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18 septembre 2023

SUR LE CONTENTIEUX HISTORIQUE FRANCO/ALGERIEN

 AUX DERNIERES NOUVELLES JE VIENS DE FAIRE UN DERNIER INFARCTUS A 90 ANS CI JOINT MES ARCHIVES  SUR POPODORAN SITE DE ROGER  rprp@free.fr

1973 / 1923 CONGRES NATIONAL DU CERCLE ALGERIANISTE

http://popodoran.canalblog.com/archives/2011/08/10/11250833.html

http://popodoran.canalblog.com/archives/1962_5_juillet_oran____le_genocide/index.html

https://www.calameo.com/read/000059729310077f2ef20 Page 20

 AMITIÉS PIEDS NOIRS ET VIVE L'ALGÉRIE FRANCAISE

  PAYA_JEAN-FRANCOIS_Massacre du 5 juillet 1962.pdf CLIKER AC/ALGERIE CLASSE 54/2

Le 18 septembre 2023 à 10:19
SUR LE CONTENTIEUX HISTORIQUE FRANCO/ALGERIEN

BONJOUR CONTRIBUTION DANS LE CADRE DU 50em CONGRES SUR LE CONTENTIEUX HISTORIQUE FRANCO/ALGERIEN

Pour ce faire et essayer d'en finir avec des reproches réciproques et respecter les versions historiques droit de chaque pays et que le président Français avait oublié voici une version de notre groupe d études pour essayer de clore ce débat et de passer aux choses sérieuses et d'avenir pour 2 peuples indissolublement liés par l histoire que cela plaise où non et le nombre de binationaux toujours croissant et le nombre de morts pour la France *cordialement JF P

Si nous ne faisons pas d'erreur la colonisation de l'Algérie fut la rare (si non la seule) à se dérouler suite à des agressions continues venues de la région colonisée (surtout par mer) pendant plusieurs siècles ****(aprés l occupation de l Espagne et du sud de la France plusieurs siécles !)

Les officiels Algériens demandent toujours à la France des excuses voir des réparations pour avoir occupé 130 ans leur pays et ils font remonter ce contentieux au 5 juillet 1830 !

Très bien, mais comme ils font remonter leur histoire que nous respectons et l'existence de“L ÉTAT ALGÉRIEN” bien antérieurement à l’Indépendance de 1962 en y incluant les 300 ans d'occupation Ottomane et mème avant à partir du X em siècle avec l'appellation de la ville d 'Alger (ex Icossium Romaine) par Bologhine ibn Ziri chef berbère musulman Chiite sous des califes Fatimides considéré par l'école Algérienne comme fondateur du pays (anniversaire célébré sobrement*** ) suivi des dynasties musulmanes postérieures ;puis en s’appuyant sur les traités passés entre la régence d’Alger Ottomane et la France ; pour la libre circulation maritime et le commerce voir l’historiographie Algérienne;(archives à Istambul ! ) Nous pensons que cette histoire constitutive de la Nation Algérienne et difficile si non inutile de remettre en cause sur le plan diplomatique (si non historique) pour aborder le présent ! Avec l’Algérie actuelle rien ne sert de débattre là-dessus ;chaque pays restant libre de déterminer sa mythologie historique comme la France avec Clovis et Charlemagne *

MAIS ALORS POUR RESTER ÉQUITABLES IL FAUT FAIRE L ADDITION DES GRIEFS ET DES RÉPARATIONS DEPUIS CES LOINTAINES PÉRIODES POURQUOI COMMENCER EN 1830 ?

Les corsaires barbaresques ont capturé des milliers de navires chrétiens et ont attaqué à plusieurs reprises la plupart des localités côtières des rives de la mer Méditerranée. Ce qui conduisit les habitants à abandonner les anciens villages côtiers en France, Italie et Espagne et à en construire d'autres, souvent fortifiés, sur les hauteurs et collines. Les razzias ont été un tel problème que les côtes sont restées en partie désertes jusqu'au début du XIXe siècle "" . IL faudrait faire un bilan exhaustif de ces exactions matérielles, des victimes et des otages mis en esclavage pendant plusieurs Siècles, des estimations sont toujours possibles mais resteraient inférieures à l'enjeu Historique élémentaire alors ces considérations pourraient permettre de solder le contentieux Franco/Européano Algérien et de passer aux choses sérieuses et d'avenir pour les deux pays indissolublement liés par une histoire commune pas seulement antagonique et parfois mélée  pour définir les frontières du grand Sud si précieuses avec gaz et pétrole*                   Cordialement JEAN- FRANCOIS  PAYA     CERCLE DU POITOU"“ETUDES HISTORIQUES 3”

Retour synthèse du massacre du 5 juillet 1962

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22 mai 2015

ORANIE

VILLES ET VILLAGES DE L'ALGÉRIE FRANCAISE

AFFLOU

AÏN-EL-ARBA

AÏN-FEKAN

AÏN-FRANIN

AÏN-KERMES

AÏN-KIAL

AÏN-TEDELES

AÏN-TEMOUCHENT

AÏN-TEMOUCHENT

AÏN-EL-TURCK 

AÏN-SEFRA

AMMI-MOUSSA

ARBAL

ARZEW

ASSI AMEUR

ASSI BEN OKBA

ASSI BOU NIF

BEDEAU

BELLE COTE

BENI SAF

BERTHELOT

BOSSUET

BOU HANIFIA

BOU-SFER

BOU-TLELIS

BOUISSEVILLE

BOUKANEFIS

BOULET

BURDEAU

CANASTEL

CASSAIGNE

CHANZY

COLOMB-BECHAR

DE MALHERBE

DESCARTES

DETRIE

DJENAN EDDAR

DJENIEN-BOU-REZG

DOMBASLE

DUBLINEAU

DUPERRÉ

EL ANCOR

ER RAHEL

FENDIH

FERRY

FIGUID

FLEURUS

FRENDA

GEORGES CLEMENCEAU

GERYVILLE

HAMMAN-BOU-HADJAR

INKERMAN

KLEBER

KRISTEL

LA DEL PIAZ

LA SENIA

LA STIDIA

LAMORICIERE

LAMTAR

LAPASSET

LES ABDELLYS

LOURMEL

MARNIA

MASCARA

MAZAGRAN

MECHERIA

MEDRISSA

MENDEZ

MERCIER LACOMBE

MERS EL KEBIR

MISSERGHIN

MONTGOLFIER

MOSTAGANEM

NEDROMA

NOIZY LES BAINS

NOUVION

OUED-IMBERT

PALAT

PALIKAO

PARMENTIER

PERREGAUX

PICARD

PORT-AUX-POULES

PORT-SAY

PREVOST-PARADOL

PRUDON

RELIZANE

RENAN

RIO SALADO

RIVOLI

ROCHAMBEAU

SAÏDA

SAINT-AIME

SAINT-CLOUD

SAINT-DENIS DU SIG

SAINT-LEU

SAINT-LOUIS

SAINT-LUCIEN

SAINT-MAUR

SAINTE-LEONIE

SEBDOU

SIDI-BEL-ABBES

SIDI BRAHIM

SIDI CHAMI

SOUK EL ARBA

SAINTE-BARBE DU TLELAT

TASSIN

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THIERVILLE

TIARET

TLELAT

TLEMCEN

TREZEL

TROIS MARABOUTS

TROUVILLE

TURENNE

TURGOT

VALMY

VIALAR

WALDECK ROUSSEAU

AUTRES VILLAGES SUR SITE AMI

RETOUR PHOTOS D'AFN

 

 

4 août 2026

LE TEMPS DE LA VÉRITÉ HISTORIQUE

transmis par José Castano


 

(Quand un média algérien reconnaît le drame des disparus français)

 

« La reconnaissance de la vérité historique ne divise pas les peuples ; elle leur offre un langage commun »

 

    Lorsqu'une mémoire longtemps ignorée trouve enfin un écho de l'autre côté de la Méditerranée, ce n'est pas une victoire sur le passé ; c'est un pas vers la vérité historique.

 


    La « Radio des Sans Voix », ce média algérien qui se présente avec justesse comme un « bastion de liberté dans un paysage médiatique bâillonné », m'a fait l'immense honneur de reprendre mon article consacré aux disparus d'Algérie. Je lui adresse, ainsi qu'à son équipe rédactionnelle, l'expression de ma profonde gratitude.

 


    Il me faut toutefois décliner, avec un sourire autant qu'avec humilité, le prestigieux titre « d'historien » que son journaliste, Amine B…, a eu l'extrême bienveillance de m'attribuer. Je crains en effet qu'il ne m'aille un peu trop grand, comme un habit d'apparat revêtu par un modeste artisan des mots.

 

    Je ne suis, en vérité, qu'un passeur de mémoire, un artisan de la plume, un conteur obstiné dont les écrits et les tribunes n'ont d'autre ambition que de servir la vérité historique et de raviver la flamme d’une mémoire que le temps, l'oubli ou le calcul politique ne devraient jamais ensevelir.

 

    Depuis 1980, je ne saurais dire si j’ai suffisamment servi cette noble cause, mais je peux affirmer que je m’y suis consacré avec toute la ferveur de mon cœur, parfois maladroit, toujours sincère. J’ai porté ce flambeau avec la conviction que l'histoire ne doit jamais s'éteindre dans l'oubli.

 

    Si mes écrits ont parfois trouvé un écho, c'est uniquement parce qu'ils étaient portés par cette certitude : les morts n'ont plus de voix, les disparus n'ont souvent plus de témoins, et il appartient aux vivants de refuser que le silence devienne leur seconde disparition.

 

    La vérité historique n'appartient ni à la France ni à l'Algérie. Elle ne se décrète pas au gré des circonstances diplomatiques ni des mémoires sélectives ; elle exige que l'on regarde le passé sans détour, avec la même exigence de vérité pour tous, sans jamais occulter le drame des disparus.

 

    Cette exigence a pourtant été une nouvelle fois bafouée le 8 mai 2026, lorsque Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées et aux Anciens combattants, s'est rendue à Sétif pour participer aux commémorations organisées par les autorités algériennes autour des événements du 8 mai 1945, sans qu'un seul mot ne soit consacré aux victimes européennes tombées dans les violences qui précédèrent ces événements. Quelques semaines plus tard, le 29 mai, alors qu'elle se trouvait à proximité de Perpignan, elle déclinait l'invitation du maire de la ville et de la présidente du Cercle algérianiste à venir se recueillir devant le Mur des Disparus, élevé en mémoire de ceux dont les familles attendent toujours la vérité.

 

    Ce double silence n'est pas un simple oubli. Il s'inscrit dans une continuité politique implacable et coupable, celle d’un État macronien — dans le droit fil de son prédécesseur — qui n'a cessé de multiplier les repentances unilatérales et les hommages sélectifs envers les anciens adversaires de la France, tout en condamnant à l'oubli le martyre des Français d'Algérie. Ce mépris institutionnel constitue une blessure vive et permanente pour eux. Il ne s'agit pas d'opposer des souffrances, mais de rappeler qu'aucune politique mémorielle ne peut prétendre servir la vérité lorsqu'elle choisit les victimes qu'elle honore et celles qu'elle condamne au silence.

 

    Les familles des disparus ne réclament ni privilège ni revanche. Elles demandent seulement ce que toute nation doit aux siens : la vérité, la fidélité et le respect. Tant que ce drame sera relégué aux marges de la mémoire nationale par des dirigeants hermétiques à toute compassion, la réconciliation tant invoquée restera une mascarade bâtie sur le reniement.

 

    Merci, du fond du cœur, pour votre confiance, votre indulgence… et pour ce si beau titre d'«historien» que je laisse à plus savant, tout en le recevant comme le plus touchant des hommages.

