pour l’honneur de la République

Sachons mourir pour l'Algérie

Pour l’honneur de la République

Sachons mourir pour l'Algérie

Algérie Algérie Française

Ton jour de gloire est arrivé

Comme ceux de quatre vingt treize

Tous nos enfants se sont levés

Aux accents de la Marseillaise

Ils ont juré le treize mai

Que désormais et à jamais

L'Algérie resterait Française.

 Couplet IV

Nos fils, nos femmes et nos pères

Ont fait ce pays de leurs mains

 Nous voulons faire avec nos frères

La grande France de demain

 Nous voulons faire avec nos frères

La grande France de demain

Algérie Algérie Française

Ton jour de gloire est arrivé

Comme ceux de quatre vingt treize

Tous nos enfants se sont levés

Aux accents de la Marseillaise

Ils ont juré le treize mai

Que désormais et à jamais

L'Algérie resterait Française.

*-*LA MUSIQUE *-*  

*-*

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13 janvier 2008

LES VIDEOS DE L'HISTOIRE COLONIALE

 

            * Je vous livre cette série de vidéos telle que je l’ai trouvé.  Il y a beaucoup d’images de terrain souvent filmées et commentées par des journalistes étranger mais qu’importe le principal étant de regarder ces images et de se faire sa propre opinion.

            * Rien ne vous empêche d’ailleurs de faire des commentaires pour compléter ces documents en particulier sur la fin du cauchemar en Algérie et le début du nouveau cauchemar des pieds-noirs dans les pays d’adoptions.

Pour être convaincu que ce diaporama est un tissu de mensonges il faut regarder ce qui se passe actuellement en Algérie !!!!Les terres à l’abandon, les demandes de visas qui sont légion .....Quant aux plages réservés au P.N et interdites aux chiens et aux Algériens c'est une monstruosité !!!!!

VIDEO 1

L'histoire de la colonisation, état des lieux.

VIDEO 2

Naissance du mouvement nationaliste.

VIDEO 3

1er Novembre 1954, attentats dans les Aurès et dans le pays. Scènes réelles.

VIDEO 4

La lutte armée.

VIDEO 5

Arrestation des leaders du FLN. La bataille d'Alger.

VIDEO 6

Bataille d'Alger et tortures et disparitions.

VIDEO 7

Le massacre de Sakiet-Sidi-Youssef.

VIDEO 8

L'armée place de Gaulle au pouvoir.

VIDEO 9

Les relations extérieures du FLN. L'OTAN. L'A.L.N. Les harkis.

Le Sahara. Le GPRA.

VIDEO 10

L’autodétermination!

VIDEO 11

Le casse-tête pied-noir!

VIDEO 12

L'Algérie française une aventure intenable.

VIDEO 13

Mutinerie des généraux à Alger.

VIDEO 14

L'OAS en Algérie et en France.

VIDEO 15

L’Algérie à feu et à sang. Oran brûle.

VIDEO 16

L'indépendance.

VIDEO 17

Le cessez-le-feu. Les pieds-noirs quittent le pays.

VIDEO 18

L’exode et la fin des PN en Algérie.

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11 janvier 2008

1930

            * A la veille du (centenaire de la colonisation) certains centres de colonisation rurale ont végété , comme dans la région de BATNA, mais d'autres ont grandi et sont devenus de gros bourgs comme Aumale, Nemours, Michelet, ou Lafayette  qui tirent leurs noms de généraux, de politiciens, de savant ou de poètes.

            * Les centres connaissent un grand dynamisme grâce à une toute nouvelle aventure : la vigne. La surface du vignoble utilisé par les européens qui étaient de 15 000 hectares en 1878 passe à 167 000 hectares en 1903. Et le blé continue de se développer comme culture de spéculation.

            La réussite de l'Algérie est évidente. La population européenne ne cesse de progresser. Certes l'Algérie comme la France métropolitaine vit des moments difficiles, avec l'échec du Front populaire, le spectre de la guerre, la crise économique et la grève générale auxquels s'ajoutent en Algérie après de terribles inondations, une année de sécheresse et de famine. On ne doit pas mourir de faim sous le drapeau français" titre la dépêche algérienne "la voix des nationalistes musulmans".

