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29 mai 2010

EMEUTES DE MAI 1945 A SETIF

         Après le récit circonstancié du colonel Adolphe GOUTARD, historien militaire sur les émeutes qui ont vu le jour, à Sétif,  le 8 mai 1945 et de la répression qui suivit cette insurrection et après la sortie du film "Hors la loi", subventionné par la France, présenté au festival de Cannes 2010 qui relate ces évènements avec de grossières erreurs historiques (dénoncées par le Ministre délégué aux Anciens Combattants Hubert FALCO).

         Le réalisateur, pour sa défense, indique qu'il s'agit d'une "œuvre de fiction" (dont acte!) et le Ministre de la Culture (inutile de le nommer) renchérit en déclarant  que le film "répond aux critères esthétiques du festival de Cannes".  Pitoyables arguments!

         Le secrétaire du cercle Algérianiste de Grenoble a numérisé, à la virgule prés, le livre désormais introuvable publié en 1948 par Eugène Vallet, Conseiller Général du Constantinois, qui relate dans le détail les évènements de Sétif.

         Il nous suggère de le faire connaître en le transmettant à un maximum de personnes. En réponse à la "fiction et à l'esthétique du festival", voici donc les faits.

Dans l’impossibilité de publier des fichiers de plus de 1Mo contacter moi si vous souhaitez consulter l’intégrale de l’original de la publication de 1948.

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18 mai 2010

13 MAI 2010

Le_h_risson

Aujourd’hui, jour de l’Ascension. Nous, repliés d’Algérie, venons nous recueillir au sanctuaire de NOTRE DAME DE SANTA CRUZ à Nîmes.

         Cette fête chrétienne célèbre l’Ascension du Christ 40 jours après Pâques. Ce jour-là, Jésus  ressuscité, monte au ciel pour  s’asseoir à la droite de Dieu, le Père, d’où il juge et jugera les vivants et les morts. C’est sa dernière apparition …officielle sur terre.

         Pour nous, Pieds-noirs, c’est un sinistre anniversaire aussi que ce putain de 13 Mai, surtout depuis celui de 1958.

         Nous descendons avec fierté, en ligne directe, de sacrés bonshommes, expatriés d’Europe par la guerre et par la faim, mais travailleurs acharnés aux mains calleuses, et artisans conscients de la chance que le ciel leur donnait de transformer une terre aride et caillouteuse en paradis sur terre, (il n’existait pourtant ni aides sociales, ni allocations familiales, ni surtout de profiteurs bigames ou multigames, fainéants, menteurs et rusés).

         130 ans plus tard, nous avons été extirpés et jetés aux quatre vents de l’histoire de cette (notre) terre FRANÇAISE par la volonté d’une équipe de salopards et de collabos, aidés officiellement par la force des mitraillettes et la volonté référendaire de la France d’en face, de l’autre côté de notre Méditerranée.

Cette date symbolise aussi notre naïveté d’avoir appelé le 13 Mai 1958, (Pour nous défendre et nous protéger) un triste sire, mais un sacré enfoiré professionnel du poker menteur, lequel (à mon modeste avis) si Dieu l’a jugé sur ses actes, a du l’étaler sur le grand barbecue de Satan, où il reste encore de la place pour ceux qui oseraient se référer encore de cette ordure.

         Dans le « Pater noster » nous demandons journellement à Dieu de  pardonner nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

         Dans sa grandeur, j’espère qu’en notre nom à tous, il sera indulgent, car nous ne pouvons pas et ne savons pas effacer cette offense qui restera l’exception qui confirme la règle de notre foi. Et dans « Notre Credo et notre confiteor » nous demanderons « pardon » de notre attitude, même s’il nous a dit que « la vengeance lui appartient » De toutes manières si une  période de purgatoire nous était imposée, nous la vivons journellement sur notre terre.

Nous avons été honteusement trompés avec cette voix chevrotante que nous avions pris pour de l’émotion et qui n’était en fait que le signe d’une sénilité avancée et d’une haine dissimulée envers notre communauté Française d’Algérie.

         Cette hypocrisie historique dure depuis 52 ans.

         Jusqu'en 1999, les documents officiels faisaient seulement référence au conflit en parlant d’opérations de maintien de l'ordre en Afrique du Nord». Maintenant c’est bel et bien de la Guerre d’Algérie que nous devons parler.

         Ce devoir de mémoire est essentiel pour la France. Car, entre les pieds-noirs Français d'Algérie, (un million à l'origine, pas loin de trois millions aujourd’hui), les Harkis et leurs descendants, cela fait en tout cinq millions d’électeurs en puissance pour qui l'Algérie reste une blessure à cœur ouvert, et cette seule réalité, devrait donner à réfléchir à nos gouvernants encore  nostalgiques de cette époque maudite et surtout à ceux qui acceptent passivement que des films Algériens produits et financés par la France à 80% passent en vedette au festival de Cannes de cette année..

         Si à ce jour, la France a reconnu cette guerre, c’est au seul avantage de nos ennemis car seuls ont été reconnus officiellement les actes individuels commis par nos militaires (les vrais, pas ceux de la FNACA) à l’encontre de ces enfoirés.

         L’amnésie et l’oubli des massacres d’européens et d’algériens, l'abandon des harkis et celui d’Algériens fidèles à la France (car il y en avait, croyez-moi), est occulté et passé sous silence volontairement par nos propres historiens auxquels se joignent, hélas, certains de nos propres historiens pieds-noirs qui se reconnaîtront d’eux-mêmes, car nous, nous les connaissons. Il est vrai que parfois l’objectivité passe par les arcanes du courant progressiste et surtout  anti réalité (de mon poing fermé seul jaillit le majeur à leur intention).

         Mais le jour est proche où la justice des hommes sera en parallèle avec cette de Dieu.

         En attendant, avec raison, on s’élève unanimement contre certains évènements tels la tempête Xynthia, laquelle le 28 février dernier, a causé des dégâts considérables en tuant une cinquantaine de personnes et en s’acharnant sur la petite commune de la « Faute sur mer »

         Toute la nomenklatura de l’Etat s’est déplacé, pensant que leur seule visite suffirait à leur donner bonne conscience et à apaiser les esprits locaux.

         Nous aussi nous avons eu notre « Faute sur mer » celle de notre mère »La France » qui nous a ignominieusement et sciemment trompé, avec une préméditation diabolique et malheureusement ceux qui s’en sont émus ont été passés, pour certains par les armes, et pour d’autres, incarcérés en temps, longtemps.

         Certes,  nous déplorons ces victimes et dégâts dus à Xynthia, mais qui déplore ce tsunami qui nous a livré pieds et poings liés à la vindicte des fellaghas et à l’opprobre de nos propres concitoyens Français.

         Qui déplore nos milliers de morts et la razzia de nos maisons, de nos modestes avoirs pour 90% d’entre nous, durement acquis par nos parents de leurs mains ensanglantées ? Les autres 10% avaient eu le temps de réfléchir et de se mettre à l’abri sous d’autres cieux.

         Pourtant en droit international et humanitaire, selon les Conventions de Genève,  la dépossession des biens d’une catégorie d’une population constitue un crime de guerre surtout si elle est de nature à causer des pertes sévères ou des dommages graves à cette même population. Il est sensé protéger les personnes, victimes de ce conflit.

Il peut arriver que des civils prennent les armes pour s’opposer à des forces complices, on parle alors de résistance et ceux qui résistent considérés  comme des terroristes. Tu parles ! L’auto défense de la protection d’une population, comme la notre, (Rapatriés d’Algérie) déracinée contre son gré, n’était qu’un mirage OAS…IEN, mais il a eu le mérite d’exister.

         Que d’éléments hostiles n’avons-nous pas eu à affronter, non seulement contre le FLHAINE, mais aussi contre une intelligentsia de gauche qui s’honorait d’aider le dit  FLHAINE. Quelques noms, en vrac : Maurice AUDIN, assistant de mathématiques français à l’université d’Alger, membre du Parti communiste algérien (PCA) et militant de la cause anticolonialiste. Docteur Frantz Fanon, Antillais, qui s’engagea auprès de la résistance algérienne et eut des contacts avec certains officiers de l'ALN (Armée de libération nationale) et avec la direction politique du FLN Il donna sa démission de médecin-chef de l'hôpital de Blida en novembre 1956 au gouverneur Robert Lacoste, et fut expulsé d'Algérie en janvier 1957.

         Dès 1956, Jean-Paul Sartre et la revue Les Temps modernes prenaient parti contre l’Algérie française et soutenaient le désir d'indépendance du peuple algérien. . En 1960, lors du procès des réseaux de soutien au FLN, il avoua être un « porteur de valise » du FLN. Cette prise de position n'était pas sans danger, son appartement fut plastiqué deux fois par l'OAS .

         D’après  LE CRAPOUILLOT N° 109 de juin 1992, Le réseau Janson vit le jour, le 2 octobre 1957. Auparavant, on n'avait eu à déplorer que des initiatives et prises de position personnelles. Des noms tristement célèbres reviennent à l'esprit : Mandouze et ses amis, l'aspirant Maillot, sa désertion et son camion d'armes, Rousset , le premier Européen qui aida le FLN en métropole ; Etienne et Paule Bolo ; les Chaulet : Pierre, médecin, Colette, Anne-Marie, la fiancée de Salah Louanchi, chef du FLHAINE en France.

Quatre journaux prirent parti pour la rébellion : L'Express, France-Observateur, Le Monde et Témoignage Chrétien. Chaque événement un peu spectaculaire était mis à profit par ces intellectuels merdiques imprégnés de faux humanisme et d’ultra communisme.

         Albert Camus, natif d'Algérie, fut un défenseur des droits algériens dans les années 1940, avant de refuser de prendre position pour l'indépendance avec cette phrase célèbre prononcée à Stockholm en 1957 : « Si j'avais à choisir entre la justice et ma mère, je choisirais encore ma mère ».

         Après Vichy et la collaboration, l'Algérie! L’autre tabou de l'histoire française du XXe siècle est en train de tomber. Cela a pris du temps : attachée à la haute image qu'elle a d'elle-même, la France a souvent souffert d’amnésie au cours de son histoire.

         « Les points communs entre Vichy et la guerre d'Algérie sont nombreux. D'abord par la durée de l'oubli qui, dans les deux cas, a duré une quarantaine d'années. Ce chiffre correspond à un changement de génération, mais aussi au délai minimum de 30 ans avant l'ouverture des archives qui a donné de nouveaux éléments à se mettre sous la dent aux historiens. Pendant quarante ans, la guerre d'Algérie a été une guerre qui n'osait pas dire son nom ».

         Dès le début, en 1954, il y a eu la volonté de minimiser le conflit. Le gouvernement parla d'«insurrection» et de «rebelles» face auxquels on «rétablit l'ordre républicain». À partir de 1956, on parla des «événements d'Algérie» : comment parler d'une guerre avec l'Algérie, puisque celle-ci se composait de trois départements français à part entière?

Ces 5.000.000 de personnes que nous représentons à présent se manifestent déjà lors des échéances électorales et donnent à certains des sueurs froides. Sachez, Messieurs que nous ne manquerons pas de nous manifester avec encore plus de véhémence, lors des prochaines élections Présidentielles ou autres.

     Les divers gouvernements français ont procédé de 1961 à ce jour à l'effacement des Français d'Algérie, de leur œuvre et de leur peine, injustement, sournoisement, attitude indigne d’une nation qui se veut démocratique.

         Notre cas est simple : Nous Pieds-noirs sommes une épine dans les pieds de ceux qui les ont d’une couleur différente des nôtres. Nous  gênons comme gêne la mémoire de l'Algérie Française, ce pays travailleur, constructif où la joie de vivre était évidente.

         Les Pieds-noirs (parlons de nos chers et regrettés petits vieux) ont joué aussi un rôle de premier plan dans la Libération de la France en 43-45. Mais personne n’évoque ni honore leur mémoire. Bande d’amnésiques volontaires et de faux jetons. Tout le monde oublie avec une attitude de faux culs notre action à Monte Cassino, dans les combats d'Italie, notre débarquement sur les plages de Provence, nos  20 000 morts et 32 000 blessés de cette grande guerre.

         Il nous reste le souvenir de l'œuvre de nos pionniers et le prix énorme qu'ils ont payé en sueur et en sang pour mettre en valeur les marais et les steppes de l'Algérie. L'annulation illégitime de l'Art 4 de la Loi du 23 février 2005 en a pris soin. Rien de positif soi-disant dans cette œuvre, que la mise en exergue d’un colonialisme abusif.

      

         Il nous restait donc jusqu'il y a peu d'années cette revendication d'un génocide pied-noir. Un rapport de septembre 2006 mandaté par le Quai d'Orsay dit " Rapport Villepin " (un pied-noir né à Rabat au Maroc), fut immédiatement commenté à notre détriment par "L'Express" en contestant la réalité des chiffres. Ce n’était plus ni 20 000, ni même 10 000 mais seulement 2000. Nous étions des fabulateurs.

         D'où viennent les chiffres fantaisistes et mensongers? Que vaut la méthodologie d'un dénombrement nominatif de nos disparus, morts ou enlevés?

      

         Pour les seuls massacres d'Oran du 5 juillet 62, un consensus s'est formé depuis longtemps parmi les témoins et les enquêteurs, notamment depuis l'énorme travail de Madame Geneviève de Ternant paru aux Editions Gandini, pour accepter un chiffre de l'ordre de 3000 à 3500 victimes.)

      

         Marc Leclair, le fondateur de l'AFSED, l'avait reconnu. Il avait réussi après un effort de plusieurs années à établir 3 500 dossiers en dépit des archives qui lui demeuraient fermées. Dans une interview avec Marc Babronski, paru dans France Soir du 17 avril 1982, il concluait que de meilleurs moyens lui auraient probablement permis de réunir 5 à 6 000 dossiers et qu'à force de vivre avec cette question il en était arrivé à la certitude que 9 000 Européens au moins avaient disparu après le cessez-le-feu. Presque trois fois plus que ces minutieux décomptes.

         Que valaient les dossiers des visiteurs de la Croix Rouge en Algérie en 1962 qui, faute de pouvoir se déplacer librement, n'avaient pu que rapporter des rumeurs d'européens civils et militaires mourant dans des camps inaccessibles et de jeunes filles et garçons pieds-noirs peuplant des bordels de l'ALN. (Conclusion reprise et citée)

         On nous fait minimiser nos pertes et laisser les pertes du FLN gonflées à l'extrême, non pour témoigner de la valeur de nos armes mais pour mieux préparer une repentance nationale.

         Jacques Chirac en rendant hommage aux Harkis, le 25.09.2001 avait avoué : La France en quittant le sol algérien, n'a pas su empêcher le massacre des harkis. Elle n'a pas su sauver ses enfants.»

         Mais il y a aussi notre communauté, Monsieur l’ex Président, et pas seulement nos frères les Harkis, et ces mots prononcés sont l’aveu officiel d’une responsabilité de la France à notre égard.

         Nous n’oublierons jamais, soyez-en persuadés et les candidats à une investiture, nécessitant de notre apport électoral, non plus !

Une nation qui produit de jour en jour des hommes stupides achète à crédit sa propre mort spirituelle Martin LUTHER KING

LE HERISSON  du 13 mai 2010

Retour coups de cœur.

15 mai 2010

PELERINAGE DE SANTA-CRUZ NÎMES 2010

Ascension 2010.

         Un porteur bien connu de notre communauté nous fait ce compte rendu anecdotique. Cette photo est donc celle parue hier, en première de couverture, sur le journal "MIDI-LIBRE".

ND_de_SC_Midi_libre_14_05_2010

         Cette photo, elle n'est parue que par miracle, vous me direz, un de plus.....

         Il faut savoir que cette procession entre la petite chapelle et le Sanctuaire est précédée de tout un cérémonial, la petite chapelle du bas devient presque un chateau-fort et n'entre pas qui veut.

         Des réunions préparatoires des "gentils organisateurs" de Notre Dame de Santa Cruz, des comptes rendus sont tirés et mis à disposition de chaque comité régional.

Toutes les directives sont fixées à l'avance, les horaires minutés, la sécurité, une véritable organisation.

         14H00. heure à partir de laquelle nous sommes autorisés à pénétrer dans la petite pièce où se trouve la Vierge. Elle est déjà sur son socle, toujours aussi resplendissante, toute décorée de ces roses qui l'embellissent.

         Les dernières instructions, la mise en place des équipes de porteurs, les dernières finitions apportées aux bannières, c'est encore le temps, pour certaines et certaines " favorisés" de caresser les pieds de la Vierge, certains les embrassent,    sur son visage, des doigts qui passent délicatement, pour des caresses qui donnent des frissons....

         Voilà qu'apparaissent des petits mouchoirs et autres pochettes....elles essuient le visage de Marie...délicatement, rangées ensuite dans des enveloppes, chacune portant un nom.....Maman, Mamie, Rosa, Salvadora......petits bouts de chiffons qui trouvent soudain un reconnaissance inestimable, ....une foi éternelle.....

         Mais chut, il faut y aller....

         Voila que les premiers porteurs dont je fais partie soulèvent le portant.......la porte de la petite cellule est trop basse....... par maladresse, les directives se confondent, lève....baisse, à droite, à gauche........attention................................................................

         Trop tard, la Vierge, pas assez arrimée pour ce genre de manoeuvre bascule de son socle........stupeur, cris d'épouvante......un malheur va arriver........

         Mais, comme par miracle, voila que la Vierge, dans sa chute est ralentie par toutes les roses qu'elle a autour d'elle..... un répit de quelques dixième de seconde qui nous permettent de la saisir, au vol.....nous étions deux à trembler avec Marie dans nos bras......... voila que les clochent sonnent à la volée, le père Garcia précède l' Evêque dans les chants et prières, il incite la foule à manifester sa joie.....il lève les bras se retourne vers la Chapelle, et c'est à ce moment là que la Vierge Marie est sorti, resplendissante sous le soleil, sous les applaudissement, sous les crépitement de tout les appareils de photos fixés sur elle.....

         Cette photo a été prise quelques minutes après.....Marie était bien avec nous.... et la Vierge était également présente au rendez-vous qu'elle vous avez fixé..........n'oubliez jamais que nous sommes là pour commémorer le "Miracle de la Pluie.".Et elle était aussi au rendez-vous...

Amitiés à tous

Guy

QUELQUES PHOTOS

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REVUE DE PRESSE

http://www.midilibre.com/articles/2010/05/13/NIMES-La-ferveur-attendue-au-pelerinage-de-Santa-Cruz-1226046.php5

NIMES

Édition du jeudi 13 mai 2010

Procession

Photo archives William TRUFFY

Nimes. Ascension - La ferveur attendue au pèlerinage de Santa Cruz

RAPPEL : Depuis 1963, des milliers de pieds-noirs se retrouvent au Mas de Mingue

Plus de dix mille pieds-noirs sont attendus au Mas de Mingue, en ce jeudi de l'Ascension, pour se rendre en procession jusqu'au sanctuaire de Notre-Dame-de-Santa-Cruz, celle qui, par le miracle de la pluie venu au terme d'une longue période de sécheresse, a guéri en 1849 la ville d'Oran d'une épidémie de choléra. Depuis 1963, c'est surtout le miracle des retrouvailles qui touche chaque année à Nîmes les rapatriés d'Algérie lors de cette manifestation qui perd au fil des ans de nombreux pèlerins.

Elu président de l'association nationale des Amis de Notre-Dame-de-Santa-Cruz fin mars, Michel Perez a conscience de cette baisse de fréquentation. « Dans les années 1990, période à laquelle j'ai passé déjà quelques années à la présidence de l'association, on a relevé 120 000 pèlerins. Aujourd'hui, on en dénombre un peu plus de 10 000. La communauté pied-noire a vieilli et certains ne peuvent plus faire les trajets en car entre Paris et Nîmes. C'est pour ça que nous tentons d'attirer les jeunes. Nous en avons fait rentrer au conseil d'administration de notre association. » Michel Perez compte aussi sur la célébration du cinquantième anniversaire du départ des pieds-noirs d'Algérie pour sensibiliser un peu plus encore les jeunes générations. « Il faut continuer à entretenir la mémoire et maintenir le pèlerinage de Santa-Cruz. » Ainsi, en 2012, les membres de l'association nationale des Amis de Santa-Cruz ont pour projet de montrer dans une vingtaine de villes françaises la statue de la vierge. Notre Dame de Santa Cruz avait déjà fait un petit voyage à Frontignan l'an dernier. Dans deux ans, elle pourrait donc faire un tour de France avec l'autorisation de l'évêque de Nîmes. En attendant ces célébrations, de nombreux rapatriés et leurs enfants se retrouveront pour partager une ferveur peu commune sur les hauteurs du Mas de Mingue. « Vous savez, nous pensons encore beaucoup à l'Algérie avec nostalgie. Ces retrouvailles entre nous sont vraiment fortes. Il y a aussi du recueillement. Quand la vierge traverse la foule, les gens sont émus », affirme Michel Perez, qui a préparé l'événement avec une trentaine de bénévoles de son association. Des bénévoles qui ont prévu pour l'an prochain une rénovation du sanctuaire, toujours dans le souci de ne pas faire tomber dans l'oubli la vierge du miracle de la pluie.

Yan BARRY ybarry@midilibre.com

Aujourd'hui, messes des prêtres de Nîmes à 8 h 30, 9 h 30 et 11 heures au sanctuaire ; à 14 heures, montée en procession jusqu'au sanctuaire avec l'évêque de Nîmes et à 15 heures, grand-messe. Tél. 04 66 28 09 99.

http://www.midilibre.com/articles/2010/05/13/NIMES-Le-pelerinage-de-Notre-Dame-de-Santa-Cruz-essuie-les-larmes-du-ciel-1226613.php5

NIMES

Édition du jeudi 13 mai 2010

GARD - Le pèlerinage de Notre Dame de Santa Cruz essuie les larmes du ciel

La 49e édition du pèlerinage de Notre-Dame de Santa Cruz, la Vierge qui protège la ville d'Oran et dont les rapatriés ont rapporté la statue pour lui ériger un sanctuaire, s'est terminée sous la pluie à l'issue de la procession. L'orage a éclaté au moment où commençait la messe en plein air, célébrée sous la présidence de Mgr Robert Wattebled, évêque du Gard. Le ciel s'est dégagé pile à l'issue de l'office. Rien de gênant, en vérité, car Notre Dame de Santa Cruz est celle qui a délivré la ville d'Oran du choléra, en 1849, en faisant tomber la pluie, mettant un terme à une très longue période de sécheresse.