 

 


                                    Soixante-quatre ans après, un média algérien évoque enfin le drame des Français disparus durant la guerre d'Algérie.

 

 Disparus d'Algérie : quand l'État français choisit ses mémoires


José CASTANO

 

8 juillet 2026

ORAN - LE DERNIER EMBARQUEMENT

transmis par José Castano


Une page méconnue de notre histoire…
Le général Franco et les Pieds-Noirs

 

(Les ferries de l'espérance)

« À tous ceux qui ont quitté leur terre sans jamais cesser de l'aimer, et à ceux qui ne sont jamais revenus. »

 

    Les derniers jours de juin 1962 demeurent gravés dans la mémoire de nombreux Français d'Algérie comme l'un des épisodes les plus douloureux de leur exode.


    À Oran, les quais étaient devenus le refuge d'une foule épuisée : des familles entières, des vieillards, des femmes, des enfants, des hommes qui ne demandaient plus qu'une chose, quitter une terre où ils étaient nés et qu'ils aimaient, pour sauver leur vie. Sous un soleil de plomb, ils attendaient depuis des jours un embarquement incertain, abandonnés à l'angoisse, sans assistance, tandis que la violence gagnait chaque heure davantage et se rapprochait, menaçante, des grilles du port.


    C'est dans ces circonstances que, les 29 et 30 juin 1962, l'Espagne du général Franco envoya deux ferries, le Victoria et le Virgen de África, afin d'évacuer une partie de ces réfugiés… que les autorités françaises refusaient de voir partir.


    La situation devenant alarmante, Franco prévint de Gaulle qu'il était prêt à l'affrontement militaire pour sauver ces pauvres gens sans défense abandonnés sur les quais d'Oran et menacés d’être exécutés à tout moment par les milices du FLN. Joignant le geste à la parole, il ordonna à son aviation et sa marine de guerre de faire immédiatement route vers Oran.


    Afin d’éviter un grave incident diplomatique, l'autorisation d'accoster fut, enfin, accordée et le 30 juin, à 13h, les deux bâtiments accédèrent aux quais d’embarquement. À leur bord montèrent, épuisés, hagards, près de 2 200 passagers. Pour beaucoup, ils n'emportaient avec eux qu'une valise, quelques souvenirs... et toute une vie brutalement abandonnée derrière eux.


    Lors de l'embarquement, les tensions ne cessèrent pas. Les capitaines espagnols s'opposèrent à l'intervention des autorités françaises qui désiraient contrôler les passagers à bord dans le but d’interpeller les membres de l’OAS fichés. Plus tard, ils diront n'avoir jamais compris cette détermination froide, dénuée de toute compassion, face à une tragédie humaine qui exigeait avant tout de secourir des civils en détresse relevant de la plus élémentaire « assistance à personne en danger de mort »…


    Enfin, à 15h30, les amarres furent larguées et les bateaux espagnols prirent enfin la mer à destination du port d’Alicante.


    Lentement, les quais d'Oran, noirs de monde quelques heures auparavant, s'éloignèrent. Derrière les navires disparaissait une terre natale que beaucoup savaient ne jamais revoir.


    Sur le pont, nul ne parlait beaucoup. Les regards restaient tournés vers cette côte qui s'effaçait dans la lumière. Les larmes coulaient en silence. C'étaient des larmes de peur, de deuil, d'arrachement... mais aussi de soulagement et de gratitude. Le pire avait été évité in extremis.


    Lorsque apparurent les côtes espagnoles, une émotion indescriptible, une liesse bienfaisante envahirent les passagers qui tombèrent dans les bras les uns des autres. Certains pleuraient sans pouvoir retenir leurs sanglots. Puis les cris fusèrent alors : « Viva España ! » … « Viva Franco ! ». Au-delà de toute considération politique, ces exclamations traduisaient, pour ceux qui venaient d'échapper au chaos et à une fin tragique, une profonde reconnaissance envers le pays qui leur ouvrait ses portes au moment où ils se croyaient abandonnés.


    Ce souvenir ne les quittera jamais.


 

    De profundis :
    À la mémoire de Jean Lopez, coiffeur à Aïn-el-Turck, près d'Oran, qui devait assurer mon embarquement et mon accompagnement jusqu'en métropole. J'avais quinze ans.


    Au port d'Oran, Jean fut enlevé par des auxiliaires de police du FLN (ATO).


    Il ne revint jamais.


    En dédiant ces lignes à son souvenir, je pense aussi à son épouse et à ses deux filles, auxquelles j'adresse, aujourd'hui encore, toute mon affection.


    Parce que les années passent...
    Parce que les témoins disparaissent...
    Mais parce que la mémoire, elle, demeure.


José CASTANO

 

30 juin 2026

QUE JUSTICE SOIT RENDUE

transmis par José Castano

 

    Sur les stèles élevées à la mémoire des marins français tombés lors de l'attaque britannique du 3 juillet 1940, il est invariablement gravé le chiffre de 1 297 morts. Si l'on s'en tient à cette seule journée tragique, ce bilan est exact.
Mais l'Histoire ne s'est pas arrêtée là.


    Le 6 juillet 1940, 288 autres marins périrent à leur tour. Pourtant, ces victimes demeurent absentes du décompte officiel. Plus regrettable encore, les historiens comme l'Association des Anciens Marins de Mers-el-Kébir et des Familles des Victimes ont, jusqu'à ce jour, omis de les intégrer à la mémoire collective.


Le véritable bilan de cette tragédie s'élève donc à 1 585 morts. C'est cette vérité historique que je m'efforce de rappeler, année après année, dans chacun de mes articles consacrés au devoir de mémoire.


    Comment comprendre qu'après 86 années, rien n'ait été entrepris pour réparer cette injustice mémorielle ? Pourquoi laisser dans l'ombre ces 288 marins et leurs familles, comme si leur sacrifice avait moins de valeur, comme si leur douleur méritait l'oubli ?


L'Histoire ne peut être amputée d'une partie de ses morts sans trahir la vérité. Chaque nom effacé est une blessure infligée à la mémoire nationale ; chaque victime oubliée est une injustice qui se prolonge à travers le temps.
Il est désormais temps que toute la vérité soit reconnue et que ces 288 marins retrouvent enfin la place qui leur revient dans notre mémoire collective.


    Que justice soit rendue à ces hommes. Que leur sacrifice ne soit plus jamais relégué au silence.

 

3 JUILLET 1940 L’AGRESSION BRITANNIQUE SUR MERS-EL-KÉBIR

 

José CASTANO

 

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15 juin 2026

3 JUILLET 1940… L’AGRESSION BRITANNIQUE SUR MERS-EL-KEBIR

transmis par José Castano

En mémoire des 1585 marins français morts sous le feu « allié »
(Une page d’histoire occultée)

 

            « Le souvenir de ces morts dérange tout le monde parce que l’évènement échappe à la logique. Il est à part des tragédies de la guerre. Personne n’a intérêt à ce que l’on en parle trop » (Amiral Marcel Gensoul)

    Mers el-Kébir — le « Grand Port » — porte dans son nom même la marque de sa vocation maritime. Depuis l’Antiquité, cette rade profonde, ouverte sur la Méditerranée occidentale, constitue un point stratégique majeur entre l’Europe et l’Afrique du Nord. Située à proximité d’Oran, à quelques centaines de kilomètres seulement du détroit de Gibraltar, elle commande l’un des passages les plus sensibles du monde maritime : celui qui relie la Méditerranée à l’Atlantique.


    Tour à tour repaire de corsaires, escale commerciale, puis base navale moderne édifiée par la France entre 1928 et 1945, Mers el-Kébir fut longtemps considérée comme l’une des rades les plus sûres et les mieux protégées d’Afrique du Nord.


    À la veille de la Seconde Guerre mondiale, sa mission était essentielle : garantir la défense des côtes algériennes, assurer la maîtrise des communications maritimes et maintenir la présence française en Méditerranée face à une Italie devenue hostile (en 1939) et à une Espagne d’une neutralité bienveillante envers les pays de l’Axe Berlin-Rome.


    L’armistice franco-allemand du 25 juin 1940 consacre l’effondrement militaire de la France sur terre, mais la flotte française demeure intacte, libre et invaincue. Ni l’amiral Darlan, ni le général Weygand n’ont l’intention « …de livrer à l’ennemi une unité quelconque de notre flotte de guerre » et de Gaulle le dira, le 16 juin à Churchill en ces termes  « La flotte ne sera jamais livrée, d’ailleurs, c’est le fief de Darlan ; un féodal ne livre pas son fief. Pétain lui-même n’y consentirait pas ».


    Les Anglais, de leur côté, désirent que notre flotte, riche en unités lourdes et légères, se rende dans leurs ports. Elle aurait pu le faire, le 16 juin 1940, mais personne ne lui en donne l’ordre et la Marine reçoit l’assurance, « qu’en aucun cas, la flotte ne sera livrée intacte », mais qu’elle se repliera probablement en Afrique ou sera coulée précise l’Amiral Darlan. Hitler ne demande pas livraison de notre flotte (le projet d’armistice ne le prévoyant d’ailleurs pas), pas plus que de nos colonies, sachant qu’il n’est pas dans nos intentions d’accepter de telles exigences.


    Dès les 18 et 19 juin, plusieurs navires français sont sabordés ou détruits dans les ports métropolitains afin qu’ils ne puissent tomber aux mains de l’ennemi. D’autres appareillent vers l’Afrique du Nord ou vers des ports britanniques. Le cuirassé Jean Bart, pourtant inachevé, parvient même à rejoindre Casablanca.
    Mais à Londres, la méfiance l’emporte sur les assurances françaises. Le 27 juin, Churchill ordonne la mise hors d’état de nuire des escadres françaises stationnées dans les ports britanniques et nord-africains. Cette opération aura pour nom « Catapult. »


    Le 30 juin, dans un accès de colère, l’amiral North s’adresse à l’amiral Somerville :
- Qui a eu cette fichue idée (opération Catapult) ?
- Churchill ! répondit Somerville
- No « Catapult », but, « Boomerang » ! Cette opération nous met en danger, répliqua North. Winnie (Churchill) est fou ! Je vois ce qu’il veut mais c’est une solution criminelle.


    Le 3 juillet 1940, à Mers el-Kébir, les bâtiments français sont au mouillage le long de la jetée. Les cuirassés Bretagne et Provence, les croiseurs Dunkerque et Strasbourg, le transport d’hydravions Commandant Teste ainsi que six contre-torpilleurs : Mogador, Volta, Tigre, Lynx, Terrible, Kersaint… les fleurons de la flotte française. Au mât du Dunkerque, flotte la marque de l’Amiral Gensoul, commandant en chef…


    Les clauses de l’armistice ont été respectées : les culasses des pièces d’artillerie ont été démontées, les avions désarmés, les munitions regroupées sous contrôle. Il en a été de même dans les batteries de côtes et de D.C.A. Dans les hangars d’aviation, les mesures de démobilisation ont été prises ; on a vidé les réservoirs de leur essence, démonté les canons des chasseurs et les mitrailleuses de tous les appareils ; les munitions ont été rassemblées et mises en dépôt. Rien ne laisse présager l’imminence d’un affrontement avec l’allié britannique d’hier. Les équipages, qui croient la démobilisation proche, se préparent à descendre à terre pour quelques heures de détente...


    À l’aube, cependant, une puissante escadre anglaise apparaît devant la rade : le croiseur de bataille Hood, bâtiment de 42000 tonnes, l’un des plus grands cuirassés du monde, armé de pièces de 380,  les cuirassés Valiant et Resolution, le porte-avions Ark Royal, escortés de destroyers et de torpilleurs, à l’instar du Foxhound.