            Alger attire les paysans du Bled : le 1er congrès musulmans se tient le 6 juin 1936. Il est suivi le 2 août d'un grand rassemblement populaire au cours duquel Messali Hadj, le fondateur de l'Étoile Nord Africaine, le père du nationalisme algérien est acclamé.

            En Europe, l'idéologie allemande fait entrevoir la guerre

            Cependant, à l'affirmation: "tous des nababs ces pieds noirs", on répond que dans un pays neuf comme l'Algérie, comme dans tout pays neuf, des fortunes s'édifient et sont considérables, elles s’assoient sur la terre, sur la mer, sur le vin et sur le blé.

         Certes, mais il ne faut pas amalgamer comme le font beaucoup aujourd'hui encore ces colons fortunés à toute la nouvelle communauté. Il suffit de prendre pour exemple toutes ces familles très modestes, voire de pauvre gens connus ou inconnus et qui non seulement n'avaient pas grand chose en Algérie, mais en sont repartis sans rien !

         Entre la fin de la 1ère guerre mondiale et les premiers "coups de feu" de novembre 1954, s'enracine durablement leur sentiment d'appartenance à un pays : l'Algérie. 

11 janvier 2008

1926

    - La population est alors de 833 000 habitants (657 000 Français et naturalisés Français et de 176 000 étrangers):

            * 160 000 pour Alger, (4ème ville de France) qui, grâce à ses administrations et à son université demeure un véritable pôle d'attraction.

            * 150 000 habitants dont 125 000 européens pour Oran qui alors en plein essor.

            * 88 000 habitants pour Constantine (3è mégalopole régionale) reste malgré tout une ville à 80 % arabe.

            * 5 148 000 musulmans qui sont en grande majorité des ruraux et dont la participation à la vie administrative est toute relative. 100 000 d'entre eux, en provenance de Kabylie notamment ont déjà franchi la méditerranée pour servir de manœuvre dans les usines parisiennes et dans les mines du Nord et de Lorraine.

            La plupart des localités, Arzew, Nemours, Mostaganem, Bône et Philippeville doivent leur développement à leurs ports qui apportent chaque année 715 000 tonnes de phosphores et 1,5 million de tonnes de blé.

            D'autres comme Bougie, et Béni-Saf ont bénéficié de l'activité minière comme le fer en Oranie et le phosphore dans le Constantinois.

11 janvier 2008

1911

            * Dans toute l'Oranie on compte :

                        * 95.000 français d'origine

                        * 92.000 espagnols naturalisés français

                        * 93 000 espagnols resté étrangers.
L'histoire qui lie les Italiens et l'Algérie est longue, et les maltais qui vont aussi répondre à l'appel du colonisateur vont se retrouver dans un pays qui ressemble étrangement au leur. En Algérie, ces émigrants reprennent leurs activités d'origine:
            * Les maraîchers et journaliers espagnols s'enracinent en Oranie.
            * Les maçons italiens, les chevriers, les boutiquiers maltais s’installent plutôt dans l'est.
Mais les difficultés d'accès à la terre refoulent la plupart d'entre eux vers les villes où ils s'installent définitivement. C’est à ce moment que l’on voit la naissance d'un peuple original sur la terre d'Algérie qui est un véritable brassage méditerranéen. Ces hommes de toute provenance, de France ou d’Europe du Sud, souvent jeunes se lancent dans une entreprise de colonisation en s'installant d'abord aux environs d'Alger et dans la bande du Sahel.

11 janvier 2008

1896

            * On compte 318 000 français (dont 50 000 naturalisés) et 212 000 étrangers. A partir de cette date le nombre d'européens nés en Algérie l'emporte sur celui des émigrés.
            * Après la naturalisation des juifs par le Décret Crémieux, des Espagnols et des Italiens le sont automatiquement par naissance dans le pays.

La population française de l 'Algérie s'élève alors à 310 000 habitants.

3 janvier 2008

1887

C'est une invasion générale de sauterelles puis le choléra et le typhus qui déciment la population. Mais la grande nouveauté en cette fin de   siècle, c'est le Sahara.