Ce pèlerinage, qui réunit la communauté pied noire issue de la région d'Oran venue se reconstituer à Nîmes en provenance de toute la France et de quelques pays étrangers, connait un lent déclin du fait de l'âge croissant de ses participants. Pourtant cette année, pour la première fois depuis longtemps, le nombre des participants est en hausse, avec 25 000, voire 30 000 personnes.

Plus d'informations demain dans votre édition locale de Midi Libre

Retour à tous les pèlerinages de Santa-Cruz à Nîmes.


10 mai 2010

NOS ARTISTES

8 mai 2010

GERARD FUENTES

         Originaire de Mascara Gérard est reconnu internationalement maintenant, comme un maître sculpteur sur bois, un art devenu son hobby fin des années 70, après qu’il eut visité des villes comme Saint-Jean-Port-Joli au Québec, qui est à la sculpture québécoise ce que Vallauris est à la poterie en France, Il eut la chance d’y rencontrer nul autre que Jean Julien Bourgault qui lui prodigua quelques conseils.

         Ce fut ensuite la visite du village bavarois d’Oberammergau qui, outre son célèbre festival décennal de théâtre médiéval, est aussi connu pour être dédié à la sculpture sur bois depuis des siècles.  Les premières œuvres de Gérard sont le reflet de ces premières expériences : soit taillées en relief (Le Défricheur, personnage typique québécois), soit en ronde bosse (Le Raconteur, Un Vieux, autres personnages du terroir, et La Mancha, campant avec un réalisme convaincant les héros de Cervantès, Don Quichotte et Sancho Panza ).

         Puis il découvre en 1997 la sculpture d’appelants décoratifs ; en ornithologue passionné, il s’attache à la représentation de ces oiseaux sauvages, des canards, plus tard des rapaces, une de ses premières pièces obtenant une mention à l’Omnium de Sculpture de Montréal 1998, puis une autre un 3e Prix au concours québécois de sculpture d’appelants de 1999. Depuis lors, il est un habitué de podiums de plus en plus importants, au Québec, au Canada et aux États-Unis.

         Il participe au Ward World Championship, championnat mondial qui se tient annuellement à Ocean City (Maryland USA) : il y a obtenu en cinq ans, Cinq 1er Prix, deux 2e Prix, trois 3e Prix et deux mentions honorables dans sa catégorie ou dans sa division, une pièce demande des centaines d’heures de travail, de la préparation de la pièce de bois à la minutie des derniers détails sculptés et peints.

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Photo 009 Épervier de Cooper avec une caille dans ses serres.

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Photo 019 Faucon gerfaut de l’arctique.

Visitez son site.

Retour à tous nos artistes.

 

 

 

 

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6 mai 2010

KHAJMA

HERISSON_2 Le_h_risson

(LA HONTE)

Une province arrachée à son pays, c'est un enfant arraché à sa mère! Cela doit être l'objet de revendications sans trêve, de luttes sans merci! Cela ne peut s'oublier jamais!
Jules Verne

         Dans ma dernière « hérissonade » d’il y a quelques jours, j’attirais votre attention sur le film d’un anti faux Français aidé par un grand nombre de vrais Français (qu’autrefois on aurait appelé sans hésitation « collabos ») soucieux de jouer sur le terrain du sus désigné, afin d’être à armes égales avec ses idées et son thème jouant ainsi le jeu des extrémistes dangereux et surtout de ne pas paraître moins enfoirés que les FLHAINEUX de là-bas.

         Ils revendiquent même le droit (selon eux) de trahir les vraies valeurs de notre France tant aimée. Ils jouent les humanistes faux progressistes, parce qu’ils disposent du libre usage des médias et des capitaux à leurs seuls profits.

         Quand donc interviendra cet ange exterminateur, ce dératiseur joueur de flûte, déjà cité dans mes précédents écrits, lequel, le 26 Juin 1284, débarrassa la ville de Hamelin en Allemagne de tous les rats qui l’infestaient.

         Sélectionné à Cannes, le dernier long-métrage du réalisateur franco-algérien Rachid Bouchareb, "Hors-la-loi", provoque une vive polémique.

         Mais un journaliste du « Quotidien d’Oran » du 06.05.2010, Monsieur Yazid Alilat, pour ne pas le nommer écrit un article très clair et révélateur sur le grand différent restant à régler entre la France et l’Algérie.

Je le cite intégralement :

……A Paris, c'est la grande polémique sur le passé colonial et raciste de la France qui ressurgit à petits pas, avec la levée de boucliers des nostalgiques de l'Algérie de papa contre le film «Hors-la-loi» de Rachid Bouchareb.

        Ce film, une coproduction financée par des chaînes TV françaises publiques et privées, a fait bondir les partisans de l'infâme loi du 23 février 2005 glorifiant le passé colonial de la France. Des députés qui se sont opposés à ce que ce film soit mis en compétition au prochain Festival de Cannes, veulent monter au créneau pour l'interdire à travers la réactivation d'une fantomatique «Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie», prévue par l'article 3 de la loi du 23 février 2005. En fait, le film de Bouchareb dérange. Le film raconte les parcours de trois frères, témoins des massacres de Sétif en mai 1945 et qui vivent ensuite en France, où ils seront plongés dans les excroissances en métropole de la guerre d'indépendance algérienne.

        La montée au créneau contre l'œuvre de Bouchareb viendra du député. Le début de la polémique commence à l'automne 2009, lorsque, fâché de la manière dont le scénario évoquait les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, et l'aide apportée par des militants français au FLN, dont le réseau Jeanson, le député UMP des Alpes-Maritimes, Lionnel Luca, également vice-président du conseil général de ce département, a discrètement saisi le secrétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, Hubert Falco, et maire de Toulon.    Dans une lettre à ce dernier du 7 décembre 2009, il dénonçait le concours financier apporté par le Centre national du cinéma (CNC) à ce film qu'il n'avait toujours pas vu: «On peut s'interroger sur cette volonté d'encourager une repentance permanente que le président de la République a plusieurs fois condamnée. A défaut de pouvoir intervenir sur le CNC, je vous saurais gré de bien vouloir veiller à ce que la sortie du film ne puisse être cautionnée par les officiels français.» C'est le début de pressions venant de toutes parts, notamment d'élus UMP, pour que le financement du film par les chaînes TV françaises soit interrompu. Plus concrètement, des pressions ont été exercées sur les chaînes de France Télévisions pour ne pas coproduire le film et sur les responsables de la sélection officielle du Festival de Cannes pour qu'il ne soit pas sélectionné. Tandis que le producteur a été l'objet de demandes inhabituelles venant de la présidence de la République et du secrétariat d'Etat à la Défense et aux Anciens Combattants pour visionner le film avant la date de sa présentation officielle aux jurés et au public du Festival de Cannes. «Hors-la-loi» dérangerait-il la bonne conscience coloniale ? Celle qui maintient la loi de l'omerta sur ce qui s'est vraiment passé ce 8 mai 1945 dans les trois villes algériennes ? C'est en tout cas ce que pensent et affirment des historiens et chercheurs algériens et français dans un communiqué remis à la presse, en France. Ils estiment que la campagne menée actuellement par des «milieux nostalgiques» de la colonisation contre le film de Rachid Bouchareb vise à «faire obstacle à la liberté de la création et à la nécessaire reconnaissance du passé colonial de la France». Leur texte, intitulé «Le film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb : les guerres de mémoires sont de retour», ces historiens, dont Pascal Blanchard, Gilles Manceron, Jean-Pierre Peyroulou, Benjamin Stora, Mohamed Harbi, la réalisatrice Yasmina Adi, relèvent que «ces réactions sont un symptôme du retour en force de la bonne conscience coloniale dans certains secteurs de la société française». Cette campagne est menée «avec la complicité des gouvernants, un député a lancé une campagne contre ce film avant même son achèvement, campagne relayée (ce qui est plus grave) par un secrétaire d'Etat», soulignent-ils, ajoutant que «les vérités officielles et les dénonciations de l'anti-France qui ont sévi à l'époque des guerres coloniales sont-elles de retour».

Ils ont également rappelé que ce film, «fruit d'une coproduction franco-algéro-tuniso-italo-belge, est d'abord une œuvre libre qui ne saurait se réduire à une nationalité, ni à un message politique et encore moins à une vision officielle de l'histoire». Pour eux, «le travail d'un réalisateur n'est pas celui d'un historien et n'a pas à être jugé par l'Etat» français. Mieux, ils rappellent ainsi que «personne n'a demandé à Francis Ford Coppola de raconter dans Apocalypse Now la guerre du Vietnam avec une précision historique», mais affirment cependant que «l'évocation d'une page d'histoire tragique peut aussi bien passer par la fiction, avec ses inévitables raccourcis, que par les indispensables travaux des historiens». Pour Mohamed Harbi, Stora ou Peyroulou, «des milieux nostalgiques de la colonisation continuent de chercher à faire obstacle à la liberté de la création et à la nécessaire reconnaissance du passé colonial de la France», ont-ils affirmé. «Le pire est à craindre quand le pouvoir politique veut écrire l'histoire que nos concitoyens iront voir demain sur nos écrans», déplorent ces historiens.

«Hors-la-loi» de Bouchareb est cofinancé par France 2 et France 3, Canal+, Studio Canal, Kiss Films - la société de Jamel Debbouze -, la région PACA, l'ACSE, Ciné-cinéma et le CNC). L'apport venant d'Algérie ne représente qu'environ 20% du budget, dont une bonne part en prestations valorisées. Un apport qui, en l'occurrence, n'a été assorti d'aucune pression ni demande particulière, écrit le quotidien Le Monde dans sa livraison de mercredi…….

         Je préfère arrêter là cet article révélateur et dénonciateur de l’attitude de nos télés et d’une collaboration (Tiens…Tiens !) entre la France, l’Algérie, la Tunisie, l’Italie et la Belgique.

         Heureusement que parallèlement à ce torchis d’informations, nous parvient ce jour la copie d’une proposition de Loi N° 2477, déposée à l’Assemblée Nationale par laquelle 5 députés courageux demandent à la dite Assemblée, d’établir reconnaissance par la France des souffrances subies par les Français d’Algérie victimes de crimes contre l’humanité du fait de leur appartenance ethnique, religieuse ou politique.

         Il ne nous reste plus qu’à croiser les doigts et demander à Saint Jude Patron des missions impossibles, de nous aider à faire adopter ce texte par LA FRANCE, la notre, lequel à nos yeux, aurait témoignage d’une repentance non pas envers ces enturbannés, mais envers nous RAPATRIES-MARTYRS, DE FORCE DE TROIS DEPARTEMENTS FRANÇAIS.

La repentance selon Saint Paul, fait partie du message de l’évangile et nous dit q’aujourd'hui, le monde vit comme si le péché n'existait pas. Malheureusement, nous savons qu'il est la cause de tous les malheurs du monde.

LE HERISSON  du jeudi  06-05- 2010

Retour coups de cœur.

5 mai 2010

LE RAVIN BLANC-LYCEE ALI CHEKKAL

1955

Ravin_Blanc__apr_s_1955

         La photo est prise après que la ferme SOMMARIVA ait été rasée,que des routes aient été construites, et que la station d'essence soit construite à peu près à la place de la ferme. On voit en bas de la photo un reste de terrains maraîchers.

         Le grand immeuble à gauche est l'immeuble de l'EGA (Electricité Gaz d'Algérie) et le collège moderne de jeunes filles puis Lycée Ali Chekkal), séparés de la ferme par la route du Port.

         Ceux qui ont connus cette époque pourraient nous indiquer l'emplacement des fermes. Merci.

Retour photos A.F.N.

5 mai 2010

COUPURES DE JOURNAUX

5 mai 2010

CE QU'EN DIT LA PRESSE

- HORS LA LOI -  DE RACHID BOUCHAREB

http://www.parismatch.com/Culture-Match/Cinema/Actu/Cannes-2010-pluie-de-stars-sur-le-tapis-rouge-178834/

Jeudi, en fin de matinée, les organisateurs du 63e Festival de Cannes dévoileront une partie du programme qui tiendra en haleine les cinéphiles du 12 au 23 mai prochain. Et comme chaque année, les stars seront au rendez-vous de la Croisette.

Yannick Vely - Parismatch.com

Le retour de la grande classe américaine. Après un cru 2009 riche en stars françaises – Johnny Hallyday, Sophie Marceau, Monica Bellucci, Charles Aznavour – pour ne citer que les plus illustres, le 63e Festival de Cannes qui se déroulera du 12 au 23 mai prochain fera la part belle à Hollywood. L’an passé, d’aucuns – mais pas les cinéphiles – avaient regretté la maigre présence du cinéma américain sur le tapis rouge, malgré le beau trio que formaient «Là-haut», «Inglourious Basterds» et «Taking Woodstock». 2010 permettra aux organisateurs de la manifestation de rectifier le tir, même si Thierry Frémaux et son équipe n’ont pas encore mis le point final à la liste qu’ils entendent dévoiler jeudi prochain. Le très officiel «Variety» dans son édition de dimanche, a confirmé un certain nombre de rumeurs quant à la présence en sélection officielle de quelques poids lourds US.

Outre «Robin des Bois», en ouverture, et son casting de stars – Russell Crowe, Cate Blanchett pour ne citer que les principales-, sont attendus en ou hors compétition «Tree of Life» de Terrence Malick, avec Brad Pitt et Sean Penn, «Wall Street: Money Never Sleeps» d’Oliver Stone – première passage sur la Croisette en compétition ?- avec Michael Douglas et Shia LaBeouf, «You Will Meet a Tall Dark Stranger», de Woody Allen, avec Antonio Banderas, Naomi Watts et Freida Pinto. Déjà cités, Naomi Watts et Sean Penn pourraient monter les marches une seconde fois pour «Fair Game» de Doug Liman, alors que l’on attend également Johnny Depp pour «The Rum Diary» si le film est sélectionné. Quant au buzz du moment – non démenti par «Variety», il propulserait sur le tapis rouge Leonardo DiCaprio et Marion Cotillard sur le tapis rouge pour «Inception» de Christopher Nolan («Batman : Le Chevalier noir»), un thriller de science-fiction annoncé comme le nouveau «Matrix». «Variety» a néanmoins mis fin à quelques spéculations. «Hereafter» de Clint Eastwood avec Cécile de France, «Black Swan» de Darren Aronofsky, avec Natalie Portman et enfin «Restless» de Gus van Sant avec Mia Wasikowska, (l’Alice de Tim Burton) ne seront pas prêts à temps pour une projection sur la Croisette… «Miral», de Julian Schnabel avec Hiam Abbass, devrait en revanche être retenu sous la bannière étoilée.

Jean Dujardin, MélanieThierry, Juliette Binoche…

Les stars françaises ne seront pas en reste, même si, et c’est le jeu classique des pronostics cannois, les incertitudes restent nombreuses. Sont pressentis pour figurer parmi les chasseurs de Palme d’Or, «Carlos» d’Olivier Assayas avec le futur prix d’interprétation Edgar Ramirez (je mouille ma chemise, Ndlr), «Le Bruit des glaçons» de Bertrand Blier, avec Jean Dujardin et Albert Dupontel, «La Princesse de Montpensier» de Bertrand Tavernier avec Mélanie Thierry et Lambert Wilson, «Le Balcon sur la mer» de Nicole Garcia, avec de nouveau Jean Dujardin, «Les petits Mouchoirs» de Guillaume Canet, avec François Cluzet et Marion Cotillard, et enfin «Hors-la-loi» de Rachid Bouchareb, avec la même équipe qu’«Indigènes». Présente sur l’affiche du festival, Juliette Binoche devrait elle fouler le tapis rouge pour «Copie Conforme» de l’Iranien Abbas Kiarostami. «Potiche» de François Ozon, avec Catherine Deneuve, Gérard Deparidieu et Fabrice Luchini, ne figure plus sur les tablettes des sites spécialisés, ce qui est mauvais signe…

Javier Bardem, GemmaArterton, Patti Smith...

Rendez-vous incontournable du septième art, le Festival de Cannes fera bien sûr la part belle aux cinématographies européennes, sud-américaines et asiatiques. Javier Bardem devrait ainsi mettre son plus smoking pour «Biutiful», un polar du cinéaste mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu («Babel»), le Japonais Takeshi Kitano présenterait son nouveau film «Outrage», un polar dans la veine de «Sonatine» et la divine Gemma Arterton pourrait incarner la tentation dans «Tamara Drewe» de Stephen Frears. Toujours au rayon du cinéma d’auteur, on guettera la présence en sélection officielle de l’Argentin Pablo Trapero pour «Carancho», de l’Anglais Mike Leigh pour «Another Year», du Roumain Cristi Puiu pour «Aurora», des annoncés sulfureux «The Essence of Killing» de Jerzy Skolimowski (avec Vincent Gallo en taliban) et «The Revenge» de Susanne Bier, du premier film de fiction de l’excellent Wang Bing, l’auteur «A l’ouest des rails», du Hongrois Béla Tarr pour «The Turin Horse» ou encore de deux représentants sud-coréens, Lee Chang-dong avec «Poetry» et Im Sang-soo avec «The Housemaid».

Enfin, les plus mélomanes guetteront les premiers pas de la rockeuse Patti Smith devant la caméra de l’horloger suisse du cinématographe, Jean-Luc Godard pour «Film Socialisme», son nouvel opus à la bande-annonce des plus… intrigantes. Verdict le 15 avril prochain.

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http://www.leparisien.fr/loisirs-et-spectacles/cannes-tavernier-amalric-et-bouchareb-en-competition-15-04-2010-887821.php

CINEMA

Cannes : Tavernier, Amalric et Bouchareb en compétition

S.M. | 15.04.2010, 12h23 | Mise à jour : 17h45

L'organisation du Festival de Cannes a dévoilé jeudi matin, dans les salons du Grand Hotel à Paris, la sélection officielle de la 63e édition qui se tiendra du 12 au 23 mai prochain. On connaissait déjà le film d'ouverture, le «Robin des bois» de Ridley Scott, l'identité de la maîtresse de cérémonie en la belle Kristin Scott Thomas et le nom du président du jury en la personne de Tim Burton.

On découvre maintenant la sélection officielle.


Au menu de cette quinzaine, des barons de la caméra avec la présence - habituelle - de Woody Allen avec «You Will Meet a Tall Dark Stranger», Oliver Stone et la suite de son «Wall Street», «Wall Street: l'argent ne dort jamais», ou encore Stephen Frears et «Tamara Drewe». Les trois films seront présentés hors compétition. Trois films aux montées des marches qui s'annoncent somptueuses : Naomi Watts, Anthony Hopkins, Antonio Banderas, Josh Brolin, Gemma Arterton ou Michael Douglas...

Terence Mallick «pas prêt»

Les films en compétition ne seront pas en reste... Manquera néanmoins le très attendu film de Terrence Malik, «The tree of life», avec Brad Pitt et Sean Penn. Il n'est «pas prêt pour le moment», a indiqué Thierry Frémeaux, directeur général du festival, au moment de dévoiler la sélection. Même si le film a été tourné il y a plus de deux ans, le montage n'est toujours pas abouti et il ferait encore plus de trois heures... Un doute plane encore sur sa présence... 

Parmi les seize films en lice pour la Palme d'or, Mike Leigh, Palme d'or en 1996 avec «Secrets et mensonges», reviendra avec «Another year», ainsi que le Mexicain Gonzales Inarritu, metteur en scène de «Babel» avec Brad Pitt, qui présentera cette année «Biutiful», avec Javier Bardem. Le réalisateur de «La mémoire dans la peau», Doug Liman, présentera quant à lui son thriller politique «Fair Game» avec Sean Penn et Naomi Watts. Très attendus aussi, «Copie conforme», de l'Iranien Abbas Kiarostami, avec Juliette Binoche, ou encore «Outrage», du Japonais Takeshi Kitano.

Dans la compétition officielle, le cinéma français sera représenté par Mathieu Amalric avec «Tournée», Bertrand Tavernier avec «La princesse de Montpensier» avec Mélanie Thierry et Gaspard Ulliel, et Rachid Bouchareb avec «Hors la loi» avec Roschdy Zem, Sami Bouajila et Jamel Debbouze. Dans la section Un autre regard, le chef de file de la Nouvelle Vague, Jean-Luc Godard, présentera son «Socialisme» que l'on peut déjà voir sur le net, mais en accéléré.

Le jury

Présidé par Tim Burton, le jury du Festival de Cannes sera composé de l'actrice anglaise Kate Beckinsale, de l'écrivain français Emmanuel Carrère, de l'acteur américain Benicio del Toro, du réalisateur espagnol Victor Erice, du directeur du Musée national du cinéma, en Italie Alberto Barbera, du réalisateur indien Shekhar Kapur et de l'actrice italienne Giovanna Mezzogiorno.

En compétition pour la Palme d'or

«Poetry», de Lee Chang-Dong

«Tournée», de Mathieu Amalric

«Copie conforme», de Abbas Kiarostami, avec Juliette Binoche

«Fair game», de Doug Liman

«La princesse de Montpensier», de Bertrant tavernier

«Another Year», de Mike Leigh

«Biutiful», de Alejandro Gonzalez Innaritu

«Des hommes et des dieux», de Xavier Beauvois

«Hors la loi», de Rachid Bouchareb

«Housmaid», de Im Sang-soo

«Outrage», de Takeshi Kitano

«Un homme qui crie», de Mahamat Haroun

«La nostra Vita», de Daniele Luchetti

«Utomlyonneye Solntsem 2», de Nikita Mikhalkov

«You my Joy, de Sergei Loznitsa

«Loong Boonmee Raleuk Chaat», d'Apichatpong Weerasethakul

Un autre Regard

«Blue Valentine», Derek Cianfrance

«O estranho caso de angélica», Manoel De Oliveira

«Les amours imaginaires», Xavier Dolan

«Lo labios», Ivan Fund, Santiago  Loza

«Simon Werner a disparu», Fabrice Gobert

«Film socialisme», Jean-Luc Godard

«Unter dir die stadt», Christoph Hochhäusler

«Rebecca H. (Return to the dogs)», Lodge Kerrigan

«Pàl Adrienn», Ágnes Kocsis

«Udaan», Vikramaditya  Motwane

«Marti, dupa craciun», Radu Muntean

«Chatroom», Hideo Nakata

«Aurora», Cristi Puiu

«Ha ha ha», Hong Sangsoo

«Life above all», Oliver Schmitz

«Octubre», Daniel Vega

«R U There», David Verbeek

«Rizhao chongqing», Xiaoshuai Wang

Séances de minuit

«Kaboom», Gregg Araki 

«L'autre monde», Gilles Marchand

Séances spéciales

«Inside job», Charles Ferguson 

«Over yout cities grass will grow», Sophie Fiennes   

«Nostalgia de la luz», Patricio Guzman

«Draquila - L'Italia che trem», Sabina Guzzanti

«Chantrapas», Otar Iosseliani   

«Abel», Diego Luna

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http://www.tsa-algerie.com/culture-et-media/rachid-bouchareb-en-selection-officielle-au-festival-de-cannes_10307.html

Rachid Bouchareb en sélection officielle au festival de Cannes

Hakim Arous

L'Algérie sera présente en sélection officielle au prochain festival de Cannes. Le réalisateur algérien Rachid Bouchareb a été choisi par le comité du festival avec son dernier film Hors la loi. Le film raconte l'histoire de trois frères après la deuxième guerre mondiale au sein de la Fédération de France du FLN dans son combat pour l'indépendance de l'Algérie.