    Sur les bâtiments français, l’arrivée inattendue de cette imposante armada provoque de l’étonnement, qui sera bientôt de la stupeur. Un officier d’état-major français est envoyé par l’amiral Gensoul à la rencontre de l’officier britannique, le commandant Holland. Celui-ci est porteur d’un document qu’on peut résumer ainsi :


« La flotte de l’Atlantique est invitée à rallier la flotte britannique, ou à défaut, un port de l’Amérique, avec équipages réduits. En cas de refus de cette offre, elle devra se saborder, sinon, par ordre du gouvernement de Sa Majesté, la flotte britannique usera de la force. »


    L’amiral Gensoul réaffirma au parlementaire britannique que les craintes de voir les bâtiments français tomber aux mains des Allemands et des Italiens étaient injustifiées : « La marine française n’a pas l’habitude de manquer à sa parole ! », s’exclama-t-il.
Plus tard, il affirmera qu’il ne pouvait accepter « un ultimatum se terminant par : « ou vous coulez vos bateaux ou je vous coule. C’est exactement : la bourse ou la vie… quelquefois, on donne sa bourse pour sauver sa vie. Dans la Marine, nous n’avons pas cette habitude-là ». Servitude et grandeur militaires !


Au moment où l’officier britannique sort de la rade, le commandant de la flotte anglaise signale : « Si les propositions britanniques ne sont pas acceptées, il faut que je coule vos bâtiments. »


    Les bateaux français, aux feux éteints, disposés pour un désarmement rapide, reçoivent l’ordre à 7h55 : « Prendre dispositions de « combat », puis à 9h10 : « Flotte anglaise étant venue nous proposer ultimatum inacceptable, soyez prêts à répondre à la force par la « force ». Dans le même temps, des avions britanniques mouillent des mines magnétiques à l’entrée de la rade afin d’empêcher toute sortie.
Pendant plusieurs heures, l’amiral Gensoul tente de gagner du temps. Il espère réarmer les batteries côtières, remettre les navires en état de combattre et obtenir une solution diplomatique. Mais à 16h56, la flotte britannique ouvre le feu.
La violence du bombardement est foudroyante.
Le cuirassé Bretagne, frappé de plein fouet, explose et sombre en quelques minutes : 150 hommes seulement sur 1300 fuient la mort, soit à la nage, soit en chaloupes. Le croiseur Dunkerque, n’ayant pu prendre la mer, à cause d’une avarie à son gouvernail, reçoit un obus qui tue 150 marins, plus de 100 mécaniciens et chauffeurs, 2 ingénieurs… Le bâtiment est hors de combat. Le croiseur Provence s’échoue pour éviter de couler. Le contre-torpilleur Mogador est éventré par une explosion causant une vingtaine de morts. Le Rigaut de Genouilli est atteint à son tour. Seul le Strasbourg parvient à forcer la sortie de la rade et à rejoindre Toulon.
Et partout ces mêmes visions apocalyptiques ; parmi les carcasses d’acier éventrées, calcinées, retentissent les cris déchirants de centaines et de centaines de marins agonisants, mutilés, brûlés ou suffoquant au milieu d’une fumée âcre et d’un mazout noirâtre qui étouffent leurs dernières plaintes.


    Aussitôt, les secours s’organisent. Pêcheurs, pompiers, gendarmes, médecins, habitants d’Oran et de Mers el-Kébir participent au sauvetage des survivants. Une chapelle ardente est installée dans la salle du cinéma de Kébir.
Les obsèques des 1380 marins – assassinés – ont lieu le 5 juillet, au cimetière de Mers El-Kébir, en présence du Maire, du Préfet et de l’Amiral Gensoul qui s’adressera une dernière fois à ses hommes en ces termes : « Vous aviez promis d’obéir à vos chefs, pour tout ce qu’ils vous commanderaient pour l’Honneur du Pavillon et la grandeur des armes de la France. Si, aujourd’hui, il y a une tache sur un pavillon, ce n’est certainement pas sur le nôtre. »
Mais le drame ne s’arrête pas là...


    Le 6 juillet 1940, à 6h30, par trois fois en vagues successives, des avions britanniques reviennent attaquer les navires encore indemnes notamment le Dunkerque, pourtant déjà immobilisé. Des torpilles frappent le navire ainsi que des bâtiments auxiliaires venus participer aux secours. Cette nouvelle attaque fera encore 205 tués et 250 blessés atteints gravement. Au total, la marine française déplore plus de 1585 morts ou disparus et plusieurs centaines de blessés dont la plupart gravement brûlés.


    Ce qui est horrible, c’est que les marins anglais ont tué en une semaine plus de marins français que la Flotte allemande pendant toute la seconde guerre mondiale. Nous ne sommes pas loin des 2403 morts du drame de Pearl Harbor, l’un des grands événements de cette guerre puisqu’il décida de l’entrée en guerre des Etats-Unis d’Amérique. Mais les Japonais étaient leurs ennemis, les Anglais étaient nos alliés. C’est là un crime inqualifiable… impardonnable.
Le 8 juillet, De Gaulle, parlant au micro de la BBC, déclara :


« En vertu d’un engagement déshonorant, le gouvernement qui fut à Bordeaux avait consenti à livrer nos navires à la discrétion de l’ennemi… J’aime mieux savoir que le « Dunkerque » notre beau, notre cher, notre puissant « Dunkerque » échoué devant Mers El-Kébir, que de le voir un jour, monté par les Allemands, bombarder les ports anglais, ou bien Alger, Casablanca, Dakar. » … et pas le moindre mot de compassion envers les victimes de cette tragédie.


Pour la première fois se trouvait ainsi affirmée, dans la bouche même d’un général français, une contrevérité : Alger, Casablanca, Dakar, donc les clés de l’Empire, allaient être utilisées contre les alliés britanniques. Et comme il vouait une haine viscérale à « l’Empire » qu’il considérait comme « Pétainiste » et qu’il fallait absolument mettre au pas pour la réalisation future de ses desseins, il donna à la flotte britannique, le 23 septembre 1940, la consigne de bombarder Dakar. Ce fut l’échec. L’insuccès des Britanniques fit comprendre aux uns et aux autres qu’il était vain de vouloir détacher l’Empire français de la Métropole et que la poursuite des attaques servirait de prétexte à une intervention allemande.


Dans ses mémoires, Churchill n’a pas caché son embarras. Il a comparé Mers El-Kébir à une tragédie grecque : « Ce fut une décision odieuse, la plus inhumaine de toutes celles que j’ai eues à partager », écrira-t-il.
Les historiens, les politiques, les « moralistes » et les censeurs qui ont eu à juger des hommes, des gouvernants, et à écrire l’Histoire, ont dédaigné de prendre en considération le traumatisme dévastateur que cet événement tragique avait produit dans les esprits…


Mers El-Kébir explique en grande partie l’attitude de bon nombre de nos gouvernants de Vichy durant le conflit comme elle explique aussi celle des autorités civiles et militaires d’Algérie en 1942-1943 et d’une population acquise au Maréchal Pétain mais volontaire pour poursuivre la lutte avec Darlan et Giraud contre les puissances de l’Axe.


L’Afrique du Nord, malgré son traumatisme, accepta de rentrer en guerre en 1942 et sera avec son « armée d’Afrique », l’une des composantes de la victoire finale. Elle conservera, néanmoins, son hostilité à De Gaulle, que ce dernier, devenu président du Comité de la Libération devait justifier… Il se souviendra toujours de ce sentiment d’inimitié à son égard et, dès 1958, remis au Pouvoir par ceux-là mêmes qui l’avaient blâmé, leur fera supporter amèrement le poids de sa rancune…


Ces morts Français, bannis de la mémoire nationale, auraient pu reposer en paix. Or, le 5 Juillet 2005, jour anniversaire d’une autre tragédie (Le massacre de deux mille Européens, le 5 Juillet 1962 à Oran), le cimetière de Mers El-Kébir fut saccagé sans qu’aucune autorité gouvernementale française, aucun média, aucune association humanitaire et « antiraciste », n’élevassent la moindre protestation, préférant s’humilier à « commémorer » la « répression » (beaucoup plus commerciale) de Sétif par l’armée française en 1945.


    Aujourd’hui encore, le souvenir de cette lâche agression britannique contre une flotte au mouillage et désarmée demeure vivace dans la Marine et, paraphrasant Talleyrand, on peut affirmer que « Mers El-Kébir a été pire qu’un crime, une faute ».


Quant aux survivants de cette tragédie qui défilèrent devant les cercueils de leurs camarades, ils ont conservé depuis, ce visage dur des hommes qui n’oublient pas. La mer se souvient des siens.


José CASTANO


Note historique :
Le 24 mai 1941, dans l’Atlantique Nord, le cuirassé allemand Bismarck coula le Hood, fleuron de la Royal Navy engagé à Mers el-Kébir. Trois jours plus tard, le Bismarck était lui-même détruit par une imposante escadre britannique au terme d’une traque restée célèbre dans l’histoire navale.

VIDÉO:

- Marins, qu’ont-ils fait de vos sépultures ?

 

13 juin 2026

LA FRANCE DE MON ENFANCE

transmis par José Castano


« Adieu ma France... Tu n’es plus celle que j’ai connue, le pays du respect des valeurs, de l’hymne et du drapeau, le pays de la fierté d’être français. Adieu ma France des trafics en tous genres, du chômage, de l’islamisme, de la polygamie, du laxisme, de la permissivité, de la famille décomposée... Adieu ma France réduite à l’état d’urgence, ma France déconstruite, en guerre avec elle-même. Je veux, néanmoins, demeurer optimiste et croire en ton sursaut. Mais qui te sauvera ? » (Général Marcel Bigeard)

    Mon enfance durant, j’ai porté en moi une fierté ardente : celle d’aimer la France. Par-delà la Méditerranée, elle apparaissait comme un pays de lumière, un mirage chatoyant qui me faisait rêver entre deux pages de nos livres de géographie. Elle était ma Mère Patrie, et, comme mes camarades de jeux —les Mohamed, les Levy et tous ceux avec qui je partageais l’innocence des premières années— je ne voyais d’elle que la beauté : celle de son passé, de son présent, que mon imagination candide exaltait encore.


    Je rêvais alors d’une histoire constellée de gloires, peuplée de saints et de rois, de héros surgis des brumes du temps, de batailles gagnées et même de défaites transfigurées par la légende. Je rêvais d’un Empire immense dont le rayonnement se déployait bien au-delà des mers.


    « Là-bas », dans la salle de classe du cours moyen, nous vibrions à l’unisson durant les leçons d’histoire. Nous encouragions Vercingétorix et Jeanne d’Arc de toutes nos petites forces, de nos voix essoufflées, de nos mains fébriles, de nos pieds battant la poussière, à chasser l’envahisseur hors des frontières sacrées.


    Subjugués par l’héroïsme de Bayard —le « chevalier sans peur et sans reproche »— exaltés par les victoires de Napoléon, nous retenions notre souffle à l’évocation d’Austerlitz… mais nous détournions les yeux, obstinés, devant Waterloo ou la retraite de Russie. Ainsi va l’âme de l’enfant : elle choisit ses miracles, elle refuse ses blessures.


    En somme, j’étais fier de ma France avec tout ce que cette fierté comporte d’aveuglement, et je l’aimais d’un amour absolu, viscéral, entier. Chrétiens, Juifs, Arabes —unis dans une fraternité naïve— nous étions prêts, pensions-nous, à nous battre pour elle, à mourir pour elle. Nous ignorions ce qu’elle était vraiment ; cela n’avait aucune importance. Elle était tout : une réalité matérielle, charnelle, spirituelle, indissociable, comme la présence vivante d’une mère.