Cet énorme désert de plateaux pierreux où des caravaniers entretiennent des relations lointaines avec le Continent noir où la France commence à s'installer, à Dakar, au Soudan, et rêve de s'installer aussi à Tombouctou et au Tchad.

3 janvier 2008

1886

On compte

                        160 000 Espagnols constituent de véritables fiefs en Oranie spécialement.

                        35 000 Italiens sont regroupés principalement à Bône et Constantine.

                        15.550 maltais répartis dans l'est, à Bône surtout et dans les villes portuaires, à Alger notamment où ils feront du quartier des Taggarins leur territoire.

                        219 000 français

                        211 000 étrangers.

            Les vignerons de l'Aude dans les plaines de Bône

            Les paysans du Bas Alpin en Kabylie...
            Les paysans du Haut Languedoc sur les plateaux de Sidi Bel Abbés ou de Sétif.
            Ces méridionaux français vont rencontrer d'autres émigrants du bassin méditerranéen.

Poussés par une misère plus grande encore, apparaît en effet tout au long de la fin du 19ème siècle une vague d'émigrants des rivages de la méditerranée.

1 janvier 2008

1870

1870 Après la défaite on a déjà imaginé une voir ferrée transsaharienne qui souderait les possession françaises. Une première expédition formée de 500 hommes a tenté le passage en 1881, elle a été massacrée.

Plus tard, Laperrière et ses troupes affrontent les touaregs à Timimoun, en plein été, en plein midi, à 50° sous un soleil de plomb. Nouvel échec mais à chaque fois, on pénètre un peu plus à l'intérieur de ce désert où les Pères Blancs, ces soldats du Christ affrontent les marabouts et les pillards.

31 décembre 2007

1849

Arrivée des premiers voyageurs. À la fin du 19è siècle, l'Algérie se construit autour de la vigne. Depuis que le vignoble français a été détruit par le phylloxéra, la vigne, en Algérie a remplacé le blé.

Parallèlement le régime civil s'est substitué au régime militaire. L'argent prédomine sur les armes

On ouvre le crédit, on encourage les grandes exploitations, on en appelle aux investissements privés. La III èm République gère alors l'Algérie Coloniale. C'est une véritable fièvre de création qui s'empare alors du pays.

35.000 Espagnols arrivèrent en Algérie cette année là.

31 décembre 2007

1848

Le peuplement officiel de l'Algérie a démarré avec la création de 42 colonies agricoles dont:

Saint Cloud, Saint Leu et Sainte Barbe du Tlélat en Oranie.

Castiglione, El Affnoun et Marengo dans l'Algérois.

Jemmapes, Mondovi et Guelma dans la province de Constantine.


À Mondovi, on dénombre 250 victimes du paludisme.

31 décembre 2007

1847

La population européenne d'Algérie comptait plus de 110.000 européens, dont 47.000 français, parmi lesquels 15.000 colons ruraux soit 12%.
Les capitalistes : Gros demandeurs qui obtinrent de grandes concessions, des subventions de l'État, l'exécution de travaux financés sur les fonds publics, à charge pour eux d'installer sur les établissements ainsi créés des familles européennes et de fonder des villages.
Les petits colons : Détenteurs de concession de 4 à 12 hectares, tributaires de l'administration pour l'octroi de prêts et de matériel, parfois assignés au rôle de métayers des grands concessionnaires. Les conditions souvent misérables dans lesquelles ils vivaient en faisaient une proie désignée pour les maladies, dues à l'insalubrité du climat. La vocation agricole de l'Algérie se précisa lentement. Les agriculteurs français s'inquiétaient de la production céréalière algérienne, de la culture d'olivier et de la vigne qui risquait de les concurrencer. La majorité de la population européenne restait citadine :


Alger s'affirmait comme la Capitale Administrative.

Oran, comme centre commercial et ville européenne

Constantine demeurait une ville indigène.

31 décembre 2007

1840

        En dehors de l'armée 11900 européens occupent déjà l'Algérie : dont 5000 français (des aventuriers, des spéculateurs, des déserteurs, des cabaretiers, des prostituées, etc.)