Après le très récompensé Indigènes – prix d'interprétation collective pour ses acteurs au festival de Cannes 2006, Bouchareb poursuit donc son travail sur l'histoire récente de l'Algérie. Dans le casting de cette coproduction franco-algérienne, on retrouve notamment Djamel Debbouze.

La 63e édition du festival international du cinema de Cannes se déroulera du 12 au 23 mai prochain.

15/04/2010 | 12:03 |

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http://www.lemonde.fr/cinema/article/2010/04/15/festival-de-cannes-trois-films-francais-en-competition-pour-la-palme-d-or_1334007_3476.html

Compte rendu

Festival de Cannes : trois films français en compétition pour la Palme d'or

LEMONDE.FR | 15.04.10 | 12h59  •  Mis à jour le 15.04.10 | 13h57

Lors de la traditionnelle conférence de presse du Festival de Cannes, jeudi 15 avril, boycottée cette année par les agences de presse en raison d'un conflit sur la couverture vidéo, les organisateurs ont annoncé, notamment, la sélection de trois films français dans la compétition officielle (pour la célèbre Palme d'or) :

Tournée de Mathieu Amalric, Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, et La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier.

Sera également en lice dans cette Sélection officielle, un film du réalisateur français d'origine algérienne Rachid Bouchareb, Hors la loi, qui devrait représenter l'Algérie.

A noter aussi la présence d'un seul film américain en compétition pour la Palme : Fair Game, une adaptation par Doug Liman des Mémoires de l'agent de la CIA Valérie Plame Wilson, avec Sean Penn et Naomi Watts dans les rôles principaux.

Les organisateurs ont également dévoilé la liste des membres du jury présidé cette année par Tim Burton : Kate Beckinsale, actrice britannique ; Giovanna Mezzogiorno, actrice italienne ; Shekhar Kapur, acteur, réalisateur et producteur indien ; Emmanuel Carrère, écrivain, scénariste, réalisateur français ; Benicio del Toro, acteur et réalisateur américain (Porto Rico) ; Victor Erice, réalisateur espagnol ; Alberto Barbera, directeur du Musée national du cinéma (Italie).

Le Monde.fr

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http://www.lexpress.fr/culture/cinema/hors-la-loi-de-rachid-bouchareb_885279.html

En compétition pour la Palme d'or

Hors-la-loi, de Rachid Bouchareb

Par Emmanuel Cirodde, publié le 15/04/2010 à 10:00

Le film en une phrase: Quatre ans après Indigènes, Rachid Bouchareb ne change pas une équipe qui gagne!

L'enjeu: On se souvient tous de cette fameuse image du casting masculin d'Indigènes montant sur scène à Cannes et entonnant un mémorable "C'est nous les Africains qui revenons de loin, venant des Colonies pour sauver la patrie!" Le quintette formé par Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Bernard Blancan fêtait en musique un prix d'interprétation collectif pour cette histoire de soldats oubliés de la la première armée française recrutée en Afrique et envoyés en première ligne.
Hors-la-loi devrait débuter là où s'arrêtait Indigènes. On y suivra le destin de trois frères algériens installés en France (Bouajila, Debbouze et Zem), deux d'entre eux militant sans relâche pour l'indépendance de leur pays, le troisième se montrant plus sceptique. Le tout sur fond d'événements politiques tragiques et de manifestations pour l'indépendance de l'Algérie de plus en plus nombreuses. Rachid Bouchareb continue ainsi sa réflexion sur l'identité et les racines, qui était déjà au cœur des films Little Sénégal ou Cheb. On lui souhaite en tout cas que sa nouvelle épopée connaisse le même sort heureux qu'Indigènes!

L'info en plus: Jamel Debbouze à Cannes, ce sont deux visages: celui victorieux sur scène au milieu de ses camarades d'Indigènes, et celui du trublion qui a enflammé les plateaux télé. On se souvient de son duo fatal avec Laetitia Casta ou face à Andy Garcia. La suite de sa carrière cannoise devrait logiquement plus se dérouler sur grand écran.


http://www.humanite.fr/article2764726,2764726

Le Festival de Cannes se met en ligne

Le 63e Festival de Cannes a présenté sa sélection.

C’était hier la conférence de presse qui mettait fin aux attentes et aux rumeurs qui ne manquent pas de circuler à la veille du Festival. Le délégué général, Thierry Frémaux, présentait la sélection – pas totalement achevée – dont il est responsable. Le président du Festival Gilles Jacob (notre photo) précisait que le cinéaste iranien Jafar Panahi, persécuté dans son pays, était très officiellement invité par le Festival. Il incitait ensuite à la fréquentation du site modernisé du Festival sur lequel tout un chacun devrait pouvoir suivre l’actualité cannoise, désormais accessible dans huit langues dont l’arabe et le chinois. Une dimension planétaire qui se lit dans la sélection, bien que la compétition, soumise à un jury que préside cette fois Tim Burton, ne se joue pas sous la bannière des pays mais celle des auteurs. Mathieu Amalric passe derrière la caméra pour un premier long métrage, Tournée, qui se retrouve en compétition officielle aux côtés de deux autres réalisateurs français, Xavier Beauvois et Bertrand Tavernier. Rachid Bouchareb présentera son Hors la loi. Concourent également deux cinéastes coréens (Im Sang-soo et Lee Changdong présent il y a peu avec Secret sunshine). Des noms connus opèrent leur retour, ainsi de Mike Leigh, Nikita Mikhalkov, Abbas Kiarostami ou Takeshi Kitano. Woody Allen souhaitait une présentation hors compétition, ce qui sera le cas. Jean-Luc Godard, qui ne voulait pas figurer dans la sélection officielle, présentera Film Socialisme dans le cadre de « Un certain regard ». Section à la sélection particulièrement alléchante dans laquelle on trouve notamment Manuel de Oliveira .

Dominique Widemann


http://www.lexpressiondz.com/article/3/2010-04-17/75373.html

                                              

63E FESTIVAL DE CANNES

Sétif 1945 sera à Cannes en 2010!...
17 Avril 2010 - Page : 24

Et de deux! Rachid Bouchareb est de nouveau en lice, et l’Algérie avec lui, pour la course à la Palme d’Or...

Ainsi donc et en termes de participation, l’Algérie reste détentrice d’un record unique dans les annales du cinéma arabe... Chapeau! Hors la loi a été choisi parmi les... 1665 longs métrages visionnés depuis octobre dernier par le comité de sélection.


Le mérite de Rachid Bouchareb n’est que plus grand. Sans même titiller un quelconque ego, il est permis de dire que, d’ores et déjà, l’auteur d’Indigènes a gagné le premier set et non des moindres en offrant, à plus de 4000 journalistes et des centaines de professionnels du cinéma, une visibilité à l’acte fondateur du soulèvement de Novembre 1954, que furent les manifestations du 8 Mai 1945. Exactement, 55 années après le massacre de 45.000 Algériens par une armée coloniale convaincue de son impunité...
Le bunker, qui fait office de Palais des festivals, va vivre, sans nul doute, durant 131 minutes, des moments historiques... Cela coïncidera aussi avec la nouveauté sur le Web du festival, le lancement de huit versions dont une en langue arabe! Le hasard du timing fera aussi qu’une autre région d’Algérie, celle de Médéa, fera également parler d’elle puisque Xavier Beauvois concourra sous la casaque française avec Des hommes et des dieux qui revient sur l’enlèvement par les terroristes de l’ex-GIA, en 1996, des moines de Tibihirine et leur fin tragique. Le tournage a eu lieu entre décembre et janvier derniers, au Maroc, dans les montagnes de Meknès. L’Afrique sera également présente et c’est aussi un grand motif de satisfaction avec un film tchadien Un Homme qui crie de Mahamat-Saleh Haroun. Le studieux cinéaste de N’djamena avait été en compétition à la Mostra de Venise avec Daratt en 2006. Jamais deux sans trois? Exact! Un troisième réalisateur africain, de Johannesburg celui-là, Olivier Schmitz, sera aussi sur la Croisette pour montrer La Vie avant tout dans la section «Un Certain regard». Dans cette même catégorie vont se croiser le doyen du cinéma,102 ans (présumé!) Manoel de Oliveira et un jeune prodige québécois, Xavier Dolan,qui avait fait l’événement à Cannes en 2009 avec J’ai tué ma mère, écrit à 17 ans et qui décrocha trois prix! Mais il y aura aussi le maître, Jean-Luc Godard, Film socialisme dont la présence à «Un Certain Regard» se justifie d’une manière plus ou moins originale. En effet, la seule condition que le cinéaste suisse a posé aux organisateurs, c’est que son film soit projeté à la salle Debussy et non à la salle Lumière où sont programmés les postulants à la Palme d’Or! Il est vrai que le Debussy avait été inclus dans la première phase des travaux de rénovation du Palais. Le reste sera achevé d’ici 2012. A cette date, les 80.000 mètres carrés, l’actuel Palais, inauguré en 1982, auront subi un véritable lifting pour un coût évalué à 130 millions d’euros.

Rappelons que le Palais des festivals crée 19.000 emplois, directs ou indirects, selon le service de communication du Palais. Il génère des retombées économiques pour la ville et la région, évaluées à 900 millions d’euros. Le calcul est simple... L’opération est largement amortissable.


http://www.lemaghrebdz.com/lire.php?id=25661

63e édition du Festival international du cinéma de Cannes

  "Hors la loi" de Rachid Bouchareb en compétition officielle 

  Plus de suspens autour du dernier né, " Hors la loi " de Rachid Bouchareb ! cette superproduction qui a coûté la bagatelle de 19,5 millions d'euros sera en compétition officielle à la 63e édition du Festival international du cinéma de Cannes. La liste des films en compétition a été rendue  publique jeudi à Paris.

C'est la deuxième fois que le réalisateur algérien participe à la plus grande fête du cinéma au monde. En 2007, l'auteur de " Cheb " participait à Cannes avec son mémorable " Indigènes " et a même raflé des prix d'interprétation masculine pour Djamel Debbouz et Samy Naceri, époustouflants dans le film. Cannes 2010 est prévu entre le 12 et le 23 mai prochain et sera marqué par la participation de quinze longs-métrages de diverses nationalités qui brigueront la prestigieuse Palme d'Or, décernée au meilleur film ainsi que les autres prix comme ceux de l'interprétation masculine et féminine entre autres. "Hors la loi", une coproduction algéro-française, s'inscrit dans le prolongement du film "Indigènes", consacré à la participation de soldats des anciennes colonies françaises au deuxième conflit mondial. Le premier coup de manivelle de ce film a été donné l'an dernier dans la ville de Sétif. L'avant-première de ce film n'aura pas lieu à  Sétif comme l'avait promis son réalisateur, ça sera Cannes d'abord!  D'une durée de 2h30, ce long- métrage est selon le réalisateur " une des plus grosses productions maghrébines et africaines, d'autant plus qu'elle est dotée d'un budget de 19,5 millions d'euros. Cette co-production algéro-franco-belge est soutenue par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et Khalida Toumi, ministre de la Culture. " soulignera le cinéaste ajoutant que le scénario est coécrit par Olivier Lorelle et lui-même. Comme le film fait suite à Indigènes, il s'agira ainsi de rétablir une vérité historique se rapportant aux événements sanglants du 08 mai 45 qui a coûté la vie à des milliers d'algériens qui manifestaient pour l'indépendance. " Indigènes " qui a été vu par Jacques Chirac, l'ex-président français, avait permis de réparer une injustice subie par les anciens combattants indigènes, lesquels ne percevaient que 5 ou 10 euros par trimestre. Le chef de l'Etat, qui n'est pas resté insensible devant le sacrifice de plus de 150 000 algériens, a usé de tout son pouvoir pour qu'une loi soit votée à cet effet. Toujours dans le registre de l'histoire et de la politique, " Hors la loi retrace en fait le parcours de trois frères dont la famille a été chassée et qui ont survécu aux massacres de Sétif en 1945. Ils se retrouvent ensuite en France et s'engagent dans la Révolution. La bataille de Paris, qui oppose le FLN à la police française, va les broyer, les déchirer pour conquérir le droit d'être des hommes à part entière. " annonce encore le cinéaste qui veut à travers le cinéma, " mettre la lumière sur une partie de l'histoire commune des deux nations". Rachid Bouchareb a choisi les mêmes comédiens que dans Indigènes à savoir les têtes d'affiches françaises tels Djamel Debbouz, Samy Naceri, en plus de Roschdy Zem, Sami Bouadjila, Larbi Zekkal, Ahmed Benaïssa, Chafia Bouadraâ et Mourad Khan, qui seront aux côtés de 2 000 figurants ! Rien que ça ! Le tournage a eu lieu respectivement à Sétif, Kherrata, en France et en Allemagne. Le dossier des événements du 8 Mai 1945 est l'un des plus importants sujets de discorde entre l'Algérie et la France qui refuse toute idée de repentance. Les projets de Rachid Bouchareb dont le dernier film London river a été diffusé en 2009 en exclusivité sur Arte, n'en resteront pas là. Le cinéaste prépare une trilogie qui traite de la relation entre les Etats-Unis et le Monde musulman en général, et arabe en particulier. " Je vais, à travers trois films, traiter, à ma façon, les relations entre les USA et le Monde arabe. Deux films seront tournés en Amérique. Les péripéties du troisième se dérouleront au Moyen-Orient. Ce gigantesque projet est presque ficelé, d'autant plus que deux scénarios sont achevés. " a t-il soutenu.

Yasmine Ben 


http://www.elwatan.com/Festival-de-Canne-2010-Ecrans

Festival de Canne 2010 : Écrans algériens sur la Croisette

En mai, fais ce qu’il te plaît et profite des beaux films à Cannes. Comme chaque année, le programme du Festival de la Croisette vient d’être révélé. Deux films présentés en sélection française relatent l’histoire algérienne, dont un sur les moines de Tibhirine.

Lyon, de notre correspondant

L’Algérie sera disséquée, analysée, mise en débat et en perspective à Cannes (du 12 au 23 mai) cette année, grâce à deux films présentés en sélection officielle française. Il est loin le temps où les instances de la cinématographie algérienne présentaient à Cannes de belles réalisations, comme ce fut le cas notamment avec le magnifique Chroniques des années de braise de Lakhdar-Hamina (Palme d’or 1975). Ne gâchons pas pour autant notre plaisir de voir l’Algérie sur l’une des plus belles scènes mondiales du cinéma. Les deux films, au-delà des commentaires à venir, sont du reste très attendus.

Le premier, Des hommes et des dieux, au titre pourtant provisoire au moment du tournage au Maroc à la fin de l’année dernière, relate pour la première fois l’enlèvement des moines trappistes dans leur monastère près de Médéa, en mars 1996 (lire El Watan, 7 décembre 2009). Y aurait-il une anguille politique sous la roche cinématographique ? Qu’est-ce qui se cache sur les écrans blancs des salles obscures, alors qu’en 2009 la remise en cause de la mort officielle des sept religieux, par un général français à la retraite, avait soulevé un tollé diplomatique entre la France et l’Algérie ? Les moines sont incarnés à l’écran, par Olivier Rabourdin (frère Christophe), Lambert Wilson (le prieur de Tibhirine), Christian de Chergé ou encore Michael Lonsdale (le doyen, frère Luc). monteront-ils les marches du Palais du festival en compagnie du réalisateur Xavier Beauvois, à qui l’on doit un précédent film sur la guerre d’Algérie, Le petit lieutenant.

L’image du drame serait anéantie par ce court-circuit médiatico-people. Le deuxième film, sous la bannière française, est le dernier né de Rachid Bouchareb, dont on ne sait pas encore s’il concourra pour l’Algérie. Il nous offre enfin Hors-la-lois, histoire qui commence en 1945, lors des balbutiements du déclenchement de la guerre de Libération nationale, après les terribles répressions du 8 mai 1945, pour continuer dans les premières années de la lutte. Ce film, après la parenthèse de London river (sur les clandestins en Angleterre), se veut pour Bouchareb être une suite chronologique d’Indigènes.

Djamel Debouze and co... medy

Le film sortira sur les écrans en France en septembre prochain. Un acteur commun aux deux films présentés à Cannes est Roschdy Zem, que l’on peut voir actuellement sur les écrans français dans Tête de Turc, premier film de Pascal Elbé. Les deux autres films français présentés sont Tournée de Mathieu Amalric, et La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier. Quant aux autres œuvres présentées à Cannes, elles représentent treize pays. On citera les cinéastes Alejandro Inarritu, Takeshi Kitano, Kiarostami, Mike Leigh, Nikita Mikhalkov ou encore Apichatpong Weerasethakul. Le jury sera présidé par Tim Burton qui triomphe actuellement sur les écrans avec Alice au pays des merveilles. Le doyen des cinéastes mondiaux, le Portugais Manuel de Oliveira, 102 ans, présentera son nouveau film, dans la section « Un certain regard ».

Par Walid Mebarek

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http://www.afrik.com/article19564.html

Cannes 2010 : l’Afrique en compétition

Mahamet Saleh Haroun et Rachid Bouchareb sélectionnés

Nous l’avions espéré, nous l’avons eu. Alors qu’en 2009 aucun film africain n’avait eu l’opportunité d’être en compétition sur la Croisette – Min Ye de Souleymane Cissé étant présenté hors compétition – l’année 2010 fait honneur au cinéma africain en sélectionnant deux réalisateurs déjà primés dans de nombreux festivals : le tchadien Mahamet Saleh Haroun et le franco-algérien Rachid Bouchareb.

mercredi 21 avril 2010 / par Claire Diao

Le jeudi 15 avril 2010 s’est tenue la conférence de presse tant attendue du 63e Festival de Cannes. L’occasion pour Gilles Jacob, président du festival et Thierry Frémaux, délégué général, d’annoncer la sélection 2010. Si le jury officiel présidé par le réalisateur américain Tim Burton ne compte aucun artiste africain, la sélection officielle de film propose, elle, deux longs-métrages africains : Un homme qui crie n’est pas un ours de Mahamet Saleh Haroun et Hors-la-loi de Rachid Bouchareb.

Ils nous avaient déjà émerveillés par leurs précédents films, l’un proche des exilés, des immigrés et de l’Histoire (Little Sénégal, Indigènes, London River), l’autre s’intéressant au retour au pays, à l’absence du père et à la vengeance (Bye Bye Africa, Abouna, Daratt). Si Rachid Bouchareb et Mahamat Saleh Haroun vivent en France, il est à souligner que leur source d’inspiration provient essentiellement du continent africain. Pour l’un, filmer les immigrés et les soldats « indigènes » reflète un besoin puissant de témoigner d’une Histoire encore trop douloureuse entre la France et ses anciennes colonies (même si certains de ses films se déroulent aux États-Unis – Little Sénégal – ou en Angleterre – London River). Pour l’autre, l’un des seuls réalisateurs de longs-métrages de son pays, dépeindre la situation politique dramatique qui perdure au Tchad est un défi, sauf lorsqu’il s’essaie à la comédie (Sexe, gombo et beurre salé) qui touche avec justesse la situation d’une famille africaine vivant en France entre tradition culturelle et modernité des mœurs.

Pas de Palme d’Or pour l’Afrique depuis 1975

Pour l’un comme pour l’autre, les festivals de cinéma internationaux ont déjà déroulé le tapis rouge. Bouchareb, l’aîné, l’ancien, a permis à l’ensemble de ses acteurs (Zem, Debbouze, Naceri, Blancan, Bouajila) de décrocher le prix d’interprétation masculine du Festival de Cannes 2006 avec son film Indigènes. En 2009, c’est le festival de Berlin qui récompense feu Sotigui Kouyaté, son fidèle comédien décédé la semaine dernière, d’un Ours d’argent du meilleur acteur. Haroun, le discret, le penseur, s’évertue davantage à faire jouer des comédiens inconnus, puisant dans leur vitalité pour trouver la justesse de son propos. Ainsi Daratt, saison sèche reçoit en 2006 le Prix Spécial du Jury au Festival de Venise et l’Etalon de Bronze du FESPACO en 2007. Autant de prix qui font de nos deux réalisateurs de remarquables compétiteurs pour cette 63e édition du Festival de Cannes.

Car rappelez-vous, l’Afrique n’a pas eu de Palme d’Or depuis 1975 (Chronique des années de braise de l’algérien Lakhdar Amina), soit depuis 35 ans ! Pour la décrocher cette année, encore faudra-t-il évincer les pontes du cinéma mondial en compétition, pour certains déjà primés au Festival de Cannes : le français Jean-Luc Godard, membre fondateur de la Nouvelle Vague (Film socialisme) et son compatriote Bertrand Tavernier (La princesse de Montpensier), le centenaire portugais qui réalise plus d’un long-métrage par an Manoel de Oliveira (O estranho caso de Angelica), le génie mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu (Biutiful), le poétique Abbas Kiarostami (Copie conforme), le très respecté japonais Takeshi Kitano (Outrage), le prometteur thaïlandais Apichatpong Weerasethakul (Long boonmee raluek chat) et le metteur en scène anglais Mike Leigh (Another year).

Un défi de plus pour nos deux réalisateurs qui, avec leurs films sur la transmission de savoirs père/fils perturbée par l’effort de guerre (Un homme qui crie n’est pas un ours qui danse) et sur les massacres du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata (Hors-la-loi), vont nous tenir en haleine lors de cette 63e édition.


Un député UMP en guerre contre le film "Hors-la-loi", sélectionné à Cannes

De Stéphanie LEROUGE (AFP) –

NICE — Le film du franco-algérien Rachid Bouchareb, "Hors-la-loi", fait déjà des vagues avant sa présentation au festival de Cannes, le député UMP Lionnel Luca dénonçant avant même de l'avoir vu une "falsification" de l'histoire dans son évocation du massacre de Sétif.

"Bouchareb est un partisan (...) un irresponsable qui met le feu aux poudres de manière insupportable", a déclaré jeudi le député des Alpes-Maritimes à l'AFP. "Autant +Indigènes+ (le précédent film de M. Bouchareb, ndlr) était dans un esprit positif de réhabilitation, autant celui-ci est dans un esprit négatif et négationniste. Ca ne va pas se passer comme ça", a-t-il menacé.

