Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
popodoran
Publicité
popodoran
Newsletter
Catégories principales
Archives
25 juillet 2014

ABDERRAHMANE FARES OU LE PELERIN DE MONTREUX

Le docteur Jean-Claude PEREZ

Adhérent du Cercle Algérianiste de Nice et des Alpes Maritimes

Auteur du livre « ATTAQUES ET CONTRE-ATTAQUES »

Aux Editions Dualpha  - BP 58, 77522 COULOMMIERS CEDEX

NOUS COMMUNIQUE SOUS LE N° 9 L’ETUDE SUIVANTE :

ABDERRAHMANE FARÈS OU LE PÈLERIN DE MONTREUX

PREMIERE PARTIE

J’ai lu quelque part la phrase suivante :

« L’histoire n’est pas simplement une suite d’épisodes, mais une continuité vivante ».

La carrière d’ABDERRAHMANE FARÈS, comme celle de FERHAT ABBAS d’ailleurs, permet de mieux comprendre le déroulement opérationnel de la politique suicidaire mise en œuvre en Algérie Française. Ces deux hommes jouissaient d’une formation intellectuelle qui, normalement, aurait dû les conduire sur la voie de l’intégration et en faire les champions de cette thèse.

 

Est arrivé un moment tragique, pour eux comme pour nous, où les incertitudes apparentes pour ne pas dire simulées, de la politique française en Algérie, ont généré sur un plan plus général, deux comportements :

-                     dans un premier temps : chez les membres de la société majoritairement francophile algérienne de confession musulmane, un comportement de doute quant à la volonté de la France de rester en Algérie d’abord ;

-                     dans un deuxième temps : une réaction d’hostilité individuelle, opportuniste, chez ces deux personnalités qui nous intéressent dans cette étude.

Ce doute a entraîné, en effet, une volonté motivée par une prudente nécessité, de les incorporer à la rébellion.

C’est-à-dire à la FORCE INSURGEE dont ils sont devenus des instruments, nous voulons dire des auxiliaires providentiels de haute importance technique, à utiliser par le gouvernement gaulliste, quand celui-ci manifestera ouvertement l’intention, ou plutôt la volonté de s’incorporer à son tour, dans les effectifs de la FORCE INSURGEE contre la France. Quand ce gouvernement gaulliste décidera de tuer la France Sud-Méditerranéenne. Quand le gaullisme décidera d’ouvrir le chemin de la victoire au bénéfice exclusif de la FORCE INSURGEE, c’est-à-dire au bénéfice du FLN.

ABDERRAHMANE FARÈS s’inscrit dans ce collège de personnalités, qui a joué l’Algérie indépendante, parce que l’Algérie était manifestement méprisée par le gouvernement français. Il s’est inscrit, en conséquence, comme un auxiliaire de premier plan dans les effectifs opérationnels du gaullisme. Il a joué ce rôle anti-français, avec conviction et constance jusqu’à la fin de sa vie.

Né à AKBOU en Petite Kabylie, FARÈS est mon compatriote provincial, puisque je suis né à BOUGIE, c’est-à-dire, comme lui, dans la WILAYA actuelle de BEJAÏA. Premier notaire français de confession musulmane, il occupa en fin de parcours le poste de chef de L’EXECUTIF PROVISOIRE que De Gaulle lui octroya en 1962 après le cessez-le-feu du 19 mars de la même année.

A ce moment-là, FARÈS détint le pouvoir en Algérie encore française. L’Algérie que la France s’apprêtait à rejeter définitivement de l’entité nationale française. Il détenait la possibilité, s’il en avait eu le cran, d’inverser le cours de l’histoire et de renvoyer les accords d’Evian dans les abîmes du néant d’où ils avaient été extirpés. Avec la FORCE LOCALE, les unités de Harkis, les tirailleurs algériens et l’OAS qu’aurait ralliée enfin le peuple pied-noir dans sa totalité, il aurait pu interdire la prise du pouvoir par le GPRA (1). Mais non ! Il a joué à fond la politique gaulliste.

Pour justifier cette attitude anti-française forcenée, qui ne correspondait en rien à ses convictions profondes, il s’était servi, depuis longtemps déjà, du prétexte des événements du 20 août 1955. C’est-à-dire du drame de Philippeville, d’El Alia et des mines d’Aïn Abid. C’est en invoquant ce drame en permanence, qu’il s’est inscrit dans le camp de la rébellion.

Par là même, il s’est illustré le moment venu, comme un auxiliaire précieux pour l’accomplissement de la manœuvre capitularde gaulliste. Capitularde, en dernière et définitive analyse, devant l’Arabo-islamisme fondamentaliste, l’intervenant tactique majeur de la force insurgée contre la France.

Il est écrit, un peu partout avec insistance, que ces événements du 20 août 1955 auraient joué un rôle déterminant dans le choix de FARÈS.

Il est curieux de constater qu’il en fût de même pour Jacques SOUSTELLE, mais en sens radicalement inverse.

SOUSTELLE, gouverneur général de l’Algérie en remplacement de LEONARD, était connu comme un homme de gauche très militant. Il fut un recruteur actif pour les BRIGADES INTERNATIONALES de la guerre civile espagnole. Il se manifesta comme un défenseur outrancier des droits de l’homme. Mais SOUSTELLE aurait dû savoir que lorsque l’on parle des DROITS DE L’HOMME, il faudrait évoquer plutôt les DROITS DE L’HOMME IDEAL, DE L’HOMME ABSTRAIT. SOUSTELLE, néanmoins, bouleversa les fondements philosophiques de ses convictions politiques, lorsqu’il constata DE VISU les horreurs subies par les Européens d’Algérie lors de ce drame du 20 août 1955, à Philippeville, à Aïn Abid et à El Alia. Devant le ventre ouvert des femmes françaises, devant le corps d’un nouveau-né dont la tête avait été fracassée contre un mur, devant les corps mutilés de nos martyrs, il s’est écrié avec conviction :

« C’est un véritable génocide qui est mis en œuvre ».

Un génocide dont le peuple pied-noir allait être victime. Et c’est contre ce génocide annoncé qu’il lui fallait d’urgence proposer une parade qui fût définitive.

Il a prôné à outrance, immédiatement, l’intégration des musulmans à la France. Car il était convaincu que seule l’intégration pouvait assurer désormais la paix en Algérie française. Mais il n’a pas eu le cran, car il ne jouissait pas pour le faire du savoir adéquate et nécessaire, de mettre en route le processus préalable et indispensable à l’intégration : un processus de laïcisation de la société franco-algérienne dans sa totalité. Cette intégration n’était possible, en effet, que si les musulmans acceptaient, avant toute chose, d’emprunter le chemin de la sécularisation pour accéder à la sécularité.

 

Une précision de vocabulaire s’impose.

Comme je l’ai écrit dans mon dernier livre (2), il ne faut pas confondre sécularisme d’une part et, sécularité et sécularisation d’autre part.

Le sécularisme prône l’absolutisation des valeurs matérielles de la vie et rejette l’idée de Dieu.

La sécularité, que l’on atteint par le chemin de la sécularisation, tout au contraire, reconnaît la réalité des valeurs matérielles de la vie, mais elle les subordonne à Dieu.

Il fallait en Algérie française, que le vécu de la foi en Dieu se manifestât chez les musulmans de la même manière qu’il se manifestait en Algérie comme en France ou ailleurs, dans la religion juive et la religion chrétienne. C’était l’axe de réflexion qui était prioritaire en Algérie et c’est celui qui aurait dû servir de fil conducteur, d’axe directionnel, à la politique d’intégration.

Mais personne n’a eu le courage politique d’affirmer cette nécessité évolutive et de lui conférer une identité opérationnelle. C’est-à-dire de mettre en route la laïcité dans « l’enthousiasme français » que l’on a refusé de faire naître alors en Algérie, à cette époque.

FARÈS s’est donc rangé, sous le prétexte de ces événements du 20 août 1955, dans la ligne de conduite du FLN. Il a invoqué, sans arrêt, pour justifier son choix, ce qui est devenu, depuis lors, un truisme historique : nous voulons dire qu’il s’est servi de la mort de ses coreligionnaires dans les suites de cet événement. Et exclusivement de cette mort, sans se préoccuper du drame préalable, c’est-à-dire du massacre premier de civils français sans défense.

Ce génocide incontestable et particulièrement exhibitionniste de Français, avait provoqué, tout logiquement, une riposte violente des forces de l’ordre et du peuple pied-noir. Ce massacre de Français, fut donc à l’origine, d’une répression inévitable. Qu’elle fût sauvage, aveugle, voire exhibitionniste à son tour, c’est facile à comprendre, même s’il est pénible, de les évoquer quelques dizaines d’années plus tard. Il fallait inverser, immédiatement, les sites de la terreur. Un homme normal peut devenir fou à cause de la douleur éprouvée devant le massacre des siens. Mais cette répression, pour être efficace dans le futur, aurait dû être immédiatement suivie de la mise en route d’une attitude politique révolutionnaire, dont le but aurait été de faire surgir de l’histoire toutes les conditions de vie nécessaires pour qu’un tel génocide de notre peuple, et la répression conséquente qu’il entraînerait, ne fût plus concevable en Algérie. Ces conditions étaient illustrées dans la notion d’intégration, dans la mesure où la laïcité eût été imposée en Algérie, dans toutes les manifestations de la vie quotidienne : familiale, associative et politique.

FARÈS, tout au contraire et fort opportunément, s’est rallié aux exigences de la propagande FLN. C’était d’ailleurs pour atteindre ce but que cette opération avait été déclenchée : rallier tous ceux qui étaient encore soumis à un doute. Elle est revendiquée, aujourd’hui encore, comme une opération de grande valeur stratégique par les autorités algériennes. Parce que les horreurs qu’elle a provoquées n’ont pas pu être utilisées, tout au contraire, comme elles auraient dû l’être, pour la mise en route de la politique d’intégration, c’est-à-dire, la seule politique défendable en Algérie française…. si on voulait en éviter la mort.

En conséquence, l’un des effets bénéfiques majeurs de cette opération pour le FLN, fut donc l’adhésion de FARÈS qui s’est rallié sans réserve à la volonté indépendantiste du FLN.

 

Cette adhésion à la thèse de l’indépendance, fera de lui, insistons encore, un outil précieux à manipuler par De Gaulle, pour venir à bout de la résistance française ultime, quand elle s’identifiera à l’OAS. Pour venir à bout de ces femmes et de ces hommes qui, selon les propos tenus par le général lui-même, « étaient aveuglés par leur amour de la France », et qui combattaient contre ceux « qui étaient aveuglés par leur haine de la France ».

De quelle manière FARÈS s’est-il engagé sur le chemin de l’anti-France ? De quelle manière est-il devenu un instrument majeur du gaullisme complice prioritaire et efficace du FLN ? Du gaullisme, dont on doit affirmer en réalité, qu’il fut l’organe de commandement suprême du FLN à partir du 28 septembre 1958 ? C’est la suite de cette étude qui va permettre de répondre à cette interrogation.

Après le référendum-piège du 28 septembre 1958, le référendum maudit, à l’automne de cette même année, René COTY est encore Président de la République française.

De Gaulle assure les fonctions de Président du Conseil, jusqu’au mois de janvier 1959.

De Gaulle, qui était personnellement en contact avec le FLN depuis 1956, avec FERHAT ABBAS tout particulièrement par l’intermédiaire de BOUMENDJEL, va enclencher un processus de négociations.

En 1956, c’était des contacts. En 1958, ce sont des négociations.

Des négociations pour aboutir à un cessez-le-feu. De Gaulle s’apprête, dans la crudité des faits, à hisser le drapeau blanc. Car, comme l’écrit FERHAT ABBAS lui-même « c’est à celui qui sollicite sans arrêt l’arrêt des combats qu’il appartient de hisser le drapeau blanc ».

QUEL FUT LE MODUS OPERANDI ?

Pour conduire ces manœuvres secrètes à leur meilleur résultat possible, De Gaulle bénéficie d’un excellent chef de cabinet.(3) Il s’agit de Georges POMPIDOU, agrégé de philosophie, ancien fondé de pouvoir de la Banque Rothschild. Pompidou avec l’accord de René BROUILLET, secrétaire d’Etat aux Affaires algériennes, dont l’adjoint est Bernard TRICOT, prépare un document. C’est le document Pompidou… Aujourd’hui on ne parle plus. Mais on dit aussi qu’il est très connu des historiens. Un document qui définit le processus permettant de conclure des négociations.

Ce document Pompidou, s’illustre en effet comme le premier outil de l’abandon. Tout naturellement, le second outil de l’abandon de l’Algérie française, c’est le FLN de l’extérieur, composé du CCE(4) et du CNRA(5). Le FLN, en effet, n’est pas encore constitué en gouvernement.

Il accède à cette dignité, c’est-à-dire la constitution du GPRA, le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne, le 18 septembre 1958, grâce à la volonté conjointe de De Gaulle et de FERHAT ABBAS.

Le GPRA constitué le 18 septembre 1958 est présenté, officiellement et en grande pompe, à la presse internationale le 19 septembre 1958, au Caire, par FERHAT ABBAS, son premier président, qui est l’homme de De Gaulle en cette circonstance historique.

De Gaulle lui-même est représenté officieusement, à cette cérémonie, par l’écrivain Jean AMROUCHE et par Abderrahmane FARÈS, l’autre homme du général De Gaulle, en cette même circonstance historique.

Mais ce contact officieux n’est pas suffisant. Pour conduire ces négociations au meilleur résultat, le plus rapidement possible, il faut mettre en œuvre un officier de liaison entre le nouveau-né, le GPRA, d’une part et De Gaulle, d’autre part. Qui va être désigné comme officier de liaison offrant toutes les garanties aussi bien à De Gaulle qu’au GPRA ?

« Mais ne cherchez plus mon général ! Cet homme vous l’avez sous la main, à Paris, il habite 269 Avenue Daumesnil, dans le 12ème arrondissement.

De qui s’agit-il ?

D’ABDERRAHMANE FARÈS ».

FARÈS, c’est-à-dire l’ancien notaire de la petite ville de Kolea, tout près d’Alger et ancien Président de l’Assemblée Algérienne, qui s’est trouvé dans l’obligation de quitter Alger. Car il était devenu en 1956, du fait de ses orientations, l’objet d’un projet d’attentat de la part d’une organisation contre-terroriste, dont je faisais partie.

FARÈS en 1958, après l’escroquerie du 13 mai, est disponible à Paris. Il a failli faire partie du dernier gouvernement de la IVème République. Guy MOLLET, qui avait reçu de De Gaulle un poste de ministre d’Etat sans portefeuille, propose à son Président du Conseil De Gaulle, de faire bénéficier FARÈS de la même faveur.

Mais FARÈS est discipliné. Ou plutôt il craint pour sa peau. Il demande, en conséquence de cette crainte, l’autorisation du FLN avant d’accepter ce poste. Le FLN lui intime l’ordre de le refuser.

De Gaulle ne lui tiendra pas rigueur de ce refus. Il va donc l’utiliser, répétons-le, comme officier de liaison officieux, clandestin, dont la mission constante sera d’assurer les pré-négociations entre lui-même De Gaulle, Pompidou et René Brouillet d’une part, et le GPRA d’autre part, après la naissance de ce dernier, le 18 septembre 1958.

Mais, alors qu’en 1956, F. ABBAS rencontrait Boumendjel à Berne lors de ses contacts avec De Gaulle, il rencontrera cette fois FARÈS à Montreux, tout près de Lausanne. Ce qui vaudra à FARÈS l’appellation du pèlerin de Montreux.

FARES officialise ainsi par ce rôle un peu barbousard son adhésion sans réserve au FLN.

Il avait pris soin, auparavant, de consolider ses relations avec le FLN par différents contacts nécessaires à son acceptation au sein du FLN. Il s’était soumis en quelque sorte à différents examens de passage. Car il était accepté avec réticence, parmi les durs de la force insurgée.

Il rencontre dès que possible OUAMRANE l’égorgeur.

Il est en contact fréquent avec IBRAHIM BACHIR, le Président de l’Association des oulémas qui l’avait pris en mains dès l’amnistie de 1946. C’est FARES lui-même, qui le raconte.

Il réussit à obtenir une entrevue, en 1956, avec LARBI BEN M’HIDI, le chef de la Zone Autonome d’Alger (ZAA)(6).

Il tient à rencontrer, pour faire allégeance, et il y parvient, YACEF SAADI et ALI-LA-POINTE dans la casbah d’Alger, comme l’ont fait Germaine TILLION et Albert CAMUS.

 

Par le moyen de tous ces contacts, FARÈS donne des gages. A qui ? A ceux qui ont l’expérience de l’assassinat. A ceux qui détiennent le pouvoir de faire tuer. Il leur explique qu’il s’inscrit sans réserve dans leur combat. Il exhibe ainsi sa trahison envers la France. « Ne me tuez pas, je suis avec vous ! ».

Pour ces raisons évidentes et connues depuis longtemps, je rappelle que nous avions programmé son exécution en 1956. Il fut certainement averti et mis à l’abri de notre action par le moyen d’un déplacement, ou plutôt d’une fuite en France métropolitaine. Il en profita, toujours dans le projet de faire soumission constante au FLN, pour rencontrer le tout nouveau chef de la Fédération de France du FLN, LEBJAOUI. Mais qui est LEBJAOUI ?

Quelques semaines auparavant, celui-ci était encore un fonctionnaire municipal de la ville d’Alger, sous l’autorité directe du Maire d’Alger, Jacques CHEVALLIER. Nous savons de source sûre(7), de source spécialisée, que LEBJAOUI alimentait les tueurs du FLN de la ZAA en fausses cartes d’identité. Son transmetteur était un appariteur de la Mairie d’Alger, RABAH ADJAOUI. Ce dernier fut détecté et arrêté par la police française. Mais sur intervention personnelle du maire d’Alger, Jacques CHEVALLIER, il fut libéré. Ce qui lui permit de reprendre ses activités. Pas de chance ! Il fut tué par une patrouille du 9ème Zouaves, rue de la Lyre. Il était porteur de cartes d’identité qu’il s’apprêtait à livrer aux tueurs de BEN M’HIDI.

LEBJAOUI, le patron direct d’ADJAOUI à la Mairie d’Alger est obligé de s’enfuir. Il est affecté au commandement de la Fédération de France du FLN. Il est rapidement arrêté. Par son intermédiaire, la complicité de Jacques CHEVALLIER, maire du Grand Alger, avec le FLN est confirmée, une fois de plus, d’une manière pratiquement officielle. Mais Jacques CHEVALLIER… on n’y touche pas ! Il est trop utile pour les intérêts des pétroliers sahariens.

Après le 13 mai 1958, FARÈS joue donc le rôle du pèlerin de Montreux. Il maintient des contacts avec tous les cadres du FLN qui séjournent en France et en Europe. Car, c’est une obsession ! Il veut lever toute équivoque. Il ne veut pas être tué à cause de l’excès de zèle d’un tueur mal informé.

 

Pour cette raison il rencontre BEN TOBAL, un des responsables des massacres de Philippeville du 20 août 1955.

 

Pourquoi rencontrer tout spécialement BEN TOBAL ? Parce que FARÈS craint encore pour sa peau. Il redoute le drame que connut le député BENHABYLES, au lendemain du discours du 16 septembre 1959, prononcé par le général De Gaulle, le Président de la République.

 

BENHABYLES comprend, à l’écoute de ce discours, que l’Algérie française est condamnée à mort par De Gaulle. Ami personnel de FARÈS et de FERHAT ABBAS, lui, qui était un élu Algérie-Française, décide de changer de camp. Il sollicite et obtient de FERHAT ABBAS un poste au sein du GPRA.

Au cours de son voyage pour rejoindre sa nouvelle affectation anti-française, il est intercepté et tué dans l’Allier. Différentes hypothèses ont été proposées pour expliquer cette exécution. Furent incriminés tout particulièrement, les services spéciaux français. Sur ce point très précis, le général JACQUIN, ancien chef des services secrets en Algérie, est formel :

« C’est faux, c’est BEN TOBAL qui l’a fait tuer par un tueur qui après l’opération, reste caché en France ».

Ou se cache-t’il ? A Lyon, chez le Primat des Gaules, tout près de l’archevêché, au Prado.

Mais pourquoi cette exécution ?

Parce que BEN TOBAL en a « ras-le-bol » de voir ces « transfuges de l’Algérie française » obtenir des postes de responsabilité au sein du GPRA. Les places, « c’est pour les combattants de la première heure », soutient BEN TOBAL.

FARÈS, tout logiquement, redoute de vivre le drame de BENHABYLES. D’autant plus qu’il est ambitieux, malgré ses craintes. C’est un Kabyle. Au sein de la WILAYA III, on le vénère. On le lui fait savoir. Il est appuyé aussi par les libéraux d’Algérie, c’est-à-dire par les traîtres, les renégats de la France en Algérie. Il déjeune au Georges V avec BLACHETTE, un mentor algérois parmi d’autres, de Jacques CHEVALLIER, celui-ci illustrant personnellement l’archétype des hommes qui rejettent la France en Algérie.

Chez les promoteurs gaullistes de la nouvelle carrière de FARÈS, on redoute un destin tragique pour ce pion fondamental de la liquidation de l’Algérie française. Alors comment le protéger contre une initiative malheureuse et inopportune du FLN ? C’est tout simple.

On va le foutre en taule !Il suffisait d’y penser.

On arrête FARÈS à son domicile. Un juge d’instruction, en s’efforçant de ne pas rire, l’inculpe « d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat ». On l’incarcère à Fresnes.

Quelques jours après le 19 mars 1962, on le libère. De sa cellule de Fresnes il est conduit directement à l’Elysée.

« Alors mon cher Président, bien reposé ? » lui demande en riant le général De Gaulle. FARÈS est déjà désigné, et il le sait, comme Président de l’Exécutif provisoire en Algérie, qui est mis en place pour gouverner cette terre jusqu’à l’indépendance du 3 juillet 1962.

 

Il y exercera tous ses talents, en jouant le rôle capital que l’on sait. C’est-à-dire qu’il contribuera à détruire l’OAS en la gangrenant de l’intérieur, par l’intermédiaire d’un cadre opportuniste et ambitieux de notre organisation. Une grosse tête qui avait été chassée, trouvée et prise en mains au moment opportun par un état major financier et pétrolier pour liquider l’Algérie française.

 

Mais il s’agit là de la seconde partie de cette étude que vous lirez plus tard. Avant que je ne prenne congé de ce monde crépusculaire.

 

Le 2 février 2009

Jean-Claude PEREZ

 

NOTE

Dans le n° 124 de la Revue trimestrielle « L’ALGERIANISTE », un lecteur soulève la notion  d’un terroriste FLN, réfugié dans une sacristie ou dans une église (page 139). Dans ce travail que je viens de vous proposer, je vous ai livré une illustration de ce style d’événements, lorsque j’ai rapporté que le tueur FLN de BENHABYLES fut caché dans les locaux du Prado, une dépendance de l’archevêché de Lyon.

D’autre part, j’invite les lecteurs que ce sujet intéresse, à se reporter à mon livre « L’ISLAMISME DANS LA GUERRE D’ALGERIE ». Je rapporte, dans cet ouvrage, un témoignage dont l’origine est le regretté père BALSAMO. Celui-ci souligne qu’un tueur FLN avait été caché dans le presbytère d’un prêtre algérois dans les locaux de l’Externat de Notre Dame d’Afrique du boulevard Saint-Saëns et l’avait ainsi volontairement soustrait à une arrestation. Un témoin oculaire de cette complicité fut le père MARSIL, récemment affecté en Algérie à cette date, qui le rapporta au père BALSAMO et à l’un de mes amis niçois.

1) Gouvernement Provisoire de la République Algérienne constitué au mois de septembre 1958

 

2) ATTAQUES ET CONTRE-ATTAQUES

3) D’après le livre de Jean-Claude PEREZ, « VERITES TENTACULAIRES SUR L’OAS ET LA GUERRE D’ALGERIE » : une stratégie, trois tactiques. Chez le même éditeur.

4) CCE : Comité de Coordination et d’Exécution

5) CNRA : Conseil National de la Révolution Algérienne.

Ces deux structures ont été créées après le célèbre congrès de la SOUMAM de l’été 1956

6) Voir mon 3ème livre « VERITES TENTACULAIRES SUR LA GUERRE D’ALGERIE » chez le même éditeur

7) Général JACQUIN

RETOUR JEAN FRANCOIS PAYA ORAN 5 JUILLET 1962 OU Retour vers nos lectures.

Publicité
18 septembre 2023

SUR LE CONTENTIEUX HISTORIQUE FRANCO/ALGERIEN

 AUX DERNIERES NOUVELLES JE VIENS DE FAIRE UN DERNIER INFARCTUS A 90 ANS CI JOINT MES ARCHIVES  SUR POPODORAN SITE DE ROGER  rprp@free.fr

1973 / 1923 CONGRES NATIONAL DU CERCLE ALGERIANISTE

http://popodoran.canalblog.com/archives/2011/08/10/11250833.html

http://popodoran.canalblog.com/archives/1962_5_juillet_oran____le_genocide/index.html

https://www.calameo.com/read/000059729310077f2ef20 Page 20

 AMITIÉS PIEDS NOIRS ET VIVE L'ALGÉRIE FRANCAISE

  PAYA_JEAN-FRANCOIS_Massacre du 5 juillet 1962.pdf CLIKER AC/ALGERIE CLASSE 54/2

Le 18 septembre 2023 à 10:19
SUR LE CONTENTIEUX HISTORIQUE FRANCO/ALGERIEN

BONJOUR CONTRIBUTION DANS LE CADRE DU 50em CONGRES SUR LE CONTENTIEUX HISTORIQUE FRANCO/ALGERIEN

Pour ce faire et essayer d'en finir avec des reproches réciproques et respecter les versions historiques droit de chaque pays et que le président Français avait oublié voici une version de notre groupe d études pour essayer de clore ce débat et de passer aux choses sérieuses et d'avenir pour 2 peuples indissolublement liés par l histoire que cela plaise où non et le nombre de binationaux toujours croissant et le nombre de morts pour la France *cordialement JF P

Si nous ne faisons pas d'erreur la colonisation de l'Algérie fut la rare (si non la seule) à se dérouler suite à des agressions continues venues de la région colonisée (surtout par mer) pendant plusieurs siècles ****(aprés l occupation de l Espagne et du sud de la France plusieurs siécles !)

Les officiels Algériens demandent toujours à la France des excuses voir des réparations pour avoir occupé 130 ans leur pays et ils font remonter ce contentieux au 5 juillet 1830 !