Les colons?

Ils sont à peine 2500 : ceux que l'on a appelé les "colons en gants jaunes", légitimistes qui, après avoir refusé la monarchie de juillet, sont investi dans les meilleures terres.

                Les autres, pauvres bougres qui pour la plupart reviendront en France aussi pauvres qu'ils l'avaient quitté! Entre temps, ceux-là auront connu les marécages où l'on s'embourbe, les ronces impénétrables, l'hostilité des terres, les pillages incessants, les agressions nocturnes, les constructions promises jamais obtenues, les concessions qui n'en étaient pas, déjà occupées ou vendues en multipropriétés, la sécheresse, le froid et les sauterelles, la malaria, la dysenterie, et le paludisme enfin, qui en 1837 en feront périr plus d'un tiers.

                10 ans de sacrifices et d'efforts, 10 ans de souffrances pour un retour en métropole prématuré... déjà "une main devant et une main derrière".Dans les premiers villages, les pionniers luttent contre un environnement hostile : calamités naturelles, voleurs qui s'attaquent aux récoltes et algériens musulmans réclamant ce qui leur est dû. L'image de l'Eldorado promis s’éloigne de jours en jours.
                Pour renforcer la colonie, il faudra les déportations successives des républicains hostiles à Louis Philippe puis à Napoléon III. La France envoyait ainsi les éléments "dangereux" en Algérie " il s'agissait plus de nettoyer les rues de Paris que de coloniser l'Algérie". Enfin outre l'armée et les colons français, des recrues étrangères sont venues donner au pays un aspect baroque et cosmopolite.

        Les espagnols se sont installés à Alger, autour de la Bassetta, et à Oran dans le quartier de la Blanca.
        Les mahonnais (originaires de Port Mahon aux Baléares) ont choisi Constantine et l'est du pays.
        Les siciliens et les napolitains, les piémontais ont peuplé la Calle et Bougie.
        Des prussiens, fuyant le Palatinat ont échoué à Dublineau en Oranie, et à Penthièvre près de Bône
        Des suisses et des allemands sont venus à Dely Brahim et à Kouba.
        Des soldats laboureurs ont colonisé Siddi-Bel-Abbès, Teniet-el-Haâd et Médéa.

Sol, climat, épidémies, les pertes sont nombreuses, beaucoup y renoncent.

31 décembre 2007

La naissance de la communauté. 1830-1839

1830 : Après le débarquement français à Sidi Ferruch des émigrants de métropole ont suivi l'armée. Comme le voulait Bugeaud, les laboureurs vont remplacer les soldats. La nouvelle communauté grandit très lentement.

1838 : Un centre d'agriculture voit le jour près du camp permanent de BOUFARIK : 562 lots de culture d'un tiers d'hectare sont constitués è l'administration crée plus de 197 villages, peuplés en 1882 de 30 000 habitants, dont près de la moitié sont recrutés sur place. L'Algérie pourtant n'est pas tout à fait pacifiée : des révoltes ont lieu ici et là, liées à la détérioration de l'économie indigène accablée par la suppression des droits d'usage et la lourdeur de la fiscalité.

1839 : Le ministère de la guerre officialise ce qu'on appelait les territoires du Nord d'Afrique. Ils porteront désormais le nom d'Algérie