"Hors-la-loi", une production algéro-franco-belge en sélection officielle à Cannes sous pavillon algérien, retrace le parcours de trois frères ayant survécu aux massacres de Sétif de mai 1945 et qui, arrivés en France, s'engagent pour l'indépendance de l'Algérie.

Plusieurs milliers d'Algériens ont été tués au cours de ces massacres, déclenchés en répression de manifestations pro-indépendantistes dans l'est algérien qui avaient dégénéré et fait plus de cent morts parmi les Européens.

Une des ambitions du film est de "faire la lumière sur ce pan de l'histoire commune aux deux pays" et de "rétablir une vérité historique confinée dans les coffres", a affirmé au journal algérien "El Watan" le réalisateur, qui n'a pu être joint jeudi par l'AFP.

Mais avant même la projection du film, Lionnel Luca conteste vigoureusement la vision proposée par M. Bouchareb.

Le député, alerté par des interviews du réalisateur, et craignant que le film ne soit sélectionné sous les couleurs françaises à Cannes, avait saisi courant 2009 le secrétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens combattants, Hubert Falco.

Ce dernier avait demandé au service historique du ministère de la Défense (SHD) un "avis historique" sur le projet de M. Bouchareb.

Le général de division Gilles Robert, chef du service historique de la Défense, a passé au crible le scénario de "Hors-la-loi" et rendu en septembre un rapport, consulté par l'AFP, qui relevait des "erreurs et anachronismes (...) si nombreux et si grossiers qu'ils peuvent être relevés par tout historien".

Concernant les événements de Sétif il notait: "le réalisateur veut faire croire au spectateur que le 8 mai 1945 à Sétif des musulmans ont été massacrés aveuglément par des Européens, or, ce jour-là, c'est le contraire qui s'est produit (...) cette version des faits est admise par tous les historiens (...) c'est en réaction au massacre d'Européens du 8, que les Européens ont agi contre des Musulmans".

Le député se fonde sur ce rapport pour dénoncer une "falsification" de l'histoire par M. Bouchareb. "Mon intention n'est pas de contester que les Français aient commis un acte condamnable. Mais la veille, ils avaient été tirés comme des lapins!", a expliqué M. Luca.

Le député s'insurge aussi contre la manière dont Rachid Bouchareb ferait des "porteurs de valise" des "héros". Pour lui, ces sympathisants du FLN chargé du transport de fonds et de documents confidentiels à l'intérieur de la métropole sont des "traîtres".

M. Falco a demandé à voir le film, mais une projection prévue le 19 avril a été annulée par le producteur et le réalisateur, selon son entourage. Le ministère attend une autre date.

M. Bouchareb avait concouru à Cannes en 2006 avec "Indigènes", un film qui éclairait déjà un épisode de l'histoire douloureuse de la France et de ses colonies, et dont les acteurs avaient remporté un prix d'interprétation collectif.

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http://festival-de-cannes.parismatch.com/festival-de-cannes/2010/Actu/Hors-la-loi-chronique-d-une-polemique-annoncee-181066/

«Un film révisionniste, une falsification de l’histoire». Le député UMP Lionnel Luca, ne mâche pas ses mots à l’encontre du film de Rachid Bouchareb, «Hors-la-loi», sélectionné au prochain Festival de Cannes. En question, le massacre de Sétif du 8 mai 1945 et le poids de l’Histoire face à la création artistique.

Yannick Vely

Peut-on mettre du sel sur les plaies et exalter une idée de revanche, ferment de la guerre civile quarante après ? Pour Lionnel Luca, député UMP des Alpes-Maritimes, sur la foi du scénario du film, «Hors-la-loi» de Rachid Bouchareb, le réalisateur d’«Indigènes» est «révisionniste». «J’ai saisi le secrétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens combattants dès que j’ai eu connaissance du scénario. Celui-ci l’a transmis au service historique du ministère de la Défense (SHD) qui a confirmé que de nombreux faits sont erronés et réinterprétés», nous a-t-il expliqué. «Ce que je voulais avant tout c’est que le film ne soit pas dans la sélection officielle française. Le projet me dérange. Il ne représente pas la France mais l’Algérie, cela me convient. Je ne connais pas la nationalité de Rachid Bouchareb (il possède la double nationalité, française et algérienne, NDLR), mais cela n’est pas supportable».

«Une vision hémiplégique de l’histoire»

Que reproche ce professeur d’histoire de formation à «Hors-la-loi» ? Une vision partielle et surtout partiale des évènements du 8 et 9 mai 1945, à Sétif, quand les autorités françaises en Algérie ont réprimé dans le sang - le nombre des victimes sujet à controverse s’élèverait à 45000 selon les autorités algériennes - une véritable «chasse aux Français» comme le rappelle Lionnel Luca. «Le film rend hommage aux membres du FLN. Pour la France, ce sont des traîtres à la nation.», explique-t-il. «L’histoire est suffisamment douloureuse pour que l’on nous offre pas une vision hémiplégique de l’histoire». Pour ce spécialiste de la question tibétaine, on ne peut ni excuser «la réaction disproportionnée» des dirigeants de l’époque et du Général de Gaulle, ni occulter les raisons de celle-ci.

Dans une interview accordée à «El Watan», Rachid Bouchareb, le réalisateur des beaux «Little Sénégal» et «London River», a expliqué que le film «va sans doute rétablir une vérité historique confinée dans les coffres. Je voudrais, à travers le cinéma, mettre la lumière sur une partie de l’histoire commune des deux nations». «On va tout déballer à travers ce film !» prévient-il, en amont. Si Lionnel Luca ne conteste pas que l’on puisse raconter l’histoire d’un point de vue algérien, il estime qu’il a aussi le droit de s’élever contre les contre-vérités exprimées. «J’ai posé des questions sur le financement. Le film bénéfice d’une aide technique du Centre National de la Cinématographie, qui est presque automatique, mais pas d’une aide du gouvernement français», précise-t-il. Concédant qu’il n’a pas vu le film fini et qu’il souhaite que «Hors-la-loi» soit plus fin et plus juste dans sa représentation que son scénario ne le laisse supposer, le député UMP espère surtout que La Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie qui sera présidée par Claude Bébear sera rapidement mise en place, afin de mieux approcher la vérité et la réconciliation entre les peuples. «Car ce sont eux qui souffrent des décisions des dirigeants», conclut l’homme politique.


http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20100423165227/le-dernier-film-de-bouchareb-juge-negationniste-par-un-depute-francais.html

Le dernier film de Bouchareb jugé "négationniste" par un député français

23/04/2010 à 17h:45 Par La rédaction web de Jeune Afrique

Le réalisateur franco-algérien Rachid Bouchareb, en février 2009 au Festival du film de Berlin. © AFP

Le député français UMP des Alpes-Maritimes, Lionel Luca, fustige le caractère "négatif et négationniste" du dernier film du Franco-algérien Rachid Bouchareb, "Hors-la-loi", qui relate notamment le massacre de Sétif, en 1945. Un film que l’élu n’a pas encore vu, et qui sera présenté au prochain Festival de Cannes.

Pas encore projeté mais déjà contesté. Hors-la-loi, le dernier film de Rachid Bouchareb et qui sera en compétition pour la Palme d’or à Cannes, est déjà attaqué sur ses fondements historiques. La fronde vient du député UMP Lionel Luca qui – avant-même d’avoir vu le film – dénonce une « falsification » de l’histoire, en référence au passage évoquant le massacre de Sétif, en Algérie, en mai 1945.

« Bouchareb est un partisan (...), un irresponsable qui met le feu aux poudres de manière insupportable », s’est emporté le député des Alpes-Maritimes devant l'AFP. « Autant Indigènes (le précédent film de M. Bouchareb, NDLR) était dans un esprit positif de réhabilitation, autant celui-ci est dans un esprit négatif et négationniste. Ca ne va pas se passer comme ça », a-t-il menacé.

Hors-la-loi, produit avec des fonds algériens, français et belges, retrace le parcours de trois frères qui, après avoir survécu aux massacres de Sétif, partent en France et s'engagent pour l'indépendance de l'Algérie. Le 8 mai 1945, entre plusieurs milliers et plusieurs dizaines de milliers d'Algériens sont tués. Cette répression faisait suite à des manifestations pro-indépendantistes d’Algériens qui avaient dégénéré, et fait plus de cent morts parmi les Européens.

Le service historique de la Défense au rapport

Pour Rachid Bouchareb, il s’agit de « faire la lumière sur ce pan de l'histoire commune aux deux pays » et de « rétablir une vérité historique confinée dans les coffres », a-t-il confié au journal algérien El Watan. Le réalisateur avait déjà concouru à Cannes en 2006, pour Indigènes. Un film qui raconte la vie de quatre jeunes Algériens appelés au front pour libérer la France de l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Les acteurs du film avaient alors remporté un prix d'interprétation collectif.

Mais cette fois-ci, l’œuvre ne fait pas consensus. Ce sont des interviews du réalisateur et la crainte que Hors-la-loi ne soit sélectionné sous les couleurs françaises à Cannes (le film sera finalement en compétition sous pavillon algérien) qui ont poussé le député Lionel Luca à saisir, courant 2009, le secrétaire d'État à la Défense et aux Anciens combattants, Hubert Falco. Ce dernier avait alors demandé au service historique du ministère de la Défense (SHD) d’émettre un « avis historique » sur le projet de Rachid Bouchareb.

Après un examen attentif du scénario, le général de division Gilles Robert, chef du service historique de la Défense, a rendu son rapport en septembre. Il y relève des « erreurs et anachronismes (...) si nombreux et si grossiers qu'ils peuvent être relevés par tout historien ». Il indique ainsi que « le réalisateur veut faire croire au spectateur que le 8 mai 1945 à Sétif, des musulmans ont été massacrés aveuglément par des Européens. Or, ce jour-là, c'est le contraire qui s'est produit. (...) Cette version des faits est admise par tous les historiens. (...) c'est en réaction au massacre d'Européens du 8, que les Européens ont agi contre des musulmans ».

Bouchareb ferait des porteurs de valises des « héros »

Le député des Alpes-Maritimes s’appuie sur ce rapport et parle de « falsification » de l’histoire par le réalisateur. « Mon intention n'est pas de contester que les Français aient commis un acte condamnable. Mais la veille, ils avaient été tirés comme des lapins ! » a précisé Lionel Luca. Il accuse également Rachid Bouchareb de faire des « porteurs de valise » des « héros ». Pour lui, ces sympathisants du FLN chargé du transport de fonds et de documents confidentiels à l'intérieur de la métropole sont des « traîtres ». Ambiance… (avec AFP)


+  S U I S S E

http://www.lematin.ch/actu/monde/algerie-francaise-film-selectionne-cannes-accuse-negationnisme-266606

Mémoire

Algérie française: un film sélectionné à Cannes accusé de "négationnisme"

Image © Keystone

Le réalisateur Rachid Bouchareb

"On pensait la censure coloniale supprimée, mais non", "c’est navrant" écrit samedi le quotidien francophone algérien "El Watan" après l’accusation de "falsification" par un député français issu de la majorité présidentielle à propos du film "Hors-la-loi" du Franco-Algérien Rachid Bouchareb.

le 24 avril 2010, 13h36

LeMatin.ch & les agences

Le film, en sélection au festival de Cannes, évoque les massacres de Sétif de mai 1945 lorsque l’Algérie était encore française. Plusieurs milliers d’Algériens ont été tués au cours de ces massacres, déclenchés également à Guelma et Kherrata dans l’Est algérien, en répression de manifestations pro-indépendantistes qui avaient dégénéré et fait plus de cent morts parmi les Européens.

Lionnel Luca, député des Alpes Maritimes dans le sud-est de

la France

, "a apprécié le précédent (film de Bouchareb) "Indigènes" parce qu'il était "dans un esprit positif de réhabilitation, celui-ci est dans un esprit négatif et négationniste", rappelle "El Watan".

"Le bon indigène, chair à canon, passe encore, mais rien ne va plus pour le nationaliste exigeant la dignité (...) Tout à sa volonté de conserver la vindicte coloniale (...) le député voudrait écrire l'histoire comme il l'entend, refusant que Bouchareb considère les "porteurs de valises" comme des héros. A rebours de l'histoire, l'élu de

la République

les place du côté des "traîtres". Tout cela est bien navrant", dénonce le quotidien privé.

L’ambassadeur de France en Algérie alors en poste, Bernard Bajolet avait estimé en avril 2008 que le "temps de la dénégation" des massacres perpétrés par la colonisation en Algérie était "terminé", devant les étudiants de l’Université du 8 mai 1945 à Guelma. M. Bajolet avait qualifié d’"épouvantables massacres" la répression des manifestations d’Algériens à Sétif, Guelma et Kherrata et souligné "la très lourde responsabilité des autorités françaises de l’époque dans ce déchaînement de folie meurtrière".

En 2005 déjà, son prédécesseur, Hubert Colin de Verdière, avait affirmé que "le massacre du 8 mai 1945 était une tragédie inexcusable".

Selon les Algériens, cette répression, à laquelle avaient participé des milices de civils français, aurait fait 45.000 victimes. Du côté français, le bilan oscillerait entre 1500 et 8000 morts.


http://www.elwatan.com/Le-film-Hors-la-loi-de-Bouchareb

Le film Hors-la-loi de Bouchareb livré à la vindicte : Les sales restes de l’esprit colonialiste

Dans ce domaine de l’esprit colonialiste revêche, la chasse au Bouchareb, du nom du cinéaste franco-algérien Rachid Bouchareb, est ouverte. Le premier coup de feu a été tiré par un député UMP (vice-président du Conseil régional des Alpes-Maritimes, plutôt proche de l’extrême-droite revancharde).

Lyon (France). De notre correspondant 

Ce Lionnel Luca, spécialiste des coups fumeux, a dénoncé le contenu du long métrage Hors-la-loi présenté prochainement au Festival de Cannes, sans l’avoir vu, mais d’après des indiscrétions du genre investigations policières sur le scénario. On pensait la censure coloniale supprimée, mais non. Il juge que le film est une « falsification » de l’histoire dans son évocation du massacre de Sétif. S’il a apprécié le précédent Indigènes parce qu’il était « dans un esprit positif de réhabilitation, celui-ci est dans un esprit négatif et négationniste ». Le bon indigène, chair à canon, passe encore, mais rien ne va plus pour le nationaliste exigeant la dignité. On passera les détails de son argumentation qui nous ferait remonter aux années de guerre, mais tout à sa volonté de conserver la vindicte coloniale, alors que 50 ans bientôt seront passés depuis l’Indépendance, le député voudrait écrire l’histoire comme il l’entend, refusant que Bouchareb considère les « porteurs de valises » comme des « héros ». A rebours de l’histoire, l’élu de

la République

les place du côté des « traîtres ». Tout cela est bien navrant. Le même Luca fait partie des élus qui ont dénoncé cette semaine une photo d’un homme se torchant avec le drapeau français. Une photo primée par l’enseigne culturelle Fnac.

Dans son commentaire, toujours injurieux envers l’Algérie, il ose s’écrier sur le site Le Post : « C’est devenu de bon ton de s’en prendre aux symboles français, c’est même devenu politiquement correct ! La prochaine fois que son auteur fasse la même photo avec un drapeau algérien... Pour moi, l’auteur de cette photo est un pauvre type, il a juste fait de la provocation gratuite, c’est tout ! » Dans ces méandres nauséabondes, le ministre de l’Immigration et de l’Intégration, Eric Besson, est quant à lui le lauréat choisi par le collectif Sortir du colonialisme du prix du Colonialiste de l’année. La remise publique au ministre du « casque colonial », évidemment fictive, aura lieu le 27 avril à 11h devant le ministère de l’Immigration, rue de Grenelle, à Paris. Le collectif a estimé, en effet, que la « création d’un ministère chargé de l’immigration et de l’identité nationale est une honte pour

la France

… » Après le débat sur l’identité nationale, « désormais, il ne se passe pas une semaine sans qu’un élu de

la République

, un ministre, un responsable politique prononce des paroles de rejet et d’exclusion. Minarets, port du voile intégral, drapeaux dans les stades ; le débat est transformé en machine à exclure et à stigmatiser ». Enfin, « la politique d’immigration choisie se traduit par un pillage des cerveaux, qui s’ajoute à l’exploitation des ressources naturelles des pays d’immigration ».

Par Walid Mebarek


http://www.lexpressiondz.com/article/2/2010-04-25/75726.html

L’OEUVRE DE BOUCHAREB PROGRAMMÉE POUR LE 21 MAI

Un film sous haute surveillance à Cannes

25 Avril 2010 - Page : 24

La projection du film de Rachid Bouchareb au Festival de Cannes serait-elle menacée? C’est on tout cas l’impression que donne le début de polémique lancée par un partisan de l’Algérie française, le député UMP, Lionel Luca. Une avant-première du film qui devait avoir lieu le 19 avril a été annulée par le réalisateur à la demande des producteurs. La direction du Festival de Cannes vient, par ailleurs, de programmer le film le vendredi 21 mai, soit un jour avant la clôture du Festival et cela pour éviter de perturber le cours du Festival international.

Déjà, la direction conduite par Gilles Jacob avait difficilement accepté de sélectionner le film de Bouchareb sous le pavillon algérien. Pour faire taire les contestataires du Front de la droite (l’UMP venait de gagner les régionales à Cannes), elle a dû sélectionner un film qui n’est pas destiné au Festival Des hommes et de dieux de Xavier Beauvois qui fait référence aux moines de Tibhirine. Selon un connaisseur de

la Croisette

, c’est pour faire l’équilibre.

Car le Festival de Cannes est connu pour être un grand défenseur des causes des pays du tiers-monde. À l’inverse des médias, le plus grand festival du monde, a consacré des pays très critiqués par la classe politique française, comme l’Iran,

la Turquie

,

la Chine

ou encore à des degrés moindres, l’Algérie. Mais cet espace est surtout ouvert à la question des élections libres dans les pays cités, pas à leur cinéma étatique.

La situation de Bouchareb a été vécue il y a quelques années par la projection du film

la Bataille

d’Alger de Gillo Pentecorvo à Cannes en 2004, quand un groupe de pieds-noirs et d’anciens de l’Algérie française sont venus perturber la projection du film produit par Yacef Saâdi.

Le film a été projeté en France après plus de 40 ans de censure. Cette fois encore, la projection d’un film algérien sur la guerre d’Algérie va être organisée sous haute protection, pour éviter que des agitateurs viennent perturber la fête.

Le député de l’UMP avait fait campagne pour que le film ne soit pas sélectionné sous les couleurs françaises à Cannes en saisissant, courant 2009 le secrétariat d’État à

la Défense

et aux Anciens combattants. Il avait demandé au service historique du ministère de

la Défense

(SHD) un «avis historique» sur le projet de M.Bouchareb. En réalité, les experts militaires français n’admettent pas la version algérienne sur les massacres de Sétif et surtout le chiffre avancé de 45.000 morts. D’un autre côté, la projection du film la veille de la clôture du Festival est un mauvais signe pour le réalisateur.

Puisqu’il n’aura pas le même impact dans les médias et sa projection risque de passer inaperçue. Pour le moment, le film brille plus par la polémique que par son contenu. Une polémique médiatique que n’a pas vécue le film de Mohamed Lakhdar Hamina, Chronique des années de braises qui a remporté

la Palme

d’or en 1975.

A l’époque, le film a été surtout critiqué dans son pays par le journal El Moudjahid, qui lui a consacré un article virulent.

Aujourd’hui, avec la télévision, les médias électroniques, cela peut influencer le choix ou l’avis des jurys, même si ces derniers sont installés dans un bunker: le plus prestigieux hôtel à Cannes.

Adel MEHDI


http://www.lexpressiondz.com/article/3/2010-04-26/75733.html

MUSTAPHA ORIF, COPRODUCTEUR EXÉCUTIF DU FILM HORS

LA LOI

,

À L’EXPRESSION

«On espère qu’il aura un prix!»

26 Avril 2010 - Page : 21

Ayant vu le film, le directeur de l’Agence du rayonnement culturel (Aarc), un des producteurs du long métrage Hors la loi, de Rachid Bouchareb, répond à nos questions concernant l’attaque dont fait l’objet aujourd’hui son film qui suscite déjà une vive polémique de l’autre côté de

la Méditerranée. Un

film qui fera certainement du bruit du côté de

la Croisette

, en mai prochain.

L’Expression: En tant que premier responsable de l’Aarc, producteur exécutif du film Hors la loi de Rachid Bouchareb, que répondez-vous aux attaques du député français, Lionel Luca de l’UMP, qui accuse le film d’être révisionniste et «négationniste» quant au récit des événements qui se sont déroulés en Algérie en mai 1945?

Mustapha Orif: Je n’étais pas du tout au courant de cette affaire. J’ai entendu une certaine rumeur, par contre, selon laquelle certains députés étaient contre le fait que le film ait été sélectionné à Cannes. Mais je n’en sais pas plus sinon. De toute façon, c’est un film qui a une très grande valeur artistique. Son réalisateur Rachid Bouchareb est un cinéaste reconnu. Je suppose que si son film a été retenu par les dirigeants du festival c’est parce qu’il mérite de faire partie de la sélection officielle aux côtés des autres films en compétition. A mon avis, il ne faut l’appréhender que sous cet angle-là. Il est évident que la manière de récupérer ces films sur un plan politique, arrive systématiquement dans beaucoup de festivals pour certains films. Pas pour tous. Mais bon, c’est une affaire qu’il faudra gérer et y répondre à la mesure de la manière dont les choses vont être prises. De toute façon, on part avec l’idée que ce film est un très beau film. On espère qu’il aura un prix. Ce sera à la fois à l’honneur de Rachid Bouchareb, de l’Algérie et des partenaires du film, qui ont pris part à son financement et à sa production.

En fait, ce député UMP aurait lu le scénario et aurait préféré que le film ne passe pas en compétition officielle car jugé inadéquat avec les faits historiques, d’après lui.

C’est le point de vue d’un politique. C’est un film. Il faut le prendre tel quel et rien d’autre. Il ne s’agit pas d’ajouter plus de commentaires là-dessus. C’est un commentaire politique sur un produit culturel et artistique. Il faut à mon avis l’appréhender sous l’angle artistique. C’est la seule méthode et la seule manière de l’appréhender correctement.

Vous qui avez eu accès aux rushes et à une bonne partie du film, qu’avez-vous vu justement et concrètement?