Très bien, mais comme ils font remonter leur histoire que nous respectons et l'existence de“L ÉTAT ALGÉRIEN” bien antérieurement à l’Indépendance de 1962 en y incluant les 300 ans d'occupation Ottomane et mème avant à partir du X em siècle avec l'appellation de la ville d 'Alger (ex Icossium Romaine) par Bologhine ibn Ziri chef berbère musulman Chiite sous des califes Fatimides considéré par l'école Algérienne comme fondateur du pays (anniversaire célébré sobrement*** ) suivi des dynasties musulmanes postérieures ;puis en s’appuyant sur les traités passés entre la régence d’Alger Ottomane et la France ; pour la libre circulation maritime et le commerce voir l’historiographie Algérienne;(archives à Istambul ! ) Nous pensons que cette histoire constitutive de la Nation Algérienne et difficile si non inutile de remettre en cause sur le plan diplomatique (si non historique) pour aborder le présent ! Avec l’Algérie actuelle rien ne sert de débattre là-dessus ;chaque pays restant libre de déterminer sa mythologie historique comme la France avec Clovis et Charlemagne *

MAIS ALORS POUR RESTER ÉQUITABLES IL FAUT FAIRE L ADDITION DES GRIEFS ET DES RÉPARATIONS DEPUIS CES LOINTAINES PÉRIODES POURQUOI COMMENCER EN 1830 ?

Les corsaires barbaresques ont capturé des milliers de navires chrétiens et ont attaqué à plusieurs reprises la plupart des localités côtières des rives de la mer Méditerranée. Ce qui conduisit les habitants à abandonner les anciens villages côtiers en France, Italie et Espagne et à en construire d'autres, souvent fortifiés, sur les hauteurs et collines. Les razzias ont été un tel problème que les côtes sont restées en partie désertes jusqu'au début du XIXe siècle "" . IL faudrait faire un bilan exhaustif de ces exactions matérielles, des victimes et des otages mis en esclavage pendant plusieurs Siècles, des estimations sont toujours possibles mais resteraient inférieures à l'enjeu Historique élémentaire alors ces considérations pourraient permettre de solder le contentieux Franco/Européano Algérien et de passer aux choses sérieuses et d'avenir pour les deux pays indissolublement liés par une histoire commune pas seulement antagonique et parfois mélée  pour définir les frontières du grand Sud si précieuses avec gaz et pétrole*                   Cordialement JEAN- FRANCOIS  PAYA     CERCLE DU POITOU"“ETUDES HISTORIQUES 3”

Retour synthèse du massacre du 5 juillet 1962

2 octobre 2022

« NE VIENS PAS NOUS DONNER DES LEÇONS, MACRON ! »

Par José Castano

« Je n’aime que ma patrie ; je ne crains que les dieux ; je n’espère que la vertu » (Montesquieu) –Pensées-

Giorgia MELONI, « En voilà une qui en a ! » (Aurait dit Coluche). Voyez-la lors d’un meeting, interpeller le Président français en ces termes : « Ne viens pas nous donner des leçons, Macron ! ». La vidéo est éloquente et mérite de faire école dans la sphère des apprentis orateurs. C’est du grand art !

            Lors d’un grand meeting en 2019 à Rome, Giorgia Meloni, leader de Fratelli d’Italia, parti souverainiste conservateur, s’était déjà écriée : « Je suis Giorgia Meloni. Je suis une femme, je suis une mère, je suis italienne, je suis chrétienne et ça, vous ne me l'enlèverez pas ! ». En France, cet « excès de patriotisme » aurait été qualifié de « séditieux ». Giorgia aurait été vouée aux gémonies et fait l’unanimité des censeurs… Les laquais de télévision et les scribouillards l’auraient traitée de « raciste » du moment qu’elle voulait libérer la France de l’intégrisme islamiste et de l’immigration sauvage. On aurait tendu à sa sincérité tous les pièges possibles. Au lieu de l’aider et admirer, on se serait occupé à la faire trébucher, à la déconsidérer, à l’écœurer. Hélas ! On y serait sans doute parvenu car quel cœur propre pourrait survivre aux ignominies de la « politicaille » ?

            Dans cette France désormais méconnaissable soumise à la « pensée unique » cette machine du mensonge, livrée au terrorisme, à l’islamisme, aux bandes des cités, gangrenée par les syndicats, les associations adeptes de la tartufferie des droits de l’homme et de l’antiracisme, minée par l’insécurité, les émeutes, les grèves et le chômage, décérébrée, sans mémoire, résignée à la stagnation, au recul, à la déchéance et à la fin, que pourrait faire Giorgia ? En Italie, elle a brandi l’étendard de la reconquête face à l’invasion-immigration qui frappe tous les pays d’Europe et qui les vouent à une fin inéluctable. Elle a proposé aux siens l’ardeur, l’action, l’honneur, l’élan, le sacrifice, le travail, la patrie, la famille en se battant comme un vrai soldat, non pas parce qu’elle haïssait ceux qui étaient en face d’elle, mais parce qu’elle aimait ceux qui étaient derrière elle.  Découragés par l’incapacité de leurs élites à les maintenir à la hauteur de leur destin, les Italiens l’ont entendue et l’ont portée au pouvoir… alors qu’en France il n’est toujours question que de combinaisons, de petites alliances opportunistes et, par-dessus tout, de zèle excessif afin d’attiser la haine entre Français. Et pendant ce temps, la France crédule et soumise est en danger… La France inexorablement se meurt, sourde à cette recommandation de Georges Bernanos : « L’avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l’avenir, on le fait ! ».

José Castano

23 avril 2022

DES COMPATRIOTES MUSULMANS

moins obtus que le premier magistrat du pays ?

Par Jean-Michel WEISSGERBER

Colmar, le 21 avril 2022

Lors du débat du 20 avril 2022 au sujet du projet d'interdiction du port du voile dans l'espace public, j'ai cru que j'hallucinais ! Ne voilà-t-il pas que la candidat "homme" exprimait avec une "mâle" assurance une opposition catégorique à toute prohibition du voile ! Je crois même avoir entendu que ceux qui s'opposeraient à ce port seraient des promoteurs de la guerre civile ! Rien que cela !

Cela me renvoie à une discussion que j'ai eue dans la rue avec un jeune compatriote d'origine algérienne peu de jours auparavant !

Pour faire court :

Moi : « Je suis contre le port du voile »

Lui : « Vous êtes raciste » !

Moi : « Je n'ai fait que défendre dans ma vie les musulmans : harkis, mahorais, anjouanais. Ces derniers aggravant leur cas ! En plus d'être musulmans, ils sont noirs » (Rires)

Je poursuis : « Il y a trente ans, ou plus, en tant que chef de bureau à la Préfecture, je filtrais les photos d'identité et recueillais les doléances de celles et ceux qui exigeaient, pour l'établissement de leurs titres d'identité, la prise en compte de photos avec voile. La base légale imparable de la décision de refus : un décret de 1947 (ou aux environs) qui prône la présentation de photographies, tête nue, avec visibilité de la racine des cheveux.

Un avocat[1] venu de Roubaix (tiens, tiens !) reprochait à la préfecture du Haut-Rhin d'être la seule de France à demeurer intransigeante (Tu parles, Charles !) et à refuser le voile ! Bien sûr, je restais ferme !

Patatras ! Recours devant le juge ! Finalement, la Cour d'Appel débouta les deux plaignantes, une Marocaine et une Turque, si je ne m'abuse ! La Turque était même condamnée à payer un dédommagement à Madame le Préfet !

J'ajoute qu'à l'époque, les voilées intéressées à défendre leur « beefsteak » étaient invitées à se plaindre dans le grand bureau (à l'époque) du Chef, à savoir, votre distingué serviteur... Aucune ne vint, à mon grand dépit. Je reçus par contre, l'un ou l'autre barbu de mari, que je sus éconduire sans difficulté !

L'un d'eux, un Marocain me lança : « Ma femme n 'est pas une putain[2] et argua : « les bonnes sœurs, elles, ont bien un voile ! »

J'entends encore ma réplique, immédiate : « Je vais donc appeler votre femme Soeur Fatima ! » Rire franc et massif !

J'ai bien évidemment relaté tout cela à mon nouveau "copain" d'il y a quelques jours, qui fut un tantinet ébranlé dans ses quelques peu fragiles convictions :

1) Il se moqua rétrospectivement de mon interlocuteur marocain le traitant dédaigneusement de "blédard"

2) Il fut passablement sensible à un argument sécuritaire dont je lui fis également part[3]

Que dire de plus si ce n’est que tout bien considéré par ailleurs, je ne sors que renforcé dans mon choix du vote de dimanche. En fait, je n’agirai dimanche 24 en glissant mon bulletin dans l’urne, pas autrement que mon amie Djamila qui vota en 2002 alors pour papa Le Pen (aux deux tours, sans hésiter, m’écrivait- elle) et les deux filles de Fariza, cette année, qui, elles, se détermineront pour Fifille Le Pen.

Jean-Michel WEISSGERBER

Transmis par Maurice Calmein

Retour aux articles JM. Weissgerber


[1] Notre entretien fut somme toute des plus courtois, il était dans son rôle, de plus, et lui et moi, nous nous occupions de la communauté harkie.

[2] Vu « l’engin », elle ne risquait vraiment rien de la part du chef de bureau de l’époque.

[3] Imminence d’un attentat : les forces de sécurité sont forcées à procéder à des contrôles massifs d’identité, leur tâche sera singulièrement compliquée si elles sont dans l’obligation de faire des identifications avec voile ! Choupinet y as-tu pensé ?

7 novembre 2021

LA HAINE ANTI PIED-NOIRE

Par Jean-Michel WEISSGERBER

Colmar, le 4 novembre 2021

Du Sud-africain Eisenberg à l’Africain du nord Benjamin S. (1)

Faudra-t-il encore et toujours rappeler les morts de la rue d’Isly, le 26 mars 1962 à Alger, crier partout notre douleur à cause des sacrifiés du 5 juillet 1962 à Oran où périrent plus de 800 pieds-noirs et musulmans pro-français (2), marteler tous azimuts le martyre de dizaines de milliers de harkis, de leurs femmes et enfants abandonnés par l’armée française (qui avait des ordres pour ce faire) ?

Comparons la place accordée par les organes de presse de la bienpensance (Le Monde, Libération, le Nouvel Obs, sans compter l’indécrottable quotidien communiste L’Humanité) à certains événements (la torture exercée par l’armée française ou la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris) à celle faite aux événements susvisés (3).

Il y a bien deux sortes de victimes… Vae victis ! Plus que jamais s’applique cette devise du chef gaulois Brennus. Les parias par excellence ne sont-ils pas les Français d’Algérie ?

Votre serviteur se doit donc de dénoncer encore aujourd’hui les cris de haine à tout va. Au début des années soixante, un livre odieux intitulé « Fascistes et nazis d’aujourd’hui », signé Denis Eisenberg et produit par les Editions Albin Michel (1963), attirait mon attention chez un bouquiniste des quais de Seine, à un prix dérisoire mais encore exorbitant au vu de sa valeur réelle.

Qui connait aujourd’hui Eisenberg, né dans le Transvaal en 1929, marié à une Française ayant quitté une Afrique du sud de l’apartheid où il est né et a grandi (4), qui affirme avoir parcouru l’Afrique et gagné la Turquie pour aboutir à Paris ? Il prétend dans son introduction, bâclée comme l’ensemble des seize chapitres, vouloir dénoncer « l’évangile de la violence » se répandant selon lui dans le monde. Qui mieux, à ce qu’il écrit, sont les propagandistes de la haine si ce ne sont les SS, les encartés SS et les anciens ultra-collaborateurs à l’instar du Français Maurice Bardèche ? Cependant, à y regarder de près, la cible réelle, ce ne sont pas vraiment eux mais les Français d’Algérie, ces fichus pieds-noirs ! C’est bien connu : OAS = SS ! Un des passages les plus significatifs, page 50 (lisez bien, amis lecteurs, vous n’en croirez pas vos yeux) : « On peut affirmer (5), nous l’avons vu, que l’OAS compte parmi ses sympathisants les 3000 fascistes avérés qui militent en France, anciens volontaires de la LVF ou anciens SS de la Division Charlemagne » (6). C’est évidemment plus que grotesque et ne repose sur aucun fait avéré. Ce qui, par contre, est incontestable c’est que parmi les adversaires les plus acharnés de la politique algérienne gaulliste figuraient deux authentiques héros de la Résistance, Georges Bidault et Jacques Soustelle, ce que Denis Eisenberg est bien obligé de reconnaître ! N’empêche que de la page 35 à la page 51, l’OAS, couplée parfois avec le CNR (Comité National de la Résistance), est citée vingt-six fois en tant que protagoniste des « fascistes et nazis d’aujourd’hui » ! Ils défendent qui, ces OAS-SS ? Ben voyons « l’Algérie française », ce slogan de qui ? Des COLONS PIEDS-NOIRS ! Et puis, voyez-vous, partout en Europe et dans le monde, les OAS et leurs frères SS s’activent et s’agitent.

Au chapitre Belgique, la patrie de Léon Degrelle, chef des Rexistes et ancien officier SS, on relèvera entre autres, page 69, le nom de Pierre Joly « après avoir un temps été porte-parole d’Ortiz, réfugié aux Baléares au lendemain des barricades d’Alger » … Et au chapitre Canada, pages 179,180, on peut lire : « le Front de libération québécois, mouvement séparatiste qui comprendrait (admirez le conditionnel !) des pieds-noirs arrivés récemment d’Algérie et sans doute anciens membres de l’OAS » … Et pour enfoncer un peu plus le clou : « Dans un tract diffusé à Québec après l’attaque systématique des casernes et sur un ton qui rappelle étrangement celui de l’OAS, le FLQ annonce dans un style militaire… ».

Et comme personne n’a pu freiner ce sinistre Eisenberg, il n’hésite pas à surenchérir dans son discours des plus haineux : « Si certaines organisations d’extrême droite sont à ce point imprégnées d’idéologie nazie, c’est que dès avant-guerre, le Parti National de l’Unité groupait plus de mille chemises bleues. Ils étaient les précurseurs de l’actuel fascisme canadien où se fait sentir en outre aujourd’hui l’influence des réfugiés hongrois et des pieds-noirs ».

On ne saurait être plus clair… et moins convaincant, et surtout ridicule lorsque l’on sait que ce n’est tout de même pas un dirigeant de l’OAS-CNR, ni Bidault, ni Soustelle, qui s’écria avec des trémolos dans la voix « Vive le Québec libre » !

Pourquoi citer longuement aujourd’hui ces passages grotesques ? C’est que justement, à l’époque, cette littérature assez répandue n’était pas dénoncée pour ce qu’elle était : un épouvantable cri de haine envers une partie de la population française éprouvée et vulnérable. C’est grave et même trop grave ! L’OAS, un ramassis de nostalgiques hitlériens ? C’est dans ses rangs que l’on trouvait les (trop) rares ennemis de la politique absurde et déshonorante de Qui-vous-savez, dont beaucoup étaient en réalité d’authentiques héros de la Résistance ou des libérateurs de la France occupée, tels Gardes, Godard, Holeindre ou Château-Jobert, entre autres.

En 1963 donc, le Sud-africain Eisenberg et en 1999, un autre Africain, du nord celui-là, le prénommé Benjamin, traître absolu, dirait Zemmour, fait paraître un bouquin qui a priori peut sembler qui peut sembler plus subtil que le précédent et un tant soit peu plus documenté. Mais ce n’est qu’une apparence car en l’analysant on s’aperçoit qu’il est tout à fait dans la lignée de celui de son prédécesseur breveté es-injures et invectives garanties pur porc car le mal absolu ne peut surgir que de l’extrême droite. Voyons d’un peu plus près : Le titre invoque la mémoire et les éditions s’intitulent La découverte ! Une découverte dont on s’aperçoit très vite qu’elle est bien faussement qualifiée ainsi ! Le sous-titre : « De l’Algérie française au fascisme anti-arabe » ! Pour reprendre l’humour d’un palmipède, « C’est du réchauffé » … Dès l’introduction, on flaire l’imposture et l’entourloupe : « Avec le passage des générations, les enfants d’immigrés s’intègrent pleinement à la société française ». Il est vrai que les Mohamed Merah, les frères Kouachi et autres aimables enfants d’immigrés n’avaient pas encore fait parler d’eux ! Quoi que Khaled Kelkal…

Très rapidement, on n’est plus dans l’omission, voire le mensonge, mais bien dans l’imposture la plus totale ! Benjamin S. entend démontrer (pages 33 et 34) que sur « un faux modèle de la République, en Algérie peut se développer un racisme particulier ». Et d’où vient ce fichu racisme ? Evidemment, du refus des Français d’Algérie ! Ce sont donc les pieds-noirs qui sont et restent coupables ! L’exigence était l’exclusion de l’autre. Cette exclusion a-t-elle été imparable ? Bien sûr que non ! Car ce que ne dit pas Benjamin, ce qu’il occulte totalement, c’est que l’indigène pouvait parfaitement s’assimiler sans pour autant abandonner sa religion, ses particularités. L’autre n’était nullement astreint à se convertir au christianisme, ce que d’ailleurs d’autant plus d’Algériens font aujourd’hui et pas seulement des Kabyles. Ahmed Djebbour (cité page 44) était bien Français musulman de droit commun et les prétendus Accords d’Evian n’ont pu changer quoi que ce soit à cette réalité qu’ils ont singulièrement oblitérée !

Je pourrais citer d’innombrables Français musulmans de droit commun que Benjamin S. et son ami Mohamed Harbi, autre imposteur de taille, n’évoquent jamais. Tiens, il y a parmi eux une amie intime de la passionaria hystérique pro-FLN, Gisèle Halimi. Notre très contemporain enragé dénonciateur des OAS-SS n’en démord pas (page 34) : « Les partisans de l’Algérie française, regroupés dans l’OAS, se recrutent exclusivement (sic !) dans les rangs de l’extrême droite, en France ». Que dirait le menteur, bonimenteur par excellence, si l’on osait l’assertion suivante : Les partisans du FLN, quasi-exclusivement anciens hitlériens (7), se recrutèrent exclusivement parmi les vichystes, les fascistes, les ultra-collaborationnistes et leurs héritiers. Et pourtant, regardons d’un peu plus près quelques pédigrées :

Maurice Duverger, plastiqué à deux reprises par les méchants hommes noirs de l’OAS, était avant-guerre à la pointe du combat des jeunes Doriotistes ;

Jean-Paul Sartre, avant de rejoindre in extremis Combat, fricotait avec Radio Vichy (8). Il fut aussi plastiqué à deux reprises.

Paul Ricoeur, ardent dénonciateur des colons et ancien pétainiste, en pinçait pour les nationalistes algériens.

Je n’insisterai pas sur le cas de Maurice Blanchot, vaillant rédacteur du Manifeste des 121, pour ne pas chagriner un de mes anciens professeurs…

Bon, accordons quand même pour être juste un petit satisfecit à notre Benjamin. Page 35, il reconnait une facette bien peu ragoûtante du Grand Charles, aussi surnommé la Grande Zohra par ces ô combien détestables pieds-noirs : C’était un raciste hors pair. « Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français » ou encore « Mon village ne s’appellerait plus Colombey- les-Deux-Églises mais Colombey les deux mosquées » !

Relevons, une fois n’est pas coutume, que Benjamin S s’accorde parfaitement avec l’hebdomadaire Rivarol (édition du 7 juillet 2006) : « Le Grand Charles ? Un grand raciste. » (9). Ajoutons à cela, s’il faut en croire un témoignage repris à l’occasion d’une émission sur Gaston Monnerville diffusée à deux reprises par LCP, notamment le 24 octobre 2021, cette remarque de la plus parfaite goujaterie gaullienne à propos de Madame Monnerville lors d’une réception officielle : « Je ne comprends pas qu’une blanche épouse un noir » !

Jean-Michel WEISSGERBER

Transmis par Maurice Calmein

Retour aux articles JM. Weissgerber

Renvois:

(1)   S comme servile, soumis ou stipendié ?

(2)   Ce jour-là, l’officier Rabah Khélif sauva l’honneur de l’armée française en désobéissant aux ordres.

(3)   Cela fait 60 ans que l’on peut mesurer la signification de l’expression Deux poids et deux mesures…

(4)   Dans les pays anglo-saxons, apartheid et discriminations ; sous la souveraineté française, rien de cela au moins officiellement. En 1921, le plus prestigieux des prix littéraires décerné à un noir. Quid des USA qui ne cessent, un comble, de nous faire la leçon aujourd’hui ?

(5)   Cela me rappelle Pierre Dac et Francis Blanche : « Pouvez-vous nous dire… ? », « Vous pouvez le dire ? », « Il peut le dire, bravo ! ».

(6)   Christian de la Mazière, ancien SS de la Division Charlemagne, tombeur de Dalida, Brigitte Bardot et Juliette Gréco, avait bien autre chose à faire que de s’enquiquiner avec la politique !

(7)   Plusieurs cas avérés de personnalités du FLN qui débutèrent leur carrière politique à l’ombre de la Croix gammée. J’ai évoqué à plusieurs reprises la figure emblématique du SS Mohamed Saïd dans Riposte laïque et Jeune Afrique.

(8)   Voir ma contribution du 7 septembre 2019 publiée par Riposte laïque.

(9)   Un de mes anciens amis qui a milité dans le Mouvement Jeune Révolution m’a assuré que De Gaulle était bien le plus illustre des Français car il était une grande canaille au milieu d’une multitude de petites…

 

                     

 

Publicité
16 juillet 2021

LARGAGE MAISON DU CAILLOU

Par Jean-Michel WEISSGERBER

 Colmar le 12 juillet 2021,

Perspective d’avenir biscornue pour le « Caillou » en voie de « largage – maison » par la classe politique française.

Je me pose une question depuis des années : est-il possible de faire pire qu’à Évian, dont on va bientôt célébrer, toute honte bue, l’anniversaire des « accords » ?

Hélas oui ! Avec la nouvelle Calédonie !

Après une prétendue session d’échange et de travail, tenue à Paris fin mai et début juin 2021, Sébastien LECORNU, actuel ministre des Outre-Mer, s’évertue à nous mentir et à nous endormir :

1) Il prétend qu’une période de convergence et de stabilité, prévue du 13 décembre 2021 au 30 juin 2023, va permettre à la France de sécuriser la fin de l’accord de Nouméa ! Afin d’asseoir l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, seront traités (excusez du peu !) les inégalités sociales et économiques, le système éducatif, le bilan de la décolonisation (un nouveau torrent de repentance en perspective !), un travail collectif de mémoire et de réconciliation (et re-repentance heureuse !).

Pourquoi cela n’a-t-il pas été accompli depuis la poignée de main LAFLEUR-TJIBAOU ?  (chef canaque mort français !).

Au fait, si l’indépendance l’emporte avec une seule voix, la France n’a plus rien à dire…

 

2) Personne ne tique concernant une question cardinale : qui bénéficiera de la double nationalité ?

C’est clair : resteront Français les Caldoches et assimilés, et deviendront citoyens Kanakes d’office tous ceux qui relèvent du droit coutumier !

Pas très constitutionnel et égalitaire, mais nos antiracistes et anticolonialistes indécrottables ne protesteront pas !...

Et puis, bon courage à la jeunesse Canaque, qui avec un passeport flambant neuf, avec le label Kanaki, fabriqué en Chine (c’est moins cher), affrontera les difficultés du monde moderne et les requins qui s’abattront sur le « Caillou » !

Voilà où l’on en sera après le voyage éclair de Rock VAMYTAN, tenu secret au lendemain des résultats du deuxième référendum, ayant vu se rétrécir la masse des voix loyalistes, déjà passablement malmenée avec la scandaleuse restriction du corps électoral.

Alors, avec moi dites NON à la forfaiture et à la trahison !

Jean-Michel WEISSGERBER , Patriote français au combat depuis un bon demi-siècle.

Article transmis par Maurice Calmein

Retour aux articles JM. Weissgerber

3 avril 2021

LE CARICO

Pour faire un carico il faut :

D'abord un plan, mais quelque chose de sérieux car c'est un engin de transport dans lequel on est pas installé en toute sécurité, soit assis, soit couché dessus et presque à plat-ventre et debout,,,c'est la position la plus casse gueule.

Des planches, ça c'est pas trop compliqué à trouver mais il faut quand même s'en occuper,

Des clous, des vis et même des boulons si on veut faire les choses bien et c'est la quincaillerie qui se trouve le plus facilement dans la caisse à bricolage de nos parents.

Et puis le plus dur à se procurer ,,,, les roulements à billes.

Nous avons écumé tous les garages de la ville,les agences Peugeot, Renault, Citroën, Simca, Panhard et choux blanc, nous n’avons rien trouvé,,, des neufs oui, et là nos tirelires ne pouvaient pas faire face.

- On laisse tomber dit Bernard nous n’aurons jamais temps de nous entraîner correctement.

Car cette construction de carico, c’était pas pour rien, la bande de la place Hoche organisait une grande course et nous avait invité à y participer.

Il y avait une équipe de la rue de la cagaruta (rue Bernardin), une autre de Saint Pierre supérieur, une de Saint Eugène et peut être une ou deux de Gambeta.

- Joai tché , on va pas se dégonfler, on vient de me passer le parcours : Départ rue de Mostaganem, puis rue Beauharnais, on tourne rue de la cagaruta ( Bernardin) ensuite rue de Turenne jusqu’à la rue Dufour, on arrive place Hoche et pour finir arrivée au stade du Caïd. C’est pas mal non ?

- Et à chaque changement de rue il faut changer de pilote ?

- Et oui Bernard , Rue de Mostaganem/Beauharnais un pilote jusqu’au virage de la rue Bernardin et là changement de cavalier jusqu’à la rue de Turenne, descente très raide jusqu’à la rue Dufour. Puis enfin Place Hoche avec arrivée au stade du Caïd. Ce qui nous fait cinq pilotes et deux pilotes remplaçants car les cotes sont raides et je le souhaite pas mais des chutes sont possibles et il faut tout prévoir.

- Et si on a pas de roulements on fait quoi ?

- Demain de très bonne heure avec Georges nous montons à Santa Cruz pour brûler un cierge por si las moscas !!!

- C’est vrai, dit Marcel, que vous êtes de vrais santicos !

Et toute la bande éclate de rires.

Neuf heures, Kader son seau et sa peau de chamois arrive dans la rue, Kader a un grand sourire, il pose le seau devant nous et dit :

- Regardez ce que j’ai trouvé au Hambri.

- T’as trouvé une peau de chamois, t’es fort Kader.

- Mais non, besugo, regarde sous la peau de chamois.

- Purée Kader t’es le roi des rois, comment t’as fait ça ?

- ça c’est mon grand secret et surtout ça reste entre nous, vous dites pas que ça vient du hambri.

- Ecoute Kader c’est souvent qu’on monte au Hambri pour acheter, des jeans, des blousons ou des écussons et on a jamais vu de roulements.

- Les amis le hambri c’est très compartimenté, il y a l’habillement mais aussi l’outillage, la ferraille diverse et variée, le cuir, les pièces détachées auto et plein d’autres choses, si tu veux des babouches tu les trouveras pas à la ferraille etc. Il faut connaître tous les coins et toutes les spécialités, si non tu te perds la bas dedans.