18 septembre 2009

LES NEIGES ETERNELLES DU DJURDJURA

         Il y a une poignée de jours, je vivais un moment extraordinaire à la neige sur la station du Sauze-Super Sauze près de Barcelonnette dans les Alpes de Haute Provence. La matinée inondée de soleil s'annonçait magnifique. Le téléski du col de Fours me transportait de bonheur vers le sommet dans un silence de cathédrale ; seul le bruit feutré de mes skis glissant sur la poudreuse me ramenait à la réalité. Mon regard se remplissait d'émerveillement à la vue du col tout de blanc vêtu qui ciselait le bleu azur du ciel tandis qu'au même moment le soleil dans sa flemme matinale s'apprêtait à franchir la crête dans un halo aveuglant. La carte postale qui s'affichait à l'instant sur le présentoir de la beauté m'emportait dans des rêves vagabonds comme seule la montagne peut nous en donner. Est-ce le choc subit par cette vue éblouissante de lumière qui me bouleversa au point de supplanter le présent pour instantanément me retrouver un demi-siècle en arrière dans une mémoire intacte ? Comment arrivais-je à substituer à ce décor grandiose une image du passé qui venait de frapper comme un jaloux à la porte des souvenirs et me rappeler une émotion qui était enfouie depuis le 1° octobre 1961. C'était définitif, mon esprit était dominé par ce que j'avais enregistré dans le disque dur de ma mémoire et qui me revenait plus vrai que nature :
         Le 1° octobre 1961 à 8 h 30 précises, je venais de prendre en charge la classe du CM1 de l'école communale de Dra el Mizan, dans l'académie de Tizi Ouzou.La veille j'avais vécu une journée peu ordinaire pour rejoindre ce village de Kabylie perché tel un rapace sur un piton montagneux. Levé à cinq heures, j'avais quitté Bab el Oued et ma famille le coeur gros avec une valise en carton pour rejoindre la gare d'Alger. Le guichetier des C.F.R.A. m'avait délivré le billet pour Dra el Mizan en me précisant que la gare d'arrivée s'appelait "Aomar"; et pour moi qui venait d'avoir vingt ans, Aomar devait se situer au sein de Dra el Mizan, comme la gare de Lyon se trouve au coeur de Paris. Le train à banquettes s'ébranla lentement par les ports dans un vacarme de castagnettes que les roues martelaient en franchissant l'entrecroisement des rails. Curieusement, j'étais secoué en saccade avec mes voisins de compartiment par un mouvement latéral qui nous faisait dandiner de telle manière qu'on avait l'impression dans notre face à face obligé, de se dire "non" en permanence.

         La ville d'Alger disparue, c'est l'arrière pays qui se mit à serpenter au grès des champs cultivés, des vignes qui s'alignaient à l'infini, des collines arides et des oueds asséchés fidèles à leur réputation; seule la machine qui signalait son passage à grands coups d'avertisseur sonore perturbait la quiétude de la campagne encore assoupie. Quelques minutes d'arrêt à Ménerville entourée de verdure, puis la traversée des gorges de Palestro au relief agressif, et quelques éclipses assourdissantes dans des tunnels interminables, le contrôleur annonça au son d'une clochette d'église, l'arrivée imminente à destination. Aucune agitation particulière s'en suivie, sauf l'arrêt brusque qui occasionna une dernière bousculade avant de me retrouver seul avec mes bagages sur un quai désert entouré d'une végétation luxuriante où je crus un instant revivre le film qui avait ému tout le Plaza:" Le pont de la rivière Kwaï". J'entendis pendant quelques instants l'écho du tintamarre de castagnettes qui s'évaporait dans le lointain. J'étais sans réaction baigné d'inquiétude sur ce ciment zébré d'ornières, face à une bâtisse en ruine qui indiquait sous la forme d'un jeu de mots à compléter " G re d'A mar ".J'étais bien arrivé dans la bonne gare et le sentiment qui m'envahissait me rappelait que j'étais planté au milieu de nulle part.