J’ai vu le film comme les autres producteurs. C’est un film qui mérite amplement le fait d’avoir été sélectionné. Pourquoi? Car d’un point de vue historique et la manière dont est narré un épisode particulier de l’histoire de notre pays, il est fait de la manière la plus correcte, avec beaucoup de retenue et en même temps beaucoup de dignité et de respect par rapport à l’histoire. Rachid Bouchareb a interrogé beaucoup de gens, de témoins et d’historiens. De ce point de vue, je ne pense pas du tout qu’il se soit écarté de la réalité historique. C’est un très bon film. D’un point de vue artistique - c’est le mien, vous me direz c’est parce que je suis un des producteurs que je pense que c’est un bon film- Je pense objectivement que c’est un bon film.

Rachid Bouchareb a une filmographie assez éloquente. Il a montré avec d’autres films qui ont été faits sur d’autres registres qu’il pouvait s’exprimer très correctement, qu’il avait un langage cinématographique qui lui était propre. C’est un cinéaste qui a un langage, une écriture qui méritent notre attention et toute l’attention du public.

Le secrétaire d’Etat français à

la Défense

et aux Anciens combattants, Hubert Falco, croit-on savoir, a demandé à voir le film, mais une projection prévue le 19 avril dernier a été annulée par le producteur du film et Rachid Bouchareb. Pourriez-vous nous éclairer davantage sur cette affaire?

Je ne suis pas au courant de cette projection. A mon avis, - c’est une supposition - Si Rachid Bouchareb n’a pas voulu donner suite, c’est parce que le film n’était peut-être pas encore tout à fait prêt. Car, il l’a été tout juste au moment où il a fallu le montrer au comité de sélection du festival. Vous savez, il y a un film d’un cinéaste américain qui n’a pas pu être sélectionné parce qu’il n’était pas terminé. C’est classique pour les films qui se présentent en compétition dans les festivals. Il y a des films qui ne sont pas terminés parce qu’il y a des exigences des réalisateurs qui font que, entre le programme qu’on se fixe et à l’arrivée, il y a des choses pour lesquelles le réalisateur n’est pas satisfait et préfère le terminer de n’importe quelle manière.

Une certaine presse française a porté ses attaques sur la nationalité du film du fait qu’il soit placé sous la bannière algérienne...

C’est un film qui se présente effectivement sous la bannière algérienne tel que l’a voulu Rachid Bouchareb. Parce qu’en grande partie, il est financé par des coproducteurs algériens. D’accord? Mais c’est aussi un film français, belge et tunisien. C’est une coproduction qui fait, qu’aujourd’hui, à partir d’une certaine hauteur, un film est financé par plusieurs parties parce que ce n’est pas possible pour un producteur de financer un film à lui tout seul. Encore une fois, c’est une attaque qui n’a aucun fondement. C’est un film qui a été sélectionné par les gens du festival de par sa qualité artistique et je pense que tout le reste n’a aucun intérêt.

On croit savoir que le film Hors la loi va être projeté à la fin du festival. Pourquoi selon vous?

Vous savez, le comité du festival est tout à fait souverain, à la fois pour sélectionner les films et les programmer. Il n’est pas tenu de programmer un film selon le souhait du réalisateur et du producteur. Le film passe en compétition officielle entre le 12 et le 23 mai. A mon avis, il n’y a aucune raison particulière pour que le film passe à telle ou telle date. Ce sont des conditions strictement internes au comité du festival.

Il y a un autre film qui va certainement aussi faire beaucoup parler de lui, car lié à l’Algérie; aux côtés de Hors la loi, c’est Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois..

C’est dans la nature des festivals de montrer des films différents tant sur le plan du fond, du contenu que de la manière de filmer. Cela ne m’inquiète pas outre mesure. C’est un film qui a été sélectionné. Il sera jugé de la même manière que les autres films et sur sa qualité. Je ne l’ai pas vu. Il faudra l’appréhender de la même façon que les autres films. Je suppose qu’il a des qualités, c’est pourquoi il a été sélectionné. On verra au palmarès!

Entretien réalisé par O. HIND


http://www.midilibre.com/articles/2010/04/29/A-LA-UNE-Le-depute-Aboud-contre-le-film-de-Bouchareb-1208727.php5

Édition du jeudi 29 avril 2010

- Hérault - Le député Aboud lance une croisade contre le film de Bouchareb, diffusé au festival de Cannes

Elie Aboud, le député biterrois (UMP), et son collègue Lionnel Luca des Alpes-Maritimes), viennent de saisir le Premier Ministre, François Fillon, et le secrétaire d’Etat à

la Défense

et aux Anciens combattants, Hubert Falco, pour protester contre la part de financement public du film Hors la loi du réalisateur franco-algérien Rachid Bouchareb, sélectionné pour le Festival de Cannes (12-23 mai).

Dans cette nouvelle production, l’auteur d’Indigènes, évoque les massacres du 8 mai 1945 à Sétif. Elie Aboud, qui dit n’avoir pas lu le scénario, fait état de « fuites » selon lesquelles « ce film entâche de façon très violente la présence de

la France

en Algérie et fait la promotion du FLN… En tant que député je n’ai pas à juger du contenu d’une oeuvre culturelle, mais dans la mesure où ce film bénéficie d’une subvention du Centre national du cinéma, le député a un droit de regard. Je n’admettrai pas qu’on utilise de l’argent public pour insulter

la République.

» Pour sa part, Lionnel Luca estime qu’il s’agit « d’un film anti Français ».

Président du groupe parlementaire d’études sur les rapatriés, Elie Aboud craint que le film « attise les haines au moment où nous allons lancer – en juin – une fondation pour la mémoire apaisée entre le France et l’Algérie. »

En fait d’apaisement, le festival de Cannes risque plutôt d’être perturbé. Déjà un groupe proche de l’extrême droite (selon lefigaro.fr) a créé un comité "Pour la vérité historique-Cannes 2010". Et le réseau internet fourmille de commentaires critiques sur la démarche d’Elie Aboud. Tout est en place pour une nouvelle confrontation… toutes plaies ouvertes. Avec un ministre de

la Culture

, Frédéric Mitterrand, et un chef de la diplomatie, Bernard Kouchner, que l’on imagine déjà dans leurs petits souliers…

Patrick NAPPEZ


http://www.mediapart.fr/club/blog/m-challali/300410/hors-la-loi-sur-le-8-mai-1945-en-algerie

Hors-la-loi »: sur le 8 mai 1945 en Algérie

30 Avril 2010 Par M. CHALLALI

Un étrange communiqué où se dresse un comité «Pour la vérité historique - Cannes 2010» veut créé et entreprendre des actions spectaculaires contre la présence du dernier film Hors-la-loi, sur les événements de mai 1945, en Algérie, du réalisateur, Rachid Bouchareb, à Cannes.

La « décision du Jury de sélection du Festival » concernant la présence à Cannes de ce film, du réalisateur franco-algérien est considérée « comme une véritable provocation à domicile ».

Dans ce communiqué de presse publié par le site vraisemblablement proche du Front national, nationproinfo, le dit comité souhaite organiser «la grande manifestation patriotique française à Cannes», lance un appel aux parlementaires, aux élus, aux anciens combattants, aux harkis, aux pieds-noirs et aux sympathisants, pour se rassembler par milliers sur la « Croisette du 12 mai au 23 mai 2010 » afin de demander à ce que les lois françaises soient appliquées en France «contre l’apologie du terrorisme et des crimes contre l’Humanité».

Fidèle à la coutume menaçante de l'extrême droite et de nostalgiques colonialistes de l’Algérie française le document donne dors et déjà le ton «Cette machine à façonner l’opinion française a commencé avec la réalisation du film, Indigènes. Film palmé au Festival de Cannes 2006 et soutenu ensuite par un flot de publicité et de critiques élogieuses des médias et, cerise sur le gâteau, diffusé par DVD dans les établissements scolaires pour son message pédagogique !»

Ce communiqué souligne que «ce film algérien, réalisé par l’auteur d’Indigènes est avant tout un film de propagande politique pour le compte de ceux qui l’ont commandité et financé, un véritable complot contre

la France

, son histoire, sa présence et son œuvre en Algérie », on dénonçant « une organisation cinématographique qui a profité de fonds publics français complétés par ceux d’un mécénat idéologique d’entrepreneurs dévoués à la cause. Il n’aurait jamais dû bénéficier du tremplin publicitaire et médiatique que va lui offrir une institution française, le Festival de Cannes, où il sera présenté quelques jours à peine après sa sortie officielle en Algérie ». Alors pour faire échec à ces complots et propagandes « Oui, nous devons tous nous retrouver sur

la Croisette

dès le 12 mai et jusqu’au dernier jour peut-être, le 23, pour la remise des trophées. Avec nos affiches, nos banderoles, nos slogans nous pouvons pourrir ce Festival pour dénoncer cette machination politique qui va se dérouler sous couvert d’un évènement culturel de renommée mondiale ».

Ce comité s’attaque aussi bien aux politiques qu’aux diplomates français: «Depuis plus de 2 ans, nos ambassadeurs en Algérie, les voix de ministres, de parlementaires en mission dans ce pays, et même celle du président de

la République

orientent le discours officiel français vers les exigences du FLN qui a annoncé récemment toute une série de mesures d’intimidation sur ce sujet».

Il s’attaque aussi au réalisateur Rachid Bouchareb en déclarant: «Cette machine à façonner l’opinion française, (...) aux invraisemblances historiques, en ajoutant: Pour le film Hors la loi, c’est le même scénario qui se prépare pour faire maintenant accepter aux Français les exigences de repentance du pouvoir algérien.»

Il cible également les producteurs français du film: «Ce film algérien, réalisé par l’auteur de Indigènes est avant tout un film de propagande politique pour le compte de ceux qui l’ont commandité et financé, un véritable complot contre

la France

, son histoire, sa présence et son œuvre en Algérie. C’est une organisation cinématographique qui a profité de fonds publics français complétés par ceux d’un mécénat idéologique d’entrepreneurs dévoués à la cause ».

De quoi s'agit-il en fait ?

Hors-la-loi, une production algéro-franco-belge en sélection officielle à Cannes sous pavillon algérien, retrace en effet le parcours de trois frères ayant survécu aux massacres de Sétif de mai 1945 et qui, arrivés en France, s'engagent pour l'indépendance de l'Algérie.

Tourné effectivement dans le prolongement d'Indigènes le film revient en outre sur la sanglante répression du 8 mai 1945 dans l’est algérien, à l’heure même où

la France

en liesse célèbre l’armistice. Pour toile de fond, la fin de la guerre d’Indochine avec la défaite française de Diên Bên Phu, la guerre d 'Algérie et

la Bataille

de Paris qui culmine avec 17 octobre 1961, à moins de six mois avant le cessez-le-feu en Algérie.

Hors-la-loi est produit par Tessalit Productions, bénéficiant d’une avance sur recettes du Centre National de

la Cinématographie

(CNC, France) et d’un pré achat de Canal +. Il a été coproduit par France 2 Cinéma et France 3 Cinéma, Tassili (Algérie), le ministère de

la Culture

, l’Agence Algérienne pour le Rayonnement Culturel (AARC), l’Etablissement Public de Télévision (EPTV), le ministère des Moudjahidines (Algérie) et Novak productions (Belgique).

Un film pour « faire la lumière sur ce pan de l'histoire commune aux deux pays et de rétablir une vérité historique confinée dans les coffres », a affirmé son réalisateur au journal El Watan.

Tout en se gardant de toutes critiques infondées et de toute gloriole insensée, puisque le film n'est pas encore dans les salles, on peut tout même dire que cette dernière réalisation de Bouchareb promet de sérieux débats autour de ce tragique événement, de cet événement sanglant, d'un côté comme de l'autre d'ailleurs. Du côté algérien comme européen. Des milliers de morts du côté algérien des centaines du côté européen. Débattre. Échangé. Même si ce n'est que cela la production en question nous aurait permis d'aller chercher et voir de près.

Pour qu'enfin s'ouvrent les armoires, livres, documents de mémoires. Pour comprendre et sortir du brouillard. Finir avec cette lecture littérale, simpliste et cachotière de l'histoire dont, en réalité, en hauts lieux des deux rives, chacun se contente de son côté.

Pour qu'enfin, d'une part, avoir cette force de l'ambassadeur de France à Alger, M. Bajolet, qui avait qualifié d'«épouvantables massacres » la répression des manifestations d'Algériens à Sétif, Guelma et Kherrata justement et souligné « la très lourde responsabilité des autorités françaises de l'époque dans ce déchaînement de folie meurtrière ». Ou encore la dignité de son prédécesseur, Hubert Colin de Verdière, qui en 2005 déjà, avait affirmé que « le massacre du 8 mai 1945 était une tragédie inexcusable ». Et de l'autre, cesser d'instrumentaliser l'histoire du combat du Peuple qu'il a mené pour sa dignité. Cesser de faire de ces demandes incessantes, récurrentes et risibles de repentance une légitimité pour s'arroger le droit de régner éternellement sur le pays. Aucun ne peut penser aujourd'hui que Larbi Ben M'hidi ou Abane Ramedane et, tant bien d'autres, capables, de formuler une telle demande ou de l'attendre.


http://www.staragora.com/news/cannes-2010-hors-la-loi-premiere-polemique-du-63eme-festival/393539

Cannes 2010 "Hors la loi" : première polémique du 63ème Festival

mis en ligne a 19:30:37 30/04/2010

Hors

la Loi

, le dernier film de Rachid Bouchareb, est en compétition pour la 63e édition du Festival de Cannes. Ce film franco-algérien suscite une vive polémique parmi certains élus qui y voient une "falsification de la vérité".

Après la consécration d'Indigènes, le retour de Rachid Bouchareb est très attendu.

En 2007, à Cannes, le film reçoit le prix d'interprétation masculine remis collectivement aux acteurs Sami Bouajila, Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem et Bernard Blancan.

Hors-la-loi, son dernier film sera en compétition au 63e Festival de Cannes qui débute le 12 ami prochain.

Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'en plus de susciter un vif intérêt, ce film est déjà au cœur d'une vive polémique...

Hors-la-loi, c'est la suite du film Indigènes. On retrouve Messaoud, Saïd et d'autres anciens combattants en Algérie.

Survivants des massacres de Sétif en 1945 en Algérie, ils fuient vers

la France

et s’engagent dans la révolution.

La bataille de Paris, manifestation sanglante qui oppose le FLN à la police française, le 17 octobre 1961 va "les broyer, les déchirer pour conquérir le droit d’être des hommes à part entière".

Sont présents au casting :  Bernard Blancan, Rachid Bouchareb, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Jamel Debbouze, le mari de Mélissa Theuriau.

Petit problème, le récit des événements ayant conduit à l'indépendance de l'Algérie, vu par Rachid Bouchareb ne plaît pas à tout le monde.

Certains élus apparentés de droite et d'extrême droite ont trouvé quelque chose à redire à cette suite d'Indigènes.

Lionnel Luca, député UMP des Alpes Maritimes, estime par exemple que Hors-la-loi est une : "falsification des événements qui ont mené au massacre de Sétif".

Pour rappel, le massacre de Sétif a eu lieu le 8 mai 1945. La mort d'un Algérien, lors des célébrations de la fin de

la Seconde Guerre

mondiale, avait déclenché des émeutes réprimées par l'armée française.

Selon les historiens, qui ne s'entendent toujours pas sur la question, il y aurait eu de 15 000 à 50 000 victimes.

En plein débat sur l'identité nationale, la burqa et on en passe, nul doute que le nouveau film de Rachid Bouchareb remuera le couteau dans une plaie encore trop vive....

Pourtant, personne n'a encore vu le film de Rachid Bouchareb qui sera présenté en premier lieu à Cannes.

Hors-la-loi sortira en salle le 22 septembre 2010. Alors, pour tous ceux qui n'ont pas la chance d'aller au Festival de Cannes, présidé par l'immense Tim Burton cette année, prenez votre mal en patience...

Crédit : Youtube/ London River


http://www.france24.com/fr/20100501-bouchareb-accuse-falsifier-histoire-son-film-hors-loi-selection-festival-cannes-algerie

Dernière modification : 01/05/2010 

- Algérie - Cannes 2010


Bouchareb accusé de falsifier l’Histoire dans son film "Hors-la-loi"

Sélectionné à Cannes, le dernier long-métrage du réalisateur franco-algérien Rachid Bouchareb, "Hors-la-loi", provoque une vive polémique. Un député de l’UMP dénonce une version "anti-française" du massacre de Sétif en 1945.

Par FRANCE 24 (texte)

Paillettes, tapis rouge, et polémiques. Comme les années précédentes, la 63e édition du Festival de Cannes s’annonce haute en couleur. Après la controverse provoquée par la sélection en compétition de "Soleil trompeur 2", du réalisateur pro-Poutine Nikita Mikhalkov, c’est au tour du dernier film du réalisateur franco-algérien Rachid Bouchareb d’agiter les esprits. "Hors-la-loi", qui revient sur le massacre de Sétif en

1945, a

, avant même l’ouverture du Festival, été taxé d’"anti-français" et de "révisionniste" par le député UMP Lionnel Luca.

Le député des Alpes-Maritimes, qui n’a pourtant pas vu le film, n’a pas mâché ses mots pour qualifier le long-métrage de Bouchareb, accusant le réalisateur de "falsifier l’Histoire". "Bouchareb est un partisan, [...] un irresponsable qui met le feu aux poudres de manière insupportable", a dénoncé l’homme politique, réputé pour son franc-parler.

"Hors-la-loi" s’intéresse aux conséquences du massacre de Sétif perpétré en Algérie française le 8 mai 1945. Ce jour-là, alors que

la France

fête sa libération et la fin de

la Seconde Guerre

mondiale, des manifestations contre l’occupation française éclatent en Algérie et sont violemment réprimées par l’armée française. Le bilan - qui suscite toujours de vifs débats - est lourd : des milliers d’Algériens et des centaines de pieds-noirs sont tués.

Le long-métrage suit l’histoire de trois frères algériens (incarnés par Jamel Debbouze, Sami Bouajila et Roschdy Zem), survivants du massacre de Sétif. Ils décident de quitter leur terre natale pour

la France

où ils s’engagent dans le combat pour l’indépendance de l’Algérie. Dans un entretien accordé au quotidien algérien "El Wata"n en juin 2009, Rachid Bouchareb affirme avoir voulu "faire la lumière sur une partie de l’histoire commune des deux nations" et "rétablir une vérité historique confinée dans les coffres".

"Erreurs et anachronismes"

Alerté par les propos du cinéaste dans les médias, Lionnel Luca a commandé en 2009 un "avis historique" sur le film au ministère de

la Défense. Après

avoir passé le film au crible, le service historique du ministère avait qualifié le scénario de ramassis "d’erreurs et d’anachronismes si grossiers qu’ils peuvent être relevés par tout historien".

Selon le rapport, "le réalisateur veut faire croire au spectateur que le 8 mai 1945, à Sétif, des musulmans ont été massacrés aveuglément par des Européens. Or, ce jour-là, c'est le contraire qui s'est produit [...]. Cette version des faits est admise par tous les historiens (...]. C'est en réaction au massacre d'Européens qu'ils ont agi contre des musulmans".

Au Festival de Cannes, "Hors-la-loi" ne représentera pas

la France

, mais l’Algérie - au grand soulagement de Lionnel Luca. Une décision toutefois surprenante puisque Rachid Bouchareb, et les trois acteurs principaux, Jamel Debbouze, Roschdy Zem et Sami Bouajila, sont tous nés en France et font incontestablement partie des stars du cinéma français.

"M. Bouchareb a le droit de raconter ce qu’il pense être vrai, mais je ne voulais pas que ce film soit considéré comme français, explique Lionnel Luca à FRANCE 24. Sa vérité n’est pas la vérité de

la France.

"

Contactés par FRANCE 24, ni le comité de sélection du Festival ni Rachid Bouchareb n’ont souhaité s’exprimer.

Rachid Bouchareb avait, en 2006, obtenu

la Palme

d’or pour "Indigènes", l’histoire de jeunes soldats nord-africains engagés dans l’armée française pour combattre l’Allemagne nazie pendant

la Seconde Guerre

mondiale.

Vendredi, Lionnel Lucas confiait à FRANCE 24 avoir beaucoup apprécié "Indigènes" pour son "esprit pacifiste".


http://www.profencampagne.com/article-hors-la-loi-au-pays-de-l-histoire-officielle-49587890.html

Samedi 1 mai 2010 6 01 /05 /2010 10:42

«Hors la loi»: au pays de l'histoire officielle...

On aurait tort d'en rire, tant ces politiques-là sont potentiellement meurtrières. Des politiques qui font le tri entre les hommes. Qui les sélectionnent, les hiérarchisent et les choisissent, en acceptent quelques-uns pour en exclure une majorité, distinguent les bons et les mauvais, ceux que l'on sauve et ceux que l'on rejette. Ainsi des indigènes sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Les bons, ce sont ceux qui sont prêts à mourir pour

la France

, au sens propre hier quand ils nous servaient de chair à canon, au sens figuré aujourd'hui quand ils acceptent de s'oublier en s'assimilant. Les mauvais, ce sont ceux qui ne renoncent pas à être eux-mêmes, en revendiquant leur indépendance nationale hier, en défendant leur différence dans

la France

plurielle aujourd'hui.

En 2006, à Cannes, les premiers étaient fêtés. Cinq d'entre eux, sur la scène du Festival, entonnèrent même un inoubliable «C'est nous les Africains qui revenons de loin / Venant des colonies pour sauver la patrie». Les acteurs Jamel Debbouze, Roschdy Zem, Samy Naceri, Sami Bouajila et Bernard Blancan fêtaient ainsi leur prix collectif d'interprétation masculine dans le film de Rachid Bouchareb justement intitulé Indigènes. Un film qui nous rappelait qu'une bonne moitié des effectifs des Forces françaises libres (FFL) qui, avec

la Résistance

intérieure, sauvèrent

la France

de la déchéance pétainiste, venaient en effet des colonies, consentant un sacrifice auquel nombre de Français supposés «de souche» furent alors étrangers.

Quant aux seconds, les mauvais indigènes, voici venu, quatre ans après et à rebours de cette réconciliation cinématographique autour d'un passé commun à

la France

et à ses anciennes colonies, le temps de leur régler leur compte puisque, depuis 2007, la voie est libre, l'exemple venant d'en haut, de la présidence en ses sommets élyséens. Le problème, c'est que ce sont les mêmes. Tout comme, dans l'histoire réelle, les colonisés qui avaient participé au combat contre le nazisme furent les premiers à espérer que les idéaux pour lesquels ils s'étaient battus leur seraient reconnus enfin, dans leurs propres pays: liberté, égalité, fraternité, tout simplement, sans partage d'origine, de race, de peau, de naissance, de fortune, d'identité, etc.