- En tous cas mille fois merci Kader hé les copains un banc pour Kader un, deux, trois

Et toute la bande se met à taper des mains en scandant « un banc pour Kader, un , deux, trois, un, deux trois, quatre cinq un deux trois…. »

- Chuuuut dit Kader vous allez attirer l’attention des folloneros de taxis, et ils vont me poser des tas de questions que j’ai pas, mais alors, pas du tout, envie d’entendre,

Bon maintenant, gros problème, il faut construire le carico en toute discrétion, car nos parents n’aiment pas trop les caricos à cause du bruit et surtout de la dangerosité de l’engin.

Chez moi en sous sol il y a un couloir qui mène des caves des locataires à la cour intérieure de l’immeuble. Les seuls qui empruntent ce couloir sont les deux bouledogues poitrinaires, de la concierge, madame Tobaruela, Mais elle ne parle que l’espagnol et si on ne fait pas trop de jaleo elle ne dira rien.

Et puis ce couloir servira à entreposer notre matériel en toute discrétion, bien entendu à onze heures trente le matin et à dix sept heures trente l’après-midi il faudra tout ranger soigneusement.

Bon les artistes demain huit heures moins le quart chez moi, il faut absolument que demain soir le carico soit prêt, et que l’on décide de chaque pilote pour faire le « road book.»

- Le road quoi ? Purée René tu t’es torché avec le Larousse anglais/français ou quoi ?

- C’est le plan du parcours avec tous les détails, pilotes compris, esta bueno ?

- Aller les amis hasta mañana.

La nuit a été compliquée, j’ai tourné et retourné dans le lit, des roulements mal graissés qui ne voulaient pas rouler, des rues Beauharnais et de Turenne dans la pente n’arrêtaient pas de tomber en à pic, la trousse à pharmacie qui était à moitié vide, le sparadrap qui ne collait pas, enfin tout pour rendre un homme heureux.

Au matin, maman qui voit l’état de mon lit, met tout de suite sa main sur mon front :

- Que passa hijo tu as de la fièvre ? Non tu es frais comme tout et elle me fait une grosse bise sur le front.

- C’est rien maman un peu de cauchemar, j’ai rêvé que je perdais au foot.

- Le foot c’est pas grave, faut pas te mettre comme ça !

- T’as raison maman, mais je commande pas mes rêves.

- Que tonto, heureusement que tu commandes pas tes rêves, dit elle en riant.

Maman et ma frangine sont parties au boulot, les copains ne vont pas tarder à arriver, un grand bol de café con leché et des tartines de pain grillé bien beurrées et me voila prêt pour la réunion de préparation du carico et de la course.

Georges déplies une grande feuille de papier où sont dessinés tous les plans du carico de course, toutes les dimensions sont indiquées avec précision, un vrai travail de pro, il répartit les tâches de chacun et la maison devient un vrai atelier, ça scie , ça coupe, ça visse,ça boulonne, ça ponce et Georges nous peint la tête de Popeye le marin qui est notre signe de reconnaissance,  à midi la bête est pratiquement prête, il ne reste que l’assemblage des différentes parties et en fin d’après midi le carico sera opérationnel et il ne nous restera plus qu’à l’essayer.
Un sérieux coup de ménage à onze heure et demi, avant que maman et ma sœur ne reviennent du boulot.

L’après-midi, se passe sans encombre,en une heure les parties sont assemblées, notre carico de course ne demande plus qu’à prendre la route.

Une tournée générale d’eau fraîche et de coco pour fêter ça.

« Bon, demain matin, les amis rendez vous devant le temple protestant de la rue Elisée Reclus à l’angle du boulevard des chasseurs ».

Le lendemain à huit heure trente pile, toute la troupe se retrouve devant le temple.

« Norbert et Bernard vous vous placez au croisement de l’avenue Alsace Lorraine pour faire gaffe aux voitures, Robert et Marcel pareil à l’avenue de la vieille mosquée, dès que le carico est passé on se retrouve boulevard front de mer. »

Georges enfourche le « bolide » et je le suis à pieds. « Pas trop vite Jo gaffe aux autos. »

Tout se passe à merveille, aux deux croisements aucune circulation et nous nous retrouvons fous de joie boulevard front de mer.

Nous emplissons nos poumons de l’air marin du grand large, le carico s’est super bien comporté, tenu de mains de maître par Georges.

La vue est magique de la montagne des Lions à Santa Cruz.

Le port défile sous nos yeux et nous rappelle nos exploits, le souvenir de ma canne à pêche me donne un coup de blues, bien vite passé, car cette fois c’est certain nous somme prêts pour la course.

Comme d’habitude lorsqu’il y a des décisions importantes et secrètes à prendre la bande se retire au petit jardin face au square Cayla le but est d’étudier le parcours dans ses moindres détails et de décider qui pilotera dans chaque secteur.

Pour ne pas attiser la curiosité des riverains du quartier Saint Pierre, nous décidons de nous diviser en deux groupes de trois pour inspecter les lieux de la course.

Georges, Bernard et moi dans un premier temps puis Robert, Norbert et Marcel une demi-heure plus tard et toujours dans un souci de discrétion nous ne ferons pas le trajet dans le sens inverse de la course, mais en partant directement à l’angle de la rue Beauharnais et de la rue de Mostaganem,

Et nous attaquons la rue de Lourmel, à l’angle rue d’Arzew c’est là que se situe le bar le Sphinx une des meilleures Kémia d’Oran et devinez qui est là, attablé devant deux cafés, le papa de Bernard qui joue au Jacquet contre un adversaire inconnu, il a commandé deux boissons et après chaque lancé de dés il change de place et joue contre lui même, comme ça il est toujours sur de gagner.

Bernard se fait tout petit pour échapper à la vue de son père, mais celui ci trop pris par la partie,ne lève pas les yeux de sa plaque de jeu.

Puis, un peu plus haut, le cinéma Richelieu une des plus belle salle d’ORAN . Il faut dire que dans le coin dans un rayon de cinq cent mètres, il sont nombreux les cinémas, le Colisée, le Regent, le Mogador, l’Idéal et même le studio des jeunes que les gamins du tout Oran appellent « le Bazooka », va savoir pourquoi. C’est le cinoche le moins cher de la ville et il drague toute le jeunesse , ses séances ont lieu le jeudi et le dimanche,

Bon revenons à nos moutons et à l’ascension de la rue de Lourmel, car le pente est de plus en plus raide.

Un peu essoufflés nous accostons rue de Mostaganem, après quelques mètres nous abordons la rue de l’Alma, puis la rue de l’abricotier et voila la rue de Turenne.

Plus que quelques mètres et nous arriverons rue Beauharnais le point de départ de notre grande aventure.

Sur le seuil de son magasin, une mamie tout de noir vêtue, les cheveux argentés peignés en un chignon sévère, nous regarde d’une drôle de façon, sur la porte de l’estancot s’affichent les illustrés de la semaine,Diabolo,Akim, le journal de Mickey, Blek le Roc et bien d’autres. Soudain une délicieuse odeur vient chatouiller nos narines,nous arrivons rue Beauharnais et se sont les délicates effluves de la biscuiterie Nord Africaine qui viennent nous ouvrir un appétit de douceurs.

- Voilà les gars c’est ici le point de départ, vous voyez la rue n’est pas large et nous seront au moins cinq équipages, il faudra jouer serré car un moindre écart pourrait nous faire perdre un temps précieux.

- Oh René que nous vaut l’honneur de te voir dans le quartier ?

Je suis surpris, mais je reconnais André le chef d’équipe de la biscuiterie,

-Salut André, je faisais visiter mon ancien quartier à mes amis,

-C’est bien les jeunes, tenez me dit-il l en me tendant une boite de madeleines « la Princesse » C’est notre dernière création, tu m’en diras des nouvelles.

-Un grand merci André, et le vélo c’est toujours d’actualité ?

- Plus que jamais, en ce moment je me prépare pour le critérium de l’écho d’Oran, et ton grand frère t’as des nouvelles ?

- Toujours à Paris encore six mois de stage.

- Tu lui passeras le bonjour.

- Pas de problème, et encore merci pour les madeleines.

Et oui les gars c’est ici que j’habitais à l’angle de la rue Dampierre,, juste en face de la biscuiterie.

On continue, voici la grande menuiserie Viscaino qui fabrique des glacières pour les brasseries et les grands magasins, c’est ici à l’angle de la rue Damremon que l’on faisait la fuguéra de la saint Jean, hum le goût des fèves au cumin que l’on nous offrait me reviennent en mémoire.

Vous voyez comme la pente est abrupte, nous arrivons rue de la cagaruta( rue Bernardin).

- Pourquoi la cagaruta ? Demande Georges

- Autrefois cette rue était un chemin de terre et les bergers conduisaient leur troupeaux par là pour aller sur les herbages de la colline et tu sais, ces bêtes ne respectent rien et caguaient au milieu de la route.

- Que azco dit Bernard,

- Mais non ce sont des petites billes d’herbes sèches et ça ne sent rien.

Bien, vous voyez le virage ne sera pas facile et c’est là que l’on change de cavalier

- Ben moi je veux bien,dit Bernard, car c’est plat et je pourrai tout donner.

- Ok. Mais tu feras bien gaffe la rue est un peu défonce et attention de ne pas péter un axe de roulement. Nous arrivons rue de Turenne et là tu me files le carico et je fonce jusqu’à la rue Dufour et ça descend sec,il ne faudra pas que je m’éclate contre la cave Sénéclauze, (c’est une des plus grande cave d’Oran et en pleine ville ce qui est assez rare, le nectar de chez Senéclauze est réputé dans toute la France,) mais le virage est large et là je proposerai à Robert de prendre le relais, arrivé place Hoche c’est Georges qui si colle jusqu’à l’arrivée au stade du Caïd, je proposerai à Norbert d’être l’infirmier de service et à Marcel d’être pilote remplaçant en cas de casse.

Et voilà le programme,la descente à été plus aisée que la montée rue de Lourmel.

Nous arrivons sous les arcades de la rue d’Arzew.

- Alors vous en pensez quoi ?

- C’est pas mal, mais il faut en discuter avec les autres.

- Bon dés que les autres arrivent on se retrouve à la maison et nous faisons le point en dégustant les bonnes madeleines «  la Princesse » et une tournée de limonade bien fraîche que j’ai acheté avec notre cagnotte.

Cette cagnotte est le fruit des épines d’acacia, je vous explique : au campico du front de mer il y a des acacias garnis de grandes épines, de temps en temps, nous en faisons la cueillette et nous les portons dans différentes brasseries, c’est l’outil idéal pour déguster les escargots de la kémia, sans se salir les doigts, les clients peuvent extraire la bête de sa coquille et quand le patron est bien luné ça nous rapporte quelques pièces et une tournée de limonade.

La bande est maintenant au complet on va pouvoir discuter sérieusement du parcours et de ses embûches.

- René tu nous as tout expliqué, mais, dis moi, le carico il descend tout seul de la rue de Mostaganem ?

- Pourquoi tu me dis ça Robert ?

- mais que leche ! Tu es tonto ou tu fais exprés ?

- Purée mais t’as raison

-Je sais et je sais surtout qu’il faut être un peu médio loco pour faire cette première partie et le plus grand médio loco et surtout casse cou c’est Norbert qu’en penses tu amigo ?

- René, dit Norbert, est-ce que je peux avoir une madeleine de plus ?

-Pos bien sur,

-Alors je suis plus que d’accord !

Et toute la bande applaudi, car ce premier tronçon est plus que casse gueule, mais Norbert se sent prêt a y aller et il ne faut pas le décourager, bien au contraire.

- Donc Marcel sera infirmier et pilote en cas de chute  et au cas où nous improviserons pour l’infirmier.

Autre nouvelles les amis ce soir il faut présenter notre carico dans la cour à l’arrière du bar Setiens pour l’homologation

- C’est quoi c’t histoire ?

-Tous les caricos participant à la course doivent être présentés pour voir s’il n’y a pas de trempas,

-ils ont peur qu’on branche un moteur électrique ? Dit Marcel.

-Je sais pas, je pense, qu’ils vont coller des numéros bien visible sur nos chars d’assaut, mais nous irons, qui c’est qui vient avec moi ?

-ça me dérange pas.

-Ok Marcel rendez vous à cinq heures ce soir devant l’église adventiste.

-Une dernière chose très importante : Norbert prend le premier relais, Marcel, l’infirmier de service, le suit et suivra la course jusqu’au bout, Bernard prend le relais, Norbert et Marcel sont derrière et ainsi de suite il faut que toute la bande arrive ensemble au stade du Caïd et qui c’est les meilleurs c’est les Popeyes de la rue Élisée Reclus : « Caramous, caramous, caramous cow cow et sardina hé bab riba !!!» crie en chœur toute l’équipe. 

Et à Cinq heures ,nous voila, avec Marcel, place Hoche et une bonne odeur de brochettes grillées nous chatouille les papilles.Ben oui le bar Setient est ouvert et tout d’un coup un jaléo, Denis de la rue Nobel à Gambetta que je connais bien, s’embrouille avec le fils du jolatero

- Que passa Denis ?

- Cette bande de tchancléros, y veulent pas homologuer mon carico,

- Et pourquoi ?

- Parce que les roues c’est pas des roulement à billes

- Et c’est quoi ?

- Des roues de landau.

- Tu déconnes Denis, vous êtes tombés du caminico de la muerte à la rue Nobel, da te cuenta un carico avec des roues de poussette et tu t’étonnes qu’il ne soit pas homologué ?

- J’aurais essayé mais trouver des roulements c’est pas évident corre y busquas et tu trouves rien, Aller tchao René et à bientôt avec les « Tchumbos avariés »

- Tchao Denis, hasta la otra.

Ah lala, « les tchumbos avariés » c’est une autre aventure que je vous raconterai un de ces jours .

- Merci René d’avoir convaincu Denis que c’était pas possible, à vous, fais voir l’engin.

- Je présente notre magnifique carico au jury, Laurent, le jolatero fils, emporte le carico et revient dix minutes plus tard,

- C’est d’accord les gars, vous avez le numéro trois que l’on va peindre dessus et on le garde vous le récupérez demain à partir de huit heures et demi, à dix heures moins le quart toute votre équipe doit être en place. Départ de la course dix heures précises, tout retard est éliminatoire.

- Quelle assurance on a que nos engins ne risquent rien au fond de cette cour ?

- La porte sera bouclée à double tour dès que le dernier carico aura passé son homologation.

- Tu ne m’avais jamais parlé de cette clause,

- Le comité d’organisation a décidé cela pour éviter des modifs de dernière minute et que tout le monde soit sur un pied d’égalité.

- Je m’incline mais je te le dis, j’aime pas trop ça, aller tchao à demain.

Le lendemain à huit heures trente pétantes Norbert et Marcel se présentent place hoche pour récupérer le carico, Norbert passe l’inspection de l’engin tout semble correct , et ils attaquent la grimpette vers la rue de Mostaganem.

Cinq caricos se sont vus valider leur participation : place Hoche, Saint Eugène, Élisée Reclus, Saint Pierre supérieur et le plateau saint Michel,

Tout à l’air super bien organisé, des groupes de deux sont prêts a intervenir pour barrer les voies au passage de la course. C’est incroyable mais de nombreux curieux commencent à garnir les trottoirs.

- Purée , Marcel, mais c’est que c’est du sérieux, là faut pas se louper si l’on ne veut pas attraper la jachma de notre vie, j’espère que les copains sont en place et que nous allons tout donner,

Bon Norbert regardes les caniveaux au bord de chaque trottoir, c’est pas du lisse, c’est du pavage si tu te mets la dedans t’es bon pour la casse, t’es N° 3 c’est tout bon, tu seras calé entre les quatre autres, mais attention aux écarts. Et arrivé à la cagaruta prends le virage pas trop sec, Bernard sera prêt pour le relais,

Dix heures moins cinq, Laurent arrive avec un magnifique drapeau à damier noir et blanc, tous les pilotes sont alignés sur la ligne de départ.

- Messieurs, vous êtes prêts : quatre, trois, deux, un, partez !

Dans un infernale vacarme les caricos s’élancent et avalent la rue Beauharnais sans coup férir, arrivés à la cagaruta le n°4 ripe en plein virage et heurte le N°5 qui bugne sur le trottoir et perd son roulement avant L ’arrêt brutal le fait chuter, pour lui la fête est finie.
Heureusement pas trop de mal pour le pilote, juste quelques tchichotes et des éraflures légères . Des spectateurs le prenne en charge un coup de mercure au chrome y basta,

Les autres au coude à coude foncent vers la rue de Turenne, Bernard prend le virage comme un champion et passe en tête, j’ai juste le temps de sauter sur le carico à sa place et en avant la musique à fond la caisse, j’ai l’impression que la cave Sénéclauze va me sauter dessus, un petit coup de volant a droite puis brusque ment à droite et je suis rue Dufour en douceur, Robert prend ma place et vlan direction place Hoche et elle est vite là, virage serré et Georges se jette sur le carico.

Le N°5, plateau Saint Michel fait un tout droit et d’un blinco il abandonne sa monture,un roulé boulée et il est debout, nous ne somme plus que trois et Georges est toujours en tête.

Soudain un grand » CCCCCCCCracccc ! l’essieu arrière casse arrivé rue de Tracktir, le carico ziguezague et stoppe, Georges et fou de rage, place Hoche et Saint Eugène franchissent l’entrée du stade du Caïd et place Hoche d’une courte tête gagne la course.

Bernard vient vers moi et me dit en me montrant le morceau d’essieu cassé avec le roulement à bille bien fixé dessus.

- Regarde René, tu vois comme moi ?

- Oh putain d’enfoirés !

Sur l’estrade dressé les réjouissances vont bon train, j’arrive avec mon morceau d’essieu vers le jolatero

- René désolé mais vous êtes éliminés, c’est vrai c’est rageant mais c’est la loi du sport !

- La loi du sport, tu te fous de moi Laurent ? Regarde l’essieu , si tu appelles ça du sport de scier une partie de l’essieu d’un concurrent, le vrai sport c’est d’annuler cette course truquée, je t’avais dit que laisser les caricos toute la nuit chez vous c’était bizarre.

- Tu m’accuses d’avoir truqué la course ?

- Je t’accuses de rien du tout je constate

- Bon je réunie le comité de d’organisation et je reviens.

Cinq minutes plus tard Laurent revient avec trois autres gars que je ne connais pas.

- René, comme vous étiez bien en tête et que le carico a cassé à l’entrée du stade, nous vous donnons le prix de la combativité et vous serez invités d’office lors de la prochaine course.

- Désolé tout cela c’est très bien, mais je veux que soit reconnu officiellement le sabotage.

Annonces le au micro,

Un quart d’heure plus tard, Laurent saisi le micro et annonce :

- Mesdames et messieurs, nous avons constaté le sabotage du carico des Popeyes, comme ils ont fait la course en tête, le directeur de la société Skill offre à l’équipe trois roulements à billes neufs qui vont leur être remis officiellement, leur donne également la coupe du grand prix de la combativité et les prie de recevoir toutes nos excuses, une enquête va être diligentée dès ce soir, car nous ne pouvons supporter que de tels actes soient organisés place Hoche et merci à tous pour votre participation.

Le pot de l’amitié est offert par la société CLO car tout le monde sait que « si c’est CLO c’est sain ». Bonne journée à tous.

- Bon c’est pas mal les gars et vive les popeyes !!!

Après cette journée bien remplie, retour a casa, maman a mit la table et me tend une enveloppe :

- Tiens fiston on ma porté ça pour toi

Surprise, surprise :

Excuses moi René, je me suis trompé de carico et c’est le tien qui a ramassé les coups de scie, je pensais m’attaquer à celui de la place Hoche, ces enfoirés n’ont pas voulu homologuer mon carico, j’ai crocheté la serrure, un jeu d’enfant pour moi, Désolé ne cherches pas à savoir qui je suis, à titre de revanche je vous dois bien ça,

30 mai 2021

MESSE BASSE A L'ELYSÉE

Sur le sort de la communauté harkie

Par Jean-Michel WEISSGERBER

Colmar, le 25 mai 2021.

          Le 10 mai 2021 s’est tenue à l’Elysée, en présence d’Emmanuel Macron, une réunion d’une heure et demie pour aborder la question d’une loi de réparation concernant la communauté harkie. Pour le moment, « y en a pas bezef » à la connaissance du public… Pourtant, cette audience est censée être le premier pas vers une juste reconnaissance (enfin !) pour une communauté honteusement sacrifiée (1). Seul le site Harkis Dordogne a très brièvement évoqué une rencontre où quatre autoproclamés représentants des harkis se sont soumis (je cite) à « un devoir de confidentialité ». Ces quatre illustres « pénitents » sont les ci-après nommés Serge Carel, Mohand Hammoumou, Claire Tassadit Houd et Dalila Kerchouche.

         Lorsque l’on sait que le dit Hammoumou a accepté de passer sous les fourches caudines des sieurs Harbi et Stora (tiens tiens !) lors de la publication de l’ouvrage « La guerre d’Algérie-1954-2004 » (2), il y a de quoi être à la fois inquiet et scandalisé. Et il y en a qui s’imaginent que le temps des « béni oui-oui » et des notables est définitivement révolu…  Lorsqu’on lutte pour faire aboutir une revendication claire et légitime, il n’y a strictement rien à cacher !

         Les harkis ne peuvent plus être les dindons d’une farce dont les principaux protagonistes apparaissent être jusqu’à présent l’Etat français et les clans d’outre-Méditerranée…

         Pour conclure, je ne peux que me référer à la haute autorité de Boualem Sansal qui, dans la revue l’Arche de mai-juin 2021, proclame fort justement : « La réconciliation est pour tous ou pour personne ». L’ami Boualem souligne très opportunément qu’en ce qui concerne l’abandon des pieds-noirs et des harkis, « la France a fait montre d’un cynisme qui de nos jours la ferait condamner pour génocide contre l’humanité par la justice internationale ».

(1)   24000 juifs français martyrisés, au moins quatre fois plus de musulmans français. Assurément, le scandale majeur de la Cinquième république !

(2)   Page 12 : « Nous devons nous distancier du texte de Mohand Hammoumou et Abderhamen Moumen sur les harkis, dont l’analyse se fonde sur la négation du fait national algérien ».

Jean-Michel WEISSGERBER

Article transmis par Maurice Calmein

Retour aux articles JM. Weissgerber

22 mai 2021

RAPPORT AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE SUR LA JOURNEE DU 5 JUILLET 62 à ORAN

Par Jean François PAYA

            Le rapport demandé par le Président de la république, à l'Historien Benjamin Stora sur l’état des lieux concernant l’histoire et les mémoires de la guerre d’Algérie préconise «la mise en place d’une commission mixte d’historiens Français et Algériens pour faire la lumière sur les enlèvements et assassinats d’Européens à Oran en juillet 1962 "Donc singulièrement sur la journée du 5 Juillet 1962 dans cette ville !

Par JF PAYA auteur présent à Oran

           Certains correspondants nous demandent  encore une fois de synthétiser sur la base des nombreux documents existants et de nos témoignages de terrain les tenants et les aboutissants tragiques de cette journée "charnière " du 5 juillet 1962 à Oran  L'INDÉPENDANCE  DE L'ALGÉRIE Reconnue officiellement par la France à compter du 3 Juillet 62 suite au référendum du 1 er Juillet 62 "Ben Bella a perdu la partie" Télé Française la veille du 3 juillet entrée à Alger du GPRA; donc commentaires erronés donnant ce dernier "ayant gagné la partie" et l’ALN des frontières se soumettant au GPRA "dans cette course de vitesse " pour le pouvoir, ce qui a certainement favorisé les manœuvres de l'état-major de l'ALN explicité ci-dessous et la fausse neutralité préconisée par le pouvoir Gaulliste Français et le gel de l'armée FAF qui en réalité avantage le clan Benbelliste même un Historien débutant comprendrait cela !

https://www.ina.fr/video/CAF97505631/algerie-l-independance-video.html

           Le statut des Forces Armées Françaises découlait de la déclaration relative aux problèmes Militaires jointe à l'accord de cessez le feu (JO du 20 Mars 62) ---leur mission essentielle étant de contribuer par leur présence etc… Elles devront être en mesure d'intervenir pour porter secours en cas d'agression aux ressortissants d'origine Européenne ou se réclamant de la nationalité Française ---(sic)---------

           Mais nous avons déclaré : cafouillage le 5 Juillet à la préfecture d'Oran le préfet Français est encore formellement en place mais se voit signifier (illégitimement) son remplacement par Lahouari Souiah (Benbelliste notoire) désigné arbitrairement par le chef de la Willaya V en date du 5 juillet ! normalement il aurait dû attendre selon les accords d’Évian une directive de l'Exécutif provisoire d'Alger seul habilité à nommer les préfets et non obtempérer à une directive émanent d'un membre soumis à l'autorité de Boumédiène (démis par le GPRA )et de Ben Bella ;c'est bien pour cela que ce dernier le régularisera avec effet rétroactif qu'à la date du 6 le 11 Septembre (archivé) après l'entrée de Ben-Bella et Boumédiène à Alger!" CONSÉQUENCES LOURDES le Préfet Français en place encore représentant selon les accords d'Évian "l'Exécutif Provisoire " seule autorité légale en Algérie aurait dû devant la carence de “la force locale” et l'urgence demander l'intervention de l'Armée Française en légitime défense comme prévu pour nos ressortissants (De plus : pas pour" régler un problème entre Algériens")

           Ni le préfet Français ni le général Katz n'ayant suivi cette procédure on peut légitimement douter qu'ils l'aient fait sans l'ordre au moins verbal de l'autorité Française supérieure ! à quel niveau ? (Ce qui fait douter de la pseudo neutralité Française)

           Un Témoignage très intéressant nous dit "à 10 H le nouveau préfet d Oran n'est pas encore nommé (normalement par l'exécutif d'Alger)

           Singulier le préfet d'Oran Lahouari Souiah n'a pas été désigné primitivement par l'exécutif provisoire mais dès le 5 juillet par une lettre du colonel Othmane chef de la willaya V (Oranie) inféodé à l EMG d'Oujda. Lettre au Préfet d'Oran “sortant” qui fait ses bagages dixit JP Chevènement, l’officier détaché à la préfecture) (sources Archives et Historien Algérien Omar Carlier)

           NB : Pour procédure et exemple suivi scrupuleuse des Accords d'Évian : selon art 24 titre VII le 26 Octobre 62/ A Farés remet les pouvoirs de l'exécutif provisoire au président de l'Assemblée Nationale F Abbas.