         Un évènement soudain me fit penser que les miracles ne se font pas qu'à Lourdes: un enfant d'une douzaine d'années longeait le ballast les pieds nus en compagnie de trois moutons plutôt malingres; il vint à ma rencontre le regard espiègle vêtu d'un sarouel pas très propre qui couvrait ses jambes jusqu'aux chevilles. Il me questionna:" Msieur, t'y es le nouveau chir ?" J'acquiesçais avec soulagement car enfin je retrouvais une identité:" Oui petit, ana chir fil Dra el Mizan". Il me répondit:" Je suis Ali. Le taxi il n'est pas encore là, mais il va pas tarder". J'étais heureux d'avoir des informations mais surpris d'avoir un taxi à prendre. Devant mon étonnement, il compris la situation et rajouta:" Tu peux pas aller à pieds,Dra el Mizan c'est à quinze kilomètres dans la montagne". Enfin je venais de comprendre que la gare d'Aomar n'était pas ma destination finale. Après une heure d'attente, je pu m'introduire en force dans un taxi Panhard dont le pot d'échappement pétaradant indiquait bien à l'avance sa venue. J'étais comprimé en surplus sur le siège arrière avec d'autres passagers, des paysans qui rentraient après avoir vendu leur petit bétail et acheté des victuailles au marché d'Aomar. La galerie était à l'image du véhicule: pleine à craquer de couffins et de paquets ficelés d'où des caquètements de poules en souffrance me parvenaient comme des appels à l'aide. Ce n'était pas un voyage de plaisir dans ces lacets tortueux qui devaient nous mener tous à bon port; j'avais l'impression de revivre l'aventure de Charles Vanel dans "Le salaire de la peur"? Toute proportion gardée. Pour l'enfant de la ville que j'étais, la vie rurale me=2 0donnait ses premières leçons et en définitive ce qui dominaient principalement c'étaient le sourire et la fatalité de ces montagnards de kabylie qui préservaient une certaine sagesse de la vie:" Ne fabriques pas le mauvais sang, il se fabriquera tout seul". Mon arrivée à l'hôtel fut une grande joie et l'accueil digne d'un notable; une odeur de "cheurba" remplissait mes narines et je me délectais à l'avance du thé à la menthe que je n'allais pas tarder à savourer.
         Le 1° octobre 1961 donc, à 8h30, je venais de faire l'appel de la classe et j'eu la bonne idée d'aller ouvrir la fenêtre. Ce fut un éblouissement incomparable, un moment magique que la mémoire enregistre pour toujours, j'étais au balcon d'un spectacle de montagne que j'observais pour la première fois de ma vie. Face à moi, les neiges éternelles du Djurdjura scintillaient comme des diamants dans un écrin, le soleil s'apprêtait à franchir les crêtes dans un halo aveuglant, c'était ahurissant de beauté; comme j'aurais voulu partager cet instant avec ma famille et les amis de Bab el Oued. Le tableau mêlait toutes les couleurs de l'arc en ciel, et le Djurdjura dans sa majestueuse hauteur me donnait l'impression de trempait son pinceau dans le bleu azur du ciel comme un artiste peintre. Je me sentais attirer par cette féerie éternelle, et chaque matin désormais, j'ouvrais la fenêtre de ma classe à Dra el Mizan pour entrevoir le vrai bonheur.
        C'était il y a bien longtemps et le Sauze a contribué bien courtoisement à faire revivre pour un instant le Djurdjura. Entre montagnes c'était la moindre des choses.


André Trives de BEO 

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12 septembre 2009

ETUDE N°18 DU DOCTEUR JEAN CLAUDE PEREZ

Document transmis par J. F. Paya  

Le docteur Jean-Claude PEREZ  

Etude n° 18

Adhérent du Cercle Algérianiste de Nice et des Alpes Maritimes

Auteur des livres :

« Le sang d’Algérie »

« Debout dans ma Mémoire »

« Vérités tentaculaires sur l’OAS et la guerre d’Algérie »

« L’Islamisme dans la guerre d’Algérie »

« Attaques et contre-attaques » 

Aux Editions Dualpha  - BP 58, 77522 COULOMMIERS CEDEX

Tel. : 01.64.65.50.23

NOUS COMMUNIQUE SOUS LE N° 18 L’ETUDE SUIVANTE :

Contribution à l’étude du pourquoi et du comment de l’assassinat de la France Sud Méditerranéenne (Evian 18-19 mars 1962)

A PROPOS DE TRAITRES, CONSCIENTS OU NON :

JE PENSE A CEUX QUI NOUS REPROCHENT D’AVOIR REFUSE L’ALLIANCE AVEC LE F.A.A.D

(Front Algérien D’Action Démocratique, « mouvement » qui a pris la suite du MNA, de Messali Hadj, Mouvement National Algérien)

TOUT D’ABORD,

Un rappel sur la mouvance Messali Hadj

1.                Le PPA, Parti du Peuple Algérien, dissous en 1939, réapparu en 1943 grâce à De Gaulle, dissous en 1945 après le 8 mai, date des évènements de Sétif. 