    Je distinguais bien, déjà, ce que son histoire portait de sombre : l’Inquisition, les guerres de religion, la fureur sanglante des révolutionnaires, la Terreur, la déchristianisation… mais pour moi, ces ombres n’existaient presque pas. Un enfant ne dresse pas la liste des défauts de sa mère, qu’ils soient moraux ou physiques. Elle est sa mère, donc elle est parfaite. Il sait ce qui blesse, mais il détourne les yeux ; il connaît les failles, mais il les recouvre d’amour. C’est là le mystère profond, indestructible, de l’amour filial.


    Tout a commencé avec l’effondrement de 1940, ce coup de tonnerre qui fit vaciller les cœurs et brisa les colonnes d’une nation que l’on croyait inébranlable. Puis le récit officiel, dans un silence impitoyable, escamota le rôle de l’Armée d’Afrique, dont le courage pourtant fut une des clefs de la victoire. Ensuite vint la chute de l’Indochine, saignée par le sacrifice d’hommes héroïques que l’Histoire, souvent ingrate, a laissés s’enfoncer dans l’oubli. Et puis l’agonie de l’Algérie française, le sang des jeunes soldats versé sur des terres qui se dérobaient, les cris des innocents emportés dans la tourmente… et, à la fin, l’exode d’un peuple déraciné arraché à lui-même.


Depuis, nous sommes ivres, non de gloire, mais de défaites accumulées, de reculs successifs, d’abandons en cascade. Nos mémoires débordent d’humiliations. Nous avons tout laissé tomber : nos certitudes, nos repères, nos héritages. Voici la France qui trahit, qui renie, qui abdique, qui se livre elle-même en pâture. La France qui renonce à ses fondements, à sa mémoire, à ses valeurs spirituelles ; la France qui se déchire de sa propre main.


Alors nous avons choisi la voie la plus terrible : pour ne plus souffrir, nous avons fermé notre cœur. Pour ne plus pleurer les soldats sacrifiés par des dirigeants dévoyés, pour ne plus pleurer les innocents fauchés sous la mitraille d’un terrorisme aveugle, pour ne plus hurler d’impuissance devant une violence devenue routine, nous avons bâti autour de nous une citadelle de pierre. Nous avons trop tremblé, trop espéré, trop baissé les yeux devant les vainqueurs d’hier, pour accepter encore de nous courber devant ceux de demain. Nous ne voulons plus revivre les affres de la trahison, du fanatisme, ni la menace sourde d’une guerre civile qui rôde comme un loup affamé aux portes de la cité.


Car nous le voyons maintenant avec la crudité d’un jour sans soleil : les idées généreuses se muent en mirages mortifères ; la confiance placée en nos élus n’est qu’une offrande piétinée ; la loi du plus fort règne, nue et cynique. Le temps des imposteurs est revenu, vêtu de mensonges et de vanités : promesses qui s’évaporent dès qu’elles sont prononcées, discours qui se contredisent, reniements incessants, manœuvres sordides. Dans les plis de l’écharpe tricolore se blottissent désormais l’ambition aveugle, la vanité creuse, l’orgueil démesuré, l’appétit de profit, et parfois la simple bêtise. Les scandales éclatent comme des feux grégeois, les fripouilleries pullulent à tous les étages du pouvoir.


Nous parle-t-on encore de Patrie ? Ose-t-on seulement enseigner à nos enfants ce que ce mot sacré signifie ? Savent-ils, ces écoliers distraits, le premier couplet de La Marseillaise ? Qu’est-ce donc que la Patrie ? Répondez-nous, Messieurs ! Est-ce une histoire ? Mais vous en effacez les fondations mêmes : vous rejetez ses pages essentielles, et les livres placés entre les mains de nos étudiants ne sont trop souvent qu’un tissu de contre-vérités. Le sombre verdict de Joseph de Maistre résonne alors comme un glas : « L’Histoire, depuis trois cents ans, n’est qu’une conspiration contre la vérité. »


    Quel idéal, dites-nous, êtes-vous capables d’offrir à cette jeunesse que l’on voit défiler, embrigadée, parfois dupée, brandissant les étendards d’organisations terroristes dont elle ignore la complexité tragique ?


    Et vous, gouvernants d’hier et d’aujourd’hui —Giscard d’Estaing, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron— à force de cultiver les slogans de diversité, d’inclusion et de « vivre ensemble », qu’avez-vous fait de cette France que nous vous avions confiée ? Vous vous êtes comportés, trop souvent, comme des gestionnaires d’apparences, des acteurs de scène plus que des chefs d’État. Sous vos mandats successifs, le laxisme judiciaire s’est installé, les portes d’une immigration mal maîtrisée se sont ouvertes, et nos villes se sont transformées : des quartiers jadis paisibles sont devenus des zones où la loi vacille, où des puissances informelles imposent leur domination, où résonnent des colères et des solidarités dont les symboles nous déchirent.


    Vous nous avez tout pris : la volonté, la fierté, l’espérance, le civisme, le courage, la patience… Il ne reste en nous qu’une lassitude immense, un découragement sans fond. Dès lors, comment aimer encore la chair de notre pays ? Comment préserver l’amour de son âme ? Nous ne voulons pas mourir pour des idées que l’on dicte depuis les couloirs ministériels, pour des visions qui nous semblent sans horizon. Mourir pour la France ? Quand nous savons que notre sacrifice serait vain ?


    Année après année, soutenus par des médias complaisants, vous avez forgé le mythe d’une culpabilité nationale perpétuelle : colonisation, repentance, autoflagellation… Oubliant l’avertissement de Péguy : « Il y a des contritions plus sales que les péchés. »


    Vous avez façonné une France qui se condamne elle-même, qui se dit honteuse de son passé, de ses luttes, de ses conquêtes, de son histoire entière. Elle n’ose plus affirmer ce qui fit sa force ; elle détourne les yeux de sa tradition spirituelle. Chateaubriand l’avait prédit dans une phrase terrible : « Déchristianisez la France, vous aurez l’Islam ! » Et voilà que nous y sommes : non parce que les peuples se rencontrent —cela, l’Histoire l’a toujours permis— mais parce que la France a déserté ce qu’elle était, offrant le vide en héritage.
    La laïcité, jadis colonne d’unité, est devenue une neutralité molle, poreuse, soumise aux contorsions des « ni-ni », des « en même temps » et des « pas de vague ». La France n’est plus qu’une étoile mourante, dont le foyer s’est lentement éteint. Ce qui brille encore dans le ciel n’est plus que le reflet d’une lumière depuis longtemps disparue. Le philosophe Pierre Manent, dans un constat d’une brutalité limpide, l’a formulé ainsi : « La France n’a pas été vaincue, elle s’est rendue. »


    Et nous souffrons de la voir ainsi : méconnaissable, fragmentée, livrée à des tensions religieuses, politique et sociales qui la rongent de toutes parts ; sans mémoire, sans repères, asphyxiée par ses propres contradictions ; agitée d’émeutes, de violences, de colères qui grondent comme les secousses d’un monde à l’agonie. Oui… ma France… Toi que nous avons tant aimée… Qui te sauvera ?

*
Quand un média algérien évoque, 64 ans après, le drame des Français disparus durant la guerre d’Algérie… Enfin !

Disparus d'Algérie : quand l'État français choisit ses mémoires
 

José CASTANO

7 juin 2026

LES DISPARUS D'ALGÉRIE : LE SILENCE DEVANT LE MUR

Transmis par José Castano

Seules les victimes auraient éventuellement le droit de pardonner. Si elles sont mortes, ou disparues de quelque façon, il n'y a pas de pardon possible” (Jacques Derrida)

    Le 8 mai 2026, Madame Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées et aux Anciens combattants, se rendait à Sétif pour participer aux commémorations organisées par les autorités algériennes autour des événements du 8 mai 1945. Lors de cette visite officielle, l’accent fut mis sur la répression exercée par l’armée française. En revanche, aucune évocation ne fut faite des victimes européennes tombées dans les violences qui précédèrent ces événements, ni de la souffrance des familles frappées par cette tragédie. Pas un mot pour cette autre mémoire, pourtant elle aussi inscrite dans l'histoire tragique de l'Algérie française.
Dès lors, une question demeure : pourquoi certaines mémoires bénéficient-elles de la reconnaissance officielle de la Nation quand d’autres semblent encore condamnées à l’ombre et à l’oubli ?
    Trois semaines plus tard, le 29 mai, la ministre était présente dans les Pyrénées-Orientales pour inaugurer notamment le musée du Mémorial de Rivesaltes. À cette occasion, Louis Aliot, maire de Perpignan, et Suzy Simon-Nicaise, présidente du Cercle algérianiste, exprimèrent le souhait qu’elle profite également de son déplacement pour se recueillir devant le Mur des Disparus, érigé à Perpignan en mémoire des milliers de civils disparus en Algérie dont les familles n’ont jamais retrouvé la trace.
    Ce geste n'aurait rien eu d'un acte politique. Il aurait simplement constitué un hommage de compassion et de respect envers des victimes qui n’ont jamais retrouvé ni sépulture ni justice, et envers des familles condamnées depuis plus de soixante ans à vivre dans l'attente, l'incertitude et l'absence.
Car les morts ont leurs tombes… Les disparus, eux, n'ont que les larmes de ceux qui les cherchent encore.
Ce vœu ne fut cependant pas exaucé. Une fois encore, le Mur des Disparus demeura seul face au silence.
Et pourtant, derrière chacune des pierres qui le composent, derrière chacun des noms qui y sont gravés, il y a un visage, une famille, une vie brisée. Il y a surtout une tragédie humaine dont l'Histoire n'a jamais totalement rendu compte et dont la mémoire semble encore embarrasser les consciences officielles.
    C'est à ces oubliés de l'Histoire, à ces hommes, à ces femmes et à ces enfants disparus dans le chaos des derniers mois de l'Algérie française, à leurs familles qui attendent toujours des réponses, que cet article est consacré.


LES DISPARUS D'ALGÉRIE : LES OUBLIÉS DE L’HISTOIRE

 

    Il y a plus de soixante ans, l'une des plus grandes tragédies de l'histoire française contemporaine sombrait dans le silence.
    Lorsque s'acheva la guerre d'Algérie, des milliers de familles basculèrent dans une nuit dont elles ne sont jamais réellement sorties. Des hommes, des femmes, parfois de très jeunes gens, furent enlevés, engloutis par le chaos des derniers mois de la présence française. Ils disparurent sans laisser de trace, emportant avec eux leurs visages, leurs voix et leurs destins.


    Derrière eux ne restèrent que des parents hagards, des épouses sans réponses, des enfants condamnés à grandir dans l'attente.
Car il existe une souffrance plus déchirante encore que la mort : celle de ne jamais savoir… Ne jamais connaître la vérité… Ne jamais pouvoir se recueillir sur une tombe… Ne jamais pouvoir refermer le livre d'une existence.
Le drame des disparus d'Algérie est d'abord celui-là.


    Au lendemain des accords d'Évian du 18 mars 1962, alors que la paix était officiellement proclamée, une autre tragédie commençait. Les enlèvements se multiplièrent. Dans les villes comme dans les campagnes, des Européens furent arrêtés, emmenés, parfois sous les yeux de leurs proches, puis engloutis dans un univers dont ils ne revinrent jamais.