Avec Hors la loi, Rachid Bouchareb raconte en effet la suite d'Indigènes, autour de l'histoire de trois frères algériens installés en France. Et le point de départ du film est l'événement qui symbolise l'immense déception des peuples colonisés par

la France

à l'issue de

la Seconde Guerre

mondiale: le 8 mai 1945, à Sétif et Guelma, en Algérie, dans le nord-constantinois. En ce jour resté comme la date historique de la victoire des Alliés contre l'Allemagne nazie, le défilé de joie libératrice tourne au drame sanglant: rassemblés en fin de cortège, les nationalistes algériens sont sommés par les représentants de l'ordre colonial de ranger leurs calicots et pancartes; la manifestation tourne à l'émeute, avec des violences contre la population européenne; la répression qui suit contre les Algériens est d'une violence inouïe, notamment de bombardements aériens contre les populations civiles, sans proportion avec l'événement déclencheur.

«En vérité, la guerre d'Algérie a commencé le 8 mai 1945», écrit l'historienne Annie Rey-Goldzeiguer dans l'un des ouvrages de référence sur ces événements, livre qui est aussi l'aboutissement d'une vie puisque elle-même était, au moment des faits, jeune étudiante à Alger. On y trouve le décompte précis des pertes européennes: cent deux (ou cent trois) tués, cent dix blessés et dix viols. S'agissant des pertes algériennes, pour lesquelles les estimations vont de 1.340, chiffre minime donné à l'époque par le gouvernement général de la colonie, à 80.000, selon le quotidien algérien El Moudjahid en 1985, Annie Rey-Goldzeiguer conclut, après une enquête minutieuse: «La seule affirmation possible, c'est que le chiffre dépasse le centuple des pertes européennes [donc plus de 10.000 morts parmi les Algériens] et que reste, dans les mémoires de tous, le souvenir d'un massacre qui a marqué cette génération.»

Pour elle-même, écrivait-elle en 2002, ce sera «la ruine de mes illusions»: «Je croyais au monde du contact et à son avenir qui devait être débarrassé du chancre raciste, ouvert à tous les hommes de bonne volonté, capable d'un dynamisme, de l'altérité pacifique, laïque et démocratique. Les chapelets de bombes sur

la Petite Kabylie

, les bruits sourds des canons de marine, la panique d'être égorgée pour un combat qui n'était pas le mien, cette atmosphère de fin du monde à Alger, tout me prouvait mes erreurs de jugement. Ce Maghreb où j'étais née (en Tunisie) ne pouvait être le mien: je ne pouvais qu'aider ceux qui revendiquaient leur patrie; en partant, je ne désertais pas un combat perdu d'avance, je me devais d'éclairer ma patrie de naissance,

la France

, et de mener là-bas un combat nouveau pour l'indépendance de l'Algérie.»

Suite et fin ici: http://www.mediapart.fr/journal/france/300410/hors-la-loi-au-pays-de-lhistoire-officielle (par abonnement)


2 mai 2010 12h30

La polémique sur "Hors-la-loi" doit rester "à hauteur du débat d'idées", selon Thierry Frémaux

(AFP) –PARIS — "Si la polémique reste à hauteur du débat d?idées, nul ne doit s?en plaindre", estime Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes en réaction à l'accusation de "falsification" de l'Histoire que s'attire, avant même d'avoir été projeté, le film "Hors-la-loi".

Signé par le cinéaste Rachid Bouchareb, ce long métrage qui représente l'Algérie en compétition au 63e festival (12-23 mai) suit, de la fin des années 1930 à l'indépendance algérienne en 1962, le destin de trois frères à travers la tumultueuse histoire commune aux deux pays.

"Si la polémique reste à hauteur du débat d’idées, nul ne doit s’en plaindre, ni ceux qui ont produit le film, ni ceux qui s’en font les adversaires. Dans les deux cas, que la liberté d’expression s'exerce pleinement, c'est tant mieux", a déclaré Thierry Frémaux dimanche à l'AFP.

"Mais pour l’instant, les jugements portés sur « Hors-la-loi » ne concernent que le scénario, pas l'oeuvre achevée. « Et je salue la sagesse du ministre de

la Culture

qui, n’ayant pas vu le film, ne s’est pas exprimé sur le sujet », a-t-il poursuivi.

Le député UMP des Alpes-Maritimes, Lionnel Luca, qui n'a pas vu "Hors-la-loi", l'a accusé de "falsifier" l'Histoire sur la base d'un bref avis émis, à partir d'un scénario provisoire, par le service historique du ministère de

la Défense

(dont l'AFP a eu copie) lequel relève des anachronismes. La même accusation parcourt des sites d'extrême droite.

Thierry Frémaux se félicite néanmoins que Cannes puisse contribuer au travail de mémoire sur des évènements douloureux de l'Histoire.

"L’art ne se résume pas à échanger des mots d’amour, il contribue aussi à visiter la grande et les petites histoires. Cannes est là pour servir le cinéma et accueillir les débats qui vont avec", dit-il.



"Mais il est fréquent qu’on instrumentalise le festival. C’en est presque une tradition ! Sa notoriété est telle que cela peut se révéler efficace. Si c’est pour discuter, voire se disputer, pourquoi pas ? Pour s’affronter et s’invectiver, non".

"Nul ne laissera le festival être troublé outre mesure par une controverse excessive. La première mission du festival est de montrer des films, de donner un instantané de la création, de se faire l’écho des metteurs en scène", conclut le délégué général.

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http://www.tsa-algerie.com/diplomatie/belkhadem-denonce-la-campagne-contre-le-film-hors-la-loi_10539.html

Belkhadem dénonce la campagne contre le film « Hors-la-loi » en France

Merouane Mokdad

Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du FLN et représentant personnel du président de

la République

, a dénoncé, dimanche 2 mai, les attaques en France contre le film « Hors-la-loi » de Rachid Bouchareb. Ce film représentera l'Algérie à la prochaine édition du Festival de Cannes dont l’ouverture est prévue le 12 mai 2010. 

« C’est une campagne enragée menée contre tout ce qui relève de vérités historiques et qui condamne les crimes du colonialisme contre le peuple algérien », a-t-il  déclaré lors d’une cérémonie au siège du parti à l’occasion de

la Journée

mondiale de la liberté de la presse.

« Qu’en penseront ces inconscients si nous ouvrions nos archives pour dévoiler ce qu’a fait la colonisation de peuplement en Algérie ? Ce qu’ils ont fait ? De l’extermination organisée, la torture, l’effacement des signes de l’identité...Ils ne pourront pas changer l’histoire. Ni la génération de Novembre, ni les générations qui viendront après ne l’oublierons. La page ne sera pas déchirée », a-t-il ajouté.

M. Belkhadem a relevé que les 132 ans d’occupation française de l’Algérie étaient marquées par des attaques au napalm, des assassinats avec des gaz toxiques, de l'appauvrissement des populations, les maladies, les déportations... « Ces pratiques et les drames qu’elles ont entrainés sont marqués à jamais dans la mémoire des générations. C’est un héritage national et qui ne va pas s’estomper sauf si l’on reconnaisse le crime, l’on demande des excuses et l’on répare », a-t-il ajouté.

Il s’est dit étonné que certains appellent encore aux « croisades ». « J’ai lu avec dégoût un texte intitulé “: Croisade sur

la Croisette

”. Ces personnes, qui ne cessent de nous parler de dialogue des cultures, appellent aujourd’hui aux croisades. Elles usent du même langage contre l’Algérie, l’Irak et contre tous ceux qui veulent défendre leur dignité et leur souveraineté”, a-t-il noté. 

Le film “Hors-la-loi”, qui retrace l’histoire de trois algériens entre 1930 et 1962, date de l’indépendance de l’Algérie,  est violement critiqué par la droite et l’extrême-droite en France. Elles accusent le cinéaste “d’ouvrir les blessures de la guerre et de fausser l'Histoire”. Le long métrage revient notamment sur les massacres du 8 mai 1945 à Sétif.


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4 mai 2010

PRISONNIERS DU FLN - LES DISPARUS D'ALGERIE

« La France n’est plus que silence. Elle est perdue quelque part dans la nuit, tous feux éteints, comme un navire. Sa conscience et sa vie spirituelle se sont ramassées dans son  épaisseur » (Antoine de Saint-Exupéry)

André AUSSIGNAC, jeune soldat du 23ème RIMA est enlevé à Alger le 21 juillet  1962, soit quatre mois après le « Cessez le feu », à l’âge de 20 ans.

TEMOIGNAGE D'ANDRE AUSSIGNAC-SOLDAT ENLEVE PAR LE FLN1-(INA).

 Apprenant que cet homme, aujourd’hui âgé de près de 70 ans, était, bien qu’invalide, toujours en vie, j’ai obtenu d’André AUSSIGNAC une entrevue à laquelle assistait également Charly CASSAN, journaliste et réalisateur de film (Reportage 34). Ici, le témoignage de ce "miraculé" qui conte son calvaire.

TEMOIGNAGE D'ANDRE AUSSIGNAC-SOLDAT ENLEVE PAR LE FLN2- (REPORTAGE 34).

             André AUSSIGNAC souhaiterait retrouver cette famille de « colons » qui l’a récupéré, soigné et rapatrié en Métropole. Il a perdu la mémoire de leur nom mais il se pourrait qu’elle vive dans la région de Marseille. Le message est lancé. Merci à ceux qui pourraient lui apporter quelques renseignements…

 Par ailleurs, cet homme, oublié de tous, survit avec une retraite de 680 euros/mois et une pension d’Ancien Combattant de 150 euros par semestre. Ses blessures et son invalidité n’ont pas été reconnues par le Ministère des Anciens Combattants et il ne perçoit la moindre indemnité quant à son état physique. Messieurs les gouvernants et autres responsables de notre Administration, il serait temps de faire quelque chose pour cet homme que la France et son armée ont abandonné ! Messieurs les Présidents d’associations patriotiques, il serait temps de vous saisir de ce dossier et de vous faire entendre ! Messieurs les élus Bordelais, il serait temps que vous agissiez !...

            Cet homme qui souffre de solitude, d’injustice et de manque de reconnaissance, aurait aussi besoin d’une aide financière pour agrémenter sa fin de vie. Merci de vous montrer généreux et solidaires…

André AUSSIGNAC – 361, rue Georges Bonnac – 33000 BORDEAUX

            Le témoignage d’André AUSSIGNAC nous ayant replongé dans les heures les plus sombres de la guerre d’Algérie, il m’apparaît nécessaire, afin que ce douloureux  dossier sur les « disparus d’Algérie » obtienne, enfin, de la part de nos gouvernants l’écoute qu’il mérite, de  rappeler l’enfer vécu par ces martyrs.

Trois cas –parmi des milliers d’autres- seront rappelés ici :

 


 

- Celui évoqué, le 4 novembre 1963, devant le Sénat par le sénateur Dailly, en présence du prince de Broglie, Ministre de son état, (qui restera de marbre) et repris de concert par la presse.

             « Le 4 juin 1962 (près de trois mois après les accords d’Evian) Guy Lanciano et Daniel Falcone sont enlevés à Alger, dans le quartier du Ruisseau. Ils subissent pendant quarante et un jours des tortures effroyables à la villa Lung : On leur coupe le nez, les oreilles, on crève les yeux de l’un, on matraque l’autre ; il a perdu l’usage de la parole. L’aveugle peut parler ; celui qui voit ne parle plus. »

             Ils seront libérés par un commando de l’OAS et remis aux services médicaux de l’armée française à l’hôpital Maillot. Leur état physique est tellement dégradé qu’on les garde longtemps… trop longtemps dans cet hôpital… jusqu’au mois d’avril 1963, période à laquelle la Croix-Rouge avise les familles de leur transfert à l’hôpital de Nancy par avion sanitaire. JAMAIS ces familles ne les reverront !

            Le sénateur Dailly interpelle de Broglie sur cette disparition. Réponse du Ministre :

« L’affaire est sans doute compliquée : il subsiste quelques points obscurs. Je fais actuellement poursuivre sur le territoire national des recherches extrêmement poussées. »

Inutile de préciser que ces recherches –si elles on vraiment eu lieu- n’ont jamais abouti…

 


            Et cet autre récit également rapporté aux Sénateurs… En mars 1964, dans le Sud-Oranais, il existait un camp de concentration où, quinze heures par jour, les détenus ramassaient l’alpha. Un jeune garçon de 17 ans, prénommé Alain, avait été abattu parce qu’un soir, il n’avait plus la force de regagner sa prison. Un autre de son âge l’avait été parce qu’il ne voulait pas servir de « délassement » à ses gardiens. Le même genre de camp existait près de Bou Saada et à proximité de Djelfa, tous deux dans la région de Médéa. 

            Et que dire de ces femmes, de ces jeunes filles adolescentes qui ont été enlevées par centaines. Que sont-elles devenues ?

            Dans la majorité des cas, elles ne furent pas supprimées immédiatement car destinées à la prostitution. Certaines furent livrées aux maisons closes, d’autres attribuées à des officiers de l’ALN et d’autres enfin furent vendues à des trafiquants internationaux et acheminées vers le Maroc ou le Congo ex-belge, voire vers l’Amérique du Sud. La plupart de ces femmes étaient tatouées, parfois mutilées. Nombreuses furent celles qui eurent des enfants nés des œuvres de leurs geôliers.

            Il y eut par miracle quelques rescapées… très rares cependant et parmi elles, citons le cas de cette pauvre femme revenue de l’enfer… mais dans quel état ! C’est l’hebdomadaire « Aux Ecoutes » du 22 novembre 1963 qui a publié à son sujet l’article que voici.

 

            « Mme Evelyne Valadier, 27 ans, résidait à Alger. Le 5 mars 1962, son mari, Marc Valadier, était arrêté par la police française pour son appartenance à l’OAS, et le 20 juin il était condamné à trois ans de prison. Mme Valadier se réfugia alors chez sa sœur, Mme Baudel, qui habitait El-Biar (Alger). Le 14 juin, Mme Valadier est appréhendée sur un barrage par des éléments du F.L.N. Elle est enfermée dans une villa de Belcourt avec trois autres Européennes, dont la femme d’un ingénieur. Et les tortures commencent… La villa est un lieu de plaisir réservé aux soldats de l’A.N.P. Mais, le 9 juillet, un miracle se produit. Un membre du FLN entre dans l’établissement. C’est un locataire de Mme Baudel. Il reconnaît Mme Valadier, il la rachète, l’embarque dans un taxi, et en cours de route s’aperçoit qu’elle est folle. Sans doute a-t-il honte. Sans doute n’ose-t-il pas présenter la malheureuse dans cet état. En tout cas, il l’abandonne en ville. Mme Valadier pénètre dans une église. Elle y reste deux heures. Enfin elle regagne le domicile de Mme Baudel. Personne, hélas ! Après avoir vainement écrit à Ben Bella, à de Gaulle, aux ministres, Mme Baudel a pris peur pour elle-même et a gagné la France, se réfugiant à Nîmes, au 10 de la rue Félix-Eboué. A Alger cependant, par bonheur, une voisine reconnaît Mme Valadier. Elle se charge d’elle, mobilise une ambulance.

            Admise à l’hôpital Maillot, Mme Valadier subit un traitement d’un mois dans le service de Médecine n° 2, que dirige le médecin-colonel Favier. Le 4 août 1962, elle quitte l’Algérie pour Marignane. Sa sœur qui a été prévenue, ne la reconnaît pas, tant son aspect physique a changé. Elle part pour l’hôpital de Nîmes en ambulance, y fait un long séjour au Centre neuropsychiatrique, avant d’être dirigée sur les Centres de Mondevergues et de Montfavet, où aucun traitement ne peut lui rendre la raison.

            Elle est incurable. On peut la voir à Nîmes, chez Mme Baudel. Le gouvernement lui a fait la grâce de libérer son mari sous condition. »

            Trois jours avant la parution de cet article –qui ne réveilla point les consciences- le sénateur Dailly avait fait le même récit au Sénat. Celui-ci est relaté au Journal Officiel du 19 novembre 1963, page 2561.

 


            Outre les nombreux cas exposés par certains sénateurs honnêtes et courageux tels que Mrs Portmann, Bonnefous, Armengaud, Bruyneel, Le Bellegou, Petit et Dailly, citons également ce témoignage paru dans l’hebdomadaire « Carrefour » du 27 novembre 1963 sous la signature de R. Langlois : « Il y a encore en Algérie plusieurs dizaines de Françaises portées disparues, mais encore vivantes –on parle même de 100- qui ont été enfermées dans des maisons closes… On signale que parmi ces malheureuses, une quarantaine, pour la plupart femmes d’officiers ou de sous-officiers, seraient devenues folles… », disait en substance l’article.

            En cette année 1963, pourtant, lors de débats à l’Assemblée Nationale sur les disparitions de ressortissants français, et alors que les témoignages les plus atroces provenaient des camps de la mort lente, le Prince de Broglie, cet individu de basse besogne, vil, lâche et monstrueux tout à la fois, avait eu le cynisme de déclarer : « Aujourd’hui l’aspect humain s’efface, et il ne reste qu’une coopération entre Etats. » Tel fut l’aveu de l’option politique délibérément prise par le pouvoir en France  pour en finir avec le drame des disparus.

            Pourtant les Conventions Internationales de Genève, signées par la France, auraient dû être imposées à l’Etat algérien, et respectées par lui. La faute de la France, l’impardonnable faute, fut d’avoir –par souci d’une « coopération entre Etats »- été à l’origine de cette conspiration du silence qui a couvert cet ignoble génocide et, engoncé dans son égoïsme, son confort et son indifférence, le peuple français ne répondit pas aux plaintes et aux râles qui s’échappaient de toutes les contrées de l’Algérie et qui venaient s’écraser contre ce mur qu’il avait érigé sur ses côtes.

            Le 24 novembre 1963, date de la principale et dernière intervention majeure de représentants du peuple en faveur des disparus d’Algérie, le sénateur Guy Petit, interpellait de Broglie en ces termes :

« Concernant les disparus, on est venu nous dire qu’il y avait eu des arrestations arbitraires car si elles n’avaient pas été arbitraires, on ne serait pas intervenu. Nous avons fait des démarches, des démarches comme un quémandeur alors que ce sont les contribuables français qui tiennent à bout de bras, grâce à vous, le budget de l’Algérie. On n’est une grande puissance, on n’est un grand pays que, lorsque avant tous les chants de gloriole, on a le respect de soi-même, la volonté de défendre ses nationaux par tous les moyens. Cette volonté, vous l’avez abandonnée pour faire des démarches d’antichambre (…). Je vous dis que tout cela est absolument indigne de la France et puisque ce sont les circonstances atténuantes que vous venez plaider ici, personnellement je vous les refuse pour l’honneur de notre pays. »

            Il y a 47 ans que le gouvernement était ainsi interpellé en la personne du méprisable affairiste de Broglie et qui devait finir le nez dans le ruisseau, fin misérable qui convenait à son entité de voyou et de truand.

            Et la plus belle des conclusions nous vient de M. Béteille, président de la Commission de Sauvegarde :

« La souffrance des hommes, la destruction des horizons d’une province française, cela est bouleversant, cela est atroce. Et pourtant, cela n’est peut-être pas le pire. Il y a l’âme française qui « en a pris un coup »… Il y a la conscience française qui gémit et se révolte…

Car tout cela, ces hommes torturés, ces édifices détournés, ces populations exilées, ces ruines et ces cadavres, ces étendues désertées, nous l’avons voulu, nous l’avons accepté ou nous l’avons toléré. Par infantilisme politique, par perversion de l’esprit, par démission du cœur… par aveuglément ou par lâcheté, par esprit grégaire ou par goût du confort, nous sommes tous, Français, peu ou prou, responsables de ce crime : la mise à mort d’une de nos provinces. On a livré ce territoire, et nous n’avons rien dit. On a assassiné ces hommes, et nous n’avons rien fait. Et notre âme en est déchirée. Toute la France est-elle en état de haute trahison ? Toute la France est-elle coupable de non assistance à ses concitoyens en danger de mort ? A vous de répondre, Monsieur Dupont… »

José CASTANO (joseph.castano0508@orange.fr)

 "La mémoire est une plante fragile que l’on a intérêt à cultiver sans cesse" (Chateaubriand) " La seule défaite irréparable, c’est l’oubli " (Jean BRUNE)

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4 mai 2010

CONTRE LA MODIFICATION DE L’HISTOIRE DE L’ALGERIE FRANCAISE

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Seul celui qui est passé par là peut dire: c'est vrai, je comprends.

Sélectionné à Cannes, le dernier long-métrage du réalisateur franco-algérien Rachid Bouchareb, "Hors-la-loi", provoque une vive polémique.

Ce ramassis d’ordures financée en partie par des deniers Français (n’est ce pas CANAL PLUS ?) est une honte, indigne de représenter la FRANCE et les  grands héros de son histoire. C’est vrai qu’en France, vous les faux humanistes baissez facilement ce qui vous sert de pantalon, vas savoir pourquoi faire, ou se faire faire.

En faisant le jeu de ces moins que rien, vous crachez sur vous, sur la France, sur les Français, mais quelque chose me dit que vous allez au devant de « sacrées soirées » assorties de sacrées surprises, lors de ce prochain festival de Cannes.

Vous foulez aux pieds nos légendes. Où sont donc passé les Vercingétorix, les Clovis incarnation de l'union du trône et de l'église, le roi saint Louis, victorieux des Anglais, notre petite bergère de Domremy, Jeanne d'Arc, qui entendait des voix célestes lui dicter ses actions, Henri IV, dont le panache blanc indiquait à ses soldats  le chemin de l’honneur et de la victoire, Les Rouget de Lisle, le compositeur de notre Marseillaise (celle qui est sifflé par les sarrasins qui ont envahi la France et l’Europe en passant sur le ventre des Charles Martel... Ces témoins emblématiques de notre honneur national, dont le destin transcende les fractures politiques et religieuses, et qui constituent, jusqu'à la fin des temps « l’ histoire de France de tous les Français, la vraie, celle qui emmerde les faux progressistes et les faux intellectuels, mais seuls les vrais salopards qui grâce à ces voix venues d’outre ailleurs, se targuent d’être ouverts à la lie venant des pays qui sont les rebuts des nations dont l‘Islam, la vraie, n’en veut pas.

Le FL HAINEUX Bouteflicka ose demander à Sarkozy à travers un torchon algérien sous un titre aussi haineux et idiot que ce nain de jardin: 

« Monsieur Sarkozy,  allez-vous réhabiliter l’OAS ? »

NON, pas Monsieur Sarkozy, mais vous les Algériens qui faites de cette provocation gratuite, l’alibi de légitime défense qui pourrait bien réveiller ce cauchemar qu’a été le votre et de Gaulle n’est plus là pour l’arrêter.