           En ORANIE la willaya V appendice de l'ALN d'Oujda, était surtout composée de ralliés de la dernière heure et de déserteurs de la Force locale musulmane. Il faut souligner qu'en ORANIE les katibas de l'intérieur avaient été pratiquement anéanties par l'Armée Française. Le chef de cette willaya, le colonel Othmane acquis à Boumediene, préconisa des défilés de manifestations encadrés dès le 3 Juillet, y compris à Oran où 4 à 5 katibas (compagnies) de l'ALN locale reconstituée après le 19 Mars, défilèrent à la limite des quartiers musulmans. Il en fut de même dans toute l'Oranie sans incident notable.

           A Oran un "comité de réconciliation " avait été créé avec des notables Européens, et les derniers commandos de l'OAS voguaient vers l'Espagne avec l'accord tacite des autorités, tandis que les Européens, résignés participaient en majorité au référendum du 1er Juillet pour des raisons évidentes de sécurité. Armée des frontières contre GPRA Mais pour radio Alger, de nouvelles manifestations furent demandées par le GPRA pour le 5 Juillet, destinées à le " faire valoir ". Cette manifestation à Alger devait être présidée par Ben Khedda et Krim Belkacem les ennemis jurés de Boumediene et de Ben Bella. Pour les conjurés d'Oujda qui allaient ensuite s'installer à Tlemcen, cela ne pouvait se passer ainsi.

           Il leur fallait démontrer que les partisans du GPRA n'étaient pas capables d'assurer l'ordre tout en conjurant le risque d'une enclave européenne dans la zone Oran - Oran Mers el Kébir. Mais surtout ils préféraient avoir un prétexte pour faire intervenir massivement cette armée des frontières sans paraître faire un coup d’État. Bien sur la population ne comprenait rien à ce qui se passait et nous l'avons vue après le 5 Juillet, le long de la route Tlemcen Oran acclamer ces troupes, casquées, équipées de neuf, qui étaient supposées aller combattre l'OAS à Oran.

           Mais une fois sur place, elles mirent surtout au pas leurs opposants et les éléments musulmans perturbateurs que la provocation avait déchaînés  Au départ un défilé pacifique Il faut signaler qu'à l'intérieur de l'Oranie bien tenue en main par les Ben bellistes, aucune manifestation pour le 5 juillet n'était prévue mais difficile de contrecarrer l'appel du GPRA diffusé par Radio Alger ;surtout à Oran, où les éléments anti-état-major étaient influents parmi certains cadres intellectuels FLN, syndicalistes UGTA et scouts Musulmans avec un vieux fond messaliste persistant et une question lancinante : "Où était cette armée de parade pendant les années de braises ? " Aussi ces responsables s'empressèrent-ils de suivre les consignes d'Alger, alors que le capitaine Bakhti représentant la willaya V et parachuté à Oran après le 19 Mars, avait prétendu " que rien n'était prévu à Oran " où l'activité reprenait. Des banderoles significatives furent préparées, telles " Non au culte de la personnalité “ ” Un seul héros le peuple " parmi les slogans habituels aux " martyrs de la révolution " allusions à peine voilées contre le groupe dissident d'Oujda, sibyllines pour la population mais moins pour les journalistes qui couvraient l'événement dont beaucoup se réfugièrent ensuite dans le bâtiment de " l'Écho d'Oran " durant le reste de la journée.

           Les pompiers pyromanes de l'ALN, bien sûr, nous n'aurons jamais un ordre de mission signé de Boumediene. Mais Mohamed Harbi a écrit : L'état-major a une vue cynique des choses, il désire ruiner l'autorité du GPRA avec Ben Bella, il ne reculera devant aucun procédé pour se saisir du pouvoir. Et le garder...La suite l'a prouvé ! S'il était besoin d'autres preuves de ces assertions, la crise ayant éclaté au grand jour, nous avons retrouvé dans la presse des communiqués moins confidentiels que le nôtre : tandis que le groupe de Tlemcen faisait appel à l'état-major pour rétablir l'ordre et la sécurité à Alger, un communiqué des willayas III et IV " accusait un réseau dirigé par Yacef Saadi de tirer sur les djounouds, espérant profiter de la confusion pour occuper la capitale et préparer l'arrivée des bataillons de l'ex état-major (Le Monde). Ils ne purent y pénétrer que le 9 septembre. Idem un message " gêné-super " de l'armée française signale des tirs et des provocations dans les quartiers de l'Agha et des facultés à Alger des cris incriminant l'OAS auraient aussi été entendus ! Mais le procédé qui avait si bien réussi à Oran fit long feu. Après l'occupation d'Oran cet ALN du Maroc progresse vers Alger où elle ne put pénétrer que le 9 septembre avec de durs combats contre les troupes fidèles au GPRA au niveau d'Orléansville

           A Oran l'avancée de l'ALN du Maroc (qui dût cependant réquisitionner camions et bus privés) venue rétablir l'ordre en pompiers pyromanes avait été avalisée par un GPRA abusé qui dans un communiqué du 6 juillet, annonce une attaque de l'OAS  avancée dans un premier temps par les Benbelliste d'Oran, argument vite abandonné pour incriminer ensuite des bandes anarchiques 

           Une fois de plus il y a bien eu le 5 juillet un coup monté (rumeur propagée par certains FLN (faction Benbelliste sur un retour des commandos OAS) provocation pour exciter la foule musulmane avec les tirs de comparses (derniers témoignages reçus) et confirmation des massacres et désordre pour faire intervenir l'ALN extérieure avec CARENCE DES AUTORITÉS FRANÇAISES conduisant de facto à cet objectif !

https://histoirecoloniale.net/le-5-juillet-1962-a-Oran-par-Jean.html    Effectifs de l'Armée Française à Oran le 5 Juillet 62

           Derniers faits : l’enregistrement de Monseigneur Pierre BOZ (ci joint) en poste à Oran où en 1962 il sera l'assistant de Monseigneur Lacaste évêque d'Oran dirigeant du secours catholique. il participe à des négociations avec un représentant officieux des autorités Française M Soyer, afin de faciliter le départ des commandos de l'OAS-Oran dont une partie quitteront Oran, à bord du bateau le «Ville d'Alger» à destination de Marseille, déguisés en brancardier de la Croix-Rouge. Négociations en rapport de force suite à l'incendie intentionnel des cuves mazout du port. Le 05.07.1962 Pierre BOZ est présent à Oran, il vivra les massacres des Français d'Algérie et des Musulmans par le « FLN » dans cette ville.

Enregistrement monseigneur Boz du 05 07 2006

           JF PAYA /SEUL ÉCRIVANT ACTEUR ET TÉMOIN PRÉSENT SUR LE TERRAIN A ORAN ET RESTANT A LA BASE DE MERS EL KÉBIR JUSQU'A FIN 1964 POURSUIVANT L'ENQUÊTE RESPONSABLE d'un Groupe de recherches Oran 5 Juillet 1962

           Très bien pour ces précisions et cette inlassable recherche de la vérité si on a bien compris le 5 Juillet le GPRA via l'exécutif provisoire à Alger était présumé responsable du maintien de l'ordre, l'ALN extérieure qui briguait le pouvoir avait tout intérêt à provoquer du désordre pour démontrer l'incapacité du GPRA qui avait dissous son état-major, le plus facile et le plus proche pour le démontrer c'était à Oran d'autant plus qu'une partie de la direction du FLN local était pro GPRA ou du moins comme dito anti "État-major " d'autant plus que si la manifestation du 5 réussissait commandité par Alger c'était supposé à son avantage . Avec la neutralisation assurée des FA Françaises l’ALN des frontières prenait le beau rôle et assurait son avance vers le pouvoir évitant de s'intégrer dans les willayas comme le préconisait utopiquement le GPRA. Donc tout bénéfice de l'affaire d'Oran sans compter faire fuir les européens dans cette région où ils étaient encore les plus nombreux et où certains protagonistes ALN du Maroc craignaient à tort que se crée de facto une enclave "européenne" autours de la base de Mers-El-Kébir selon nos agents de renseignements.

           Jean-François PAYA en Service Base de Mers El Kébir 61/64 AC/Algérie

(Le FLN local était tout à fait capable de lâcher la bride ou non à une foule provoquée a y voir d'autres exemples sur 7 ans de conflit)

           Voir aussi remarquable Étude Historiographique de Guy Pervillé et Archives Militaires par Jean Monneret sur la journée du 5 juillet 1962

           Livre de Guy Pervillé. http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2014/07/18/30279526.html  

           Documents d'Archives Jean Monneret  https://jean-monneret.com/tag/5-juillet-1962/

https://jean-monneret.com/2019/09/24/5-juillet-1962-documents-darchives/

COLLECTIF ÉTUDES HISTORIQUES PN JF PAYA A/C Algérie classe 54/2 Cercle Algérianiste du Poitou

Retour ORAN LE 5 JUILLET 62 - CONCLUSIONS DU GROUPE DE RECHERCHES

Retour listes de tous les dossiers 5 juillet 1962

1 février 2021

LA FNACA ET LE RAPPORT STORA

par

TRAÎTE UN JOUR, TRAÎTE TOUJOURS

« Les événements font plus de traîtres que les opinions. » (François-René de Chateaubriand).

À la suite de mon article sur le « rapport Stora », un de mes lecteurs me déclare qu’il ne comprend pas ma position sachant, je cite, « que la plus grosse association d’anciens d’Algérie, la FNACA, est très favorable à l’idée d’échanges apaisés entre l’Algérie et la France ».
Autour de moi, beaucoup de gens ne comprennent pas pourquoi je m’insurge contre la commémoration du 19 mars 1962. Alors que, depuis François Hollande, le 19 mars serait « la date officielle de la fin de la guerre d’Algérie ». Les mêmes me font sottement remarquer que cette date a été « légalisée » par le Parlement ; elle serait donc aussi importante pour les Français que le 8 mai, le 11 novembre ou le 14 juillet. C’est une ineptie, doublée d’une félonie !

Combien de fois faudra-t-il que je répète qu’un citoyen est d’abord et avant tout un homme libre ? Ce n’est pas un « béni-oui-oui » : il doit avoir conscience de ce qui est juste et de ce qui ne l’est pas. Il doit aussi faire la distinction entre le Bien et le Mal. Or, ce qui est « légal » (ou officiel) n’est pas forcément normal ou encore moins moral. Dans notre histoire, les exemples ne manquent pas.
Le plus monstrueux est, pour moi, la « loi Veil » de 1975, légalisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG). On s’est arrogé le droit de tuer l’« infans conceptus », cet « enfant à naître » qui a des droits depuis la plus haute antiquité. Mais que les féministes, au cri de « notre ventre nous appartient ! », ont condamné à mort. Depuis la « loi Veil », à raison de 230 000 IVG par an (chiffre officiel), la France a tué plus de 9 millions de petits Français ; 50 % de victimes de plus que… la Shoah (1), c’est tout simplement monstrueux !

La France actuelle s’émeut du sort des ours pyrénéens, des porcs ou des volailles élevés en batterie et de la « souffrance animale », mais pas du massacre légalisé de SES enfants.
En 1981, les socialistes ont aboli la peine de mort et nous sommes arrivés à cette aberration : en France, on n’a plus le droit de tuer que… des innocents.
Les économistes vous diront que « la natalité française n’a pas eu à en souffrir »: vaste foutaise !!! Nous sommes, en fait, devant un phénomène de « remplacement de population ». Car, au sein de la « diversité » – celle qui voudrait nous imposer la charia – on n’avorte pas ; on se reproduit comme des lapins. J’ajoute – tant pis si ça déplaît ! – que les 9 millions de petits Français que nous avons tués légalement auraient pu nous être bien utiles lors d’une éventuelle « Reconquista » (2).

Faut-il rappeler aussi que la « légalité républicaine » est souvent à géométrie variable ?
Les juridictions d’exception qui ont fait fusiller Bastien-Thiry, Degueldre, Piegt et Dovecar étaient totalement illégales (puisqu’elles interdisaient tout appel ou pourvoi en cassation) (3).
Je pourrais citer aussi l’article 35 de la Constitution de 1793 qui stipule que :
« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »
Ce qui n’a pas empêché la Convention de faire massacrer 300 000 Vendéens qui voulaient seulement défendre leur fief, leur foi et leur roi. Souvenons-nous que le gouvernement de Jacques Chirac, par la loi du 29 janvier 2001, a fait reconnaître par la France le génocide… arménien de 1915. J’attends encore que mon pays, si prompt à donner des leçons au monde entier et à faire acte de « repentance », reconnaisse le « populicide » vendéen.

Un citoyen normal n’est pas obligé d’adhérer bêtement aux tendances « sociétales » votées par nos députés par pur clientélisme : ce n’est pas parce qu’un gouvernement socialiste a fait voter la « loi Taubira » autorisant les invertis à se marier entre eux que j’aspire aux derniers outrages, ni même à m’afficher au bras d’un giron.
Sur l’Algérie française, j’ai déjà écrit quatre livres (4). Aussi, au risque de me répéter, je rappelle :

a)- Que la date de la fin de la guerre d’Algérie (proclamation d’indépendance) est le 5 juillet 1962. Le 18 mars (et non le 19) est celle de la signature des « Accords d’Évian ».

b)- Entre ces deux dates, 670 soldats français seront (encore) tués par l’ALN qui ne respectera jamais la trêve décrétée par les Accords d’Évian. Seule l’armée française déposera les armes.
c)- APRÈS les accords d’Évian, 3 000 pieds-noirs seront enlevés par le FLN. Des femmes finiront dans les bordels de l’ALN, des hommes termineront leur vie de forçats dans des mines.
La plupart d’entre eux seront « portés disparus » et le sont encore aujourd’hui.
d)- 120 à 150 000 harkis, fidèles à la France, seront livrés désarmés aux égorgeurs du FLN.
Ils seront torturés, émasculés, brûlés vifs, massacrés ainsi que leurs familles, avec la neutralité bienveillante, voire la complicité du gouvernement français. Ce chiffre de 150 000, que certains historiens engagés mettent en doute, émane d’Ahmed Ben Bella lui-même.
e)- Lors de l’indépendance de l’Algérie, un million de pieds-noirs devront quitter le pays « une main devant, une main derrière », en abandonnant tout, car on leur laissait le choix entre « la valise ou le cercueil ». Les Accords d’Évian garantissaient pourtant leur vie et leurs biens…

Donc, les gens qui, pour complaire à Macron, acceptent de collaborer avec l’ancien trotskiste Benjamin Stora sont soit d’une ignorance crasse, soit des traîtres, soit des salauds, soit des pleutres, soit des imbéciles. Et dans tous les cas, conscients ou non, ils insultent nos morts !
Parlons maintenant de la FNACA, car cette association vaut son pesant de moutarde (ou de « Ketchup » pour rester dans le rouge !) : La « Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc et Tunisie » (FNACA) est, comme son nom l’indique, une association d’anciens combattants d’Afrique du Nord. Mais quelle est, en fait, sa genèse ?
En 1958, trois associations d’appelés et de rappelés de la guerre d’Algérie se réunissent pour former la « Fédération Nationale des Anciens d’Algérie » (FNAA): le « Groupement des Rappelés et Maintenus » (GRM) créé en novembre 1956, d’obédience socialiste ; l’ « Association des Anciens d’Algérie » (AAA) créée au début de l’année 1957 par Jean-Jacques Servan-Schreiber, proche du Parti Radical ; et l’ « Association Nationale des Anciens d’Algérie » (ANAA) créée en février 1958, qui est un sous-marin du Parti communiste français.

Jean-Jacques Servan-Schreiber en est le premier président-potiche mais, en fait, le PCF tire les ficelles en coulisse. Citons cette phrase de « JJSS » qui résume bien les buts de l’association :
« Nous défendons les droits légitimes de tous nos camarades, mais pour faire triompher ce que le général Pâris de Bollardière a appelé « les valeurs morales qui ont fait la grandeur de notre civilisation » … et pour la Paix. » (5). En réalité, dès 1958, le PCF veut profiter de cette structure nouvelle pour nuire aux intérêts français en Algérie, au profit de l’URSS.
En mars 1963, au 4e congrès à Noisy-le-Sec, on ajoute le « C » de combattant dans le sigle de la FNACA. La FNACA modifie ses statuts pour mieux marquer sa volonté de faire reconnaître le titre de « combattant » aux deux millions d’appelés qui ont traîné leurs guêtres en Algérie durant trois mois au moins. Même si beaucoup d’entre eux ont servi comme fourrier ou cuistot au mess de leur régiment et n’ont jamais vu un fellagha autrement qu’en photo.

En 1965, le bellâtre « JJSS » abandonne la présidence de la FNACA : le clown, qui lui donnait une respectabilité, a terminé son tour de piste. JJSS peut continuer à distiller ses idées de gauche libérale dans l’« Express », le torchon anticolonialiste qu’il a fondé à l’âge de 29 ans.
L’appareil de la FNACA reste aux mains des communistes qui vont faire, durant des années, des pieds et des mains pour que la France reconnaisse officiellement le 19 mars.
Je rappelle aux gens qui ont la mémoire courte ce que disait François Mitterrand, lors d’une conférence de presse télévisée le 24 septembre 1981 : « les morts de la guerre d’Algérie seront honorés chaque année à une date qui ne pourra être le 19 mars, pour des raisons évidentes… ».
François Mitterrand n’est pas, que je sache, un sympathisant de l’Algérie française.
Quelques jours après cette conférence, le 29 septembre, se tenait une réunion au ministère des Anciens Combattants : 27 associations patriotiques et/ou d’anciens combattants (sur 29 consultées) se sont déclarées opposées aux célébrations du 19 mars.
En septembre 1981, le « Quotidien de Paris », attaqué par la FNACA, écrivait :

« Michel Sicart (secrétaire général), Serge Perronet (trésorier), Michel Sabourdy (presse), etc. qui occupent des postes importants à la FNACA sont des responsables bien connus du PCF…
Effectivement ils ne sont pas d’« obédience communiste » puisqu’ils sont communistes ! »
Citons encore cet article de « l’Humanité » en date du 1er juillet 1983 car il résume assez bien les intentions de la FNACA et de son allié, le PCF.

« Hier, au siège du Comité central du PCF, une délégation de la FNACA a été reçue par Georges Marchais, secrétaire général du parti, Étienne Fajon et Henri Costa, membres du Comité central, et Roland Renard, député de l’Aisne… Au cours de la rencontre, les représentants de la FNACA – Maurice Sicart, secrétaire général, Jean Cavan, secrétaire national, et Serge Péronnet, trésorier – ont rappelé les principales revendications de leur association non encore satisfaites…
L’entretien a mis en évidence l’accord complet du Parti Communiste avec les justes demandes de la FNACA, qui ont été fermement défendues et continueront de l’être par les élus communistes à l’Assemblée nationale et au Sénat… Les deux délégations ont constaté à nouveau la concordance de leurs vues sur la commémoration annuelle du cessez-le-feu qui a mis un terme à la guerre d’Algérie le 19 mars 1962. Elles ont souligné la nécessité de poursuivre l’action afin que le 19 mars devienne la journée officielle du souvenir… À propos des décisions prises par diverses municipalités d’opposition qui ont débaptisé des rues ou places du 19 mars. Les deux délégations ont exprimé leur indignation à l’égard de ce comportement qui est une injure à la mémoire et aux familles des 30 000 jeunes Français tombés (6) au cours de la guerre d’Algérie… »

Est-il utile d’en rajouter ? Faut-il s’étonner que la FNACA cautionne le « rapport Stora » ?
On me dit assez régulièrement que beaucoup d’anciens d’AFN sont à la FNACA « sans savoir ce qu’il y a derrière ». Qu’ils y adhèrent « pour retrouver des copains ». Mais il existe en France des centaines d’associations patriotiques, régimentaires, d’armes, ou d’anciens combattants.
On n’est pas obligé d’adhérer à celle qui a encarté dans ses rangs des « porteurs de valises » du FLN, des traîtres et des déserteurs : ne finançons pas la corde pour nous pendre !
Personnellement, en 2018, j’ai claqué la porte d’une association d’anciens parachutistes dont j’étais adhérent depuis… 38 ans, parce que son général-président ne trouvait rien de choquant à la déclaration de Macron sur les « crimes contre l’humanité » en Algérie. Et qu’il ne s’est pas indigné quand Macron, devenu président de la République entre-temps, est allé salir l’armée française chez la veuve du traître Maurice Audin. Il y a des valeurs sur lesquelles on ne doit pas transiger.

Quant aux naïfs et aux « Bisounours », je leur dis qu’on n’est pas obligé d’être inculte, idiot ou aveugle : la « politique de l’autruche », la tête dans le sable et le cul à l’air, n’est jamais une bonne chose ; sauf, bien sûr, pour ceux qui aiment exposer leurs arrières.

Éric de Verdelhan

1) Une loi portée par une rescapée de Ravensbrück, ça laisse pantois ! Au soir de sa vie, madame Veil regrettait amèrement les dérives de sa loi. Depuis, elle repose au Panthéon.
2) N’ayant aucune envie d’être poursuivi pour « incitation à la haine raciale », je n’en dirai pas plus…
3) Idem pour les juridictions chargées, à la Libération, de juger les « collabos » ou présumés tels.
4) « Requiem pour l’Algérie française » (2012), « Un homme libre » (2013), « Oran le 5 juillet 1962… » Edilivre ; 2017, « Hommage à NOTRE Algérie française » Dualpha ; 2019.
5) Le général de Bollardière, traître à ses frères d’arme, a rejoint le pacifisme-écolo-gaucho-catho-de-gauche après la guerre d’Algérie.
6)Il en est tombé 18 500 soldats français en Algérie dont 6 500 appelés du contingent. Ce chiffre de 30 000 appelés tués au combat est une affabulation du PCF.

ÉRIC DE VERDELHAN DES MOLLES

Retour nos lectures Algérie Française

traître un jour, traître toujours

28 janvier 2021

B. STORA - ANALYSE SOMMAIRE DU RAPPORT PAR L'ANFANOMA

Transmis par Nicole Ferrandis

l’ANFANOMA passe au crible Les préconisations du rapport de B. STORA remis au Président de la République le 20 janvier 2021

            Comme l’intéressé l’avait laissé filtrer et comme l’Elysée le confirme déjà, il n’y aura pas d’excuses formulées au nom de la France à l’Algérie et dont pas de « repentance » au sens littéral du terme ; seulement  reconnaissance de faits, fautes ou crimes commis (ou présumés tels) par la France contre des « Algériens », voire contre des Français à la condition qu’ils soient labellisés «  renégats » ou « indépendantistes » (à l’image de Maurice Audin). Distinguo subtil, qui signifie en clair que nous assisterons aux aveux de l’Accusée (la France) mais sans expression de regrets ou d’excuses envers la Victime (l’Algérie).

            La mise en scène soigneusement préparée de remise du rapport a été troublée auprès des médias par l’irruption de  Joë Biden dans l’actualité et la relance du Covid, mais filtre déjà la présence annoncée du Président de la République aux cérémonies du 19 mars et du 25 septembre ainsi que le 17 octobre, qui marquerait dorénavant l’anniversaire de la  “répression contre les travailleurs algériens” (sic) en 1961, en pleine guerre à Paris ; l’hommage à l’Emir Abd-El Kader à Blois pour le soixantième anniversaire de l’indépendance (5 juillet 2022 !) ainsi que l’entrée de Gisèle Halimi au Panthéon (rien que cela!),valeurs sûres et de portée combien symbolique, semblent aussi avoir le vent en poupe et être très favorablement accueillies… Quant à la braderie en cours du patrimoine mémoriel et culturel, elle a encore de beaux jours devant elle: pourraient être envisagée la remise de l’épée de l’Emir à l’Algérie et étudié le sort du canon « Baba Merzoug » dit « La Consulaire » en mémoire sacrificielle, prise de guerre arrachée jadis à la Régence d’Alger (sous tutelle turque depuis 300 ans!).

            Ci-après, classées en fonction du public intéressé, les préconisations du rapport

7 propositions nous pourraient apparaître positives (pour des esprits non prévenus) mais 2 sont nouvelles :

1) commémoration de la participation des Européens à la 2ème guerre mondiale ;

2) inscription publique (rues, places) de noms d’Européens méritants rapatriés comme cela a déjà été proposé pour les personnalités issues de l’immigration.

2 sont « pipeau » :

1) ajout d’un paragraphe dans le décret 2003 associant les Rapatriés à l’hommage  du 5 décembre aux Morts pour la France (alors qu’il a été inscrit dans la Loi de 2005 !) ;

2) journée nationale le 25 septembre en Hommage aux Harkis ! (créée en 2003 !).

3  sont des vœux pieux , soumis au bon vouloir de l’Algérie:  

1) faciliter les déplacements en Algérie pour les Harkis et leurs enfants ;

2) encourager la préservation des cimetières européens et juifs en Algérie ;

3) créer une commission mixte d’historiens pour recueillir des témoignages (soixante ans après les faits !) sur les enlèvements et massacres d’Européens le 5 juillet à Oran.  

14 propositions sont clairement  favorables à l’Algérie

-          Poursuite des  commémorations le 19 mars, accords d’Evian début fin guerre pour FNACA ;

-          Création de commémoration le 17 octobre, répression des travailleurs algériens en France :

-          5 juillet 2022 inauguration stèle Amboise portrait Abd El Kader + restitution Epée à l’Algérie ;

-          Reconnaissance assassinat Ali Boumendjel pendant la bataille d’Alger (après reco M. Audin) ;

-          Localisation de l’inhumation des condamnés à mort durant Guerre Algérie ;

-          Poursuite des recherches sur les essais nucléaires et la pose de mines par France ;

-          Poursuite étude restes humains des combattants XIXème siècle entreposés Musée Hist. Nat.

-          Création  Lieux de mémoire pour les 4 camps où des milliers d’Algériens ont été internés ;

-          Inventaire des archives emportées par la France (qui devront être restituées à l’Algérie) et de celles restées en Algérie (qui pourront y être consultées) +10  chercheurs algériens  seront pris en charge chaque année par la France, logés et bénéficiaires de bourses ;

-          Réactivation du Musée France Algérie à Montpellier, abandonné en 2014 ;

-          2021 Colloque international en hommage aux personnalités contre guerre d’Algérie ;

-          2021 Expo ou colloque au Musée de l’Immigration sur les indépendances africaines ;

-          Entrée au Panthéon de Gisèle Halimi (personnalité féminine engagée contre la guerre d’Alg.)

