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17 novembre 2013

L’ODYSSÉE DE GRAIN DE BLED EN TERRE D’IFRIQIYA

L'odyssée de Grain de Bled en terre d'Ifriqiya PG

 

Qui mieux que l'auteur pour en parler!


Commentaires de lecteurs…

 

Jo Sohet

Jo Sohet (après lecture du manuscrit, de Nouméa) :  "chère nomade. la lecture de "grain de bled" m'a ravi et parfois impressionné. Certaines pages touchent au chef œuvre. Je pense que votre inspiration et votre style valent mieux que d'amicales et sincères congratulations et je ne saurais me contenter que de vous féliciter. Vous avez très bien fait; il faut parfaire.Vous vous êtes chargée d'un grand mot qui cache de grandes choses en même temps qu'il s'ouvre sur elles : Mission."

Maurice Calmein : J'ai trouvé ton livre dans mon courrier et je n'ai pu m'empêcher de m'y plonger. Que ces chants sont beaux, pleins de poésie et de sensibilité, d'évocations discrètes mais bien senties de ce que nous avons connu, vu, vécu, ressenti dans notre jeune âge.
Bravo pour cet ouvrage qui, de plus, est très bien écrit.
Toutes mes félicitations et un grand Merci!

Pierre Dimech : CE 22 FEVRIER, JE VIENS DE LE RECEVOIR ! Je suis très ému de ta palpitante dédicace, Sœur pétrie de la terre de là-bas, caressée de la broderie des vagues de là-bas...Je viens de parcourir ce CHANT, rauque et tendre, mais il va me falloir le mâcher dans sa richesse surgie des Temps Barbares....Nos identités se recoupent en nombre de points capitaux, sans se juxtaposer : et pour cause ! elles ne sont pas forgées en ateliers de productions de masse... . 

Patrice Guirao : Cet Ulysse intemporel qui n'a comme but que   de retrouver sa terre, fut elle une île où un grain de bled, cet Ulysse qui vit dans le cœur de chaque exilé ne peut rester insensible à la tendresse de ce livre. Il y a chez Maia des chants Homériens plus puissants que ceux des sirènes qui portent irrésistiblement loin le lecteur dans des contrées intérieures ciment d'une humanité qui cherche son chemin sans savoir qu'il est sous ses pieds. Maia a la force de ces alchimistes qui ont renoncé à l'or pour nous donner son âme. Elle est de ces auteurs auxquels le temps réserve une place particulière et dans les cœurs et dans la grande bibliothèque de la tendresse humaine.

Le petit monde de Babou : Je ne connais pas de plus extraordinaire aventure que celle de ce grain de sable, infime fragment d'une terre profondément authentique torturée et fabuleuse dont les périodes historiques ou légendaires de son Histoire nous sont contées au fil des pages de ce livre étonnant parfois difficile, animé toujours d'expressions poétiques absolument divines.
 Grain de bled est l'âme d'une terre celle d'Ifriqiya, il est le temps qui passe inexorablement sans que jamais ne soit absorbé par les civilisations qui s'installent au fil des siècles. Libre, bien au-delà des influences de l'Homme, le Grain de bled est l'Esprit intemporel de cette terre d'Afrique que l'être humain a voulu modeler. (…)
Il s'agit bien d'une odyssée fantastique dite avec passion, avec chaleur, avec amour, avec tristesse aussi. Quelle fastueuse évocation toute en beauté de cette terre magique dont j'ai moi-même des souvenirs inoubliables, quel symbole étonnant que ce petit bout de matière inorganique qui par une communion magistrale de la pensée et de l'écriture, vient nous toucher le coeur... " La filiation ne vient pas des hommes, mais bien de la terre qui vous voit naître " page 98. (…)  Les dernières lignes du livre m'ont particulièrement touchées ... " c'est pour cela qu'il veut qu'elle emporte ce caillou... " touchée je le fus oui car en Algérie tous les cailloux du désert, des plages, des forêts, du bord des oued, qui font et feront toujours partie de ce paysage que j'ai tant aimé n'ont plus aucun secret pour moi et cela grâce à mon père... mais ça c'est autre histoire. (…)  Je voudrais juste dire à Maïa Alonso que je regrette de ne pas trouver les mots pour lui exprimer combien j'ai le coeur gonflé d'amour et de tendresse pour son livre et combien je voudrais croire que le rendez-vous dont elle parle...  ce soit vraiment pour aujourd'hui.

Louise Gaggini : Merci à Catherine Babou d'avoir su exprimer si poétiquement "l’Odyssée du grain de bled" de Maia Alonso. Le texte est en effet une allégorie à la terre d'Afrique, mais plus encore à l'origine à laquelle elle ramène. On dit souvent que l'Afrique est le berceau de l'humanité, à lire Maia Alonso et à suivre au travers des siècles et de l'Histoire de la terre et des hommes les aventures épiques de ce Grain de Bled, on en est convaincu...

CESVAINE : Parcourir l'espace temps à bord d'un vaisseau presque invisible, d'une humilité extrême, dans ce petit corps hermaphrodite à la merci du moindre vent, de la moindre crue, du moindre pas humain écrasant de tout son poids ses microns si conscients, voici ce nous offre Maïa ALONSO grâce à ce conte mystérieusement envoûtant. (…). Ce conte des mille et un grains nous emporte dans un voyage extraordinaire sur les traces des fils et filles de Canaan, des Phéniciens, des Carthaginois, des Romains, des Vandales, des Byzantins, des Arabes, des Espagnols, des Ottomans et des... C'est une histoire d'éternelles conquêtes d'une terre fière qui refuse d'être conquise même si elle finit toujours par aimer ses maîtres. C'est une histoire d'éternels exils de peuples fuyants des terres pour faire germer ailleurs leurs graines d'espoir d'un monde meilleur.
« Si l'exil ne vous tue pas sur le coup il vous donne des ailes ». Ce petit grain de regard observe les envahisseurs ultramarins ou étrangers à cette terre d'Ifriqiya la conquérir et l'asservir. Une seule manière de fuir cette éternelle destinée « S'exiler » d'une île terre aux sables ocre vers le ciel-mer, l'horizon sans fin. Cet ultime exil Maïa ALONSO n'en parle pas ouvertement. Et pourtant... (…) Grain de Bled est encore là mais dans un autre état. Il était juste pousse hier, aujourd'hui il est peuple lié. Il est l'âme nomade de Maïa ALONSO...  (…)Point besoin alors de nostalgie d'une terre ocre qui existe, qui vibre, qui souffle dans chaque particule vivante de son âme immortelle... La terre n'appartient à personne, elle nous est prêtée. « N'oublie pas ton seul refuge c'est l'horizon infini ».

En librairie (sur commande) et en rayons, à Ombres Blanches, à Toulouse-11,50€

 

L'odyssée de Grain de Bled en terre d'Ifriqiya 1&4 de couverture

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15 novembre 2013

ALGÉRIE- DES FAMILLES ACCUEILLENT DES ENFANTS DE LA GUERRE DE 39/45

LE HAVRE 1941 : DES ENFANTS  ACCUEILLIS PAR DES FAMILLES EN ALGÉRIE,

            C’est à l’occasion de la dernière assemblée générale de notre belle section de Pierrelatte que nous avons appris l’aventure vécue par une amie de notre adhérente, Mme Claudette Arnaud, Mme Jacqueline Rioche .Partie le 2 octobre 1941 avec 107 autres petits Havrais, à l’initiative de la Croix Rouge Française pour être éloignés des conditions de guerre et leur permettre « de se refaire une santé physique et morale », tous accueillis dans des familles, elle devait y rester jusqu’en 1945 par suite de la rupture des liaisons maritimes en Méditerranée à partir de débarquement des troupes alliées en Afrique du Nord. Comme elle l’exprime avec une émotion palpable dans le récit captivant qu’elle nous a adressé, partie enfant, elle sera devenue une adolescente lorsqu’elle retrouvera ses parents sur les quais du Havre. Ce sont ces pages de souvenirs qu’elle nous a confiées que nous soumettons à nos Lecteurs. Combien serions-nous heureux de recevoir des nouvelles de l’une ou l’autre des familles citées pour les transmettre à notre amie ! Y.S. et N.F.

 


Extrait du journal FRANCE-HORIZON, le journal de l’ANFANOMA de juillet / aout / septembre 2013

 

« Le petit Havre » article du 3 octobre 1941 petit_matin

« Le petit Havre » article du 3 octobre 1941

Un Témoignage exceptionnel de Mme Jacqueline RIOCHE, jeune réfugiée.

            Mes parents faisaient partie de la Ligue des familles nombreuses, (à l’époque 3 enfants) c’est comme cela que nous sommes parties, Monique ma sœur cadette, Irène l’orpheline, moi et 107 enfants du Havre et bien d’autres, venus de villes « fragilisées », embarqués sur le « Lamoricière » et accueillis par différentes familles d’Alger…

Le Lamoricière sortant du port de Marseille

Le "Lamoricière" quittant le port de Marseille,

            Irène a été accueillie à La Redoute chez Madame et Monsieur BOULET-CARRIER. Son frère  Robert et mon frère ainé Emile, plus âgés que nous les filles, sont partis début 1942 sur Oran, Robert est resté dans un centre à Tiaret, Emile a été accueilli dans une famille à Mostaganem, Madame et Monsieur HITTIER, jusqu’en 1945………

            Comme notre éducation n’avait rien laissé à désirer, nous n’avons pas eu de mal à nous adapter à notre nouvelle vie, pour ma part en tout cas. Pour Monique, plus jeune, cela a été plus difficile, sa  première famille d’accueil avait des enfants bien plus grands, elle se retrouvait seule de son âge  dans une grande maison, avec pourtant des jouets que nous n’avions pas vus à la maison…

Sa deuxième famille, Madame et Monsieur PLAT, habitait en plein centre d’ALGER, et surtout avec un garçon de mon âge, Jean-Pierre dit « Bim ». Monique y est aussi restée jusqu’en 1945. Nos familles d’accueil respectives s’arrangeaient pour que nous nous rencontrions le plus souvent possible. Comme nous ne pouvions pas toujours les appeler, madame ou monsieur, ou maman, ou papa, il a été convenu que ce serait Marraine ou Parrain pour la première famille et Tata ou Tonton pour la seconde.

            A LA REDOUTE, sur les hauteurs d’ALGER, chez Madame et Monsieur GALEA, j’allais à l’école privée Sainte Anne, j’étais une assez bonne écolière, bons points, tableau de satisfaction et même d’honneur en fin de semaine. Parrain Marraine étaient très contents de leur petite réfugiée. J’ai été très choyée, gâtée, aimée, et j’aurais été complètement heureuse s’il y avait eu mes parents à proximité.

            Parrain était président de l’Association Saint-Vincent-de-Paul, quand il y avait réunion le soir on m’emmenait ne me laissant jamais seule ; en rentrant à la nuit, passant le long des jardins, je percevais des senteurs que je ne connaissais pas : mimosa, glycine, néflier, oranger et j’ai toujours en moi ces parfums…Marraine faisait le catéchisme à Sainte-Anne, j’ai fait ma communion privée le 19 mars 1942, le jour de la Saint-Joseph prénom de mon papa. Grande réunion familiale ce jour-là, Monique et sa famille d’accueil, la famille de Marraine, sa sœur Madame PONS, sa nièce Jeanne, appelée Jeannette et Jean-Jacques PONS le petit neveu. Quand il a fallu se quitter en novembre 1942, cela a été très dur, mais nous n’étions pas maîtres des événements.

            A SOUMA, accueillie avec Irène dans une autre famille, Madame et Monsieur BRESSON, il a fallu de nouveau s’adapter. Nous étions à la campagne dans une ferme de moyenne importance… Les stalles des chevaux étaient vides, les bêtes avaient été réquisitionnées pour la guerre. Il n’y avait plus que quelques vaches donnant du lait, qui permettait à tata de nous concocter un peu de beurre dans une petite baratte à main que nous tournions chacune à notre tour, là, en bonnes normandes, nous nous régalions, lait pour le petit déjeuner et beurre sur les tartines, un vrai délice que nous avions presque oublié !!!

            Autrement nous avons appris à découvrir, goûter et apprécier des légumes que nous ne trouvions pas sur nos tables avant la guerre : courgettes, aubergines, poivrons, concombres, tous cuits à l’huile d’olive, chez nous c’était du beurre ! Des fruits : raisins, nèfles, clémentines et mandarines à gogo…. Tata était une cuisinière hors pair. Nous, nous aidions aux épluchages faisant les « marmitonnes » de service. Les restrictions commençaient à se faire sentir, pas de chocolat, peu de tissus, jusqu’au fil qui manquait pour repriser les chaussettes… Enfin toutes les deux nous avons été très aimées et heureuses à SOUMA.

            Quelques jours ou quelques semaines après notre arrivée, un camion s’est installé sur la place. L’on nous a fait mettre les uns derrières les autres et chacun à notre tour nous devions parler au micro pour donner de nos nouvelles à nos familles de Métropole, car depuis le débarquement plus aucune information ne passait. Maman n’a pas entendu mon message. Le lendemain matin, l’épicière lui a dit : « Madame RIOCHE, vos filles Monique et Jacqueline vont bien, sont en bonne santé à la campagne, nous avons entendu Jacqueline hier soir à la radio ».

Souma photo école

Nous étions en classe dans la seule école publique de SOUMA,

petit village agricole de la Mitidja, au pied de l’Atlas Boulaïda, une seule classe, une seule maîtresse de la maternelle au certificat d’études, trois par bureau jusqu’au départ d’une partie des réfugiés. Les grands faisaient la lecture au tableau aux moyens, pendant que Mademoiselle GONON, notre maîtresse s’occupait des petits. Le tout dans une assez bonne entente car nous étions à l’abri, au calme, sans sirène ni bombardement et l’estomac bien rempli….

            Le 17 mai 1944 j’ai passé avec succès mon certificat d’études à BOUFARIK (8 km de Souma) rendant ma maîtresse Mlle Gonon fière de moi et comblée ainsi que Tata et Tonton. Pour l’oral, je devais dire une récitation ou chanter. J’ai demandé si je pouvais interpréter « j’irai revoir ma Normandie ». C’était certainement faux, mais j’ai été applaudie ! A Souma, je me souviens de Madame TURCAN, directrice du centre Georges Guynemer et de Monsieur TURCAN, le docteur du village, qui n’a pas eu trop de soins à nous prodiguer pendant ces années, nous ne demandions qu’à vivre.

            Le 8 mai 1945, fin des hostilités et nous nous demandions quand nous pourrions rentrer à la maison. Mais aussi nous préparions notre Communion solennelle qui a été célébrée le 17 mai 1945, pour Monique à l’église Saint-Charles à Alger, pour Irène et moi dans la petite Eglise de Souma.

            Cette cérémonie a été sobre mais pleine de joie, Tata avait mis tous ses talents de fine cuisinière et pâtissière pour mettre les petits plats dans les grands.

            Dans notre joie fébrile à la perspective de ce retour au pays, nous ne nous sommes pas aperçues que les grands appréhendaient ce départ qui les séparerait de ces enfants, auxquels ils s’étaient attachés, malgré leurs chamailleries et leurs crêpages de chignon. Cette absence laisserait un grand vide. Tout cela, je ne l’ai compris que beaucoup plus tard, après notre départ et le retour chez nous. Nos différentes familles d’accueil ont été en tous points formidables et je ne les remercierai jamais assez. Avec Parrain et marraine j’ai connu une vie familiale et sereine, faite d’amour….

            Mon frère Emile est rentré avec les premiers convois venant de Mostaganem. Nous, nous avons pris le bateau à ALGER en juillet 1945 après être restées une journée ou deux dans nos premières familles qui étaient tristes aussi de nous voir partir.