À mesure que les semaines passaient, les familles s'adressaient aux autorités civiles, aux responsables militaires, aux élus, aux organisations humanitaires, au clergé... Elles écrivaient, suppliaient, imploraient. Elles voulaient savoir.
Où étaient-ils ?… Étaient-ils vivants ?… Pouvait-on encore les sauver ? À ces questions, elles ne recevaient que le silence… Un silence administratif… Un silence politique… Un silence qui allait durer des décennies.


Pourtant, de nombreux témoignages et diverses déclarations publiques allaient alimenter l'espoir que certains disparus étaient encore détenus plusieurs années après les événements. Des informations faisaient état de captifs maintenus dans des camps ou des lieux de détention isolés. Souvent prouvées, ces révélations eurent un effet terrible sur les familles : elles ravivaient sans cesse une espérance qu'aucune certitude ne venait confirmer ni démentir.


Ainsi commença pour des milliers de proches une interminable attente… Une attente qui dura des années… Puis des décennies. La guerre était terminée pour le monde. Elle ne l'était pas pour eux.


    Que de cris ont dû déchirer les nuits algériennes !… Que d’appels au secours ont dû monter de ces camps oubliés, de ces prisons sans nom, de ces lieux d’effroi où des hommes, des femmes, des enfants, attendaient encore qu’une main se tende vers eux, qu’un drapeau se souvienne d’eux, qu’une patrie prononce enfin leur nom.


Combien de regards se sont tournés vers l’horizon, vers cette mer qui séparait leur supplice de la France ? Combien ont attendu jusqu’à leur dernier souffle l’arrivée d’un secours qui ne vint jamais ?


Pendant des années, un silence immense recouvrit leur détresse. Un silence plus cruel encore que les chaînes. Un silence plus lourd encore que les murs. Un silence capable d’effacer les visages, d’effacer les noms, d’effacer jusqu’au souvenir même de ceux qui avaient disparu.


Et pourtant, ils étaient là. Ils respiraient encore. Ils souffraient encore. Ils espéraient encore. Ils vivaient dans l’attente obstinée d’un miracle.
Dans l’obscurité de leurs cellules, derrière les barbelés, au fond de camps perdus dans l’immensité du désert, ils regardaient passer les saisons. Les années s’écoulaient lentement, interminablement. Les plus faibles tombaient. Les autres continuaient d’attendre...
Attendre une visite de la Croix Rouge… Attendre un signe… Attendre la France.


Et tandis que leurs familles vieillissaient dans l’angoisse, tandis que des mères consumaient leur existence à guetter un retour impossible, tandis que des épouses demeuraient suspendues entre l’espoir et le deuil, eux continuaient de lutter contre l’oubli.
Car la pire des morts n’est peut-être pas celle qui arrête le cœur. La pire est celle qui efface jusqu’à la mémoire. La pire est celle qui transforme un être aimé en absence. La pire est celle qui condamne une mère à ne jamais savoir où repose son enfant.


Que sont devenus ces disparus ?… Où ont-ils rendu leur dernier souffle ?… Qui a fermé leurs yeux ?… Qui a entendu leurs dernières paroles ?… Qui a recueilli leur ultime pensée pour ceux qu’ils aimaient ?


Autant de questions demeurées sans réponse. Autant de blessures que le temps n’a jamais refermées. Car il existe des douleurs qui survivent aux générations. Des douleurs qui traversent les décennies comme un feu souterrain. Des douleurs qui ne demandent ni vengeance ni haine, mais seulement la vérité… Seulement la justice de la mémoire… Seulement le droit de savoir.


    Aujourd’hui encore, leurs familles portent ce fardeau. Aujourd’hui encore, des noms gravés sur la pierre attendent que l’Histoire leur rende ce que l’oubli leur a volé. Aujourd’hui encore, des enfants devenus vieux continuent de chercher un père qui n’est jamais revenu. Et lorsque le soir descend sur le Mur des Disparus, lorsque les visiteurs s’éloignent et que le silence reprend possession des lieux, il semble parfois que ces noms murmurent encore.
Ils ne réclament ni gloire ni honneurs… Ils demandent simplement qu’on se souvienne… Qu’on se souvienne qu’ils ont vécu… Qu’ils ont aimé… Qu’ils ont espéré… Qu’ils ont attendu… Et qu’ils ont disparu.


Alors, tant qu’un seul de leurs noms sera prononcé, tant qu’une seule fleur sera déposée devant leur mémoire, tant qu’un seul cœur continuera de battre au souvenir de leur destin, ils ne seront pas tout à fait morts. Car l’oubli est la seconde tombe. Et la mémoire est la dernière patrie des disparus.


C’est là qu’ils demeurent désormais. Dans les larmes de leurs enfants. Dans la fidélité de leurs proches. Dans le recueillement de ceux qui refusent d’effacer leur histoire.


Et peut-être aussi, dans cette part secrète de l’âme humaine où vivent éternellement ceux que l’on a perdus, mais que l’on n’a jamais cessé d’aimer.

José CASTANO

10 mai 2026

ORAN, MAI 1962 : LE CORTÈGE DES ENFANTS BRISÉS

Transmis par José Castano

 

            (Une tragédie au cœur des derniers jours de l’Algérie française)

 

            « Des mots qui pleurent et des larmes qui parlent » (Abraham Cowley)

 

          Qu’elle était trompeuse, presque insolente de pureté, l’aurore de ce dernier dimanche de mai 1962 à Oran… Le ciel, d’un blanc irréel, semblait tendu comme un linceul de gaze sur une ville déjà condamnée. Une poussière d’or flottait dans l’air, fine et silencieuse, comme si la lumière elle-même hésitait à se poser sur tant de misère. Telle une plume blanche, un nuage solitaire se courbait au-dessus de la ville, cette ville, hier si gaie, si propre, si belle qui, aujourd’hui, avait le visage gris des malades incurables, des cancéreux à quelques jours de leur mort.


            Avec le mois de Mai étaient revenus les cortèges immaculés des premiers communiants, et dans cette époque de violence et de haine, il n’y avait rien de plus émouvant que ces enfants graves et recueillis, rayonnants de foi et vêtus de la blancheur des lys.


            Parmi eux, se trouvait Frédérique Dubiton, amputée d’une jambe et qu’on portait dans le cortège des communiantes. Elle avait été l’une des premières victimes du « boucher d’Oran », le général Katz, commandant le secteur autonome d’Oran qui avait donné la consigne à ses troupes essentiellement constituées de « gens sûrs » — en l’occurrence de gendarmes mobiles — « de tirer à vue sur tout Européen qui aurait l’audace de paraître sur une terrasse ou un balcon lors d’un bouclage ». (1)


    Que dire de ceux qui ont permis cela ? Que dire de ces mains qui ont armé, de ces voix qui ont commandé, de ces regards qui ont détourné les yeux ? Il faut les nommer pour ce qu’ils sont : non pas des hommes, mais les artisans d’une cruauté sans visage, des exécutants dociles d’une violence qui dévore tout, jusqu’à l’enfance elle-même. Tirer sur des balcons, cribler des murs, faucher des vies sans défense… quelle lâcheté plus abyssale ? Quelle déchéance plus totale ?


      Les premières victimes du « boucher d’Oran » furent deux adolescentes de 14 et 16 ans : Mlles Dominiguetti et Monique Echtiron qui étendaient du linge sur leur balcon. Elles furent tuées par les gendarmes. Les projectiles d’une mitrailleuse lourde de 12/7 traversèrent la façade et fauchèrent dans leur appartement, Mme Amoignan née Dubiton, dont le père était déjà tombé sous les balles d’un terroriste du FLN, ainsi que sa petite fille, Sophie, âgée de deux ans et demi et sa sœur, Frédérique, âgée de treize ans qui, atteinte à la jambe, eut le nerf sciatique arraché et dut être amputée…


    Une mère atteinte. Une enfant de deux ans et demi arrachée au monde avant même d’en comprendre la douleur. Et Frédérique, treize ans… treize ans ! Frappée, mutilée, condamnée à porter dans sa chair la signature infâme de cette cruauté.


La violence des hommes s’était abattue sur ces corps d’enfant. Déjà, l’inhumanité avait laissé sa marque indélébile. Une jambe arrachée à la vie, à la course, à l’insouciance, amputée, comme on retranche sans remords ce qui gêne. Elle, petite fille, avait été livrée à la mécanique froide des ordres aveugles et des consciences mortes.
Et cette question, lancinante, insoutenable : Comment ceux qui ont fait cela peuvent-ils encore se dire hommes ?


Et malgré tout — malgré l’indicible — on voulut lui laisser sa robe blanche car, la lui refuser cela aurait été ajouter une cruauté de plus à l’horreur. Elle n’aurait pas compris, elle, petite victime innocente, quelle nouvelle punition on lui imposait après tant de souffrances imméritées.


    Alors, toute parée, superbe dans ces blancheurs d’étoffe qui l’entouraient comme d’un rayonnement de candeur, Frédérique, se sentait enveloppée d’amour, réchauffée par les sourires lumineux des badauds qui lui témoignaient leur tendresse et l’astre radieux, semblait une pluie d’or qui ruisselait de ses mains fines.


    Mais l’innocence elle-même était cernée…


         Des hommes armés encadraient ces enfants parce que leur quartier était bouclé par suite d’une perquisition générale. On n’avait pas le droit d’en sortir, sinon avec ces charmants messieurs. Des regards soupçonneux posés sur des visages encore vierges de toute faute. Quelle image plus monstrueuse ? Quelle absurdité plus révoltante ? Ces petites filles parées de blanc, se rendant vers l’aumônerie du lycée, ridiculisaient par leur innocence la faconde de ces matamores qui les accompagnaient d’un air soupçonneux. Pensez donc, si elles allaient emporter sous leurs voiles les tracts et les armes de l’OAS ! Et pendant que ces enfants avançaient, dociles, silencieux, c’est toute une humanité qui reculait.


    On massa les communiants, place de la Bastille, avec les mitrailleuses braquées sur eux. Et le chanoine, sur le devant de son église, les bénits en disant :


« Aujourd’hui, pour venir ici vous avez dû franchir les armées ; vous avez franchi les armées de Satan ! Ne l’oubliez jamais ! Que cela vous reste comme le symbole, l’exemple de ce que vous devrez toujours être prêts à faire : franchir les armées du démon pour venir à la maison de Dieu. »


    Après cette déclaration, le chanoine fut arrêté…


    Comme on a raison de cacher aux enfants la vue des laideurs humaines. Le triomphe de la force, la victoire de l’injustice, sont des secousses trop violentes pour eux. Ils doivent croire longtemps que Dieu intervient en faveur des belles causes, que le Mal ne peut prévaloir contre l’amour et le sacrifice. Quand l’âme a pris ce pli de foi dans l’enfance, rien après ne l’efface plus. Ces petits êtres vêtus de blanc, ont été dépouillés trop jeunes de leur tunique d’illusions. Ils ont vu que leurs prières d’enfants purs ne touchaient pas le ciel, que la tendresse de leurs parents ne pouvait pas les protéger contre les abus de la force, qu’une balle bien dirigée ou qu’un couteau trop vif valait plus que cent cœurs vaillants… et de ce jour, ils sont restés tristes de cette certitude.


         Ah… lorsque viendra pour nous le sommeil sans rêve, puisse-t-il au moins nous épargner le souvenir de ces jours où l’humanité, en pleine lumière, a choisi de se renier elle-même.