-          Etude historique sur canon « Baba Merzoug » dit « la Consulaire » pour proposition d’avenir

Enfin la proposition de  « réalisation d’un guide des Disparus Algériens et Français » apparaît ambiguë dans la mesure où l’enlèvement d’un grand nombre d’ « Algériens », par le FLN parce que pro-français ou n’ayant pas cotisé, risquera d’être imputé à l’Armée française…

Retour B. Stora

17 janvier 2021

CE QUE L'ON OUBLIE SOUVENT SUR L'ORIGINE DE LA COLONISATION DE L'ALGÉRIE

Au moment où le président Macron réitère son intention de désigner le seul historien "officiel" B Stora comme mandaté pour relater un point de vue unilatéral critique sur la présence Française en Algérie nous pensons qu'il serait essentiel de faire la mise au point suivante qui recadre en préambule l'étude Historique du sujet

          Article soumis à nos amis pour voir ce que qu’ils en pensent. Toutes les sources sont citées, l'idée principale et originale est que par rapport à toutes les autres entreprises coloniales celle de l'Algérie par la France fut à l'origine défensive contre plus de 3 siècles d'agressions Barbaresques continues (sous couverture Ottomane) en Méditerranée (de la fin de la Reconquista en 1492 jusqu’en 1830) de plus en réponse au livre de P. Péan qui avance que c'était pour piller le trésor de la casbah cumul de rançons des chrétiens.(Dont le montant couvrit juste les frais de l expédition)

         En marge de la visite opportuniste du candidat Macron à Alger, dans l'historique de la saga colonialiste mondiale passée par rapport à la majorité sinon l'exclusivité des incursions et occupations étrangères* la colonisation de ce Maghreb central qui sera plus tard l'Algérie sera spécifiquement provoquée par les antécédents d'agressions continues contre des éléments du futur occupant en particulier pour la circulation maritime des navires des nations et pas seulement Européennes.

         Voir l'intervention de la marine de guerre US et le bombardement d'Alger en 1816 par la marine Américaine loin de ses frontières.

         Il faut remarquer que le seul autochtone compromis dans cette piraterie fut le rais Hamidou tué en 1815 par justement un boulet tiré d'une frégate Américaine US.

         L'agressivité de la régence d'Alger la conduit dans une guerre ouverte avec toutes les nations, notamment les nations européennes, "celles-ci qui avaient connu un développement économique et avaient acquis un degré technique élevé pour leur marine, regardèrent Alger comme un refuge de corsaires et de brigands avec lesquels il fallait en finir par tous les moyens."

(Sources réf/ Documents Turcs inédits sur le bombardement d'Alger en 1816)

         Nb Contributions 1963/73 utilise les mots Algérie : Algériens après la qualification Françaises de 1839 aucun autochtone ne se qualifiait ainsi avant cette date !

         En 1815, le congrès de Vienne avait déclaré qu'il serait mis un terme à l'esclavage des chrétiens enlevés par les corsaires d'Alger de Tunis et de Tripoli. Leur nombre s'élèvent à plus d'un million, Napoléon 1er avait envisagé la prise d'Alger et avait fermement décidé d'en finir une fois pour toutes avec les barbaresques avec l'annexion de l'Afrique du Nord, le tout formant le sujet d'un article du traité secret qui avait été signé avec la Russie. En août 1814, Sir W. Sidney Smith Amiral Britannique fait appel à l'Europe pour organiser un blocus visant à mettre fin à la piraterie des États barbaresques. En définitive c'est la France qui accomplira ce mandat dans le cadre d'un intérêt de politique intérieure avec un prétexte fallacieux mais sans réprobation sérieuse de la communauté internationale de l'époque (sources citées). Rousset, Camille (1821-1892). Historien

         L'idée principale et originale est que par rapport à toutes les autres entreprises coloniales celle d'Algérie par la France fut à l'origine défensive contre plus de 3 siècles d'agressions barbaresques continues (sous couverture Ottomanes) en Méditerranée (de la fin de la Reconquista en 1492 jusqu’à 1830).

         Dans l'Historique des colonisations nous suggérons que celle de l'Algérie fut une des rares à être provoquée à l'origine par une position défensive en l'occurrence contre des agressions continues de la piraterie Ottomane sur la navigation en Méditerranée pour preuve avec certains précédents de tentatives de neutralisation depuis le début du XVI ème siècle Espagnoles en 1516-1518, Charles Quint en 1541 ; Philippe III (zones de gardes Espagnoles comme Ceuta et Melilla et aussi Oran depuis 1505 avant le séisme jusqu'en 1790) en 1601 puis en 1775, 1783 et 1784 par les Américains en 1815 et les Anglais avec 1816 bombardements de représailles maritimes (tout ceci est consigné dans les archives Turques de la Présidence du Conseil à Istanbul sources liens cités plus haut) avec des commentaires qui montrent bien que la régence d'Alger n'était pas autonome (contrairement aux mythes) et donnent des éclaircissements sur l'administration turque exclusive du pays (exclusion des autochtones).

         A origine cette occupation Française fut spécifique et non pas une vocation coloniale comme ailleurs dans le monde ! Cela tient plus du concours de circonstances que du projet pleinement mûri et planifié, le statut auquel sont soumises les populations autochtones du pays est resté longtemps incertain.

         Le 5 juillet 1830, Hussein Dey régent Ottoman d'Alger ("rapatrié" à Alexandrie) signe l'acte de capitulation. Par ce même traité, le général De Bourmont (voir sa déclaration) prend l'engagement au nom de la France de ne pas porter atteinte à la liberté des habitants de toutes classes ni à leur religion. La France garantit par cet acte aux populations algériennes le respect de leur culte et de leurs traditions religieuses. Population qui doit être ainsi préservés avec les statuts des autochtones découlant selon les cas des droits religieux juif ou musulman. Les musulmans continuent de relever du droit musulman et les Juifs du droit mosaïque en tout état de cause, les populations conquises restent toujours juridiquement liées à leur statut d'origine ce qui servit de justification où de prétexte (au choix) à l'existence de deux collèges en Algérie et au reniement de l'un pour passer dans l'autre dans certaines conditions *

         On ne peut nier non plus la récupération des trésors issus des pillages de la course maritime, des rançons et de la traite répartis de manière arbitraire (l'essentiel étant en couverture de l'expédition) mais est la conséquence et non la cause de la prise d'Alger comme l'on prétendu certains ! (Voir livre racoleur de Péan) et en tout cas aucune spoliation envers le futur peuple Algérien soumis à la “sublime porte”. Ensuite on rentre dans l'Histoire*** précédemment appelé Afriqya par les pays Arabes ou Berbèrie par les pays Européens, le 14 Octobre 1839 la France donnait son nom à l’Algérie ce nom correspondit par la suite à un pays immense (le deuxième de l'Afrique par la taille), pays au moins dix fois plus étendu que le territoire sur lequel s'étendait l'autorité du Dey de l'ancienne Régence en 1830, date de l'intervention française.

JF PAYA A/C Algérie classe 54/2  Cercle Algérianiste du Poitou

Retour ORAN LE 5 JUILLET 62 - CONCLUSIONS DU GROUPE DE RECHERCHES

Retour listes de tous les dossiers 5 juillet 1962

20 novembre 2020

DÉCOLONISATIONS-DU SANG ET DES LARMES

Émission du mardi 6 octobre 2020

LA FABRIQUE DU RESSENTIMENT

          Documentaire diffusé sur France 2 récemment l'historien Guy Pervillé souligne dans un compte rendu exhaustif comme à son habitude après l’indépendance proclamée le 5 juillet, nous avons la surprise d’entendre que les « ultras du FLN » se lancent dans un « massacre programmé » d’Européens qui voulaient rester dans leur pays et de « harkis » rejetés par les deux États, que des milliers voire des dizaines de milliers auraient été massacrés en Algérie.

         Sur ces points, je dois reconnaître que j’ai été agréablement surpris, le professeur Pervillé admet un massacre programmé alors qu'un autre historien Jean-Louis Margolin analyse que « ce documentaire participe d’une vision culpabilisatrice de notre passé colonial qui nourrit notamment le ressentiment d’immigrants de plus ou moins fraîche date à l’égard de la France » Dans l'historique des colonisations nous suggérons que celle de l'Algérie fut l'une des rares à être provoquée à l'origine, non pas sur un prétexte dérisoire, mais par nécessitée d'une position défensive.

         Il s'agit en l'occurrence des agressions continues de la piraterie dite “barbaresque” sur la navigation en Méditerranée comme le prouvent certains précédents de tentatives de neutralisation depuis le début du XVIe siècle. Bombardements de représailles maritimes (tout ceci est consigné dans les archives turques de la Présidence du Conseil à Istanbul sources liens cités) avec des commentaires qui montrent bien que la régence d'Alger n'était pas autonome et donnent des éclaircissements sur l'administration coloniale Turque exclusive du pays.

         Notre histoire n'est pas plus violente que celle des peuples africains ou arabes. Avant d'être colonisé par la France, le Maghreb le fut par les conquérants arabo-musulmans. COLONISATION RÉUSSIE, celle-là, puisqu'ils y sont toujours, et que les peuples berbères, autrefois animistes ou chrétiens, sont aujourd'hui musulmans et dominés. L'esclavage en Afrique ne fut pas inventé par les Européens, et il demeure encore dans certains pays africains ou arabes dont ne parle pas ce documentaire avec les "colonisations réussies" qui n'ont donc pas eu à décoloniser comme aux Amériques nord et sud où on ne parle plus des autochtones sans parler du continent asiatique et des colonies Soviétiques !

         La population algérienne est passé de 1,5 à 10 millions sous l’occupation française. Où est le génocide la décolonisation et l'indépendance sont présentés comme la marche vers le progrès ceci est démenti par l'histoire de la plus ancienne colonie "libérée". L'indépendance d'Haïti est proclamée le premier jour de 1804, la fondation d'Haïti est l'aboutissement de l'insurrection qui éclate en 1791 mettant fin à plus d'un siècle de colonisation française dans la partie occidentale de l’île. État indépendant gouverné par d'anciens esclaves au cœur des Antilles ce pays sera le plus arriéré, le plus pauvre, le plus anti démocratique et soumis à la corruption de la région.

CE DOCUMENTAIRE EST TRÈS PARTIAL ET TOUT CECI N'EST PAS ANALYSE BIEN SÛR!!

JF PAYA A/C Algérie classe 54/2  Cercle Algérianiste du Poitou

Retour ORAN LE 5 JUILLET 62 - CONCLUSIONS DU GROUPE DE RECHERCHES

Retour listes de tous les dossiers 5 juillet 1962

4 juin 2020

LETTRE DE J.M. WEISSGERBER A Mme Virginie JORON

22 RUE DES BOULANGERS 68000 Colmar

Par Jean-Michel WEISSGERBER

 

A Madame Virginie JORON Député français au Parlement Européen

Groupe Identité et Démocratie Présidente du Groupe RN

Au Conseil Régional du Grand-Est Parlement Européen

Bâtiment Salvador de Madariaga G07047

1 Avenue du Président Robert Schuman

F-67070 Strasbourg Cedex

 

Chère camarade Virginie JORON,

Récemment, lors d'une réunion préélectorale, j'ai évoqué avec vous les très sérieuses réserves que j'émets relativement à un hommage (trop) appuyé annoncé par la présidence de la République à la mémoire du premier Président de la Cinquième République, un certain Charles DE GAULLE. Il m'a bien semblé que vous partagiez alors mon ardente préoccupation.

Depuis lors, dans une contribution très lue et passablement commentée, parue le 29 février dans RIPOSTE LAÏQUE (et reprise par plusieurs sites harkis et pieds-noirs dans le Midi de la France), j'ai fait savoir les soubassements de mon point de vue, notamment le refus du personnage susnommé de garantir en 1962-63, la très nécessaire protection des enfants de la France (harkis et pieds-noirs notamment à Oran le 5 juillet 1962).

Certes, ce côté obscur de Qui-Vous-Savez, ne lui est pas propre, si j'ose ainsi m'exprimer !

Il est largement partagé par les défenseurs impénitents du régime de Vichy, qui oublient les défaillances qui incontestablement incombent à ceux qui précédemment auraient dû assurer la défense et la protection des juifs de France.

La mémoire de nombre de responsables politiques de la Quatrième République - parmi lesquels il serait inéquitable de ne pas mentionner un certain Pierre MENDÈS FRANCE (au demeurant initialement promoteur de l'Algérie française) est également entachée pour le refus de s'engager dans la protection d'innombrables Indochinois qui combattirent les futurs bourreaux du Vietnam, du Cambodge et du Laos, les communistes implacables à la sauce polpotiste.

Je relève d'ailleurs que parmi les militaires qui dénoncèrent et combattirent le Grand Charles Que-Vous-Savez, plusieurs avaient unis leurs destinés avec de ravissantes Indochinoises - à commencer par Raoul SALAN, époux d'une princesse laotienne - le colonel VAUDREY, mort en exil, l'officier DELHOMME,...

Je n'épiloguerai pas plus avant, et vous pose la question : le Rassemblement National va-t-il se couler dans l'élan de veulerie des socialo-communistes, des islamo-gauchistes, des affairistes (tels Hervé GAYMARD, actuel président de la fondation du Gaullisme, des truands et sinistres farceurs, parfois issus du Service d'Action Civique (n'est-ce pas M. Jacques GODFRAIN ?) en vue d'infantiliser les Français et de leur inculquer ad aeternam le culte du "Père" de la Nation, PAPA NGOL - au demeurant un grand raciste - Faut-il rappeler ses propos : « Il y a des nègres à l'Élysée tous les jours… Je suis entouré de nègres, ici… Foutez-moi la paix avec vos nègres ; je ne veux plus en voir d'ici deux mois, vous entendez ? Ce n’est pas seulement en raison du temps que cela me prend, bien que ce soit déjà fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur : on ne voit que des nègres, tous les jours, à l’Elysée. ».

En vérité, l'actuel Président de la République se fiche totalement de la mémoire du plus grand imposteur de l'Histoire de France et ce qui l'intéresse c'est bien un calcul politicien…

Je pense que si l'on rentre dans son jeu, nous pourrons dire adieu à un second tour en 2022.

J'espère fort que notre parti émettra pour le moins quelques réserves au culte Degaullatre qui risque fort de s'exprimer, avec une totale indécence, lors de l'hommage projeté le 18 juin et plus tard en décembre…

Toute autre attitude consisterait à insulter la mémoire de bien des braves tombés pour notre cher drapeau tricolore.

Je ne saurais oublier au surplus que le 25 septembre 2016, le président de la République française d'alors a solennellement reconnu en présence de l'ancien président SARKOZY et de notre présidente Marine LE PEN "l'abandon et le massacre des harkis" et la responsabilité du gouvernement français de l’époque dirigé par Charles DE GAULLE !

Je compte fermement sur une réponse de votre part.

Dans cette attente, recevez très chère Virginie JORON, mes très respectueuses salutations.

Jean-Michel WEISSGERBER

A l'initiative de la place du sergent-chef KOUIDER GUERROUDJ et de tous les harkis.

Article transmis par Maurice Calmein

Retour aux articles JM. Weissgerber

12 septembre 2020

CAMOMILLE JORDANA ET FATIMA SISSANI

devront pour le moins faire l’objet d’un rappel à la loi

Par Jean-Michel WEISSGERBER

Connaissez-vous les dispositions de l’article 23-7 du Code civil ? Mais si ! Cet article édicte que « le Français qui se comporte en fait comme le national d’un pays étranger peut, s’il a la nationalité de ce pays, être déclaré, par décret après avis conforme du Conseil d’Etat, avoir perdu la qualité de Français ». Et savez-vous ce qu’est un rappel à la loi ? C’est une mesure, en droit français, qui permet de « procéder au rappel auprès de l’auteur (d’une infraction) des faits et des obligations résultant de la loi » (article 41-1 du Code de procédure pénale).

Voyons à présent les agissements de deux pimprenelles franco-algériennes : la demoiselle Camomille Jordana, artiste (chanteuse et stripteaseuse) et la dénommée Fatima Sissani, cinéaste. La première s’est distinguée en prétendant d’abord que les immigrés allant au travail risquaient de se faire « massacrer » par les policiers. Egérie du fameux comité Assa Traoré, elle admoneste sévèrement l’ensemble des Français en déclarant au micro de BFM TV, le lundi 31 août 2020, que la France devait faire, je cite, « un énorme travail de décolonisation ». Pas un petit, pas un grand mais un « hénaurme » travail de « décolonisation !

Pour couronner le tout, elle se vante d’être la petite-fille de deux grands-pères arrêtés pour cause de militantisme FLN. Elle n’hésite pas, malgré cela, à s’affirmer féministe, ce qui paraît osé lorsque l’on constate la place octroyée en Algérie à la femme, mineure à vie, précisément du fait de ce maudit FLN.

Que fabrique donc en France ce personnage ? Ne serait-elle pas plus inspirée de retourner définitivement dans le bled de ses ancêtres ?

Venons-en maintenant à l’autre franco-algérienne posant problème, une certaine Fatima Sissani (ou Zizanie ?) qui a commis un film intitulé « Résistantes » faisant l’apologie des moudjahidates (1), à savoir des femmes terroristes et de leurs complices semant la mort et la désolation en 1957 à Alger, dans les bars, restaurants et arrêts de bus. En accusation, évidemment, la France, en des termes plus qu’outranciers d’où suinte une haine inexpugnable !

Le journal Sud-Ouest en date du 6 décembre 2019 lui a cédé la parole. Plus imbue d’elle-même que la Fatima, tu meurs ! Son film, affirme-t-elle, est « une ode à la résistance à l’oppression ». Elle fustige les extrémistes, « la horde des ignares qui n’a même pas vu le film ». Quel scandale, donc, dans la France de ce vingt-et-unième siècle où « il demeure toujours impossible pour certains d’entendre que la colonisation française en Algérie constitue un génocide doublé d’un  sociocide »… Les nazis etle docteur Mengele se voient ainsi ravalés au rang d’enfants de chœur.

(1)    A peine plus de 10 000, ce qui, rapporté à la population féminine algérienne, apparaît dérisoire

 

Il est grand temps de ramener ces deux harpies à davantage de mesure et de leur mettre sous le nez justement les dispositions précitées de l‘article 23-7 du Code civil. Il importe d’extrême urgence de les ramener à des sentiments plus amènes envers un pays qui leur a tout de même permis de percer dans le domaine des « arts et lettres » et d’atteindre une certaine notoriété, ce qui ne serait pas forcément acquis si leurs parents et elles étaient restés en Algérie, patrie dont elles ne cessent de se gargariser.

A défaut de pouvoir les ramener à des sentiments de meilleur aloi, il conviendra de déclencher la procédure de déchéance de nationalité. Sans trop tarder et sans état d’âme !

PS : Nos véritables amis d’outre-Méditerranée ne seraient certainement pas enchantés de ce « retour » en Algérie de telles viragos, arguant à juste titre qu’outre-Méditerranée une telle hargne et une telle haine anti-française ne s’exprime guère que dans les cercles du pouvoir. Cela dit, il n’est pas exclu que l’air vivifiant des montagnes kabyles ait un effet bénéfique sur les ci-devant Camomille et Zizanie !

Jean-Michel WEISSGERBER Colmar, le 11 septembre 2020

Article transmis par Maurice Calmein

Retour aux articles JM. Weissgerber



27 avril 2020

LUTTE OUVRIERE N'EST PAS EXEMPTE D'UN CERTAIN SECTARISME

Colmar, le 27 avril 2020

Par Jean-Michel WEISSGERBER

(questions harkis, Mayotte entre autres)

Les militants trotskystes de Lutte Ouvrière, se présentent comme des communistes socialistes, révolutionnaires et internationalistes.

En dehors de toute considération idéologique, ce qui me les rend sympathiques, c'est que manifestement l'opportunisme n'apparaît pas être leur fort et que le militantisme singulièrement pour défendre les humbles et les travailleurs, c'est réconfortant.

Un plus par rapport à leurs concurrents du NPA, le courant L.O. jusqu'alors semble imperméable à la propagande pro-voile de bien trop d'islamo-gauchistes.

Fort bien !

Un premier problème néanmoins : ils ne disent pas grand-chose devant une réalité incontournable : là où les communistes ont pris le pouvoir cela n'a pas marché, mais de surcroît cela s'est terminé par des hécatombes de dizaines de millions de morts (Goulag, Longaï de la Chine maoïste, exterminations polpotistes).

Deuxième problème qui me touche de plus près en tant que défenseur patenté des Français d'Outre-Mer : ceux qui ont été "colonisés" par la France n'ont guère le choix, ils peuvent se revendiquer comme des citoyens Français mais doivent obligatoirement se considérer comme des Algériens d'une part, comme des Comoriens de l'autre…

Certes, Arlette LAGUILLER et Nathalie ARTHAUD s'avèrent un peu plus subtiles que le lourdingue député du parti communiste Français LECOQ qui vaticine sur l'île "comorienne" de Mayotte.

De surcroît, Lutte Ouvrière m'a ouvert ses colonnes à plusieurs reprises quand j'ai plaidé la cause de ma vie, mais en fin de compte pour elle, il n'y a pas de débat possible, il ne saurait y avoir de débat !

Les harkis (en réponse à des interrogations que j'ai exprimées de concert avec mes vieux camarades, aujourd'hui disparus, Driss AISSANI et Ahmed KABERSELI) "avaient choisi le camp de l'impérialisme français et ne pouvaient que s'être trompés et s'être rangés du côté de leurs pires oppresseurs (1) (Lutte Ouvrière dans le courant de l'été 1977, en réponse à un texte de l'Association Islamique des Rapatriés d'Algérie de Mulhouse).

Les Mahorais -souvent rejoints par les rattachistes de l'île d'Anjouan- ne sauraient voir leurs revendications liées à la qualité de Français, l'emporter, car en fin de compte, le statut de département de l'Ile de Mayotte reste entaché de suspicion lié qu'il est (je cite) "par une de ces situations inextricables créées suite à une histoire marquée par la conquête coloniale, par des années de dépendance suivie d'une indépendance octroyée (lettre du 3 mars 2000 d'Arlette LAGUILLER au dit citoyen Jean-Michel WEISSGERBER qui lui a écrit à de nombreuses reprises dont le 16 février 2000).

La camarade Arlette finasse et veut faire croire dans son argumentation (contre toute évidence) qu'une partie (sic !) de la population mahoraise préfère se retrouver dans le cadre de l'attachement (admirons la manipulation ourdie dans le choix des termes du vocabulaire) plutôt que de se retrouver dans le cadre de l'État comorien (2), "Une partie », tu parles Charles, alors qu'il s'agit en réalité de l'immense majorité…

Franchement Arlette, tu n'es pas sérieuse car tu oublies, en sus, que plus des deux tiers des originaires de l'archipel des Comores ont aujourd'hui la nationalité française (3) ! Qu'est-ce donc que cette sinistre comédie où les Grands Comoriens de Marseille sont deux fois plus nombreux (voire davantage que ceux de la prétendue "capitale comorienne'' à savoir Moroni.

Mais en relisant la missive que m'a adressée, il y a plus de vingt ans, la camarade Arlette, je suis sidéré par sa naïveté ou peut-être encore plus par son cynisme !

Voici ce qu'elle a osé m'écrire "Mais vous savez aussi que si l'appartenance (4) à la France assure quelques avantages (5) en matière de salaire ou de protection sociale, les Mahorais -en tous les cas ceux des classes populaires- seront considérés en France comme des citoyens de seconde zone, en butte de surcroît au racisme et à la xénophobie". En espérant malgré tout me convaincre, la bouillante Arlette a ajouté, cerise sur le gâteau : "En tant que défenseur des harkis, vous devez en savoir quelque chose".

Tout est bon pour dénier à nos compatriotes d'Outre-Mer, leur qualité de Français. La benoîte Arlette ne s'est même pas rendu compte qu'elle prend les Mahorais, les harkis, voire les Antillais pour de grands enfants incapables de faire valoir leurs droits de citoyens français !

In fine, mieux vaut pour elle la fatalité du "racisme" et celle de la "xénophobie" pourvu que le dogme de l'anti-impérialisme soit préservé !

Alors Arlette et Nathalie à quand un vrai débat, sur cette question comme d'ailleurs sur bien d'autres ?

 

(1)Les pires oppresseurs ces salauds de Français, pas leurs prédécesseurs les Turcs !

(2) Là aussi soyons sérieux, "l'État comorien" n'a jamais existé !

(3) Moins, en 2000, c'est vrai, mais très certainement alors près de la moitié !

(4) Appartenance : le chien appartient à son maître chère Arlette ; les humains sont-ils libres ou non ?

(5) L'assurance de bénéficier d'une instruction, un simple avantage ?

Jean-Michel WEISSGERBER

Article transmis par Maurice Calmein

Retour aux articles JM. Weissgerber

19 janvier 2020

LONGANISSE STORY

            La canne à pêche sur l’épaule et pas peu fiers nous arrivons devant la boucherie chevaline, puis l’entrée de l’immeuble ou habite Robert.
- Bon les gars je monte, René demain c’est mercredi…
- Oui et alors ?
- Si tu vas chez le Parisien demain matin prends moi un morceau de longanisse, tu le mets dans ma boîte à lettres, je le récupérerais en ramassant le courrier.
- Combien ?
- Un morceau, vingt à trente centimètres, juste pour casser la croûte.
- D’accord à demain.
Le Parisien, ou le plaisir des sens, tous les mercredis c’est un rituel, cinq cents grammes de petites saucisses, deux boudins à la viande, deux cents grammes de graisse de porc.

 La charcuterie parisienne sous les arcades de la rue d’Arzew est le temple des senteurs, les morcillicas, petits boudins à l’oignon, pendent en chapelets aux crochets en dégageant une fumée et un fumet à nulle autre pareil, l’hiver maman fait du potagé et les morcillicas du parisien sont incontournables.
- Et pour le p’tit René, comme d’habitude ?
- Comme d’habitude plus un morceau de longanisse !
- De la douce ou de la piquante ?
- De la douce, s’il vous plaît.
- Ça va comme ça ?
Avec son énorme couteau il me désigne une part sur le rouleau de saucisse rouge.
- C’est parfait monsieur.
- A qui le tour ?
La caissière note sur le carnet, maman passe payer le samedi.
Je sors d’un pas alerte, traverse la place du docteur Jouty(*) et hop chez Robert, je glisse le morceau de longanisse enveloppé dans une feuille de papier sulfurisé, dans la boite aux lettres de Robert.
Je pousse un sprint jusqu’à la maison où je me prépare une bonne tartine de pain avec de la graisse de porc.
D’abord une belle tranche de pain de chez Buños, tu frottes une gousse d’ail sur la tartine, ensuite tu étales délicatement la graisse de porc et pour finir une choreta de sel et là quel plaisir !! Tu tiens le coup jusqu’à midi, sans problème.