            Le voyage s’est passé rapidement, si bien que je n’en garde que de vagues souvenirs, les nuits sur le pont du bateau sur les nattes…

LE HAVRE détruit- hiver 1944

LE HAVRE détruit, hiver 1944

Sur le quai de la gare du HAVRE, les parents étaient là, cherchant des yeux de jeunes enfants et ne trouvant que des adolescentes. Mon Dieu ces retrouvailles !!! Peu de temps après notre arrivée, Maman nous a emmenées dans les quartiers les plus touchés par les bombes. De l’Hôtel de ville jusqu’à la mer, ce n’étaient que décombres…

Vue du Havre détruit 1945

LE HAVRE détruit, 1945

Les gravats s’amoncelaient en tas serrés à la place des maisons. Quelle désolation !  Des bombes « isolées » étaient tombées un  peu partout, le plafond d’une de nos chambres avait été soufflé. Il y avait tant à faire partout… Petit à petit, très lentement malgré tout, les Havrais revenaient dans leur ville…

Jacqueline Rioche

Remercions l’Auteur de ce témoignage émouvant qui rapporte fidèlement la qualité d’un accueil familial offert à ces enfants qui leur a épargné les affres de la guerre. Sa reconnaissance exprimée tant d’années après nous touche profondément. F.H.

Voir aussi LES ENFANTS DU "CENTRE GEORGES GUYNEMER" de 1941 à 1945

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13 novembre 2013

LOUIS GARRIGOS

            Louis GARRIGOS est né le 1er Octobre 1943 à Témaznia (Algérie) de parents ouvriers agricoles dans les coteaux de Mascara. Sa famille immigre une première fois pour s’installer à Oran lorsque Louis a 4 ans. Il fera difficilement des études primaires, pourtant il débuta à Oran d’abord puis en métropole ensuite une longue carrière uniquement au service de la viniculture.

           Il apprend le métier du vin aux côtés d’un Œnologue/Ingénieur Agronome à Villeurbanne. Courtiers en vins, négociants/exportateurs, technicien en dégustations, coupages, responsable gestionnaire et approvisionneur des stocks il devient agent de Maîtrise à 33 ans chez le plus important négociant en vins d’Europe. Il lui consacrera plus de 42 années.

           C’est à 38 ans que sa sensibilité va lui être dévoilée lorsqu’il découvre lors d’un reportage à la télévision le summum des affres de la civilisation. Des images d’enfants abandonnés, drogués et violés à Bogota, seront le détonateur de son futur dans la littérature. Il écrira alors, en 1981, son premier poème (acide) « Les enfants de Bogota » édité dans son 1er recueil. Ce premier texte bien ancré dans son esprit, il reste sans plus rien écrire pendant de longues années.

           Enfin en 2007, après un voyage de 2 ans dans ses souvenirs, il propose une autobiographie  « L’ADOLESCENT ocreux DE L’ORANIE ». Récits du quotidien de son enfance jusqu’à l’indépendance de l’Algérie.

           Ce livre est préfacé par Mme Mick MICHEYL et a obtenu le 1er Prix 2006 du récit biographique au grand prix international littéraire des Éditions TERRICIAË.

 

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louis_garrigos_1895
Louis Garrigos-Mick Micheyl

Avec Mick MICHEYL (Promotion de l’Adolescent ocreux de l’Oranie)

Louis Garrigos le triptique1

            Libéré de son activité professionnelle, il édite son 1er recueil de poésies en 2004 « L’humanité au bout d’une plume » consacré à ses coups de cœur. Puis un an plus tard « La poésie est l’Arc en ciel du cœur ».

L-humanite-au-bout-d-une-plume

Recueil de poésie illustrées de photos - 2004 - Ouvrage de 123 pages Prix 11€ frais inclus

ISBN 2-914238-43-6 - Edition du Cosmogone.

 

La poésie est l'arc en ciel du coeur

Recueil de poésie illustrées de dessins - 2005 - 102 pages - Prix 9€ frais inclus

ISBN 2-914238-56-8 - Edition du Cosmogone.

            Enfin, ses travaux verront éditer son 3ème recueil de poésies « Les sillons de l’espoir » et un ouvrage (Hamani d’ORAN, ma mémoire comme un coup de siroco) sous forme d’entretien, consacré à homme atypique, un Algérien de 81 ans. Ce personnage, d’une sensibilité exacerbé, privilège de la richesse mémorielle acquise de son passé, aussi de ses aïeux, au cœur des plus anciens bas quartiers d’Oran. Il ne cessera jamais, jusqu’à la fin de ses jours, dit-il, de lutter contre le dispersement, tout manque de dynamisme et de discipline qui frappe son pays, l’Algérie !

 

les sillons de l'espoir

Les sillons de l'espoir, poésies avec illustrations (8 €, frais d'envoi inclus), en mémoire de mes parents ouvriers agricoles.

Puis enfin un dernier ouvrage (Hamani d’ORÁN, ou, ma mémoire comme un coup de siroco) sous forme d’entretien, consacré à homme atypique, un Algérien de 82 ans.

hamani

Un personnage d’une sensibilité exacerbée, privilège de sa richesse mémorielle acquise de son passé aux côtés de ses amis (dixit) les pieds noirs, aussi de l’héritage éducatif de ses aïeux, au cœur des premiers quartiers de la Calère/Marine d’Oran construits par les espagnols au XVI siècle. Il ne cessera jamais, jusqu’à la fin de ses jours, dit-il, de lutter contre le dispersement, tout manque de dynamisme et de discipline qui frappe son pays, l’Algérie, qu'il aura connu 27 années avant l'indépendance !

 

Retour nos lectures.

12 novembre 2013

LES FRANCAIS D'ALGERIE, DE 1962 A 2014

Calmein Français Algérie Couverture 12 10 2013

Par Maurice Calmein

Préface de Thierry Rolando

Editions Atlantis, 2012, 431 pages, 25 €

Réédition revue et augmentée du livre « Les Français d’Algérie 50 ans après » paru en novembre 2012.

            Maurice Calmein a milité depuis l’âge de 16 ans dans les associations de Français d’Algérie et il en a fondé plusieurs, en particulier le Cercle algérianiste qui est aujourd’hui la plus importante de ces associations.

            Après d’autres livres consacrés à L’Algérie, il nous propose aujourd’hui, 51 ans après l’exode des Pieds-Noirs et des Harkis, cet ouvrage de 431 pages dont la seule ambition est de dénoncer les mensonges, les silences hypocrites  et les caricatures qui depuis 50 ans entourent l’histoire de l’Algérie française et de ceux qui l’ont créée et mise en valeur.

            Unique en son genre, ce livre de référence présente également un vaste panorama de la situation actuelle des Pieds-Noirs et des Harkis, de leurs combats, de leurs relations avec la France et avec l’Algérie, de leurs revendications, des dates symboliques qui les mobilisent, de leur culture et de leurs traditions, de leurs centaines d’associations, journaux, sites Internet. Il aborde enfin la question de la survie de cette province française sans territoire mais vivante dans ses enfants, de la relève par les jeunes et de son possible avenir.

* Les précédents ouvrages de l’auteur sur l’Algérie:

o Les associations pieds-noirs, Éd. SOS-Outre-Mer, 1994  (épuisé)

o Dis, c’était comment l’Algérie française ? (écrit avec Christiane Lacoste), Éd. Atlantis, 2002, 2005 

o Le sel des Andalouses. Roman, Éd. Atlantis, 2009 

o Algériens nous sommes… Histoire de l’algérianisme, Éd. Atlantis, 2011

o Les Français d’Algérie 50 ans après, Ed. Atlantis, 2012

Retour Maurice Calmein

Ces livres peuvent être commandés sur le site  www.librairie-pied-noir.com

8 novembre 2013

HOMELIE DU RP ARGOUARC'H - 5 JUILLET 2013 Sainte-Croix de Riaumont

Pour les disparus d’Algérie

Voici dans son intégralité la très émouvante homélie du R.P. Jean-Paul Argouarc’h (ancien directeur du village des scouts de Riaumont) prononcée cet été (vendredi 5 juillet) pour les disparus d’Algérie en la paroisse Sainte-Odile à Paris.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, Ainsi soit-il.

Je tiens à remercier avec émotion Madame Colette du Cosader de m’avoir demandé de célébrer cette messe en remplacement de Monseigneur Boz rappelé à Dieu.

Pour évoquer le drame de l’Algérie, il faut entrer dans la blessure, cette blessure profonde, il faut entrer dans le cœur, il faut entrer dans le Sacré Cœur du Christ, ce cœur broyé et transpercé par les péchés des hommes. « Vous avez blessé mon cœur », dit le cantique des cantiques.

Si l’Algérie fut transpercée de part en part c’est pour tuer l’amour qui régnait en Algérie.

L’assassinat du Père Charles de Foucauld s’est déroulé parce qu’il incarnait le Sacré Cœur. Sa bure blanche était frappée du signe du Sacré Cœur. Il incarnait l’amour du Christ mais aussi cette sagesse et cette lucidité face à l’islam et à la barbarie. Combien de fois a-t-il mis en garde les autorités face à cet islam fanatique !

Sur les hauteurs de Birmandreis j’étais à Alger, je revois l’arrestation de mon père par la police politique, je me souviens de la perquisition de la maison et particulièrement de ma chambre, de mes livres. Mon père est alors emprisonné, puis expulsé en Métropole. Son crime celui d’avoir défendu ses harkis que l’on s’apprêtait à livrer aux fellaghas. Ces harkis qui m’appelaient « Le fils du capitaine » et qui étaient mes grands frères à Zéralda. Je me revois au lycée Ben Aknoun où j’ai connu Jean-Yves Molinas aujourd’hui vicaire général de Toulon et qui a écrit le drame D’une rive à l’autre.

Je revois ma famille sur les hauteurs de Birmandreis, je suis l’aîné d’une famille de neuf enfants. Et puis nos espérances, les barricades, le putsch. Tous les soirs c’était la prière en famille pour que l’Algérie reste française, c’était la prière de l’Algérie chrétienne et aussi celle de nombreux musulmans. Nous étions dans l’espérance, on attendait un miracle !

Et puis ce fut le jardin des oliviers, les trahisons, la grande trahison et Gethsémani, le sang sur tout le corps de l’Algérie, sur les quatre diocèses et puis il y avait l’angoisse, « Seigneur, Seigneur nous périssons et cela ne vous fait rien », nous avons crié comme saint Pierre dans la barque.

Puis ce fut l’immense flagellation, ces petites boules de plomb qui faisaient éclater tout le tissu de l’Algérie française, tandis que la Métropole restait silencieuse. Attentats, arrestations, enlèvements, meurtres.

Et puis ce fut le couronnement d’épines, les barrages de barbelés, les tortures, l’agonie et enfin la mise à mort, la crucifixion. Combien de pieds noirs, de harkis, d’enfants, de femmes furent crucifiés sur les portes de leur ferme. Ce fut la Passion de l’Algérie avec de nouveau Hérode, Pilate et Judas mais aussi les grands prêtres Anne et Caïphe et les Pharisiens et les scribes et les partisans d’Hérode !

La tunique rouge

« Quand pourrons-nous faire entendre la vérité ? Notre voix pourra-t-elle percer ce silence assourdissant qui recouvre tous nos morts, tous nos chers disparus ? Pourrons-nous enfin revêtir tous nos frères disparus de la tunique rouge des martyrs », disait Monseigneur Boz rappelé à Dieu et qui devait célébrer cette messe. Il disait : « Au détour d’un chemin, à l’heure du silence qui s’abattra sur vous, sans doute viendra de l’au-delà de vous-même cette phrase : Caïn qu’as-tu fait de ton frère ? »

Peut être le Cardinal Duval, apprenant l’assassinat des sept moines de Tibhirine, a-t-il répondu avant de mourir à cette question : « Caïn qu’as-tu fait de ton frère ? » En effet un témoin affirme qu’il aurait dit « Cette nouvelle me crucifie », il fut enterré le même jour que les moines cisterciens.

L’exode reste dans nos mémoires. « Non, Paris ne nous a pas pris dans ses bras » et comme à Bethléem beaucoup de portes restèrent fermées, mais heureusement il y eut de bons Samaritains.

Il y a des fraternités d’âmes, nous sommes les enfants d’un même père et c’est pour cela que vous êtes ici rassemblés dans cette église, pour prier mais aussi pour affirmer une unité, sans chicaya.

« Nous portons notre mémoire sur notre dos », dit Alexandre Soljenitsyne, c’est vrai les paysages d’Algérie ressemblent à ceux de Palestine. Où se trouve cette odeur d’encens qui remplissait les églises ? Où sont les orangeraies et les olivaies, les bois de pins d’Alep et les eucalyptus, les chênes lièges de mon enfance ? Et les fleurs odoriférantes qui embaumaient l’air ? Et ce vent, ce sirocco et ce drapeau qui flottait, taché du sang de tous nos garçons, de toutes nos filles, taché par le sang d’Hernandez aux jours des barricades, ce drapeau qui a recouvert tant de cercueils, comme les anciens combattants musulmans qui étaient la garde d’honneur du drapeau de Mostaganem.

De bons centurions et de bons pasteurs. En quatre ans huit porte-drapeau paieront de leur vie leur fidélité à la France car leur fierté c’était d’être français. Le 10 janvier 1961 juste après le référendum un tueur réussit à blesser grièvement Belarbi Larbi, d’une balle dans la nuque, le dernier porte- drapeau, il a survécu, mais Benarbi Larbi a gardé le drapeau de la France sur son lit d’hôpital en France jusqu’à ce que la mort l’en sépare plus tard.

Le massacre du 5 juillet à Oran fut précédé de celui de Philippeville (20 août 1955) de celui de la mine d’El Halia (28 mai 1957) et de l’atroce massacre du village de Melouza.

A Oran nous savons ce qu’ont fait le capitaine Khelif, le sous-lieutenant Doly- Linaudière, le capitaine Croguennec. Il y eut de bons centurions, ceux qui furent l’honneur de l’armée française. Il y eut tous ces prêtres qui sont restés jusqu’au bout et qui furent nos bons pasteurs. Je ne parle pas des porteurs de valises. J’ai connu le Père Delarue avec ses yeux bleus qui laissaient entrevoir le ciel, le Père Dahmar d’origine kabyle qui m’a offert ses ornements sacerdotaux avant de mourir, c’était le curé des barricades, mais son archevêque lui avait interdit de dire la messe sur les barricades. Nous n’oublions pas aujourd’hui ceux qui furent emprisonnés ou fusillés. « On peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier ! Mais on ne peut pas lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de mentir, de se renier, de se parjurer », disait le commandant Hélie Denoix de Saint Marc au président du tribunal qui le jugeait.

Nous n’oublions pas ceux qui sont tombés le 26 mars à Alger, massacrés alors qu’ils étaient sans défense. Notre amour de l’Algérie est incarné par Desachy, jeune appelé qui a perdu sa jambe dans l’attentat du Milk-bar en 1956, il avait vingt-quatre ans et il est revenu à Alger avec une jambe artificielle pour s’occuper des jeunes musulmans, c’était cela notre amour de l’Algérie française !

Le jardinier et les racines. Nous sommes au cœur du dogme de la communion des Saints, nous n’avons pas quitté les mystères douloureux parce que notre cœur est broyé mais nous pouvons entrer dans les mystères joyeux. Je revois Monseigneur Boz me regardant avec douceur, c’était avec le Secours de France, il était retourné en Algérie pour délivrer ceux qui étaient prisonniers, il sillonnait l’Algérie en bourricot après 1962 et il a réussi à faire des sauvetages, il a toujours gardé l’espérance, mais l’état n’a rien fait après le 19 mars 1962 pour rechercher les disparus, c’est pour cela que nous avons le cœur broyé et que nous sommes ici.

Le combat apocalyptique continue.

Le pape François a dit : « Ne soyons pas naïfs, il ne s’agit pas d’un simple combat politique : c’est le projet de détruire le Plan de Dieu. Il s’agit d’une movida du Père du mensonge qui veut embrouiller les enfants de Dieu. » De nos racines arrachées à la terre d’Afrique cherchons à faire de nouvelles plantations. Les grains tombés en terre d’Afrique portent du fruit. « Le flambeau sera transmis, nous en avons l’espérance », disait Alain de Serigny, le directeur de L’Echo d’Alger. Il faut s’occuper du jardin des âmes c’est-à-dire des petites fleurs, je veux dire des enfants. Renouvelons le jardin de la Sainte Eglise, même « le désert peut devenir un jardin » dit le psaume.