 


    José CASTANO

 

 

            (1) KATZ… CRIMINEL DE GUERRE

 

            « Si j’avais le pouvoir d’oublier, j’oublierais. Toute mémoire est chargée de chagrins et de troubles » (Ch. Dickens)
                        

             
                Cette photo représente la petite Frédérique DUBITON le jour de sa communion. (Parue dans l’hebdomadaire « CARREFOUR » du 16 Mai 1962.)
            Pour preuve de la désinformation qui sévissait alors en Métropole et du lynchage médiatique que subissait perpétuellement l’OAS, certains journaux, à l’instar de « L’Humanité », « La Marseillaise du Languedoc », journaux communistes et de « L’Indépendant » de Perpignan, avaient publié cette photo accompagnée de la légende suivante : « Chaque jour des hommes, des femmes, des enfants sont tués ou blessés par les criminels de l’OAS en Algérie… Personne n’est à l’abri de leurs mauvais coups. Pitoyable témoignage. Cette petite communiante sortant d’une église d’Oran a dû être amputée d’une jambe à la suite d’un plasticage de l’OAS. (sic) »
    Ainsi se construit une désinformation : non pas seulement par ce qui est dit, mais par ce qui est tu… Une enfant blessée devenait un argument. Sa chair servait de preuve. Son histoire, d’alibi. Ces « plumes vertueuses » n’informaient pas : elles accusaient en détournant une image authentique pour désigner d’autres coupables. Alors, jour après jour, ligne après ligne, une autre réalité s’installait en Algérie : la falsification ! Et dans cette construction machiavélique, ce qui dérangeait disparaissait, ce qui contredisait était tu. La vérité était altérée par des récits tendancieux à l’excès et par omission systématique de tout ce qui convenait le mieux de mettre en lumière, tout cela afin de convaincre l’opinion publique que l’Algérie française était une chimère entretenue par une minorité d’exaltés.
    Et pendant ce temps, le FLN, soutenue par cette « intelligentsia » progressiste, perpétrait impunément dans l’indifférence générale ses horribles forfaits…

José CASTANO

30 avril 2026

KATZ… CRIMINEL DE GUERRE

Transmis par José Castano

« Et ton nom paraîtra dans la race future, aux plus cruels tyrans, une cruelle injure ! » (Racine)

    En ce début d’année 1962, l’OAS était arrivée à l’apogée de sa puissance et le slogan « l’OAS frappe où elle veut, quand elle veut », n’avait jamais été aussi vrai. A Oran, elle était maîtresse de la ville. A sa tête figurait des noms prestigieux comblés de gloire et d’honneurs qui entretenaient un climat de confiance malgré le tragique de la situation…
    Le gouvernement gaulliste ne pouvant admettre pareille humiliation, avait nommé à la tête du secteur autonome d’Oran, afin de réduire cette « OAS narguante » -et pour le malheur des Oranais- le 19 février 1962, le général Joseph Katz en remplacement du général Fritsch qui refusait de pratiquer sur les membres de l’OAS cette besogne de basse police qu’était la torture. La mission de Katz : « Mettre au pas la ville sous contrôle de l’OAS ». Celle-ci était alors dirigée par les généraux Jouhaud et Gardy, le colonel Dufour, le commandant Camelin, le lieutenant de vaisseau Pierre Guillaume, Charles Micheletti et Tassou Georgopoulos.
    En bon exécutant, Katz, s'apprêtait à écraser ceux qui refusaient d'obéir aux ordres de l'Élysée et ceux qui persistaient à crier « Algérie française ! », maxime désormais classée comme « cri séditieux », ajoutant aux vertus de l'obéissance passive, une haine que même le règlement de la gendarmerie ne prescrivait pas. Car Katz n'était pas un soldat comme les autres. C'était une sorte de prolétaire patrouillant avec délice dans la hiérarchie militaire, un ancien gardien de vaches bousculant les usages et les convenances. Carré d'épaules, rond de ventre, aussi peu distingué que son complice d’Alger, Debrosse, outre celle de leur cruauté, on leur prêtait une certaine ressemblance : même corpulence massive, même front de taureau, même manie de traiter tout le monde de « con » ou de « bon à rien », même dénuement de préjugés.
Katz était un militaire républicain que De Gaulle avait cueilli à Bordeaux pour l'envoyer mater la « racaille d'Oran ». Son sentiment à l'égard des Pieds Noirs était celui-ci : « Un ramassis de descendants de déportés de droit commun, de négriers qui veulent conserver leurs privilèges. ». Cet homme, arrêté en mai 1958 pour avoir soutenu Pflimin, c'est-à-dire la République pure et dure, avait obéi parce qu'en 1962, la République, c'était De Gaulle... et l'assurance d'une foudroyante promotion. Encore un spécialiste du « retour de veste ».
    Alors qu'à Alger, depuis la sanglante affaire des Barricades, on avait surnommé Debrosse : « Le sanguinaire », très vite, aux yeux des Oranais, Katz allait devenir « Le boucher ». Pour briser toute résistance, la première consigne qu'il donna à sa troupe essentiellement constituée de « gens sûrs », en l'occurrence les Gendarmes Mobiles, dits « les rouges » fut celle de tirer à vue sur tout Européen qui aurait l'audace de paraître sur une terrasse ou un balcon lors d'un bouclage. « Le feu - précisa-t-il - sera ouvert sans sommation sur les contrevenants à partir du 23 avril. De même, le feu sera ouvert, par tous les moyens y compris l'aviation, sur les éléments OAS circulant en ville. ». C'était ratifier une pratique que les « gendarmes rouges » utilisaient déjà depuis un mois...
    Les premières victimes du « boucher d’Oran » furent deux adolescentes de 14 et 16 ans : Mlles Dominiguetti et Monique Echtiron qui étendaient du linge sur leur balcon. Elles furent tuées par les gendarmes. Les projectiles d’une mitrailleuse lourde de 12/7 traversèrent la façade et fauchèrent dans leur appartement, Mme Amoignan née Dubiton, dont le père était déjà tombé sous les balles d’un terroriste du FLN, ainsi que sa petite fille, Sophie, âgée de deux ans et demi et sa sœur, Frédérique, âgée de treize ans qui, atteinte à la jambe, eut le nerf sciatique arraché et dut être amputée. « Il est beau qu’un soldat désobéisse à des ordres criminels » ; à l’évidence, ces soldats par trop zélés n’avaient pas lu Anatole France…
    Toutefois, tirer à vue sur tout ce qui bougeait ne semblait pas briser la résistance oranaise. Alors, « en désespoir de cause », Katz demanda à son officier de liaison Air, le colonel Grégoire, d'étudier les possibilités d'armement des bombardiers B.26 avec des roquettes et des bombes de 260 livres. Le général Hautière, commandant de l'aviation en Oranie, protesta avec vigueur bien que ses sentiments anti-O.A.S. ne fussent pas douteux. Bombarder une ville de quatre cent mille âmes avec un tel armement, cela relevait de la monstruosité, du machiavélisme le plus immoral, ou tout simplement... de la folie. Cependant Katz insista tant et si bien qu'à titre expérimental une mission fut toutefois déclenchée. Lorsque l'aviation se trouva au-dessus de l'agglomération, ordre lui fut donné de ne tirer qu'à la mitrailleuse et de larguer ses bombes au-delà de l’objectif, dans la mer. Le vacarme fut tel que le « brave général » en aurait, paraît-il, pâli !...
    Cette lutte « impitoyable et par tous les moyens », selon l'ordre donné par de Gaulle, faisait partie d'un plan mûrement concerté : IL FALLAIT ABATTRE L'ALGERIE FRANÇAISE ; il fallait aussi montrer aux masses musulmanes, longtemps hésitantes, qu'elles devaient maintenant et définitivement, opter pour le FLN dont la France était désormais l'alliée, luttant, avec ce mouvement terroriste, contre l'ennemi commun : LE FRANÇAIS D'ALGERIE ! Et cette alliance n’avait aucune limite, ne souffrait d’aucun scrupule dès lors qu’elle permettrait de venir à bout de l’OAS… Pour preuve : au mois de mai 1962, la gendarmerie « blanche » arrêta un assassin de la pire espèce, Slémani Slimane, qui reconnut avoir torturé et tué vingt-sept Européens. Il fut inculpé. Katz le fit libérer et rapportera que ce dernier « lui rendra de grands services dans les jours les plus agités ».
S'adressant à un membre de l'Exécutif Provisoire, Katz eut ces mots terribles : « Donnez-moi un bataillon de l’A.L.N. et je réduirai l’O.A.S. à Oran ». Ces propos, monstrueux et inqualifiables de la part d'un officier français firent l'objet d'une question à l'assemblée Nationale (J.O. du 8 mai 1962 - page 977).
    Ce « bataillon de l’ALN », Katz allait néanmoins se le procurer –avec l’assentiment discret de l’Elysée- en procédant au recrutement de la plus immonde espèce d’assassins qui eut été donné de voir…
    Ce renfort était constitué par les « martiens », ces révolutionnaires du mois de mars, qui, le cessez-le-feu prononcé, venaient sans danger rejoindre les rebelles. Ils étaient les combattants de la dernière heure, impatients de fêter dans le sang leur baptême de « libérateurs » et de se parer d’états de service de pillages et de tueries à faire pâlir le plus chevronné des assassins. Leur unique but était de se faire prévaloir et surtout de faire oublier qu’ils s’étaient abstenus de combattre durant sept années, attendant de connaître l’issue des armes pour se ranger du côté du vainqueur. De ce fait, ils étaient devenus les plus sanguinaires : exactions, tortures, viols, massacres d’Européens et de harkis se multipliaient, mais on n’en parlait pas. Leurs bandes anarchiques allaient être à l’origine du pogrom anti européen du 5 juillet 1962…
    Au hasard des rafles qui avaient lieu, le jour dans les rues, la nuit dans les maisons, les Européens étaient entassés dans des camions de C.R.S. ou de Gardes mobiles et promenés, enchaînés, dans les quartiers arabes pour y exciter la foule et montrer comment la France traitait ses ennemis. Pareille épreuve fut même infligée à l'Inspecteur Général des Ponts et Chaussées, venu à Oran pour le fameux plan de Constantine !
La fraternisation entre Gardes Mobiles et FLN était sans retenue : le soir, les premiers étaient généreusement pourvus en prostituées envoyées par les seconds. On ne peut, dès lors, s'étonner de l'attitude passive qui fut celle de Katz et de ses gendarmes lors de la tuerie du 5 juillet à Oran… Sur ce point, rappelons cette anecdote impliquant un officier français d’origine algérienne, le lieutenant Rabah Kheliff qui commandait la 4e compagnie du 30e BCP (30e Bataillon de Chasseurs Portés). Le 5 juillet 1962, celui-ci, apprenant que des civils européens étaient regroupés en divers points de la ville d’Oran, dans l’attente d’être exécutés, il décida de passer outre les ordres de Katz de ne pas intervenir et de se porter à leur secours. Il prévint par téléphone son colonel, qui répondit : « Faites selon votre conscience, quant à moi je ne vous ai rien dit ».
À la tête de la moitié de sa compagnie, le lieutenant Kheliff gagna un des points de regroupement, devant la préfecture. Il racontera : « Il y avait là une section de l’ALN, des camions de l’ALN et des colonnes de femmes, d’enfants et de vieillards dont je ne voyais pas le bout. Plusieurs centaines, en colonnes par trois ou quatre, qui attendaient là avant de se faire zigouiller  (sic) ». Le lieutenant Kheliff exigea et obtint du préfet, Souiyah El Houari, leur libération. S’étant quelque peu éloigné de son détachement, il fut lui-même pris à partie et blessé par des civils algériens, puis dégagé par ses hommes, à qui il interdit d’ouvrir le feu. Après quoi, il établit des patrouilles sur les axes routiers menant à l’aérodrome et au port pour « arracher littéralement » des malheureux des mains de leurs agresseurs.
    A la suite de cet acte héroïque, il fut mis aux arrêts de rigueur, et convoqué par Katz qui lui adressa ces mots terribles : « Si vous n'étiez pas arabe, je vous casserais ! ».
    La « victoire » acquise, l’indépendance accordée à ses alliés, KATZ quitta Oran pour la Métropole le 13 août 1962, après avoir fait l’objet, le 4 août, d’une citation à l’ordre de l’armée comportant l’attribution de la Croix de la Valeur Militaire avec palme pour, entre autres, « avoir su rétablir et préserver avec force et dignité l’autorité légale et l’ordre public »... décoration qui lui sera remise par le Ministre des armées, Pierre Messmer. Une nouvelle étoile vint également rappeler ses « bons et loyaux services ». De Gaulle savait payer ses séides !…
    Nommé fin 63 à la tête de la 4ème Région Militaire (Bordeaux), il quitta le service armé début 1968 avec le grade de général d’armée (5 étoiles).
    En 1978, ayant gagné une retraite « bien méritée », il briguera un mandat parlementaire. Quel groupe pouvait lui accorder son investiture ? Le parti gaulliste, l'U.D.R, évidemment. Dans l'Allier où il se présenta, il subit un cuisant échec. Les Pieds Noirs installés dans le Bourbonnais se rappelèrent à son souvenir et eurent la gentillesse de lui offrir, à Gannat, un drapeau tricolore sur lequel était inscrit en lettres de sang :
« A KATZ BOURREAU D’ORAN »
    D'autres affronts lui seront octroyés et, entre autres, celui-ci : Katz assistait à une messe officielle à Saint Jean de Luz (64). A la sortie, une jeune fille, métropolitaine de surcroît, réussit à lui parler :
« Général, je viens de communier et de prier pour vous ». Katz, interloqué, la remercia toutefois et lui demanda les raisons de sa touchante attention : « J'ai prié pour que le Seigneur vous pardonne tous vos méfaits... » Dès le lendemain, la Sécurité Militaire enquêtait pour identifier la jeune insolente...
Une plainte pour « complicité de crime contre l’humanité  et obéissance à des ordres criminels » fut déposée le 16 octobre 1999 entre les mains du doyen des juges du Palais de Justice de Paris au nom de 47 familles des victimes du massacre du 5 juillet à Oran ainsi que du Comité VERITAS. Cette plainte fut déclarée irrecevable mais suivie d’une décision par le juge de non informer. Un appel de cette décision n’aura pas de suite en raison du décès du « Boucher d’Oran » intervenu le mardi 6 mars 2001 à Amélie-les-Bains (66). Rejeté par ses pairs, il finira ses jours, seul, et sa famille choisira de l’inhumer au cimetière de ROSAS, en Espagne.
« Rien d’humain ne battait sous son épaisse armure » (Lamartine)
José CASTANO