2.                Le MTLD, Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, à partir de 1946 jusqu’en 1954. Dissous après la Toussaint Rouge. 

3.                Le MNA, Mouvement National Algérien, clandestin, théoriquement concurrent du FLN.

Tous ces mouvements, sans exception, furent constamment contrôlés par les services secrets français et les différentes polices françaises. Messali était tenu en mains par l’ensemble de nos services et polices, compte tenu de ses relations avec l’hitlérisme, tout particulièrement pendant la guerre de 1939/1945. Compte tenu de ses accointances avec Otto Abetz et la Commission d’Armistice germano-italienne qui exerçait son contrôle à Alger, à partir de 1940 jusqu’à 1942.

4.                Le FAAD (Front Algérien d’Action Démocratique), est apparu « sur le marché » comme par enchantement, en 1961. Force dite d’opposition au FLN dans le but de faire échapper théoriquement l’Algérie à la « dictature »  du FLN.

Le FAAD était dirigé en théorie, depuis le Cabinet du premier ministre. En réalité, il était commandé par le chef, en Algérie, de la Sécurité Militaire gaulliste qui agissait en étroite collaboration avec le commandant FLN de la ZAA.


ENSUITE,

Lorsque l’on se penche, en s’efforçant de rester sérieux, sur cet organisme appelé Front Algérien d’Action Démocratique, on est frappé par quelque chose d’assez inattendu.

Par le rôle que l’Hôtel Matignon a tenu, comme s’il avait voulu donner l’impression qu’il jouait contre l’Elysée à propos du devenir ultime de l’Algérie française.

On est frappé aussi du rôle qui fut celui de l’Elysée : tout s’est passé comme si on avait voulu laisser s’amuser les gens de Matignon.

Car on était convaincu à la Présidence de la République, que les états d’âme et les desiderata de Matignon, à supposer qu’ils fussent sincères, n’auraient pas la plus petite influence sur le cap rigoureux que suivait la politique élyséenne : l’abandon de l’Algérie française, en soumission au GPRA, avec comme préalable la destruction de toutes les organisations du FLN de l’intérieur, ainsi que les structures militaires ou paramilitaires françaises qui pourraient gêner l’action du GPRA. Car pour l’Elysée c’est, en faveur du GPRA et du FLN de l’extérieur, qu’il fallait agir exclusivement.

Le cap était rigoureux : abandonner l’Algérie : Oui. Mais, avant tout, éradiquer les opposants au GPRA d’où qu’ils vinssent.

Anéantir l’OAS en toute priorité. Et surtout, faire rester le maximum de Pieds Noirs en Algérie.

Il semble, selon toute apparence, exagérément entretenue, que l’existence du FAAD ait été ignorée jusqu’au 19 mars 1962, parmi ceux qui étaient chargés de rendre effective la mort de l’Algérie française. Citons, parmi les principaux :

-                                              Louis JOXE, ministre d’Etat, chargé des affaires algériennes, qui ne dépendait que du général De Gaulle.

-                                              Abderrahmane Farès, président de l’Exécutif Provisoire qui dépendait de Louis JOXE d’une part et du GPRA d’autre part. Farès avait manifesté son adhésion au GPRA dès la naissance officielle de ce dernier, le 18 septembre 1958. C’était lors de sa présentation à la presse internationale, au Caire, par Ferhat Abbas le 18 septembre 1958.

Il ne faut jamais oublier que Farès était présent, comme représentant officieux de De Gaulle, à l’entrée en fonction officielle du GPRA. 18/09/58, 10 jours avant le referendum maudit.

Farès était aussi le porte-parole officieux de Georges Pompidou, alors que celui-ci occupait les fonctions de Chef du Cabinet du Général De Gaulle.

Georges Pompidou, le rédacteur du DOCUMENT : le très important document Pompidou qui regroupait tout l’échelonnement des manœuvres qui allait permettre d’aboutir à des négociations avec l’ennemi, c’est-à-dire le FLN. Négociations entre l’Elysée et l’Organisation Extérieure de la Rébellion Algérienne d’abord,  et le GPRA ensuite.