Marie-Madeleine après la résurrection a vu le Christ, elle a cru que c’était un jardinier mais le Christ est le jardinier de nos âmes, c’est vrai, certes nous continuons à recevoir des projectiles médiatiques mais petit à petit la vérité va éclater et le grain de sénevé deviendra un grand arbre.

L’avenir de la chrétienté et de la France, ce sont nos familles, notre fidélité, notre amour de la Patrie. Plaçons-nous sous la protection de Notre Dame d’Afrique et de Notre Dame de Santa-Cruz et faisons vivre ce diocèse de la dispersion, que le Seigneur aime d’un amour de préférence.

Un seul Seigneur

Une seule Foi

Un seul Baptême

Un seul Dieu et Père

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, Ainsi soit-il

Père Jean-Paul Argouarc’h - Sainte-Croix de Riaumont

Retour 5 juillet 1962

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6 novembre 2013

DANIEL LEFEUVRE

 

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            Daniel Lefeuvre, historien de l'Algérie Coloniale, est décédé ce lundi 4 novembre 2013 à l'âge de 62 ans. Prennent ainsi fin trois années d'une maladie dévastatrice dont il savait l'issue inéluctable. Et pourtant, jamais, il n'a renoncé.

            Historien de très grande qualité, Professeur à l’université de Paris-VIII-Saint-Denis, membre de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer, était un universitaire rigoureux, impartial et courageux. Il va nous manquer considérablement.

            Il a gardé, jusqu'au bout, une belle allure et l'envie de chercher, d'écrire, de combattre et d'aider les jeunes chercheurs.
Chacun perçoit l'injustice devant le départ prématuré d'un homme si plein d'humanité, de gentillesse, d'humour, de dévouement et d'abnégation.

            Daniel a mené, sans se laisser distraire, les recherches minutieuses qui l'ont conduit à sa thèse de doctorat, sous la direction de Jacques Marseille (décédé lui aussi prématurément le 4 mars 2010), L'industrialisation de l'Algérie (1930-1962), soutenue en 1994.

            La mort de Daniel Lefeuvre est une perte immense pour la minuscule phalange des africanistes libres, eux qui, dans les Thermopyles de la pensée, ont décidé de combattre jusqu’au bout les masses du bas clergé universitaire porteuses du politiquement correct.

            Né le 11 août 1951 et mort le 4 novembre 2013, le brillant universitaire qu’était Daniel Lefeuvre avait suivi la voie ouverte par Jacques Marseille, qui fut son directeur de thèse. Après que ce dernier eut magistralement prouvé que, loin de les avoir pillées, la France s’était appauvrie dans ses colonies, Daniel Lefeuvre, alors professeur à l’université de Paris-VIII, démontra dans un livre fondateur que l’Algérie fut un insupportable fardeau pour la France et que, loin de l’avoir pillée, la France s’y ruina. Une telle remise en cause de la doxa marxisto-tiers-mondiste venant d’un ancien communiste provoqua un véritable déchaînement de haine chez les « bien-pensants ».

           La thèse de Daniel Lefeuvre renversait les dogmes et les idées reçues. Que l’on en juge : en 1959, toutes dépenses confondues, la « Chère Algérie » engloutissait à elle seule 20 % du budget de l’État français, soit davantage que les budgets additionnés de l’Éducation nationale, des Travaux publics, des Transports, de la Reconstruction et du Logement, de l’Industrie et du Commerce !

            En soulageant les misères des populations algériennes et en faisant reculer la mortalité infantile, la France avait créé les conditions d’une catastrophe qu’elle s’était elle-même condamnée à gérer. Résultat du dévouement et de l’efficacité du corps médical français : à partir de 1945, chaque année 250.000 naissances nouvelles étaient comptabilisées en Algérie, soit un accroissement de 2,5 à 3 % de la population, d’où un doublement tous les 25 ans. Or, depuis les années 1930, les ressources locales stagnaient et depuis 1935 le territoire n’était plus en mesure de nourrir sa population. La France devait donc, et toujours aux frais du contribuable métropolitain, y importer grains, pommes de terre, viande, laitages, etc. Même l’huile produite localement ne suffisait plus à la consommation.

            L’image d’Épinal de l’Algérie « grenier » de la France s’envolait ainsi sous le froid scalpel de l’historien économiste. [...]

            Quels intérêts la France avait-elle donc à défendre en Algérie, pour s’y ruiner avec une telle obstination, avec un tel aveuglement ? La réponse est claire : économiquement aucun ! Et pourtant : « Que d’articles, de déclarations, de discours pour rappeler que l’Algérie est le premier client de la France ! Que de sottises ainsi proférées sur le nombre d’ouvriers français qui travaillaient grâce aux commandes passées par l’Empire ! », écrit Daniel Lefeuvre.

            Qu’il s’agisse des minerais, du liège, de l’alpha, des vins, des agrumes, etc., toutes les productions algériennes avaient en effet des coûts supérieurs à ceux du marché. En 1930, le prix du quintal de blé était de 93 francs en métropole alors que celui proposé par l’Algérie variait entre 120 et 140 F, soit 30 à 50 % de plus…

            Daniel Lefeuvre a également démontré que, contrairement aux idées reçues, la main-d’oeuvre industrielle en Algérie était plus chère que celle de la métropole. Un rapport de Saint-Gobain daté de 1949 en évalue même le surcoût : « Pour le personnel au mois, la moyenne [des rémunérations versées] ressort à 27.000 F pour la métropole contre 36.000 F en Algérie [...] Par comparaison avec une usine métropolitaine située en province, l’ensemble des dépenses, salaires et accessoires est de 37 % plus élevé ». [...]

            La découverte des hydrocarbures en 1956 ne changea pas la donne. [...]

            [Quant à ] l’immigration algérienne en France, et contrairement à tous les poncifs, Daniel Lefeuvre a définitivement démontré qu’avec le statut du 20 septembre 1947 conférant la citoyenneté française aux musulmans d’Algérie, ce fut la préférence nationale, en l’occurrence la préférence algérienne, que choisirent les gouvernements de la IVe République. Contrairement à une autre idée reçue, les choix des patrons métropolitains étaient au contraire à la main-d’oeuvre italienne, espagnole et portugaise mieux formée donc moins chère et facilement assimilable. Comme l’écrit encore Daniel Lefeuvre, « contrairement à une légende tenace, l’afflux d’Algériens en métropole, dans les années 1950, ne répond pas aux besoins en main-d’oeuvre de l’économie française au cours des années de reconstruction ou des Trente Glorieuses », ce qui détruit « l’imagerie de rabatteurs, parcourant le bled, pour fournir à un patronat avide la main-d’oeuvre abondante et bon marché dont il serait friand ».

            À lire ces lignes, on comprend que les Coquery-Vidrovitch, les Liauzu et les Stora aient eu des brûlures d’estomac…

Ndlr : Pour lire les renvois de l’auteur, cliquez SVP sur ce lien : http://www.bvoltaire.fr/bernardlugan/daniel-lefeuvre-un-africaniste-libre,40719

A sa famille nous adressons nos condoléances les plus émues.

 Un hommage lui sera rendu samedi prochain lors du 40 eme anniversaire du cercle à Perpignan

Voir son intervention dans « C dans l’air » de France 5 de décembre 2012 au débat de Calvi. Vu l'absence de l’inévitable Stora en Algérie avec Hollande, il a pu pour l’Algérie « création française » et pour la colonisation évoquer le droit d’inventaire au grand dam de ses interlocuteurs.

Vidéo de l'intervention de Daniel Lefeuvre  ";Sifaoui et Maleck Bouti en restent quoi !

6 avril 2013 - Dernier exposé de Daniel Lefeuvre - "Les cercueils et la valise"  de Guy Pervillé

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5 novembre 2013

JEAN MONNERET - LE DÉBAT A PROPOS DU 5 JUILLET 1962 A ORAN

Afin de suivre  mon débat avec J-F. Paya sur le 5 juillet à Oran voici les 3 chapitres Jean Monneret

- (1) : débat avec Jean-François Paya.

- (2) : la recherche des faits : l'heuristique.

- (3) : ce qui reste à démontrer.

Introduction

Il paraît important de revenir sur le sujet du 5 juillet 1962 à Oran. En effet, J-F Paya contestant une partie de ce que j’ai écrit, je dois m’efforcer de lui répondre. Autant le dire d’emblée : un scepticisme croissant me gagne à mesure qu’il développe ses thèses.

J.F Paya est un ami et comme il ne se départit pas des règles de la courtoisie, il n’y a pas d’inconvénients à entrer avec lui dans une disputatio. J’ai pourtant hésité longuement à le faire, car, trop souvent, les débats entre Français d’Algérie ont tourné au vinaigre. Ceci a nui à notre communauté et l’a affaiblie.

Ici, je m’en tiendrai à une explication sereine en évitant tout jugement péremptoire  ou péjoratif et en me bornant à fournir des éléments d’information.

Notre excellent ami Jean-Pierre Pister a écrit dans le numéro de juin 2012 de l’Algérianiste que je ne croyais pas : « à  un quelconque complot pour expliquer le déchaînement de violences » du 5 juillet.

Je crois utile de rappeler à cet égard qu’en Histoire, il n’y a pas à croire ou à ne pas croire. L’universitaire expérimenté qu’est J-P Pister me comprendra aisément si je lui dis qu’une machination se démontre preuves à l’appui.

Dans les milieux journalistiques et politiques, on a beaucoup abusé des théories complotistes, et sur mille sujets. Il est donc naturel que la science historique soit exigeante en la matière. Je ne rejette pas a priori l’idée d’un complot, mais la démonstration qu’en donne Paya me semble peu convaincante.

Je vais m’efforcer d’expliquer pourquoi. Dans cette première livraison, je traiterai la question des chiffres. Dans la suivante, j’évoquerai les faits .Ils sont loin d’être tous clairement  établis.

Pour finir j’essaierai de montrer que la thèse du complot benbelliste n’est qu’une hypothèse.

Premier chapitre

En matière de chiffres, qu’il s’agisse du 5 juillet ou de tout autre épisode de la guerre d’Algérie, une règle devrait s’imposer : éviter de copier le FLN en faisant de la propagande ou de la contre-propagande.

Le FLN raconte que la répression de l’insurrection du 8 mai 1945 à Sétif et Guelma fit 45000 morts dans la population musulmane. Selon cette organisation, la guerre d’Algérie aurait fait un million de morts dans cette même population. Ce chiffre lui paraissant sans doute trop faible, le FLN l’éleva, à partir de 1962, à un million 500000 personnes. Ses propagandistes ont imaginé ensuite qu’en les répétant inlassablement ces chiffres finiraient par s’imposer. Grosse erreur ! Ils sont fort justement qualifiés de « chiffres idéologiques » par les historiens.

En ce qui concerne les victimes du carnage d’Oran, il convient de nous en tenir à une démarche toute différente : n’utiliser que des chiffres susceptibles d’être prouvés, même si d’autres, plus élevés, peuvent paraître plus séduisants. En ce domaine, la rigueur paie, même si les difficultés sont plus grandes.

Dans mon livre *sur Oran, j’écris à la page 150 que les dossiers (nombreux) du Deuxième Bureau recensent 435** cas d’enlèvements d’Européens. Après soustraction des personnes retrouvées ou libérées, on atteint le chiffre de 365 personnes disparues. Il est intéressant de constater que Mme Ducos-Ader, à partir d’une liste et d’une recherche différentes atteint des nombres relativement comparables aux miens.

Toutefois, je me suis gardé de tout dogmatisme et j’ai écrit dans mon livre comme dans différents articles que l’on ne saurait sans doute jamais le bilan exact des victimes de cette funeste journée.

En particulier, il y avait un problème qui n’avait jamais quitté mon esprit : enlevés, disparus et décédés confirmés correspondent à trois catégories qu’il convient de distinguer : une personne peut avoir été enlevée sans être portée disparue. Elle entre alors dans la catégorie des personnes retrouvées, ou libérées, ou encore dans celle des morts dont on a récupéré le corps.

Il y a eu des difficultés considérables pour évaluer ces derniers. Des voyageurs pieds-noirs qui avaient visité le cimetière d’Oran faisaient état d’un registre où l’on dénombrait une vingtaine d’Européens non identifiés inhumés le 5. Fouad Soufi, fonctionnaire et historien algérien, évoquait de son côté une cinquantaine de décès d’Européens consignés sur les registres d’état civil d’Oran.

Loin d’accorder à ces chiffres une valeur qu’ils ne pouvaient avoir, je faisais part p.149 des incertitudes qui n’étaient pas dissipées. Je me suis toujours efforcé, que ce soit lors de la participation à l’enquête de 2004 menée par l’ANIFOM ou à celle de 2011 dirigée par J-J Jordi de faire prévaloir une classification rigoureuse des victimes : enlevées, libérées, retrouvées mortes.

Cette dernière catégorie était de loin la plus difficile à préciser, ne serait-ce que parce que Soufi avait parlé d’inhumations clandestines à propos des Européens tués le 5 juillet.

Ne disposant pas à l’époque, en 2006, date de sortie de mon livre, de documents fiables, je m’en suis tenu aux chiffres que livraient les archives militaires. C’est la démarche la plus rationnelle pour un historien s’il l’accompagne des réserves d’usage, malheureusement les lecteurs oublient souvent ces dernières et ne retiennent que les chiffres.

*La Tragédie dissimulée. Oran 5 juillet 1962. Ed. Michalon. 2006 et 2012 (seconde édition).

**J-F Paya conteste que les 440 dossiers de plaintes remis à Ben Bella par le consul général J. Herly confortent ce chiffre au motif qu’une plainte pouvait concerner plusieurs personnes. J-F Paya à raison, mais toutes les plaintes ne concernaient pas non plus des enlèvements. Ce chiffre de J. Herly n’est qu’une indication relative.

Quelques années plus tard, un nouveau progrès fut accompli grâce à la recherche de J-J Jordi. Je n’ignorais pas que des personnalités importantes comme le docteur Couniot, chirurgien oranais très connu, ayant continué à vivre en Algérie après l’Indépendance et lié à beaucoup de gens importants de tous milieux, avait parlé de 700 victimes. Le regretté Monseigneur Boz, éminent collaborateur de Monseigneur Lacaste, le rejoignait dans son évaluation. Chevènement dans son livre* parlait, lui, de 800 victimes. Sans négliger ces indications, il était évident qu’elles ne pouvaient pas fonder un bilan solide. La discipline historique, _ j’y reviendrai_, est très réservée au sujet de la fiabilité des témoignages individuels. ** Il fallait compléter par des documents.

Ce fut le mérite incontestable de Jordi de les mettre à jour, ce qui permit de procéder à une évaluation nouvelle et certainement plus complète.

Au sein de l’armée, en effet, différents rapports avaient été rédigés relativement au 5 juillet 1962. Ces rapports, sur ordre de Pierre Messmer, ne furent pas transmis à la Croix-Rouge, ce qui affaiblit d’autant le texte que celle-ci remit plus tard aux gouvernements, tant français qu’algérien. Mais un homme, Jean-Marie Huille, commissaire de la Marine***, fut chargé de croiser l’ensemble des rapports militaires avec les notes qui lui étaient parvenues, pour en tirer une synthèse d’ensemble. Il aboutissait au chiffre de 671 victimes disparues et décédées. J-J Jordi, après lecture du rapport Huille, consulta les dossiers des personnes concernées au Service Central des Rapatriés, il aboutit à un chiffre très voisin de 679 personnes, qu’il ventila en 353 disparues (chiffre proche du mien), et 326 personnes décédées (soit beaucoup plus que nous n’avions pu le savoir jusque-là).