LA PHOTO DE LA HONTE !

Gendarmes mobiles (« les rouges ») arborant le drapeau du FLN en signe de « victoire ». La honte ne se raconte pas, elle s’encaisse !

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Katz assassin

14 avril 2026

LA RÉCONCILIATION DES MÉMOIRES

 

Transmis par José Castano

 

« En renonçant à se présenter comme la seule vraie religion, la religion catholique rend inaudible son propre message et se fait la servante de l’islam » (Abbé Guy Pagés)

 

    Le pape Léon XIV a inauguré sa visite en Algérie par un geste d’une portée hautement symbolique en se recueillant, le 14 avril, au « monument aux Martyrs », à Alger, appelant avec gravité à une « réconciliation des mémoires ». Après avoir déposé une gerbe de fleurs, il a prononcé des mots pesés, presque solennels : « la paix n’est possible que par le pardon », saluant « le courage du peuple algérien », exhortant chacun à ne pas transmettre aux générations futures le fardeau du ressentiment.

 

    Ce message, accueilli par les autorités algériennes comme un moment historique, n’a pourtant pas trouvé partout le même écho. Car derrière l’appel à l’apaisement, certaines mémoires, elles, sont restées dans l’ombre. En France, de nombreuses voix se sont élevées, non pour contester la paix, mais pour dénoncer les silences qui l’accompagnent, ces silences lourds, pesants, sur certaines pages douloureuses de l’histoire de l’Algérie française.

 

    Les familles de religieux catholiques assassinés durant le conflit ont exprimé leur amertume : aucune reconnaissance explicite de leurs souffrances n’est venue apaiser leur deuil. Les familles de harkis, victimes par milliers de massacres et de persécutions au lendemain du cessez-le-feu, n’ont pas été évoquées davantage. Quant à la communauté des pieds-noirs, marquée à jamais par les attentats, les violences, les enlèvements et l’exode, elle semble avoir été reléguée aux marges du récit.

 

    La « réconciliation des mémoires »… Le mot résonne, mais il interroge. Car certains lieux, eux, continuent de crier dans le silence. Cette réconciliation aurait peut-être dû être proclamée ailleurs aussi, dans un lieu dont le nom seul glace encore les consciences : le « Petit Lac » d’Oran. Là, le 5 juillet 1962, lors du pogrom anti-français et antichrétien, des centaines d’Européens furent conduits après d’atroces tortures, puis jetés dans ses eaux sombres.

 

    Le « Petit Lac », à la périphérie d’Oran, en plein quartier arabe, n’était déjà plus un lieu ordinaire. Grande étendue d’eau salée, transformée en dépotoir clandestin, il était devenu un espace interdit, un territoire de crainte où aucun Européen n’osait s’aventurer depuis plus d’un an.

 

    Le 11 août 1962, l’Écho d’Oran annonçait à ses lecteurs la disparition prochaine de cette décharge : « Le gouvernement algérien a commencé son œuvre de salubrité. Cela représente quinze hectares d’immondices de cinq mètres de haut. L’odeur qui s’en échappait était devenue insoutenable. » Ainsi, sous le prétexte de purifier la terre, on ensevelissait aussi les traces. Car en comblant le « Petit Lac », ce ne sont pas seulement des déchets que l’on recouvrait, mais des corps sans sépulture, des cris étouffés, des vies brisées. Les tombes des torturés, des lynchés, des égorgés du 5 juillet 1962 furent murées à jamais, englouties sous des couches d’oubli. Et avec elles, la mémoire même de cet holocauste effacé du regard des hommes.

 

    C’est peut-être là, en ce lieu macabre, que le Saint-Père aurait dû s’incliner. Là où la terre elle-même porte encore le poids du silence. Là où la « réconciliation des mémoires » aurait pris toute sa vérité, toute sa douleur, toute sa nécessité.

 

    Par ailleurs, cette visite s’inscrit dans un contexte toujours sensible pour les minorités chrétiennes en Algérie, confrontées à l’hostilité des pouvoirs publics. Sur ce point aussi, le silence du pape a été perçu par certains comme un abandon, un silence de trop, venant s’ajouter à tant d’autres.

 

    Déjà, dans ses Pensées, Blaise Pascal dénonçait cette tentation du mutisme : « Le silence est la plus grande persécution. Jamais les saints ne se sont tus. » Ces mots, venus d’un autre siècle, semblent aujourd’hui encore vibrer d’une inquiétante actualité.

 

    Et maintenant, sur cette terre de saint Augustin, redevenue un instant chrétienne dans le souffle d’une visite, les clochers vacillent de nouveau. Lentement, inexorablement, les sables qu’apporte le vent de l’Histoire avancent, recouvrant pierres, mémoires et visages. Bientôt, ils enseveliront jusqu’au nom même du Christ, comme si le silence, une fois encore, avait eu le dernier mot.

 

José CASTANO

13 avril 2026

LE ROTURIER ET LA PRINCESSE

 

Transmis par José Castano

 

    Sous le ciel éclatant de Monaco, en mai 2025, Jordan Bardella suivait son père parmi les gradins du Grand Prix de Formule 1, inconscient qu’un instant unique allait bouleverser sa vie. Là, dans l’or des tribunes VIP, elle apparut : Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, princesse au sourire lumineux, au regard limpide, capable d’éclairer le moindre recoin d’un monde parfois trop rigide. Dans ce cadre somptueux, où les moteurs rugissaient et les drapeaux flottaient au vent, leurs yeux se croisèrent un instant — un simple frôlement de regards — et déjà, le temps semblait suspendre son vol.

 

    Ce premier contact, presque magique, fut immortalisé par un flash. Deux âmes que tout séparait, mais que le destin choisissait de rapprocher. Lui, issu du peuple mais guidé par l’audace et l’ambition, sentit son monde s’élargir sous la présence lumineuse de la princesse. Elle, élevée au milieu des fastes et des palais, ressentit une vibration nouvelle, celle d’une âme qui osait rêver plus loin que les murs dorés de son univers. Dans ce regard partagé, chacun sentit un monde nouveau s’ouvrir, un monde où les différences ne seraient plus obstacles mais mélodies complémentaires.

 

    Les rencontres suivantes furent subtiles, discrètes, tendres… Chaque sourire, chaque mot chuchoté, chaque frôlement de main tissait un langage secret, celui de deux cœurs qui osent rêver ensemble. Ils inventaient une France rêvée, où l’intelligence et la beauté guideraient les âmes, où la légèreté du cœur vaincrait l’ombre des conventions et où l’élan des rêves remplacerait la brutalité.

 

    Le 13 janvier 2026, lors du bicentenaire du Figaro, leurs silhouettes furent de nouveau capturées quittant le Grand Palais. La magie devenait évidence : une histoire d’amour entre deux mondes, politique et aristocratique, naissait au grand jour.

 

    Le 8 avril, dans Paris-Match, Jordan révéla au monde que ce conte, si fragile et pourtant si vrai, prenait enfin forme : ils s’aimaient, et rien ne pourrait altérer ce lien invisible mais inébranlable.

 

    Jordan et Maria Carolina, roturier et princesse, peuple et aristocratie, nous rappellent que parfois le réel s’incline devant la grâce d’un rêve partagé. Ils ont choisi de marcher côte à côte, les mains jointes et le cœur ouvert, offrant à ceux qui observent la promesse que le réel peut, parfois, se transformer en conte de fées. Et ainsi, dans l’éclat doux d’un amour naissant, résonne une vérité universelle : lorsque deux âmes se rencontrent, même les mondes les plus différents s’unissent pour créer un horizon où le rêve devient palpable et où chaque regard échangé contient déjà une éternité. Et dans ce souffle d’éternité, chacun peut entendre la vérité profonde : l’amour véritable transforme le quotidien en légende, et le hasard d’un regard peut devenir l’histoire d’une vie.

 

José CASTANO

10 avril 2026

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU « GROUPE PEUPLE PIED NOIR »

Transmis par José Castano

 

Assemblée des Représentants du PPN (Peuple Pied-Noir)

 

Communiqué de presse du 09/04/2026

 

 Le Pape Léon XIV en Algérie

 

Le mouvement Peuple Pied-Noir, qui milite depuis de nombreuses années pour la reconnaissance, les droits imprescriptibles, la place, la réparation des préjudices tant en Algérie qu'en France de cette entité constituée et oubliée, prend acte de la visite du Pape Léon XIV en Algérie du 13 au 15 avril.

 

Le Saint Père se rendra sur les traces des religieuses espagnoles de Bab-El-Oued, se recueillera au Mémorial des Martyrs et consacrera un hommage aux victimes de la «décennie noire».