Quant à Robert il ne va pas tarder à se régaler avec sa longanisse, car je vois le facteur débouler en face de la station de taxis. Le courrier c’est la corvée journalière de Robert, il vide la boite et monte quatre à quatre les escaliers pour porter les lettres et les journaux à sa maman.
Le facteur est d’une régularité de métronome, les dames le guettent depuis leurs balcons et dés qu’il emprunte l’allée elles « débaroulent » dans les escaliers en faisant tinter les trousseaux de clés.
Je me poste devant l’entrée de chez Robert avec ma tartine à la main, on cassera la croûte ensemble.
Conchita apparaît au bout du couloir, suivie d’autres locataires, elle se hisse sur la pointe des pieds pour atteindre la serrure de la boite aux lettres, elle glisse sa main dans le fond de la boite et pousse un cri :
- Qué azco !, c’est quoi ça ?
Je n’ai pas le temps d’intervenir pour expliquer, car apparemment  Robert a mangé la consigne.
Elle déballe la longanisse qu’elle tient entre deux doigt avec une grimace de dégoût et la glisse dans une autre boite à lettres.
- Ça ! C’est la salope de ma voisine !
- Qu’est-ce que tu fabriques Conchita ?
Manque de bol la voisine est juste derrière et n’apprécie pas, mais alors pas du tout, que la longanisse atterrisse sur son courrier.
- Je te rends ton cadeau, je vois que ça t’es resté en travers que je te prenne le tour de terrasse.
- T’as perdu la tête ou quoi ?
- Mesdames, mesdames….j’essaie d’expliquer, mais c’est trop tard, elles s’agrippent le chignon à pleines mains, dans une valse bizarre elles parcourent la totalité du couloir pour finir dans la rue, elles roulent à terre, se mordent les cuisses, se griffent, s’invectivent, s’insultent….
Les balcons sont noirs de monde, les ouvriers de l’atelier de rectification ont cessé le travail, les chauffeurs de taxi accourent.
Le pasteur de l’église adventiste qui était venu mettre un peu d’ordre dans son local, s’interpose et essaye de séparer les lutteuses.
- Je vous en prie mesdames Dieu vous regarde…il essai de les séparer et insiste avec vigueur.
- Mais pour qui il se prend çui là ? Grogne Consuelo la voisine.
- Mais t’enlèves tes sales pattes, c’est quoi ces manières de profiter pour passer des mains, renchérit Conchita.
- Je vous en prie mesdames….
Les deux protagonistes se relèvent, saisissent leur sac et couvrent de coups le malheureux pasteur qui tente, mais en vain de se protéger.. Elles ramassent leurs souliers qui s’étaient dispersés dans la bagarre et bras dessus bras dessous regagnent le couloir de l’immeuble comme si rien ne s’était passé.
- Allez viens, Consuelo, on va se boire un bon café.
- Ça c’est une idée qu’elle est bonne ! Que cette péléa, elle m’a donné soif, tu as des mantécaos ?
- Non mais j’ai deux morceaux de taillos qui ne rentrent pas dans ta boite aux lettres.
Tout le monde rigole, certains même applaudissent comme si la rue était un théâtre, les badauds s’éparpillent, le pasteur regagne son église ne comprenant rien à la tournure des évènements.

René Mancho l’Oranais

(*)Place Jouty: les oranais la nommaient la "place de l'arbre" car c'était le seul arbre sur la rue d'ARZEW

 

25 janvier 2020

LA CURANDERA

Le plombier arrive avec sa grande musette en ferraille, ce qui me sauve la mise pour l’instant.

- Alors, madame il n’est pas sage votre fils ?, Expliquez-moi ce problème de chasse d’eau.

- Il va me faire devenir chèvre ce bandillo, venez voir, elle coule tout le temps et toi vas te laver et surtout, que je ne t’entende pas.

- Avez-vous un escabeau, madame ?

Le plombier grimpe sur le marche-pied, soulève le capot en fonte de la chasse. Une grosse moue envahie son visage :

- C’est vraiment un bandillo votre fils, j’avais encore jamais vu ça….

Il tient entre ses doigts un manche en bois d’où pendouillent des lanières de cuir en décomposition

- Que zako ?

- Un martinet madame, un martinet, mais vous pouvez en acheter un autre parce que celui la« esta echo polvo. »

- Mais, il me les fera toutes aujourd’hui !

- Aujourd’hui, non parce que vu l’état de l’engin, ya un moment qu’il marine la dedans. Voilà c’est réparé.

- Et je vous dois ?

- Rien du tout pour cette fois

- Au moins une petite anisette ?

- Allez, mais vite fait

Maman s’est calmée, le martinet gît lamentablement sur la toile cirée, ma canne à pêche, cassée en mille morceaux encombre la poubelle.

- Maman…

- Toi, tais-toi, ce soir une tasse de caldico no te canses y à dormir, demain je téléphone à tata Juliette et tu vas finir les vacances à Saint Maur, la bas il n’y a pas de port et toujours quelqu’un pour te surveiller et puis je m’occupe des pères blancs pour la rentrée.

Le “caldico no te canses” traduit mot à mot « la soupe sans se fatiguer ».

C’est bien rare que maman utilise les soupes toutes prêtes en sachet, mais elle y ajoute des vermicelles, cheveux d’ange, et l’estomac est ainsi bien calé.

A son tour ma sœur rentre du boulot.

- Tu es bien sage, mon René, C’est quoi tout ce désordre, ya eu un terremoto ou quoi ?

Bonsoir, maman, bonsoir monsieur, alors cette chasse elle avait quoi ?

- Demandes à ton frère qui a horreur du désordre et qui avait rangé méticuleusement le martinet.

- Ca ne m’étonne pas de toi, grand bandit ! Mais tous ces bouts de roseau c’est quoi ?

- C’est ce qu’il reste d’une canne à pêche à qui j’ai enlevé le goût d’aller vagabonder au port.

Le plombier est parti, je prends un slip et un tricot propres et je m’éclipse au cabinet de toilettes.

La nuit est sans fin, je tourne, je vire, j’ai chaud, je transpire, lorsque je finis par m’endormir, mon sommeil est peuplé d’affreux cauchemars ou d’immenses pères blancs coiffés d’une chéchia rouge, et vêtus d’une robe de bure immaculée, me fouettent avec un martinet tout gluant et dégoulinant.

Le soleil m’éblouis si fort que je cligne des yeux, dans un brouillard je distingue maman, un verre à la main, un cachet dans l’autre.

- Bois mon fils, tu as de la fièvre et calmes toi, je t’en supplie ne crie plus, tu n’iras pas chez les pères blancs.

J’ai dû hurler dans mon cauchemar, j’ai chaud. J’avale le cachet pendant que maman prépare un grand mouchoir, avec de l’ouate qu’elle imbibe de vinaigre, elle roule le tout et m’entoure le front avec cette préparation.

Avec un gant de toilette humide elle me frotte délicatement les joues et me couvre de baisers.

Mes paupières sont de plus en plus lourdes, maman s’est assise au bord du lit, un sourire plisse mes lèvres et je sombre dans un sommeil profond.

Quand j’entrouvre à nouveau mes yeux debout devant mon lit se trouvent maman et monsieur Perello le voisin du deuxième étage.

Monsieur Perello est préparateur dans une grande pharmacie oranaise. Il me fait tirer la langue, me regarde droit dans les yeux en soulevant mes paupières et enfin tâte mon ventre.

- Comment te sens-tu ?

- J’ai la tête qui bout, on dirait qu’il y a un match de pitchac là-dedans et dans mon ventre j’ai les intestins qui me font comme des nœuds.

- Qu’as-tu mangé ?

- Juste une assiette de » caldico no te canses », s’empresse de dire maman.

- Oui, mais avant ?

- Nous étions au port, il faisait très chaud, les poissons ne mordaient pas, Marcel a sorti du « sarnacho » un gros sac qu’il avait acheté « au roi des bonbons » sous les arcades et nous l’avons liquidé à la six-quatre-deux.

La sentence tombe

- Une bonne lavativa, madame Mancho, et en fin d’après-midi vous irez chez la « courandera » de la place Hoche, je vais la prévenir, pour qu’elle lui enlève le soleil.

- Et tu verras René, plus de pitchac dans la tête tu pourras y jouer avec les pieds.

J’esquisse un sourire mais j’ai la tête dans un étau et le lavement qui va venir m’inquiète.

Toutes les Oranaises, et maman ne fait pas exception, ont dans leur trousseau l’outil de torture qui sert à nettoyer les intestins.

C’est un bocal en tôle émaillée bleu-ciel, à sa base un tuyau en caoutchouc qui se termine par une canule, avec un petit robinet en bakélite noire..

Un litre et demi d’eau tiède, une cuillère à soupe d’huile d’olive, une chorreta pour la canule afin qu’elle fasse suppositoire indolore et quand le robinet s’ouvre, tu te transformes en baudruche.

Quand maman retire la canule, je serre les fesses, j’ai peur d’inonder la maison tellement je me sens gros, j’ai l’impression que la citerne qui est sur la terrasse s’est vidée dans mes tripes.

Je finis par m’assoupir, mais très vite des gargouillis m’éveillent, heureusement maman qui pense à tout a mis au pied du lit un seau hygiénique, j’ai juste le temps de m’élancer sur ce trône et j’ai l’impression d’être un lavabo qui se débouche.

Quand je me relève j’ai les jambes qui flageolent, j’ai l’impression de flotter dans mon pyjama, je me jette dans les draps et je me rendors.

Le téléphone arabe fonctionne vite et mieux que celui des P.T.T. pourtant le central automatique est juste derrière chez nous, à l’angle de la rue Floréal Mathieu et de la rue Alsace lorraine.

Tous les copains savent que je suis malade et bientôt toute une troupe est autours de mon lit.

- Alors tu te sens mieux ? S’inquiète Robert

- Tu as eu droit à la lavativa, ma mère fait bouillir des oignons, pendant une heure et le bouillon tu l’avales par les fesses

- La mienne dit Bernard achète des herbes, spécial lavement, à la Pharmacie.

- Arrêtez, maman mets deux cuillères à soupe d’huile d’olive et je vous jure que ça fait un sacré effet. Et c’est pas fini cet après-midi il faut que j’aille chez madame courant d’air.

- Qu’est-ce tu racontes, t’as encore la fièvre ?

- Je t’assure maman m’emmène à la place Hoche, chez madame courant d’air. Et puis vous avez qu’à lui demander, hein maman ?

- Qu’est-ce que tu veux hijo mio ?

- Je répète que monsieur Perello a dit que tu dois m’amener chez madame courant d’air.

- Madame courant d’air ? Maman éclate de rire, mais non, bourricot d’Espagne, la courandera, en espagnol guérir se dit curar et celle qui guérit est la curandera, la guérisseuse.

- Tu me fais un drôle de courant d’air

Maman, les copains, tout le monde rigole et je ne tarde pas à en faire autant.

Je ne connaissais pas son nom dit Georges, mais désormais ce sera madame courant d’air de la place Hoche, celle qui enlève le soleil.

Les copains sont partis, maman me fait avaler, une soupe, une vraie, qui a cuit à petit feu toute la matinée, une tranche de jambon, une petite vache qui rit et une banane.

Je n’ai plus mal au ventre, mais mes jambes ont encore du mal à me porter.

Une rapide toilette et me voilà prêt à affronter « la curandera. »

La place Zoche comme l’appellent les gens du quartier, est en pente, elle dégouline vers la rue d’Arzew, comme si elle voulait faire le boulevard avec le reste des oranais.

Le buste du général culmine au-dessus d’un drôle de monument de pierre, les cheveux blanchis, non sous le harnais, mais par les crottes de pigeons irrévérencieux.

Il lance un regard courroucé vers les caves Sénéclauze, comme si la musique produite par le maillet des tonneliers ne seyait pas à ses organes auditifs.

Les branches des ficus, qui peuplent la place, abritent des hordes de moineaux qui piaillent au rythme des marteaux.

Maman m’a expliqué qu’avec l’arrivée des bateaux pinardiers de nombreux tonneliers se sont retrouvés au chômage, mais que le bon vin sera toujours transporté dans des fûts en chêne.

Nous arrivons devant un porche voûté, des odeurs de cuisine diverses et variées atteignent nos narines, ce qui révulse un peu mon estomac encore fragile.

Après la traversée du couloir nous débouchons sur une grande cour rectangulaire entourée de balcons qui la ceinture sur trois étages. C’est un « patio », habitation typiquement oranaise, où les appartements donnent tous sur une cour intérieure, tout le monde se connaît, s’entraide, s’engueule, s’embrasse…….

Sur son seuil, bras croisés, toute vêtue de noir la courandera, semble nous attendre.

Elle est toute petite, noiraude, ses yeux incandescents pétillent.

Ses cheveux poivre et sel sont tirés en chignon, derrière un visage labouré de rides.

Elle nous fait signe d’approcher.

- « Par ici, par ici, el señor Perrello m’a fait part de vos problèmes. »

Tenu par un clou, une cage abrite une « carganera » qui donne de la voix et égaye tout le patio.

La cour est inondée de soleil, passé un rideau, censé protéger de la chaleur, nous pénétrons dans une pièce ou nos yeux mettent plusieurs minutes à s’accoutumer. Petit à petit les objets prennent forme, un évier, un fourneau à pétrole, une table ovale recouverte d’une toile cirée bariolée.

Quatre chaises en bois entourent la table, la tia Pépa en tire deux qui laissent apparaître des sièges canés. Elle nous invite à prendre place.

Du fin fond d’un buffet elle extirpe une poêle et un bol. Elle gratouille dans le grand tiroir du buffet et en extrait une paire de ciseaux tout rouillés.

Trois, quatre coups de pompe sur son réchaud à pétrole, elle craque une allumette et une belle flamme bleue éclaire la pièce. Le doux ronflement du réchaud excite l’oiseau dans sa cage, ses les gazouillis redoublent de puissance.

Elle remplit le bol d’eau et le vide dans la poêle, elle met le bol à l’envers dans la poêle et met-le tout au feu.

Elle ouvre la vieille paire de ciseaux en forme de croix et la pose délicatement sur le cul du bol.

Une main sur ma tête, l’autre contre son cœur elle entonne des litanies en latin et en espagnol.

L’eau commence à frémir, la chaleur de sa main sur ma tête est intense, l’eau bout, elle semble avalée par le bol, en quelques seconde la poêle est vide.

La main de la curandera est devenue fraîche, elle coupe l’arrivée du pétrole. Le réchaud est éteint, le silence s’installe dans la pièce, le canari ne chante plus.

Elle retire sa main de mon front, j’ai les jambes encore un peu cotonneuses et des étoiles troublent ma vue.

- Eh bien hijo mio, t’avais la tête pleine de soleil, il faut mettre un gorro quand tu vas à la plage.

Je hoche la tête en signe d’acquiescement, maman remercie chaleureusement et demande ce qu’elle doit, la réplique est cinglante :

- Je ne fais pas ça pour l’argent, mais pour remercier le seigneur de m’avoir donné ce don et adoucir les douleurs de mon prochain.

Maman se confond en excuses et embrasse la curandera qui me fait la bise, le petit blaireau qui orne le grain de beauté de son menton me chatouille et me fait frissonner.

Je suis très impressionné par tout ce qui vient d’arriver, aussi le soleil qui inonde la place Hoche me fait le plus grand bien.

Mes jambes ne tremblent plus, j’ai une envie folle de courir de retrouver mes amis et d’oublier cette drôle d’aventure, qui aussi incroyable que cela paraisse m’a remis sur pieds.

René Mancho l’Oranais

 

24 janvier 2020

LA STATION DE TAXIS

Nous sommes en plein centre de la ville, la station de taxi est le baromètre de l’activité de la cité.
A chaque client chargé, le manège commence, coups de démarreur et tous les véhicules avancent de quelques mètres.
Les passagers ne choisissent ni l’engin ni le chauffeur et si par mégarde un conducteur enfreint la règle, c’est l’engueulade méditerranéenne le tout ponctué de gestes parfois obscènes soulignés de noms d’oiseaux en français, en arabe, en espagnol ou en pataouète.

Mais la querelle cesse aussi vite qu’elle s’est déclenchée quand le premier de la file enclenche sa première et quitte la station.

Kader est le laveur attitré des taxis, sa peau de chamois fait de vrais miracles et les tractions avant, la grande majorité des taxis, rutilent sous ses doigts. Mais la moindre coulure sur un pare-brise et c’est l’avoinée du patron.
Le nettoyage des véhicules sur la rue est interdit.
Kader est notre allié et on le lui rend bien. Aussi dès qu’apparaît un képi à  un bout de la rue on fonce l'avertir, Kader, son seau et sa peau de chamois disparaissent comme par enchantement.
Les chauffeurs c’est bien autre chose.
Si par malheur un quidam se gare sur « leur station » même en queue de station, ils n’hésitent pas à faire venir la police, et quand l’agent s’en retourne, après avoir apposé un procès-verbal, sur le pare-brise fautif, nos charmants « taxis » dégonflent, un, deux, voire les quatre pneumatiques.
Ils n’ont même pas le courage de leurs actes, car quand l’automobiliste regagne son véhicule, ils jouent bien sur les oies blanches et concluent : « ce sont encore les gamins du quartier,de vrais voyous, si on les chope, ils vont passer un sale quart d’heure. »

Le pire de tous c’est Ramon, rondouillard, un mètre soixante, une fine moustache, les cheveux gominés, laissant traîner derrière lui une forte odeur de patchouli.

Pour maman, qui a le sens de la formule : »-un homme qui met trop de «sent-bon » (parfum) c’est un homme qui ne se lave pas souvent. »

Pour Ramon son taxi est un sanctuaire, seuls peuvent l’approcher, les clients, Kader pour le briquer et son auguste personne..

Lors d’une partie effrénée de « tu-l ’as », Bernard est sur le point de me rejoindre, je me glisse entre deux taxis et pour prendre de l’élan, j’appuie, oh sacrilège !, ma main sur l’aile avant droite d’une traction.
Ramon me cueille au vol comme un sac de linge sale, mes jambes moulinent dans le vide, et quand elles reprennent contact avec le trottoir, l’affreux me décoche un magistral coup de pied aux fesses..
Kader s’interpose, ce qui me permet de prendre la poudre d’escampette.
- Mêles toi de tes oignons Kader, vas plutôt nettoyer les traces laissées par ce merdeux »

J’ai mal, j’ai très mal et j’ai surtout honte, mais je sers les dents car je sens venir les larmes et je ne veux pas offrir ce spectacle à ce gros porc.
La partie de « tu l’as » tourne court.
- Foutez-moi l’camp, bande de voyous et si j’vous y reprends je vous casse la tête !
Madame Rivier a jailli de sa porte :
- Tu es bien fort Ramon quand il s’agit de gamins, tu roulais moins les mécaniques l’autre jour avec Tonio.
Les balcons commencent à se peupler, on vit fenêtres ouvertes à Oran, dans un haussement d’épaules Ramon tourne les talons, ouvre sa portière et s’engouffre dans son sanctuaire.
Madame Rivier attrape la gargoulette qu’un linge humide entoure, elle me sert un grand verre d’eau fraîche.
- Bois mon grand
- C’est qui Tonio ?
- C’est rien, c’est une histoire de grandes personnes.
On n’en saura pas plus.
Un sentiment de grande injustice commence à nous tarauder, la méchanceté gratuite de Ramon nous pèse.
- Il faut se venger, dit Marcel tendant un poing rageur.
- "ouai !" Crie en cœur toute la bande.

Ramon va aggraver son cas.

Les fenêtres de mon appartement donnent sur la rue, elles se dressent à quarante centimètres du trottoir, les rebords sont larges et profonds. Pour nous les gamins elles forment des bancs idéaux et le soir les taxis viennent s’asseoir et se racontent leur journée.

Ce soir il fait chaud, les volets sont clos, mais les vantaux vitrés sont ouverts pour laisser pénétrer la fraîcheur de la nuit.
Les discussions des chauffeurs nous empêchent de fermer l’œil. Maman se lève et leur demande d’aller plus loin raconter leurs histoires.
La discussion cesse, maman retourne se coucher et au moment ou elle commence à s’endormir les palabres reprennent sur la fenêtre.
Sans dire un mot elle sort du lit, prend une bouteille d’eau et la verse à travers les volets.
Les fesses sûrement mouillées les chauffeurs se taisent. Pas un mot, pas un juron ce qui m’étonne un peu.
Le matin maman ouvre les volets et découvre avec horreur une belle « tartouse » de merde sur le rebord de la fenêtre.
à grand  coup d’eau et de crésil, maman nettoie le cadeau des taxis en grommelant après ces malappris, mais la station est vide, ce qui met plus en rogne ma mère qui ne peut rien faire d’autre que de laver l’offense à grands coups de serpillière et de jurons que je n’ai jamais entendus dans la bouche de maman.
Cet intermède des plus déplaisants, l’a mise en retard pour partir travailler ce qui amplifie sa colère.
J’ai reconnu la voix de Ramon, mais je ne pipe pas mot.

Les sept premières notes de la chanson de Popeye le marin sont notre signe de ralliement.
Lorsque ce sifflet retentit dans les montées d’escaliers tous les copains descendent dans la rue et s’organisent alors des jeux divers et variés en fonction des saisons, de l’actualité ou de notre bon vouloir.

Aujourd’hui pas de jeu mais un plan de bataille pour punir Ramon.

Quand l’enjeu est important les discussions n’ont pas lieu dans la rue ou des oreilles indiscrètes pourraient entendre et trahir nos secrets, mais au petit jardin.

Le petit jardin, c’est en face du square Cayla, après la boucherie chevaline nous traversons la place du docteur Jouty, la place de l’arbre comme l’appellent les Oranais, parce que c’est le seul arbre planté sur la rue d’Arzew, puis nous descendons le boulevard des Chasseurs jusqu’à la rue Alsace Lorraine et voilà le petit jardin, tout de suite à droite.
De belles pergolas blanches, des massifs de lauriers roses et blancs, de l’espace et des bancs verts, doubles dos à dos.
Le petit jardin c’est notre base arrière, une de nos aires de jeux préférées.
Le garde ancien de quatorze avec sa jambe de bois ne court pas bien vite et il ferme souvent les yeux sur nos bêtises.
Nous prenons d’assaut l’un des bancs et, face à face, le conseil de guerre commence.
- Il faut punir Ramon par où il a pêché, commence Marc.
- C’est à dire ?
- On badigeonne son taxi de merde
Dès qu’il s’agit d’excréments Marco est partant, c’est un scatologue hors-pair.
Marcel n’est pas d’accord.
-C’est pas une bonne idée, on va se faire pincer tout de suite, ça prend du temps de barbouiller de crotte sa voiture et si c’est pour mettre juste une petite trace ça vaut pas le coup.
- Houai et puis le plus puni ne sera pas Ramon, mais Kader qui va se taper le sale boulot.
- Faut lui tendre un piège, une vraie embuscade comme les Indiens avec les Cow-boys s’exclame Nano.
- Tu lis trop Kit Carson, Nano mais en y réfléchissant bien…
- Il faut qu’il y ai de la merde (Marc et son idée fixe).
- Une attaque par le sol et par les airs. Cette fois c’est Georges qui s’exprime
- Et tu le sorts d’où l’avion ?
- Qui te parle d’avion, bourricot, par les terrasses.

Toute la bande s’esclaffe, les idées fusent, les plus saugrenues, les plus fantaisistes, mais petit à petit le scénario prend forme.

-Dans le tiroir du chevet de la chambre de mes parents, dit Marcel, il ya des trucs en caoutchouc très fin, tu peux y mettre dix litres d’eau, ça ferait une chouette bombe..
- C’est quoi cette histoire ?
-Je ne sais pas, mon grand frère dit que ce sont des « capotes anglaises» et que je suis trop petit pour m’en servir, n’empêche que j’ai essayé et… ; peut-être pas dix litres mais au moins cinq.
- On peut pas chier dedans ?
- Houai mais il faut sacrément bien viser.
- Arrêtes Marco je ne sais pas comment, mais tu l’auras ta merde.
La discussion dure des heures, entre coupée d’énormes éclats de rire et de « tapes cinq » sonores.
Tapes cinq, qui est un de nos gestes favoris, a mille significations, la main bien droite et les doigts écartés (cinq) viennent heurter la main du copain et plus le geste est bruyant, plus il a de valeur.
Tapes cinq signifie d’accord ou chiche ? Ou j’approuve, ou des tas de choses, mais c’est surtout un signe d’amitié qui conclut bien des phrases.

A la fin de l’après-midi le plan est quasiment en place : une attaque par le sol et par les airs.

Mais restent les problèmes pratiques.

Les terrasses c’est une bonne idée, mais elles sont verrouillées et les dames cerbères ne lâcheront pas la clef facilement. Par contre une fois une porte ouverte, en sautant le petit parapet qui les sépare, on surplombe toute la rue. Elles sont toutes au même niveau ce qui permet d’attaquer à un bout de la rue et de disparaître à l’autre extrémité, en toute tranquillité.
Dans chaque terrasse il y une buanderie, donc pas besoin de charrier l’eau a travers les escaliers.
Les taxis bougent sans cesse, mais cinq à dix minutes avant la sortie des cinémas ils sont tous là.
Et ils sont nombreux les cinémas autour de la rue Élisée Reclus, le Mogador, l’Idéal, le Régent, le Colisée, le Richelieu, ils attirent en foule les Oranais qui à la sortie du « cinoche » se ruent sur les taxis pour regagner les quartiers périphériques, saint Eugène, Gambetta, Choupot, Eckmühl, Sananes, Boulanger……..

Trônant sous son réflecteur, une grosse ampoule électrique éclaire la rue le soir, elle fait tellement partie du paysage que nous avons failli l’oublier. Elle éclaire comme en plein jour la queue de la station de taxi.
- Ramon c’est un besugo, mais il de bons yeux.
- Alors qu’est-ce qu’on fait ?
- Un coup de stac et on en parle plus.
Le stac, c’est le lance pierre oranais, sa fabrication est tout un art.
Le manche est en olivier, bois dur par excellence, il faut choisir une belle fourche bien symétrique, une fois l’écorce enlevée, on l’oublie quelques jours dans un endroit bien sec.

Deux petites entailles au bout de la fourche vont permettre de fixer de fines lanières de cuir repliées en deux pour faire une boucle où vient se glisser l’élastique brun, carré.
Un rectangle de cuir robuste et souple dont il faut arrondir les angles, il faut toujours arrondir les angles, vient se fixer à l’autre bout des caoutchoucs.
Un ruban de chatterton, pour améliorer la préhension et personnaliser

Il est fortement recommandé, ensuite, de le passer à la flamme pour faire évaporer l’humidité et renforcer la rigidité.
l’engin, est enroulé autour du manche.
Le stac est une arme redoutable, même pour celui qui s’en sert, car si, comme certain besugos, pour mieux viser, tu mets ton pouce au centre de la fourche, ton doigt ramasse le projectile et ressemble à un tchumbo bien mûr.
Nos parents n’aiment pas, mais alors pas du tout, que nous soyons en possession d’un lance pierre. Il se fabrique donc, en cachette, et pour mieux le dissimuler, se porte autour du cou, comme un chapelet, sous les vêtements.
La décision prise, il faut trouver le bon projectile et la tension ad hoc des élastiques pour éliminer en douceur l’ampoule.
L’entraînement avec de vieilles ampoules, au petit jardin, est sérieux et les projectiles nombreux.
Les galets sont efficaces, mais ils cabossent le réflecteur et l’impact est très bruyant.
Les noyaux de nèfles et d’abricots prennent des trajectoires bizarroïdes.
Les fruits de ficus sont biens ronds, mais s’écrasent sur l’ampoule sans la briser.
Nous commençons à désespérer quand Robert sort de sa poche des petites boules noires.
- On ne va pas tirer avec des billes, c’est pareil que les pierres.
- Mais ce ne sont pas des billes, ma mère s’en sert pour faire la lessive elle appelle ça du sapindus.
- Donne ! Dit Georges.
Il bande son stac et… »plof », l’ampoule cède dans un bruit mat et étouffé.
C’est gagné, la boule de sapindus, est élue à l’unanimité.
Cette boule est le noyau du fruit du sapindus, elle est utilisée pour le lavage des linges délicats et des couleurs, m’a expliqué maman.