**** C’est là une percée absolument remarquable en matière de recherche historique, qu’il faut saluer hautement. Une très large part du mérite en revient personnellement à J-J Jordi.

Un consensus devrait pouvoir se faire aujourd’hui sur un bilan se situant, à quelques unités près,  autour de 700 victimes européennes, et de 800 si l’on ajoute les victimes musulmanes, signalées par la presse de l’époque.

*Le vieux, la crise, le neuf. Ed. Flammarion. Paya le présente comme un attaché militaire, ce qui peut surprendre.

**Un historien ne peut se permettre d’écrire : «  il y a eu tant de morts, tel jour, c’est un tel qui me l’a dit » . La discipline historique est plus exigeante.

***Le hasard, qui fait bien les choses, m’a permis de rencontrer J-M Huille, de m’entretenir et de correspondre avec lui.

****Jordi pense qu’on peut ajouter à ce total une centaine de musulmans.

Deuxième chapitre

LA RECHERCHE DES FAITS (L’heuristique)

Si j’en crois les linguistes, le mot historia vient du grec istoria qui signifie : enquête. Et c’est une véritable enquête que l’historien doit mener pour retracer le déroulement d’une journée, les faits qui l’ont marquée, leurs causes.

Or depuis des siècles, l’histoire se fait avec des documents écrits. Les sources écrites, les archives, peuvent être soumises à la critique, tant externe qu’interne. Il serait toutefois déraisonnable de les récuser par principe et systématiquement. Rien ne serait plus antihistorique.

Malheureusement, à écouter certains de nos compatriotes, on devrait non seulement rejeter les archives, militaires ou autres, qui concernent le 5 juillet 1962, mais encore leur préférer à priori les témoignages. Ce serait un renversement de toute la méthodologie en histoire. Inutile de dire que ceci ferait planer des doutes importants sur le sérieux d’une telle démarche.

En effet, les sources narratives, qu’il s’agisse de récits rédigés ou de témoignages oraux, se sont longtemps heurté à une réserve marquée des historiens.

A l’époque présente, la discipline historique s’accommode des témoignages individuels écrits ou oraux, mais en soumettant leur utilisation à des conditions précises. L’une d’elle est de les admettre pour autant qu’ils émanent de sources diversifiées voire opposées.

Car une certaine suspicion s’attache au témoignage humain de par sa fragilité. Depuis les expériences célèbres du professeur Claparède à Genève en 1905 jusqu’à celles du journaliste Gabriel Domenech du Méridional-La France dans les années 50, le côté subjectif du témoignage individuel a été largement démontré.*

L’histoire tend à devenir toujours plus scientifique. Comment pourrait-elle négliger  cet acquis qu’est le constat avéré de la fragilité du témoignage ? Il faut donc examiner ce dernier avec esprit critique, mais là aussi, sans le récuser systématiquement, ce qui serait également déraisonnable.

Le témoignage individuel est subjectif, car les gens réagissent à un événement, non pas uniquement en fonction de ce qu’ils ont vu, (bien qu’ils en soient eux-mêmes absolument convaincus), mais en fonction de leurs habitudes mentales. Il en est tout particulièrement ainsi lorsque l’on a affaire à des gens émus, placés devant un événement grave et bouleversant. L’historien doit alors être en garde contre les erreurs possibles ou les partis pris du locuteur concerné. Il faut donc vérifier, contrôler et recouper les dires des témoins, sans bien sûr les récuser.  La variété des sources est par conséquent indispensable.**

Un autre défaut inhérent au témoignage individuel est d’être partiel. Limité par définition, il ne permet pas d’avoir une vue d’ensemble d’un phénomène. Les témoignages à la première personne où le narrateur tend à se donner le beau rôle, ( type le Général Katz dans son livre), doivent spécialement appeler la réserve.

Il faut se méfier également des témoignages qui apparaissent quasi miraculeusement quarante ou cinquante ans après les faits. Même s’ils ne sont pas forcément controuvés, la mémoire évolue, elle magnifie ou réduit certains événements vécus. En outre, durant le laps de temps écoulé, le témoin a lu des livres ou entendu des témoignages semblables au sien ou différents. Avec le passage des années, certains ne distinguent plus entre leurs lectures et leurs souvenirs. Que dire des témoignages de seconde main, du genre  «  Je n’étais pas là, mais un tel m’a dit que… »? Leur fiabilité est quasiment nulle.

La situation la plus favorable est donc celle où l’on dispose de témoignages diversifiés que l’on peut confronter à des sources écrites : archives, rapports, registres ou photographies, documents en tous genres que l’on peut utiliser simultanément. Les faits peuvent alors être établis  du mieux possible. Tel est précisément le cas du 5 juillet 1962 à Oran.

Naturellement il faut aussi éviter le dogmatisme et garder à l’esprit qu’une recherche, pour progresser, doit s’étaler dans le temps. Ce qu’un travail a établi à un moment donné, eut être complété ou amélioré par la découverte de nouveaux documents. Ceci s’est produit par exemple grâce aux efforts de Jordi concernant les disparus.

Aussi la critique tant des sources que des enquêtes doit rester ouverte ; elle peut avoir du prix à condition d’éviter l’esprit de système. Multiplier les objections à un livre, paragraphe par paragraphe ou ligne par ligne, n’a en revanche aucun intérêt.

Quant à la récusation totale des archives militaires ou autres au prétexte rudimentaire qu’elles seraient censurées ou caviardées***, voilà qui a peu de chances de recueillir l’approbation des spécialistes. C’est méconnaître les ressources de l’archivistique en France. Il serait plus subtil au contraire de réclamer une ouverture aussi large que possible de tous les fonds.

Ces principes absolument basiques ayant été précisés, il nous reste à nous efforcer de dégager : les faits que l’on peut raisonnablement tenir pour établis concernant le 5 juillet et l’ensemble de ceux qui restent à prouver.

Ce dernier point fera l’objet de notre troisième chapitre.

*Ceux qui voudraient se documenter sur ce point peuvent lire les articles de Régis Pouget de l’Université de Montpellier et ses livres. Il en existe une foule d’autres, la bibliographie est immense.

**Les historiens qui me liront me pardonneront de devoir énoncer de telles vérités premières. Mais tous les lecteurs ne sont pas historiens et il faut placer le débat avec J F Paya sur des bases claires.

*** Caviardée : veut dire biffée à l’encre noire, dont la couleur évoque le caviar. En 22 ans, j’ai consulté des centaines de pièces d’archives sur l’Algérie, je n’en ai pas vu une seule qui le soit.

A- Les faits établis à propos du 5 juillet 1962 à Oran

1) On peut tenir pour substantiellement démontré que l’armée française avait ordre de rester consignée dans ses casernements ; ordre exécuté à de rares exceptions près.

2) Il est également démontré que des centaines d’Européens furent massacrés et/ou enlevés ce jour-là. Certains furent tués dans  les rues de la ville, d’autres conduits à la périphérie et tués à leur tour.

3) Il est également établi que dans son livre L’honneur d’un général, Joseph Katz a affirmé à maintes reprises, des choses inexactes, contredisant différentes pièces d’archives du Service Historique de la Défense.

            Sur le premier point, je me souviens qu’alors que je rédigeais ma thèse, le général Faivre avait attiré mon attention sur le Cahier d’Enregistrement du GAOR (Groupement Autonome d’Oran longtemps appelé Secteur). Ce document contient les entrées relatives aux exactions signalées au Secteur et les directives du général Katz. Celles-ci sont au nombre de deux, inscrites à deux intervalles différents : consigne rigoureuse des troupes. Horaire : 12H05 et 12H15. J’ai obtenu l’autorisation de reproduire ce passage. Il figure dans les annexes de mon livre "La phase finale de la guerre d’Algérie", aux pages 398 et 400. On me dira que c’est un fait connu. Et alors ?

Aurait-il fallu se priver d’une preuve aussi significative ? A l’heure où d’aucuns parlent d’agir vers les organismes internationaux ce serait bien irréfléchi.

Sans revenir sur le décompte des tueries déjà évoqué il est clair que de nombreux Pieds-Noirs furent massacrés dans les rues d’Oran. D’autres furent massacrés dans des zones suburbaines particulièrement au Petit-Lac.

Malheureusement, les témoignages ici sont rares. Celui d’une jeune femme arabo-berbère publié en transcription dans mon livre et oralement dans le DVD de Claire Feinstein est hélas unique en son genre. Quelques rares personnes conduites en ces lieux ont pu être sauvées mais leurs récits ne nous sont pas parvenus.

Fort heureusement, les archives militaires viennent à notre secours. Le 2ème Bureau de l’Armée française a reçu de nombreux renseignements de tout type sur les exactions commises au Petit-Lac. Feu Guy Pujante en avait, me semble-t-il, publié des extraits.

Le 2ème Bureau fit procéder à une reconnaissance photographique par hélicoptère. Celle-ci est mentionnée dans mon livre "La phase finale",  page 278. Je n’ai malheureusement pas eu l’autorisation de publier ce cliché. Celui-ci, très net montre la présence d’une vingtaine de tombes collectives, de charniers rectangulaires se détachant de façon très géométrique sur le sol plus clair.

Jean-Jacques Jordi a également consulté ce dossier. Il a eu, contrairement à moi, l’autorisation de reproduire cette photo. Hélas le résultat est de qualité moyenne alors que l’original est d’une parfaite précision. Néanmoins, c’est une preuve précieuse et il n’y a aucun doute sur la réalité du massacre perpétré là.

Le général Katz a menti à plusieurs reprises.(Cf. mes 2 livres). D’abord en cherchant assez piteusement à dissimuler la non-intervention de l’Armée qu’il avait ordonnée et confirmée. Il n’hésitera pas à écrire ceci : « l’Armée, je le répète est intervenue sur le champ…..», page 330 de son livre. Ceci est démenti par son double ordre aux troupes précité de demeurer consignées double ordre dûment enregistré dans les archives.

Mais Katz va plus loin car dans un rapport du Corps d’Armée émanant directement de son Cabinet, on peut lire que : « le 8ème RIMA ,le 4ème et le 2ème Zouaves ,ainsi que le 5ème R.I se portèrent sur les lieux de la fusillade et s’employèrent à protéger les Européens », page 357. Or, ces interventions étaient des interventions dites d’initiative, (c.à.d. prises spontanément par les responsables des unités) qui ne devaient rien, tout au contraire, aux ordres du général.

En d’autres termes, ce dernier avec un culot digne d’une meilleure cause, s’attribue le mérite d’interventions qu’il avait interdites. Il est inexact en outre de dire que ces interventions ont eu lieu « dès les premiers coups de feu », page 357. Le 8ème RIMA et le 5ème R.I sont intervenus, les archives à nouveau nous l’apprennent, à 13H15 et 13H30, soit 2 bonnes heures après le début des troubles.

Le général n’hésite pas à parler du « prétendu charnier » du Petit-Lac, page 331. Or, il ne peut avoir ignoré les rapports de son 2ème Bureau et les photos prises pendant la reconnaissance à vue. L’affirmation qu’il envoya un gendarme enquêter sur place lequel « ne décèle rien », l’odeur n’étant pas « plus pestilentielle qu’ailleurs », page 332, est singulièrement ridicule.

Troisième chapitre

CE QUI RESTE A DÉMONTRER

De multiples interrogations subsistent en ce qui concerne cette journée du 5 juillet. On peut les ramener à deux :

- 1) Qui a déclenché la fusillade ?

- 2) Y a-t-il eu une machination et ourdie par qui ?

S’il est une question à laquelle les gens sont susceptibles de répondre en fonction de leurs présupposés personnels, c’est bien la première. Or, il ne s’agit pas de convaincre les convaincus mais de faire un travail aussi scientifique que possible. N’ayant pas personnellement l’assurance qui permet de tout trancher, je reste sur ce point dans l’incertitude.

En revanche, tout le monde ou presque (1) paraît d’accord pour mettre hors de cause l’OAS, dont les commandos avaient quitté Oran. Seul le Général Katz fait allusion, dans son livre (2) à de possibles desperados de l’Organisation (sans la nommer). Sa démonstration est toutefois des plus laborieuses. Je l’ai souligné à la page 109 de mon ouvrage sur le sujet (3).

Répondre à la deuxième question est tout aussi difficile. J.F Paya s’estime, pour sa part capable de résoudre ces deux énigmes. Il semble persuadé que sa présence en Oranie en 1962, qui s’est prolongée à Mers-el-Kébir jusqu’en 1965, lui donne un avantage pour analyser le 5 juillet. Toutefois ce qu’il écrit est loin d’être toujours convaincant.

Paya insiste sur le conflit qui opposait alors le GPRA (4) au clan Ben Bella/Boumediene. Ce dernier étant le chef de l’État Major Général de l’Armée de Libération Nationale (5), basée aux frontières algéro-marocaine et algéro-tunisienne. C’était en effet le problème de l’heure et toute la presse nationale et internationale ne parlait que de cela.

L’EMG défiait l’autorité du GPRA, ce qui avait pour résultat d’introduire au sein du FLN une très grave cassure à la veille du référendum. Celui-ci eut lieu néanmoins, mais au lendemain de sa tenue, les deux groupes antagonistes se redisputèrent avec ardeur la direction de la future Algérie.

L’Indépendance ayant été proclamée le 3, qu’elle était la situation le 5 juillet ? C’était une veillée d’armes. Le GPRA avait quitté Tunis pour Alger. Le clan Ben Bella/Boumediene était installé à Oujda, au Maroc, c’est pourquoi Paya les désigne comme les conjurés d’Oujda (6).

le G.P.R.A.

Le GPRA dirigé par Ben Khedda, son président, avait le soutien de la Wilaya 4, l’algéroise, il recevait aussi l’appui de la wilaya 3, la kabyle. Le GPRA avait lancé un appel à manifester le 5 juillet, date anniversaire symbolique de la prise d’Alger en 1830 (7), afin de fêter la «libération» du pays. L’Oranie, bien tenue en mains par les benbellistes (Paya dixit), n’avait pas prévu de manifestation (toujours selon Paya).

Néanmoins les appels à cette célébration lancés sur les ondes de Radio-Alger furent naturellement entendus à Oran et un défilé s’organisa. Paya présente les choses ainsi : «Mais à Oran, les animateurs (?) assez anti-FLN de l’extérieur, s’empressèrent d’obéir au GPRA».

Cette situation ne pouvait que déplaire à l’EMG qui voyait en le GPRA l’ennemi juré. Or, ces manifestations le mettaient en valeur. Les benbellistes entreprirent, dit Paya, de les saboter.

Ainsi, toujours selon Paya, la ville d’Oran allait devenir le 5 juillet 1962 un théâtre important de l’affrontement entre le GPRA et l’EMG. Notre auteur est très affirmatif : le massacre des Européens résulte d’une machination tramée par le clan Ben Bella /Boumediene.

Des agents dudit clan déclenchèrent une provocation en centre-ville durant le défilé des Musulmans. Leur but : discréditer le GPRA. Citons Paya :

«…Pour les conjurés d’Oujda Ben Bella et Boumediene, qui allaient s’installer à Tlemcen, cela ne pouvait se passer ainsi. Il leur fallait démontrer que les partisans du GPRA n’étaient pas capables d’assurer l’ordre, tout en conjurant le risque d’une enclave européenne dans la zone Oran- Oran/Mers-el-Kébir (souligné par nous).

Mais surtout, ils préféraient avoir un prétexte pour faire intervenir massivement cette armée des frontières sans paraître faire un coup d’État (souligné par nous).

Bien sûr, la population ne comprenait rien à ce qui se passait. Mais une fois sur place, elles (les troupes venues du Maroc) mirent surtout au pas leurs opposants et les éléments musulmans perturbateurs que la provocation avait déchaînés…» (8).

Comme on le voit, notre auteur procède surtout par affirmations. Il est persuadé que l’appel du GPRA lancé sur les ondes fut repris à Oran par des éléments hostiles à l’EMG.