Croyez-vous que caillasser des transports publics, empêchant ainsi des  pauvres gens qui les utilisent pour aller gagner leur pain quotidien au lieu de le voler par les braquages dont vos corréligionnaires, sont particulièrement friands, croyez-vous que les forces de police que vous harcelez en permanence par banlieusards cagoulés interposés, vont rester longtemps sans réagir ? Vous rêvez, messieurs les voyous

Nous n'avons encore que des girouettes à la tête de nos institutions qui ne savent que s'indigner et se choquer vertueusement de cette attitude sans aucune réaction avec seulement des promesses et  faire adopter par leur attitude négative, un profil bas par la vraie France, l'éternelle, celle qui nous survivra, soyez-en certains, malgré leur complaisance, leur passivité et le dégoût qu’ils cherchent vainement à nous inspirer de nous mêmes d'avoir pensé un seul jour de notre vie qu’ils pouvaient être différents des liquidateurs d’Evian.

Soyez assurés, Messieurs que VOUS LE PAIEREZ CHER LORS DES PROCHAINES PRESiDENTIELLES.

Terminé les guignolades nous trouverons bien l'homme adéquat sachant utiliser le karcher mais pas dans le sens auquel vous avez fait semblant de penser pour nettoyer et dégager la lie et la honte de notre beau pays.

Même si un jour on guérira toutes les maladies du monde, la mort restera toujours à vaincre !

LE HERISSON  du mardi 04-05- 2010

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3 mai 2010

COMMUNIQUE J.P.N.

Mesdames, Messieurs les Parlementaires

vos électeurs attendent que vous défendiez la France, son Histoire et son Honneur. Et aussi l'argent des contribuables français dont vous êtes les comptables !

Rejoignez les députés Elie ABOUD, Bernard BROCHAND et Lionel LUCA.

Faites part au Chef de l'Etat, au gouvernement et aux médias de votre indignation.

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JEUNE PIED-NOIR INFORMATION

29 ans d'action continue au service des Harkis, des Pieds-noirs et de leurs Amis.

BP 4 - 91570 BIEVRES - Tel : 06 80 21 78 54

Voir pour plus de détails les informations sur le site JPN :

http://pagesperso-orange.fr/jeunepiednoir/jpn.wst

BULLETIN SPECIAL N°169  - 3 mai 2010 -  (Suite du Bulletin N°168)

A DIFFUSER RAPIDEMENT ! MERCI.

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"Les attentats contre des civils sont des crimes contre l'Humanité en droit international"

(cIF, annonce dans le FIGARO du 1 octobre 2002

De 1954 à 1962, plus de 200.000 Français, dont 80 % de civils, seront victimes des actes terroristes de la"barbarie", selon l'expression de Jacques CHIRAC lors de la première journée nationale d'Hommage aux Harkis du 25 septembre 2001.

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Appel du Collectif  pour la Vérité Histoire - Cannes 2010

FESTIVAL DE CANNES : MOBILISATION NATIONALE !

Non à l'apologie des crimes contre l'Humanité du FLN glorifiés dans le film "HORS-LA-LOI"

financé avec l'argent des victimes françaises ! 

Grande manifestation patriotique française à CANNES !

Parlementaires, Elus, anciens Combattants, Harkis, Pieds-noirs et Amis

Rendez-vous du vendredi 21 mai 2010 à 10 h 30

AU MONUMENT AUX MORTS DE CANNES !

en hommage aux civils et militaires "morts pour la France" en Algérie.

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Famille_CRUET

Extrait de la brochure officielle française de 1957 sur les CRIMES COMMIS PAR LES "HORS-LA-LOI" DU FLN contre la population civile. Cette publication contient des centaines de photographies de civils de toutes origines, mutilés, égorgés, esmaculés et de femmes violées et assassinées par le FLN.

C'est l'apologie de ces crimes que valorise le film de Rachid BOUCHAREB.

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Le film "HORS-LA-LOI" est-il hors des lois françaises contre l'apologie du terrorisme et des crimes contre l'Humanité ? 

Grande manifestation patriotique française à CANNES !

Parlementaires, Elus, anciens Combattants, Harkis, Pieds-noirs et Amis 

Rendez-vous du 12 au 22 mai 2010 sur la Croisette !  

SAIL

Il voulait simplement vivre libre dans une Algérie fraternelle avec ses amis juifs et européens pieds-noirs !

C'est l'apologie de cette "barbarie" que valorise le film de Rachid BOUCHAREB

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AUJOURD'HUI, IL N'Y A PLUS DE JUIFS ET D'EUROPEENS PIEDS-NOIRS EN ALGERIE ! 

ILS ETAIENT PLUS DE 1,2 MILLIONS EN 1962.

Leurs cimetières, leurs églises, leurs monuments aux morts ont été pillés, détruits ou saccagés !

IL Y A AUJOURD'HUI PLUS DE 4 MILLIONS D'ALGERIENS EN FRANCE !

ILS ETAIENT MOINS DE 300.000 EN 1962.

QUEL EST L'ETAT RACISTE ?

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SOUTENEZ LES ASSOCIATIONS DU COLLECTIF "VERITE & HISTOIRE - CANNES 2010" 

Nos banderoles et affiches montreront la barbarie du FLN de 1954 à 1962 contre les victimes civiles lors des émeutes du 8 mai 1945 à SETIF et GUELMA, les Français musulmans massacrées à MELOUZA et WAGRAM, les femmes et enfants victimes innocentes des attentats terroristes de la "Bataille d'Alger", les soldats français du contingents prisonniers de guerre égorgés et mutilés à PALESTRO et durant toutes la guerre d'Algérie, les dizaines de milliers de Harkis massacrés après le "cesse-le-feu" de la "paix d'Evian" du 19 mars 1962.

Rendez-vous dès le 12 mai au stand de Canal + qui a participé au financement de ce film mensonger HORS-LA-LOI !

Rejoignez le Collectif Vérité Histoire - Cannes 2010 

Contact : Hervé CUESTA - Tel : 04.93.47.90.66 -  herve.cuesta@bbox.fr 

http://tournantsrovigo.free.fr - http://oran1962.free.fr 

Faites nous part de vos initiatives. Elles seront présentées sur le site JPN et dans nos prochains Bulletins.

Avec le soutien de Jeune Pied-Noir - jeunepiednoir@wanadoo.fr 

AIDEZ-NOUS A VOUS FAIRE ENTENDRE ! 

NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE SOUTIEN MORAL ET MATERIEL !

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3 mai 2010

BOUCHAREB ACCUSE DE FALSIFIER L'HISTOIRE

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         Sélectionné à Cannes, le dernier long-métrage du réalisateur franco-algérien Rachid Bouchareb, "Hors-la-loi", provoque une vive polémique. Un député de l’UMP dénonce une version "anti-française" du massacre de Sétif en 1945.

         Paillettes, tapis rouge, et polémiques. Comme les années précédentes, la 63e édition du Festival de Cannes s’annonce haute en couleur. Après la controverse provoquée par la sélection en compétition de "Soleil trompeur 2", du réalisateur pro Poutine Nikita Mikhalkov, c’est au tour du dernier film du réalisateur franco-algérien Rachid Bouchareb d’agiter les esprits. "Hors-la-loi", qui revient sur le massacre de Sétif en 1945, a, avant même l’ouverture du Festival, été taxé d’"anti-français" et de "révisionniste" par le député UMP Lionnel Luca.

         Le député des Alpes-Maritimes, qui n’a pourtant pas vu le film, n’a pas mâché ses mots pour qualifier le long-métrage de Bouchareb, accusant le réalisateur de "falsifier l’Histoire". "Bouchareb est un partisan, [...] un irresponsable qui met le feu aux poudres de manière insupportable", a dénoncé l’homme politique, réputé pour son franc-parler.

"Hors-la-loi" s’intéresse aux conséquences du massacre de Sétif perpétré en Algérie française le 8 mai 1945. Ce jour-là, alors que la France fête sa libération et la fin de la Seconde Guerre mondiale, des manifestations contre l’occupation française éclatent en Algérie et sont violemment réprimées par l’armée française. Le bilan - qui suscite toujours de vifs débats - est lourd : des milliers d’Algériens et des centaines de pieds-noirs sont tués.

         Le long-métrage suit l’histoire de trois frères algériens (incarnés par Jamel Debbouze, Sami Bouajila et Roschdy Zem), survivants du massacre de Sétif. Ils décident de quitter leur terre natale pour la France où ils s’engagent dans le combat pour l’indépendance de l’Algérie. Dans un entretien accordé au quotidien algérien "El Wata"n en juin 2009, Rachid Bouchareb affirme avoir voulu "faire la lumière sur une partie de l’histoire commune des deux nations" et "rétablir une vérité historique confinée dans les coffres".

"Erreurs et anachronismes"

         Alerté par les propos du cinéaste dans les médias, Lionnel Luca a commandé en 2009 un "avis historique" sur le film au ministère de la Défense. Après avoir passé le film au crible, le service historique du ministère avait qualifié le scénario de ramassis "d’erreurs et d’anachronismes si grossiers qu’ils peuvent être relevés par tout historien".

         Selon le rapport, "le réalisateur veut faire croire au spectateur que le 8 mai 1945, à Sétif, des musulmans ont été massacrés aveuglément par des Européens. Or, ce jour-là, c'est le contraire qui s'est produit [...]. Cette version des faits est admise par tous les historiens (...]. C'est en réaction au massacre d'Européens qu'ils ont agi contre des musulmans".

         Au Festival de Cannes, "Hors-la-loi" ne représentera pas la France, mais l’Algérie - au grand soulagement de Lionnel Luca. Une décision toutefois surprenante puisque Rachid Bouchareb, et les trois acteurs principaux, Jamel Debbouze, Roschdy Zem et Sami Bouajila, sont tous nés en France et font incontestablement partie des stars du cinéma français.

"M. Bouchareb a le droit de raconter ce qu’il pense être vrai, mais je ne voulais pas que ce film soit considéré comme français, explique Lionnel Luca à FRANCE 24. Sa vérité n’est pas la vérité de la France."

         Contactés par FRANCE 24, ni le comité de sélection du Festival ni Rachid Bouchareb n’ont souhaité s’exprimer.

Rachid Bouchareb avait, en 2006, obtenu la Palme d’or pour "Indigènes", l’histoire de jeunes soldats nord-africains engagés dans l’armée française pour combattre l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Vendredi, Lionnel Lucas confiait à FRANCE 24 avoir beaucoup apprécié "Indigènes" pour son "esprit pacifiste".

Lu sur FRANCE 24 

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2 mai 2010

HORS LA LOI

2 mai 2010

SETIF - LE SOULEVEMENT DU 8 MAI 1945 LA REALITE

UN DRAME ALGERIEN D'EUGENE VALLET la vérité sur les émeutes de 1945 (édition originale)

MANUEL GOMEZ 6 MAI 2016 71ème anniversaire du massacre de Sétif 8 mai 1945  

LE FIGARO HISTOIRE du 7 mai 2015 - l'autre face du 8 mai 1945

MANUEL GOMEZ.

ROGER VETILLARD du 9 mai 2015

"Ces évènements allaient servir à la propagande des excitateurs des foules musulmanes." Colonel Groussard

         Soixante cinq ans plus tard, un autre excitateur de foules, Bouchareb, reprenant le mythe de la répression massive, lancé par la radio du Caire et par les frères musulmans, à cette époque,  tente à son tour, d’exciter les populations musulmanes de France et d’Algérie à travers son film-fiction « Hors la loi » et de la propagande qu’il véhicule.

         Si,  la plus grande part d’entre nous, survivants de la guerre d’Algérie, n’a pas connu l’insurrection de 1945 à Sétif et dans sa région, nous savons, pour l’avoir vécue, que celle de 1954 à 1962 n’a épargné, ni femme, ni enfant, ni vieillard, dans la communauté européenne. L’horreur des crimes qui nous sont décrits dans ce rapport ne nous sont pas inconnus.

         Nous les avons côtoyés, même pour certains d’entre nous subis, pendant ces sept longues années. Ce rapport des évènements de 1945 ressemblent en tous points aux massacres subis par notre population pendant ce que l’on nomma les « évènements d’Algérie ». Il est, on ne peut plus,  identique à la réalité que nous avons vécue. Et tout ce que peuvent et pourront encore inventer les criminels qui les ont perpétrés,  ne pourront jamais travestir les faits réels qui se sont produits.

         Voici, dans son intégralité,  le récit circonstancié des émeutes qui ont vu le jour, à Sétif,  le 8 mai 1945 et de la répression qui suivit cette insurrection, par le colonel Adolphe GOUTARD, historien militaire, tel qu’il l’a écrit pour Historia Magazine La Guerre d’Algérie.

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         Sétif était une subdivision de la division territoriale de Constantine que commandait le général Duval. Nul mieux que lui n’a défini l’insurrection qui embrasa cette subdivision.

« Dès le 8 mai, écrit-il dans son rapport, l’insurrection prend le caractère de la guerre sainte, de la djihad. Elle se développe avec une soudaineté, une violence et un fanatisme qui démontrent que l’âme fruste du berbère n’a pas changé depuis des millénaires.

         L’insurrection s’est déroulée sous le signe de la haine du roumi et de la France. Elle n’a épargné ni les vieillards, ni les femmes, ni les enfants. Ceux qui ont vu les scènes de carnage et les corps atrocement mutilés en garde une impression d’horreur. »


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         C’est jour de marché. De nombreux indigènes venus des douars voisins emplissent les rues. Vers 7 heures, un rassemblement se forme devant la mosquée.  La troupe scoute musulmane Kechafat el-Hyat est autorisée à défiler pour se rendre au monument aux morts.

         Vers 8h30, elle se met en marche, suivi par un cortège de 7 000 à 8 000 personnes. En tête, trois hommes portent un drapeau français et deux drapeaux aux couleurs du prophète. Derrière eux apparaissent des pancartes sur lesquelles on lit : Libérez Messali ! Nous voulons être vos égaux ! Vive l’Algérie indépendante !

         Vers 9 heures, le cortège arrive rue de Constantine où il se heurte à un barrage de police. Le commissaire central somme les manifestants de faire disparaître les pancartes séditieuses. Sur leur refus, la police essaye de s’en emparer.

         C’est le signal de la bagarre. Des coups de feu éclatent. Le cortège se disperse et les manifestants se répandent dans la ville assaillant à coups de pistolet, de couteau, ou de bâton, les européens rencontrés dans les rues ou assis à la terrasse des cafés. On entend les cris de N’Katlou ennessara ! (Tuons les européens !). Les femmes poussent de stridents you-you.

         Rue Sillègue, M. Deluca président de la délégation spéciale s’efforce de calmer les excités. Il est abattu.

D’autres meurtres sont commis.

         Quand vers, midi l’ordre est rétabli, on relève dans les rues vingt et un  cadavres d’européens. D’après le procès verbal détaillé, on voit que treize de ces cadavres ont le crâne complètement enfoncé, un est éventré et un autre émasculé.

         Dans l’après midi, les troubles s’étendent au nord de Sétif.

         *A El ouricia, à 12 kilomètres, l’abbé Navarro est abattu.

         *Aux Amouchas à 10 kilomètres plus au nord les maisons européennes sont pillées mais leurs habitants ont pu fuir.

         *A Périgotville, les insurgés pénètrent dans le bordj et s’emparent de 45 fusils Lebel, et de 10 000 cartouches puis ils attaquent les européens et pillent leurs maisons. Au soir, quand le village sera dégagé, on relèvera 12 cadavres sauvagement mutilés.

         *A Sillègue, le garde champêtre M. Mutschler est tué ainsi que sa femme et le cantonnier. Les maisons européennes sont pillées puis incendiées.

         *A La Fayette, de gros rassemblements d’indigènes se forment mais sur l’intervention de l’administrateur, aidé par des notables musulmans, les attroupements se dispersent.

Il n’en est pas de même malheureusement à Chevreul, à 60 kilomètres au Nord de Sétif. A 2 heures du matin, le village est pillé et incendié. La plus part des européens s’étaient réfugiés à la gendarmerie, mais ceux qui ne l’avaient pas pu sont massacrés et mutilés. Le lendemain quand les secours arriveront, on trouvera 5 cadavres dont ceux de trois hommes émasculés. Le garde forestier Devèze et les agents des Ponts et Chaussées Coste et Bovo et ceux de deux femmes : Madame Devèze et Madame Bovo, celle-ci est mutilée des deux seins.

         En outre quatre femmes ont été violées dont Mme Ruben, âgée de 84 ans, madame Grousset et sa fille Aline âgée de 15 ans. Pour ce premier jour on dénombrera au total dans la subdivision de Sétif : 84 tués dont 13 femmes.

         Dans l’après midi du 8 mai, autour de la place du marché ou les associations patriotiques se sont réunies pour célébrer l’armistice,  de nombreux indigènes se massent portant des pancartes et l’étendard du prophète. Quand le cortège arrive devant le monument aux morts, les manifestants se mettent à scander : libérez Messali ! Tapant des mains en cadence et levant l’index vers le ciel.

         L’intervention de la police déclenche une bagarre à laquelle met fin l’arrivée d’un renfort de policiers. Bilan 46 blessés chez les agents et les civils européens, un tué et 30 blessés chez les manifestants.

         Le 9 mai, un nouveau foyer s’allume autour de Guelma ; Croyant la ville aux mains des insurgés, de nombreux groupes de musulmans armés descendent de leur montagne sur Guelma mais ils se heurtent au bataillon d’instruction du 7° tirailleurs et aux civils français que l’énergique sous-préfet Achiary a fait armer conformément au « Plan de défense des centres de colonisation ».

        Cependant les abords et les communications ne seront dégagés qu’à partir du lendemain avec l’aide du groupe mobile motorisé de Combourieu envoyé d’urgence de Tunisie.

Dans les départements d’Alger et d’Oran l’ordre n’est pas troublé.

         En somme, le 8 mai 1945 un foyer insurrectionnel a éclaté à Sétif, fief de Ferhat Abbas et de ses « Amis du Manifeste » et a gagné les environs. Il s’agit maintenant d’éteindre cet incendie avant qu’il se propage dans toute l’Algérie.

         Le 8 mai 1945,  les unités de campagne de la division de Constantine sont en Allemagne. Pour maintenir ou rétablir l’ordre dans cette immense région sous-administrée qui comporte des massifs comme ceux de l’Atlas tellien,  de l’Aurès et des Babors, difficilement pénétrables, le général Duval ne dispose que d’un effectif total de 9 000 hommes en grande partie composé de dépôts et unités de garde, inemployables en opérations.

         En fait, il n’a, comme éléments mobiles, que le 15° régiment de tirailleurs sénégalais, un bataillon de marche du 3° zouaves, le 9° spahis, privé des deux escadrons détachés en Tunisie, un escadron motorisé de la garde, un peloton motorisé de légion, un goum marocain et un groupe d’artillerie. La gendarmerie n’a que 523 gendarmes présents disséminés sur tout le territoire en 74 brigades. Il est évident que, pour arrêter le massacre avec si peu de moyens et avant l’arrivée d’importants renforts d’Algérie et du Maroc, il fallait agir vite et fort. C’est ce que le général Duval exposera au ministre,  par lettre du 26 mars 1946, en réponse aux accusations de Ben Djelloul :

         « J’ai hautement conscience, non pas d’avoir dirigé des opérations de répressions, mot qui choque mon sentiment de soldat et de français, mais d’avoir rétabli la sécurité en limitant, dans la mesure du possible, l’emploi de la force… Si le mouvement insurrectionnel n’avait pas été étouffé à ses débuts, l’incendie aurait embrasé tout le constantinois, puis l’ensemble de l’Algérie. Il me souvient non sans émotion de la période critique, qui dura jusqu’au 18 mai, où l’on sentait les masses indigènes des campagnes en transes et poussées à la guerre sainte, guettant la proie facile des villages et des fermes isolées, prêtes à se lancer au pillage au premier succès d’émeute. »

         Le 7 mai au soir, inquiété par certains renseignements, le général Henry Martin, commandant le 19° corps et la X° région militaire à Alger, avait prescrit à ses trois divisions territoriales Alger, Oran et Constantine,  de constituer des piquets en armes. En conséquence, le 8 mai  à 5 heures, le colonel Bourdila commandant la subdivision de Sétif qui dispose de la valeur d’un bataillon fait rassembler dans la cour de la caserne deux compagnies,  faisceaux formés,  avec ordre au chef de détachement d’ «éviter à tout prix, s’il doit intervenir, de faire usage des armes, sauf le cas de légitime défense ».

         A 9 heures, un agent de police arrive en courant à la subdivision, et se précipite vers le colonel : «Mon colonel, on tire du côté de l’Hôtel de France !». Aussitôt, l’ordre est donné au commandant Rouire de se porter avec le détachement dans le centre de la ville. La troupe s’y rend au pas cadencé. Le chef de bataillon s’avance avec un clairon au-devant des manifestants et ses sommations, sans aucun coup de feu, aident la police à dégager le centre de la ville.

         A 11 heures, le commandant Rouire reçoit l’ordre de se porter avec une compagnie au marché arabe où, comme nous l’avons vu, plusieurs milliers d’indigènes sont aux prises avec la police. Là, sa troupe repousse les manifestants à coups de crosse, sans tirer, malgré la découverte exaspérante de cinq cadavres d’européens affreusement mutilés.

Vers midi, le calme est revenu à Sétif, où l’on relève les 21 cadavres d’européens que nous savons.

Mais l’insurrection a gagné les environs.

         A 10 heures, la division de Constantine a reçu ce message de Sétif :« Emeutes ont éclaté. Morts et blessés dans la population européenne. Situation semble très grave. »

Un second message dit : « Rassemblement inquiétants à Oued-Zenati »

         Le général  Duval dirige alors de Philippeville sur Sétif un peloton de 5 half-tracks de la garde mobile et une compagnie du 15° sénégalais en camions. Le peloton de la garde arrive à Sétif à 15H30. On lit dans le journal de marche de l’unité : « De Sétif, le half-track du capitaine Mazucca repart immédiatement pour dégager Périgotville, qui est encerclée. Aux abords de ce village, le half-track est stoppé par un barrage de pierres et pris sous des feux assez nourris. Les balles s’écrasent contre le blindage. Il riposte à la mitrailleuse et fait sauter le barrage. Son arrivée dans Périgotville coupe court aux massacres. Une douzaine de cadavres sont relevés, sauvagement mutilés. Les faces sont en bouillie. De larges flaques de sang s’étalent sur le seuil des maisons aux portes ouvertes. Poursuivis par le feu des mitrailleuses, les assaillants se retirent dans le djebel. »

         Quant à la compagnie sénégalaise, retardée par des pannes, elle n’arrive à Sétif qu’à 22 heures. Une partie est aussitôt envoyée sur Sillègue, qu’elle trouve en flammes à 2 heures. L’autre partie, comprenant deux sections sous les ordres du lieutenant Bentegeat, est dirigée sur Aïn-Abessa, à 18 km au nord de Sétif. Quand elle y parvient, vers 1 heure, la situation est la suivante : depuis la veille au soir, le bordj où la population européenne s’est réfugiée et dont la défense a été organisée par le chef de brigade de gendarmerie, est assiégée par un millier d’indigènes conduits par Debache Seghir, membre influent des « Amis du Manifeste ». Ils arrosent le bâtiment de rafales de mitraillette et de coups de fusil.