De retour au quartier une bonne surprise nous attend.
La maman de Robert est sur le seuil de son immeuble et discute avec une voisine.
- Ah te voilà ! Monte vite te changer que demain je fais la lessive.
- Houai !!!! Crions-nous tous en chœur.
-Vous êtes pas bien ? Vous croyez que c’est un plaisir de se casser les reins sur la planche à laver, et se tournant vers la voisine :
- C’est la edad del pavo qui les travaille.
Elle a bon dos la edad del pavo, et puis ça nous arrange.
El pavo en espagnol c’est le dindon, la edad c’est l’âge.
Madame Rivier nous a expliqué que c’est l’âge ingrat.
- Vous serez bientôt des hommes, et pour passer de l’enfance à l’age adulte on passe par l’age bête.
- Et qu’est-ce qu’il vient faire le dindon dans cette histoire ?
-Vous êtes bien des enfants de la ville, les garçons élevés à la campagne savent bien que le dindon, est l’animal le plus idiot de la basse-cour.
- Et puis allez jouer, vous me cassez la tête avec toutes vos questions.
Bon, on s’en fout, le principal c’est l’accès aux terrasses et c’est presque dans la poche.

Ah les terrasses ! C’est toujours une bataille entre voisines et quand deux familles d’un même immeuble ne se parlent plus, ne cherchez pas c’est qu’elles se sont engueulées pour le tour de terrasse.
- Demain c’est samedi, dit René, moi ma mère veut que j’aille au théâtre avec elle et ma sœur pour voir une opérette « les mousquetaires au couvent», il faut me trouver une excuse pour ne pas y aller.
Moi c’est pareil, ajoute Marcel, le samedi c’est cinéma et il faudra une bonne raison pour m’esquiver.

- Bien moi j’ai une idée, s’exclame Robert, samedi soir vous êtes tous invités chez moi pour une partie de MONOPOLY, y a plus qu’à convaincre maman qui se chargera de l’annoncer à vos parents.
- Ok dit Bernard, mais ce soir il faut que tout soit bouclé, t’as intérêt Robert à être gentil comme tout, du genre t’essuies la vaisselle et tu mets la table.
- Et puis quoi encore ? Elle va rien comprendre ma mère, et si elle me voit avec un torchon elle va faire plein de signes de croix pour enlever le mal de ojo, je l’entends comme si j’y étais… » que pasa hijo mio, t’as de la fièvre, que se van morir tres buros si tu poses pas ce torchon. »
- Peut-être que non, dit Georges, elle sera contente c’est tout.
- Vous la connaissez pas ma mère ou quoi ?
- Essayes, on verra bien
Bien sûr qu’on la connaît Conchita, la maman de Robert, petite, mince, des yeux de braise, elle a tout ce qu’il faut là où il faut, sauf la langue dans sa poche, sa générosité et sa gentillesse pour nous, les gamins du quartier, est à toute épreuve, mais gare si on lui marche sur les pieds, il vaut mieux changer de trottoir à la prochaine rencontre.

Je ne sais pas quels arguments a employés Robert mais le lendemain matin nous avons tous reçu un charmant carton d’invitation :
«Afin de fêter le passage en 5ème. de Robert, nous avons le plaisir d’inviter votre fils au goûter dînatoire que nous organisons à cette occasion ce samedi à partir de 19 heures.
Nous raccompagnerons tous les enfants à 23 heures au plus tard. »
La classe à l’état pur !
Plus question de reculer, samedi il faut passer à l’action.

La plaque de MONOPOLY est étalée sur la table de la salle à manger, les billets sont distribués, les parents de Robert et sa sœur qui se sont fait tout beaux pour aller au cinéma et nous font les dernières recommandations :
- Et surtout pas de bêtises, j’ai pas envie d’avoir des histoires avec les voisins.
- T’inquiètes pas maman nous serons sages comme des billets de MONOPOLY.
- Que tonto, dit-elle affectueusement.
La porte claque, en laissant les effluves d’Abanita, le parfum de Conchita.

Dix minutes plus tard, le quartier est vidé de nos parents.

- René, Georges, à vous de jouer.

Nous quittons l’appartement de Robert, les six étages sont descendus en effleurant les marches.
La porte palière ouverte, un coup d’œil à droite, un coup d’œil à gauche, la voie est libre et rasant les murs nous atteignons l’entrée du numéro 9, chez moi.
Maman et ma sœur sont sur le chemin du Théâtre, je glisse délicatement la clef dans le trou de la serrure et sans le moindre bruit la porte s’ouvre.
Dans la pénombre, il n’est pas question d’utiliser l’éclairage, nous pénétrons dans l’appartement et nous refermons la porte avec délicatesse.
J’entrouvre à peine les volets de la cuisine.
Il n’y a toujours personne dans la rue, les chauffeurs de taxi sont regroupés en tête de station et comme à l’accoutumée discutent à haute voix avec de grands gestes pour souligner leurs phrases.
Georges bande le stac, armé d’une boule de sapindus.
Splash !
Les parcelles d’ampoule descendent lentement, comme des plumes d’oiseaux flottant dans l’air, et s’étalent sur le goudron de la rue dans un doux cliquetis.
La queue de station est dans le noir !
Nous effectuons le trajet en sens inverse avec la même légèreté et rapidité.
De retour chez Robert, nous retrouvons l’équipe en pleine ébullition.
- L’ampoule ? demande Marcel
- Muerta, mais vous, pourquoi cette excitation ?
- Impossible de mettre la main dessus, cette punaise de clé, dit Robert.
- On n’est pas dans la merde, il est quelle heure ? Demande Georges.
- Neuf heures vingt.
- Purée, dans vingt-cinq minutes Marc va passer à l’action et nous, on cherche une clé, c’est pas sérieux tout ça.
- Bougez pas la voilà s’écrie Robert, sur la corbeille de linge sale, c’est bien des idées à ma mère !!
- Les préservatifs ?
- Ils sont là dit Marcel, trois.
- Parfait, la farine ?
- J’ai dit Bernard
- Allez, on grimpe et en douceur, le moindre voisin qui nous chouf et toute l’opération tombe à l’eau.
Sur la pointe des pieds nous parvenons devant la porte de la terrasse, la serrure que Robert a noyée d’huile dans l’après-midi, cède sans le moindre grincement. La porte s’ouvre sur la terrasse et la fraîcheur de la nuit caresse notre peau, ce qui endort notre anxiété, car nous avons beau jouer les fiers à bras nous n’en menons pas large.
Après avoir franchi les parapets du 11bis et du 11 nous sommes sur la terrasse du 9, celle qui surplombe la station de taxi.
Un coup d’œil dans la rue, tout est calme et plongé dans une obscurité quasi totale, on distingue, cependant, assez bien les véhicules garés le long du trottoir, les chauffeurs agglutinés en tête de station et leurs vociférations parviennent jusqu’à nous...
La traction de Ramon est là sous nos yeux, mais ce qu’elle est petite depuis la haut.
- il faudra sacrément bien viser susurre Robert
- Allez, il faut remplir les préservatifs.
La buanderie n’a pas de porte, deux grands bacs de lavage en ciment trônent au fond à droite de la pièce, deux magnifiques robinets en cuivre les surplombent.
Remplir d’eau les préservatifs n’est pas une sinécure, c’est flasque, pas de prise, ça part dans tous les sens et il faut vraiment que l’on se morde les lèvres pour ne pas éclater de rire en voyant Marcel se débattre avec la capote et le robinet, Bernard n’est pas plus doué et nous avons beaucoup de chance qu’il ne faille pas faire de bruit, car il y a longtemps que nos railleries auraient cessées et que nous aurions pris les capotes et leur contenu sur la tête.
Vingt et une heure quarante-cinq, la porte des Rivier s’ouvre, Marc en jailli, se glisse derrière les véhicules garés et progresse jusqu’à la traction de Ramon.
Il dépose le tas de vieux « Écho d’Oran » sur le trottoir, sort une pipette remplie de pétrole, asperge les journaux et craque une allumette.
Marco s’évanoui dans la nuit à pas de loup.
Les flammes illuminent la rue, les chauffeurs de taxi se taisent pour mieux hurler ensuite :
- Ramon !, Ton taxi ! , Le feu !

La peur de voir son sanctuaire en cendres donne des ailes à Ramon, il en oubli de remonter son pantalon, et saute à pieds joints au milieu des flammes. Il frappe avec violence le paquet de journaux, une horrible odeur commence à s’installer, une drôle de fragrance en vérité, l’odeur de brûlé, de pétrole et dominant de plus en plus le tout, un remugle de merde infernal.

Ramon hurle, jure en français, en arabe et en castillan. Les coups portés sur les journaux font éclabousser les quinze jours de défécation de Marco, car fidèle à son image Marc avait inondé de merde les journaux.
La première bombe à eau frappe le mur à un mètre au-dessus de la tête du chauffeur, Bernard pense avoir raté son coup mais le résultat n’en est que meilleur, Ramon est trempé comme une soupe et les journaux sont en partie éteints, Ramon pense qu’un voisin lui vient en aide, il lève la tête pour remercier quand le premier sac de farine explose sur son nez, la farine mêlée à l’eau compose une mêlasse peu ragoûtante et gluante, si gluante et poisseuse que ce qui n’était pas prévue au programme se produit, Ramon glisse sur cette bouillasse et s’étale sur les « Échos d’Oran » ce qui achève son tartinage merde et farine.
Le feu est éteint.
Les autres chauffeurs accourent, mais la deuxième bombe à eau les fait reculer.
Un second lancé de farine éclate sur le toit de la traction.
Ramon et sa voiture ressemblent à une œuvre psychédélique, trempés, enfarinés, dégoulinants et dégageant une pestilentielle odeur de merde.
Après un moment de stupeur les autres chauffeurs commencent à glousser, timidement d’abord, de peur d’effaroucher leur collègue. Mais bientôt, devant le cocasse de la situation, ils explosent de rire.
Les balcons commencent à se garnir des voisins qui ne sont pas de sortie ce samedi, mais il fait sombre et ils ne bénéficient pas de la totalité du spectacle.
Ramon, fou de rage, s’engouffre dans son taxi en lançant :
- Banda cabrones, hijos de puta !!!

Nous, comme des enfants sages nous continuons la partie endiablée de «MONOPOLY », tout en faisant une place à Marc venu nous rejoindre.

- C’est bien les enfants, je vous ai porté des piroulis glacés, mangez vite que ça va fondre.
Conchita, son mari et leur fille sont de retour du spectacle.
- Pourquoi c’est bien, demande Marcel
- C’est bien parce que vous êtes très sage et que j’adore les enfants sages.
- Il ne vous manque plus que l’auréole, rajoute Jacqueline la sœur de Robert, un rien jalouse de tant de compliments.
- Je ne sais pas ce qui s’est passé mais je n’ai jamais senti une telle puanteur dans la rue Élisée Reclus, vous avez bien fait de rester tranquillement à la maison dit le père de Robert.
- Dios mio que peste rajoute Conchita.
Nous pouffons de rire, de ce rire bête et inimitable propre à tous les adolescents.
La edad del pavo, comme ils disent.

Ramon et son taxi ont disparus de la circulation, certaines méchantes langues prétendent qu’il est parti sur la capitale, Alger, où paraît-il, les gens sont plus corrects et n’ont pas ce vulgaire accent oranais.

René Mancho l’Oranais

Bientôt un lexique pour les tontos...

28 novembre 2019

BENJAMIN STORA

Ouf ! Il y a donc un antisémitisme de la droite extrême et STORA en est victime!

Colmar, le 23 novembre 2019

Par Jean-Michel WEISSGERBER

            Rosa et l’Huma, vont-ils enfin jubiler puisque la “mayonnaise” de l'antisémitisme de la droite extrême semble prendre forme ?

           La difficulté apparemment insurmontable était de soutenir à la fois le nationalisme du FLN algérien en pleine déliquescence et faire oublier que l’écrasante responsabilité des actes antisémites incombe aujourd’hui à l'extrême-gauche politique et qu’en même temps le terreau le plus radical de cette gangrène gît dans les “territoires perdus de la république”.           

           L'occasion, qui se prénomme Benjamin (1), est trop belle et fait les larrons… Ainsi Rosa MOUSSAOUI, grand reporter (2) à l’Humanité, croit devoir déceler, édition des 15, 16 et 17 novembre 2019, chez Bruno LAREBIÈRE, journaliste à Valeurs Actuelles (aimablement étiqueté ancien de Minute et dirigeant identitaire), un recycleur de la vieille caricature antisémite du juif devenu gros par enrichissement frauduleux.

           Votre serviteur lui-même, dans une contribution à R.L. du 6 septembre 2019, s’en est pris à l’épaisseur de B.S. “de plus en plus incontournable tellement sa silhouette s’élargit”.

           Je persiste et je signe : en aucun cas, je ne ménagerai STORA tant qu’il mentira et se livrera à des manipulations. Dernier exemple en date : dans la revue Historia, numéro spécial de septembre-octobre 2019, consacrée à “l’aventure coloniale”, STORA, tente de minimiser la portée des déclarations d’Emmanuel MACRON à Alger, qualifiant la colonisation de crime contre l’humanité.

           Voici très précisément ce que STORA répond au questionneur Tramor QUEMENEUR : “Il est revenu sur cette assertion, qu’il n’a prononcée d’ailleurs qu’une seule fois. Aujourd’hui, il parle de crime contre les humains, ce qui n’est pas la même définition juridique”.

           C’est le même STORA, qui pratiquement en même temps, dans un appel initié par le SUPER MENTEUR Didier DAENINCKX (voir ma contribution du 26 octobre 2019 à R.L.) évoque de façon claire et nette “l’intervention du président de la République et non candidat à la Présidence – à Alger qualifiant le colonialisme de crime contre l’humanité”.

           L’appel en question exige (pour garantir un avenir de paix) l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. En d’autres termes, cela s’appelle du chantage ! 

           C’est également à du chantage que se livrent tous les laudateurs de STORA, historien, sociologue, inspecteur général de l’Education nationale et multi-décoré (vous vous inclinez devant l’expert et sa “science”; à défaut vous porterez les étiquettes infamantes d'abominable antisémite, d’extrême-droite et de négationniste !).

Bruno LAREBIÈRE et VALEURS ACTUELLES antisémites ?

           C’est une accusation ridicule car en soulignant au sens propre comme au sens figuré, l’épaisseur du personnage, le journaliste a très bien fustigé notre “client” qui est le seul responsable, par ses excès et sa servilité envers les puissants, de la dégradation de son image.

           Tout cela évidemment dans le triste élan de veulerie générale exigeant toujours d’avantage d’auto-humiliation, de repentance et de contrition ultra masochiste, tout bénéfice en fin de compte pour la subversion migratoire.

           Qu’on me permette, en conclusion, d’évoquer un souvenir très personnel, ce qui liera l’histoire de l’Algérie française (le sujet, précisément du Hors-Série de Valeurs Actuelles) et l’antisémitisme.

           Début 1960, j’étais en classe de quatrième, âgé à peine de treize ans. Séance de cinéma “pédagogique”, projection du célèbre film “Nuit et brouillard” d’Alain RESNAIS sur les camps de la mort nazis ! Le conférencier, c’était l’époque des Barricades, a apporté sa touche très personnelle à l’Histoire ! Prétextant de l’apparition alors à Alger de quelques croix celtiques, il s’est permis de vilipender les pieds-noirs, pétainistes, réactionnaires et devinez quoi ? “Racistes” !!!

           Le slogan en gestation, hurlé deux ans plus tard : “OAS, SS !”  Grâce à STORA, Rosa, l’Huma et quelques autres (y compris la LICRA ?) sera-ce le slogan de 2020 ?

Jean-Michel WEISSGERBER

Article transmis par Maurice Calmein

Retour aux articles JM. Weissgerber

  1. Benjamin STORA et non Benjamin ou les mémoires d’un puceau, film d’il y a un demi-siècle où évolua la somptueuse Catherine DENEUVE.
  2. Ou grande reportrice ou grande rapporteuse, plutôt ?
4 août 2019

LE "MAGISTÈRE MORAL" DES GLUCKSMANN

Par Jean-Michel WEISSGERBER

Colmar, le 18 juillet 2019

(avec ou sans l’aval de la LICRA) 

Avez-vous lu dans l’édition du 11 juillet 2019 du Monde, le nième appel en faveur des migrants, dégoulinant d’un humanisme frelaté[1] ?

Rien de bien saillant ou d’intéressant me direz-vous ?

Relevons cependant deux signatures : celle de Leila SLIMANI, intronisée écrivaine (aujourd’hui quelque peu en veine d’écrits) et surtout celle de Raphaël GLUCKSMANN, eurodéputé socialiste, le récipiendaire des cendres d’un parti moribond de par la grâce macronienne !

Raphaël dans le rôle de donneur de leçons apparaît comme le digne successeur de son papa, André GLUCKSMANN !

Ce dernier,. auteur d’un parcours politique quelque peu incohérent (de la Gauche Prolétarienne à des positions ultra-atlantistes) reste pour moi, avant tout, l’auteur d’un texte odieux vis-à-vis de la communauté harkie.

Relisons ce qu’il écrivit dans l’édition du Droit de Vivre de février 1983 : « On peut très bien condamner l’attitude de l’armée israélienne campant autour de Chabra et Chatila et laissant s’accomplir un massacre sans être raciste ni antisémite. Et il faut la condamner. Comme on peut très bien condamner les tortures commises par les paras français - ou qu’ils ont laissé commettre aux harkis algériens - sans être anti-français ou contre la défense de la France ».

Dans ma réponse parue peu après [2] profondément indigné et pas suffisamment aguerri alors, j’insistais trop sur les questions de terminologie (harki français ou algérien ?) et pas suffisamment sur le fond du problème.

1. Vous soulignez pernicieusement le seul rôle répressif (euphémisme) de l’armée française et vous oubliez sciemment les crimes monstrueux du F.L.N.

2. Nombre de « pontes » du F.L.N. ont fourbi leurs premières armes au service des nazis.

Entre autres : Seguir NEKKACHE, le sénateur MAHSAS [3] , agents de l’Abwehr, Mohamedi SAID, ancien SS, Ahcène MAYOUZ, bras droit d’AMIROUCHE, ancien de la GESTAPO de la rue Lauriston à Paris (la sinistre CARLINGUE).

3. Comment se fait-il que vous ayez intercédé pour les « harkis » indochinois en réalisant le louable exploit de réunir à cet effet et Raymond ARON et Jean-Paul SARTRE et que vous n’ayez pas un mot, ni un geste pour les harkis originaires d’Algérie, hommes et femmes français par le sang, comme je l’écrivais dans le Droit de Vivre il y a trente-six ans.

4. J’évoquais le massacre des Français musulmans, cent mille ou davantage, soit largement le nombre d’israélites français et étrangers de France martyrs durant la Seconde Guerre mondiale.

5. Dites donc, M. André GLUCKSMANN, n’êtes-vous pas plus sensible aux senteurs des rizières qu’à celles des djebels et dans votre tri entre les victimes qui vous paraissent estimables et les autres, n’y a-t-il pas quelque once de racisme ?

Le père André s’est tu sur les harkis, à ce que je sache, le fils Raphaël n’est guère plus prolixe à leur sujet aujourd’hui, alors qu’il y a encore énormément à entreprendre quant à la réhabilitation de cette communauté paria entre toutes ! Raphaël qui, évidemment dans l’appel précité, reprend l’épisode ARON-SARTRE, n’est pas seulement le digne successeur d’André pour une approche à géométrie variable sur les droits de l’homme, il aggrave son cas en s’en prenant sans nuance, sans précaution, au rôle de la France, de son gouvernement et de son armée lors des événements tragiques s’étant déroulés en 1994 au Rouanda. Le 5 mai 2019 sur Radio J, il déclare péremptoirement à propos du génocide des Tutsis : « Franchement, c’est le plus grand scandale de la Ve République. La France a armé, soutenu financièrement, soutenu politiquement des génocidaires ».

Un million de morts clame à l’envie, son complice Alain DAVID de la LICRA dans « La trahison des clercs » (Droit de Vivre, décembre 2017) alors que le nombre des Tutsis ne dépassait pas 600 000 au recensement de 1991.

L’acolyte de Raphaël GLUCKSMANN [4] entend interdire toute critique du régime de Paul KAGAME, par cette sentence sans appel « l’élémentaire vérité (étant) que le FPR … - quoi qu’il en soit de ce qu’il faut lui reprocher [5] - à lui (seul) mis fin au génocide ».

Dans son bulletin de Pâques de 2019, l’association Le Secours de France [6] entend participer avec notamment l’association France-Turquoise à une contre-offensive médiatique visant à riposter aux innombrables mensonges destinés à préserver l’hégémonie du FPR au Rouanda (le mensonge est roi sur le dossier Rouanda comme il l’est sur le dossier Algérie). Secours de France recommande vivement la lecture d’un ouvrage d’une jeune journaliste canadienne Judi REVER, auteur de « In prise of blood » en cours de traduction, résultat d’une enquête de deux décennies sur les événements de 1994 et des années suivantes, sur les terribles conditions de vie et des massacres des réfugiés, la plupart hutus, persécutés par l’armée du Front patriotique rouandais (FPR).

Récemment, à un forum européen, le président Paul KAGAME [7] a rejeté virulemment un rapport de l’Union européenne de 2018 faisant état de « graves violations des droits civils et politiques dans son pays ». Il  n’apprécie manifestement qu’une chose : que son pays soit cité comme un modèle de développement en Afrique.

Cependant, de nouvelles recherches académiques et des rapports faisant état d’une augmentation de la pauvreté et du taux de malnutrition infantile élevé remettent en cause les impressionnantes statistiques de croissance du pays qui reste dépendant de l’aide internationale.

Ajoutons, et c’est très inquiétant, que le régime KAGAME se caractérise par l’existence de ce qu’il faut bien appeler « des escadrons de la mort ».

Le 30 mai 2019, est assassiné au Cap (Afrique du Sud), Camir NKURUNZIZA, ancien garde du corps de Paul KAGAME, devenu dissident politique dans des circonstances qualifiées de « floues ». Peu de jours après, un ami et collègue de travail venu présenter ses condoléances à la veuve du défunt, est blessé à l’épaule par un tir effectué par des « inconnus ».

Cette nième « bavure » intervient après une très longue série d’autres et l’on reparle aujourd’hui de l’assassinat qui s’est déroulé le 16 mai 1998 de Seth SENDASHONGA, pourtant ancien ministre de l’Intérieur du FPR, intervenu à Nairobi (Kenya).

Est-ce KAGAME va finir par s’écrire CROIX GAMMEE ?

Combien de temps, André GLUCKSMANN et Alain DAVID vont-ils se taire devant un scandale majeur ?

Jean-Michel WEISSGERBER

Post-scriptum :

Afin de complaire à la très « francophone » Louise MUSHIKIWABO, j’écris ROUANDA (Rwanda) suivant la graphie française.



[1] Frelaté car nos belles âmes ne s’attaquent nullement aux véritables causes de la misère humaine dont la première consiste en l’aval donné aux dictateurs africains qui empêchent le développement de leurs pays. Au surplus où commence et où s’arrête « l’aide aux migrants » : on ne peut décidément « accueillir toute la misère du monde ».

[2] A l’époque, la LICRA était plus ouverte à la contradiction. Forcément, le président d’alors, Jean-Pierre BLOCH, comme disait mon regretté camarade Ahmed KABERSELI, avait une toute autre stature que ses successeurs !

[3] Cité par Ahmed KABERSELI dans Clin d’œil, n° 186.

[4] Alain DAVID s’est révélé pourtant bien plus avisé en d’autres occasions, en fustigeant par exemple le négationniste du massacre des harkis, un incertain Pierre DAUM.

[5] Justement, Alain DAVID ouvrons bien davantage le chapitre « de ce que l’on peut lui reprocher ».

[6] Le Secours de France œuvre depuis des décennies au soutien des « oubliés » de l’Histoire, en particulier les familles de harkis. Le Secours de France, 29 rue de Sablonville 92 200 Neuilly-sur-Seine.

Courriel : secoursdefrance@cegetel.net

[7] A la tête du Rouanda depuis bientôt un quart de siècle… Bien lancé, va-t-il s’y accrocher aussi longtemps que l’insupportable MUGABE au Zimbabwe ?

 Jean-Michel WEISSGERBER

Article transmis par Maurice Calmein

16 juillet 2019

DE L’ALGERIE FRANÇAISE... A LA FRANCE ALGERIENNE

Par José Castano

« A l’occasion de votre élection à la présidence de la République algérienne, je vous adresse mes félicitations. Cette indépendance algérienne, nous l’avons voulue et aidée »  (Message de Charles de Gaulle à Ben Bella, le 4 septembre 1963)

            Le dimanche 1er juillet 1962, l’Algérie exsangue, privée de la majorité de ses Européens, vota sur la question de savoir si elle devait devenir un état indépendant. En répondant « Oui » à cette question, chaque électeur annulait pour sa part l’existence de l’Algérie française et ce fut la somme de ces « Oui » qui réduisit à néant cette Algérie-là dont l’existence avait commencé le 5 juillet 1830 lorsque les troupes du général de Bourmont, après avoir débarqué à Sidi-Ferruch, occupèrent la capitale des deys. Le gouvernement français, tel Ponce-Pilate se lavait les mains et tournait la page.