Oran benbelliste ?

De tels éléments ont sûrement existé, mais Paya les présente comme «influents». Il parle même de «responsables». Ceci paraît à première vue, contradictoire avec le fait qu’il évoque lui-même ensuite une Oranie «bien tenue en mains par les benbellistes» (9).

Notre auteur va plus loin en affirmant quelque chose d’étonnant qui aurait bien besoin d’être solidement étayé : des banderoles furent confectionnées avec le slogan : «À bas le culte de la personnalité».

Paya a parfaitement raison d’y voir un mot d’ordre codé contre Ben Bella. Ainsi dans Alger, où dominait la wilaya 4, hostile à ce dernier, ce slogan était, à la même époque, placardé sur tous les murs. Mais la capitale où je me trouvais alors (10), était aux mains de gens farouchement opposés à l’EMG.

Rien de semblable à Oran où la situation était rigoureusement différente. L’Oranie (la wilaya 5) était un bastion benbelliste. Adhérer à l’analyse de Paya impliquerait de reconsidérer tout ce que l’on sait de la situation locale. L’Oranie, (en tous cas Oran), aurait été non pas traversée mais profondément ravagée par les luttes de clans du moment.

Oran pourtant tenue par Si Bakhti, homme lige de Ben Bella est curieusement présentée comme influencée par les partisans du GPRA. Et bigrement puissants pour être capables d’organiser un vaste défilé, de leur propre chef (c’est le cas de le dire), et avec leurs propres slogans anti Ben Bella. C’est là un renversement de perspective surprenant qui va à l’encontre de tout ce qui s’écrivit sur le moment et dans les chroniques ultérieures. Nous verrons plus loin quelles justifications donne Paya à cette présentation des faits.

Car notre auteur va toujours plus loin. Rappelons qu’il prête à l’EMG, qu’il désigne comme «les conjurés d’Oujda», une intention machiavélique : «…Il leur fallait démontrer que les partisans du GPRA n’étaient pas capables d’assurer l’ordre, tout en conjurant le risque d’une enclave européenne dans la zone Oran/Oran-Mers-el-Kébir».

Attention ici ! Si les mots ont un sens, cette phrase porte inévitablement à penser que le maintien de l’ordre à Oran-ville dépendait de partisans du GPRA. Sans cela, comment les accuser d’incompétence après le massacre ?

Or, comment souscrire à une telle vision des choses ? Et Si Bakhti compagnon de route de Ben Bella depuis les lointains épisodes de l’Organisation Spéciale n’était-il qu’une potiche ? Ou bien si il était lui-même partisan du GPRA ? Là, ce serait un scoop ! Et Souaiah El Houari, le préfet désigné par la wilaya 5 ?

Les questions sont donc nombreuses et l’analyse de Paya paraît plus que sommaire. Évidemment chacun a le droit de s’écarter des sentiers battus et de chercher à expliquer les choses à sa manière. Encore faut-il le faire avec des arguments solides et être cohérent. Est-ce le cas ?

arrestation d'Européens par des membres de l'ALN à Oran au lendemain des fêtes de l'indépendance proclamée le 3 juillet 1962.
Photo publiée dans Paris-Match du 14 juillet 1962

enclave européenne ?

Ainsi, la crainte attribuée à l’EMG de voir s’établir une enclave européenne dans cette zone et à cette époque est fortement invraisemblable. Le FLN s’en était justement inquiété six mois auparavant, lorsque l’OAS était à son apogée. Le 5 juillet, il n’y avait plus d’OAS. D’autre part, une enclave européenne n’aurait pu exister qu’avec le soutien de l’armée française. Les chefs de celle-ci avaient en juillet 1962 des préoccupations tout autres. Parler, comme le fait Paya, d’une enclave qui se serait créée «de facto» dans la zone concernée est peu crédible. La population européenne y avait déjà considérablement diminué.

Les analyses de notre ami reposent également sur un autre point clé : Ben Bella et Boumediene auraient eu besoin d’un prétexte pour faire intervenir l’Armée des Frontières dans Oran. On ne voit pas pourquoi. La chose est pour lui évidente, et depuis plus de vingt ans, il revient inlassablement sur ce thème.

Or, il y a un point de comparaison. Quelques jours avant et après le 5, l’Armée des frontières s’installa dans le Constantinois à partir de la Tunisie. Elle le fit sans coup férir et sans se soucier de quiconque. Elle occupa d’abord Souk-Ahras puis Constantine en mettant entre parenthèses les chefs locaux trop indépendants. On ne voit pas ce qui l’aurait empêché de faire la même chose à l’Ouest avec ou sans prétexte. D’autant qu’il n y avait pas en Oranie de chefs locaux connus susceptibles de s’opposer à l’EMG. Et comme l’a bien vu Harbi, personne en Algérie n’était prêt à mourir pour le GPRA. (Mohammed Harbi, Le FLN, mirage et réalité.p. 358).

Paya a souvent présenté les troupes FLN de l’intérieur de l’Oranie comme un ramassis de gens réunis à la hâte, équipés de bric et de broc, voire dépenaillés. Absolument rien n’indique qu’ils aient eu l’intention de contrer l’ALN de l’extérieur (11). Mais si tel eût été le cas, comment auraient-ils pu s’opposer aux troupes de Boumediene bien équipées et longuement formées à la conquête du pouvoir ?

Notre auteur semble fermement croire que le prétexte éventuel du maintien de l’ordre défaillant était indispensable à l’EMG pour entrer à Oran. Sans cela, dit-il, cette entrée eût ressemblé à un coup d’État ou à un putsch.

La belle affaire ! C’est là prêter à l’équipe benbelliste une délicatesse de sentiments et des préoccupations morales en politique. Franchement, peu d’indications permettent de l’en créditer et, là encore, ce type d’arguments ne convaincra que les convaincus. Rappelons qu’en investissant Constantine à l’autre bout de l’Algérie, l’ALN des frontières n’a pas hésité à arrêter un chef aussi prestigieux que le colonel Boubnider, dit Saout el Arab. Elle mit également à l’ombre, dans la foulée, un ministre du GPRA et non des moindres : Lakhdar Ben Tobbal.

Pour agir ainsi ses chefs n’avaient eu besoin d’aucun prétexte autre que leur ambition et leur soif du pouvoir. Ils se souciaient peu que cela ressemblât à un putsch, c’est ce à quoi ils se préparaient depuis des années.

discussion des justifications de J.-F. Paya

Pétitions de principes, postulats, simples affirmations abondent chez Paya. Voyons maintenant les justifications qu’il lui arrive de fournir de-ci de-là.

Voici ce que je lis en juin dernier sur internet émanant de lui : «…..Aujourd’hui, tous les éléments dont nous disposons : témoignages français et algériens, neutralisation d’unités de la force locale la veille du 5, ordre du jour ALN d’Oujda du 5 au matin tendent à prouver que les conditions de la réussite de la provocation à l’émeute et au désordre furent réunies et sciemment orchestrées par les éléments de l’ALN/FLN qui voulaient prendre le pouvoir en Algérie…».

Paya évoque souvent des informateurs musulmans qui lui auraient fourni des tuyaux exceptionnels. Malheureusement, il s’agit de gens demeurés anonymes dont nous ne savons rien. Leurs témoignages datent-ils de1962 ou de plusieurs années après ? Un seul témoin de ce type est nommé dans son livre électronique (12). Son texte ne contient aucune révélation et ne prouve rien. D’autant qu’il est unique en son genre. Testis unus… Historiquement parlant, tout cela est sans valeur.

Autre chose : notre auteur semble persuadé, à partir d’un seul exemple, que la force locale (13) était «neutralisée» le 5 juillet. Au risque de le peiner, je dois lui signaler que les archives militaires ne confirment pas ce point. Le cahier d’enregistrement du GAOR signale au contraire qu’un européen est molesté par des éléments de ladite force locale. L’heure est indiquée : 15H30 (page 399 de mon livre La phase finale...).

Dans le dossier 1H3206 du SHD, une autre unité de la force locale, la 502e UFO est en revanche signalée pour son souci de protéger les Européens dans les rues d’Oran. Cette unité entièrement composée de Musulmans est conduite par le lieutenant Bacouche, auquel hommage est rendu (14). Je ne vois donc pas d’où l’auteur tient l’information selon laquelle les forces en question auraient été «neutralisées». Il cite le cas d’une unité qui aurait été désarmée, mais ceci ne signifie pas qu’elles le furent toutes et partout.

Venons-en à l’ordre du jour de l’ALN d’Oujda, que Paya a publié à maintes reprises (15) et qu’il brandit comme la preuve décisive de ce qu’il affirme. Ce texte contient une recommandation : «veiller à la sécurité des populations et particulièrement sur celles (sic) de la minorité européenne».

Ceci fait écho à ce qu’avait dit 48 heures auparavant Si Bakhti lors du défilé des katibas de l’ALN (intérieure) à la lisière des quartiers musulmans, à proximité du boulevard du Corps Expéditionnaire Français. Bakhti annonçait que les Européens seraient protégés et même que ceux qui s’en prendraient à eux seraient passés par les armes. Il suffit de reprendre la presse de l’époque : Le Figaro et Le Monde par exemple pour avoir les détails.

Paya interprète le document de l’ALN extérieure d’une façon très surprenante : en effet, il est à première vue étonnant qu’un document, qui recommande de protéger les Européens, soit présenté comme la preuve qu’on va les massacrer. Pas très cartésien.

Mais, aux yeux de notre auteur il n’y a pas de contradiction et l’explication en est très simple : si l’EMG parle de protéger les Européens, c’est tout simplement qu’il sait d’avance qu’ils vont être massacrés puisque c’est ce qu’il a projeté. CQFD. Il suffisait en effet d’y penser.

Autre justification utilisée par Paya à l’appui de sa thèse : il cite un texte de Bruno Etienne de 1977 (16). Celui-ci indiquerait qu’un groupe opérationnel de l’ALN du Maroc serait entré à Oran aux premiers jours de juillet 1962. «C’est lui», dit B. Etienne, «qui paraît responsable des massacres et des disparitions du 5 juillet à Oran»

Comme on le voit, la date est vague : aux premiers jours, le groupe concerné paraît responsable. Aucune source n’est citée. Notre auteur le constate aussi mais semble considérer qu’un historien du calibre de Bruno Étienne n’aurait pas écrit cela sans raisons. Faisons lui donc confiance et croyons-le sur parole ; c’est tellement plus simple ainsi.

Autre point qui laisse songeur : Paya a analysé le film d’Yves Courrière : La Guerre d’Algérie, souvent montré à la télévision. Il a établi, à juste titre selon moi, que le montage était «mensonger» (17) et que, concernant Oran, on présente des événements du 5 juillet comme s’étant produits le 17 juin. Mais pourquoi diantre va-t-il ensuite suggérer qu’il détient la preuve photographique de la provocation benbelliste (18) lorsque le même film, dûment trafiqué donc invalide, montre des gens «pris de bas en haut sur un immeuble récent d’Oran, se passant une arme, …car ceux-là ont été pris en plein midi d’après le soleil…» ? !!

Chacun voit midi à sa porte, comme dit le proverbe.

Nous pourrions continuer de la sorte. Il nous semble préférable d’arrêter ici. Dans une lettre qu’il a adressée à Paya, le professeur Pervillé, dont le sens de l’euphémisme est vif, voit dans les écrits de son correspondant «…une vision mémorielle rétrospective à 28 ans de distance.»

C’est aussi mon avis. Je le regrette car les intentions de notre ami sont excellentes mais son parti-pris de négliger les archives (sauf, mais ça n’arrive jamais, si elles confirment ses thèses), la légèreté de ses démonstrations, ses généralisations abusives minent sa recherche pourtant menée avec sincérité et passion.

Il peut continuer dans la même voie et s’accrocher mordicus à ses écrits, au mépris de toute méthode historique. Il y a plus intelligent à faire : revoir l’ensemble en abandonnant l’a priori du complot benbelliste. Qui sait si un jour des archives nouvelles privées ou officielles, algériennes (19) ou françaises ne contribueront pas à nous éclairer davantage. Mais actuellement, présenter de vagues indices comme des preuves, multiplier les démonstrations aventureuses, bref faire de la reconstruction mémorielle, c’est tourner le dos à l’Histoire.

Certes, on trouvera toujours du monde pour se délecter du complotisme. Voyez la légende du Masque de Fer forgée de toutes pièces par Voltaire et récemment démolie par l’historien Christian Petitfils. Voyez aussi, les centaines d’ouvrages consacrés à la prétendue survie du Dauphin Louis XVII ; thèse aujourd’hui bien mise à mal par la science.

Car le public est ainsi. Comme l’écrivit Erasme : «L’homme est bâti de telle manière que les fictions font beaucoup plus d’impression sur lui que la Vérité».

Jean Monneret le : Mercredi 31 juillet 2013

Retour additifs 5 juillet 1962

3 novembre 2013

JOSEPH CASTANO

JOSE CASTANO

José Castano 2012

JOSE CASTANO - LA PRESENTATION

BIBLIOGRAPHIE.

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3 JUILLET 1940 L'AGRESSION BRITANIQUE SUR MERS-EL-KÉBIR

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KATZ - CRIMINEL DE GUERRE

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LE ROTURIER ET LA PRINCESSE

"JC" PLEURE COMME UNE FEMME CE ROYAUME QUE TU N'AS PAS SU DÉFENDRE COMME UN HOMME.

LE SERMENT D'UNE FRANCE QUI SE RELÈVE

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COMBATTRE LE TERRORISME.

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JOSE CASTANO "TERRORISME &  ISLAMISME... LES DEUX MAMELLES DE LA TERREUR"

JOSE CASTANO "LES GUERRIERS DE L'APOCALYPSE".

JOSE CASTANO "L'HYPOCRITE NEUTRALITE DU NI NI".

LIEUTENANT ROGER DEGUELDRE MARTYR DE L'ALGERIE FRANCAISE.

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 BOUDAREL, LE MONSTRE FRANCAIS DU CAMP 113

7 Mai 1954 : LA CHUTE DE DIEN BIEN PHU

J-C LA FIN DU 1er REGIMENT ETRANGER DE PARACHUTISTES

11 MARS 1963 L'EXECUTION DU COLONEL JEAN-BASTIEN THIRY

DE GAULLE… MYTHE, IMPOSTURE et TRAHISON

LA DÉSINFORMATION MÉDIATIQUE

UN ESPOIR POUR LA FRANCE du Général Christian PIQUEMAL

"JC" 23 SEPTEMBRE 1940---L'AGRESSION BRITANNIQUE SUR DAKAR.

"JC" ROGER HOLEINDRE - UN HOMME D'HONNEUR

"JC" 3 JUILLET 1940---L'AGRESSION BRITANNIQUE SUR MERS-EL-KEBIR.

"JC" HOMMAGE A LA LEGION ETRANGERE.

"JC" L'ANEANTISSEMENT DE LA MORALE POLITIQUE.

"JC" - TERRORISME ISLAMIQUE... GUERRE A L'OCCIDENT !

"JC" - COLONISATION DE L'ALGERIE - LES RAISONS DE LA CONQUETE

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JOSE CASTANO / QUE LA VERITE SOIT DITE.

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JOSE CASTANO / A MES COMPATRIOTES PN - LE CHOIX D'UN VOTE.

JOSE CASTANO / TETE HAUTE...MAINS PROPRES.

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LA CRIMINALITE EN FRANCE.

LA BETE EST MORTE.

1 MARS 1962 L'ASSASSINAT DE LA FAMILLE ORTEGA.

L'ISLAM D'HIER A AUJOURD'HUI.

ISLAM ET INSECURITE.

L'IMMIGRATION ET LA MAUVAISE CONSCIENCE EUROPEENNE.

ISLAM ET IMMIGRATION.

LA MANIPULATION "antiraciste"

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A L'ERE DU GRAND NETTOYAGE.

LETTRE A UN AMI PN.

LA REPENTANCE.

ET ILS PARTIRENT VERS LA TERRE PROMISE.