 

Au nom du Peuple Pied-Noir, le Comité exécutif dénonce l'oubli caractérisé du Pape Léon XIV des 600 cimetières chrétiens abandonnés et saccagés, des églises désertées et dépouillées, des milliers de disparus jamais retrouvés, du pied-noir Monseigneur Pierre Claverie assassiné à Oran en 1996, des moines de Tibhirine massacrés et des chrétiens actuellement pourchassés.

 

Le Comité conclut : « Aucune réconciliation ne peut intervenir sans une reconnaissance réciproque des drames et des victimes ainsi que de toutes les composantes, d'hier et d'aujourd'hui, d’une même nation ».

 

Le Comité exécutif : Éric Wagner, Jean-Paul Gavino, Christian Schembré, Pierre Courbis

Contact Presse : 06 62 75 44 33

contact@peuplepiednoir.com

9 avril 2026

"PLEURE COMME UNE FEMME CE ROYAUME

que tu n’as pas su défendre comme un homme!"

Transmis par José Castano

« Le temps des mille ans s’achève. Voilà que sortent les nations qui sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des saints et la ville bien-aimée » (XXe chant de l’Apocalypse)

            Printemps 1491. Après sept siècles de luttes contre l’occupant Musulman, la « Reconquista » sous la conduite des rois catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, est sur le point d’aboutir. Le 26 avril commence le siège final de Grenade, seule province espagnole encore aux mains des Maures commandés par le Sultan Boabdil. Les réserves de nourriture s’épuisant et le moral de ses hommes étant au plus bas, Boadbil, comprenant que la fin était proche, négocia, dans le souci de conserver sa vie, celle de sa famille et de sa cour, les 1 et 2 janvier 1492 sa reddition qui prévoyait un départ en exil vers l’Afrique du Nord.

            Le 2 janvier au matin, les Espagnols avec à leur tête les Rois catholiques, entraient sans combattre dans Grenade. Aussitôt, la bannière de Castille et la Croix chrétienne furent hissées sur la forteresse de l’Alhambra, bijou architectural maure.

            Dans le même temps, arrivé avec sa troupe sur les hauteurs d’un col surplombant Grenade d’où l’Alhambra se dessinait majestueusement, Boadbil, dans un instant de dépressive mélancolie se mit à pleurer. Le surprenant en larmes, sa mère Aïcha El Horra, s’exclama sur un ton de reproches : « Llora como mujer lo que no supiste guardar y defender como un hombre ». (Pleure comme une femme ce que tu n’as pas su défendre comme un homme). Depuis lors, on appelle ce col « El Suspiro del Moro », « Le Soupir du Maure ». Ce moment historique est particulièrement bien relaté par Chateaubriand dans sa nouvelle « Les aventures du dernier Abencerage».

            Pourquoi cette anecdote historique ? Parce qu’elle préfigure parfaitement ce qui pourrait advenir de semblable, demain, des Nations européennes (particulièrement la France) si elles persistaient dans leur entreprise d’asservissement et d’autodestruction. Souvenons-nous à cet effet de cette prédiction que Larbi ben M’Hidi, redoutable terroriste du FLN, avait lancée à la face des parachutistes français venus l’arrêter en 1957 lors de la « bataille d’Alger » : « Vous voulez la France de Dunkerque à Tamanrasset, je vous prédis, moi, que vous aurez l’Algérie de Tamanrasset à Dunkerque ».

            Aujourd’hui, l’histoire se répète, sauf que cette fois c’est le monde occidental qui est en passe d’être confronté à une défaite dans le déshonneur total, comme celle que l’on doit à la trahison de gouvernants veules, de chefs de partis aveuglés par de maigres illusions qui s’entredéchirent pour une meilleure place à la mangeoire, de dirigeants qui exfiltrent des centaines de milliers d’euros vers leur compte de « là-bas » en prévision du grand séisme qu’ils vont eux-mêmes provoquer, d’une pseudo élite qui s’aplatit devant des rustres pour de piètres privilèges avec, en prime, la corruption politique, le mépris du gouvernement pour le peuple, l’arrogance des oligarques… tous vivant dans une impudique sérénité se riant du blâme lancé, jadis, par Châteaubriant : « Honneur aux pays qui se lèvent et honte aux pays qui se couchent ! »

            Comme, hier en Algérie, la tactique dite du « salami » est, aujourd’hui, utilisée (notamment en France) et il se trouve toujours des responsables politiques de tous bords, des usuriers à l’affut du gain ou simplement des opportunistes du « show biz » pour faire digérer chaque tranche à une opinion publique assoupie depuis des lustres. « Ce peuple que tu as trahi, il oubliera jusqu'à ton nom » écrivait le poète Arnulf Overland… sauf que, ces gens là seront, à leur tour, défenestrés et l’Histoire traînera leurs noms dans la fange. Mais ce sera une piètre consolation pour un peuple enchaîné. Jamais la prophétie de Lénine n’a été aussi véridique et sur le point de se réaliser : « L’Occident nous vendra la corde pour le pendre ».

             Le plus triste cependant, c’est de voir ce peuple indifférent à son propre sort, qui regarde mourir sa nation. « L’Europe s’aperçoit en frémissant que par sa sombre indifférence une puissance destructrice a fait irruption chez elle, puissance qui paralysera ses forces pendant des siècles » vitupérait Stephan Zweig.

             Et dans ce terrifiant augure, très peu discernent l’imminence de l’inéluctable naufrage. La majorité silencieuse se contente de vivoter, de courir après de pathétiques leurres, lorsqu’elle ne s’enferme pas dans de ridicules tours d’ivoire qui s’écrouleront au premier coup de massue. Et Jean Raspail de dénoncer ce comportement en ces termes : « Ce que je ne parviens pas à comprendre et qui me plonge dans  un abîme de perplexité navrée, c’est pourquoi et comment tant de Français avertis et tant d’hommes politiques français concourent sciemment, méthodiquement, je n’ose dire cyniquement, à l’immolation d’une certaine France sur l’autel de l’humanisme utopique exacerbé ». 

            Et c’est ainsi que nous regardons, impuissants, notre monde s’effriter par pans entiers jusqu’au jour où, poussés sans combattre vers l’exil mais ne sachant où aller, nous connaîtrons à notre tour la dépressive nostalgie de Boadbil et laisserons nos larmes couler sur ce qui fut, jadis, notre raison de vivre. Alors, la juste sentence d’Aïcha, s’appliquera dans son implacable rigueur : « Pleure comme une femme ce royaume que tu n’as pas su défendre comme un homme ! »

José CASTANO

 

2 avril 2026

LE SERMENT D’UNE FRANCE QUI SE RELÈVE

Transmis par José Castano

« En cas de victoire du RN en 2027…
S’appuyant sur des déclarations formulées en février 2026 par Mathilde Panot, cheffe de file des députés insoumis à l’Assemblée nationale, l’essayiste José Castano livre une analyse …


« Là où il y a une volonté, il y a un chemin » (Winston Churchill)


    À l’orée de 2027, quand l’histoire semble retenir son souffle et que le monde vacille entre fractures et renaissances, trois silhouettes s’avancent. Elles ne surgissent ni du hasard ni du tumulte, mais d’une fidélité ancienne, presque charnelle, à ce qu’est la France. Trois visages jeunes, mais déjà éprouvés par le sens du devoir. Trois voix portées par une même ferveur intérieure, une même foi ardente dans la grandeur possible du pays. Ils s’appellent Jordan, Sarah et Marion... et leurs prénoms résonnent comme un appel.


    Jordan marche en tête, avec la solidité tranquille de ceux qui bâtissent pour durer. Il incarne cette jeunesse enracinée, consciente que l’avenir ne se construit qu’en honorant la terre qui l’a vue naître. Son patriotisme n’est ni un slogan ni une colère : c’est une promesse tenue. Il va à la rencontre de la France silencieuse, celle des campagnes, des ateliers, des villages oubliés, celle qui se lève à l’aube et porte le pays à bout de bras. Il écoute les anciens, partage leurs inquiétudes, comprend leurs combats. Dans ses pas, il y a la poussière des chemins ruraux et la mémoire des générations. Il aime la France comme on aime un héritage sacré, avec respect, courage et humilité. Sa force est calme, mais sa détermination est de granit : il veut rassembler ce que d’autres opposent, et transformer la jeunesse en rempart face aux tempêtes, sans jamais céder à la haine ni au renoncement.


    Sarah avance ensuite, telle une lumière claire dans un ciel tourmenté. Elle porte en elle l’élégance de l’intelligence et la puissance tranquille du savoir. Son regard, vif et attentif, dit la lucidité ; son sourire, constant, dit la confiance. Passionnée par les arts et les lettres, elle sait que la culture est l’âme d’un peuple, et non son ornement. Pour elle, la France est une civilisation avant d’être une administration : un héritage d’idées, de mots, de beauté transmis de siècle en siècle. Ancienne magistrate à la Cour des comptes, elle allie la sensibilité de l’esprit à la rigueur des chiffres. Elle connaît les failles de l’État, maîtrise les mécanismes du budget, et sait avec précision où l’on peut redresser sans briser, économiser sans appauvrir. Sa jeunesse n’est pas une fuite en avant, mais une promesse de justesse. Elle croit que la mémoire éclaire l’avenir et que la connaissance est une arme pacifique, mais invincible, contre l’effacement et le déclin.


    Marion, enfin, surgit comme une flamme vive. Elle est l’élan, la parole franche, le courage assumé. Chez elle, le patriotisme est un verbe d’action. Elle ne se contente pas d’espérer : elle agit. Elle ne détourne pas le regard : elle nomme, elle dénonce, elle entraîne. Sa voix claire porte loin, car elle parle au nom de la responsabilité et de la transmission. Chez elle, la foi chrétienne nourrit l’action, et la figure de Jeanne d’Arc éclaire son idéal comme une lumière tutélaire qui lui donne la force de défendre avec âpreté l’identité et le combat civilisationnel qui vise à protéger et transmettre la civilisation européenne. Elle croit profondément que chaque citoyen compte, que chaque engagement est une pierre posée à l’édifice commun. Elle incarne une espérance combative, une force féminine solaire, où la tendresse n’amoindrit jamais la fermeté, et où le courage devient contagieux.


    Ensemble, Jordan, Sarah et Marion forment plus qu’un trio : ils incarnent une relève. Ils rappellent que la France ne meurt jamais de ses combats, mais seulement de l’oubli de ce qu’elle est. À travers eux renaît ce que la nation a toujours porté de plus noble : la fidélité à une idée plus haute que soi, le goût de l’effort, la dignité des gestes simples, la certitude que chaque génération est dépositaire d’un flambeau qu’elle n’a pas le droit de laisser s’éteindre. Cette génération de jeunes patriotes a refusé l’héritage du renoncement légué par ses prédécesseurs ; elle a choisi celui du courage.
    Dans leurs pas, dans leurs voix, dans leur foi, se lève une promesse immense : celle d’un pays qui se redresse sans se renier, qui avance sans renoncer à son âme. Trois prénoms, trois visages, un même serment : transmettre une France plus forte, plus juste, plus belle… Mais cette victoire ne sera la leur qu’à condition qu’ils acceptent de marcher en rangs serrés : qu’ils laissent derrière eux les querelles d’ego, les ambitions solitaires et les intérêts fragiles, pour ne faire battre qu’un seul cœur, celui de la France. Car on ne conquiert pas l’avenir en ordre dispersé, mais dans l’union, la discipline et le dépassement de soi. Alors, dans cet élan commun, porté par l’amour du pays et le souffle de l’histoire, pourra naître la victoire, belle, grande, ardente, et profondément française. 2027 sera l’année de leur consécration.


PARIS : José CASTANO : « En cas de victoire du RN en 2027…

 

Analyses et commentaires Municipales 2026



José CASTANO

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