            Si l’enfantement de la nouvelle République algérienne entraîna l’hystérie collective, amalgame de réjouissances, de meurtres et de pillages tels le génocide dont furent victimes les Musulmans fidèles à la France et les assassinats d’Européens du 5 juillet 1962 à Oran, les Algériens ivres d’indépendance allaient, très vite, danser une tout autre danse en tournant en rond devant un buffet vide… C’est ainsi qu’après la mise à sac du pays en 1962, après la frénésie sanguinaire et destructrice des premiers mois de l’indépendance, après l’incurie des chefs du FLN désormais aux commandes de l’Etat, après les premières années de chaos forcené, il ne restait plus rien de l’équipement technique du pays. Les immeubles tombaient en ruine, l’agriculture était moribonde, les rouages précieux mis en place par la France rouillaient au soleil de midi et les ingénieurs venus de l’Est dès la proclamation de l’indépendance levaient les bras au ciel en contemplant d’un œil désespéré l’ampleur des dégâts. C’est alors que craignant la colère du peuple que l’on avait savamment gavé durant huit ans de promesses démagogiques et fallacieuses, le gouvernement algérien, incapable de fournir du travail à sa population, exigea « la libre circulation des personnes » avec la France et « leur libre résidence de Dunkerque à Marseille » en menaçant de Gaulle d’une rupture qui eût contrarié sa « grande politique » arabe. Aussitôt, sur l’injonction formelle du « Guide », satisfaction sera donnée aux nouveaux maîtres de l’Algérie et la décision d’ouvrir, pratiquement sans contrôle, nos frontières à l’immigration algérienne fut appliquée.

            Durant l’épisode sanglant de ce conflit, le leitmotiv constant des responsables du FLN était que la rébellion se justifiait par le besoin de plus de justice, de bonheur et de liberté pour la « malheureuse » population musulmane… L’indépendance n’a pas permis à cette dernière d’atteindre le bonheur escompté et encore moins de sortir de la violence. Elle a plongé l’Algérie, dévorée par la prévarication, dans un désastre économique que la manne pétro gazière (détournée au profit d’apparatchiks) n’a jamais pu endiguer… Le pouvoir n’a pas été rendu au peuple mais a été accaparé par un groupe initialement choisi par la France pour protéger ses intérêts. Pour se maintenir, ce groupe n’a pas hésité à manipuler des islamistes et à plonger le pays dans un nouveau cycle de violence. Dans un ouvrage documenté, « La colonie française en Algérie. 200 ans d’inavouable », Lounis Aggoun dénonce un système élaboré par des Algériens avec le soutien de la France, puis des Etats-Unis, au détriment de tout un peuple.

            Ainsi, minée par la corruption, l’islamisme, les rivalités au sommet du pouvoir et de la hiérarchie militaire, les séquelles de la guerre civile des années 1990 dont les causes jamais éradiquées fomentent en coulisse de nouveaux troubles, la société algérienne se décompose inexorablement…

            Alors, afin de s’exonérer de ses responsabilités et de celles du FLN -parti au pouvoir depuis l’indépendance- et couvrir par là même leur incompétence notoire, le président Bouteflika, impotent –voire, moribond- qui ne sert plus que de prête-nom à la nomenklatura du FLN, véritable marionnette entre les mains des apparatchiks, a trouvé en la France le bouc émissaire idéal : un pays qui se complaît dans l’auto-flagellation, le masochisme et la repentance.

C’est ainsi qu’en avril 2006, il déclarait sans gêne aucune que la France était « responsable d’un génocide de l’identité, de l’histoire, de la langue et des traditions algériennes »… en parfaite contradiction avec celle d’Aït Ahmed, leader historique du FLN : « Du temps de la France, l’Algérie c’était le paradis ! », déclaration faite en juin 2005 à la revue « ENSEMBLE », organe de l’Association Culturelle d’Education Populaire (ACEP).

            ... Et Slimane BENTOUCHA journaliste en Algérie, de renchérir : « La colonisation nous a laissé  un patrimoine inestimable que nous n’avons malheureusement pas su garder soit par ignorance, soit par indiscipline, soit par bêtise ».

            Un « paradis dilapidé »… Un « patrimoine inestimable »… En effet, un quart des recettes en hydrocarbures de l’Algérie, découverts et abandonnés par la France dans un Sahara qui n’était même pas algérien, permet aujourd’hui à ce pays d’importer ses produits alimentaires issus notamment de l’agriculture… alors qu’elle les exportait du temps de la « colonisation ».

            Dès 1962, afin de réduire le risque encouru par sa jeunesse turbulente devenue la « classe dangereuse » du pays, le gouvernement algérien a encouragé l’émigration de ses ressortissants, sachant pouvoir compter sur le laxisme de la France et sa politique bienveillante des visas. C'est ainsi qu'en 2015, 422 000 visas ont été accordés (pour une durée indéterminée)... Par ailleurs, de 5600 en 2015, les « étudiants » algériens sont passés à plus de 7000 en 2016 et, ceux-là -en vertu d'une loi votée par le Parlement sur proposition de la vice-présidente PS du Sénat, l’Algéro-française Bariza Khiari- ne repartiront pas.

            « Le nombre de Français ayant un lien direct avec l'Algérie avoisine les sept millions », a déclaré, le 3 février 2015, l'ambassadeur de France en Algérie, Bernard Emié, lors d’une visite dans la wilaya de Tlemcen. 

            C’est par cette politique de transfert des populations désœuvrées que le pouvoir algérien assure la stabilité et la paix sociale en exportant sans la moindre retenue tout ce dont il ne veut plus.

            La moitié des 40 millions d’Algériens ont aujourd’hui moins de 19 ans. Ils sont nombreux à rêver de s’installer en Europe, particulièrement en France… nombreux, aussi, à profiter de la crise migratoire pour s’infiltrer dans les filières des « réfugiés ». En témoignent les violeurs arrêtés à Cologne en décembre 2015, parmi lesquels figuraient plusieurs jeunes Algériens. Et ces nouveaux « migrants », à l'instar des assassins qui ont récemment sévi en France, Merah, Coulibaly, Couachi, Sid Ahmed Ghlam, Yassin Salhi et Karim Cheurfi, l’auteur de l’attentat du 20 avril 2017 sur des policiers à Paris, deviendront, un jour, Français. Alors, avec eux, ce sont des milliers d'autres jeunes « Français », issus de l’immigration ou pas, qui basculeront inexorablement dans la fascination pour le djihadisme et la violence meurtrière. Ce sont des bombes à retardement en puissance prêtes à exploser n’importe où, n’importe quand.

            « Les Français qui n’ont pas voulu de l’Algérie française auront un jour la France algérienne » a écrit dans son livre, « d’une Résistance à l’autre », Georges Bidault, l’ancien chef du Conseil National de la Résistance. Il reprenait là, en quelque sorte, cette déclaration du redoutable chef du FLN qu’était Larbi ben M’Hidi, déclaration lancée à la face des parachutistes français venus l’arrêter en 1957 lors de la « bataille d’Alger » : « Vous voulez la France de Dunkerque à Tamanrasset ? Je vous prédis, moi, que vous aurez l’Algérie de Tamanrasset à Dunkerque ».

            Ainsi, si l’Algérie française et ses célèbres 5 coups de klaxons (Al-gé-rie fran-çaise !) n’est plus qu’un lointain souvenir, la France maghrébine et ses coups de Kalachnikov devient, elle, réalité !

José CASTANO e-mail : joseph.castano0508@orange.fr

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Un écrivain algérien s'exprime sur l'Algérie d'hier et d'aujourd'hui

             Que reste-t-il du modernisme de la colonisation ? Rien à part le pétrole, le gaz, des gouvernants mafieux, un peuple dans la misère, des villes en décrépitude, une agriculture peau de chagrin (...). Au temps de la présence française, l'Algérie était un beau pays, bien administré, plus sûr, même si certaines inégalités existaient. Beaucoup d'Algériens regrettent le départ des pieds noirs. S'ils étaient restés, nous aurions à coup sûr évité notre tragédie. Je suis un iconoclaste qui dénonce les mensonges de la guerre de libération. J'ose toucher à un mythe fondateur, mais un mythe est fait pour être discuté. L'Algérie a été construite par la France dont elle porte les valeurs du XIXème. Alger est une ville squattée. Ils sont loin d'avoir trouvé les clés. Aujourd'hui, elle tourne le dos à la Méditerranée en regardant vers l'Iran et les pays arabes. Chez nous, les politiques s'expriment comme des imams ténébreux. La France est le centre du monde par son immense culture et sa liberté. C'est le pays de l'équilibre par excellence.

            La liberté est une notion riche et profonde en Occident. Ici, en guise de liberté, c'est le foutoir, l'apostrophe, l'insulte et la bagarre de rues (...) Il faut en finir avec ces bêtes immondes, avec ces barbares des temps obscurs, ces porteurs de ténèbres, oublier les serments pleins d'orgueil et de morgue qu'ils ont réussi à nous extorquer au sortir de ces années de guerre. La lumière n'est pas avec eux et les lendemains ne chantent jamais que pour les hommes libres.

Boualem SANSAL (entretien paru dans Le Matin Algérie 15/01/2016)

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Revoir Mon blog    /   Mes ouvrages    /   Ma biographie

 

19 juillet 2017

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Par Monsieur Lionel VIVES-DIAZ

LOMBEZ, le 16 juillet 2017

A Monsieur le Président de la République

Palais de l’Élysée

55 rue du Faubourg Saint-Honoré

75008 Paris

 

Monsieur le Président de la République,

            Ce jour, 16 juillet 2017, vous participiez aux commémorations du 75ème anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv. Nécessaire travail de mémoire afin d’éviter les balbutiements de l’Histoire.

            Le 10 juin dernier, vous étiez présent à Oradour-sur-Glane pour le 73ème anniversaire de cette épouvantable tuerie. Là encore, indispensable rappel de ce que peut être la barbarie humaine.

            Et pourtant, entre ces deux dates tragiques, un autre dramatique anniversaire a été passé sous silence, celui de l’effroyable boucherie du 5 juillet 1962 à Oran où des centaines, sans doute même des milliers, de Français d’Algérie ont été sauvagement massacrés sans que l’armée française, pourtant en nombre dans la ville, ne s’interpose, sur ordre du sommet de l’État.

            Nulle commémoration officielle, nul hommage de la Nation à ces innombrables innocentes victimes civiles.

            Qu’avaient donc fait ces pauvres gens pour être ainsi oubliés, niés, effacés de la mémoire collective ? Être Français sur une terre qui, elle, n’était plus française depuis deux jours ? Être la tache sanglante sur un État qui avait refusé de les protéger et de les sauver ? Être des « criminels de guerre » comme vous l’avez suggéré dans votre déclaration à Alger le 13 février dernier ?

            Monsieur le Président de la République, à Oran, mon grand-père paternel était ouvrier typographe, mon grand-père maternel était inspecteur de police. Ma grand-mère paternelle tenait une minuscule épicerie et ma grand-mère maternelle était serveuse au mess des officiers de la base aérienne de La Sénia.

            Les miens s’étaient installés en Algérie, arrivant d’Alsace en 1870 pour rester Français, ou fuyant l’Espagne et l’Italie pour échapper à la misère et ne pas voir leurs enfants mourir de faim. Un siècle plus tard, en 1962, l’État français n’a pas tenu la promesse qu’il leur avait faite, promesse réitérée, et tout aussi vite oubliée, par un certain général De Gaulle le 4 juin 1958 au Forum d’Alger.

            Monsieur le Président de la République, les miens n’étaient pas des « salauds » ni des citoyens de second ordre qu’on pouvait ainsi noyer dans le mouvement de décolonisation des années 1950/60.

            J’ai 52 ans… j’ai toujours vu mes proches souffrir, en silence, tout autant des drames vécus que d’avoir été voués aux gémonies par une opinion publique et un gouvernement qui ne voulaient pas d’eux. Non qu’ils aient fait quelque chose de mal mais parce qu’ils sont le remord vivant d’une ancienne puissance coloniale, les boucs émissaires de la présence française, devenue indésirable, en Algérie. Et pourtant… les miens ont participé au débarquement de Provence en août 1944… ils y ont été accueillis en libérateurs. Dix-huit ans plus tard, sur les mêmes plages, ils ont été reçus aux cris de « Les Pieds-Noirs à la mer »…

            Monsieur le Président de la République, pour en revenir au 5 juillet 1962 à Oran, pouvez-vous imaginer ce que représentent, pour les familles de disparus, 55 ans d’attente, sans savoir ce qu’est devenu un proche, une mère, un frère, une grand-mère, un père, un enfant… ?

            La France, dont vous présidez actuellement aux destinées, sortirait grandie si elle acceptait de faire la lumière sur cette tragédie. Et je parle de vies humaines, d’êtres de chair et de sang qui aimaient, qui rêvaient, qui vivaient, non de chiffres ou de statistiques froides.

            Monsieur le Président de la République, pour plagier Martin Gray, je vous demande « au nom de tous les miens » de faire diligenter une enquête sur les événements du 5 juillet 1962 à Oran afin que tous ces morts, tous ces disparus, martyrisés pour avoir cru en la parole de la France, ne restent pas éternellement des fantômes bafoués de l’Histoire.

            Vous seul avez ce pouvoir. Permettez à tous les rescapés de l’horreur que sont les Français d’Algérie de partir l’esprit en paix. Ils n’ont que trop souffert.

            Car il faudra bien, les faits sont têtus, que ces événements sortent à la lumière. Émile Zola écrivait : « Quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion, que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. »

            Je sais donc que la chape de plomb sous laquelle est enfouie la tragédie du 5 juillet 1962 à Oran volera un jour en éclats. Mais sans doute trop tard pour que les derniers survivants en soient témoins. N’est-il pas aussi de votre responsabilité de leur offrir le réconfort de cette reconnaissance dès à présent, en toute sérénité, sans acrimonie et sans haine ?

            Veuillez considérer ce courrier comme la bouteille à la mer d’un « gosse de Pieds-Noirs » qui ne supporte plus, au quotidien, de voir la souffrance des siens.

           Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de mes douloureuses salutations.

Lionel VIVES-DIAZ @ Lvtlse31@aol.com

Retour listes de tous les dossiers 5 juillet 1962 

23 juillet 2016

BULLETIN D'HUMEUR N°208

Libre propos citoyen

Document transmis par

LE PHAREFOUILLEUR  le Samedi 23 juillet 2016.

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ». Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen - Article XI - 1789

Nice, Munich…. à qui le tour ?

Madame, Monsieur, cher(e)s ami(e)s et compatriotes,

         Le massacre de Nice est la conséquence indirecte de l’immigration massive encouragée hier par les anciens gouvernants de la droite molle, et aujourd’hui par les gouvernants socialo-mondialistes inféodés à l’Islam par nécessité électorale !

         L’actuel locataire de l’Elysée, nain politique à la recherche d’une dimension de Président, entouré de ses ministres sans envergure accoucheurs de lois scélérates, n’ont eu de cesse de dresser une partie de la France contre l’autre, en voulant faire croire au peuple de France que l’Islam est compatible avec la laïcité française !

CE SONT DES MENTEURS ET DES INCOMPETENTS !

         Quant à la protection des Français, elle n’est pas assurée. Les massacres au nom de l’Islam continuent en s’intensifiant sur le sol de France, avec comme toile de fond, le mot d’ordre du Coran, pilier de l’Islam qui n’est pas une religion mais un dogme politique :

TUER LES INFIDELES…. C’EST A DIRE LES NON-MUSULMANS !

         Le 18 juillet à Nice, à l’occasion de la cérémonie d’hommage aux victimes du 14 juillet sur la Promenade des anglais, ManuelVALLS, premier-aboyeur-du-gouvernement, s’est fait copieusement siffler par de nombreux niçois  -présence évoquée de 42.000 personnes- déterminés à ne plus être roulés dans la farine par les promesses non tenues et la dialectique mondialiste de l’actuel gouvernement.

         Des cris justifiant la déconfiture des socialistes face à la montée criminelle de l’Islam en France, se sont fait entendre avec force : « démission…. salopard…. change de métier.… » ! C’est clair, non ?

         Marion MARECHAL-LE PEN, lors d’une récente séance de « questions au gouvernement » à l’Assemblée nationale, a eu raison de rappeler à Manuelo-le-catalan-sans-talent, que les sifflets des niçois et leurs cris réclamant sa démission, n’étaient pas indignes, comme il s’en était confié au journal Nice-Matin.

         Entre autres reproches légitimes, elle lui a fait remarquer, avec une grande dignité que ce qui est indigne c’est la politique d’immigration massive qu’il mène, c’est la montée de l’Islam qu’il favorise, et c’est l’insécurité grandissante que son gouvernement ne maîtrise pas et qui coûte si cher à la France, en argent et.… en vies humaines, ce qui est une terrible tragédie !

  Après Nice, Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour qu’une nouvelle page s’écrive dans le sang au nom de l’Islam : le 22, un iranien de 18 ans, Ali David SONBOLY, de nationalité allemande, s’est rendu au restaurant McDonald’s du centre commercial de Munich. Sorti des toilettes avec une arme il a tiré sur des adultes et des enfants, faisant 9 tués et 21 blessés…. au nom de sa religion de paix !

ENCORE UN « DEPRESSIF » QUI CRIAIT ALLAH AKBAR... MAIS PAS D’AMALGAME !

Décidément, certains musulmans ont une drôle de façon de remercier les pays d’accueil, ici et en l’occurrence l’Allemagne.

IL FAUT CESSER D’ACCORDER LA DOUBLE NATIONALITE AUX MUSULMANS DANS TOUS LES PAYS EUROPEENS.

Ayons une pensée émue pour la démocrate Angela MERKEL qui a fait rentrer en Allemagne un million de sans-papiers en une année.… sans avoir demandé son avis au peuple allemand !

Merci de votre aimable considération. Bien cordialement.

Michel Salanon...de l'Hôtel Saint Maurice d'Aïn-el-Turck 

Retour le phare fouilleur

29 juin 2016

LE "DÉTAIL", LA TOURMENTE ET LA DISGRÂCE

Par José Castano

Je dédie cet article à Jean-Marie LE PEN pour ses 88 printemps…

« La véritable grandeur d’un homme ne se mesure pas à des moments où il est à son aise, mais lorsqu’il traverse une période de controverses et de défis » (Martin Luther King)

            De son vivant, Jean-Marie Le Pen aura été l’homme politique qui aura le plus suscité de controverses. Que n’a-t-on dit et écrit durant ces 60 années sur ce personnage charismatique hors du commun ? Patriote pour les uns, raciste et antisémite pour les autres, JMLP aura connu autant d’honneurs que de déboires, d’admiration que de rejets…

            Né le 20 juin 1928, il est âgé de 11 ans, en 1939, quand la guerre éclate. En novembre 1944, à 16 ans, il demande au colonel Henri de La Vaissière (alias Valin) à s’engager dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI), mais celui-ci refuse en ces termes : « Désormais, ordre est donné de s'assurer que nos volontaires ont bien 18 ans révolus. Tu es pupille de la nation : songe à ta mère ! ».

            En 1954 il s’engage pour l’Indochine au sein d’une prestigieuse unité de légion : Le 1er Bataillon Étranger de Parachutistes où il sert comme sous-lieutenant.

            Le 2 janvier 1956 il est élu, à l’âge de 27 ans, député dans la 1ère circonscription de la Seine.

            En septembre 1956, fidèle à ses convictions « Algérie française », il rejoint ce pays et son ancienne unité –reconstituée sous l’appellation de 1er Régiment Étranger de Parachutistes- fleuron de l’armée française où il évoluera comme officier de renseignements avec le grade de lieutenant. Il sera décoré par le général Massu de la Croix de la valeur militaire.

            Profondément marqué par ces conflits, il épousera la cause israélienne alors que de Gaulle, son adversaire politique, se lancera, lui, dans une politique pro arabe (ses déclarations de 1967 sur le « peuple sûr de lui et dominateur » le rappellent).

            De cet engagement, JMLP gardera toujours des amitiés juives et éditera (bien avant la création du FN) un disque de propagande sioniste dont Golda Meir dira qu’il avait contribué à « resserrer les liens entre la France et Israël ».

            Parmi ses plus proches collaborateurs figuraient un ami d’Ariel Sharon et un ancien membre de l’Irgoun.

            En 1986, alors que les médias français et la « bienpensance » entreprenaient  leur œuvre de « diabolisation » à son endroit, l’hebdomadaire Tribune juive lui décernait un certificat de non-antisémitisme. En 1987, il fut reçu à New York par les représentants des organisations sionistes américaines qui se levèrent pour l’applaudir, y compris Netanyahou. A cette époque, il préparait une rencontre en Israël avec Ariel Sharon.

            Et pendant que JMLP marquait sa solidarité avec le peuple juif, les mauvais génies s’activaient dans l’ombre en n’ayant de cesse -à coups de sentences démagogiques et d’accusations fallacieuses d'antisémitisme- d’annihiler son action.

            Pour s’en dédouaner, JMLP –désormais président du Front National- créa le 1er octobre 1986 un Comité National des Français Juifs (CNFJ), association regroupant médecins, intellectuels et personnalités diverses, dirigée par un océanographe retraité habitant Monaco, Jean-Charles Bloch, avec l'aide du docteur Wolf et de Robert Hemmerdinger. Ce dernier, ancien résistant puis affecté à la recherche des criminels de guerre nazis, participera également à la guerre d’Indochine puis d’Algérie et combattra dans les rangs de l’OAS pour la sauvegarde de l’Algérie française.

            Français juif et patriote, ayant perdu en déportation plusieurs membres de sa famille, JC Bloch déclarera :

«C’est une imposture de vouloir confondre toute personne concernée par le problème de l’immigration maghrébine avec un raciste, donc un antisémite. Je n’arrive pas à établir une relation entre le massacre délibéré et systématique par les nazis des populations juives de l’Europe occupée, et le refus de JM Le Pen de voir s’installer aujourd’hui en France une marée maghrébine prolifique et difficilement assimilable, qui va à court terme bouleverser tous les équilibres de la nation». Et M. Block de remercier Jean Marie Le Pen d’être «le seul chef de parti politique français à demander la fermeture du bureau de l’OLP ».

            C’était l’opposé même des «censeurs de gauche» en totale contradiction avec eux-mêmes, quand ils dénonçaient d’un côté le moindre soupçon d’antisémitisme et cédaient de l’autre sans complexe à «leur goût immodéré et sans cesse affirmé pour la cause palestinienne». Trente ans après, rien n’a changé sur ce point et cette déclaration de JC Bloch demeure toujours d’actualité...

            Puis vint le 13 septembre 1987 et le coup de tonnerre… Le tsunami politique de JMLP !

            Au « Grand Jury RTL-Le Monde », il déclara à brûle-pourpoint à propos des chambres à gaz utilisées par les nazis : «Je n'ai pas étudié spécialement la question, mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la deuxième Guerre mondiale». A cet instant, les «censeurs» tapis dans l’ombre qui appelaient de leurs vœux la «phrase ou le mot assassin» laissèrent exploser leur joie. La bombe venait d’exploser sous les pieds de JMLP !

            Lorrain de Saint-Affrique, conseiller en communication de JMLP dira que celui-ci regrettera ses propos en privé immédiatement après l’entretien. Seulement le mal était fait et entraînera sur le champ, dans une violence inouïe, la réprobation de la quasi-totalité de la classe politico-médiatique, rendant actuelle cette célèbre saillie de Fouquier-Tinville : «Donnez-moi une phrase de n’importe qui, et je me charge de le faire pendre !».

            C’est à partir de ce jour funeste et de ce mot honni que JMLP sera médiatiquement lynché et isolé à perpétuité dans le «couloir de la mort» du «politiquement correct» que Beaumarchais stigmatisait en ces termes : «Les réputations sont faites par des gredins et exploitées par des sots».

            Près de vingt ans plus tard, à l'occasion du cinquantième anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, JMLP exprimera ses regrets pour avoir blessé le peuple juif lors de sa précédente déclaration, puis, le 31 janvier 1995, il fit un instant de silence à la mémoire des victimes juives de ce camp…

            Abasourdi dans un premier temps par l’ampleur des cris d’orfraie qui inondaient ondes et quotidiens, le «Menhir» décida de répliquer et engagea dès lors un combat sans merci, âpre, farouche, sans la moindre concession contre «l’establishment». Puisqu’on lui déclare la guerre, il relèvera le gant ! Fini les bonnes intentions ! Il deviendra, pour la circonstance, «sauvage, polémiste, provocateur » contre ceux qui cherchent à le trucider et contre ces mêmes associations juives qui l’ont trop hâtivement condamné, lui, qui se réclamait de leurs amis...

            Se taire, se terrer, faire amende honorable ? Jamais ! Tendre l’autre joue en signe de contrition ? Pour toute autre personne que lui, cela aurait été possible : Pas pour JMLP ! Son orgueil aidant, il ne supporte pas d'être bafoué, humilié, méprisé, blessé. Accepter l'offense sans se défendre au nom d'un amour passé, cela dépasse ce dont il est capable. Le Breton est pugnace, coriace, bagarreur… teigneux qu’on on l’accule dans ses derniers retranchements. C’est un ancien légionnaire parachutiste, guerrier dans l’âme ; alors, il rendra coup pour coup !

            C’est ainsi que, pour le plus grand bonheur du journaliste Jean-Jacques Bourdin, bavant et piaffant d’impatience dans l’attente de la petite phrase scandaleuse bien juteuse qui le propulserait aux nues de la gloire médiatique («Le pauvre homme!», comme disait Orgon dans Tartuffe), JMLP réitéra, le 2 avril 2015, son mot assassin qui provoqua une nouvelle levée de boucliers et une citation par le parquet à comparaître…

             «L’ânerie humaine» professait Montaigne « est la source des pires catastrophes… mais aussi une mine d’or inépuisable pour qui sait l’exploiter ».

            On s’est toujours posé la question de savoir si cette phrase prononcée «trop facilement» exprimait une véritable hostilité, ou si elle était dite surtout pour attirer l’attention. La réponse se trouve probablement dans cette confidence de JMLP au journaliste juif, Serge Moati : «Un Front national gentil n’intéresserait personne»…

            Et pourtant, comme précédemment, il reconnaîtra la réalité du génocide des juifs et des horreurs des camps d’extermination, mais dans toute cette abomination, parmi toutes celles qui ont ébranlé la planète lors du dernier conflit, la question de l’emploi de chambres à gaz, pour atroces qu’elles soient, demeure à ses yeux un détail de la seconde guerre mondiale… Mais c’est justement dans les détails que le diable se cache et ce jour-là, comme 28 ans auparavant, c’est Lucifer en personne qui se plu à jeter sa note démoniaque dans les évènements…

José CASTANO e-mail : joseph.castano0508@orange.fr

« Ce discours que vous venez d'entendre est mon testament de mort. Je l'ai vu aujourd'hui, la ligue des méchants est tellement forte, que je ne puis espérer de lui échapper. Je succombe sans regret ; je vous laisse ma mémoire, elle vous sera chère et vous la défendrez » (Maximilien Robespierre)

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Voir aussi : L’IRRÉDUCTIBLE MENHIR.

"Déclaration de Jean-Marie le Pen du 18 septembre 1987 retranscrite dans le quotidien de Paris".

 « Je voudrais dire aux juifs français, mes compatriotes qu'on a tenté d'effrayer par cette campagne mensongère, que je ne les confonds pas avec ceux qui prétendent parler en leur nom. La France a le même amour pour tous ses fils, quelles que soient leur race ou leurs religions ».

- Mon blog – 

- Ma Bibliographie – 

- Ma Biographie – 

Publicité