LA PERTE DE L'ALGERIE FRANCAISE.

LES RANÇONS D’OTAGES FRANÇAIS

LA MORALE PUBLIQUE

MAI 1962 MA DERNIERE COMMUNION.

7 MAI 1954 – LA CHUTE DE DIEN-BIEN-PHU.

JEANNE… AU-SECOURS ! LA FRANCE SE MEURT.

LA FIN DU 1er R.E.P.

LE LOBBY PRO-IMMIGRATIONNISTE ET SES CONSEQUENCES.

TRANPARENCE ET CORRUPTION.

LA LIBERTE QUI CAPITULE.

LE ROLE DE L'EGLISE DANS LA GUERRE D'ALGERIE.

QUAND L'HISTOIRE JUGERA DE GAULLE.

LES BARBOUZES.

KATZ... CRIMINEL DE GUERRE.

ORAN - 5 JUILLET 1962 LES RESPONSABILITES.

ORAN - 5 JUILLET 1962 LE GENOCIDE.

DE GAULLE - MYTHE ET IMPOSTURE.

"L’APPEL DU 18 JUIN" ou LA MECONNAISSANCE DE L’HISTOIRE.

LES DISPARUS D'ALGERIE.

26 MARS 1962 -2- ENQUETE SUR UNE TRAGEDIE.

26 MARS 1962 -1- LE MASSACRE DE LA RUE D'ISLY A ALGER.

19 MARS 1962 - LE CESSEZ LE FEU OU LA VICTOIRE DU FLN.

23 MARS 1962 LE SIEGE DE BAB EL OUED.

L'ISLAM ET L'OCCIDENT.

L'ALPHABETISATION EN ALGERIE.

AUTANT EN EMPORTE LE VOILE.

LE MASSACRE DES HARKIS.

IL Y A 47 ANS L'EXIL.

SOUTENONS L'ADJUDANT FONTAINE.

DE L'ALGERIE FRANCAISE A LA FRANCE ALGERIENNE.

O.A.S. UNE PAGE D'HISTOIRE.

L'ISLAM ET LE CHRISTIANISME.

"19 MARS 1962...LE CESSEZ LE FEU".

ASSASSINAT DU LIEUTENANT ROGER DEGUELDRE.

"LA QUESTION" PITOYABLE CECITE OU CRIMINELLE LACHETE.

"VERITE" - LA TRAGEDIE DE L'ALGERIE FRANCAISE.

JACQUES VASSIEUX - IL EST TEMPS DE VOUS DIRE ADIEU.

Retour nos lectures.

30 octobre 2013

LE BERGER DE MOSTAGANEM

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Le 14 juillet 2014

Je dédicacerai LE BERGER DE MOSTAGANEM de 18 h à minuit au Carré des Ecrivains les jeudis 17, 24, et 31 juillet 2014 à Bandol,
les mardis 15, 22 et 29 juillet 2014 à Sanary,
le vendredi 25 juillet 2014 à La Ciotat et le Lundi 28 juillet à St Cyr sur mer.
Les mardi 5 et 12 aout 2014 à Sanary,
les jeudis 7, 14, 21 et 28 aout 2014 à Bandol,
le vendredi 8 aout 2014 à La Ciotat,
le mercredi 20 aout 2014 à St Cyr sur mer,
le mercredi 6 aout à la librairie du port de la Coudoulière ( Six Fours )


Le 31 octobre 2013

J'aurai le plaisir de dédicacer mon roman historique :

Le dimanche 3 novembre à Pierrefeu ( Var), salon du livre de 10 h à 17 h

Les 6 et 7 novembre à Bandol, centre culturel Pagnol de 10 à 19 h. Un apéritif clôturera l'évènement.

Les 9 et 10 novembre à Perpignan au palais des Congrès sous l'égide du Cercle Algérianiste

 


Le 21 juillet 2013

Poursuite des dédicaces en aout au Carré des Ecrivains: LE BERGER DE MOSTAGANEM

A Bandol les 1er, 8, 22 de 18 h à Minuit et les dimanches 4, 25 aout et 1er septembre de 9 h à 13 h.

A La Ciotat le 9, à Sanary les 6 et 13 de 18 h à minuit et à Carnoux le 15 de 9 h à 18 h. (N'oubliez pas d'apporter le roman acheté sur Internet pour recevoir une dédicace personnalisée).

Le 26 juin 2013

Pour info :

Je dédicacerai " Le Berger de Mostaganem " au Carré des Ecrivains de Bandol les jeudis 4, 11, 18 et 25 juillet 2013 de 19 h à minuit ainsi que les dimanches en matinée 7 et 21, de 9 h à midi 5 (allées Jean Moulin).
A Sanary (devant la Mairie) les mardis 16, 23 et 30, à La Ciotat le vendredi 19 (devant l'Eglise sur le port) et à St Cyr-sur-mer (forum sur le port) le mercredi 31 juillet de 19 h à minuit.

 


Le 1er mai 2013

Aux lecteurs du " Berger de Mostaganem " , j'ai le plaisir de les inviter à nous rencontrer prochainement afin de leur dédicacer le roman acheté sur internet.
- Le 29 et 30 mai de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h : salle Marcel Pagnol à BANDOL
- Le 2 juin de 10 h à 18 h, lors du Grand Rassemblement de l'ABEO, au Grand Saint-Jean, route de Rognes à Aix en Provence.
Au cours de cette journée, nous attendons 3 à 4.000 personnes. Venez mes amis de là-bas, vous vivrez la plus belle thérapie de groupe jamais organisée dans le monde. A l'ombre des platanes centenaires nous retrouverons l'ambiance fraternelle de Sidi Ferruch autour d'un "cabassette" géant. Durant ces quelques heures toutes vos douleurs auront disparu...Ce n'est pas la Sécurité Sociale qui s'en plaindra.


Dans le monde où nous vivons, nous nous sentons parfois étranger.    Depuis 1962 nous demeurons des éternels incompris ou méprisés. 50 ans après, ce roman historique n’a qu’une seule prétention : retrouver la parole perdue. En hommage à nos parents, fraternellement Vôtre." André TRIVES

André Trivès n’est pas « un homme de lettres, mais un homme de l’être ». Son écriture s’inspire de la syntaxe du cœur…
Ce roman nous transporte dans une Algérie de nostalgie, de passion, aux accents et aux décors d’antan.

Adrien découvre les mémoires de son père consacrées à sa jeunesse là-bas, le soir de ses funérailles. Ému par la lecture de ses pensées posthumes, il se plonge dans l’histoire de sa famille. Jean et Smaïl âgés de 10 ans, berger dans les collines de Mostaganem, se lient d’une amitié pure et sincère. Les circonstances de la vie les séparent à l’adolescence. Ils se retrouvent en 1957 à Alger, confrontés à une actualité brûlante.

Pour commander :
Les Presses du Midi 121, avenue d’Orient - 83100 Toulon
E-mail : lespressesdumidi@free.fr -Site : www.lespressesdumidi.fr
Tél. : 04 94 16 90 20/ Fax : 04 94 16 90 29
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Recension sur l’ouvrage par Geneviève-de-Ternant, lauréate de l’Académie Française en date du 8 juillet 2012:            

         “ Roman historique dit la couverture et certainement très autobiographique car nul ne pourrait inventer les péripéties d’une vie commencée en gardant les moutons sur les collines de Mostaganem, poursuivie à Alger dans différents métiers, avec les bonheurs et les épreuves d’une vie pour se terminer à Marseille sous une pierre tombale dont les gerbes de fleurs disent : “ Amitié du Club de boules ” ou “ Souvenir des voisins ”...

          Mais Jean a laissé à ses enfants la plus émouvantes des surprises : Un récit de sa vie, qu’ils n’ont pas eu le temps de lui entendre raconter. C’est là qu’Adrien découvre la personnalité attachante de son père, là qu’il rencontre l’ami d’enfance, le petit berger du douar qui partageait l’enfance et le casse-croûte sous le figuier d’un Jean de 10 ans, là qu’il suivra pas à pas l’existence de travail et de courage de ses parents, de sa mère partie trop jeune et l’évocation de ces existences mêlées aux bouleversements de l’histoire, aux méandres de la politique, aux sacrifices quotidiens mais aussi aux joies simples, à l’amour fou pour ce pays magnifique.

Non, ce n’est pas un livre de plus, une histoire banale, c’est un bel et beau récit, un roman vrai mais aussi un vrai roman. “


BON DE COMMANDE

 

Bon de commande

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30 octobre 2013

COUP BAS POUR L’UNITÉ DU MOUVEMENT HARKI

 

 ANFANOMA 4 rue des arènes 75005 Paris EN APPELLE AUX DÉPUTES POUR FAIRE BARRAGE A UNE LOI DISCRIMINATOIRE.


            A l’occasion du vote de la Loi de programmation militaire 2014, le gouvernement a glissé une disposition sans aucun rapport avec l’objet de la Loi, dont le but est de contourner l’avis du Conseil Constitutionnel (4 février 2011) et du Conseil d’État (20 mars 2013).
            L’article 33 de ce projet de Loi – qui vient d’être adopté sans modification par le Sénat le 21 octobre – vise à régulariser l’exclusion des Harkis de statut civil de droit commun de toutes les dispositions de réparation prises en faveur des Harkis.
Il s’agit une nouvelle fois de tenter de refuser l’accès aux dispositifs d’aide et de secours aux Harkis de souche « européenne » ou de souche « musulmane » qui avaient renoncé à leur statut de droit local.
            L’ANFANOMA, qui a dès l’origine dénoncé cette discrimination d’un autre âge, déplore l’adoption de cet article par le Sénat.
Elle en appelle aux Députés qui seront conduits rapidement à examiner le texte en leur demandant de présenter un amendement susceptible de faire barrage à cette manœuvre détestable.
Le Président national.
Yves Sainsot


lu sur le site du groupe UMP du sénat

23 octobre 2013

L’article 33 du projet de loi de programmation militaire bafoue les décisions du Conseil constitutionnel et du Conseil d’État, estime Bruno GILLES

Lundi 21 octobre lors de l‘examen du projet de loi de programmation militaire pour 2014-2019, c’est Joëlle GARRIAUD–MAYLAM, sénateur des Français établis hors de France et membre de la commission de la défense, qui a défendu en séance deux amendements portant sur l’article 33, déposés par Bruno GILLES, sénateur des Bouches-du-Rhône, qu’elle avait co-signés avec plus de 30 sénateurs de l’UMP. Les deux amendements (33 rect ter et 34 rect bis) visaient à dénoncer l’inconstitutionnalité du dispositif de l’article 33 réservant le bénéfice de l’allocation de reconnaissance aux seuls harkis «  de statut civil de droit local  » (arabo-berbères) excluant ainsi de ce droit les harkis (de souche européenne) « de statut civil de droit commun ».

De fait, l’article 33 du projet de loi s’oppose à la fois à la décision du Conseil constitutionnel (n° 2010-93) du 4 février 2011 et à celle du Conseil d’État (n° 342957) du 20 mars 2013, qui ont reconnu l’inconstitutionnalité du distinguo opéré par les lois successives , concernant l’indemnisation des harkis.

Outre son inconstitutionnalité, la discrimination opérée par l’article 33, repose, 50 ans après la fin de la guerre d’Algérie, sur des appréciations dépassées de la situation des supplétifs de l’armée française qui a gagné en clarté grâce aux travaux d’historiens, dont certains ont pu accéder aux archives militaires. Les harkis évincés par le dispositif gouvernemental sont estimés à seulement 500 personnes. Le temps n’est-il pas venu de manifester une solidarité nationale envers ces Français dont l’existence même était menacée, qui ont tout perdu et qui demeurent les perpétuels oubliés des indemnisations ?

Les amendements ont été repoussés par la majorité gouvernementale et l’article incriminé, voté sans modifications, regrette Bruno GILLES.

http://www.ump-senat.fr/L-article-33-du-projet-de-loi-de.html

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28 octobre 2013

ORAN JUILLET 1962 - TRAVAIL IMPORTANT ET MASSIF DE GUY PERVILLE

OCTOBRE2013 - 

(Essai de conclusion) QUI A MON AVIS NE TIENT AUCUN COMPTE DE NOS DIVERS TÉMOIGNAGES DONT LES DERNIERS REÇUS DANS « ÉTUDES COLONIALES » (Jean François Paya)

IV- ESSAI DE CONCLUSION

Il me reste donc à tenter une synthèse. Celle-ci abordera successivement les explications des faits proposés par les principales tendances :

- la thèse du général Katz, qui incriminait avant tout l’OAS ;

- la thèse du capitaine Bakhti, qui avait rejeté la responsabilité du massacre sur la bande de brigands d’Attou ;

- celle aujourd’hui soutenue par Jean-François Paya et par Jean-Jacques Jordi, qui dénoncent un complot du colonel Boumédiène ;

- et enfin, il nous restera à examiner les responsabilités éventuelles du général de Gaulle et de son gouvernement.

          La personne du général Katz et son interprétation ne sont pas sorties grandies de l’examen des historiens, contrairement à ce que Charles-Robert Ageron avait imprudemment présumé. Au contraire, Alain-Gérard Slama d’abord, puis Jean Monneret et Jean-Jacques Jordi ensuite ont mis en évidence le fait que sa thèse était une reconstruction plus fictive qu’objective, réduisant contre toute vraisemblance la durée des faits et partant leur bilan, et s’attribuant abusivement le mérite de réactions individuelles qu’il avait d’abord voulu condamner. En même temps, il s’est lui-même démenti en manifestant un profond ressentiment contre tous ses supérieurs – à l’exception du général de Gaulle, qu’il dit néanmoins mal informé - donnant ainsi l’impression qu’il leur reprochait de ne pas lui avoir donné les ordres dont il avait besoin pour faire face à la situation aussi honorablement que possible. Le jugement sévère du capitaine Croguennec à son égard paraît donc le plus juste. Mais à travers l’ensemble du compte rendu qu’il a dressé de son commandement à Oran, il aggrave encore son cas en donnant l’impression d’un aveuglement volontaire sur la gravité des enlèvements, comme s’il n’avait pas pu supporter l’idée que la mission de protéger toutes les populations contre toutes les menaces – et pas seulement contre celle de l’OAS - était une mission impossible dans le cadre des accords d’Evian. Il lui a donc manqué d’oser mettre sa conscience au dessus des ordres, mais le pouvait-il ?

            L’explication de l’origine du drame qu’il donne dans ses Mémoires et auparavant dans son rapport du 12 juillet 1962, attribuant les incidents en premier lieu « à des tirs d’Européens sur les manifestants et les policiers algériens », n’a pas convaincu les historiens parce qu’elle ne repose sur aucune identification incontestable des auteurs des premiers tirs. En effet, il sélectionne parmi une grande quantité de témoignages recueillis ceux qui lui semblent pouvoir aller dans son sens, mais aucun ne fournit de preuve irréfutable de l’identité des auteurs de ces tirs, et leurs lieux de départ situés dans des quartiers où aucun musulman n’aurait pu s’aventurer une semaine plus tôt ne prouvent rien à la date du 5 juillet.

            Voici ce qu’il en dit dans son rapport du 12 juillet : « Divers incidents devaient alors se produire. Le premier, place de la Bastille, où des coups de pistolet furent tirés par des Européens en direction d’un groupe de Musulmans qui voulait hisser un drapeau algérien sur un immeuble de cette place. Cet incident ne devait avoir aucune suite. Il n’en fut pas de même place Karghenta où des coups de feu furent tirés du deuxième étage de la Maison du Colon sur un groupe de scouts musulmans, coups de feu vus par un capitaine de tirailleurs de passage à Oran, le capitaine Gaston, par plusieurs aumôniers militaires et aussi par un gendarme, le maréchal des logis Alban. D’après les dires de membres des forces françaises (officiers du district de transit d’Oran), des coups de feu ont été également tirés d’immeubles européens adjacents à la place Valéro sur des ATO stationnés boulevard Joffre, qui ont été touchés ». Bien sûr, cette hypothèse d’un coup de folie devant ce qui aurait été ressenti comme une insupportable invasion ne peut être totalement écartée a priori, mais plus d’un demi siècle après les faits elle demande encore à être prouvée. Les témoignages invoqués ne sont pas nécessairement faux, mais ils pourraient également servir de preuves à une autre hypothèse, celle d’un complot algérien visant à régler des comptes contre la population française d’Oran.