Cette deuxième partie des négociations s’effectuant par l’intermédiaire du chargé de mission clandestin qu’était Farès, le pèlerin de Montreux. Document Pompidou qui était déjà préparé dès le début de l’été 1958 comme un guide de la liquidation de l’Algérie française.

En réalité, ce « vecteur négociation abandon » partait de l’Elysée vers l’organisation extérieure de la rébellion, puis vers le GPRA. Son sens, au sens le plus mécanique du terme, était rigoureux.

Le Matignon de Michel Debré n’était pas situé sur son trajet : nous précisions encore, sur le trajet, c’est-à-dire sur le vecteur qui de De Gaulle était orienté vers le GPRA, via Farès.

Il ne faut pas s’étonner outre mesure si Matignon a pu se laisser aller, en apparence, à donner vie à quelques états d’âme, à quelques fantasmes, sous la forme de certains projets supposés, qui semblaient pouvoir contrecarrer la politique élyséenne.

Projets qui cependant, ne gênaient en rien l’Elysée qui s’est contentée de les surveiller et de les contrer en temps voulu par le biais de décisions qui passèrent, théoriquement, par-dessus la tête des hommes de Matignon.

En ce qui concerne le FAAD, et tout particulièrement de ses contacts avec un secteur faisandé de l’OAS, ce que nous venons de dire fut couronné, en dernière étape, par l’arrestation du Général Salan, le Vendredi Saint 1962. Arrestation dont la responsabilité doit être imputée, sans nuances, à Lavanceau, Géronimi et deux responsables de l’OAS. Ces deux derniers, étant très proches du général Salan. Ils avaient cru, nous dit-on, s’être incorporés à une conjuration « matignonaise », contre l’entreprise élyséenne.

La naïveté, dans cet épisode tragique, est tellement invraisemblable, que j’affirme une certitude : elle constitue en réalité un camouflage très efficace de la trahison. Celle qui naît de traîtres qui s’ignorent, du moins en apparence.

En réalité, une attitude mise en pratique par ceux qui étaient prêts à tout accepter, pourvu que le combat s’arrêtât et qu’une possibilité de sauvegarde fut offerte aux partisans de cette conjuration.

Les pseudo conjurés qui prétendaient s’allier au FAAD, ne pensaient qu’à une chose : sauver leur peau et participer à l’élimination des gêneurs.

Ceux qui nous reprochent, parfois aujourd’hui encore, d’avoir refusé la main que nous tendait en apparence le FAAD, la main que nous tendait le messalisme à travers le FAAD, s’identifie dans le meilleur des cas, à des ignares, dont on ne peut dire qu’ils étaient bien intentionnés.

Ils étaient prêts, à n’importe quel prix, à vivre dans une Algérie indépendante, dans une Algérie où l’on méprise la France.

La France qui, officiellement, a subi à la face du monde, la victoire du FLN.

Une France gaulliste, qui aurait accepté le cœur léger que quelques centaines de milliers de Pieds Noirs, fussent réduits à la plus odieuse des dhimmitudes. Après avoir accepté la liquidation physique ou plutôt le lynchage de ceux de l’OAS qui ont refusé de s’inclure dans un dispositif qui ne prétendait qu’à garder en Algérie un cheptel de Pieds Noirs, utiles à la vie de l’Algérie.

Je rappelle en synthèse, que le FAAD fonctionnait en Algérie sous le contrôle de celui qui commandait la Sécurité Militaire. C’est-à-dire l’ensemble des services spéciaux qui fonctionnaient sous contrôle exclusif de l’Elysée. Et surtout, qui agissaient en collaboration étroite, dans le cadre le la lutte anti-OAS, avec le nouveau chef de la ZAA mis en place à Alger après la capitulation du 19 mars 1962. Un responsable qui n’a pas hésité à déclarer lors d’une interview radiophonique qu’il avait entrepris un noyautage d’une certaine fraction de l’OAS.

RETOUR JEAN FRANCOIS PAYA ORAN 5 JUILLET 1962

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