A l’arrivée du lieutenant et de sa petite troupe, les assaillants se retirent. Une patrouille envoyée dans le village délivre la famille Heyberger, également assiégée dans sa maison. La patrouille arrête plusieurs des assiégeants, pris les armes à la main, dont le secrétaire général des « Amis du Manifeste ». En fouillant le village, on découvre le cadavre de M. Fabre, tué à coups de pistolet et de gourdin.

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Autre délivrance :

         Le 9 mai,  au matin, le lieutenant Poutch est envoyé avec un petit détachement sur Kerrata. Il fait irruption dans le village en plein massacre ! Son arrivée y met fin. On lit dans son rapport :

« Nous trouvons cinq cadavres, dont ceux du juge de paix M. Trabaud et de sa femme. Vingt personnes se trouvent sur le toit d’une maison en flammes. Je réussis à les sauver et après avoir dispersé à la mitrailleuse les assassins, je rassemble la population européenne au château Dussaix, sous la protection des gendarmes. »

Autre sauvetage de justesse : celui de Chevreul.

         Nous avons vu que le 8 mai, les habitants européens, qui avaient échappé au premier massacre, s’étaient réfugiés à la gendarmerie où se trouvaient en dépôt les armes du centre colonisation. Les deux gendarmes du poste les avaient distribuées aux hommes. La gendarmerie fut investie et le siège commença. Pendant toute la journée du 9 mai, les insurgés, postés aux alentours, tirèrent sur les fenêtres. Ils coupèrent la conduite d’eau, privant les assiégés d’eau potable. Dans la soirée du 9 mai, ils parvinrent à s’emparer du rez-de-chaussée. La défense se concentra alors au premier étage.

         Ce n’est que le 10 mai au matin, qu’arrive devant Chevreul le détachement du commandant Rouire (une section de half-tracks et une compagnie de zouaves). Le commandant envoie une section à l’est du village et une autre à l’ouest pour le cerner. La section de l’est met en fuite les rebelles et capture des bourricots chargés de tapis et autre butin que les pillards abandonnent. « J’entre moi-même dans le village, avec des half-tracks, relate le commandant et je marche sur la gendarmerie. A notre arrivée, la joie et l’émotion sont intenses. Les habitants hommes femmes et enfants sont émus jusqu’aux larmes d’avoir été sauvés in extremis car les rebelles avaient déjà répandu de l’essence au rez-de-chaussée ».

Mais nos détachements ne peuvent intervenir partout.

         Le 10 mai, à Tamentout, près de Djidjelli, la maison forestière est attaquée. Les deux gardes, leurs femmes et deux enfants de 10 et 3 ans sont massacrés.

Dans la subdivision de Bône, lorsque les gendarmes arrivent à Peitt, ils trouvent 4 cadavres affreusement mutilés, dont celui du gérant de la ferme Lucet, massacré par ses ouvriers indigènes.

         En revanche, dans la subdivision de Constantine, une compagnie de zouaves et 2 half-tracks de la garde recueillent à Djemila, 5 européens qui ont été sauvés par les ouvriers indigènes du chantier archéologique.

         Le 11 mai, au nord de Sétif, villes et villages sont dégagés. Refoulés vers le nord, les insurgés ont atteint la côte. Aux Falaises, dans le golfe de Bougie, ils tuent l’hôtelier, blessent grièvement sa femme et pillent l’établissement. Puis,  ils marchent sur Mansourah, mais un bateau de guerre intervient et en quelques salves, les disperse.

         Dans la subdivision de Constantine, 2000 indigènes armés de fusils, de haches, de faux et de bâtons se rassemblent près de Jemmapes, mais l’arrivée d’un détachement de Philippeville permet à l’administrateur de faire entendre raison aux chefs locaux des « Amis du Manifeste » qui renvoient leur troupe.

         « Au soir du 12 mai, lit-on dans le rapport de la X° région, l’insurrection est jugulée. Cependant des régions étendues ne sont pas sûres. Leur coup fait, les insurgés se sont retirés dans la montagne. Ils ne descendent plus dans les villages, mais ils surveillent les routes. Des villages entiers sont vides, les européens les ayant évacués et les indigènes les ayant fuis de peur des représailles. Il reste à obtenir la soumission des rebelles réfugiés dans les massifs de Tamesguida, du Babor, et du Ta-Babor (arrondissement de Sétif) et dans les djebels Arouz et Mahouna (arrondissement de Guelma). C’est à cette tâche que la division de Constantine va s’employer à partir du 13 mai. »

         Pour réaliser cette pacification, des renforts importants sont mis à la disposition du général Duval, commandant la division de Constantine qui peut, ainsi, comme il l’écrit lui-même :

« Envisager des actions méthodiques et profondes, caractérisées par la surprise, la rapidité et la puissance. L’idée directrice est la suivante :

·                     Dans un premier temps, délivrer les villages et les fermes encore bloqués et rétablir la circulation routière et ferroviaire et les communications par fil ;

·                     Dans un deuxième temps, par des opérations de police, réduire les bandes armées et en obtenir la soumission. »

On distingue trois zones opérationnelles : la zone est (Guelma), la zone centre (Constantine-Philippeville) et la zone ouest (Sétif), la plus dure.

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         Dans la zone EST, une  première opération exécutée par un escadron de half-tracks du 9° spahis et un bataillon ne donne pas de résultats.  Les dissidents ayant fait le vide devant la progression de nos troupes.

         Une deuxième opération de même force est exécutée,  le 20 mai, sur les douars au sud de Villars. De quelques mechtas, les indigènes tirent des coups de feu. Une centaine d’entre eux sont amenés à la gendarmerie de La Verdure pour être interrogés. Des fusils de chasse sont livrés. Cette opération produit une grosse impression. Les douars Aouaïd et Bahouna rentrent dans l’ordre.

         Le 24 mai, une opération plus importante est menée entre la route Guelma Sedrata et les mines du Nador, sous la direction du colonel Schmidt, disposant du groupe mobile de Guercif et de deux escadrons du 9° spahis. Sa mission est la suivante : « Rechercher et capturer les éléments rebelles. S’abstenir de toute action non justifiée par une attitude hostile des habitants. Prendre contact avec les chefs rebelles et tenter de les amener à résipiscence. Ne rien prendre sans paiement. Remettre aux autorités civiles les troupeaux abandonnés. »

         Le colonel fractionne sa troupe en détachements qui, partant de points différents, pénètreront concentriquement dans le massif dont Mahouna constitue l’observatoire central.

Ces opérations se déroulent dans les meilleures conditions. Elles prennent fin le 30 mai. La présence de nos forces répandues dans tout le massif et les vols d’intimidation exécutés par quelques avions amènent la soumission des douars de la région Laperrine.

         Le 28 mai, les douars de Millesimo se soumettent à leur tour. 1116 fusils de chasse et 74  de guerre sont livrés ou saisis. Dans la zone centre, la plus calme, le colonel Serre, avec un bataillon de sénégalais et un escadron de la garde mobile et une compagnie de fusiliers marins se borne à maintenir la sécurité par des déplacements constants.

         La zone ouest (Sétif Djidjelli) est non seulement la plus contaminée, mais aussi la plus accidentée avec des sommets élevés. Ce sera donc la plus longue à pacifier. Une force de 3 670 hommes y sera employée (Le 10° et le 15° régiment de tirailleurs sénégalais, école de cavalerie de Hussein Dey, groupe mobile n°2 de la légion de Sidi bel Abbès et une batterie de 75).

         Cependant, la première série d’opérations qui s’ouvre, le 13 mai, dans la région de Kerrata et celle de Tizi-N’Bechar se déroule sans grande difficulté. Des scout-cars parcourent le bled et la montagne, convoquant la population respectivement à Kerrata et Tizi-N’Bechar,  pour le 15 mai. Au jour dit, les indigènes descendent en groupes compacts. A 11 heures, il y en a 6 000 à Kerrata et 2 800 à Tizi–N’Bechar. Le colonel Bourdila va recevoir leur soumission, successivement. Mais il reste à pacifier les massifs redoutables du Babor et du Ta-Babor, deux chaînons parallèles qui culminent l’un à 2 004 mètres, l’autre à 1 960 mètres, à l’est de Kerrata.

         Quatre groupements,  de trois compagnies sénégalaises chacun,  encerclent le massif dans lequel ils pénètrent concentriquement le 19 mai. Sur un terrain de plus en plus accidenté, la marche est difficile. Les mechtas sont vides d’habitants. Le 20 mai, cependant, en approchant du Babor, on trouve des femmes, des enfants, des vieillards, mais tous les hommes valides ont disparu.

        Pendant ce temps, au nord, entre la côte et le Ta-Babor, le commandant Bart, avec son bataillon du 15° R.T.S, procède à des opérations de reddition. De nombreux meneurs sont arrêtés et remis à la gendarmerie.

        Impressionnés par ce déploiement de forces surgissant de tous côtés et par les interventions de notre aviation, dont deux appareils lancent des bombes,  les 19 et 20 mai, de même que par la vue de nos navires de guerre qui croisent au large du cap Aokas, les dissidents demandent l’aman. Le 22 mai est la journée culminante de cette période des points de vue militaire et politique. Suivons-en le déroulement d’après un extrait de presse.

        « Le 22 mai, par une radieuse matinée de printemps, dans le cadre de la plaine de Melbou, près des falaises, les tribus des communes mixtes d’Oued-Marsa et Djidjelli font leur soumission. Une interminable caravane d’hommes, de femmes et d’enfants encombrent la route. Le long du rivage sont rangés quelques navires de guerre. Près de 15 000 indigènes se déplacent face à la route nationale.

        Soudain une nouba fait entendre le garde à vous. Ce sont les autorités civiles et militaires qui arrivent. Les troupes sont passées en revue. Sur une éminence, un grand mât est dressé. L’envoi des couleurs a lieu, au milieu  des « you-you » stridents que poussent les femmes, tandis que les hommes saluent le drapeau. La fanfare des tirailleurs joue « la Marseillaise ». Les navires de guerre tirent des salves.

        Tout à coup le silence se fait. S’adressant aux milliers d’indigènes rassemblés, le colonel Bourdila leur dicte d’une voix forte les conditions de la reddition. Puis, le général Henry Martin s’avance, flanqué de deux interprètes, sur une butte qui domine le terrain où sont massées les familles musulmanes. Au pied de cette butte sont alignés seize caïds aux burnous écarlates brodés d’or. Le commandant du 19° corps prend la parole :

        « Louange à Dieu, le maître des mondes qui nous réunit aujourd’hui pour suivre la voie droite ! Hommes libres, c’est un homme libre qui vous parle au nom de la France ! Guerriers et anciens soldats, c’est un chef de guerre qui veut vous aider à retrouver la paix ! Satan a égaré les esprits de certains. Ils ont écouté les mensonges des gens ambitieux et cupides. Ils ont tué des hommes, des femmes et des enfants. Comme des hyènes, ils ont profané leurs cadavres ! Nous voulons que la paix règne dans nos campagnes et dans nos montagnes. Vous allez y retourner. N’écoutez pas les méchants qui prêchent la haine, les pharmaciens qui font des discours au lieu de préparer les remèdes bienfaisants. Restez dans la voie droite pour faire de l’Algérie française un pays où des hommes libres peuvent travailler en paix. Et vous vivrez longtemps. Et vous verrez vos biens grandir. S’il plait à Dieu ».

         Quatre jours plus tard, le 26 mai, le commandant de la division de Constantine, peut donner à ses subdivisions les directives suivantes :

« La situation étant redevenue normale, l’intervention de la troupe ne pourra avoir lieu que sur réquisition écrite de l’autorité civile… S’abstenir rigoureusement de toute attitude agressive. »

Et, le 29 mai, le général Duval précise :

« La période de répression peut être considérée comme terminée. La phase qui s’ouvre exige des chefs militaires des qualités de tact, pour comprendre à la fois la mentalité des indigènes et celle des colons dispersés dans la campagne. Il faut rétablir la confiance chez ceux-ci, encore sous le coup des atrocités commises et, pour cela montrer la troupe en déplaçant constamment les détachements. »

         On a parlé de « véritables massacres » exécutés par notre aviation. En fait, à partir du 10 mai, la division de Constantine disposa de 18 avions (P-39 ou 4-24) basés sur les terrains de Sétif ou de la Reghaïa. Ce jour-là, deux bombes furent larguées sur des rassemblements près de Fedj-M’Zala et deux autres sur les pentes de la Mahouna, près de Guelma.

         Le 12 mai, il est demandé à l’aviation, pour le 13 mai, de survoler la région de Constantine, Guelma, et Souk-Ahras afin de signaler par radio les rassemblements suspects. La consigne est de ne pas tirer, sauf en cas d’agression au sol caractérisée. L’ordre de la division précise : « La présence,  seule,  de nos avions doit rassurer les populations fidèles et intimider les autres, sans risquer d’atteindre les premières. »

         Le 14 mai, sur la demande des colonnes à terre qui sont en situation délicate, des bombardements sérieux et des mitraillages sont exécutés sur des rassemblements et des mechtas qui résistent. Nos appareils larguent au total 90 bombes de cinquante kilos et 41 bombes de 100 kilos et leurs mitrailleuses tirent 4 000 cartouches. C’est la seule opération aérienne de combat importante. La division rend compte à Paris le lendemain par ce télégramme sous n° 796 : « Bombardements aériens 14 mai ont causé environ 40 victimes chez insurgés région Guelma-Souk-Ahras. »

         Les 19 et 20 mai, nouvelle action de combat, avec deux appareils seulement, comme appui aérien des opérations du Nador que nous connaissons. Deux autres appareils effectuent des vols d’intimidation au sud de Villars et sur les pentes nord de l’Aurès sans bombarder,  ni tirer.

Après la soumission du 22 mai, les retraits d’avion commencent. Le 25 mai, la division ne dispose plus que de cinq appareils à Sétif pour les reconnaissances. Et,  le 11 juin, les derniers appareils regagnent leur base de Marrakech.

         Cela nous amène à la question des victimes de la répression. Une importante conférence eut lieu à ce sujet le 25 juin 1945 à Alger, à la villa des Oliviers. Y participaient :

*MM TIXIER ministre de l’Intérieur et CHATAIGNEAU gouverneur général de l’Algérie

*Les généraux  Henry MARTIN et  Pierre WEISS (général d’aviation)

*Les amiraux RONARC’H  et AMANRICH

Le procès-verbal donne l’évaluation suivante des pertes infligées par l’armée :

*Région de Sétif   :      environ 250 tués et  50 blessés

*Région de Guelma :   environ 150 tués et 200 blessés

         Le général Weiss dit : « Tués par l’aviation au grand maximum 200 » et le contre-amiral Amanrich dit : « Quatre tués certains par les pièces de bord. »

Le chiffre officiel des victimes de la répression militaire serait donc de 600 tués indigènes, en face des quelque 150 civils européens massacrés et sans mentionner les pertes de nos troupes en opérations.photo_2185588_XL

         Mais le chiffre réel des pertes musulmanes est certainement supérieur. En effet, un nombre certain d’indigènes ont été victimes de l’indignation compréhensible de civils français qui venaient de trouver des parents ou amis chers assommés, éventrés, émasculés… Des faits impressionnants m’ont été cités par les témoins.

         A Sétif, par exemple le 8 mai 1945, un agent d’assurance rentrait de sa tournée avec sa femme lorsque des arabes se mettent à tirer sur sa voiture et tuent son épouse. Il fonce, parvient chez lui, dépose le corps tout chaud de sa femme sur son lit et, fou de douleur et de rage, il ressort avec son fusil dans la rue, promettant d’ « en descendre une douzaine » !

         A  la gare de Guelma, des cheminots français ayant été massacrés par des collègues indigènes, le chef de district de la voie organise la résistance, parvient à s’emparer de l’un des meurtriers, le fait dûment reconnaître par les camarades témoins du meurtre et l’abat.

         A Aïn-Abid, à 25 kilomètres du Kroub, c’est le spectacle révoltant d’une mère éventrée avec son bébé poignardé sur elle qui provoque des réflexes de vengeance et de meurtre, aux dépens d’indigènes sans doute innocents.

         De tels règlements de comptes n’ont pu tous être enregistrés, mais en admettant qu’ils aient pu porter à 2 000 ou 3 000 le nombre officiel des morts musulmans, nous sommes loin des chiffres fantastiques qui seront donnés plus tard par  les gens du FLN qui parleront de 45 000 morts ! Ferhat Abbas dira même 60 000 morts !

         De tels chiffres sont tout à fait invraisemblables étant donné la nature des opérations militaires dans des bleds ou djebels à faible densité de population, les villes n’ayant connu aucune répression massive et aveugle même Sétif qui était au cœur de la sanglante révolte. Et les officiers français qui dirigeaient les opérations n’étaient pas des nazis capables d’ordonner ou d’exécuter ses massacres systématiques, voisins du génocide !

On parlera de « douars sans hommes, tous massacrés » ! Beaucoup de douars en zone rebelle ont été, en effet, trouvés vides d’hommes, mais c’était parce que ceux-ci avaient fui devant l’avance de nos détachements, par crainte d’arrestation ou de représailles. Et les coupables ou suspects arrêtés par nos troupes ont été remis à la gendarmerie qui n’était pas la gestapo !

LA MORALE DE L HISTOIRE

        Certes, la répression a été dure, mais les moyens dont disposait celui qui était chargé d’arrêter les meurtres d’européens et les actes de sauvagerie qui les accompagnaient et de rétablir l’ordre et la sécurité dans un immense pays, étaient extrêmement réduits. Or, comme écrit le colonel Groussard :

« Une répression est d’autant plus sévère que les moyens sont faibles. Mais ces évènements allaient servir à la propagande des excitateurs des foules musulmanes. »

         Lancé par la radio du Caire, « le mythe de la répression massive ayant fait des dizaines de milliers de victimes innocentes » fut sans cesse repris, par la suite, au point de convaincre le monde de son effroyable réalité.

         A la fin des troubles, si ceux-ci s’étaient clos par un véritable massacre de musulmans, on n’aurait pas vu, chose tout à fait exceptionnelle – le cadi de Constantine venir inviter le général Duval, de même que le général Henry Martin, de passage, assister à la cérémonie organisée à la mosquée pour « remercier le Tout-puissant d’avoir rétabli la paix ». Et la cérémonie se déroula sans incident dans le plus grand recueillement.

         De ces douloureux évènements qui ont déchiré le cœur de ceux qui aimaient nos colons, pour les avoir vus à l’œuvre sur les terres qu’ils avaient fertilisées, et nos musulmans pour les avoir commandés avec fierté sur les champs de bataille, laissons le général Duval tirer, lui-même, la leçon.

Dans sa lettre du 16 mai 1945 au général Henry Martin il écrivait :

« L’intervention immédiate a brisé la révolte, mais il n’est pas possible que le maintien de la souveraineté française soit basé exclusivement sur la force. Un climat d’entente doit être établi. »

         Et dans une  lettre que sa famille a bien voulu me communiquer, il déclarait aux hautes autorités de Paris : « Je vous ai donné la paix pour dix ans. Mais il ne faut pas se leurrer. Tout doit changer en Algérie. Il faut faire des réformes sérieuses. »

         Mais, l’orage passé, Paris s’endormira et rien de sérieux ne sera fait pour satisfaire les légitimes aspirations des musulmans. Et cette paix, ainsi promise durera presque dix ans – exactement neuf ans et demi -  jusqu’à la Toussaint de 1954… marquée par les premiers attentats, prélude à l’insurrection.

Colonel Adolphe GOUTARD Le 21-04/2015

Précisions de Pierre BARISAIN:
Rappelons pour ceux qui ont la mémoire courte ou sélective que les massacres de Sétif du 8 mai 1945 se sont déroulés avec De Gaulle au pouvoir à Paris, à la tête du premier Gouvernement provisoire de la République et 2 ministres communistes dont celui de l'Air, Charles Tillon, qui bombarda les populations du bled en rébellion.
A Sétif même, le Commissaire de Police Lucien Olivieri et 2 inspecteurs en tout, Raoul Haas et Norbert Fons, eurent à faire face à 7 à 8000 manifestants armés de matraques et de boussadis malgré leurs promesses , et le premier coup de feu parti de cette foule tua non pas un scout arabe mais une petite fille de 8 ans, juive, qui donnait la main à son père et regardait le défilé, Arlette Nakache. Il y eut 103 morts européens et 150 blessés ( 800 musulmans fidèles à la France furent aussi tués par les émeutiers) et l'Inspecteur des PTT Albert Denier, connu des émeutiers car il vendait le journal du PC "Liberté", eut les 2 bras coupés. A Guelma, les 2000 manifestants furent encore plus menaçants et comme les troupes étaient rares, car encore en Allemagne, le sous préfet André Achiary, un résistant gaulliste, constitua des milices armées, essentiellement une centaine d'élus, SFIO en particulier, européens équipés de 70 fusils. Les pancartes des Arabes manifestants de Guelma indiquaient: " libérez Messali ! " et A bas le parti communiste!". Ils obéissaient à des mots d'ordre lancés depuis radio le Caire qui prêchaient déjà le Djihad et l'arrivée du Mahdi.
A Djidjelli, les troupes sénégalaises avaient des fusils mais aucune munition. Ils durent charger à la baïonnette, ce qui stoppa la manif.
De Gaulle fit bombarder les gorges de Kerrata par la Marine de guerre, le "Chasseur 94", et déclara : " j'ai fait donner la Marine". Le croiseur: le Triomphant sauva des personnes encerclées le long de la Corniche kabyle.
70 ans après , ces faits sont prémonitoires.

Lisez "les massacres du 8 mai 1945: Sétif -Guelma- le Constantinois". de Maurice Villard, analyse et recueil de témoignages vécus et de première main.

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