            Pourtant, on doit accorder plus d’attention au dernier facteur mentionné dans son rapport du 12 juillet : « au fait que les responsables du FLN, trop peu nombreux, n’étaient pas en mesure d’encadrer et de contrôler une population musulmane surchauffée par quatre jours de manifestations ininterrompues et qui se trouvait dans un état quasi hystérique », et surtout à ce qui suit : « Il faut noter que la population musulmane soumise depuis le cessez-le-feu à des fusillades quotidiennes, à des tirs de grenades, à fusil, à des mortiers de 60 et de 80, à des plastiquages eux aussi quotidiens, qui ont fait dans ses rangs quelque 1.500 morts et plus de 2.000 blessés, n’a pu se retenir de satisfaire un désir de vengeance contre les Européens ». C’est là un point capital sur lequel insistent également tous les auteurs algériens, Karim Rouina, Fouad Soufi, ainsi que Saddek Benkada et les autres témoins interrogés par Pierre Daum. Il paraît largement négligé ou sous-estimé par la plupart des auteurs français, mais Jean Monneret reconnaît très justement les effets négatifs des attentats de l’OAS visant les quartiers musulmans. En effet, même si ses informateurs réfutent la stratégie de terreur aveugle que leur attribue le général Katz, il constate que ces mitraillages, bombardements et attentats, même ciblés, ne pouvaient pas épargner les civils. Quant à Guillaume Zeller (pp 112-114), il propose une explication anthropologique en suivant René Girard, « grand spécialiste des phénomènes de violence de masse. En effet, comment ne pas voir dans les faits avérés de cette journée l’expression d’un phénomène d’emballement des masses, de meurtre rituel et de mise à mort de victimes innocentes ? Les schémas girardiens s’ajustent aux éléments de la situation : une collectivité traversée de divisions profondes (les Algériens à l’orée de l’indépendance) tente de retrouver une unité provisoire par la mise à mort de victimes expiatoires que les émeutiers croient sincèrement coupables (les Européens auxquels les foules imputent l’ensemble des violences commises par l’OAS au cours des mois précédents) » ? Mais cette interprétation est d’autant plus valable que ces violences antérieures ont été plus graves et ont plus profondément marqué ceux qui les ont trop longtemps subies. Ainsi, le harcèlement des quartiers musulmans d’Oran par l’OAS durant la période allant de la mi-février au 28 juin 1962 paraît bien être, sinon la cause directe, au moins la cause profonde du massacre du 5 juillet.

            Pour éviter tout malentendu, il faut rappeler que la recherche de la violence initiale ne peut pas s’arrêter au début de la période ayant commencé peu après l’arrivée du général Katz le 20 février 1962. La « guerre de trois » mentionnée par Fouad Soufi n’est pas qu’une formule astucieuse : elle caractérise bien la période du début des négociations entre le gouvernement français et le FLN (depuis le 20 mai 1961), durant laquelle le premier s’est résigné à négocier avec son partenaire sans avoir obtenu de lui la trêve unilatérale qu’il lui proposait comme le préalable nécessaire à un apaisement de la situation, faisant ainsi de l’OAS le seul espoir des Français d’Oran. De nombreux témoignages couvrant toute l’année 1961 et le début de l’année 1962, cités notamment par Claude Martin, Jean Monneret et Jean-Jacques Jordi, démontrent que le FLN d’Oran avait délibérément provoqué l’escalade du contre-terrorisme de l’OAS, dont il s’est plaint ensuite, par des attentats spectaculaires et particulièrement odieux. Selon la préfecture de police d’Oran, les attentats de l’OAS y étaient moins meurtriers que ceux du FLN jusqu’en février 1962. Quant aux allégations des chefs du FLN recueillies par Karim Rouina, selon lesquelles les attentats contre les juifs d’Oran de l’été 1961 auraient été une habile provocation de l’OAS, elles restent à prouver. En tout cas, Karim Rouina a justement observé de la part du FLN oranais un usage systématique et provocateur du terrorisme, allant jusqu’à la pratique d’attentats aveugles contre n’importe quel civil européen dès 1956. La dérive des pratiques du FLN constatée en 1962 à Oran venait donc de loin.

            Le rôle du capitaine Bakhti est beaucoup plus difficile à apprécier que celui du général Katz, parce qu’il n’a pas, semble-t-il, écrit ses Mémoires, et parce que les sources qui le mentionnent ou le citent en donnent plusieurs images contradictoire. Pourtant, la version la plus ancienne, représentée non seulement par le général Katz, mais aussi dès 1963 par le père de Laparre, puis par Gérard Israël en 1972 et par Régine Goutalier en 1975, lui était plutôt favorable. Il apparaissait comme un homme d’ordre, sévère mais juste, partisan d’une réconciliation sincère entre tous les Oranais, cruellement démentie par la catastrophe du 5 juillet ; surmontant énergiquement la situation, il avait réussi à rétablir un minimum d’ordre en venant à bout d’un groupe de bandits au Petit-Lac avant le 10 juillet, mais un mois plus tard, déplacé ou destitué par ses chefs pour d’obscures raisons, il fut regretté par les derniers Français d’Oran. Pourtant, une version diamétralement opposée fut proposée dès 1975 par Etienne Mallarde, puis reprise par Jean-François Paya, par Gilbert Meynier dans une certaine mesure, et surtout plus récemment par Jean-Jacques Jordi. D’après ceux-ci, et contrairement à la version recueillie par Régine Goutalier (qui en faisait un fidèle de Ben Khedda), le capitaine Bakhti n’aurait été que l’exécutant des sombres desseins du colonel Boumédiène. Dans cette perspective, on a du mal à comprendre pourquoi il aurait été destitué un mois plus tard, comme l’affirme pourtant Gilbert Meynier, mais Jean-Jacques Jordi atteste document à l’appui qu’en mars 1963 il était directeur de cabinet du ministre des forces armées le colonel Boumédiène. Enfin, une troisième tendance est représentée par l’archiviste algérien Fouad Soufi, qui attribue au capitaine Bakhti un rôle de médiateur entre sa hiérarchie boumedienniste et l’organisation politique du FLN d’Oran favorable au GPRA, avant qu’il prenne ouvertement position pour son chef Boumédiène. Dans ces conditions, on reste perplexe sur les causes de sa disgrâce momentanée, à moins qu’il faille la trouver dans la décision prise peu avant le 15 août 1962 (selon les informateurs de Pierre Daum) de libérer les prisonniers arrêtés à partir du 5 juillet pour les réincorporer dans l’ALN au moment où la lutte pour le pouvoir tendait de plus en plus vers une guerre civile entre Algériens.

            Il convient surtout de rappeler le caractère très fragmentaire de nos connaissances, et le grand nombre des questions qui n’ont pas encore de réponses incontestables, et cela même si les grandes lignes de la biographie du capitaine Bakhti sont assez bien connues. D’après le Dictionnaire biographique de la classe politique algérienne de 1900 à nos jours, publié chez Casbah Editions par Achour Cheurfi (édition 2006, p. 287),

Voici la notice biographique de « NEMMICHE Djelloul, dit capitaine Bakhti (1922-1992) : Ministre des Moudjahidines (1980-1986).

            Né le 27 mars 1922 dans l’Oranie. Employé des P et T et un des responsables de l’OS à Oran en 1948, il participe à l’élaboration du plan permettant le hold-up de la poste d’Oran en 1949. Durant la guerre de libération, il est connu sous le nom de capitaine Bakhti. Il rétablit l’ordre à Oran en 1962. Directeur des études internationales au ministère de la défense dès l’indépendance, il est de 1965 à 1966 directeur de la division Afrique au ministère des affaires étrangères. Ambassadeur en Guinée jusqu’en 1970, date à laquelle on lui confie le secrétariat général du ministère de la santé publique. Elu député (1977) et président de la commission des affaires sociales de l’APN, il redevient ambassadeur en 1979 à Nouakchott avant de prendre le portefeuille du ministère des moudjahidine le 15 juillet 1980, tout en étant membre du Comité central du FLN. Il est reconduit dans ses fonctions le 12 janvier 1982 dans le second gouvernement Abdelghani et le 22 janvier 1984 dans celui d’Abdelhamid Brahimi avant qu’il soit remplacé en février 1986 par Mohamed Djeghaba. Député d’Alger en 1987, membre du bureau de l’APW en 1989, il mourut le mercredi 22 juillet 1992 à Alger ». Cette notice est globalement suffisante, mais pourtant très imprécise sur la période 1954-1962.

            La première partie de sa biographie, avant l’insurrection de 1954, n’est contestée par personne. En dépit de son militantisme radical dans l’OS, qui lui fit connaître Ben Bella, les Oranais européens pouvaient être relativement rassurés par la personnalité bien connue de son frère, surveillant général du lycée Ardaillon. Son rôle dans la guerre de 1954 à 1962 est incontesté mais reste inconnu. On peut supposer qu’il aurait fait partie de la wilaya V, celle de l’Oranie, mais selon le général Katz, il lui aurait dit avoir servi en Kabylie, dans le wilaya III dont le patron Belkacem Krim, signataire algérien des accords d’Evian, était l’ennemi de leur premier opposant déclaré, le colonel Boumédiène. On ne sait pas davantage ni quand la zone d’Oran a été détachée (comme celle d’Alger) de sa wilaya, ni quand le capitaine Bakhti a été désigné pour en prendre le commandement et quand il est arrivé à Oran : en mars selon Jordi, mais le 27 mai selon Monneret, et « plus de deux mois » avant le 12 juillet selon le général Katz dans son rapport précédemment cité. La décision a sans doute été prise par le GPRA, mais on peut penser que le choix de Bakhti avait été motivé par le souci d’éviter autant que possible un conflit avec la wilaya V et avec l’EMG, fiefs du colonel Boumedienne. Cependant, la conversation du 14 juin 1962 entre Saad Dahlab et Louis Joxe semble prouver qu’à cette date il était bien considéré par le GPRA comme un partisan de Boumédiène.

            Toutes les déclarations connues du capitaine Bakhti depuis son arrivée à Oran donnent l’impression d’un partisan sincère de la réconciliation entre Algériens musulmans et Français (peut-être pour éviter la rupture ouverte du cessez-le feu déclenchée le 15 mai par le chef de la Zone autonome d’Alger, Si Azzedine). Dans son appel du 2 juin, il annonce la création d’une commission de réconciliation, et le 4 juin, il prend ouvertement position contre les violations des accords d’Evian dans son propre camp en les désavouant publiquement : « Les accords d’Evian, ratifiés par le gouvernement français et par le Gouvernement provisoire de la République algérienne, doivent être à la base de toute notre activité. Il est absolument nécessaire que ces accords, respectés par la majorité de nos organismes, le soient à l’avenir, d’une façon stricte, et par tout le monde. (…) Nous rappelons instamment que les exactions, enlèvements, demandes de fonds chez les Européens, doivent cesser sur l’ensemble du territoire de la zone autonome d’Oran. Il faudrait que la confiance règne dans nos quartiers, afin de gagner la bataille que nous allons livrer, pour le « referendum » et surtout amener les Européens à s’entendre avec nous, comme le prévoient les accords d’Evian, dans le cadre d’une coopération loyale et sincère ». Le 5 juillet, selon le général Katz, il sollicite l’intervention des troupes françaises pour l’aider à redresser une situation chaotique qui le dépasse.

            Après le 5 juillet, comme le souligne Jean Monneret, il a le grand mérite (que n’a pas le général Katz) de renoncer à incriminer l’OAS, pour dénoncer l’action criminelle d’un groupe de bandits dont les Européens d’Oran sont les principales victimes. Pourtant, son discours sonne faux sur un point capital : l’omission du fait que ces « bandits » - déjà visés implicitement par la déclaration du 4 juin citée plus haut - étaient en réalité l’une des principales branches de l’organisation ALN d’Oran, dirigée par Si Abdelhamid, et que sa dérive criminelle était bien connue, avant même le 19 mars, par l’organisation FLN-ALN de la wilaya V, selon les documents cités par Jean-Jacques Jordi. C’est un point capital qui a été mis en évidence, depuis 1980, par Karim Rouina, puis par Fouad Soufi et Saddek Benkada. Mais aussi l’omission du fait, établi notamment par la déposition de Kaday Chouaïl Chaïla, que l’organisation FLN d’Oran (comme celle d’Alger) avait été chargée de lutter contre l’OAS à partir du 17 avril 1962 par les enlèvements, que Jean Monneret appelle le « terrorisme silencieux ».

            Dès lors, l’impression prévaut que le capitaine Bakhti n’a pas tout dit, et à vrai dire il est certain que nous ne connaissons qu’une très petite partie de son action et de l’histoire de la zone autonome d’Oran. Dans ces conditions, il est logique et légitime que plusieurs auteurs, déjà cités, aient pu mettre en doute la véritable origine du massacre du 5 juillet, au point de mettre en cause une responsabilité cachée du colonel Boumédiène, représenté à Oran par le capitaine Bakhti. En effet, la méthode de recherche historique repose sur le principe latin « post hoc, ergo propter hoc » (« après cela, donc à cause de cela »). Ce principe impose de prendre en considération avant tout le harcèlement continu des quartiers musulmans d’Oran par l’OAS entre le 19 mars et le 28 juillet 1962, mais aussi le début du conflit ouvert entre le GPRA et l’EMG de l’ALN, puisque le premier avait fait du 5 juillet la fête de l’indépendance par ses appels à la radio du 4 au soir, et que le second lui a répondu par sa déclaration du 5. La question d’un éventuel rapport entre le déclenchement de ce conflit entre Algériens et l’événement du 5 juillet doit incontestablement être posée. Le problème est de lui apporter des réponses sûres, et pour cela d’éviter soigneusement la confusion des dates, qui risque d’entraîner la confusion inadmissible entre les causes et les conséquences.

            Jusqu’à présent, je n’ai pas trouvé de preuve suffisamment convaincante pour transformer cette hypothèse en une certitude, et les documents qui ont été produits comme preuves par Jean-François Paya ne m’ont pas convaincus. Notamment la proclamation de l’EMG datée du 5 juillet, qui dit tout le contraire de ce que celui-ci prétend lui faire dire. Il est vrai que Ben Bella et l’EMG étaient profondément hostiles aux accords d’Evian, et qu’ils avaient le projet de les détruire progressivement au fur et à mesure que l’Algérie deviendrait capable de le faire, mais à très court terme, leur intérêt immédiat était l’inverse, puisqu’il s’agissait de tenter de séparer le gouvernement français du GPRA en prenant la défense des Français d’Algérie menacés. Ce calcul exigeait que le massacre d’Oran apparût comme dû aux partisans du GPRA, et combattu par les forces armées de l’EMG qui auraient démontré leur capacité à rétablir l’ordre, et c’est bien l’impression que Bakhti a réussi à donner. Mais supposer qu’il ait tout manigancé en sous main depuis le premier coup de feu pour aboutir à ce résultat, ou qu’il ait été un « pompier pyromane », c’est lui prêter un machiavélisme qu’on ne peut pas lui attribuer sans y être obligé par des preuves absolument incontestables.

            La thèse de Jean-François Paya est encore plus hasardeuse quand il persiste à supposer que l’attitude passive des forces françaises le 5 juillet à Oran s’expliquerait par ce qu’il appelle un « deal » entre le gouvernement français et Ben Bella ou Boumédiène, le premier laissant les seconds rétablir l’ordre à Oran en échange d’une reconnaissance des accords d’Evian. Cette hypothèse audacieuse a été clairement démentie par les documents du Comité des affaires algériennes publiés par le général Faivre en 2000, et il n’en reste rien. Si un tel « deal » correspond à une réalité, ce serait à partir de fin novembre ou début décembre 1962, mais pas avant.

            En effet, le général de Gaulle avait, dans l’après midi du 5 juillet, donné des instructions très claires à l’ambassadeur Jeanneney lors de la réunion du Comité des affaires algériennes : la France reconnaissait comme gouvernement légitime de l’Algérie l’Exécutif provisoire chargé d’organiser au plus vite l’élection d’une Assemblée nationale constituante algérienne. La fusion de cet exécutif provisoire avec le GPRA – partenaire officiel de la France depuis les accords d’Evian - était néanmoins acceptable, mais pas la reconnaissance du « Bureau politique » de Ben Bella, qui n’était même pas mentionné. En effet, la France devait rester parfaitement neutre dans les luttes politiques entre Algériens. La défense de la sécurité des Français d’Algérie faisait néanmoins partie des tâches prioritaires du nouvel ambassadeur, mais elle n’avait pas inspiré la rédaction d’instructions claires et nettes aux forces armées, parce que le général de Gaulle craignait que « l’intervention d’initiative » entraînât les forces françaises trop loin. Il craignait surtout que la France se laisse enrôler comme alliée par l’une des coalitions algériennes contre l’autre, mais aussi, comme il le dit à l’ambassadeur Jeanneney, de reprendre la guerre d’Algérie contre les Algériens réconciliés, ce qui aurait donné une victoire posthume à l’OAS : deux craintes qui avaient de quoi freiner la réaction militaire française aux troubles d’Oran. On ne sait toujours pas avec une entière certitude si le général Katz avait demandé des ordres directement au général de Gaulle le 5 juillet – même si cela paraît vraisemblable - , ni quand et combien de fois il aurait pu lui parler, ni ce que celui-ci lui aurait répondu. Mais nous savons néanmoins, grâce au livre de Jean-Jacques-Jordi, que le 5 juillet rien n’aurait dû se passer, si le GPRA avait respecté la promesse de ne pas célébrer l’indépendance avant le 6, faite par Saad Dahlab au ministre Louis Joxe le 14 juin 1962 ; ce qui explique l’absence en Algérie le 5 juillet du Haut-Commissaire Christian Fouchet, parti le 4 vers la France, et celle de l’ambassadeur Jeanneney, qui ne devait rejoindre son poste que le 6. Cette erreur de jugement manifeste, signe d’une imprévoyance injustifiable, a privé la France d’un représentant qualifié en Algérie le jour même où sa présence aurait été le plus nécessaire.

            On doit signaler encore la lenteur avec laquelle le gouvernement français a pris peu à peu conscience de l’extrême gravité de ce qui s’était passé, mais aussi le fait que le travail minutieux de Jean-Marie Huille a permis, dès 1963, au secrétaire d’Etat Jean de Broglie d’être informé du bilan du 5 juillet aussi précisément que le sont, depuis 2011, les lecteurs du livre de Jean-Jacques Jordi. De ce fait, nous devons aussi constater que le massacre du 5 juillet 1962 à Oran a été probablement l’événement le plus sanglant de toute la guerre d’Algérie, et que l’escamotage complet de sa mémoire par les gouvernements français qui se sont succédés pendant près d’un demi-siècle représente l’exemple le plus parfait de censure mémorielle en France, très loin devant le 17 octobre 1961 qui est aujourd’hui infiniment plus connu (ou tout au moins plus souvent mentionné) que lui.

            Les réflexions me semblent beaucoup plus utiles que le développement exagéré de la querelle à laquelle nous assistons depuis le mois d’août dernier entre Jean Monneret et Jean-François Paya sur le site Études coloniales (http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2013/08/26/27903200.html#c58050694). Le premier est un historien particulièrement rigoureux, le deuxième un chercheur amateur aux intuitions stimulantes, mais leur débat ne peut aboutir aussi longtemps que des témoignages et documents nouveaux, venant d’Algérie, n’auront pas renouvelé profondément les connaissances que nous avons aujourd’hui. Au contraire, il me paraît urgent de demander au nouveau gouvernement français, nommé par le président François Hollande, quelle suite il entend donner au livre de Jean-Jacques Jordi, réalisé à la demande de l’ancien président de la mission interministérielle aux rapatriés Renaud Bachy grâce à de larges dérogations accordées par l’ancien Premier ministre François Fillion. Pourquoi la nouvelle majorité présidentielle lui accorde-t-elle si peu d’attention alors qu’elle consacre un tel déploiement mémoriel au 17 octobre 1961 ?

            D’autre part, il est important de remarquer qu’une partie non négligeable de nos connaissances actuelles provient des recherches de quelques historiens algériens. Il me paraît important de maintenir et de développer cette coopération nécessaire. Le problème est de savoir quel est le meilleur moyen d’y parvenir. Est-ce au moyen d’une pétition internationale comme celle qu’a lancée Jean-Pierre Lledo depuis le mois de juillet, qui dénonce un « crime contre l’humanité », en suggérant que « tant que toutes les archives françaises et algériennes ne seront pas ouvertes, on pourra supposer que des milliers d’innocents subirent ce triste sort », et que « quel que soit le nombre, l’ampleur du massacre, sa simultanéité dans tous les quartiers d’Oran à la fois, la mobilisation d’une immense logistique, laisse penser qu’il a été programmé, organisé, et coordonné à un très haut niveau, même si la participation à la curée de la foule hystérisée a pu faire croire à des événements ‘spontanés’ » ? Jean-Pierre Lledo a l’expérience de la censure en Algérie de son excellent film, Algérie, histoires à ne pas dire, sorti en 2008, qui s’est vu refuser l’autorisation de diffusion par la ministre de la culture à cause de son enquête sur des sujets tabous en Algérie tels que le 20 août 1955 dans le Nord-Constantinois et le 5 juillet 1962 à Oran. L’enjeu de la nouvelle initiative qu’il a prise est également la liberté de l’information et de l’histoire en Algérie. D’accord avec lui sur ce but, je me demande si cette nouvelle initiative a des chances de succès, ou si elle ne risque pas plutôt de durcir davantage l’attitude officielle.

            Je suis néanmoins d’accord avec la conclusion du texte que j’ai reçu de Jean-Pierre Lledo le 15 octobre, dans lequel il explicite son point de vue sur ce massacre : « Ce qui est sûr, c’est que le 5 Juillet 62 pèse lourd, très lourd sur la conscience des Oranais, qu’ils aient été des témoins actifs ou passifs de ces événements. Quand je demandai s’il avait vu quelque chose à mon copain d’enfance Smaïn qui lui se trouvait à Oran le 5 juillet (à Oran, inutile de dire le mot ‘’massacre’’. Evoquer le ‘’5 Juillet 62’’ suffit...), voici quelle fut sa réponse : ‘’Tu sais Jean-Pierre, quand on se rassemble entre copains de l’époque, on se dit que ce qui nous arrive à présent (la terreur islamiste), c’est pour payer ce qu’on a fait le 5 Juillet... ».

Guy Pervillé.

 Retour additifs 5 juillet 1962

24 octobre 2013

REALISATIONS DE L'ENTREPRISE SALAS

A Sidi Bel Abbès

LA MAISON DE RETRAITE DES ANCIENS LÉGIONNAIRES

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LE BEL HORIZON Avenue Edgard Quinet

LE BEL HORIZON Avenue Edgard Quinet

Le Lido Route d'Oran

LE LIDO - route d’Oran

LE TRIANON 12 étages AVENUE BIR-HAKEIM

LE TRIANON 12 étages AVENUE BIR-HAKEIM (récent)

NOTRE DAME DE FATIMA au MAMELON

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VILLA PATERNELLE

VILLA PATERNELLE

Retour PIERRE SALAS

24 octobre 2013

BULLETIN D'HUMEUR N°60

Libre propos citoyen

Document transmis par

LE PHAREFOUILLEUR  du Dimanche 20 octobre 2013.

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ». Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen - Article XI - 1789

Leonarda DIBRANI : elle a ridiculisé le nain de l’Elysée !

Madame, Monsieur, cher(e)s ami(e)s et compatriotes,

         Dhimmi 1er est bien placé à la corde (qui va le pendre) pour recevoir la palme d’or du gaffeur national ! Rappel de quelques déclarations gratuites :

« j’ai entendu les revendications des Français qui souffrent…» (il ne souffre pas beaucoup, lui, en foulant les tapis de l’Elysée),

« il faut participer à l’effort national demandé…» (il ne paie pas l’ISF grâce à de fausses estimations de ses biens immobiliers, notamment sa villa de Mougins),

« je m’engage à inverser la courbe du chômage fin 2013 » (lui va continuer à se courber à table, sur les bons plats du Chef de cuisine de l’Elysée). J’en passe.

         Et la petite dernière, entendue par chance (nous pourrions être sourds) :

« si Leonarda veut revenir, elle le peut mais sans ses parents ». Enooorme !

         Leonarda, devenue la coqueluche des médias en mal d’audience a aussitôt répondu sans se dégonfler : « si je reviens c’est avec mes parents »…et vlan !

         Oui, je suis de droite mais j’admets que la loi qui permet de saisir un enfant d’une famille de sans-papiers, à l’école ou dans un bus, est honteuse.

         Mais il est bien plus honteux encore de constater que LES DEPUTES, grassement payés sur les deniers de la Nation, NE FONT RIEN POUR STOPPER DEFINITIVEMENT L’IMMIGRATION : ils sont complices !

         Cette famille, originaire du Kossovo et séjournant illégalement en France depuis des mois (rappelons-le), aurait dû être renvoyée au Kossovo, dès son illégalité avérée. La loi doit le permettre et dans un délai très court.

         Messieurs les représentants de la franc-maçonnerie à l’Assemblée Nationale : changez la loi ou prenez les immigrés sans-papiers chez vous !!!

         D’autant plus que la France et l’Europe offrent des millions d’euros au gouvernement du Kossovo, pour qu’il finance des structures d’hébergement afin de garder ses ressortissants. Question : dans quelles poches va cet argent ?

         Convenons, hélas, que les gauchistes au pouvoir préfèrent laisser entrer les immigrés illettrés et improductifs, qui coûtent des millions d’euros à la France (accueil, hébergement, couverture médicale, scolarisation des enfants, etc), augmentent le chômage, la dette, et fragilisent notre société.

         Dernière déclaration-provocation de l’écervelé del’Elysée, après son discours à l’ONU : « la France est prête à accueillir 500 Syriens ». Fort, non ?

Merci de votre aimable considération. Bien cordialement.

Michel Salanon...de l'Hôtel Saint Maurice d'Aïn-el-Turck 

Retour le phare fouilleur

23 octobre 2013

QUAND LE RIDICULE SUPPLANTE L'HONNEUR

             Avoir suspendu Anne Sophie LECLERE, candidate FN aux municipales à Rethel (Ardennes) est une erreur de jugement… et une énorme connerie ! L’objet du délit : La photo de TAUBIRA représentée en guenon. Celle-ci, a fait le tour de France. Et, depuis, il y a mieux : Celle de Hollande représentée à l’identique qui circule également à grande échelle sur le net. Dans ces deux cas, Anne Sophie n’est pas à l’origine de ces envois. Sa seule « faute » consiste à avoir, maladroitement, inséré la photo de Taubira dans sa page Facebook. Fallait-il pour autant la condamner de la sorte et hurler avec les loups ? A2 nous a présenté, le 17 octobre au soir, une candidate exemplaire, courageuse, volontaire, disponible en dépit de sa profession de commerçante et opiniâtre.

            Dès le lendemain, pour satisfaire au lobby médiatique, le FN, par la voix de (désormais) l’incontournable PHILIPPOT indiquait qu’il y eut -concernant cette candidate « erreur de casting » et que, conformément à la philosophie « action / réaction » du mouvement, elle serait traduite en commission de discipline et exclue… propos avalisés et c’est un comble! par Jean-marie LE PEN en personne, le 19 octobre sur FR3. Et la solidarité dans tout cela, que devient-elle ?

            A désirer jusqu’à l’obsession se créer une image de pureté absolue, les décisionnaires du FN versent dans un zèle excessif et ridicule qui appauvrit le mouvement plus qu’il ne l’enrichit. Et quand le gaulliste PHILIPPOT vitupère qu’il y a eu « erreur de casting », je me dis tout de même que s’il y a, effectivement eu, « erreur de casting », celle-ci ne pourrait provenir que de sa venue au FN, parti qui, à l’évidence, se situait, hier, aux antipodes de sa ferveur gaulliste. Les choses ont bien changé depuis...

            A vouloir trop composer désormais avec la « bien pensante », le FN aurait-il perdu son âme ?... Le vieil honneur qui vous lie au combat et aux valeurs passés de ce Parti est-il une chaîne dont il est loisible de couper les anneaux ? « La voix de la conscience et de l’honneur est bien faible quand les boyaux crient » disait Diderot. L’appel du Pouvoir justifierait-il à lui seul autant d’indignité ?

José CASTANO Ex candidat FN aux cantonales et aux législatives (9ème circonscription du 34)

e-mail : joseph.castano0508@orange.fr

Lu pour vous sur http://paras.forumsactifs.net/t7866-une-petite-de-notre-ami-jose#76604

            Pour avoir connu au sein du FN34 la trahison, la délation et le lâchage de la hiérarchie, je suis à même de ressentir mieux que quiconque le sentiment de déception, d’amertume et de rancœur que doit éprouver Anne-Sophie LECLERE face à tant de lâcheté… Or, je suis tout, sauf un lâche et ne recule jamais devant l’adversité. Ce que l’on a infligé à Anne-Sophie pour « raison d’état » est ignoble et ne grandit pas ses auteurs.

            « Dire la vérité est utile à celui à qui on la dit, mais désavantageux à ceux qui la disent, parce qu'ils se font haïr » écrivait Pascal. Voilà ! Pour avoir dit –maladroitement (j’en conviens)- tout haut ce que d’aucuns pensent tout bas, Anne-Sophie est désormais vouée aux vilenies, au mépris, au rejet et à l’exclusion dans l’indifférence générale de ses camarades militants.

Il y a une loi de la vie des civilisations et elle est immuable : Lorsque les peuples s’abandonnent, ils sont conquis par une force vitale extérieure, celle qui manque à leurs cœurs amollis et à leurs intelligences perverties. La démocratie meurt de la mort des lâches. Adhérents et sympathisants du FN, ne l’oubliez jamais !

José CASTANO

« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire, c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques » (Jean Jaurès)

 

Ci-joint en PJ un questionnaire du CNC que vous voudrez bien retourner directement à :

cerclenationalcombattants@orange.fr

En vous remerciant.

Bien amicalement - José

Cercle National des Combattants

Cercle National des Combattants 38, rue des Entrepreneurs 75015 Paris – Tél. 01 40 59 07 66 

cerclenationalcombattants@orange.fr http://www.cncombattants.org

Paris, le 14 octobre 2013

Chers amis,

            Sur la lancée de la préparation d’une RÉACTION NATIONALE… PACIFIQUE… MAIS CONTINUE ET ARDENTE... je désirerais que vous me mettiez noir sur blanc les 10 ou 15 raisons qui, d’après vous, exigent que le peuple de France résiste à ceux qui tuent son âme.

Cette correspondance, que j’exploiterai avec une équipe amie restreinte, restera strictement anonyme mais servira à composer un programme RESTREINT, mais SIGNIFICATIF, des raisons de notre entrée définitive en résistance.

Donc… 10 à 15 raisons (mais de deux ou trois lignes seulement chacune) pour nous permettre de constituer un programme clair et précis de portée nationale afin d’expliquer aux Français pour qui ils doivent voter, c’est-à-dire les partis qui s’engageront à respecter et à appliquer ce programme de survie nationale.

Amitié para à tous.

Roger HOLEINDRE Président du Cercle National des Combattants

P.S – Réponse attendue au CNC.

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17 octobre 2013

TEMOIGNAGES 1939/1945

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